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Préface à la publication de décembre 2018

Publier ce texte aujourd'hui, c'est en réalité le faire naître, enfanté par les circonstances de
cet automne, de notre automne. À l'origine issu de l'insomnie d'un étudiant désespéré par l'absurdité
de notre direction politique et par la mesquinerie de ses acteurs et de leurs discours, ce texte a
émergé comme le résultat d'années de réflexions et de discussions, et de mois de rédaction,
répondant à une question originelle : qu'est-ce que je ferais si je gouvernais ? Qu'est-ce qu'il faudrait
faire ? Ces questionnements ont permis d'une part de clarifier les conceptions et les désirs d'un
jeune idéaliste frustré par un monde trop injuste et stupide, et d'autre part de lui révéler des
possibles à côté desquels nous passons chaque jour, par habitude, par folie et par ignorance. La
volonté quelque peu nouvelle était de traiter de tous les aspects de la société, ensemble et avec
cohérence, et sans l'impératif de se limiter au connu pour ne pas choquer un public de toute façon
inexistant. Mais justement, une fois ce texte écrit et ces propositions présentées, une nouvelle
frustration est apparue : où étaient les oreilles à qui en parler ? Le temps était sourd, les lettrés et
intellectuels trop occupés pour lire un manifeste obscur, et j'ai abandonné tout espoir politique en ce
texte, ne trouvant pas le moment et le moyen opportuns pour amener ces idées dans le débat public.
La rédaction s'est terminée plus ou moins au moment où le futur président Macron se déclarait
candidat, et la campagne présidentielle bruyante se mettait en place, comme un scénario déjà écrit.
Néanmoins, certains programmes et certaines idées présentés au cours de cette élection allaient
assurément dans la direction que j'envisageais comme idéale, mais bien moins loin et bien moins
vite.
Voilà qui nous amène à la fin de l'année 2018. Dès l'été, des discours et des initiatives
portant sur l'imminence de catastrophes écologiques et l'urgence de la situation trouvaient écho chez
une part toujours plus importante de la population. Sans lien apparent, un deuxième événement s'est
produit : un mouvement de mécontentement populaire d'une échelle inhabituelle s'est développé
comme une éruption après des décennies de peine et d'exaspération des plus modestes face à un
monde politique méprisant, hypocrite et aveugle personnifié en un homme, trop orgueilleux pour
avoir conscience de la réalité. C'est alors que les possibles se sont ouverts, et qu'un bouillonnement
d'espérance est réapparu en moi. Le peuple, trop longtemps rendu muet par l'attente et la souffrance,
se soulevait sans honte pour que tout change et que partent les menteurs et les traîtres.

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