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Disparition des stagiaires du CFPA de STRASBOLIRG en l97lll973 : de nouveaux éléments

!

En avril, un premier article avait pour
but de raviver les mémoires et d'amener
des témoignages concernant les meurtres

de trois stagiaires du CFPA de STRASBOURG : Olivier DUVERNON, Gino
FLORIAN, Antonio BOUE BI VIANE.
Venus de départements d'Outre-Mer et de

Côte d'Ivoire pour suivre une formation
professionnelle, ils disparaissent tour à
tour entre 1971 et 1973 peu après leur aruivée à Strasbourg.

Le 2 mai 1974, des ossements et des
sont découverts dans un
fossé longeant la D 226 et la forêt de

vêtements

VENDENHEIM. Les policiers du

SRPJ

de Strasbourg présentent les vêtements au
CFPA, ils seront reconnus par d'anciens
stagiaires les ayant fréquentés.
Durant le mois de mai 197 4 ceffe découverte macabre fait l'objet de nombreux articles rctraçarrt les faits. Ensuite l'enquête
ralentit, les recherches concernant le ou les

meurtriers n' aboutiront pas.
Pourquoi l'enquête s'est-elle arrêtée aussi
rapidement ? Ces crimes sont aussi inhabituels qu'effroyables, on peut penser que
l'auteur est susceptible de recommencer
et qu'il est indispensable de le retrouver
pour le stopper. Visiblement ce ne ffit pas
une priorité, voici quelques éléments de
réponse.

Lq vie qu Centre dqns les

qnnées 197211973

Grâce à d'anciens élèves et formateurs on
apprend que <« rien rf a filtré, l'enquête a
été très discrète, la police n'est venue sur
place que durant 12 heures pour inspecter
des scies ». (( Le Centre avait mauvaise

réputation et pour la
direction c' était absolument inenvisageable
que le Centre soit im-

pliqué.

Le

directeur
avait le Centre à protéger, il le défendait bec
et ongles, le personnel
ne pouvait pas être impliqué ».

le directeur habitait à côté, il devait parfois intervenir car il y avait trop de bruit.
En dehors des cours les stagiaires étaient
livrés à eux-mêmes, il y avait souvent des
filles sur place, il y avait le quartier des

Aviateurs autour, c'était un quartier très
difficile. 11 y a eu beaucoup de cambriolages, des ateliers ont été complètement
dévalisés. Le veilleur de nuit devait faire
le tour de tout le site, il avait un chien
mais il n'était pas rassuré. Le Centre avait
mauvaise réputation à cause de ce qui s'y
passait [e soir. Le quartier étaittrès vivant,
le grillage qui entoure le Centre se passait
facilement, je me souviens d'un matin où

une

fille

était

restée

accrochée au grillage,

Ces enseignants

extérieurs étaient
parfois particuliers, ils
étaient sur place le soir

elle a dû quitter ses
pour s'en
sortir. Tout le monde
pouvait enJrer, pour
voler ou pour voir les
stagiaires. I1 y avait
vêtements

aussi de la drogue sur
place, ceux des DOM

se connaissaient entre eux, parfois ils
Parmi les formateurs contactés, certains se faisaient livrer du rhum. Certains staont accepté de parler un peu plus libre- giaires ne connaissaient rien, ils étaient
ment :
nails et avaient tout à découwir. Il y avait
<<

Le soir il se passait beaucoup de

12

lJuin

zotlltonic

Magazine n"214

choses,

souvent des bagarres sur place, des règle-

ments de compte le soir. Le jour pendant
la formation c'était calme, il y avait de la
discipline.
>>

Au fil de la discussion est abordée la possibilité pour les formateurs de changer de
Centre, d' aller travailler ailleurs et comment se passaient ces mutations : « Oui il

y avait des mutations

d'un Centre AFPA
à l'autre, oû pouvait bouger. Ça me fait

penser

qu'il y avait des Moniteurs itiné-

rants qui venaient remplacer quand un
formateur était malade. Ils pouvaient venir

d'ALBI, de CAEN, du MORBIHAN

ou

d'ailleurs.
Certains itinérants venaient dans le Centre
avec leur carayaîe personnelle, ils étaient
placés à côté d'un des ateliers, c'est 1à
qu'ils se raccordaient au réseau. Quand
ils n'avaient pas de caravane ils dormaient
dans une chambre à l'hébergement. Ces

enseignants extérieurs étaient parfois
particuliers, ils étaient sur place le soir,
n'avaient pas de famille, ils connaissaient
mieux les stagiaires que nous. Certains
étaient itinérants au début de leur formation, d'autres restaient toujours itinérants
et travaillaient ainsi. Peut-être y aurait-il
à chercher de ce côté-là, plutôt que cltez

quelqu'un

du Centre, les formateun

étaient sélectionnés, on se connaissait, je
ne vois pas quelqu'un faire çà. Mais les itinérants, je ne sais pas comment ils étaient

recrutés. »

Enfin quelque chose d'intéressant ! Se
dessine-t-il le profil d'un itinérant, si1lonnant les Centres AFPA de France et de
Navarre, s'installant bien tranquillement à
l'affirt de proies candides et disparaissant
avant que les corps ne soient découverts

?

En allant de VENDENHEIM vers cette
forêt, la route D226 passe au-dessus du
Canal de la Marne au Rhin où a étéjetée la
tête de Gino F, retrouvée à BISCHHEIM.
Le lieu où se baignaient les enfants qui ont
trouvé la tête enveloppée dans un sachet
plastique se trouve au niveau de la rue du
Marais, près du pont où passe acfuellement
le tram, àt Km 310 du Canal. A-t-elle été
jetée à l'eau non loin de l'endroit où elle a
été retrouvée ? Déposée au fond de l'eau

L'un des formateurs interrogés avait bien
dit que cela lui faisait penser à l'afflaire de

elle a pu rester sur place et remonter en-

MOURMELON. Serait-ce une piste ?

jours après la disparition du jeune homme
qui avait été vu pour la dernière fois vers 1
heure dans la soirée du 13 au 14 juillet au
bal qui se tenait devant s§

Les lieux de découverte

des corps

le

Ils ont été deposés dans un fossé longeant
la D 226, côté prairies. Souvent des voifures sont garées le long de la route ainsi
que sur le parking. I1 y a quelques promeneurs qui déambulent dans 1a forêt située de l'autre côté. Ce site est un lieu de
promenade mais est également répertorié
comme un lieu de rencontres et de drague
pour hommes, d'après les personnes fréquentant les lieux c'est le cas depuis de
très longues années, c'était déjà ainsi dans
les années 1970. Le fossé passe sous La
route par deux ouvrages bétonnés et les
corps ont été déposés du côté prairies. Les
promeneurs se garent et se promènent surtout du côté forêt, ce qui explique que les
corps ont pu être déposés à des dates differentes et laissés sur place, de mai 1972
à mai 1974, sans attirer l'attention, seule
une odeur nauséabonde avait été décelée
par des passants. Le choix de ce lieu pour
déposer les corps n'est peut-être pas ano-

din. Le meurtrier connaissait-il bien
lieux

?

suite. Cette découverte est survenue sept

les

Dans les années 60 la crise de f indusLa progression du chômage donnent lieu à des émeutes dans les

trie sucrière et

DOM. Enmétropole, de nombreux emplois
restent inoccupés, Michel Debré alors Premier ministre crée le B.U.M.I.D.O.M, Bureau pour le développement des Migrations
Intéressant les Départements d' Outre-Mer
Une propagande est mise en place pour alimenter la métropole en main d'æuvre. Les
objectifs à atteindre sont très clairs : 5.000
Antillais doivent arriver chaque année en
métropole. Serait-ce une des raisons qui
feront clôturer cette affaire aussi rapidement ? Inutile de répandre f information
de stagiaires trucidés sauvagement !
Une telle informa-

musée historiqu.
Le Heu où se
de Strasbourg. Il atbaignaient
les enfants qui
rencarï un aml oevanr
un bureau de tabac et ont trouvéla tête enveloppée
aurait disparu à ce mo- dans un sachet plastique se
ment-1à.
trouve au niveau de la rue
Le meurtrier avait-il du Marais...

ftful

ta.t

tion pourrait créer

à

nouveau des troubles

graves. Cette émigration organisée est
dénoncée par les par-

tis

indépendantistes

tites routes mais c'est moins tranquille

accusant le gouvernement de vider les îles
de leurs forces vives.
Ils sont souvent relayés pat l'opposition
de gauche, ce qui nous ramène à la campagne électorale de ce mois de mai 1974,
une élection anticipée suite au décès de
G. Pompidou. Au premier tour, le 5 mai

qu'en pleine campagne. Est-il un habitué
du lieu, est-ce pour lui un lieu de pass àga,
fréquente-t-il le quartier ?

ment en tête, un séisme pour la droite. Le
19 mai, àv deuxième tour, VGE l'emporte

jeté d'autres parties

des co{ps de Olivier
et Gino au même endroit comme il 1'a fait
des corps dans la forêt ? Qu'est-ce qui a

motivé le choix de ce lieu ? Le bord du
canal est facilement accessible

pff de pe-

Mais cette enquête est peut-être soumise
à d'autres contraintes, elle a laissé peu de
traces dans la mémoire des principaux acteurs.

M. FILIBERTI commissaire divisionnaire,
chef du SRPJ déclare tout d'abord n'avoir
jamais travaillé sur cette affaire, puis affirme n'en avoir aucun souvenir.
Pr. CHAUMONT, médecin légiste se souvenait bien de l'affaire sans pouvoir donner plus de précisions. Au tout début de
l'enquête il dira à l'une de ses collègues
« c'est une affaire qui ne sortira pâs, nous
sommes en pleine période électorale D,
c'était en effet la campagne présidentielle qui opposera les candidats Giscard
et Mitterrand. Mais appliquons d'abord

le conseil qu"il donnait volontiers à ses
confrères : (( Ouvrez les yeux, aLlez voir
ailleurs ». Et si cet ailleurs était les départements d'outre-mer ?

1974, François Mitterrand arrive large-

sur Mitterrand, avec 50,810Â des voix
contre 49,19%. Jamais un deuxième tour
fi'artta été aussi serré. Durant ce mois de
mai tous les yeux étaient tournés vers cet
évènement. La découverte des corps est
vraiment survenue à un moment très défavorable.
lJne famille s'est manifestée disant ignorer
où leur fils est enterré. Seul l'açte de décès de FLORIAN Gino décédé à BISCHHEIM en 1972 est enregistré à1'état civil,
il n'y a aucune trace des deux autres actes.

Plus étonnant encore, la commune de
naissance de DUVERNON Olivier n'a pas
d'avis de décès le concernant << pour nous
il est toujours en vie ».

Difficile de savoir où ils ont été inhumés,
« à cette époque c'est au cimetière Nord
que sont enterrées les personnes venant de
l'Institut de Médecine Légale. Des coffres
arrivaient de I'IML avec les corps incomplets et étaient inhumés sans indica- r r r
Tonic Magazine n"214lJuin 2017

t 13

tion particulière dans les registres
se rapproche de la réponse du

I'IML : « il

>>.

Cela

directeur de

s'agissait de trois squelettes

incomplets, qui n'ont été identifiés que
secondairement. Leur devenir n'est pas
précisé. Soit ils ont été inhumés rapidement soit après identification. Dans tous
les cas le permis d'inhumer est donné par
l'autorité judiciaire. Vous devriez vous
rapprocher du TGI de Strasbourg afin de

Chez les Schmitt* c'est le conseil de guerre. Effectivementr les enfants

rejoignent sur le principe : leur père octogénaire n'est plus apte
la conduite.
se

à

consulter le dossier pénal de l'affaire qui

doit certainement comporter toutes les
réponses à vos questions )). Les corps de
personnes identifiées peuvent ainsi administrativement disparaître. Cela pouffait-il
expliquer l'absence d'acte de décès ?

Et qu'en est-il du dossier pénal ? La réponse téléphonique du TGI de Strasbourg
apporte une grande déception : le dossier

n'est plus archivé, il aurait été détruit.

Des parents sont morts avant de savoir
comment leur fils avait été tués. Les familles sont toujours dans l'attente de réponses : << On aimerait tellement savoir qui

a fait ça, comment a-t-on pu le laisser en
liberté et continuer ses crimes ?
Ces crimes sont anciens et il y a prescription, si ces faits vous rappellent des souvenirs, n'hésitez-pas, toute information peut
être utile à mieux comprendre ce qui s'est
>>

passé.

Alice NOLFF

u.nolff@range.fr - 0 6. 7 7. 66. 69. 7 8.

Après plusieurs incidents mineurs, mais
dont les conséquences auraient pu être
fâcheuses, il est évident que M. Schmitt
est un danger pour lui même et pour ses
concitoyens.

Pourtant, personne n'ose dire à l'octogénaire de ne plus prendre le volant. De
guerre lasse, un des fils Schmitt décide
de faire un signalement en préfecture,
afin que son père soit convoqué à un exa-

men médical d'aptitude

conduite.
Ceci, pense-t-il, rassurera tout le monde
puisqu'un médecin validera les capacités
du père Schmitt.

digérée.
En toute honnêteté, Gilbert*, le fils à l'origine du signalement, va voir son père et lui
dit qu' ayarrt peur pour sa sécurité et celle
d'autrui, c'est lui qui à demandé cette visite médicale.
Qu'elle ne fut pas sa surprise lorsque son
père lui répond : << mais mon fils, si tu ne
veux plus que je conduise, tu aurais dû
me le dire et j'aurais arrêté, je n'y prends
même plus de plaisir »».
Gilbert est soulagé, mais il déchante bien

vite.
Effectivement, c'était sans compter sur sa
mère, car celle-là est dans tous ses états.
Octogénaire également, mais n'ayant pas
le permis de conduire, elle n'accepte pas
que son mari ne prenne plus le volant.
Celle-ci a annulé le rcndez-\rous de la visite médicale et depuis quelques temps,
nous voyons le couple Schmitt se promener de plus en plus souvent en voifure.
Est ce bien raisonnable ?
I

Juin 2O1Z Tonic Magazine n'214
L

des

contrôles d'aptirude à la conduite à partir
de soixante ans. d'aurres retirent le permis
aux plus de soiranTe 'Jir ans. En France, ni
contrôle, ni retrait autornatique, seulement
du cas par cas et après signalement au préfet ou àla gendarmerie.

Attention, en cas de maladie affectant

le

discernement, 1a famille a une obligation
de signalement.

à la

La convocation arrive et comme vous pouvez f imaginer, la nouvelle a du mal à être

14

En Europe. cenains pays réalisent

Rappelons cette affaire jugée en juille.
2014 à Épinal. Un conducteur de quatre
vingt neuf ans avait mortellement heurte
un motard et grièvement blessé son fi1:
de treize ans. L'octo-eénaire avait refust
la priorité. Suite à une expertise psychia"

trique, les magistrats avaient conclu
l'abolition de son discernement lors de,
faits, en raison d'un syndrome démentie

i.

sévère.

Convaincu que le drame aurait pu être évi
té, le procureur de la République d'Épina
avaitréagi en lançant un avertissement pu

blic en présence du préfet.
I1 pourrait poursuivre les proches qui or
laissé ce conducteur prendre le volant mal
gré son état de santé pour homicide invc

lontaire...

Mais que faire lorsqu'une personne inapt

refuse d'entendre raison et persiste
prendre le volant ?
On prend ses responsabilités, tout comm
le fils Schmitt. Et comme le dit le fameu
adage de la sécurité routière : « Quand o
aime quelqu'un on le retient ! »
* nom et prénom d'emprunt

Virginie Schaefft


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