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Faut il que gilets jaunes police armée tirent sur Luc Ferry .pdf



Nom original: Faut-il-que-gilets-jaunes-police-armée-tirent-sur-Luc-Ferry.pdf
Titre: Faut-il que les gilets jaunes, la police ou l’armée tirent sur Luc Ferry ?

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Faut-il que les gilets jaunes, la police ou l’armée tirent
sur Luc Ferry ?
legrandsoir.info/faut-il-que-les-gilets-jaunes-la-police-ou-l-armee-tirent-sur-luc-ferry.html

9 janvier 2019
Maxime VIVAS
Luc Ferry est agrégé de
philosophie, docteur d’État en
sciences politiques, ancien
ministre de la Jeunesse, de
l’Éducation nationale et de la
Recherche. Rien que ça ! Il est
l’auteur de nombreux ouvrages
philosophiques et chroniqueur au
Figaro et à Radio Classique.
Ce n’est donc pas un sous-développé du bulbe comme Aurore Bergé, Eric Brunet, ou Pierre
Haski (j’en ai d’autres, mais…).
- Sur Radio Classique, il a déclaré, le 7 janvier 2019, que les policiers devaient se servir « de
leurs armes, une bonne fois » contre les « salopards d’extrême gauche et d’extrême droite ou
des quartiers ». Et comme il a eu peur que cela ne suffise pas, il a appuyé : « On a la
quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies. »
Sans même avoir fait une année de philo et un mois à Sciences po, chacun comprend qu’il
demande que les policiers, épaulés par l’armée, tirent sur la foule des gilets jaunes. Car, il
est évidemment impossible, avant de tirer, de trier entre les idées des manifestants et leur
lieu de vie. Impossible de distinguer les gilets jaunes venus pour casser (une infime
minorité) et ceux qui s’enragent soudain (comme le boxeur Cristophe Dettinger ) au
spectacle d’une violence aveugle, déclenchée délibérément par les forces du désordre.
Pour avoir manifesté les samedis à Toulouse, je puis témoigner d’une chose nouvelle et
que je ne pouvais imaginer, moi qui arpente le bitume sous banderoles depuis si
longtemps : il est désormais impossible d’aller manifester sans être, à un moment, obligé
de courir devant les keufs et de respirer des gaz lacrymogènes.
Un excité leur balance une bouteille de bière ? Ils canardent en retour la manifestation d’une
pluie de grenades. La riposte est toujours volontairement disproportionnée. Ils sont sûrs de
l’impunité. Ils sont couverts et encouragés.
- « On peut cogner, chef ? ».
- « Mais bien sûr, imbécile, qu’est-ce que tu attends, un ordre écrit de Castagnette ? ».
Personne ne leur balance quoi que ce soit ? Immense frustration ! L’ordre est alors donné
de scinder le cortège, de le faire s’égailler dans plusieurs rue et quartiers pour de meilleurs
images de foules clairsemées. Les grenades explosent, les vauriens en civil de la BAC
cognent au petit bonheur la chance, jettent à terre, ligotent dans le dos avec des Serflex, un
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genou sur la tête de la victime. Ils l’embarquent en la traînant comme un sac de patates,
accélérant le mouvement par des coups de pieds pour lesquels ils n’auront jamais des
comptes à rendre (croient-ils. Attendez, mes bonhommes…) et ils déposent plainte au
commissariat pour outrage parce que l’innocent a répondu « Ta gueule ! » à « Bougnoul,
crouille, Kirikou, enculé de ta vieille pute de mère, je me fais sucer par ta salope de sœur ».

Bref, la manif se disloque façon puzzle. BFMTV en filme un morceau. « Le mouvement
s’essouffle », vous le saviez déjà, ou alors n’êtes pas abonnés au Monde et à Libé, vous
n’avez pas la télé, ni un autoradio, ni une radio, ou vous fermez les yeux en passant devant
les kiosques à journaux, ou vous ne fréquentez jamais une salle d’attente, ou vous ne
parlez jamais avec vos contemporains, ou vous êtes fâchés avec votre beauf, ou vous avez
enfin pu acheter la lointaine petite île perdue où la main de l’homme n’a jamais mis les
pieds.
J’ai toujours dans ma poche ce petit masque blanc que distribuaient les infirmières
toulousaines dans les cortèges. Et il m’a souvent servi. Et je ne pars pas en manif sans lui.
C’est nouveau, ça vient de sortir. C’est une pratique labellisée « Macron 1er ».
Le président de la République, son premier ministre, le ministre de l’Intérieur, le préfet de
police de Paris, la plupart de nos journaleux, Luc Ferry, haïssent et conchient le peuple de
France et ils feraient embarquer Maurice Grimaux, préfet de Police de Paris en 1968 qui
adjurait ses policiers d’être respectueux des lois de la République et de ne pas matraquer
un manifestant à terre.
Tous ces lascars sont aussi insensibles que Marie-Antoinette, aussi inconscients que Louis
XVI.
Et il y a du Adolphe Tiers en eux.
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Ils ont doté d’uniformes, d’insignes et d’armes des crypto-fachos incultes et aveuglés d’une
haine anti-jeunes qui leur masque les terribles analogies entre le spectacle de lycéens
agenouillés, mains sur la tête, et la préparation des mises à morts de Résistants.
D’une main nonchalante, les petits marquis de la Macronie piochent, dans le saladier en
cristal, des friandises achetées chez Fauchon par un domestique, de l’autre ils fouillent
dans l’arsenal des lois pour trouver celle qui, en l’interprétant comme il faut, permettrait
d’absoudre leurs nervis violents, leurs mercenaires assermentés et sans foi. Ils y puisent la
loi qui justifierait qu’on colle au gnouf quiconque risque de nous entraîner sur les chemins
où la première dame de F capricieuse dépensière de France, Brigitte Macron, casserait ses
talons de 10 centimètres : ceux qui conduisent au rétablissement de l’ISF, au RIC, à
l’augmentation des salaires de misère. Et la suite.
Ils portent en eux la mort par crime
« légal ».
Balancez toutes les grenades que vous
pouvez, même celles que les lois
internationales interdisent d’utiliser,
mitraillez avec vos flash balls équipés
de viseurs holographiques qui
permettent de ne pas rater l’œil ou la
bouche, acharnez-vous en meute sur le
malheureux (ne pas tenir compte du
sexe, de l’âge ou de la totale
innocence) qui passe à votre portée.
« Ah les braves sicaires ! », s’extasie
Castaner en regrettant de ne pouvoir
les décorer tous de la Légion
d’honneur, ce hochet galvaudé,
indistinctement attribué à des citoyens
méritants et à des crapules qui
devraient être en prison (trois bols de fayots par jour et c’est tout. A la japonaise !).
14/18. Les malheureux poilus jaillissaient de la tranchée et les projectiles de l’ennemi en
hachaient menu une partie. D’autres perdaient un membre ou un morceau du visage. Ha !
Ha ! se régalent d’avance mes détracteurs en notant avec quelle maladresse je viens de
tomber dans une comparaison scandaleuse. Pourtant, aller manifester aujourd’hui, c’est
risquer d’y perdre une main, un œil. « Ils vous feront cracher du sang ! » avait prédit le leader
de la France Insoumise pendant la campagne des présidentielles. Qui pouvait deviner que
ça serait si vrai ?
Et, croyez-en Luc Ferry, c’est loin d’être suffisant. Les poilus qui sont retournés intacts dans
la tranchée avaient gagné le gros lot à la loterie de la guerre. Nos braves gilets jaunes qui
ont laissé un œil, une joue, un bout des lèvres, leurs gencives, leurs dents, une main, dans
une manif, ont tiré le mauvais numéro et c’est tout. La faute à « Pas de chance », ça

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s’appelle être au mauvais d’endroit au mauvais moment, inutile d’aller embêter Macron
avec ces brouilles. Il est élu, légitime. Les urnes ont parlé (murmuré, en fait). Vous êtes
démocrate, oui ou m… ?
J’ai un jeune fils qui vit bien mieux qu’un gilet jaune, mais qui ne rate pas une manif. Il a
l’âge des enthousiasmes boostés à la testostérone et des indignations non tempérées. Il
s’approche trop des Robocops. Je tremble pour lui. Je lui conseille (lâchement ? En toute
logique ?) de laisser jaillir en premier de la tranchée ceux qui ont élu Macron et qui viennent
dire qu’ils le regrettent. Tel qui a mis le feu à la maison par inconscience doit être le premier
à lutter contre l’incendie et à s’exposer à une chute de brandons incandescents.
Revenons à Luc Ferry. Les crapules des journaux qui font l’opinion (c’est-à-dire les
journaux des milliardaires, subventionnés et gavés de pub), les radios et télés des
milliardaires (bénéficiaires du CICE et souvent non contribuables), font exactement le
contraire de ce qu’ils auraient fait si Jean-Luc Mélenchon avait dit le centième du
commencement du début d’amorce de ce que préconise Luc Ferry.
Et d’abord, pourquoi n’est-il pas en garde à vue, Ferry ?
Pourquoi cent policiers n’ont-ils pas perquisitionné à l’aube dans un des ses domiciles ?
Pourquoi la « classe » politique droitière (je mets « classe » entre guillemets à cause du
double sens du mot qui pourrait faire croire que ces enflures sont classieuses) ne rappellet-elle pas que la loi républicaine interdit de tirer sur le peuple désarmé et qu’inciter à le faire
est un délit (ou un crime ?).
Pourquoi n’est-il pas claironné que la loi n’autorise en aucun cas des tirs de l’armée et de la
police sur des foules, au prétexte que la manifestation n’a pas été déclarée à un Préfet qui
hait le peuple et lâche ses sbires équipés d’armes qui blessent, estropient et défigurent. Et
tuent.
Pourquoi ne connaît-on même pas le nom du flic qui a tué, d’un tir bien ajusté, le 1er
décembre 2018, une octogénaire qui fermait ses volets au 4ème étage d’un immeuble
marseillais ? Il a fallu moins de 24 heures pour que tout le pays sache que Cristophe
Dettinger est le boxeur (à mains nus) d’un policier harnaché et, guère plus de temps pour
qu’il ne soit plus libre.
Journaliste de BFMTV (reportage imaginaire mais si ressemblant !) : « Eh bien, je me trouve
au pied de l’immeuble où vivait, eh bien, Zineb Redouane,
une octogénaire qui a été frappée d’une grenade au visage
alors qu’elle fermait ses volets au quatrième étage pour, eh
bien, se protéger des gaz lacrymogènes. L’IGPN a été saisie
pour déterminer les causes de, eh bien, cette bavure. De son
côté, le procureur de la République a déclaré qu’une enquête,
eh bien, était ouverte et je vous en dirai les résultats dès
qu’ils seront connus, dans, eh bien, 7 ou 8 ans. »

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Où est-il le tueur de la mémé ? Toujours dans les manifs, toujours armé ? Il perçoit
l’augmentation de salaire offerte par les chient au froc chient-en-lit du gouvernement (oui,
je m’énerve : moi, dès qu’on tue des ancêtres, je me Cristophe-Dettingerise mentalement).
Pourquoi est-il en liberté Luc Ferry ? Dans tous les cas, ses propos sont mortifères. Soit ils
seront suivis d’effet et, adieu la démocratie, bonjour la guerre civile, soit ils vont faire
monter chez les manifestants des velléités de ne pas se laisser tirer comme à la fête
foraine, ce qui induira qu’ils s’équipent et re-bonjour la Commune de Paris (Lyon-MarseilleToulouse-Bordeaux, Etc.) et attention, rev’là monsieur Thiers !
Luc Ferry a lancé un défi aux Français : « Venez à poil, petits lapins, nous sortons nos fusils
de chasse et nos fusils de guerre ».
Macron prononce des vœux en engueulant et menaçant son peuple, Edouard Philipe
annonce que les sanctions et la répression seront plus sévères, les médiacrates
s’esbaudissent et applaudissent comme il convient chez les larbins, Ferry en appelle à
l’armée.
Ces (comment dit-il l’agrégé, déjà ? Ah oui !) salopards annoncent des crimes et absolvent
par avance les tueurs. Ils ont fait le choix de défendre jusqu’au bout leurs privilèges et les
intérêts du CAC 40. A combien de millions se monte la fortune de Luc Ferry ? Ira-t-il le dire à
un gilet jaune qui se les gèle sur un rond-point et qui se les gèlera en famille en rentrant
chez lui ?
Ah ces salopards ( arrêtez de dire que, je suis grossier quand je parle comme un ministre
sur-diplômé) hurlent à l’unisson quand un policier a été humilié sur une passerelle
parisienne ou quand il s’est retourné un ongle en tabassant des gosses ou des femmes,
mais ricanent en catimini devant les photos et vidéos des blessures infligées au peuple, à
travers tout le pays, documents dont les médias ne veulent pas infliger le spectacle à leur
public trop sensible ! Tartuffes !
Dans un article magistral paru dans le Diplo, Frédéric Lordon souligne que « ... dans le
cercle des médias installés, pas un n’a encore trouvé la force d’articuler explicitement cette
vérité de l’époque Macron qu’aller manifester comporte le risque d’une blessure de guerre, ou
de sanctions judiciaires ahurissantes. »
« Le Capital a horreur de l’absence de profit. Quand il flaire un bénéfice raisonnable, le
Capital devient hardi. A 20%, il devient enthousiaste. A 50%, il est téméraire ; à 100%, il foule
aux pieds toutes les lois humaines et à 300%, il ne recule devant aucun crime » (Karl Marx).
Luc Ferry, comme toutes ces « belles gens », souffre du même complexe de supériorité que
Macron et (au hasard) Gilles Le Gendre, ancien élève du collège Sainte-Croix de Neuilly-surSeine, chef d’entreprise, successivement journaliste dans des journaux dont le titre fait
rêver le poète que je suis : (Challenge, l’Usine Nouvelle, le Nouvel Economiste, l’Expansion)
et patron des députés LREM : : « Notre erreur est d’avoir probablement été trop intelligents,
trop subtils... ».
Cependant, faut-il que les gilets jaunes, la police ou l’armée tirent sur Luc Ferry ?
Certes pas. D’abord, devant le tollé provoqué par son appel au crime, il a dû se fendre d’une
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déclaration d’une hypocrisie et d’une bêtise telle que j’ai cru à une analyse de Jean-Michel
Aphatie. Lisez Luc Ferry, agrégé de rétropédalage : « Je n’ai évidemment jamais appelé à
tirer sur les gilets jaune dont je défends le mouvement depuis l’origine. Je demande
simplement que les policiers puissent se servir comme ils le demandent de leurs armes NON
LÉTALES quand CERTAINS cherchent carrément à les tuer. Clair ? »
Ce qui est clair c’est que « l’armée » a soudain disparu pour faire place à « non létales »
dont l’absence nous avait contrariés dans sa controversée diatribe belliciste de bon
bourgeois assuré de n’avoir jamais à appuyer lui-même sur la détente et à ramasser des
morceaux de cervelle sur le pavé devant sa porte.
Pour finir, jouons au jeu du « Luc Ferry inversé » , pour voir si ça passe : « Les gilets jaunes
devraient se servir de pavés et de cocktails Molotov, une bonne fois, contre les salopards de
keufs fachos (policiers, gendarmes mobiles, baqueux ) et contre les sièges des merdias.
Depuis 1968, on a les meilleurs lanceurs du monde, ils sont capables de mettre fin à ces
saloperies flicaillères et journaleuses. »
Bien entendu, je désapprouve cette conclusion (1) et je préfère de loin (car je suis prudent
et douillet) ce qui est dit ici.
Maxime VIVAS
Note (1) Me croit qui veut.
(Article revu et abondé le 10/01/2019 ).

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