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LE BÉNIN À L’UNESCO
Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018

Retour de
biens
culturels à
leurs pays
d’origine

Le Plaidoyer

N° 002

ÉDITORIAL

La force du courage
Nous vivons une ère de transformations sociales. Elles sont si rapides et si complexes que le
refuge dans nos zones de confort ne peut plus aujourd’hui assurer, ne serait-ce qu’un semblant
de protection ou de survie. Ça bouge, ça va vite et ça change dans toutes les directions. Aucun
secteur de la vie sociale n’est épargné, y compris des secteurs longtemps réputés aussi stables
que ceux de la culture et de l’éducation. Les politiques en font l’expérience quasi quotidienne.
Il n’est qu’à se référer à la situation du Bénin qui, sous le leadership du Président Patrice
TALON, connaît depuis plus de deux ans un train de réformes politiques, institutionnelles,
économiques et sociales dont les résultats probants commencent à être salués de tous,
même par des sceptiques.

Irénée Bienvenu ZEVOUNOU 
Ambassadeur
Délégué Permanent

On peut admettre que les réformes sont des réponses aux nécessaires adaptations qu’exigent
les transformations. On peut également accepter qu’elles ne puissent être efficaces que si
elles s’inspirent et sont soutenues par une vision claire, des choix stratégiques définis, connus
et partagés, des actions planifiées sur la durée avec des ressources conséquentes. Dans le cas
du Bénin, ces traits caractéristiques majeurs s’incarnent pour l’essentiel dans le Programme
d’actions du Gouvernement (PAG).
Un élément déterminant semble cependant ne pas être assez souvent souligné : la force du
courage voire l’audace. Car il en faut pour remettre en question la vieille offre d’éducation
élitiste, plus que cinquantenaire, pour une offre diversifiée, intégrant des modèles de savoir
alternatifs souvent considérés comme appartenant à des catégories inférieures. Il faut du
courage politique pour interpeller la communauté internationale et l’inviter à infléchir ses
paradigmes notamment face à la restitution des biens patrimoniaux culturels à leurs pays
d’appartenance. De l’audace, il en faut certainement pour s’attaquer, en interne, au fléau de
la corruption et à l’impunité, son autre terreau fertile. D’un autre côté, plusieurs innovations
en cours au Bénin, comme dans le numérique, illustrées entre autres par le e-visa, ne peuvent
s’expliquer que par le courage déterminé de conduire des changements qualitatifs jusqu’à
leur réussite, donnant raison à cette affirmation de Crébillon (1674-1762) dans Catilina :
« le succès fut toujours un enfant de l’audace ».
La même audace paraît rendre compte des ressorts des responsables politiques de la Guinée
Equatoriale qui, en partenariat avec l’UNESCO, s’engagent dans le financement du Prix
international pour le développement de la recherche en sciences de la vie, ciblant le bienêtre, la sécurité et la dignité de tous les êtres humains. Quant à prétendre, en Afrique, sortir la
culture de ses couvents d’initiés pour l’introduire parmi les denrées quotidiennes du panier
de la ménagère, il faut sûrement …. beaucoup d’audace. C’est pourtant le défi que s’est
lancé, avec un succès qui n’était pas acquis à l’avance, le promoteur de la première édition du
Festival des Continents.
En définitive, la réussite de ces actes de courage témoigne d’une certitude que Virgile,
d’expérience dans l’épopée de l’Enéide, a rappelée avec force : « la fortune favorise les
audacieux ».

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

3

4

SOMMAIRE

FOCUS
Editorial : La force du courage. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Message du Président de la République : « La lutte contre l’impunité est un chantier majeur »
Lire l’intégralité de son discours. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
UNESCO
Les ambitions du Bénin pour la Commission de conciliation et de bons offices de l’UNESCO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
AGENDA DU DEUXIEME SEMESTRE DE L’ANNEE 2018. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Prix international UNESCO-Guinée équatoriale pour la recherche en sciences de la vie 2017:
Trois lauréats pour la recherche en sciences de la vie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
La Diaspora béninoise en croisade contre la corruption. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
ÉVENEMENT
S.E.M Patrice TALON:
« Ces biens uniques… n’attendent que d’être retournés dans leurs environnements naturels ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
Conférence internationale à l’UNESCO : En route pour le retour des biens culturels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Les aspects juridiques de la restitution des biens culturels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
Cérémonie de remise du Certificat d’inscription du Complexe W-Arly-Pendjari sur la liste
du Patrimoine Mondial de l’UNESCO . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Talon le leader culturel. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
Nomination des membres du comité sur la coopération muséale et patrimoniale
entre la France et le Bénin.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
INVITÉ
William Comlan, Directeur de Cabinet du MAEC :
« Je suis très heureux des échanges ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
CULTURE
Promotion du patrimoine culturel béninois: Le Bénin se révèle au Festival des Continents
La délégation béninoise a fait forte sensation à Cherbourg . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
EDUCATION
UNE REFORME INEDITE DU SECTEUR DE L’EDUCATION AU BENIN. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Visite de travail au Lycée Jean Jacques Rousseau de Sarcelles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
INTERVIEWS
Inès Kérékou, Consule Générale du Bénin à Paris:
« Nous sommes là pour nous occuper de la diaspora » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
INNOVATION
« Drépacare» : Une application pour accompagner les drépanocytaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

LE BÉNIN À L’UNESCO
Magazine d’information et d’analyses/Octobre 2018 - N° 002
Directeur de Publication
Irénée Bienvenu Zèvounou

LE BÉNIN À L’UNESCO

Rédacteur en chef
Sulpice Oscar Gbaguidi

Rédaction
Moïse Sagbohan
Franck Armel Afoukou
Andy Agossou
Raoul Ahovey

Secrétariat
Joëlle Finkpon
Mise en page et Edition :
UNESCO

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Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

6

FOCUS

Message du Président de la République :

« La lutte contre l’impunité
est un chantier majeur »
Mardi 31 juillet 2018, veille du 58ème
anniversaire de l’ascension du Bénin à
l’indépendance, le chef de l’Etat ,
Patrice Talon , s’est adressé à la Nation.
Lire l’intégralité de son discours.

Béninoises, Béninois,

Ainsi, pouvons-nous observer :

Chers compatriotes,

que nous sommes déjà à mi-parcours pour l’atteinte de nos
objectifs en matière d’énergie électrique ;

Il y a tout juste un an, lors de la célébration du 57ème anniversaire
de notre indépendance, je vous exhortais au courage et à l’espoir,
puisque la lutte que nous menons ensemble pour faire du
Bénin un pays moderne et prospère, est longue et difficile, mais
exaltante ; et qu’au bout de l’effort et des sacrifices, le Bénin dans
lequel nous vivrons et que nous laisserons à nos enfants, sera un
Bénin où l’essentiel des ressources aura été consacré aux besoins
vitaux de la population : l’eau potable et l’électricité, les écoles,
les centres de santé et les hôpitaux, les routes, l’internet, les ports
et aéroports, un commerce florissant pour les grands opérateurs
comme pour les tout petits commerçants.
C’est à cette tâche que mon Gouvernement s’est attelé avec
détermination.
S’il est vrai que le développement d’un pays requiert du temps,
on peut dire aujourd’hui que le succès est à portée de main, car,
sous nos yeux, les importantes transformations et réalisations qui
s’opèrent progressivement donneront bientôt à notre pays, un
autre visage.

LE BÉNIN À L’UNESCO

que notre programme de fourniture d’eau potable à tous nos
concitoyens, a démarré un peu partout dans le pays ;
que l’asphaltage des rues de certaines de nos grandes villes est
entré dans sa phase visible avec l’attribution des marchés aux
entreprises ;
que notre sécurité dans nos villes, nos campagnes et sur nos axes
routiers est désormais une réalité, même s’il nous reste encore
beaucoup à faire.
La protection de notre côte maritime, le développement du réseau
routier, les progrès de la production agricole, l’assainissement des
finances publiques, les réformes administratives et bien d’autres
actions promises et programmées sont déjà appréciables.
Chers compatriotes,
Notre pays n’est déjà plus le même. Il est en pleine transformation
et aucune commune ne sera oubliée.
Mais pour redresser durablement la barre et prendre
significativement notre part dans le renforcement de notre

FOCUS

indépendance, nous devons garder courageusement le cap pour
conduire à bonne fin, avec détermination, tous ces chantiers
ouverts dans tous les secteurs.
Pour y parvenir, il est indispensable que nous soyons absolument
débarrassés du fléau de la corruption qui assèche nos
ressources et rend inopérante l’énergie que nous consacrons au
développement avec tant de sacrifices.
La lutte contre l’impunité est un chantier majeur.
Tel est le but des réformes que nous avons engagées au niveau
de l’appareil judiciaire, afin qu’il soit plus diligent et plus efficace
dans cette lutte.
Je me réjouis de constater, à la suite des levées d’immunité
parlementaire intervenues ces derniers jours, que l’Assemblée
Nationale elle aussi s’est mise au diapason.
Je voudrais remercier à cet égard la société civile, l’opinion
publique en général ainsi que nos partenaires techniques et
financiers, pour leur soutien et leurs encouragements.
C’est dans ce contexte volontariste qu’est intervenue l’initiative
prise par les Députés, d’introduire une proposition d’amendement
de notre Constitution qui se résume en quatre points :
1. inscrire l’abolition de la peine de mort dans la Constitution,
pour lui donner une valeur supérieure à celle que lui confère
le Code Pénal ;
2. créer une Cour des Comptes pour assurer la rigueur et la
transparence dans la gestion des fonds publics, et nous
conformer aux différents traités internationaux que nous
avons signés ;
3. améliorer la présence des femmes à l’Assemblée Nationale
par une disposition particulière permettant l’élection d’un
nombre minimum de femmes, comme l’ont déjà fait de
nombreux pays dans le monde, et même en Afrique ;
4. regrouper autant que possible les élections, sans remettre
en cause la durée du mandat du Président de la République,
pour réduire leur impact sur les ressources de l’Etat et pour
consacrer davantage de temps à l’œuvre passionnante de
développement.
Cette initiative était des plus pertinentes et il était permis de
penser qu’elle ferait l’unanimité ou réunirait tout au moins un
nombre suffisant de Députés pour que la révision soit acquise par
la voie parlementaire.
A la surprise des Députés eux-mêmes et d’une grande partie de
l’opinion publique, cette proposition de révision a juste recueilli le

vote favorable de 62 Députés sur les 82 que compte désormais
l’Assemblée Nationale, au lieu des 66 suffrages nécessaires.
Je rends ici un hommage mérité aux Députés qui ont initié,
soutenu et voté ladite proposition.
Je remercie l’opinion publique qui, dans sa très grande majorité a
appuyé ce projet d’amendement de la Constitution.
A ce stade, la loi me donne la faculté de parachever cette réforme,
par l’organisation d’un référendum sur les quatre sujets débattus
par l’Assemblée Nationale et approuvés par 62 Députés contre 20.
J’ai décidé, chers Compatriotes, de ne pas user de cette faculté et
donc de ne pas organiser de référendum sur ce sujet.
D’abord parce que dans son état actuel, la loi organique sur le
référendum ne me permet pas d’y recourir sans méconnaître ses
dispositions essentielles : je suis garant de la légalité républicaine.
Ensuite, parce que le coût de l’organisation d’un référendum
mettrait à contribution la trésorerie de l’Etat pour un montant
incompatible avec ma volonté de consacrer nos ressources
actuelles aux besoins vitaux de la population.
Un référendum coûte cher, et nous sommes à quelques mois des
élections législatives.
La réforme initiée par l’Assemblée Nationale est importante
certes, mais elle ne constitue pas, à mes yeux, pour l’heure, un
enjeu prioritaire.
Je suis convaincu qu’un jour, le sens de l’intérêt national et la
raison finiront par l’emporter sur la politique politicienne.
Ce jour-là, que j’appelle de tous mes vœux, les acteurs politiques
trouveront en leur sein, le consensus nécessaire pour valider une
réforme dont l’utilité n’est plus à démontrer.
Il y va de l’indépendance du mandat et de la mission politiques à
l’égard des intérêts personnels et sentimentaux des mandataires
politiques.
C’est avec beaucoup d’espoir en notre Capacité à transformer
notre Cher Pays le Bénin, à le faire grand, que je voudrais,
chers Compatriotes, vous souhaiter à tous une Bonne Fête de
l’indépendance, notre Fête Nationale.
Vive le Bénin !
Je vous remercie

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

7

8

UNESCO

Les ambitions du Bénin
pour la Commission de
conciliation et de
bons offices de l’UNESCO
Depuis le 09 novembre 2017 à l’issue de la 39e Session de la
Conférence Générale de l’UNESCO, le Bénin siège comme membre
de la Commission de conciliation et de bons offices chargée de
rechercher la solution des différends qui naîtraient entre étatsparties à la convention concernant la lutte contre la discrimination
dans le domaine de l’enseignement (la COMMISSION).
Un état des lieux de l’application du texte de la Convention
et surtout de la vie de la Commission créée le 10/12/1962 se
révèle nécessaire pour le Bénin nouveau membre élu, avec deux
constats majeurs.
A ce jour, la Commission a siégé deux fois ; la première fois, en
2003, pour étudier les modalités d’assouplir certains des textes
des articles du Protocole de 1962 ; la deuxième fois, en 2005, pour
amender le règlement intérieur dans le sens d’une revitalisation
de la procédure de saisine de la Commission par les Etats Parties.
Ces deux réunions internes qui ont été tenues pour maintenir la
Commission en vie et la rendre opérationnelle n’ont atteint que
partiellement les objectifs visés. Ainsi par exemple, malgré les
modifications proposées en 2005 concernant le mode de saisine,
il n’a pas été observé une évolution notable à ce niveau.
Le second constat qui découle du premier est qu’en plus de
50 ans après sa création et faute de saisine, la Commission
n’a pu enregistrer un seul différend et, de ce fait, se voit son
opérationnalité limitée. Les raisons qui ont conféré un caractère
dormant à la Commission peuvent être juridiques comme elles
peuvent également s’analyser dans la pratique des Etats-parties
en ce qui concerne les obligations acceptées par la ratification du
protocole de 1962.
D’un point de vue juridique, l’absence de saisine de la Commission
pourrait avoir pour cause les modalités de saisine prévues par
le texte instituant cette commission. En effet, un examen des
articles 12, 13 et 14 du Protocole du 10/12/1962 instituant la
Commission montre que le Protocole semble restreindre la saisine
de la Commission malgré les assises de 2005 qui visaient à faciliter
l’ouverture des portes de la Commission aux plaignants.

LE BÉNIN À L’UNESCO

L’analyse des textes révèle une énumération restreinte des
organes habilités à saisir la Commission ainsi que des difficultés
liées aux conditions de saisine. Ainsi, seuls les Etats peuvent saisir
la commission. Le droit d’accès à la Commission est exclusivement
attribué aux Etats et à aucune autre personne morale de droit
public ou personne physique. Par ailleurs le droit d’accès à la
Commission accordé exclusivement aux Etats-Parties reste
conditionné. La « Commission ne peut connaître d’une affaire
qui lui est soumise conformément à l’article 12 ou à l’article 13
du présent protocole, qu’après s’être assurée que tous les recours
internes disponibles ont été utilisés et épuisés, conformément
aux principes de droit international généralement reconnus. »
En d’autres termes, l’ensemble des recours prévus en droit
international public par d’autres conventions internationales
constituent des dispositifs concurrents qui semblent annihiler
toute possibilité de voir la Commission être saisie pour cause de
discrimination dans le milieu de l’enseignement.
Au regard des constatations ci-dessus, le Bénin ne manquera pas,
au cours de son mandat au sein de la commission, de travailler
de concert avec les autres membres et de faire des suggestions
idoines en vue de la rendre véritablement opérationnelle et
d’accroître sa crédibilité.
Eliane CHAHOUNKA

AGENDA DU DEUXIEME SEMESTRE DE L’ANNEE 2018
12 - 13 Septembre 2018, Paris

Cinquième réunion du
Comité directeur
ODD – Éducation 2030

03 - 17 Octobre 2018, Paris

205e session du Conseil
Exécutif

21 - 22 Novembre 2018, Paris

31ème session du
Conseil du PIDC

03 - 05 Décembre 2018,
Brussels, Belgique

Réunion mondiale sur
l’Education 2030

UNESCO
Prix international UNESCO-Guinée équatoriale pour la recherche en sciences de la vie 2017

Trois lauréats pour la recherche
en sciences de la vie

initiateur du Prix a été rehaussé par
la présence de Leurs Excellences
Messieurs Nana Kufo ADO, Président
du Ghana, Faure GNANSIGBE, Président
du Togo, Président en exercice de la
CEDEAO, ainsi que de Pierre-Claver
Maganga MOUSSAVOU, Vice-Président
du Gabon. La cérémonie a enregistré la
participation de l’Ambassadeur Zohour
ALAOUI, Présidente de la conférence
générale de l’UNESCO, celle d’une
vingtaine d’Ambassadeurs, Délégués
permanents auprès de l’UNESCO à Paris,
celle des membres du Secrétariat de
Ambassadeurs, Lauréats et invités lors d’une excursion en marge de la cérémonie
l’UNESCO et du Corps diplomatique
accrédité à Malabo en compagnie de
La DPBU était honorée d’être en ce vendredi 30 mars 2018 au
diverses
Autorités
religieuses
et politico-administratives équatosein du prestigieux Palais des Congrès de Sipopo à Malabo pour
guinéennes. Le pays-hôte a voulu ce rassemblement comme
célébrer les pouvoirs de l’esprit humain au service de l’universel.
pour illustrer la célèbre affirmation de Louis Pasteur à savoir que «
Ils étaient incarnés par trois personnalités : le Professeur Rui
La science n’a pas de patrie, parce que le savoir est le patrimoine
Luis Gonçalves dos Reis, de l’Université de Minho au Portugal
de l’humanité, le flambeau qui éclaire le monde ».
; le Professeur Ivan Antonio Izquierdo, de l’Institut de recherche
biomédicale, à l’Université catholique pontificale de Rio Grande do
Sul, au Brésil ; et une personnalité morale à travers l’Organisation
pour la recherche agricole, Centre Volcani, en Israël.
Après évaluation d’un jury de haut niveau, les trois personnalités
ont été désignées par la Directrice générale de l’UNESCO lauréates
du Prix international UNESCO-GUINEE EQUATORIALE pour la
recherche en sciences de la vie, édition 2017.
De fait les contributions primées adressent, l’une le développement
de biomatériaux naturels et les applications biomédicales sur
l’ingénierie tissulaire, la médecine régénérative, l’autre l’élucidation
des mécanismes de mémorisation comme la consolidation et
la récupération et les applications cliniques sur les personnes
âgées ou atteintes de troubles psychologiques ou de maladies
neuro dégénératives, et enfin des innovations dans la recherche
agricole assorties d’applications pratiques visant à promouvoir la
sécurité alimentaire dans les environnements arides, semi-arides et
désertiques.
Malgré la diversité des champs de recherche, la visée commune
reste l’amélioration de la qualité de vie et du bien-être humain.
La science n’a pas de patrie
Ce moment exceptionnel, placé sous le parrainage de Madame
Audray AZOULAY, Directrice Générale de l’UNESCO, et de S.E.M.
OBIANG NGUEMA MBASOGO, Président de la Guinée Equatoriale,

Les deux faces d’une même médaille
Avec solennité et en toute modestie, le Prix international
UNESCO-GUINEE EQUATORIALE pour la recherche en sciences
de la vie vient comme pour rappeler les deux faces de la même
médaille à savoir la nécessaire solidarité des Etats-membres qui en
ont les ressources d’accompagner les actions de l’UNESCO pour
parvenir à la paix mondiale et assurer le bien-être, la sécurité puis
la dignité de tous les êtres humains, d’une part ; l’impérieux devoir
de tout Etat-membre à soutenir sans réserve ni aucune autre
considération toute initiative du genre visant à apporter de l’aide
au développement de la science pour adresser des problèmes
touchant à la vie des personnes.
Biz

Ce prix récompense les projets et les activités de personnes, d’institutions, d’autres entités ou d’organisations non gouvernementales
dans le domaine de la recherche en sciences de la vie ayant contribué à améliorer la qualité de vie des êtres humains. Les objectifs
du prix sont liés à la fonction centrale de programme de l’UNESCO
d’encourager la recherche et la mise en place et le développement
de réseaux de centres d’excellence en sciences de la vie. Les lauréates sont évalués par un jury international qui soumet une recommandation à la Directrice générale de l’UNESCO. Le choix final
du ou des lauréats (trois au maximum) appartient à la Directrice
générale..

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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10

UNESCO
Conférence au siège de l’UNESCO

La Diaspora béninoise
en croisade contre la corruption

De g a d ,Achille Houssou du B.A.I , Maxime Avognon président de la CNDDB et S.E.M. Sévérin Quenum , Ministre de la justice

Le 30 juin 2018, la maison de l’UNESCO a servi de cadre à
une conférence qui se place bien dans l’air du temps et des
réformes en cours au Bénin. THEME : « LA LUTTE CONTRE LA
CORRUPTION  : CAS DU BENIN ». Cette conférence a rassemblé
la DIASPORA béninoise autour d’un panel technique, juridique
et législatif de qualité.

Récemment et quelques jours avant la conférence, la Loi
2018-17 portant lutte contre le blanchiment des capitaux et
le financement du terrorisme en République du Bénin a été
votée. Cette loi complète valablement le dispositif législatif en
place et doté d’un organe ayant statut d’Autorité Administrative
Indépendante : l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption.

Un ancien diplomate, expert anti-corruption, a présenté un
état des lieux de la situation dans le monde et en Afrique. Il a
exposé l’ensemble des évolutions qu’a connues la lutte contre
la corruption depuis la période des déductions fiscales des
pots-de-vin versés par les entreprises européennes en Afrique,
jusqu’à l’adoption de lois nationales par les pays européens
pour sanctionner les entreprises corruptrices des agents publics
à l’étranger.

Au plan pratique et dans l’optique de donner une efficience
à cet ensemble de dispositifs législatifs, le Gouvernement du
Nouveau Départ a mis en place un système de dématérialisation
des procédures fiscales et douanières, des procédures de
contrôle aux frontières pour supprimer les nids de corruption et
réduire les contacts entre présumés corrompus et corrupteurs.
Un Fichier National des Cadres de l’Administration aptes à
être des ordonnateurs financiers a été créé pour garantir une
certaine exigence de compétence des personnes appelées à
gérer des deniers publics.

Le Ministre de la Justice de la Législation et des Droits de l’Homme
du Bénin a rappelé les textes et le régime juridique de la mise en
œuvre des sanctions légales en cas de faits avérés de corruption
et quel que soit le degré de responsabilité du corrompu dans la
hiérarchie des délégations de pouvoirs publics.
Depuis 2016 plusieurs réformes législatives ont permis de
préparer notre système judiciaire à connaître des faits de
corruption et à les sanctionner en toute impartialité et sans le
risque pour les magistrats garants de la Loi d’être tentés par
le déni. En effet, en janvier 2018, la Loi 2018-01 a réorganisé
le statut de la magistrature dans le sens de l’amélioration des
traitements et salaires, avec le renforcement des avantages
sociaux de ce corps professionnel.

LE BÉNIN À L’UNESCO

Le Bureau d’Analyses et d’Investigations appuyé par des
cabinets d’audits externes connaît de tous les dossiers d’audit,
analyse les conclusions et transmet directement aux instances
judiciaires les dossiers dont les résultats révèlent des faits de
corruption, de détournement de deniers publics.
Un représentant de l’Assemblée Nationale a présenté la vision
de l’Assemblée Nationale et confirmé la volonté politique
partagée avec le Gouvernement de la Rupture de lutter sans
ménagement contre la corruption. Les députés ont décidé
d’appuyer toutes les initiatives de l’exécutif dans ce domaine.

UNESCO

Vue partielle de l’assistance

Des avancées sur le terrain
Ainsi, le pouvoir législatif a entériné plusieurs réformes pour
confirmer sa volonté manifeste d’assainir un autre milieu très
exposé à la corruption. Il s’agit des partis politiques. Dans ce
domaine, la Représentation nationale a adopté la Loi sur la
réforme du système partisan ainsi que la réforme du code
électoral. Ces réformes proposées par le Gouvernement
constituent les nouvelles bases inédites pour assainir le
financement des partis politiques et de leurs activités.
La demande de levée d’immunité parlementaire de certains
députés qui pourraient être impliqués dans des dossiers de
mauvaise gestion des biens publics, qui avait été introduite par
le Parquet Général près le Tribunal de Cotonou était en cours
d’examen par les députés au moment de cette conférence du
30 juin 2018.
Moins d’un mois après ces assises tenues à l’UNESCO, la majorité
des députés a confirmé cette volonté d’assainir le milieu
politique et voté la levée de l’immunité parlementaire prévue à
l’article 90 de la Constitution .

de la DIASPORA sur ce qui a changé depuis l’avènement
du Gouvernement du Nouveau Départ. Il est nécessaire et
important d’informer sur ces réformes et actions salutaires de la
lutte contre la corruption pour susciter et obtenir une confiance
à long terme des compatriotes béninois vivant à l’étranger.
Certes tout n’est pas encore gagné. Un des obstacles au
renforcement de la lutte contre la corruption au Bénin reste à
ce jour l’absence d’une COUR DES COMPTES dans l’organisation
judiciaire, malgré une récente proposition d’amendement de la
Constitution pour la créer.
Toutefois, il est important de conclure par cette observation
que dans toutes les familles, premières cellules sociales, un
enfant qui vole un sou ou un œuf est sévèrement puni. C’est
reconnaître en d’autres termes que l’intégrité est bien une valeur
la mieux partagée. La lutte contre la corruption confirme que ce
fléau ne peut pas être une fatalité.
E. CHAHOUNKA

Au terme de cette conférence qui a permis de présenter
un point d’étape de la lutte contre la corruption au BENIN, la
DIASPORA invitée par la Coordination Nouveau Départ Diaspora
Bénin (CNDDB) a pu apprécier l’étendue des réformes initiées
pour lutter contre la Corruption ainsi que les résultats qui
commencent à être visibles sur le terrain.
La conférence du 30 juin 2018 abritée par la maison UNESCO
semble s’inscrire dans le cadre d’un devoir d’information

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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LE BÉNIN À L’UNESCO

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Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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EVENEMENT

« Ces biens uniques… n’attendent
que d’être retournés dans leurs
environnements naturels »

A la Conférence sur la circulation des biens culturels et le patrimoine partagé, le
chef de l’Etat a, dans une allocution historique, marqué les esprits. Lire l’intégralité
du message de S. E. M. Patrice TALON.
Mesdames et Messieurs les Ministres ;
Madame Audrey AZOULAY, Directrice générale de l’UNESCO ;
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Délégués permanents ;

Mesdames et Messieurs ;
Mon pays le Bénin se réjouit de la tenue de cette conférence
dont le thème, depuis peu, est au cœur de son programme de
développement culturel et touristique.
Depuis deux ans en effet, le Bénin s’est engagé dans un
important programme de développement du secteur de
la culture et du tourisme pour augmenter son potentiel
d’attractivité et d’investissement dans un secteur réputé porteur
de développement socioéconomique.

LE BÉNIN À L’UNESCO

Au-delà des considérations d’ordre politique, historique,
sociologique ou philosophique, la restitution, le partage
et la circulation des biens culturels sont désormais pour le
Bénin, un moyen de lutte contre la pauvreté, un facteur de
création d’emplois et de richesses, un outil de développement
socioéconomique ; toute chose qui relève des objectifs de l’aide
au développement et de la coopération.
C’est dans cette dynamique que le Bénin a entrepris de
construire trois musées dotés des moyens les plus modernes
de conservation et d’exposition pour révéler au monde, dans un
esprit nouveau, sa contribution et son rôle dans l’évolution de
l’humanité.
Ce faisant, le Bénin compte, avec la restitution de ses biens
culturels, réhabiliter et offrir au monde, l’épopée de ses rois et de
ses amazones, les vestiges du plus grand port ouest-africain de

EVENEMENT
l’histoire de l’esclavage ainsi que la richesse des arts et cultures
de son patrimoine Vaudou.
Une telle ambition, comme on peut l’imaginer, exige de la volonté
et des actions fortes au plan de la coopération internationale.
C’est dans cet esprit que le Gouvernement du Bénin a
formellement saisi, le 26 août 2016, les autorités françaises d’une
demande de restitution de ses biens culturels patrimoniaux
détenus dans des musées français.
Ces biens uniques et exceptionnels, dont l’histoire a du mal à
être contée avec aisance dans leurs lieux actuels de rétention,
n’attendent que d’être retournés dans leurs environnements
naturels en vue de leur renaissance.
Mesdames et Messieurs,
Vous convenez avec moi, que ces biens ont une âme et que
revenus sur leur terre de création, exposés parmi les leurs, là où
tout est en cohérence avec leur essence et où leur histoire révèle
davantage leur grandeur que leur asservissement, ces témoins
exceptionnels de notre histoire vivront enfin le rayonnement que
vivent leurs semblables des autres contrées de ce même monde.
Vous convenez enfin avec moi, que les biens culturels sont une
composante majeure de l’identité des peuples dont ils incarnent
l’histoire.

Mesdames et Messieurs,
La restitution et la circulation des biens culturels et patrimoines
partagés est une cause que devra servir la coopération
internationale.
Pour nous les pays en quête de développement, c’est aussi un
moyen franc, sincère et efficace d’aide au développement.
Je ne doute pas que les éminents spécialistes, décideurs et
intellectuels du monde entier ici réunis, trouveront l’inspiration
nécessaire à la bonne formulation des recommandations et
approches permettant de relever un défi désormais à notre
portée, celui de la renaissance de certains biens culturels.
Il en va de la vocation universelle du patrimoine culturel qui,
nous le reconnaissons tous, constitue un élément essentiel de la
construction des nations.
Il en va de sa préservation et de sa circulation entre les sociétés,
tout en reconnaissant l’exigence de propriété.
Il en va enfin du dialogue approfondi entre les États, tant ces biens
culturels sont porteurs d’identité, de diversité et d’enrichissement
mutuel, facteurs de bien-être partagé, de cohésion et de paix.
Je souhaite pleins succès à nos échanges et vous remercie pour
votre attention.

De ce fait, ils doivent rester la propriété de ces peuples tout
en continuant d’être accessibles à toute personne en quête de
découverte et de savoir.
C’est pourquoi, la question de la circulation des biens culturels et
du patrimoine partagé est indissociable de celle de leur histoire
originelle et surtout de la reconnaissance des vrais dépositaires
de cette histoire.
Mesdames et Messieurs,
Bien que les uns et les autres aient évolué dans l’approche
réparatrice de cette question, il n’est pas superflu de rappeler
à notre attention, le consensus que traduit la Résolution 3187
de l’Assemblée Générale des Nations Unies qui stipule que la
restitution constitue une juste réparation du préjudice historique.
Dans le même esprit, je m’en voudrais de ne pas rappeler l’appel
du Directeur Général de l’UNESCO, il y a exactement quarante
ans, en faveur du retour des biens culturels à ceux qui les ont
créés.
Pour sa part, le Bénin reste convaincu d’une chose: quelles que
soient les circonstances historiques de délocalisation des biens,
la coopération et le partenariat restent le moyen le plus efficace
pour leur renaissance et leur rayonnement durable au profit
de tous.

Le trône du roi Ghézo

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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EVENEMENT
Conférence internationale à l’UNESCO :

En route pour le retour
des biens culturels
Azoulay, ce rendez-vous culturel auquel ont également participé
des représentants des Etats membres de l’Organisation, marque
un tournant positif dans le retour des biens culturels dans leur
pays d’origine.
Cette Conférence se veut un espace de dialogue constructif.
Alors que les voix s’élèvent en Afrique pour réclamer le retour
des biens culturels, un nouvel élan sonne désormais comme
un impératif. Désormais, les choses s’accélèrent. La professeur
Bénédicte Savoy, historienne de l’art et l’écrivain et universitaire
sénégalais Felwine Sarr doivent rendre leur rapport en
novembre prochain. Le Président français Emmanuel Macron
confiait en mars, aux deux chercheurs, une mission dans le cadre
de la restitution à des pays africains, des œuvres d’art en France
depuis la colonisation. L’UNESCO a décidé d’accompagner la
nouvelle dynamique avec la Conférence internationale sur la
circulation des biens culturels et patrimoine en partage.
Plaidoyer partagé

La Conférence internationale sur le thème « la circulation des
biens culturels et patrimoine en partage : quelles nouvelles
perspectives », tenue au siège de l’UNESCO à Paris le 1er juin
2018, a réuni des ministres, des experts, des universitaires et
des conservateurs du monde entier. Parrainée par le Président
Patrice Talon et la Directrice Générale de l’UNESCO, Audrey

Hommes politiques et scientifiques se sont succédé à la tribune
de l’Unesco pour présenter leur vision. Seul chef d’Etat invité à
cette conférence, Patrice Talon a justifié sa réputation de chantre
du retour des biens culturels dans leur pays d’origine. « Le retour
des biens culturels dans les pays qui les ont créés, qui leur ont
donné naissance, dans les pays en voie de développement serait
un geste de bonne volonté » plaide le Président béninois. Il
ajoute qu’« au-delà de cela, ce serait un geste de développement

S.E.M. Patrice Talon, Président de la République du Bénin, Mme Audrey Azoulay , DG de l’UNESCO entourés des Ministres Agbénonci et
Homeky et des ambassadeurs du Groupe africain à l’UNESCO

LE BÉNIN À L’UNESCO

EVENEMENT

S.E.M. Aurelien Agbénonci, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération du Bénin expose la vision du Gouvernement lors du haut
panel ministériel

partagé, de prospérité partagée que les grandes nations qui
n’ont pas grand-chose à perdre que d’acquérir de la grandeur,
que d’accompagner ce mouvement qui semble naître… »
Le plaidoyer de Talon annonce les couleurs dans un conclave
culturel international destiné à ouvrir une nouvelle ère.
« Un sujet au cœur des passions » qui « emporte avec lui les
questions d’identité, de mémoire, de souveraineté », note
Audrey Azoulay dans son message d’ouverture. La Directrice
Générale de l’UNESCO poursuit en indiquant sans ambages que
« suivre la trace de ces œuvres confisquées, pillées, déplacées,
c’est suivre l’histoire violente du monde ». Même son de
cloche de Françoise Nyssen, ministre de la culture de la France.
« Evidemment, il n’est absolument pas acceptable qu’une large
part du patrimoine culturel de plusieurs pays africains soit

retenue dans les collections privées et des musées européens »
martèle-elle.
Dans une belle unanimité, les orateurs rappellent que la culture
constitue un élément essentiel de la mémoire collective et de
l’identité de chaque pays. La non rétroactivité de la convention
de l’UNESCO de 1970 ne doit « pas nous empêcher de prendre
nos responsabilités » souligne la ministre Nyssen. Citant le
Président Macron, elle estime “qu’il n’y a pas de justification
valable durable et institutionnelle à cette situation”
Retour vers le futur
Dans son introduction à cette Conférence internationale sur
la Circulation des biens culturels et patrimoine en partage, la
professeure Bénédicte Savoy, titulaire de la Chaire internationale

En gros plan, les ambassadeurs Augsute Alavo et Benoit Illassa

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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EVENEMENT

le Président Talon entouré des ministres Agbénonci et Homeky et des cadres de la Délégation béninoise à l’UNESCO

Histoire Culturelle des patrimoines artistiques en Europe 18ème,
20ème siècle au Collège de France à Paris, évoque le « retour vers
le futur », le retour des œuvres d’art, la restitution. Et pourquoi
vers le futur ? Dans sa brillante intervention, elle explique qu’il
s’agit par un éventuel geste de retour d’œuvres dans leur pays
d’origine, de créer un avenir commun. Tout en reconnaissant
aux musées européens leur travail de préservation et de mise
en valeur du patrimoine culturel, l’historienne de l’art souligne
cependant que cela ne pouvait pas être séparé des questions
concernant les origines de leurs collections notamment celles
acquises pendant la période coloniale.
Haut panel ministériel
Lors d’un panel intitulé, « les enjeux de la mobilité des
patrimoines », les ministres de la Culture, du tourisme de
France, du Gabon, du Sénégal, de la République du Congo, du
Burkina-Faso, d’Allemagne, de la Jordanie, du Liban du Pérou…
ont présenté leur vision politique, économique, culturelle,
philosophique et éthique des nouveaux modes de partage du
patrimoine.
Invité à participer à ce panel, le chef de la diplomatie béninoise,
Aurelien Agbénonci, salue la volonté politique des gouvernants
mais il évoque les obstacles liés au retour des biens culturels et
la question des collections privées. « Le rôle que l’UNESCO doit
jouer est lié à la résolution des obstacles » explique le ministre
Agbenonci qui déplore « le fait qu’on se cache derrière le droit
positif d’un pays ». Convaincu qu’on peut faire évoluer la loi, il
invite expressément à « recenser ces obstacles » qui sont de
nature à empêcher le retour des biens culturels dans leurs pays

LE BÉNIN À L’UNESCO

d’origine. Pour le diplomate béninois, la résolution des obstacles
juridiques devrait aussi permettre de récupérer les trésors
culturels encore détenus par les missionnaires collectionneurs.
Le ministre de la culture du Sénégal met en garde contre « une
opération de déstockage » qui consisterait à se « débarrasser
des stocks de biens patrimoniaux mal conservés ou sans aucune
valeur encombrant les réserves des musées publics des pays
du Nord ». Même son de cloche du ministre d’Etat et ministre
de la Culture du Gabon, Alain Claude Bilie-By-Nzé qui invite à
prendre garde que « la réticence voire la résistance ou le refus
de restitution des biens patrimoniaux ne s’apparente à une
situation de biens mal acquis passible de condamnation ».
Le panel ministériel a été suivi par trois tables rondes sur les
nouvelles formes de coopération culturelle, le débat éthique et
le nouveau rôle des musées.
S.O.G

Pr. Bénédicte Savoy évoque « le retour vers le futur »

EVENEMENT

Les aspects juridiques de la restitution des
biens culturels
Faut-il rendre les biens culturels à leur pays d’origine ? Cette
question, d’une banale apparence, a pourtant l’ambivalence de
refléter à la fois une préoccupation très ancienne et d’une brûlante
voire récurrente actualité. Ainsi caractérisée, cette question
apparaît presque insoluble. Le nœud gordien, en l’espèce, réside
très souvent dans des considérations juridiques opportunément
brandies contre les pays en quête de leur patrimoine culturel
irremplaçable dispersé à l’étranger. Une telle position mérite qu’on
y jette un œil critique au regard du droit international qui, en l’état
actuel, renferme pourtant une obligation de restituer.
L’existence formelle d’une obligation de restituer en droit
international conventionnel
Il est établi, par diverses conventions internationales, une
obligation de restituer les biens culturels à leur pays d’origine.
Cette obligation, initialement énoncée sans équivoque dans le
Premier Protocole additionnel à la Convention de La Haye de 1954,
a d’abord été le corolaire de l’interdiction du vol, du pillage ou du
détournement de biens culturels en période de conflit armé. Avec
la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour
interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de
propriété illicites des biens culturels, l’obligation de restituer s’est
ensuite élargie aux biens culturels volés et illicitement exportés
en période de paix. Bien que limitée, avec ces deux conventions,
presque exclusivement aux rapports interétatiques, l’obligation de
restituer deviendra plus générale et s’imposera erga omnes pour
tout bien culturel volé grâce à la convention Unidroit adoptée à
Rome en 1995.
Ces différents instruments juridiques renferment, à travers
leurs dispositions pertinentes, la preuve de l’existence en droit
conventionnel d’une obligation de restituer quoi qu’elle soit
bien délimitée dans ses champs rationae materiae, personae,
temporis et loci. A bien y voir, le droit conventionnel ne saurait
alors constituer un obstacle rédhibitoire à la restitution des biens
culturels déplacés, surtout pas pour ceux couverts par le champ
d’application des conventions susmentionnées.
L’incertaine obligation de restituer en droit international
coutumier
Tous les cas problématiques de restitution des œuvres d’art,
surtout ceux liés à la période coloniale et aux expéditions
punitives, ne sont pas couverts par le droit conventionnel. Partant,
l’obligation de restituer dans ces cas trouverait-il son fondement
en droit coutumier ? Il n’est pas superflu de noter, depuis le
traité de Westphalie en 1648 jusqu’aux traités de paix conclus

après la première et la seconde guerre mondiale, l’existence
de solides précédents constitués par l’insertion des clauses de
restitution dans ces instruments ad hoc. Lesdits précédents
seraient suffisants, à une partie de la doctrine, pour soutenir
raisonnablement l’existence, en droit international général, d’une
obligation de restituer les biens culturels.
L’obligation de restituer face aux obstacles des législations
nationales
EIles sont nombreuses, ces dispositions juridiques protectrices
des biens culturels dans les pays de détention qui se révèlent,
dans leur envers, comme d’insurmontables obstacles aux
demandes de restitution des pays d’origine. En droit français,
imprescriptibilité, inaliénabilité et insaisissabilité sont, à cet égard,
les principes cardinaux de la protection des biens culturels. Cet
arsenal juridique a toutefois cette intrinsèque faiblesse de n’être
valable seulement que dans un sens. Il est en faveur de celui qui l’a
établi et qui, ipso jure, l’invoque pour s’opposer à toute restitution
des biens culturels en sa possession, en dépit des circonstances
troubles entourant leur acquisition.
Il est cependant clair, au demeurant, que les arguties juridiques ne
peuvent plus servir pour longtemps de justification incontestable
pour manquer de considérer les demandes de restitution
désormais nombreuses, très médiatiques avec des relais
populaires y compris dans les pays détenteurs.
Par-delà le droit… la volonté politique pour sortir de
l’impasse
Bien que les conventions internationales ne couvrent pas la
restitution de certains biens culturels déplacés, elles ne légitiment
pas pour autant leur acquisition et déplacement illicites antérieurs.
Ces cas de restitution situés dans un no man’s land juridique
peuvent être résolus par voie d’accord avec une forte dose de
volonté politique. Sans ambiguïté, le Président Emmanuel Macron
s’est inscrit dans cette voie en s’engageant, dans son mémorable
discours de Ouagadougou de novembre 2017, en faveur de la
restitution du patrimoine culturel africain à l’Afrique.
Pour l’Afrique spoliée, dépouillée de l’essentiel de son patrimoine,
cet engagement au sommet replace dans une nouvelle
perspective, certes plus reluisante, la question du retour des biens
culturels. Vivement que cette volonté politique ne meure, mais
subsiste et se concrétise pleinement.
Franck Armel AFOUKOU
Conseiller – DPB/UNESCO

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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EVENEMENT

CÉRÉMONIE DE REMISE DU CERTIFICAT
D’INSCRIPTION DU COMPLEXE
W-ARLY-PENDJARI SUR LA LISTE DU
PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO
En marge de la Conférence internationale sur le thème
Circulation des Biens Culturels et Patrimoine en Partage : « 
Quelles nouvelles perspectives ? », tenue le vendredi 1er juin
2018, au siège de l’UNESCO à Paris ( France), Monsieur Ernesto
Ottone Ramirez , nouveau Sous-directeur général en charge de
la culture à l’UNESCO, a remis à Oswald HOMEKY , Ministre du
Tourisme , de la Culture , et des Sports du Bénin , et à Abdul
Karim SANGO , Ministre des Arts et du Tourisme du Burkina
Faso , le Certificat d’inscription du Complexe W-Arly Pendjari sur
la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ( voir Magazine N°
001).
Les ministres étaient respectivement assistés du Délégué
permanent du Bénin auprès de l’UNESCO, S.E.M Irénée
ZEVOUNOU, et de l’Ambassadeur du Burkina-Faso en France,
Délégué permanent auprès de l’UNESCO, S.E.M Alain Françis
Gustave Ilboudo.
Pour rappel, c’était lors de la 41ème session du Comité du
Patrimoine mondial tenue en juillet 2017 à Cracovie ( Pologne)
que la décision d’inscription du Complexe W-Arly Pendjari ,
Bénin , Burkina-Faso , Niger avait été prise , en extension du Parc
National du W du Niger.

D’une superficie de 1.714 831 ha, cette aire constitue le plus vaste
continuum d’écosystème terrestre, semi-aquatique et aquatique
de savanes d’Afrique de l’Ouest. Elle abrite notamment la plus
grande population d’éléphants de l’Afrique de l’Ouest, des lions,
des léopards et de nombreuses espèces menacées.
Le Ministre de la Culture du Burkina-Faso soulignera que cette
inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO est
le fruit d’une excellente coopération entre les trois pays qui
s’engagent à préserver cet écosystème. « Je saisis cette occasion
pour réaffirmer l’engagement de mon pays à œuvrer de concert
avec le Bénin et le Niger à la promotion et à la protection de ce
beau complexe désormais patrimoine mondial » dira-t-il.
« Les enjeux, d’ordre ecologique , touristique et économique de
ce classement sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO
sont importants pour le Burkina-Faso » ajoutera le Ministre. «Ce
classement permettra au Burkina-Faso d’améliorer la gestion
de cet important capital faunique et d’induire une meilleure
fréquentation touristique dans cette zone au profit de tous,
notamment des populations ».
BIZ

Ernesto Ottone Ramirez ADG / Culture entouré des ministres de la culture du Bénin (à sa droite) et du Burkina Faso ( à gauche)

LE BÉNIN À L’UNESCO

EVENEMENT

TALON LE LEADER CULTUREL

A la tribune de l’UNESCO, le chef de l’Etat a tenu son rang d’icône
culturelle du microcosme politique. Invité à la Conférence
internationale sur le thème “ la circulation des biens culturels
et patrimoine en partage; Quelles perspectives? “, Patrice Talon
a délivré un message historique. Hissé sur le piédestal par
l’ascenseur de la rupture, le locataire de la Marina, est décidé à
faire bouger les lignes et à écrire de nouvelles pages culturelles
de l’Histoire. Grand artisan de la campagne pour le retour des
biens culturels à leurs pays d’origine, Talon a imprimé du rythme
au conclave parrainé par l’UNESCO le 1er juin 2018 et qui devrait
donner un coup d’accélérateur à un mouvement.
Sans surprise, le Président a illuminé cette conférence par un
discours qui véhicule un langage de vérité et une aspiration
légitime, celle de réparer une injustice. Talon ne fait pas mystère
de sa volonté de récupérer les récades, trônes royaux, portes
sacrées et autres trésors royaux accaparés lors des batailles
coloniales ou emportés par des missionnaires. Le leader
culturel évoque la résolution 3187 de l’Assemblée générale
des nations unies qui stipule que « la restitution constitue une
juste réparation du préjudice historique » et assure « que les
biens culturels sont une composante majeure de l’identité des
peuples dont ils incarnent l’histoire ». Résolument engagé dans
une politique culturelle impressionnante, Talon mène à l’échelle
internationale un combat pour l’histoire.
Justement, la logique de l’histoire oriente le discours du chef
de l’Etat. Il affirme que la question de la circulation des biens
culturels et patrimoines partagés est « indissociable de celle de

leur histoire originelle et surtout de la reconnaissance des vrais
dépositaires de cette histoire ». Il s’agit donc de permettre à
l’Afrique de recouvrer son identité et sa mémoire. Dans le tunnel
de l’Histoire, Talon assume son leadership culturel et structure la
marche vers le retour des trésors royaux.
La visite du Président béninois à l’Elysée a permis l’éclaircie dans
un ciel encore chargé de nuages. L’annonce de la nomination d’un
binôme par Emmanuel Macron est un tournant dans le projet de
restitution des œuvres d’art africaines. Bénédicte Savoy et Felwine
Sarr sont chargés d’examiner les conditions dans lesquelles les
trésors culturels devront être rapatriés et protégés dans leurs pays
d’origine. Désormais, on quitte les bulles des faux fuyants pour
installer la logique de la restitution. L’attelage Talon-Macron fait
bouger les lignes. La nouvelle dynamique est prometteuse.
Fait important : Talon n’était pas seul à l’UNESCO. Le ministre
des affaires étrangères Aurelien Agbenonci et son homologue
du tourisme, de la culture et des sports Oswald Homeky étaient
dans la délégation présidentielle. Preuve d’une volonté politique
à toute épreuve, cette forte présence est aussi le symbole de
l’engagement du gouvernement béninois dans une bataille
culturelle historique.
Légende vivante de la rupture et homme de développement,
le chef de l’Etat prend une nouvelle dimension dans la sphère
culturelle mondiale. Sa notoriété légitimée à la tribune de
l’UNESCO valide son leadership.
Sulpice Oscar GBAGUIDI

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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EVENEMENT
Nomination des membres du comité sur
la coopération muséale et patrimoniale
entre la France et le Bénin.

Le Bénin élu Vice-Président du nouveau
bureau du Comité intergouvernemental
pour la promotion du retour des biens
culturels à leur pays d’origine
ou de restitution en cas
d’appropriation illégale
Le Comité intergouvernemental pour la promotion du retour
des biens culturels à leur pays d’origine ou de restitution
en cas d’appropriation illégale a tenu sa 21ème session le
mercredi 30 mai 2018 au siège de l’UNESCO. La première
depuis la dernière Conférence générale de novembre 2017
qui a procédé au renouvellement des membres avec l’élection
du Bénin, pour un mandat de 4 ans.
La session a débuté par l’élection du nouveau bureau
du Comité composé d’un président(e), de quatre Viceprésidents(e) s et d’un Rapporteur.
Le Bénin honoré par l’élection au poste de Vice-président
Le Comité est chargé :
1 - de rechercher les voies et moyens de faciliter les
négociations bilatérales pour la restitution ou le retour de
biens culturels  aux pays d’origine.
2 - de promouvoir la coopération multilatérale et bilatérale
en vue  de la restitution  et du retour  de biens culturels à
leur pays d’origine
3 - d’encourager les recherches  et les études nécessaires  pour
l’établissement de programmes cohérents de constitution
de collections représentatives dans les pays dont le
patrimoine culturel a été dispersé .
4 - de stimuler une campagne d’information du public sur
la nature , l’ampleur et la portée réelles du problème de
la restitution ou du retour de biens culturels à leurs pays
d’origine.
5 - de guider la conception  et la mise en œuvre  du
programme d’activités de l’UNESCO dans le domaine de
la restitution ou du retour de biens culturels à leurs pays
d’origine.
6 - d’encourager la création ou le renforcement des musées
ou autres institutions pour la conservation des biens
culturels et la formation du personnel scientifique et
technique.
7 - de promouvoir les échanges de biens culturels
conformément à la Recommandation concernant 
l’échange international des biens culturels.
8 - de rendre compte de ses activités à la Conférence générale
de l’UNESCO lors de chaque session ordinaire de celle-ci.

LE BÉNIN À L’UNESCO

INVITÉ
William Comlan, Directeur de Cabinet du MAEC :

« La diplomatie béninoise est très active »
prévue dans le Plan de Travail Annuel, et année après année,
doit se conformer à cela et doit être planifiée de manière à être
exécutée à temps et à moindre coût. Cela s’apprend ou même si
on le sait déjà , il faut bien s’assurer que tout le monde conserve
bien cette méthodologie. C’est ce que nous sommes venus ici
appliquer.
L’autre volet de la formation concerne la nouvelle loi de finances
qui a été votée et qui appelle de nouvelles exigences qu’il faut
porter à la connaissance de tous les agents pour que le travail
qui va se faire déjà dès 2018 et pour les années suivantes se fasse
conformément à cette loi.
Monsieur le DC, quelles sont vos attentes après cette
formation des agents en poste à Paris ?
Paris est au cœur de la diplomatie donc il y a plus d’exigences
encore . Ce que nous attendons aussi bien de l’Ambassade, du
Consulat général, de l’OIF et de la représentation à l’UNESCO, c’est
que le Plan de Travail pour 2019, soit élaboré suffisamment tôt,
soit soumis au département pour les arbitrages et que nous nous
entendions sur des bases concrètes et surtout des indicateurs
précis pouvant permettre une mise en œuvre correcte et suivie,
et une évaluation qui interviendra dans les temps requis de
manière objective.
Un mot sur l’état de santé de la diplomatie béninoise ?
Pourquoi une formation sur le renforcement des capacités
des agents diplomatiques et Consulaires en poste à Paris ?
Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération M.
Aurelien Agbénonci a décidé que des missions soient envoyées
dans les postes diplomatiques et consulaires aussi bien en Asie,
en Europe que sur le continent américain pour que les agents en
poste puissent améliorer leurs capacités à bien élaborer et bien
gérer toutes les activités qu’ils prévoient dans les plans de travail
annuels.
Quel est le contenu de cette formation?
Cette formation consiste à leur donner, ou à rappeler à ceux qui
savent déjà comment il faut déterminer les différents projets à
mettre en œuvre conformément à la vision du gouvernement et
à ce qui est prescrit au ministère des affaires étrangères à savoir
faire de la diplomatie béninoise un instrument de rayonnement
et de mobilisation de ressources. Chaque activité qui doit être

La diplomatie béninoise est très active. Vous qui suivez bien ce qui
se passe, vous savez bien que le chef de l’Etat est régulièrement
aux différents endroits où il faut se présenter pour défendre les
intérêts du Bénin et il y a aussi des thèmes importants pour nous
sur lesquels il donne des instructions claires pour que le Ministre
des affaires étrangères soit à pied d’œuvre. Nous sommes ouverts
à tous les partenariats de par le monde surtout les partenaires
anciens que nous avons ; nous essayerons de renforcer nos liens
avec eux pour avoir une coopération dynamique.
Un message?
Je suis très heureux des échanges que j’ai eus depuis que la
délégation que je conduis est présente à Paris. J’ai senti un
grand intérêt des collègues, ce qui est une source de satisfaction
personnelle. Je vais rendre compte fidèlement au ministre
Agbénonci pour lui dire qu’il a pris la bonne décision , que le
besoin était là et que l’attente était très grande.
Réalisation : S.O.G

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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CULTURE
Promotion du patrimoine culturel béninois: Le Bénin se révèle au Festival des Continents

La délégation béninoise a fait forte
sensation à Cherbourg

Les artistes Erick Ahouansou et Anthelme Lokossou

Le Bénin a pris une part active à l’édition 2018 du Festival
des continents du 5 au 8 juillet dernier. La délégation
béninoise a notamment présenté le genre oral Guèlèdè et
les photographies de la série « Quand les mères se lèvent »
qui ont attiré particulièrement l’attention des festivaliers.
La première édition du Festival des continents organisée du
5 au 8 juillet à Cherbourg avait comme grand invité l’Afrique.
Un rendez-vous culturel de haut niveau et de valorisation du
patrimoine que le Bénin a choisi de ne pas se faire conter. Pour
cette édition, il a présenté le genre oral Guèlèdé qui place la
femme au centre de ce culte inscrit depuis 2001 au patrimoine
culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco.
Le Bénin a aussi exposé les photographies de la série «Quand
les mères se lèvent» de la photographe Laeila Adjovi. C’est un
travail de recherche sur le Guèlèdè qui a permis à Laeila d’être
la lauréate du grand prix de la Biennale d’art de Dakar 2018.
« C’est une fierté pour nous de montrer au monde entier son
travail», exulte le chef de la délégation béninoise à ce festival,
Carole Borna, directrice du Patrimoine culturel. De retour de
cette expédition, elle confie, en effet, que « Le stand béninois a
drainé beaucoup de visiteurs », tous très curieux de le découvrir
et surtout de s’y rendre prochainement. Il y avait à découvrir sur
ce stand, des œuvres d’Anthelme Lokossou, un jeune sculpteur

LE BÉNIN À L’UNESCO

originaire d’une grande famille de sculpteurs dans la région
de Covè.
Quelques œuvres de son père ont été également exposées.
«C’était important de montrer la transmission du savoir-faire en
présentant des masques anciens et des masques contemporains.
La transmission est une chose essentielle ; sans elle, il n’y a pas
de patrimoine vivant », explique Carole Borna. Elle poursuit : «
Les masques Guèlèdè ont évolué dans le temps. Aujourd’hui,
les jeunes artistes font preuve de beaucoup d’imagination et
de créativité. Les scènes sculptées sur les masques varient selon
le message qui est véhiculé. En plus des animaux habituels, on
trouve des représentations d’objets modernes qui font partie de
la vie quotidienne comme des voitures, des motos ou même
des téléphones portables ». Autre élément marquant de la
participation béninoise, les présentations faites par le plasticien
et co-fondateur de l’association Ilé Ya Africa Culture, Erick
Ahouansou, sur le thème du culte Guèlèdè.
Cette première participation doit son effectivité à la vision
du ministre en charge de la Culture, Oswald Homéky, pour
qui, aucune occasion ne doit être laissée de côté, tant qu’elle
concerne la valorisation du patrimoine béninois que le
gouvernement veut faire découvrir au monde à travers des
évènements qui ont un retentissement international comme ce

CULTURE

Boubekeur Khelfaoui (au centre), promoteur du festival des continents

festival. « Le ministre a mis tout en œuvre pour que le Bénin soit
présent à ce rendez-vous auquel vingt-cinq pays africains ont
pris part », témoigne la directrice du Patrimoine culturel. « Le
projet du promoteur Boubekeur Khelfaoui qui a déjà organisé
plusieurs manifestations en Afrique a été soutenu aussi par
la délégation béninoise auprès de l’Unesco. L’ambassadeur
Irénée Zèvounou était à la tête de la délégation béninoise à
Querqueville », ajoute-t-elle. Cette première édition du Festival
des continents a été une belle réussite. Le pari était osé mais
loin d’être gagné, pensent pour leur part les organisateurs. Une
grande partie du patrimoine africain y a été exposée pendant
quatre jours. Des spécialités artisanales et culinaires de certains
pays tels que le Bénin, le Ghana, l’Algérie, le Cap Vert, le Sénégal,
les Comores, le Burkina Faso, le Gabon ou encore le Mali ont été
ainsi célébrées.
Convergence des communautés et des peuples
« Le Festival des continents est la preuve que la diversité
culturelle est une réalité qui rassemble les peuples. Chaque
culture, chaque territoire possède un patrimoine riche et
immensément diversifié et doit le montrer. On constate aussi
que beaucoup de pays partagent certains éléments de leur

patrimoine et c’est une chance. Par exemple, avec le Togo,
le Bénin partage le paysage culturel Koutammakou et avec
le Nigeria, nous avons en commun la culture yoruba et de
nombreux rites, notamment le vodoun qui a voyagé avec la
traite négrière et que l’on retrouve aux Amériques et dans les
Caraïbes. Il y a des lieux de convergences qui renforcent les
liens des communautés et des peuples», fait observer Carole
Borna, au terme de la participation de la délégation béninoise
à ce festival. Selon la directrice du Patrimoine culturel, le Bénin
s’inscrira davantage dans cette dynamique pour concrétiser ses
vœux de valorisation du patrimoine.
Acquis en 2017 par Boubekeur Khelfaoui, le fort de Querqueville
est une ancienne fortification maritime de la Manche, dont la
construction décidée par Louis XVI date de 1786. Pour cette
édition, l’Afrique était à l’honneur dans ce lieu historique. Le
sens est d’autant plus fort que le site anciennement dédié à la
défense se veut désormais un lieu de paix et de croisement des
cultures. Expositions, conférences et concerts étaient au menu
de cette première édition placée sous le haut patronage de
l’Unesco.
Josué F. MEHOUEN OU (la Nation)

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

25

26

EDUCATION

UNE REFORME INEDITE DU SECTEUR DE
L’EDUCATION AU BENIN
d’ascension sociale tant prônée par les slogans. Ce bref diagnostic
d’une situation éducative dont les tares perdurent depuis bientôt
60 ans, malgré un effort national de financement élevé, en
moyenne 30% du PIB, appelle la nécessité d’opérer des ruptures,
surtout dans un contexte où la population scolarisable ne cesse
de s’accroître.
Oser changer de modèle

S.E.Mme Marie-Odile Attanaso : Ministre de l’Enseignement
Supérieur et de la Recherche Scientifique

Diagnostic
L’on ne dénombre plus les réformes éducatives qui se sont succédé
depuis les années 1960 au Bénin. Elles ont connu diverses fortunes,
mais avec les mêmes résultats au final : un système à dominante
scolaire, élitiste, marqué par de fortes disparités de genre, de
milieu et de niveau de revenu, avec de faibles performances
caractérisées par le bas niveau des acquis des apprenants et
les taux d’échecs scolaires et d’exclusion fort élevés. Les études
récentes initiées par l’UNESCO, l’UNICEF et la Banque mondiale
sur les « enfants hors de l’école » mettent en exergue l’ampleur du
phénomène. Plusieurs facteurs bien connus expliquent la situation
; entre autres : l’insuffisance et la faible qualité des enseignants
surtout ceux des niveaux primaire et secondaire, l’inadaptation
de l’offre éducative avec des programmes d’enseignement peu
pertinents au regard de l’efficacité externe, la réduction au fil des
ans du temps d’apprentissage notamment avec des grèves aussi
nombreuses qu’injustifiées, la faible gouvernance du système à
tous les niveaux, le désintérêt progressif de nombre de parents
et d’apprenants qui ne perçoivent plus dans l’école la voie

LE BÉNIN À L’UNESCO

Le 13 juin dernier a été approuvé en Conseil des ministres le plan
sectoriel de l’éducation post 2015 couvrant la période de 2018 à
2021, résultat d’un long processus qui a bénéficié de l’appui de
l’UNESCO/IIPE, et des partenaires techniques et financiers à travers
le Partenariat mondial pour l’Education (PME). Au-delà du coût de
la mise en œuvre, estimé à quarante (40) milliards Francs CFA, qui
semble avoir marqué les esprits, c’est plus les éléments de rupture
qui retiennent l’attention. L’enjeu principal de la nouvelle politique
éducative est d’assurer le passage de l’offre pyramidale centrée
sur la forme scolaire d’éducation à une offre éducative diversifiée
et plus inclusive telle qu’envisagée dans la nouvelle architecture
du système éducatif. S’inspirant des objectifs du développement
durable, principalement l’ODD 4, les défis adressés sont comme
suit indiqués dans le Programme d’actions du Gouvernement :
(i) améliorer la qualité, l’équité et l’inclusion de l’éducation pour
tous tout au long de la vie ; (ii) adapter le système d’enseignement
aux besoins réels du pays et des entreprises ; (iii) promouvoir
l’alphabétisation et l’éducation des adultes ; (iv) restructurer
et repositionner le secteur de la recherche ; (v) améliorer la
coordination du secteur de l’éducation.
Ne laisser aucun enfant sur le bord du chemin
Ce qui s’impose comme innovation c’est l’intégration de modèles
autres que le modèle dominant du savoir. Il s’agit de systèmes de
savoir alternatifs, comme récemment recommandé par l’UNESCO
en ces termes : « il est indispensable que des systèmes de savoir
alternatifs soient reconnus et dûment pris en compte, et ne soient
plus relégués aux rangs de catégories inférieures » (Repenser
l’éducation, UNESCO, 2015). Ainsi l’éducation de base holistique
et inclusive pour les moins de 15 ans, premier niveau de l’édifice, se décline à travers trois sous-composantes : (i) l’éducation
de base préscolaire (3-5 ans) ; (ii) l’éducation de base scolaire (515 ans) avec une continuité entre l’enseignement primaire et le
premier cycle du secondaire, en application de l’ODD 4, comme
condition indispensable à une scolarisation primaire universelle

EDUCATION

S.E.M. Mahougnon Kakpo Ministre des Enseignements secondaire,

S.E.M. Salimane Karimou : Ministre des Enseignements Maternel et

technique et de la formation professionnelle

Primaire

; et (iii) l’éducation de base alternative et la préprofessionnalisation, d’une durée variable de 3 à 6 ans, visant la réinsertion
et le maintien des « enfants hors de l’école » dans un processus éducatif qui assure qu’aucun enfant n’est laissé sur le bord
du chemin. Outre ce premier bloc de la nouvelle architecture
éducative, un second dit « Post éducation de base » comprend
l’enseignement secondaire général (second cycle) d’une durée
de 3 ans, l’enseignement secondaire technique ou professionnel, sanctionnés l’un et l’autre par le BAC général, technique ou
professionnel, et, une autre innovation, une sous-composante
dite « alphabétisation, éducation des adultes et développement
des compétences techniques et entrepreneuriales pour l’autonomisation socioprofessionnelle ». L’enseignement supérieur et
la recherche scientifique couronnent l’architecture comme pilier
du développement socio-économique durable, avec comme
objectifs, entre autres, une promotion des filières professionnelles scientifiques et techniques pour assurer une adéquation
entre la formation et le marché de l’emploi.

disposition de ressources nécessaires. Des expériences récentes
au Bénin et ailleurs enseignent qu’elles sont nécessaires mais
pas suffisantes. La bonne gouvernance, à travers le respect de la
transparence, la responsabilité et la reddition des comptes, sont
tout autant nécessaires avec un système et des mécanismes de
suivi/évaluation solides. Mais plus encore le sont la mobilisation
et une adhésion soutenue de la communauté éducative, autant
dire de tous les acteurs, car en définitive l’éducation reste
une construction sociale collective qui appelle l’implication
et l’engagement de tous : apprenants et parents, personnels
enseignants et non enseignants, partenaires sociaux et
organisations de la société civile, collectivités locales et structures
déconcentrées et décentralisées, partenaires techniques et
financiers, mais également tous autres partenaires et intervenants,
publics et privés, quels que soient les niveaux de la chaîne
hiérarchique voire les secteurs d’activités. Cette exigence appelle
une communication fluide et régulière mais surtout un partenariat
renouvelé pour assurer que chaque catégorie d’acteurs joue
pleinement son rôle dans une approche systémique adossée à un
engagement renouvelé à la vision commune.

Créer un partenariat soutenu à travers l’adhésion et la
mobilisation de tous les acteurs
L’on peut penser que les facteurs de succès ou d’échec des
réformes éducatives tiennent à une vision aussi claire qu’une
volonté politique déterminée et soutenue (« leadership politique
et stratégique de l’Etat ») qui assure, entre autres, la mise à

Ce sera le principal défi du Conseil national de l’Eduction, nouvelle
version.
Irénée B. ZEVOUNOU
Spécialiste d’éducation

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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28

EDUCATION
Education, Coopération décentralisée

Visite de travail au Lycée Jean Jacques
Rousseau de Sarcelles

Autorités et èlèves avec la délégation conduite par S.E.M. Irénée Bienvenu ZEVOUNOU, Ambassadeur Délégué Permanent

L’Ambassadeur Délégué Permanent, accompagné du Conseiller
et de l’Attaché Culturel, s’est rendu au Collège Jean Jacques
Rousseau de Sarcelles le 21 mars 2018. Irenée Bienvenu
Zèvounou a jeté les bases d’une coopération entre ce lieu de
savoir et un collège béninois.
“Notre diversité, une passerelle pour l’avenir”. Ce slogan du Lycée
Jean Jacques Rousseau illustre la proposition de l’offre culturelle
de qualité soutenue dans la Ville de Sarcelles. Crée en 1965 et
avec des élèves venus de diverses origines et partageant des
valeurs communes, cet établissement construit l’avenir.
“C’est un vrai plaisir de vous accueillir et de travailler un projet de
coopération” déclare le proviseur Gilles Lonchampt visiblement

enthousiaste et très satisfait de la visite de la délégation béninoise.
Après une réunion avec l’équipe pédagogique du lycée, en
présence de Mme Chantal Ahounou , adjointe au maire de
Sarcelles et Pellerin Rodolphe , directeur des affaires scolaires,
l’Ambassadeur Zèvounou a eu droit à une visite guidée qui lui
a permis de découvrir les différentes composantes du Lycée.
Faire connaitre l’Afrique et le Bénin
Bienvenu Irenée Zèvounou invite les étudiants à “ faire un
voyage sur le continent africain”. Dans un exposé sur le thème
“Jeunesse de Sarcelles, Bienvenue en Afrique et au Bénin”,
l’Ambassadeur Délégué Permanent mobilise les apprenants
par sa démarche interactive et une pédagogie qui attirent
une attention particulière. Des principales langues à l’Afrique
des régions en passant par les religions, l’énergie, la diversité
culturelle, les différents types d’influence coloniale à la Cedeao
et les défis actuels, le diplomate béninois n’a pas fait économie
de détails.
Le Bénin, grande attraction de l’exposé, est présenté sous
différents aspects: drapeau, armoiries, carte postale, histoire
sommaire, économie, gouvernance…
Le représentant du Préfet du Var d’Oise n’a pas tari de formules
pour saluer ce projet de coopération entre le Lycée Jean Jacques
Rousseau et un établissement du Bénin. “Vous reconnaissez à
cette jeunesse sa part d’histoire africaine “ a-t-il affirmé.

S.E.M. Irénée Bienvenu ZEVOUNOU, expose sur le thème “Jeunesse
de Sarcelles, Bienvenue en Afrique et au Bénin”

LE BÉNIN À L’UNESCO

La visite à Sarcelles vise à favoriser la coopération décentralisée
qui est une des fondations de la gouvernance du président
Patrice Talon.
G. Houenougnon

INTERVIEW
Inès Kérékou Consule Générale du Bénin à Paris

« Nous sommes là pour nous occuper
de la diaspora »
cette plateforme, avoir de manière instantanée son visa. Mais il
faut solliciter ce visa là 48h, 72h avant son départ pour Cotonou.
Quelles sont les autres missions du Consulat ?
Le Consulat Général a un rôle purement administratif. Nous
nous chargeons de nous occuper de la communauté béninoise
en France, de les immatriculer, mais également de leur délivrer
les actes d’état civil. Mieux, le Consulat Général a également
pour mission de faire la promotion des affaires, la promotion du
tourisme ici en France.
Nous accompagnons aussi nos communes en ce qui concerne
la coopération décentralisée. Nous sommes accompagnés dans
cette mission par le Consul honoraire; nous en avons cinq, à
Bordeaux, à Lille, à Marseille, à Lyon et en Martinique.
Les agents diplomatiques en poste à Paris viennent de
suivre une formation sur le renforcement des capacités.
Quelles sont vos impressions?

Comment se porte le Consulat Général du Bénin à Paris?
Le Consulat Général se porte très bien parce que j’ai la chance
d’avoir une équipe jeune, dynamique et les moyens également
pour pouvoir atteindre nos objectifs.
E-visa est une des réformes phares du Gouvernement,
comment vous gérez cette nouvelle donne ?
Il faut dire que le gouvernement a décidé depuis 2017 d’alléger
les formalités d’entrée à tous les demandeurs de visa. Donc ça fait
déjà quelques moments que le Consulat Général ne demande
plus comme pièces , l’attestation d’hébergement, les billets
d’avion, etc . Mais pour aller encore plus loin le gouvernement
a décidé de mettre une plateforme électronique à la disposition
des requérants; ce qui fait qu’aujourd’hui chacun peut aller sur

C’est une formation qui vient à point nommé. Vous n’êtes pas
sans savoir que le Consulat Général certifié ISO 9001 version 2015
est déjà dans ce processus de management, de la qualité depuis
quelques années déjà. Je me réjouis de savoir que désormais le
Département a envie d’étendre la gestion axée sur les résultats
à toutes les missions diplomatiques, cela contribuera forcément
à donner plus de visibilité à ce que nous faisons parce qu’il faut
définir désormais les objectifs, pouvoir les atteindre quand les
moyens sont disponibles. Je crois, l’objectif est de renforcer les
compétences des acteurs de la diplomatie sur la place de Paris et
nous permettre d’avoir un peu plus de résultats.
Votre dernier mot
Je vous remercie de me donner l’occasion de dire un mot sur le
e-visa mais de faire connaitre les attributions du Consulat Général
parce que c’est vrai qu’à Paris, c’est d’abord l’Ambassade, ensuite
on voit l’UNESCO mais nous, nous sommes là pour nous occuper
de la diaspora ; je sais que cette diaspora, elle est très dynamique,
elle compte énormément pour ce qui concerne les projets de
développement, parce qu’elle accompagne le Gouvernement sur
différentes réformes.
Réalisation: S.O.G

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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INNOVATION

« Drépacare» : Une application pour
accompagner les drépanocytaires

De gauche à droite : Laetitia , Anouchka et Maryem

Les trois étudiantes créatrices de “Drépacare” ont été reçues par
la Délégation du Bénin auprès de l’UNESCO le 3 septembre 2016.
Maryem Ait Zerbane Marocaine (pharmacienne) Laëtitia Defoi
Française originaire de la Martinique (infirmière) et Anouchka
Kponou Béninoise (ingénieure en biotechnologie) représenteront
en octobre prochain, la France au concours international Enactus,
Enactus World Cup, aux États-Unis. Elles avaient, en Master 2
Santé Publique et Nutrition Humaine à l’Université Paris 13,
créé “Drépacare”, une application pour suivre au quotidien les
drépanocytaires.
Déjà récompensé par le trophée national Enactus, valorisant
le meilleur projet économique et solidaire, “Drépacare” vise un
sacre mondial. L’application est un véritable carnet de bord
pour informer et centraliser les informations pour l’éducation
thérapeutique et l’autonomisation des personnes touchées par la
drépanocytose. “Drépacare” propose un suivi quotidien nutrition
santé, un suivi douleur et hospitalisation et un suivi traitement.
« De nombreux outils continuent à être régulièrement élaborés
et actualisés pour permettre au patient et à son entourage une
meilleure connaissance de sa maladie. “L’idée d’une interface
numérique vient donc en complément à des outils déjà existants »
commente Assa Niakaté médecin spécialiste de la drépanocytose
citée dans les médias.
Gérer la drépanocytose
Un projet lié à l’histoire personnelle de l’une des créatrices de
l’application, Laëtitia, atteinte de la drépanocytose. « Nous avons
été touchés par sa souffrance » explique Anouchka . Et « de là nous
est venue l’idée d’un projet innovant » renchérit Maryem. « On fait

LE BÉNIN À L’UNESCO

tout pour développer des outils fiables, on va prendre en compte
la drépanocytose dans sa globalité » ajoute Laetitia. “Drépacare”
aide les patients pour un meilleur suivi médical. « Un moyen
de prévention des complications de la drépanocytose » ajoute
Laëtitia. Maryem Ait Zerbane, Laëtitia Defoi et Anouchka Kponou
insistent sur la prise en charge psychologique, l’hospitalisation à
domicile et la campagne de don de sang. « On travaille dans les
améliorations de l’application. On va ajouter la géolocalisation »
affirme Maryem Ait Zerbane.
Les fonctionnalités sont préventives, informatives et concernent
notamment la gestion quotidienne et le management. Il s’agit
de fonctionnalités très pratiques comme : rappel pour prise de
rendez-vous, calcul du génotype, témoignage… Le suivi des
traitements et l’alerte, l’hydratation permettent de faciliter la vie
des patients. « On fait des cours de prévention, on ne se limite
pas à l’application » rassure Anouchka. Dans un projet innovant,
les trois étudiantes envisagent une fabrique à menu adaptée au
besoin nutritionnel des drépanocytaires africains et antillais.
Soutenues par l’Université Paris XIII et Incub’13, elles ont profité
de leur statut d’étudiant autoentrepreneur, pour travailler sur
l’application. « En lieu et place de notre stage, nous avons
proposé notre projet » explique Anouchka.
L’application “Drepacare “ est déjà utilisée par 2032 personnes
dans 35 pays et quatre continents. “Drépacare” a remporté le prix
du jury lors du festival des idées le 16 novembre 2017.
Giscard Kadoukpè


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