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Journal 2006 2010.doc .pdf



Nom original: Journal 2006 - 2010.doc.pdf
Titre: Journal d\\\'un évriveur
Auteur: Christian Janssen-Dederix

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Journal d’un écriveur

Photo et illustration
© Christian Janssen-Déderix

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Journal d’un écriveur

Christian Janssen-Déderix

Journal d’un écriveur
2006 - 2010

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Journal d’un écriveur

Editons Santana
4 février 2019
© Christian Janssen-Déderix
98/2, rue Pierre Fluche
4800 VERVIERS - BELGIQUE
Tél: 00 32 (0)496 33 85 30
christianjanssen@scarlet.be
http://christianjanssen.com

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Journal d’un écriveur

2006

Mardi 3 janvier
L’an neuf vient de débuter en douceur, la
crève a toutefois rendu son âme devant le
remède de cheval, le réveillon fut entre amis et le
train quotidien se poursuit. Au début de la
semaine prochaine, lorsque les bureaux seront
ouverts au Greffe des rôles du Tribunal,
j’introduirai la demande pour la fixation d’une
audience de manière à ouvrir le débat. En effet la
partie adverse ne réagit pas aux conclusions que
j’ai rentrées il y a déjà dix semaines.
Jeudi 5 janvier
Après avoir lu mes deux derniers textes et
après avoir eu une assez longue discussion avec
moi au sujet des éditeurs que j’ai déjà contacté,
c’est-à-dire une bonne quarantaine en France et
une poignée en Belgique, donc tout le monde, un
libraire connu sur la place à Huy me suggéra de
contacter les journalistes de manière à trouver
une personne capable de m’aider à sortir de
l’impasse dans laquelle je me trouve depuis vingt
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Journal d’un écriveur
ans. En effet, je rédigeai mon premier roman
Gâteau de lune en 1985. Voici donc vingt ans que
je tape sur la porte de cette cinquantaine de
maisons d’éditions au rythme d’un nouveau
roman tous les trois ans, vingt ans que je tape
aux portes des journaux pour obtenir une
rubrique et que je reçois en retour des réponses
négatives avec la copie du texte qui bien souvent
n’a même pas été ouverte ! Alors évidemment,
quand je reçois la réponse d’un journaliste assez
connu qui regrette de ne pas pouvoir m’aider et
qui me conseille bêtement de taper aux portes
tout azimut en me disant qu’un jour l’une d’entre
elles devraient s’ouvrir, cela me fait forcément
bondir. Le corporatisme ambiant des médias et
des éditeurs qui ne sont intéressés et n’éditent
que ce que leurs confrères peuvent soumettre,
fut-ce même un gribouillis indigeste, puisque
seul le nom de l’auteur fera quand même vendre,
est la réelle cause de ce nombrilisme pseudo
intellectuel qui finit par appauvrir la littéraire, la
vraie, et ferma la porte aux anonymes, aux
auteurs n’ayant pas une réputation affirmée
dans un secteur médiatisé ou un nom de famille
qui rappelle quelqu’un d’autre. Des marchands
de tapis, quoi !
Mardi 10 janvier
Voyez-vous, lorsque Christian Janssen
propose son récit « Les Tribunaux de Tartuffe »
aux éditions Luc Pire, il se le voit refuser sous
prétexte qu’il s’agirait d’un règlement de compte
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Journal d’un écriveur
personnel, par contre lorsqu’un politique
propose son récit intitulé vulgairement « Daniel
Ducarme règle ses comptes », Luc Pire est
soudain preneur. Ah mon petit monsieur, de nos
jours il faut d’abord être médiatisé avant de
vouloir commettre un bouquin et chercher un
éditeur ! En caricaturant à peine, Michel
Fourniret et Marc Dutroux ont cent fois plus de
chance de voir leur récit mal écrit par un nègre
sur les étagères des librairies, que moi ayant écrit
un texte littéraire estimé de qualité !
Mercredi 11 janvier
Au départ il y a une ville nommée Verviers qui
n’a jamais été très animée et qui est gérée par des
types peu inspirés face à l’augmentation du trafic
automobile au centre de la ville. Ces types firent
donc appel à une société Suisse qui avait pour
mission de dissuader la population d’utiliser leur
auto pour se rendre au cœur de la cité. Résultat,
la population préféra des cieux plus accueillant
comme les complexes commerciaux à Eupen et à
Liège où il est plus simple de garer sa voiture.
Conséquence actuelle de cette politique, des
dizaines de magasins sont désormais portes
closes au point de rendre des rues jadis très
animées comparables à des véritables déserts. Et
voilà donc que ces mêmes types toujours très
inspirés décident de revenir à un plan de
circulation qui invite la population à repasser
comme jadis en voiture par le centre de la ville.
L’ouverture du complexe commerciale sous
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Journal d’un écriveur
forme de magasin d’usine situé à la gare est à
mon humble avis, par son architecture et sa
disposition un futur désert en plein centre
urbain où il sera sans doute un jour dangereux
d’y laisser sa voiture.
Coup de tonnerre en France ! Johnny Halliday
demande la nationalité Belge ! Mais finalement,
une demie surprise, puisque nous savons déjà
que son père est un Bruxellois de souche, que son
père le reconnu devant l’administration mais
que malheureusement la loi de l’époque ne
l’autorisa pas à reconnaître un enfant adultérin
alors qu’il n’était pas encore divorcé, que Johnny
croyait toutefois bénéficier de la double
nationalité, qu’il ne dissimulait pas son intention
de renouer avec ces racines paternelles et qu’il
fut touché de recevoir une distinction national
Belge. Une régularisation de sa situation qui va
dans le sens du souhait de son père !
Samedi 14 janvier
Si je ne joue jamais au Lotto ni aux jeux de
hasard c’est par le simplement fait que je ne crois
pas du tout à cette manière de faire fortune. A
mon avis, le plus raisonnable est de croire à la
réussite par le fruit de son travail. En effet, la
probabilité de gagner le gros lot à Euromillion
équivaut à une chance sur septante millions. De
ce point de vue-là, j’ai donc plus de chance de me
voir un jour éditer et de gagner le prix Goncourt.
En effet, il y a en France environ mille cinq cents
romans édités sur une année, donc une moyenne
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Journal d’un écriveur
d’un million deux cent mille propositions de
manuscrits sur la table des éditeurs. Mais
bizarrement, que me suis-je dit ce dernier
vendredi 13 janvier : « Si le gros lot ne sort pas,
c’est parce qu’il m’attend et que par conséquent
la prochaine fois il faut que je joue. » Je vais me
tenir à cette idée.
Jeudi 19 janvier
La Commission des Lettres de la
Communauté Française se réunira dans le
courant du mois de février et prendra sa décision
sur ma requête de bourse Littéraire. Mais quand
je vois la manière dont mon inscription a eu lieu,
il y a de quoi s’interroger sur mes chances ! Après
avoir dû réexpédier le dossier, ne m’a-t-on pas
encore demandé de fournir une nouvelle
attestation bancaire. Au secours !
Et puisque j’ai six manuscrits achevés, j’ai aussi
demandé à l’Académie royale de Langue et de
Littérature françaises la marche à suivre pour
introduire une demande d’aide à l’édition non
remboursable.
Par acquis de conscience, n’ai-je pas expédié à
quatre éditeurs français des copies du texte Les
Tribunaux de Tartuffe.
Samedi 21 janvier
Hier je reçu un mail qui me conta une histoire
drôle. Un petit garçon demanda à son père ce
que c’était la politique. Celui-ci lui dit : Moi je
travail et je rapporte l’argent, donc je suis le
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Journal d’un écriveur
capitaliste. Maman est à la maison et gère le
ménage, elle est le gouvernement. La femme de
ménage travaille, elle est la classe ouvrière.
Grand-papa surveille le bon fonctionnement des
affaires, il est le syndicat. Toi tu représentes le
peuple et ton petit frère c’est l’avenir.
La nuit, le petit garçon est réveillé par son
petit frère qui a souillé sa couche. Il rentre dans
la chambre de ses parents où sa mère dort seule
et ne réussit pas à la réveiller. Il va dans la
chambre de la bonne où son père se donne du
plaisir et où son grand père regarde par la
fenêtre. Il va se recoucher.
Le lendemain son père lui demande s’il a bien
compris ses explications d’hier et le petit garçon
lui répond : Oui, le capitaliste exploite la classe
ouvrière, le gouvernement dort, le syndicat
regarde, le peuple attend et l’avenir est dans la
merde.
Dimanche 22 janvier
Verviers a enfin trouvé son mégalomane en la
personne du bourgmestre socialiste Claude
Desama. Celui-ci tente de faire croire à la
population que la seule planche de salut pour
sauver l’économie de cette ville en désuétude est
de couvrir la rivière Vesdre sur 250 mètres en
plein cœur de la cité pour y implanter un
gigantesque centre commercial. De la folie
furieuse ! Cela serait un assassinat urbanistique,
cela serait une défiguration irrémédiable et tuer
l’âme de la ville. C’est comme si on imaginait de
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Journal d’un écriveur
couvrir la Meuse à Liège ou à Namur, ou encore
la Seine à Paris ! Oui, un vrai mégalomane à
l’image de quelques anciens dictateurs du bloc
de l’Est. Bien entendu, qu’importe de détruire
quand on sait que le coût de l’investissement est
de cent cinquante millions d’euros. Dès lors on
imagine bien que le petit bonhomme frétille à
l’idée de rentrer dans les annales et de trouver de
surcroît un fond de vin dans un pot de manière à
financer sa prochaine campagne électorale.
Mardi 24 janvier
Toujours en politique ! Plutôt surprenant
d’entendre un Ministre (PS) souhaiter le gel des
loyers pour enrailler un peu la hausse
inconsidérée des prix, allant jusqu’à vingt-cinq
pour cent d’augmentation en deux années
seulement, suivant en fait la courbe du marché
immobilier qui a presque doublé en trois années,
et puis la protestation d’un Ministre libéral qui
fait une contreproposition, celle de donner un
chèque loyer de quelques euros, comme ce fut le
cas pour le chèque mazout. Le problème,
évidement est que c’est chèque devront un jour
ou l’autre être récupérés via une taxe ! En réalité,
un prêt. Et ceci ne résolve en rien le problème sur
le pouvoir d’achat des plus démunis qui a
diminué d’une vingtaine de pour cent. La
pauvreté est déjà entrée dans deux ménages sur
cinq, elle est sur le seuil d’un troisième, elle
guette déjà un quatrième, et durant ce temps le
cinquième ménage devient plus riche ! Une
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Journal d’un écriveur
analyse un rien contradictoire me direz-vous,
puisque les maisons se vendent comme des
petits pains à des prix exorbitants à une classe
moyenne s’appauvrissant. Justement, ces genslà s’endettent pour vingt-cinq ou trente ans dans
l’espoir de ne pas plonger dans les abysses de la
misère et beaucoup finissent pourtant par
plonger faute de pouvoir faire face aux
obligations quotidiennes.
Jeudi 26 janvier
L’hiver est revenu de l’Est avec une incroyable
férocité et subissons des températures allant
jusqu’à moins dix degrés. Mais les vents
tourbillonnants nous donnent à croire qu’il fait
beaucoup plus froid, que nous sommes en pleine
Sibérie. L’Europe gèle, les chauffages turbinent à
fond, le prix de l’énergie flambe, la population se
ruine, les gouvernements encaissent des taxes
faramineuses en prorata des prix et les pétroliers
s’enrichissent. Pour compléter ma réflexion de
mardi, les chèques mazout distribués à la
population pour l’aider à payer sa facture de
chauffage ont coûté cent millions d’euros et le
gouvernement réfléchi maintenant sur la
manière de récupérer discrètement le
« cadeau ». Durant ce temps les taxes sur
l’énergie qui n’a pas arrêté de grimper ont
rapporté à ce même gouvernement la bagatelle
de cinq cent millions d’euros. Cherchez l’erreur !
Vendredi 27 janvier
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Journal d’un écriveur
En décembre 1999, alors que je formais
toujours un ménage avec ma voisine actuelle, la
société de téléphone Belgacom nous contacta
pour nous signaler que notre poste terminal
modèle untel ne tombait plus sous le couvert de
la location. Elle nous proposa un nouveau
modèle sans augmentation de tarif. Mais lors de
la livraison par voie postale, la facture incluait
tant l’expédition, le nouveau poste et l’affichage
du numéro de l’appelant. Nous refusâmes et
rendîmes le poste. Puis nous ne fîmes plus
attention. Mais hier ma voisine reçût sa facture
bis mensuelle et me la montra pour vérification
et je constatai que Belgacom continuait à
percevoir la location du fameux poste untel. Je
fis rapidement le calcul ; trente euros l’an, égale
cent cinquante euros. Un fameux beau téléphone
à ce prix-là ! Plainte fut déposée et Belgacom
reconnu très vite son « erreur ». Hum… ! Ah les
bandits ! Mais nous sommes aussi fautifs par le
fait de ne pas l’avoir remarqué plus tôt.
Dimanche 29 janvier
Saviez-vous que la société Detry Frères, l’une
des plus grandes entreprises de viande située à
Aubel sous-traite la découpe de ses milliers de
porcs. En effet, Detry Frère a engagé une société
établie au Grand-duché de Luxembourg et tenue
par un portugais, lequel engage à son tour soit
des portugais soit des brésiliens vivant au
Portugal et les installe dans une maison située
sur la place à Aubel, maison dans laquelle les
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Journal d’un écriveur
travailleurs qui ne parlent pas un mot de français
n’ont même pas le confort de recevoir la
télévision de leur pays ! Et le patron portugais
prend la précaution de ne pas garder trop
longtemps un ouvrier pour la bonne et simple
raison que ce dernier risquerait peut-être un jour
de se plaindre de ses conditions de paiement et
de vie. Voilà le nouvel esclavage moderne à
l’européen et organisé avec la complicité d’une
entreprise qui avala et avale sans doute toujours
des millions de subsides de la région Wallonne
ou de l’état Belge de manière à donner de
l’emploi au résident de ce pays. C’est déguiser la
fraude et c’est scandaleux !
Lundi 30 janvier
La liberté s’en va aux oubliettes ! Je viens
d’acheter une veste à prix soldé et pour acquitter
mon achat il m’a fallu inscrire mes coordonnées
complètes dans un cahier destiné au contrôle des
contributions et de la TVA. Cela veut dire que
l’administration a les moyens de vérifier mon
train de vie.
Vendredi 3 février
De nos jours, il est bien difficile d’affirmer que
la liberté de parole et de création soit encore une
chose acquise. Nous voyons plutôt pointer à
l’horizon la censure et l’inquisition. Si
l’extrémisme islamique sème la terreur et
interdit toutes critiques à son égard, même
caricaturales
et
humoristiques,
l’église
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Journal d’un écriveur
Catholique y va aussi de son bâton accusateur et
s’approprie le droit à l’image du tableau de
Léonard de Vinci représentant la cène. Un
publiciste représenta ladite cène avec des
personnages féminins ayant des attitudes un
rien lascives mais pourtant pudiques et voilà que
l’église déposa plainte pour image abusive et
détournant du sens religieux donné au tableau
initial. Le tribunal de Paris donna raison à
l’église et fit retirer la publicité. Oui, nous
sommes dans un monde où il est devenu
dangereux de s’exprimer, de dire à voix haute ce
que tout le monde pense, de critiquer le Système
mis en place par des foutus malades.
Mercredi 8 février
Je viens de recevoir le planning de mon action
judiciaire contre l’un des avocats qui n’avait pas
fait son boulot. Date limite fixée pour que la
partie adverse rentre ses dernières observations
après mes conclusions additionnelles, le 30 juin
1996. Audience fixée le 17 septembre 1997. Vous
avez bien lu, en septembre 1997 !
A part cela, pour tuer sa nostalgie, ma voisine
m’offre un billet d’avion pour l’accompagner à
Lisbonne de manière à assister au concert de son
idole de toujours, pour qui elle est capable de
faire des folies, le chanteur brésilien Roberto
Carlos !
Jeudi 9 février
Parfois, j’ai envie de faire tout sauter ! Et
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Journal d’un écriveur
aujourd’hui c’est le cas. Je viens de rédiger une
sorte de mise en demeure à l’intention de cette
avocate L. F. de Liège qui roupille sur un dossier
d’indemnisation. Voilà neuf mois qu’elle dit
attendre une réponse de l’Ordre de Avocats. Des
clous oui ! Le bâtonnier de Liège fut l’un des
deux avocats qui laissa moisir mon dossier
contre le CPAS, suite à quoi je dus lui faire une
mise en demeure avant de le congédier. Du coup,
imaginez comme il souhaite me faciliter la vie, ce
salaud ! Maintenant je veux des actes et des
écrits.
Samedi 11 février
Je fus donc le témoin du remariage d’un ami.
Après la cérémonie administrative il y eut un
repas au restaurant, puis une bonne heure de
détente avant de rentrer chez moi.
Le soir il y eut un orage dans mon
immeuble… ! Parfois je me dis qu’il serait
préférable de m’installer ailleurs. En effet, il
semblerait que tout ce qui ne tourne pas rond
sous le toit est de ma faute, même les oublis et
les problèmes des tierces personnes.
Dimanche 12 février
Réveille solitaire dans le petit lit de mes
appartements… Va falloir que je remplisse une
nouvelle fois mon frigo et mon armoire. Et une
fois plus à l’aise financièrement, je vous jure que
je me casse de cette baraque. On verra alors qui
regrettera qui !
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Journal d’un écriveur
Lundi 13 février
Cet après-midi je me suis rendu au Tribunal
de Verviers pour y déposer un dossier de
procédure dans le cadre d’une affaire en cours
auprès du Juge de Paix. Lorsque je répondis
« oui » à l’un des deux greffiers qui me demanda
si j’avais communiqué ces mêmes pièces à la
partie adverse, ne voilà-t-il pas qu’il mit ma
parole en doute : « Ça, c’est vous qui le dites. »
Ah, j’ai vu rouge ! Espèce de gros lard puant assis
sur un siège à piston made in politicard… Je lui
ai rétorqué avec un brin d’ironie que ma
démarche avait justement pour objectif
d’empêcher la partie adverse de demander le
report de l’audience faute d’avoir reçu la copie du
dossier, raison pour laquelle je la remettais
également avant l’audience auprès du Juge de
Paix.
Vendredi 17 février
Comme le dit une formule consacrée, il
semblerait que j’ai ami qui me veut vraiment du
bien, au point de répandre des informations
destinées à me salir. Mais c’est tellement
vulgaire et mesquin qu’il est préférable de ne pas
descendre aussi bas en répliquant.
Quant aux restes, c'est-à-dire les dossiers
juridiques en suspens et ma demande de bourse
littéraire, patiente et longueur de temps font les
sages.

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Journal d’un écriveur
Mardi 21 février
Histoire vraie. La régie d’électricité coupa
donc un jour le courant en pleine nuit et lors de
la remise de l’énergie il y eut surtension, ce qui
fit griller le circuit électrique d’un ordinateur. Le
coût de la réparation fut de 75 €, mais suite à cet
incident d’autres pièces de l’ordinateur peuvent
encore rendre l’âme d’ici quelques semaines.
Après le dépôt d’une plainte pour obtenir
réparation à la compagnie d’électricité, celle-ci
répond que selon une loi elle n’est pas tenue pour
responsable et que le consommateur doit
s’adresser à sa compagnie d’assurance, qui elle
répond que vu le coût de la réparation inférieur
à la franchise de 205 € elle ne peut intervenir !
Vous voilà bien prévenu cochon payeur, non
seulement vous êtes deux fois la victime, mais
vous êtes encore le dindon de la farce des escrocs
en col blanc qui sont nommément Intermosane
et Axa ! Le premier fuyant sa responsabilité et le
second empochant l’assurance incendie pour
fuir à son tour son devoir, c'est-à-dire donner
réparation à la victime ! Le plus scandaleux dans
cette méthode, est de dire qu’en dessous de 205
€ vous n’êtes plus une victime mais un
malchanceux. Comme qui dirait que celui qui
reçoit un coup de poing sur la tronche et se
retrouve avec le nez cassé est un malchanceux,
car il faut au minimum avoir un couteau dans le
bide pour être victime ! INJUSTICE.
Mercredi 22 février
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Journal d’un écriveur
Hier soir, j’ai assisté à la projection du film
« Le rêve de São Paulo » réalisé par un français
et une brésilienne, film déjà diffusé à la
télévision sur Arte en 2005. Il est vrai que les
parties les plus émouvantes de ce film restent
toutefois celle d’un enfant nordestain à peine âgé
de dix ans qui dit avec une philosophie d’un
homme d’âge mûr « qu’on ne mange pas les
pierres parce qu’elles sont trop dures », c’est-àdire que s’il existait des pierres tendres il les
mangerait pour tromper sa faim. Puis il y a cette
scène avec une femme ayant perdu ses deux
premiers enfants nés il y a onze et dix ans,
estimant que sa vie a réellement débuté il y a
neuf ans, l’âge de son premier enfant resté en vie.
De quoi remuer un peu les plus matérialistes des
européens !
Jeudi 23 février
Imaginez-vous que pour conduire une copine
à l’aéroport, je me suis levé à trois heures du
matin. Mal m’en a pris ! Bon sang… Au volant de
sa voiture Skoda Actavia, ne voit-il pas que sur le
chemin du retour l’alternateur rendit l’âme et la
batterie électrique suivi de peu. Je me suis
retrouvé en panne à mi-chemin en pleine nuit
sur une autoroute déserte, dans une obscurité
totale et une insécurité comme jamais. Et pour
ne rien arrangé, il gelait à pierre fendre. Par
chance la copine n’avait pas encore embarqué
dans l’avion, j’ai pu lui demander par téléphone
portable si elle avait contracté une assurance
19

Journal d’un écriveur
assistance. Ce fut le cas. On m’annonça donc une
demi-heure d’attente avant l’arrivée des secours.
Mais imaginez-vous encore que cinq cent mètres
avant moi il y avait une autre Skoda du même
modèle en panne et ayant la même compagnie
d’assurance… Et bien le dépanneur a cru que…
Et moi je gelais dans la voiture. Au bout d’une
heure j’ai protesté auprès de l’assistance qui
m’avait annoncé une demi-heure d’attente. Les
secours sont arrivés avec plus d’une heure de
retard. Bref, je suis rentré chez moi à huit heures
du matin au lieu d’avoir pu regagner mon lit vers
six heures. Ah je ne vous dis pas… !
Vendredi 24 février
Assurance Axa suite… De deux choses l’une,
soit celle-ci défend son assuré pour lui rendre le
coût de la réparation de l’ordinateur, soit ce
dernier s’en va payer une prime chez un
concurrent ! Et dans ce cas, ce n’est pas septante
cinq euros de perdus, mais des années de primes.
Quant à ma vie de chaque jour, j’aimerais
pouvoir soit me réveiller lorsque tout serait fini,
soit tutoyer les anges pour l’éternité.
Lundi 27 février
« Lors de notre réunion du 9 février dernier,
les membres de la Commission des Lettres ont
émis un avis négatif au sujet de votre demande
de bourse d’écriture pour un roman intitulé La
métamorphose intérieure.
Sans préjugé de votre talent, ils ont estimé ne
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Journal d’un écriveur
pas pouvoir soutenir votre projet par l’octroi
d’une bourse. » Signé Jean-Luc Outers.
Pour rappel : L’accueil de ma demande fut
une première fois refusée en date du 7 décembre
2005 sous le prétexte scandaleux, fallacieux et
erroné que « comme vous n’avez pas encore
publié chez un éditeur professionnel, je ne peux
malheureusement pas soumettre votre dossier
aux membres de la Commission des Lettres. »
Toutefois à la page quatre du dossier il y avait la
copie du contrat d’édition à compte d’éditeur
pour le recueil de poème A fleur de peau chez
Edipress sprl. Ma protestation ne pouvait bien
entendu que diminuer davantage mes chances
face à la mauvaise foi de mes interlocuteurs.
Rideau. Que dans le futur un Ministère ne
tentent jamais de récupérer mon travail à la
gloire de ce pays, car je ne serai plus Belge !
Jeudi 2 mars
Une dramatique nouvelle vient de me
parvenir du Brésil et ruine forcément le bonheur
des jours à venir de mon ex compagne et voisine,
car l’une de ses cousines germaines préférées
avec qui elle entretenait des contacts par
Internet vient brusquement de perdre la vie avec
son nouveau petit ami dans un accident de la
route à trente kilomètres de Brasilia. Elle venait
de passer le carnaval dans le petit village de
pêcheur nommé Crasto, près de Mangue Seco (la
terre de Tieta d’Agresse), dans l’état de Bahia où
elle avait séjourné chez son père. Elle rentrait
21

Journal d’un écriveur
chez elle. Comment ne pas penser à la souffrance
de ses parents et de ses frères… Tchao Namir !
Vendredi 3 mars
Une journée emplie de tristesse, de larmes et
de souvenirs émus pour Namir… Toujours…
Mardi 7 mars
Ah, ces derniers jours il faut vraiment avoir
envie de ne pas se laisser aller, car rien n’arrive
pour réjouir ces instants difficiles ! Quand ce
n’est pas un retard d’une chose, c’est la poisse
dans une autre… Devenir philosophe, certes,
mais la patiente à parfois des limites à ne pas
dépasser !
Samedi 11 mars
Décidemment les mauvaises nouvelles en
provenance du Brésil se suivent et se
ressemblent. Et cette fois-ci ma chère voisine à
bien du mal à s’en remettre ! Puisque seulement
une semaine après avoir encaisser le décès de sa
cousine Namie, voilà qu’elle reçoit la nouvelle du
départ de son ex-petit ami qui fut à la fois son
professeur de Droit ! De mes appartements j’ai
entendu un cri traduisant une souffrance qui ne
pouvait pas me tromper sur le degré de son
émotion. Cet homme fut l’amour de sa vie !
D’ailleurs elle a murmuré : « Comment vais-je
pouvoir vivre sans lui en vie ? » Un évènement
qui va sans doute changer la manière de voir son
avenir.
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Journal d’un écriveur
Mardi 14 mars
Les nouvelles de ces derniers jours plombent
les petites joies éprouvées lors d’une escapade de
trois jours à Lisbonne, où il y avait le concert de
Roberto Carlos, chanteur brésilien surnommé
« le roi » dans son pays tant sa popularité est
immense. Pour comparaison populaire, il est
l’équivalent de Johnny Halliday en France !
Visite du palais de Queluz situé près de Lisbonne
et de Vila Viçosa situé à cent vingt kilomètres. Au
retour, escale de deux heures à Évora. Un séjour
trop court. Lisbonne est une ville merveilleuse…
Mercredi 15 mars
Je n’aime pas du tout que l’on me prenne pour
un con, de me dire qu’on téléphonait à sa cousine
alors qu’il s’agissait de quelqu’un d’autre ! La
confiance est une chose qui peut se perdre avec
des mensonges répétés… C’est clair ?
Lundi 20 mars
Hier je me suis rendu au Musée de la Laine à
Verviers où se déroule l’exposition Carnaval de
Rio. Une pure merveille de voir la trentaine de
costume des écoles de Samba comme ceux de la
Beija Flor ou de la Mangueira ! Je suis ressorti de
là comme si j’avais voyagé dans un autre monde.
Oui, un régal pour les yeux. D’ailleurs, j’ai
l’intention d’y inviter ma marraine… A ce sujet,
et je m’excuse à l’avance auprès de lui car je sais
qu’il n’aime pas que je parle des siens dans ce
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Journal d’un écriveur
journal, mais l’habitant de São José dos Campos
aurait-il changé son adresse mail ? En effet, je lui
ai écrit à deux reprises mais pas de réponse !
Mercredi 22 mars
Je viens de lire que le MR, l’opposition
politique libérale de la ville de Verviers, venait de
donner son accord au bourgmestre socialiste
pour le projet du recouvrement de la rivière
Vesdre destiné à construire une galerie
commerciale et que par contre le CDH,
partenaire politique de la majorité, s’y opposait !
Preuve concrète que ce projet n’est pas celui
d’une équipe mais celui d’un seul homme qui
finit par montrer son vrai visage et par manger
au râtelier du capital. Cela dit, bien sûr que je
suis pour la rénovation du quartier en question,
mais pas au prix d’un assassinat urbanistique.
Pourquoi donc ne pas imaginer couvrir la rue
Spintay dans sa totalité pour en faire une galerie,
tout en conservant l’architecture des façades un
peu surannées, puis profiter du quai à l’arrière
pour en faire une galerie sur un autre niveau. Et
puis pourquoi ne pas construire deux ponts
comme le pont Vecchio à Florence sur lesquels il
y aurait des bars ou des restaurants pour se
restaurer et profiter d’une vue sur la rivière, deux
ponts qui feraient la jonction avec le reste des
galeries construite sur l’autre rive, emmenant
ainsi le client dans le centre de la ville. Cela me
semblerait mieux s’intégrer dans le cadre
urbanistique et en n’en pas douter bien plus
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Journal d’un écriveur
agréable que de voir un bloc de verre ou non posé
sur la rivière et qui va boucher la totalité du
paysage. Imaginez-vous sur le pont de l’église
Saint-Antoine sans pouvoir contempler la
perspective vers l’église Notre Dame ! C’est tuer
l’âme de la ville au lieu de la rendre plus
attrayante ! Car détrompez-vous, messieurs les
promoteurs et monsieur le bourgmestre, les
profits juteux d’un tel projet ne durera qu’un
temps et après il sera nécessaire de trouver
quelque chose de nouveau pour attirer le public
qui se sera lasser de la galerie. Par contre, la
défiguration de la ville sera définitive ! Mais cela
ne semble pas vraiment être le premier souci du
bourgmestre, car voyez-vous, quand il sera mort,
il n’en n’aura plus rien à cirer que la ville ne
ressemblera plus à rien et qu’elle se retrouvera
avec une ruine immobilière commerciale posée
sur la rivière. Tout comme il en sera de même
avec le complexe des magasins d’usines situés
près de la gare ; il suffit de se rendre sur place
pour comprendre que cela est destiné à une
friche certaine. C’est prévisible ! C’est zéro.
Vendredi 24 mars
Finalement c’est décidé, je vais me rendre au
Brésil pour voir ma famille de cœur, puisque
celle de sang est si loin de moi tout en étant
géographiquement toute proche. Il s’agit d’une
nécessité psychologique… Et surtout pour ma
voisine …

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Journal d’un écriveur
Lundi 27 mars
Réponse très intéressante des éditions Fayard
concernant le manuscrit Les tribunaux de
tartuffe ! Je cite et ce n’est pas une blague : Paris
le 25 juillet 2003. Je vous remercie de nous avoir
fait parvenir votre ouvrage intitulé Gâteaux de
lune. Malgré son intérêt, ce texte ne nous paraît
malheureusement pas pouvoir entrer dans notre
programme de publication à venir.
Voilà qui a le mérité d’être clair sur le sort
réservé aux textes expédiés par un quidam.
Mercredi 29 mars
En France, la grogne sociale monte chaque
mois un plus fort et devient comme un
mouvement perpétuel. Bientôt, il s’agira peutêtre d’un état permanent de révolte face à un
gouvernement composé de Ministres à la botte
du patronat et de la manière forte, comme
Sarkozy et Villepin, les deux compères et
candidats à la Présidence qui sont en train de se
bouffer le nez au détriment de la population.
Souvenons-nous des propos du premier cité avec
« la racaille à nettoyer au Karcher ». Puis
désormais le second qui veut réinstaurer
l’esclavage avec son contrat de première
embauche, c'est-à-dire permettre aux patrons de
licencier un travailleur sans motif après deux
années d’essai (comme s’il lui fallait deux ans
pour savoir si le travailleur est oui non
compétent), puis emboucher quelqu’un d’autre
pour deux ans, pas plus. En fait, entailler la
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Journal d’un écriveur
protection sociale pour en revenir ou travail
journalier sans doute, ce qui en réalité existe déjà
sous la forme des sociétés intérimaires. Je me
souviens encore qu’en 1978 une dame ayant le
don de la voyance avait dit chez moi que
« l’ouvrier était en train de manger son pain
blanc mais qu’au début du siècle prochain il
remangera du pain noir ». Et je ne vous dis pas
encore qu’elle avait aussi annoncé une sale
guerre au début de ce siècle, mais qui se
déroulera loin d’ici.
Vendredi 7 avril
Enfin, je peux me consacrer un moment à la
rédaction de ce journal ! Je fus vraiment
bousculé ces derniers jours. D’abord je reçus les
conclusions
additionnelles
du
conseil
représentant l’avocat de Verviers qui avait oublié
de rentrer mon recours à l’Onem et qui m’avait
valu cinq ans sous la protection inconfortable du
CPAS. Donc je m’étais attelé à rédiger la réponse.
Puis se présenta un imprévu qu’il m’est interdit
de révéler sous peine de me faire massacrer. Làdessus, se présenta une lettre de l’avocate de
Liège désignée pour le recours contre les deux
« avocats » ayant oubliés de rentrer les
documents nécessaires à la Cour européenne des
droits de l’homme pour inscrire le dossier au
rôle. Ah, je ne vous dis pas… ! Mon sang n’a fait
qu’un tour en lisant que cette grosse patate mal
baisée et frustrée jouant sans cesse avec une
balle molle m’imputait une part de
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Journal d’un écriveur
responsabilité dans le fait que les deux
« couillons » s’étaient grattés le croupion durant
deux ans ! Je le répète haut et fort, cette salope
ne fut qu’à la botte de l’Ordres des Avocats qui
n’avait qu’un seul objectif, mettre la main dans
le dossier incriminant l’avocat de Verviers pour
torpiller la procédure judiciaire en cours. Sinon,
pourquoi n’avait-elle de cesse de me parler de ce
dossier pour lequel elle n’avait pas reçu de
mandat ? C’est la vision que j’ai ! Du coup, je me
suis mis à rédiger la citation que je déposerai
devant un Tribunal Civil par le biais d’un
huissier ! Oui oui, messieurs les avocats, j’arrive
avant la date de la prescription que vous tentez
d’atteindre !
Mercredi 12 avril
La situation psychologique se dégrade
terriblement chez ma voisine… Elle ne réussit
pas à surmonter le décès de son vieil ami et
maître à penser, sans oublier le départ tragique
de sa cousine. Elle plonge dans les abysses des
idées les plus noires et estime ne plus avoir de
raison de se battre pour réussir ; elle parle sans
cesse d'en finir pour les rejoindre. Voilà déjà plus
d'un mois qu'elle porte perpétuellement un
brassard noir en guise de deuil, même la nuit.
Elle explose au moindre mot, elle pleure, elle
claque les portes… Bref, cela m'inquiète, je reste
vigilant. Cela dit, si je suis la personne la mieux
armée pour l'aider, je n'en reste pas moins la plus
mal placée !
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Journal d’un écriveur
Sans transition. Une semaine de rédaction fut
nécessaire pour formuler une citation à
l'encontre de deux individus et à titre
subsidiaire, pour informer, quelques complices,
puis expédition chez un huissier. J'ai la rage !
Comme je l'ai déjà dit, jamais je ne m'arrêterai,
pour cela ils vont devoir m'abattre
physiquement.
Lundi 17 avril
Pâques houleuses sous mon toit...
Puis, il va falloir remettre un peu sur le métier
au
sujet
de
mes
revendications
en
indemnisation. Oh, pas grand-chose, juste
quelques corrections pour ne pas être pris en
défaut ! Sans oublier l’obligation de verser une
provision de 500 € pour concrétiser le dossier.
Cela n’est pas rien pour un type qui perçoit
environ 750 € ! Raison de la houle sous le toit…
Comprenez-vous ? Mais plutôt crever avec un
trou sur mon compte bancaire que celui de rien
faire et laisser l’impunité aux avocats fautifs.
Donc, si nous prenons les choses du bon côté,
comme la poule n’est pas passée avec ses œufs en
chocolat, le résultat bénéfique est celui de ne pas
avoir eu une crise de foi. Quant à l’autre « foie »,
c’est peut-être différent !
Samedi 22 avril
Bon, comprenez-moi bien, le meurtre de ce
jeune homme à la Gare Centrale de Bruxelles est
atroce
et
inacceptable,
voire
même
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Journal d’un écriveur
incompréhensible, car tuer pour dérober un
lecteur MP3 démontre que nous vivons dans une
société où le bien matériel à plus de valeur que la
vie. Voilà qui devrait faire réfléchir ces hommes
qui prônent un libéralisme à tout va, ou seul le
profit compte, peu importe la manière pourvut
de se faire du blé. Croyez-moi, je ne fais pas
d’amalgame, c’est le même débat ! Le modèle de
la réussite sociale en détruisant ou en exploitant
son voisin conduit tout droit des jeunes à qui la
vie ne sourira sans doute jamais à commettre des
actes irréparables pour espérer rejoindre le petit
cercle de gens qui affiche leur réussite. Cela dit,
je trouve que l’on en fait beaucoup trop autour
de cette affaire. Oui, tout le monde surfe sur la
vague, les médias, les amis sur Internet, le père
du copain, le cardinal, les politiques… Et
pendant ce temps-là, il y a un autre jeune type
avec quatre enfants qui crève de faim parce que
le CPAS lui refuse une bouchée de pain. Mais là,
silence totale, on tue à petit feu dans la plus
grande indifférence ! Ou presque, car un jour on
annoncera qu’un père a assassiné ses enfants
avant de se suicider… Et que diront en page 26
les journaux publiant aujourd’hui en première
page la lettre du père du copain de Joe ? Drame
de la misère. Et il n’y aura aucune manifestation
organisée à Bruxelles pour protester avec rage
contre les pratiquent systématiques d’exclusion
du CPAS et même de l’ONEM. Non Joe, tu n’es
pas tout seul à rejoindre les anges !

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Journal d’un écriveur
Mercredi 26 avril
« Non Joe, tu n’es pas tout seul », écrivais-je
samedi dernier. Et voilà la preuve de cette
Justice et de cette Police à deux vitesses.
D’abord, les unes à Bruxelles poussées dans le
cul par un groupe de jeune organisé aussitôt
relayé par les médias qui font monter la sauce au
point de faire ressembler 80.000 personnes
dans les rues, de provoquer des réunions
Ministérielles, de voir le complice de l’assassin
arrêté quelques jours plus tard et de voir ensuite
des émissions de télévision en direct de la
Pologne où se cache le meurtrier. Puis l’autre
Justice, recluse au fond des Ardennes, où deux
mois après avoir vu leur fils de 21 ans lardé à
mort au cours d’une soirée dansante, les parents
voient toujours en liberté l’assassin pourtant
connu par les services de police. Mais dans ce
cas, il n’y a pas un groupe de pression, donc pas
l’ombre d’un journaliste à l’horizon ! Résultat, la
Justice et la Police ronronnent.
Jeudi 27 avril
Jour anniversaire de la naissance de maman,
elle aurait eu 81 ans.
Voyez-vous, même lorsqu’un texte de 176
pages a jadis été lu, relu, corrigé et recorrigé par
deux éminents écrivains, il y a encore pas mal de
fautes d’orthographes. Une amie de nationalité
portugaise, professeur de français à l’université
de Aveiro, a encore découvert quarante-sept
fautes, certes bénignes, des accents inversés, des
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Journal d’un écriveur
articles erronés, des accords du pluriel, etc…
Quarante-sept coquilles de trop. Vous ne pouvez
pas savoir comme je rage de ne pas pouvoir les
déceler à la énième lecture du texte. Mais il faut
que je me fasse une raison, l’orthographe a
toujours été pour moi une gageure, un supplice,
l’une des raisons de mes échecs scolaires.
N’avais-je jamais plus que trois ou quatre points
sur dix ? Du coup, pourquoi à l’âge de seize ans,
alors que je n’étais déjà plus scolarisé, je me suis
mis à écrire ? En voilà une très bonne question !
Mardi 2 mai
Le bureau d’aide juridique de Liège vient de
me désigner un quatrième avocat. Je rêve. Je
suis vraiment à la première loge du théâtre pour
assister à la pièce Tartuffe de Molière. J’ai bien
envie de jouer un peu avec les pieds du barreau
en ne leur disant pas que je viens d’introduire
une citation auprès du Tribunal Civil, pour
simplement rire un peu dans ma barbe. Bande de
con ! Ils croient sans doute réussir à me mener
encore en bateau vers la prescription ! La
vengeance est un plat qui se mange froid.
Côté littérature, c’est le grand silence, un
désert de sable, rien de rien, pas le moindre
espoir de voir un éditeur s’intéresser un petit peu
à mon travail. Oh ce n’est pas la déprime, mais
cela pourrait fort bien l’être sous le couvert de
boutades !
Jeudi 4 mai
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Journal d’un écriveur
Révolte face aux lois spécialement écrites
pour protéger les bandits. Trois exemples
identiques, tant en Belgique qu’en Suisse. Une
personne ne paye pas la facture pour une
prestation qu’il a reçue. Nombreux rappels et
mise en demeure n’y font rien. Après avoir été
forcé d’avancer les frais de justice le commerçant
voit le Tribunal condamner le débiteur par
défaut puisque ce dernier ne se présente pas à
l’audience. Mais la galère ne fait que débuter.
Pour notifier le jugement au débiteur le
commerçant doit payer des frais à l’huissier. Puis
le débiteur, alors qu’il était cité à participer aux
débats devant le Tribunal et bien que condamné
par défaut sans pour autant avoir fait appel du
jugement, refuse de payer en introduisant une
requête. Et le commerçant doit de nouveau payer
des frais à l’huissier pour demander la main
levée sur l’opposition d’une personne qui a
pourtant été condamnée à payer ! Et le jour de la
saisie, le débiteur n’est pas présent chez lui, du
coup le commerçant doit encore payer pour la
procédure permettant la saisie en l’absence du
débiteur. C’est scandaleux et inadmissible. Au
total, le commerçant a payé 1000 € à l’huissier
pour rien, puisque le débiteur n’est pas encore
saisi et qu’en plus il ne récupèrera pas les frais de
l’huissier. Ici, la victime est une vache à lait. Car
ne rien faire c’est laisser l’impunité à l’escroc et
agir c’est être pénalisé devant la justice, laquelle
n’oblige pas l’escroc à payer la totalité des frais
découlant de la procédure qui l’oblige à régler sa
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Journal d’un écriveur
dette. Moralité, acheter sans payer, faites le mort
puis refuser la saisie, vous aurez alors toutes les
chances de vous enrichir. Ou mieux encore,
devenez huissier, un complice de la justice en
somme, et espérez que le débiteur de votre client
soit le plus salaud possible pour multiplier les
procédures…
Dimanche 7 mai
Cinquantième
anniversaire
de
votre
serviteur... ! Et oui… Mon entourage me rassure
en me disant que je parais avoir cinq ans de
moins, mais bon… De toute manière ce cap ne
me perturbe pas du tout. L’âge est aussi un peu
dans la tête. Puis un jour sans doute mes artères
me rappelleront que ma tête doit mettre le
compteur à l’âge de mes articulations. En
attendant je tente d’entretenir mon corps en
faisant du vélo, en m’occupant du petit jardin et
en assurant au mieux mes amours ! Bref, à cette
occasion du demi-siècle, il y eut une petite fête
entre amis.
Lundi 8 mai
Mon horoscope prévoyait le départ tant
attendu de ma « carrière », une reconnaissance
unanime
des
professionnels
de
mes
capacités exceptionnelles ! Comme un éditeur
vient de me retourner un texte, le ballon fait
« pitch ».
Jeudi 11 mai
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Journal d’un écriveur
A Anvers, un homme achète une arme et le
jour même il va dans la rue pour flinguer des
« bougnoules ». Il tue une femme africaine avec
un enfant de deux ans, puis plus loin il tente de
tuer une troisième personne. Un policier de
passage dans la rue l’arrête dans sa folie
meurtrière en lui tirant une balle dans le buffet.
Oui, cette fois-ci il s’agit de crimes racistes !
Sachons toutefois qu’à Anvers l’extrême droite
est au pouvoir de la ville.
Puis à Charleroi les élus socialistes se
distinguent encore avec des magouilles et des
affaires de corruption ! A quand donc les
magouilles de la ville de Mons ? Vraiment, il y a
quelques choses de bien pourri jusqu’à la moelle
chez les socialos. Une tristesse puisque je me
revendique de la gauche sans caviar… !
Dimanche 14 mai
Journée peu agréable et un rien pourrie…
D’ailleurs ne sommes-nous pas en pleine période
des seins de glaces avec un climat se dégradant,
avec des températures en chute libres et des
averses de pluies durant toute la journée ? Et les
invitations à modifier les habitudes destructrices
sont refusées de manière systématique sous le
prétexte que soit ce n’est pas le moment, soit
c’est trop tôt, soit c’est trop tard, soit il y a la
fatigue. Bientôt arrivera le prétexte de la
migraine. Ajoutez à cela un peu de jalousie… Le
deuil porté de manière ostentatoire pour la
disparition d’une personne et les suspicions sur
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Journal d’un écriveur
une amie brésilienne de longue date, ou sur
toutes personnes ayant un certain charme…
Bref, le cocktail idéal pour tout foutre en l’air et
inciter quelqu’un à aller voir ailleurs !
Lundi 15 mai
« Ailleurs », une autre galère…
Toutefois mes pensées s’envolent sans cesse
de l’autre côté de la ville, là où demeure une autre
personne. Je vois sa maison de chez moi ! Je rêve
de son corps, de ses fesses, de son sexe, que
j’imagine accueillant, doux et généreux. Je
bande. J’attends la première occasion qui ne
tardera pas, car je l’ai vu dans ses yeux, dans sa
manière de me toucher le bras, de me caresser le
dos au moment des adieux et sa joue tendue vers
moi quand je lui caresse aussi le dos. Bientôt il y
aura ses lèvres contre les miennes… Et je ne vous
d’écrit pas ses lèvres pulpeuses, cette bouche qui
invite à gober… Un pur phantasme… C’est un
phantasme. Une évasion nécessaire.
Mardi 16 mai
Je me suis présenté devant un guichet de la
banque Fortis pour y déposer sur le compte de
mon ex-compagne et à sa demande la somme
230 €. L’employée qui ne me demanda aucun
document d’identité, refusa le dépôt sous
prétexte que je ne suis pas le titulaire du compte
et que je n’ai pas de mandat. Une hérésie face à
la pratique des choses !
1) Lorsque vous déposez de l’argent sur votre
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Journal d’un écriveur
propre compte, on ne vous demande jamais
votre carte d’identité et pourtant vous pourriez
ne pas être le propriétaire de la carte.
2) Une fois le dépôt achevé vous recevez un
récépissé du guichetier, vous ne signez rien et
vous sortez.
Dans ces conditions, qui peut prouver que c’est
vous qui avez déposé l’argent sur votre propre
compte. Le lendemain vous pourriez très bien
accuser la banque d’avoir accepté une tierce
personne de verser de l’argent sur votre
compte et la banque n’a pas la moindre preuve
du contraire, puisque la parole de l’employée ne
vaudra rien devant un tribunal. Ah oui, les
vidéos ! Mais vous pourriez très bien avoir été le
même jour au même guichet de la banque pour
une autre opération, par exemple retirer des
formulaires.
Donc dans le cas où vous versez de l’argent sur
le compte de votre compagne, il n’y a pas non
plus la preuve que c’est vous qui avez déposé
l’argent et le propriétaire du compte pourrait
très bien dire que c’est lui qui est venu au
guichet, et le guichetier ne peut pas prouver le
contraire et il peut très bien dire que c’est le
propriétaire du compte qui s’est présenté devant
lui. Il n’y a aucune preuve écrite de rien du tout,
excepté le récépissé du dépôt qui ne notifie rien
sur la personne ayant déposé l’argent. En un mot
comme en cent, une loi caduque et ridicule qui
ne tiendra pas la route devant un Tribunal.

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Journal d’un écriveur
Jeudi 18 mai
Effectivement, je supporte de moins en moins
l’idée que la population, donc moi, est contrainte
d’accepter les brimades et les abus de pouvoir
des administrateurs tant des services publics que
des sociétés privées s’arrogeant un monopole des
services, comme les banques, les assurances, les
compagnies d’électricités, les téléphonies, etc. Et
le pire est de constater que l’Etat contribue à ce
phénomène en mettant ces « gens-là », comme
on pourrait dire aussi ces « voleur légaux », à
l’abri des poursuites derrière des lois qui furent
jadis composées sur mesure. L’exemple me vient
de la compagnie d’électricité qui n’est jamais
responsable de rien parce qu’un article de loi la
protège ! Elle grille vos appareilles et vous n’avez
pas de recours. Scandaleux. Et les téléphonies
qui vendent des GSM sans jamais vous dire qu’il
y a un numéro de série de votre appareil facile à
connaître, en composant le *#06#, et lors d’un
vol vous communiquez ce numéro de quinze
chiffes à votre serveur qui bloquera tout usage de
l’appareil, même si le voleur changeant la carte
SIM, tel le principe d’une carte bancaire. Dans
ces conditions il y aurait beaucoup moins de vol,
ce qui n’arrangerait pas du tout les affaires des
compagnies de téléphone. On peut donc dire que
leur silence est coupable de complicité avec les
voleurs pour engranger d’avantage des
bénéfices.
Mardi 23 mai
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Journal d’un écriveur
Voilà huit jours que nous sommes assaillis par
des appels de personnes en détresses, des
brésiliennes en particulier. A croire que nous
inspirons confiance. Bref, nous jouons aux
pompiers de service et au Saint-Bernard.
D’abords nous nous sommes occupés de l’achat
d’un billet d’avion pour la maman d’une
brésilienne qui vient en Belgique pour voir sa
fille gravement malade. Ensuite nous avons été
sollicités par une personne de manière à
remonter le moral de sa fiancée enceinte et qui
ne parle pas le français. Et enfin nous avons été
contactés par une jeune dame rouée de coup par
son ami et désireuse de rentrer au plus vite dans
son pays. Sans oublier que nous recevons
régulièrement les confidences de quelques
autres brésiliennes qui comptent leurs malheurs.
Un jour je crois que l’une ou l’autre finira par me
demander de la satisfaire sexuellement. Si après
cela nous n’allons pas aux paradis… !
Vendredi 26 mai
Situation compliquée face à la visite d’une
ancienne petite amie. Voilà donc une jeune
femme, mère de deux enfants de surcroît, en
pleine déroute et qui se balade avec des canettes
de bière dans son sac. Cela m’a terriblement
peiné de la voir sombrer à ce point dans l’alcool,
le visage bouffi, usant d’un langage peu
distingué. Elle est venue me raconter ses
problèmes avec son nouvel appartement, avec
son nouveau propriétaire qui ne fait rien de ce
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Journal d’un écriveur
qu’il avait promis, avec sa voiture à moitié
pourrie, avec son patron macho qui traite son
personnel féminin de « blondasse », puis encore
ses problèmes de cœur avec des mecs qui ne la
méritent peut-être pas, sa solitude féminine et
son besoin de « contact », etc… Bref, une femme
déchirée qui tente encore de tenir le coup grâce à
ses enfants. Et que puis-je faire ? Rien.
Lundi 29 mai
Moi aussi je commence à me fatiguer de ces
discussions interminables avec une personne qui
ne comprend plus rien ou qui comprend
systématiquement le contraire de ce qu’on veut
dire, qui refuse de comprendre, qui proteste la
totalité des actes et des suggestions, qui veut
systématiquement faire autrement pour affirmer
sa personnalité, même si le château va s’écrouler
à la première marée… Bref, il n’y a plus aucune
harmonie… Voilà des mois que cette personne à
désormais la manie de taire ses déplacements, de
sortir en ville trois ou quatre fois par semaine et
dépense à chaque fois 50 €. Elle qui depuis
toujours déteste toutes les races de chien au
point de les tabasser lorsqu’ils s’approchent
d’elle, ne voilà-t-il pas qu’elle expédie 50 € par
mois pour nourrir deux labradors d’un ancien
petit ami décédé afin que ces deux bêtes ne
soient pas euthanasiés. Je crois rêver ! Depuis
qu’elle consulte un psychiatre, est-il utile de
préciser que les relations se dégradent avec son
entourage ! J’ai horreur des psys machin truc !
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Journal d’un écriveur
J’accuse. Au lieu de reconstruire, ils détruisent
d’avantage et une fois qu’il n’y a plus que ruine et
lambeaux, ils abandonnent leur patient en plein
milieu du tas de pierre en leur disant que
maintenant ils sont prêts à reconstruire leur
vie… Des assassins ! Je connais deux bonnes
femmes qui consultaient, qui ont rasé leur vie
pour se retrouver et qui désormais sont en plein
désert, perdues, déboussolées, esseulées, aux
abois, suicidaires, désormais dépendante des
médicaments et parfois de l’alcool… Oui, des
bourreaux reconnus par la caisse de la sécurité
sociale, par l’INAMI. Une forme de suicide
assisté, l’euthanasie quoi !
Samedi 3 juin
J’ai reçu les ultimes conclusions de l’avocat de
Verviers contre lequel je réclame des
indemnisations et je constate que ses seuls
arguments consistent à nier la vérité, même
lorsque l’un de ses confrères atteste par écrit
qu’il n’a reçu le mandat que pour un dossier déjà
jugé à Verviers et non pour le dossier dont il est
ici question, et surtout il tente de vouloir me faire
passer pour un personnage qui délire, qui
phantasme, qui émet des élucubrations, qui est
dérangé du chapeau, et de surcroît un escroc,
puisque si j’ai été exclu du chômage c’est parce
que je n’avais pas « tout » déclaré. Mais je suis
en possession d’une lettre de cet avocat que
j’avais justement consulté pour savoir comment
je devais faire ma déclaration de ménage et il me
41

Journal d’un écriveur
répondit noir sur blanc que je devais
effectivement déclarer la présence de ma femme
et non celle de ma cohabitante ! Il avait
juridiquement raison ! Mais malgré le texte de
loi, l’Onem n’accepta pas. Alors comment peut-il
me traiter d’escroc puisque j’avais suivi son
conseil !
Lundi 5 juin
Le surréalisme des Belges et la belgo mania en
France
René Swennen écrivait dans un livre que pour
les Français la Belgique est très souvent soit un
sujet de plaisanterie, soit une énigme exotique,
que dans l’histoire, elle est un accident, une
fiction juridique imaginée par un anglais, appuyé
par les Français, désireux de ne pas avoir les
allemands comme voisin direct, donc un
royaume artificiel chargé de concilier les
inconciliables. Que la Belgique, pays tampon par
la volonté des grandes puissances, offre donc une
image hallucinante et hallucinée des pires
absurdités et des déchirements profonds et
perpétuels. De là est parti mon analyse sur le
surréalisme des Belges. Le territoire est divisé en
deux, avec d’un côté le peuple flamand qui n’a ni
la même culture ni la même langue que son
voisin wallon nourri à la culture venue de France
et parqués de l’autre côté d’une frontière naturel
que personne n’a voulu tenir compte au moment
de la création de la nation. Il s’agit en réalité d’un
mariage établi par contrainte, provoquant sans
42

Journal d’un écriveur
cesse des querelles de cloche merle et des
menaces de divorce. Le cancer de cet Etat est ce
fameux « mal belge » qui incite sans doute la
population à s’évader d’un pays trop petit par le
biais d’une douce folie, donnant ainsi naissance
au surréalisme « belge » réputé de par le monde
grâce à ces artistes de talent. Le plus connu
d’entre eux est le peintre « Magritte ». Mais
prenez aussi Jean-Michel Folon avec ses petits
bonhommes coiffés d’un chapeau qui volent
dans le ciel. Et le Roi Léopold II n’avait-il pas
déjà un grain dans la tête lorsqu’il se mit en quête
d’une colonie parce qu’il trouvait lui aussi la
Belgique trop petite à son goût ? Bref un pays
surréaliste ne pouvait évidemment qu’engendrer
une étrange faune.
Longtemps confinés dans à une petite zone
géographique, tant en Flandre qu’en Wallonie, et
confrontés à l’insignifiance des budgets culturels
accordés par l’état, les artistes belges durent
imaginer mille stratagèmes pour exister un peu,
pour garder la tête hors de l’eau. Beaucoup
d’entre eux puisèrent la matière première dans
leurs difficultés d’exister administrativement,
puisqu’en Belgique il n’y pas de statut d’artiste.
Donc ils puisèrent dans les leur propre malaise
Belge, dans les situations absurdes auxquelles ils
étaient sans cesse confronté, dans l’absurde, le
cocasse, la dérision, l’humour, dans la folie qui
les guettaient et hors de laquelle est jailli le
surréalisme à la belge jadis moqué par les
Français et aujourd’hui très apprécié. La belgo
43

Journal d’un écriveur
mania à Paris.
Avant, dans les années 1960 à 1995 il n’était
pas bon d’être un artiste belge pour réussir à
Paris, puisque chez nous le marché est
malheureusement trop petit et qu’il faut aussi,
autre absurdité Belge, réussir ailleurs pour être
reconnu chez soi ! Un Belge devait donc nier sa
nationalité pour réussir en France. Un bel
exemple est celui de Johnny Hallyday, né en
Belgique, qui prit la nationalité Française pour
faire son service militaire en France afin de
donner une image plus commerciale et
nationaliste. A l’image d’Elvis Presley aux EtatsUnis. A l’exception de Jacques Brel, de Hergé et
des dessinateurs de BD imprégnés par le
surréalisme, les autres artistes s’établissaient en
France en niant leurs origines. Les acteurs et les
chanteurs n’avaient pas d’autre choix pour
pouvoir vivre de leur métier. Les cinéastes eux
étaient contraint de faire des films sans argent,
d’où la nécessité d’imaginer des astuces pour
créer des œuvres. Raison pour laquelle les films
d’animation, en particulier en pâte à modeler,
étaient très appréciés et gagnaient même des
Oscar à Hollywood. Mais la grande spécialité du
pays est surtout le documentaire social avec
Henri Stock comme étant le maître et d’où sont
issu Manu Bonmariage, Raoul Servais, Thierry
Michel et les frère Dardenne.
Mais à la fin du siècle dernier, les nouvelles
productions artistiques Françaises étaient ternes
alors que les productions Belges francophones
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surgirent de leur confidentialité et trouvèrent un
public plus large. Au cinéma il y eut d’abord
« Tonton le héros » puis le « Huitième jours » de
Jaco Van Dormael, avec Pascal Duquenne, des
films évidemment surréalistes. Puis plus tard
arriva les frères Dardenne avec « Rosetta », « Le
fils » et « L’enfant ». Ces films primés avec
d’autres versèrent un grand nombre de
comédiens belges affichant sans honte leur
nationalité sur le marché en France. Emilie
Dequenne, Marianne Basler, Natacha Rénier,
Natacha Amal, Olivier Gourmet, Jérémy Renier,
Cécile de France, Marie Gillin, Benoît
Poelvoode… En littérature s’il y a Simenon,
Béatrix Beck et Françoise Mallet Joris, le Prix
Goncourt fut décerné en 2005 à François
Weyergans. Les chanteurs sont aussi à la mode,
surtout les flamands qui chantent en français.
L’accent flamand qui était jadis moqué et qui
faisait partie des blagues sur les Belges est
aujourd’hui apprécié. L’exemple le plus grand
est Arno. De nos jours c’est donc un avantage
d’être Belge. Même Johnny Halliday revendique
maintenant sa nationalité d’origine. Mieux, il a
joué dans un film affichant son vrai nom de
famille. De nombreux journalistes et des
animateurs ont aussi immigrés vers les chaînes
de télévision française. Philippe Geluck,
humoriste et dessinateur du Chat, est l’exemple
idéal. Le surréalisme des belges s’exporte
désormais avec bonheur, mais pour combien de
temps encore ? Le temps d’une mode, d’une
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nouvelle vague…
En effet, cela ne veut pas dire que l’avenir
commercial du surréalisme des Belges est
assuré, au contraire, les budgets sont de nouveau
calculés à la baisse, une période noire se dessine
au loin. Le temps peut-être de replonger dans
notre misère, dans notre douce folie imaginative
et de renouveler ce surréalisme particulier. Pour
ne pas mourir…
Vendredi 9 juin
Voyez-vous, voilà ce qui donne envie de
gerber devant les abus de pouvoir répétés des
politiques ! A Bruxelles, un Président de CPAS
avait établi un domicile fictif, avec la complicité
de la police, pour pouvoir exercer son mandat et
gagner son salaire, alors que dans le même
temps ce même Président refusait d’accorder le
Minimex à des demandeurs sous prétexte de
domicile fictif ! Ai-je besoin de rappeler que
durant dix mois et sous les ordres du CPAS de
Verviers la police refusa d’établir mon domicile
là où je vivais afin de m’empêcher de percevoir
un moyen de survie ! Et à ce sujet, il serait bon
de vérifier le domicile principal de l’un ou
l’autres élus de la ville de Verviers, puisque je
crois savoir de bonne source que certains d’entre
eux ne vivent pas de manière quotidienne et
effective sur la commune dans laquelle ils
exercent un mandat. En effet, le domicile
principal doit être installé là où vous vivez le plus
souvent et non là où vous passez le week-end !
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Dans ce cas, cela s’appelle un domicile fictif.
Mercredi 14 juin
Face aux lois destinées aux mauvais payeurs,
il y a de quoi se dire que les honnêtes gens sont
des vrais cons ! Car escroc est sans doute le
métier d’avenir qui sera le plus protégé par des
lois créées sur mesures par des escrocs qui ont
réussis et qui sont devenus notables. Alors,
organisez au préalable votre insolvabilité, donc
ne possédez que vos effets personnels, puis
achetez des trucs que vous n’êtes pas obligé de
payer comptant, des trucs insaisissables comme
des services ou encore du matériel que vous
revendez tout de suite pour obtenir du liquide.
Bref, profitez du système. Après, vous serez
condamné pour non-paiement, mais qu’importe,
vous êtes insaisissable… Pourtant vous roulez en
BMW, laquelle appartient à madame, vous vivez
dans une villa meublée avec TV plasma 16/9 qui
appartient à votre sœur, le PC portable 17’ est
votre outil de travail qui ne peut pas être saisi et
en plus chaque année vous narguez vos
créanciers en les croisant sur une plage aux
Bahamas.
Jeudi 15 juin
Voilà une information pas très intelligente de
la part d’un créancier affichant une situation
précaire le protégeant d’une saisie judiciaire. En
effet, il répond à son débiteur que même s’il
gagnait à Euro Million, il ne payera jamais rien !
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En d’autres termes, qu’il organise son
insolvabilité. Une information aussitôt fournie à
la justice helvétique. Bravo Madame A. R. de
Lausanne, responsable d’une société de
traduction.
Dimanche 18 juin
Oh, votre serviteur n’est pas vraiment très
motivé à faire ses quarante kilomètres à vélo !
Pourtant le climat est au beau fixe… Mais à
chaque fois qu’il planifie une sortie, soit il fait à
mourir de chaud, soit il y a un empêchement, soit
il lui manque la volonté. Et il lui manque aussi la
motivation pour bricoler ou pour jardiner.
Puis dans une semaine il délaissera son clavier
d’ordinateur durant un bon mois. Donc pas de
journal.
Mercredi 21 juin
Ai-je besoin de vous dire que je suis vraiment
vigilent sur l’avancement du dossier impliquant
les deux avocats qui n’avaient ni rempli ni remis
les formulaires obligatoires pour l’inscription
aux rôles et cela dans les délais fixés par la
communauté européenne des droits de l’homme.
Lors de la première audience devant le Tribunal
Civil de Verviers, les deux parties citées ont
désigné un avocat commun qui avait aussitôt
demandé le report pour pouvoir prendre
connaissance du dossier que je devais lui
remettre. A noter que les deux avocats avaient
déjà reçu le dossier complet, mais lors de la
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désignation de leur conseil ni l’un ni l’autre
n’avaient daignés lui transmettre la copie. La
stratégie pour gagner du temps se dessine donc !
Le 29 juin, il y aura donc un mois que le
mandataire a signé l’accusé de réception de la
poste. Si je ne reçois rien d’ici une semaine, il va
falloir utiliser les grands moyens pour les
contraindre à bouger ! Bien entendu, il y a les
vacances… Néanmoins en principe la partie
adverse à 30 jours pour répondre.
Jeudi 22 juin
Stacy et Nathalie... A l’évocation de ces deux
prénoms, pour la disparition des deux fillettes à
Liège, il y a quelques choses qui rappelle
étrangement d’autres couples de prénom. Julie
et Melissa, Ane et Eefje, Sabine et Léticia. Il y a
cette même attente, ces mêmes appels des
parents à la télévision, ce même scénario qui ne
sent pas bon du tout… Et la police qui donne des
informations contradictoires en disant qu’il y a
encore des chances de retrouver les gamines
vivantes alors que toutes leurs recherches se font
avec des chiens cadavres ou avec des hommes
grenouilles qui fouillent le lit de la Meuse. Et le
suspect numéro un qui n’a peut-être rien à voir
avec cette disparition ! Mais pourquoi a-t-il
justement rasé sa tête ? Car la technique des
truands d’aujourd’hui est justement celle de se
raser le crâne pour ne pas laisser de trace ADN
avec ses cheveux.

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