Philip K. Dick Nouveau Modèle (titre original Second Variety),.pdf


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commença à redescendre de la colline. À présent, il n’était plus qu’à quelques
mètres du bunker. Eric commençait à s’agiter. Il tripota son revolver en jetant
des regards à Leone.
« Ne vous faites pas, dit ce dernier. Il n’arrivera pas jusqu’ici. Elles s’en
chargeront.
— Vous êtes sûr ? Il est arrivé drôlement près.
— Elles rôdent autour du bunker. Il entre dans la zone dangereuse.
Préparez-vous ! »
Le Russe pressa le pas, glissant le long de la pente ; ses bottes
s’enfonçaient dans les monceaux de cendre grise. Il s’efforçait malgré tout de
garder son fusil levé. Il s’arrêta un instant et porta les jumelles à ses yeux.
« Il regarde droit vers nous », dit Eric.
Le Russe avançait toujours. Ils distinguaient maintenant ses yeux, pareils
à deux pierres bleues. Il avait la bouche entrouverte et le menton tout hérissé
de barbe. Une de ses joues décharnées arborait un pansement carré aux bords
bleuis par la mycose. Sa veste d’uniforme était déchirée et maculée de boue.
Il avait perdu un gant. Le compteur attaché à son ceinturon rebondissait
contre sa cuisse au rythme de sa course. Leone effleura le bras d’Eric. « En
voilà une. »
Lançant des éclairs sous le soleil timide, un petit objet métallique de
forme sphérique gravissait la colline en direction du Russe, de toute la vitesse
de ses chenilles. C’était un des petits modèles. Il actionnait ses griffes
acérées, ces appendices en acier tranchants comme des rasoirs, à un rythme
tel qu’on n’en percevait que le flou du mouvement tournant. Le Russe
l’entendit, se retourna instantanément et fit feu. La sphère se transforma en un
nuage de particules. Mais déjà une deuxième arrivait. Le Russe tira encore.
Dans un concert de cliquetis et de bourdonnements, une troisième sphère
lui grimpa le long de la jambe et lui sauta sur l’épaule. Ses lames
tourbillonnantes s’enfoncèrent dans sa gorge.
Eric se détendit. « Bon, voilà qui est fait. Bon sang, ces engins me
donnent la chair de poule. Je me dis parfois qu’on était plus tranquilles
avant…
— Si nous ne les avions pas inventés, les Russes s’en seraient chargés. »
Leone alluma sa cigarette d’une main tremblante. « Je me demande pourquoi
ce Russe s’est aventuré tout seul jusqu’ici sans personne pour le couvrir. »
Le lieutenant Scott remonta le tunnel en rampant et pénétra dans le
bunker. « Qu’est-ce qui s’est passé ? J’ai vu quelque chose sur mon écran.