la réconciliation des hérétiques.pdf


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employée parfois, sub imagine paenitentiae-1, paraît-elle d'abord
éminemment propre à exclure l'hypothèse de la confirmation :
d'elle-même, elle s'oppose très heureusement à l'expression in
Spiritum Sanctum qu'emploient les documents du cinquième
siècle2.
Malheureusement, on ne trouve nulle part, expliqué par saint
Étienne lui-même, le sens qu'il donne à sa formule, et, par
contre, tous les documents contemporains l'entendent d'une
imposition des mains in Spiritum Sanctum. C'est ainsi, en particulier, que l'a comprise saint Cyprien. Son argumentation
contre le pape porte toute là-dessus; elle vise à le mettre en
contradiction avec lui-même : d'une part, en acceptant le baptême des hérétiques, il admet qu'ils donnent le Saint-Esprit,
car pas de baptême sans le Saint-Esprit ; de l'autre, toutefois, il
prescrit de procéder pour les convertis à l'imposition des
mains, qui leur donne le Saint-Esprit3. Aux yeux de l'évêque
de Carthage, l'imposition des mains in paenitentiam est donc
aussi in Spiritum Sanctum. Le fait du reste est avéré, personne
ne le conteste, et il en résulte le dilemme suivant : Ou saint
Cyprien n'a pas compris saint Étienne et toute son argumentation porte à faux, ou le pape, malgré ce que donnerait à
penser la formule employée par lui, a réellement entendu
prescrire la collation du Saint-Esprit.
La première hypothèse est invraisemblable et personne
aujourd'hui n'oserait l'admettre4. Elle se heurterait d'ailleurs
au fait que l'auteur du de Rebaptismate, tout favorable qu'il est
à la pratique romaine, demande cependant, lui aussi, qu'on
impose les mains aux convertis pour leur conférer le SaintEsprit5.
i. Innocent Ier, efist. XXIV (Jaffe, 3io), M. 20, 55o A et 551 A.
Équivalemment dans saint Léon, Epist. ad Nicetam, ad Neonem,
ad Rusticum Gaffe, 536, 543, 544).
3. Cf. v. gr. Epist., LXIX, 10 et 11; LXX,2-3; LXXIII, 16-7 ; LXXIV, 5, etc.
4. Tel semble du moins être l'avis de Dolger (op. cit., p. i33 et 144-145).
Dom Maran (op. cit., ap. Migne, P. L., 4, 39) s'étonne de même que
Coustant (Dissert. cit., n. 16) et Noël Alexandre (dissert. cit.) aient pu
attribuer cette méprise à saint Cyprien.
3. « Paenitentiam agentibus correctisque per doctrinam veritatis et
2.