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plaisir... mouvement...changement...

Hamamélis #5

Corps et sexualité...

Merci à toutes celles qui ont contribué
à cette 5e édition du Zine Hamamélis!
Un monde à construire à l’intersection de nos réalités,
Avec dignité et respect de nos différences,
Parce qu’on a toute quelque chose à apprendre de chacune.

Je danse nue
pour m’aimer quand j’aime
pour m’aimer sans pièger
pour que lorsque j’aime
j’aime pour aimer
nue

Le silence est entré dans mon coeur, une part d’espace.
J’aimerais la partager, cette espace.
Je le fais déjà, j’oublis parfois.

Photo de l’oeuvre collective réalisée à l’occasion du Lancement du
zine#4 “Femmes et Arts” et de la célébration de la journée des Femmes
le 7 mars 2018.

collectifhamamelis@gmail.com

L’oubli se cache et je découvre ses cachettes.
Jamais si loin, j’entend ses mélodies.
Sans cesse, ces mélodies glissent sur les côtes, dans l’eau et avec le vent.
Elles accordent les chants des oublis perdus dans leurs cachettes, oubliés.
Les chants les composent ainsi, les oublis font alors partit de l’espace, celle qui
occupe les côtes, l’eau, le vent,
le silence
- Elle a oublié son nom, pour l’instant.

3

il y a un truc que je dis parfois à des gens. je te souhaite de l’essayer un jour.

Personne ne nous regarde.
et on peut faire ce qu’on veut.
on est dans une petite tente deux places à 30 minutes de marche
de la prochaine ville. on est dans un chalet près d’un lac. on est
dans une roulotte dans le fond d’un champ. on est chez
mon amie qui est tellement pas près
de revenir.
on est sur ton sofa.
la porte bâille.
le thé refroidit.
et entre nos deux corps, il n’y a plus
personne.
je te pousse doucement du bout d’un doigt.
on peut prendre le temps.
on peut carrément se l’approprier.
il n’est à personne d’autre
qu’à nous.
on peut faire ce qui nous chante. littéralement.
on peut chanter. faire des superbes harmonies, du chant tibétain et inuit,
faire des concours de dessins avec des pastels gras, des
toiles surréalistes avec de l’huile, de l’encre de Chine et des
morceaux de papier sablé.
on peut se faire des imitations de feuillus, des défilés de mode à
quatre pattes,
on peut se raconter des histoires de plages, d’océans, de soleil et de poissons, se
regarder
le fond des détails et s’assoir sur l’état gazeux de nos visages,
se parler dans toutes nos langues, de la plus lointaine à la plus muette,
se fabriquer un silence en guirlandes
et tout se dire et se l’écrire sur les mains et les pieds.
on peut rien faire du tout, aussi, t’sais
tiens,
on peut se construire, avec un crayon feutre et du carton,
la liste officielle de nos envies, là, en ce moment.
j’ai envie de manger des raisins verts.
j’ai envie de flatter l’écorce d’un bouleau jaune.

j’ai envie de frencher une hémérocalle.
j’ai envie de me shaker l’âme sur du Walter Martin.
j’ai envie de partir en road-trip aux quatre coins de la pièce.
tu viens avec moi ? on apprendra à se connaitre sur la route.
j’ai envie d’être utile et inutile en même temps.
j’ai envie de manger des crêpes et des fruits et du chocolat.
j’ai envie de me salir les vêtements dans la boue en te tirant par les
cheveux.
j’ai envie de te faire l’amour lentement.
j’ai envie que tu t’endormes entre mes mains et que tu te réveilles sur
mes poumons.
j’ai envie d’inventer des mots et d’en redéfinir d’autres.
t’en as envie, toi,
qu’on entende la pluie dehors
et qu’on la sente toquer sur le toit en jalouse ?
j’ai envie qu’elle soit jalouse de nos images.
j’ai envie que tu me tires au tarot.
j’ai envie qu’on se raconte ce qu’on n’a pas fait aujourd’hui.
j’ai envie qu’on compare la longueur de nos langues.
j’ai envie d’écouter un film de Varda en buvant un chocolat chaud.
j’ai envie de découvrir sous tous ses angles
ton épaule gauche
et d’y porter une attention assez grande pour sentir se créer
entre elle et moi
un lien solide de confiance.
j’ai envie de marcher pendant des jours sans déterminer une destination précise. et si tu veux bien, ça me plairait que tu sois là aussi.
et ça, c’est tellement pas tout. et ça, c’est tellement juste des envies.
juste ce qui se peut. juste là pendant qu’ils regardent pas.
j’ai envie d’être bien et j’ai envie que tu sois bien
et j’ai envie qu’on se donne le droit d’avoir envie.
qu’on se donne
le droit d’avoir le droit d’avoir envie d’avoir des envies
parce qu’après tout,
il y a que toi et moi,
ici. et

PERSONNE NE NOUS REGARDE.
- Pascal e

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6

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9

CHRONIQUE D’UNE
GROSSE FÉMINISTE
Ça fait longtemps que je pense à écrire ce
texte, mais une p’tite voix me dit de rester
silencieuse. P’t’être à cause des centaines
d’insultes que j’ai reçues dans ma vie, p’t’être
à cause des préjugés, du jugement des autres
et de mon propre regard sur mon propre
corps.

l’ennemie à abattre. Le terme est utilisé
à toutes les sauces, généralement associé
à des qualificatifs comme «morbide»,
sans nécessairement savoir de quoi il est
exactement question, ni prendre en compte
que derrière des étiquettes, il y a des
personnes bien réelles. Morbide: qui relève
de la maladie, la caractérise ou en résulte;
qui a un caractère malsain, anormal. Dans
les synonymes de morbide, on retrouve
aléatoirement les mots suivants: malsain,
insalubre, anormal, contagieux, impur,
immoral… allô l’estime de soi.

Je me présente: je suis grosse. Pas avec un
peu de bourrelets, pas «enrobée», pas avec
un peu d’embonpoint: grosse, ou plutôt
obèse, selon la médecine qui se dit moderne.
Vous êtes mal à l’aise? Tant mieux.

Le lien entre les représentations sexistes,
irréelles et souvent violentes des femmes
dans l’espace public vs avoir une estime de
soi de marde, même s’il existe sournoisement
pour chacun.e de nous, ne sera pas abordé ici.
Pourquoi l’êtes-vous? Parce que j’écris sur Parlons plutôt de grossophobie, un concept
relié à la peur, le rejet
ma grosseur ou parce
que le mot «gros/ Je me présente: je suis ainsi qu’aux moqueries
et aux discriminations
grosse» est associé grosse.
Pas avec un envers les personnes
automatiquement à la
comme
lâcheté, la laideur, le peu de bourrelets, pas considérées
dégoût, le manque de «enrobée», pas avec un grosses.

contrôle? Parce que peu d’embonpoint: grosse,
traiter quelqu’un.e de ou plutôt obèse, selon C’est la société qui
te renvoie à coup
gros ou de grosse [inla
médecine
qui
se
dit
de claques la honte,
sérer une insulte] multiplie l’intensité de la- moderne. Vous êtes mal à la culpabilité et la
responsabilité de ton
dite insulte? Parce que l’aise? Tant mieux.
corps, de ce que tu vis,
le poids d’une personne
de ce que tu es. Ce sont
est tellement tabou que
les
magasins
«spécialisés»
qui s’enrichissent
tout l’monde se ferme les yeux volontairesur ton dos en offrant des vêtements
ment quand on en parle?
découpés dans des draps fleuris au double
Considérée comme un fléau, l’obésité est du prix régulier, ceux qui collent l’étiquette

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XXL à des vêtements plutôt M qui te font
pleurer dans une cabine d’essayage. Ce sont
les gens qui te dévisagent quand tu manges
du chocolat, ceux qui te crient des insultes
quand tu marches sur le trottoir, celles et
ceux qui te complimentent dès que tu perds
un peu de poids, sans penser que c’est peutêtre involontaire, dû à une dépression, à un
trouble alimentaire… c’est dont beau une
grosse qui se prend en main! (sic)

est pour que tout soit réglé. Que c’est dans
notre tête. Que c’est notre problème à nous,
individuellement parlant. Que la relation
amour/haine qu’on entretient avec nos
corps depuis notre enfance n’existe pas, qu’il
ne suffit que de «prendre soin de soi» pour
régler nos lunettes comme il faut. Et quand
nos ami.e.s ou partenaires nous disent «ben
non voyons, t’es pas grosse, t’es juste ronde/
enrobée» ou pire, «belle quand même», illes
nous renvoient la même image déformée et
N’a-t-on pas entendu Jeff Fillion plus tôt nous garrochent des poignées de honte et de
cette année dire que les femmes autochtones dégoût envers nous-mêmes sans le savoir.
de Val-d’Or n’auraient pas pu être agressées Autant que le sexisme ordinaire nous
sexuellement puisqu’elles étaient laides? Pis pourrit la vie, la grossophobie ordinaire ne
quoi encore.
fait qu’en rajouter une couche. Et même si
Malgré les campagnes d’images positives, je suis généralement à l’aise dans ce corps
d’amour de soi et autres thématiques que je n’aime pourtant pas vraiment, que je
populaires qui nous rabâchent les oreilles avec revendique quotidiennement plus d’égalité et
leurs idées zen et leur bien-être à outrance, plus de droits pour les femmes, avec les autres
on finit par croire qu’on n’a qu’à courir dans et entre elles-mêmes, je suis quand même
un champ en souriant de toutes nos dents et tristement incapable de signer ce texte.
en chantant l’amour de notre corps tel qu’il

Crédit illustration : Cecile Dormeau

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LA CORPS FÉMINISTE
Une référence internationale dans le
domaine de la Santé Féministe… Bientôt
disponible en français!
Vous connaissez pas OBOS?!
Normal, vous n’étiez probablement pas né.e.s
quand la première édition a été publiée en
1971!

FEMMES
Je travaille actuellement sur une série de toiles qui a pour message la diversité
corporelle ainsi que l’émancipation du corps des femmes. Afin d’assurer une
diversité dans mon projet et parce que c’est essentiel pour moi, je tiens à vous
mentionner que des toiles de femmes issues de l’immigration sont également en
cours de création.

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- Carolanne St-Louis

life has been for us. But we do realize that
poor women and non-white women have
suffered far more kinds of misinformation
and mistreatment that we are describing in
this book”

À l’époque aux États-unis, le mouvement
pour la santé des femmes voyait le jour et ce Depuis ce temps-là, le livre a été mis à jour
livre a significativement
neuf fois pour intégrer
La
CORPS
féministe
contribué
au
les nouvelles données
développement de ce (Collective pour un ouvrage médicales mais aussi
mouvement. c’est l’époque de référence participatif les changements dans
mythique où des femmes sur la santé féministe) les mœurs. Il s’est
se réunissaient dans travaille activement depuis transformé en véritable
des cuisines pour parler 2015 pour traduire et adapter phénomène avec plus
de leur vécu, prenaient un grand classique de la de 4 millions de copies
conscience
de
leurs santé féministe : Our Bodies vendues et il est devenu
oppressions communes Ourselves (OBOS). La sortie international avec plus de
et se mettaient en action du livre est prévue pour 35 traductions à travers
l’hiver 2019 aux Éditions le monde! La particularité
pour les déconstruire.
armées de leurs spéculums, Remue-Ménage.
de ces traductions est
elles ont pris d’assaut
qu’elles sont réalisées
les puissantes industries pharmaceutiques et par des groupes de femmes ou de féministes
l’institution médicale qui infantilisaient les impliquées dans leurs environnements et
femmes et les dépossédaient de leurs pouvoirs leurs communautés. Pas de place pour les
et de la connaissance de leur corps.
maisons d’édition qui essayeraient de tirer
À l’époque, les femmes qui se sont rassemblées profit du succès du livre sans avoir une posture
autour du projet avaient bien conscience de féministe ou un ancrage avec la société civile
l’uniformité de leurs identités et de l’absence qui se préoccupe des droits des femmes.
parmi elles de certaines personnes parmi
les plus marginalisées. Dans leur préface, La dernière version, publiée aux États-Unis
elles écrivaient : “We are white middle-class en 2011 n’a plus grand-chose en commun
women, and as such can describe only what avec celle de 1971. La seule chose qui reste,

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c’est ce mélange efficace, empowering et
mobilisateur de témoignages et récits de vie,
de données médicales et de critique féministe
sociale et politique.
Ainsi, tout un chapitre rapporte la
conversation en ligne qui a eu lieu entre 36
femmes et personnes non-binaires âgées entre
18 et 36 ans. Elles ont parlé de leur sexualité,
de leurs relations intimes, de leurs désirs et
de leur vision du monde. Certaines sont des
blanches
américaines
protestantes
et
anglophones et d’autres
sont Afro-Américaines,
Latin@s,
d’origine
asiatique ou encore des
immigrantes récemment
arrivées aux États-Unis.
On retrouve aussi parmi
elles des personnes en
situation de handicap,
des travailleuses du
sexe, des personnes
athées
et
d’autres
croyantes. Par rapport
à la diversité sexuelle et
de genre, le livre ne fait
pas défaut : on retrouve
les témoignages de femmes cis, trans, queer,
bisexuelles, hétéro et homosexuelles ainsi que
des personnes non-binaires et des personnes
intersexes.

collectives et individuelles, des collectes
de témoignages en ligne, des recherches
terminologiques, la CORPS féministe est en
train de tisser un réseau autour du projet de
livre en français au Québec. Huit groupes
locaux, sept fédérations provinciales et dixhuit collaboratrices se sont associées aux
neuf membres du comité éditorial!
Nous ne sommes ni Inuit ni membres des
Premières Nations et nous souhaitons
reconnaitre
que
ce
livre
s’élabore
principalement sur les
territoires non-cédés de
Tiohtiá:ke (Montréal)
et d’ailleurs au Québec.
La reconnaissance est
un premier pas. De
plus, nous avons tenté
de donner une place
de premier plan aux
Premières Nations en
publiant des extraits
du fascicule « Ma
sexualité, une question
de respect » avec
l’aimable
autorisation
de l’organisme Femmes
autochtones du Québec (FAQ).

Le premier volume, qui porte sur les relations
intimes et les sexualités est actuellement
déposé aux Éditions Remue-Ménage qui
C’est cette version que la CORPS féministe a prévoient une publication pour l’hiver 2019.
décidé de traduire et d’adapter. À travers un En attendant, la CORPS féministe commence
processus de co-construction au Québec avec à travailler sur les prochains volumes qui
des groupes de défense de droits des personnes aborderont la contraception, l’avortement,
les plus marginalisées, des entrevues la périnatalité, la ménopause, le système de

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santé et bien d’autres thématiques encore à
définir!

les concernent à condition d’avoir :
o des informations scientifiquement
et médicalement juste (sur les technologies
Ça te parle?
et les interventions, leurs impacts et effets
Toutes les personnes qui partagent nos secondaires, les alternatives et les expériences
valeurs sont invitées à se joindre au projet! vécues par les personnes qui les ont ou non
On a bien besoin de collaborations pour la utilisées)
recherche, la rédaction, la tenue du site web, o
et les moyens économiques et sociaux
etc.
d’assumer ces choix.
Alors si tu crois à :
Écris-nous!
Nesrine Bessaïh pour
-
une approche globale en santé, c’estLa CORPS féministe
à-dire une vision de la santé qui reconnait
Lacorpsfeministe@gmail.com
les différentes sphères de la vie (sociales,
www.lacorpsfeministe.org
environnementales,
psychologiques,
biologiques)
- l’anti-oppression
c’est-à-dire
la déconstruction active du patriarcat,
du sexisme, de l’hétérosexisme, de la
cisnormativité, du racisme, de l’âgisme et de
la colonisation
-
la promotion de choix éclairés en santé,
c’est-à-dire la conviction que les personnes
sont les mieux placées pour faire les choix qui

Entrevue avec MissMe : Pourquoi on a si peur de la vulve ? https://urbania.ca/article/filtre-episode-8-pourquoipeur-vulves-missme/

La mission de cette exposition est de nous faire réfléchir sur la perception du corps des femmes qui est souvent
sexualisé, mais dont on cache souvent le sexe. L’idée est que les femmes reprennent la possession de leur
corps et rejettent les idées préconçues de la société patriarcale. Reprendre possession de son corps, mais plus
particulièrement de son sexe. Plusieurs femmes ont encore peur, honte, ne connaissent pas leurs propre corps et
particulièrement leur vulve. Le sujet de l’exposition est de mettre en valeur la vulve des femmes. Elle a demandé
à une quinzaine de femmes de photographier la leur. C’est un projet artistique où le processus est tout aussi
important que le résultat final, car les femmes qui ont participé en sont ressorties grandies. Par cette exposition,
MissMe crée du contenu artistique sur le corps et la sexualité des femmes.

MissMe a organisé une
exposition : Pussylliminati

MissMe est une artiste féministe de rue qui tapisse les murs de Montréal. Elle œuvrait dans le monde de la publicité;
bon travail avec des collègues cool et un rythme glamour. Jusqu’au jour, où elle décida de suivre ses valeurs et ses
convictions. Elle a tout quitté, son emploi ainsi que le mode de vie qui venait avec ! À ce moment-là, la première
chose qu’elle a fait c’est d’afficher son art dans la rue. C’est la seule chose qu’elle savait faire et elle avait un immense
besoin de s’exprimer. La manière dont les médias dépeignent la femme et sa sexualité la dérange beaucoup.
L’importance de l’apparence, les idées préconçues de la féminité, ce sont des choses qui touchent profondément
l’estime de soi des femmes. En plus, elle pense que c’est un outil puissant pour garder le pouvoir et le contrôle sur
les femmes. Le moteur artistique est la colère féministe qu’elle a besoin d’afficher sur les murs de la ville. Elle est
une contre-voie du discours traditionnel des publicités et des médias. L’art de MissMe est un point de vue différent
et de manière plus personnel c’est une quête d’authenticité et de libération.
Références : Résumé du court métrage «MissMe the artful vandal»: https://vimeo.com/channels/staffpicks/158086294

Miss Me : une artiste à découvrir

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,

PLEIN L’ CUL
J’en ai plein l’cul de vous chercher
De vous lire et de négocier
Plein l’cul de faire semblant
d’aimer
Vos mains sur mon corps fatigué
Plein l’cul de vous et de vos mots
De votre ignorance de mes maux
Plein l’cul de vous entendre dire
Que votre femme vous fait mentir
Plein l’cul de vous voir justifier
Le fait que vous m’avez acheté
Plein l’cul de vos yeux qui se
ferment
Sur toutes mes douleurs qui
germent

Quand vous les arroser si bien
De votre sperme, votre venin
Plein l’cul de vous qui me payez
Pour avoir le droit d’me violer
Plein l’cul de vous, de tout, de rien
Plein l’cul de mon immense
chagrin
Plein l’cul de ne savoir que faire
Pour me sortir de cet enfer
Plein l’cul d’en avoir plein le cul
Plein l’cul de n’être rien qu’un
cul...

Morceau de femme
Toile acrylique
Casse-tête de couleur formant une
douce féminité . Morceau de chair
posant, au regard absent, le temps
d’un moment.
Stéréotype imagé.

- Rose S.

- Magalie Roy

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Une relation. Un choix. Trois vies,
mais la mienne en premier svp!
Dans ce texte, il sera question d’un événement
marquant de ma vie, une interruption de grossesse, que j’ai vécu et dont je tiens à partager.
Pour certaines personnes, ceci peut sembler banal
ou commun comme sujet à aborder. Cependant,
lorsque l’on remet en contexte l’événement, l’on
se rend compte que cet événement a changer ma
relation vis-à-vis ma sexualité, mon corps et mon
image corporelle. Avant que je vive cette relation,
je croyais que le mythe de la femme-objet était
pour les autres… ayant été l’objet de nombreux
événements violents durant une grossesse, je suis
maintenant en mesure de constater l’ampleur du
phénomène et de me poser de sérieuses questions
sur les relations hommes/femmes.
L’on dit que le cercle vicieux de la violence
fonctionne lorsque l’on se met à croire que ce que
l’autre nous raconte de faux à notre sujet est vrai...
Ta violence, c’était de critiquer pernicieusement
mes choix, mes goûts, ma façon de m’habiller et
mes opinions. Tu voulais tout décider pour moi,
jusqu’à ce que j’en vienne à douter de moi et à te
croire. Et peu à peu, je suis venue à sentir mon
estime de moi diminuer.
Ma résilience fût de croire en mes choix, mes
goûts et mes opinions avec droiture afin de ne plus
douter de moi.
Ta violence, c’était de tout casser autour de toi
et de faire des menaces jusqu’à nous en glacer le
sang.
Ma résilience fut de prendre la porte.
Ta violence, c’était de m’humilier ou m’immobiliser pendant nos relations (tu te croyais bien drôle!)
et me critiquer, car selon toi, tu avais toujours
20 la meilleure façon de faire...

Ma résilience fut de me réapproprier mon corps et
ma valeur personnelle.
Ta violence, c’était de me rappeler chaque jour
que tu me trouvais grosse et que je me devais de
perdre du poids, car c’était conditionnel à ton désir
pour moi, disais-tu, et à la survie de notre relation,
et ce, même si je portais notre enfant dans mon
ventre…
Ma résilience fut de cesser d’accepter tes commentaires et me reconstruire une image corporelle
positive saine.
Ta violence, ta rigidité mentale vis-à-vis mes
symptômes de grossesse : Tu te permettais de
critiquer ardemment la façon dont je gérais mes
symptômes: mon alimentation, mes heures de
sommeil, les produits que je prenais pour soulager
les symptômes. Probablement, parce que tu ne
pouvais avoir le contrôle sur la situation...
Ma résilience fut de m’accepter telle que je suis et
de réfléchir sérieusement à ce que j’allais offrir à
cet enfant tout en me respectant…
Un choix pas si évident…
Ce fut probablement un des choix les plus difficiles que j’ai eu à faire au cours de mon existence.
Chaque jour qui passait, la pression augmentait.
Je n’arrivais pas à prendre de décisions, tel un
pendule qui vacille entre deux pôles : celui de
mon cœur et de ma conscience. Le désir d’avoir
un enfant était présent, mais jusqu’à quel prix? À
l’intérieur de moi, plus le temps passait, plus dans
mon cœur j’étais certaine de vouloir garder cet
enfant, avec ou sans lui. Cependant, sa présence
et son désir d’avoir cet enfant s’imposait aussi de
plus en plus. Pour lui, pas question de mettre fin

à ce projet! Il tenait à être autant impliqué que moi
auprès de l’enfant. Au fil du temps et des discussions, des essais de réconciliations, des essais de
négociations, des faux espoir, des événements violents et du contrôle qui s’amplifiait, ma conscience
me disait tout le contraire, que c’était une relation
sans issue. Je me mettrai les pieds dans les plats si
j’acceptais de terminer le processus… Mes efforts
pour imposer le respect étaient des coups d’épées
dans l’eau. Est-ce que j’allais être capable d’arriver à
un terrain d’entente avec un homme manipulateur,
contrôlant et qui prends plaisir à voir souffrir les
autres, sans compromettre ma sécurité et ma santé
psychologique? Plus le temps passait et plus dans
ma tête c’était clair, je devais mettre fin à cette relation et aux liens qui nous unissait. Par contre, dans
mon cœur, plus le temps passait et plus je ressentais
le désir de le garder. Même en allant chercher de
l’aide de l’extérieur, je n’arrivais pas à trancher sur
la question.
Eh bien, cette tension, qui s’agrandissait chaque
jour, a fini par devenir insupportable! Je suis arrivé à
la conclusion que je ne pouvais le garder, avec sans
aucun doute le cœur déchiré! Les mois qui ont suivi
ont été pour moi très pénibles à vivre. J’ai vécu un
grand soulagement après l’intervention, je n’avais
plus de lien avec cet homme, enfin. Par contre, il y
avait un prix à payer : une peine immense, un grand
vide et une grande blessure s’installait au fond
de mon cœur. Ceci s’est accompagné de plusieurs
autres symptômes pendant plusieurs mois : insomnies, anxiété, cauchemars macabres à répétition, etc.
Probablement le lien inconscient entre le corps, le
cœur et la tête. La force de l’impact de la violence
psychologique que j’ai vécu était grande. Je devais
faire le deuil de cet enfant que j’ai porté pendant
quelques mois et me reconstruire. Il m’a fallu
reprendre mon pouvoir de femme, me réapproprier
mon corps et une image corporelle positive. Puis,
laisser le temps passer… Et surtout, ne plus jamais
douter de ma valeur personnelle!
Anonyme.

Le droit de vivre
J’ai donné tant et si longtemps
Mon corps à des centaines d’amants
J’ai donné trop, bien trop souvent
De ces moments si exaltants
Et ils exaltaient tant les hommes
En découvrant mes si belles formes
Et ça me faisait sentir femme
Quand ils ne brisaient pas mon âme
Mais si souvent et si longtemps
J’ai craint à m’en glacer le sang
Qu’au détour d’une rue, d’une ruelle
J’en vois un qui me trouve trop belle
Trop belle pour pouvoir retenir
L’envie que je faisais rugir
Trop belle pour pouvoir ressentir
Cette violence qu’ils appellent désir
Et c’était ma faute chaque fois
Quand les coups s’abattaient sur moi
Ma faute, ma faute, toujours la mienne
Jamais la leur, j’étais certaine
Jusqu’à ce jour bénit des Dieux
Ou au détour d’un chemin creux
J’ai vu ces femmes si pleines d’amour
M’en offrir plus à chaque jour
Jusqu’à ce jour si merveilleux
Ou j’ai osé faire un grand vœu
Celui de n’être plus jamais
Une pute, une salope, un objet
Même aux yeux du plus aguichant
Même en échange d’une tonne d’argent
Car ce jour-là on m’a appris
Que j’avais aussi droit à la vie...
- Anonyme

22

- Cakolyre
23

Maman féministe
Femme, certes, mais surtout maman.
Dans la vie, j’ai toujours aimé les gens, les autres.
Aider, supporter, encourager, motiver, respecter, aimer.
Fait qu’un jour, j’ai décidé d’avoir des enfants.
Pour les aimer, les respecter, les voir s’épanouir, les encourager.
Être fière. Fière d’elles, fière de ce qu’elles accomplissent.
À quel prix ? Au profit de ma personne, de mes intérêts, de mes rêves. De mon couple.
Au profit de mon corps qui ne sera plus jamais le même, de ma sexualité qui s’est vue
modifiée.
Au profit de ma santé mentale qui souhaiterait retrouver un train de vie moins rapide,
moins compliqué à certains moments.
Être femme, maman de deux filles, féministe et intervenante, c’est remettre l’entièreté de
son être et de ses valeurs, plusieurs fois par jour.
Être femme, maman, féministe et intervenante, c’est vouloir le meilleur, jamais moins,
pour les êtres que je regarde évoluer.
C’est choisir de mettre de côté les attentes de la société, c’est de se respecter avant tout,
c’est de s’aimer, afin d’offrir le maximum de soi.
Fait qu’aujourd’hui, malgré les standards, malgré les stéréotypes, malgré les attentes
d’autrui, je choisi d’être moi, d’être belle, de m’aimer et d’être la maman la plus imparfaite
aux yeux de certains, pour être la meilleure aux yeux des miennes.

24