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ÉDITORIAL

La force du courage
Nous vivons une ère de transformations sociales. Elles sont si rapides et si complexes que le
refuge dans nos zones de confort ne peut plus aujourd’hui assurer, ne serait-ce qu’un semblant
de protection ou de survie. Ça bouge, ça va vite et ça change dans toutes les directions. Aucun
secteur de la vie sociale n’est épargné, y compris des secteurs longtemps réputés aussi stables
que ceux de la culture et de l’éducation. Les politiques en font l’expérience quasi quotidienne.
Il n’est qu’à se référer à la situation du Bénin qui, sous le leadership du Président Patrice
TALON, connaît depuis plus de deux ans un train de réformes politiques, institutionnelles,
économiques et sociales dont les résultats probants commencent à être salués de tous,
même par des sceptiques.

Irénée Bienvenu ZEVOUNOU 
Ambassadeur
Délégué Permanent

On peut admettre que les réformes sont des réponses aux nécessaires adaptations qu’exigent
les transformations. On peut également accepter qu’elles ne puissent être efficaces que si
elles s’inspirent et sont soutenues par une vision claire, des choix stratégiques définis, connus
et partagés, des actions planifiées sur la durée avec des ressources conséquentes. Dans le cas
du Bénin, ces traits caractéristiques majeurs s’incarnent pour l’essentiel dans le Programme
d’actions du Gouvernement (PAG).
Un élément déterminant semble cependant ne pas être assez souvent souligné : la force du
courage voire l’audace. Car il en faut pour remettre en question la vieille offre d’éducation
élitiste, plus que cinquantenaire, pour une offre diversifiée, intégrant des modèles de savoir
alternatifs souvent considérés comme appartenant à des catégories inférieures. Il faut du
courage politique pour interpeller la communauté internationale et l’inviter à infléchir ses
paradigmes notamment face à la restitution des biens patrimoniaux culturels à leurs pays
d’appartenance. De l’audace, il en faut certainement pour s’attaquer, en interne, au fléau de
la corruption et à l’impunité, son autre terreau fertile. D’un autre côté, plusieurs innovations
en cours au Bénin, comme dans le numérique, illustrées entre autres par le e-visa, ne peuvent
s’expliquer que par le courage déterminé de conduire des changements qualitatifs jusqu’à
leur réussite, donnant raison à cette affirmation de Crébillon (1674-1762) dans Catilina :
« le succès fut toujours un enfant de l’audace ».
La même audace paraît rendre compte des ressorts des responsables politiques de la Guinée
Equatoriale qui, en partenariat avec l’UNESCO, s’engagent dans le financement du Prix
international pour le développement de la recherche en sciences de la vie, ciblant le bienêtre, la sécurité et la dignité de tous les êtres humains. Quant à prétendre, en Afrique, sortir la
culture de ses couvents d’initiés pour l’introduire parmi les denrées quotidiennes du panier
de la ménagère, il faut sûrement …. beaucoup d’audace. C’est pourtant le défi que s’est
lancé, avec un succès qui n’était pas acquis à l’avance, le promoteur de la première édition du
Festival des Continents.
En définitive, la réussite de ces actes de courage témoigne d’une certitude que Virgile,
d’expérience dans l’épopée de l’Enéide, a rappelée avec force : « la fortune favorise les
audacieux ».

Magazine d’information et d’analyse - Octobre 2018 / N° 002

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