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Nom original: synthèse métier enseignant.pdfAuteur: thierry noiriel

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Les enseignants : ces fonctionnaires encore plus mal aimés.
Si un certain nombre de fonctionnaires souffrent d’une mauvaise image dans l’esprit du public tels
que les fonctionnaires des impôts ou de la police (sauf en temps d’actes terroristes), nul ne peut se
targuer d’avoir aussi mauvaise presse que les enseignants.
Rendez-vous compte du cumul de leurs privilèges :
-

Ils sont toujours en vacances
Ils travaillent peu dans la semaine
Ils sont bien payés en rapport avec leurs horaires effectifs
Ils sont toujours absents ou en grève

Lassé de toutes ces remarques ou attaques désobligeantes et gratuites, j’ai décidé d’y répondre
données à l’appui (rapports de l’OCDE regards sur l’éducation de 2010 et 2018 à l’appui) :
1) Les vacances scolaires
Clairement avec 16 semaines de congés, la France est parmi les pays les plus généreux au niveau de
la durée des congés mais pas tant que ça (entre 10 et 17 semaines dans l’OCDE et l’UE).
C’est aussi le pays où la durée d’enseignement est parmi les plus importantes surtout en primaire.
Les deux cumulés donnent des journées très lourdes par rapport à nos voisins, ce qui est encore
amplifié par le retour à la semaine de 4 jours (dans la majorité des municipalités). Ces observations
conduisent à se demander s’il ne vaudrait pas mieux réduire la durée des vacances en diminuant la
durée des journées des enfants.
Toutefois, les autres pays de l’UE ont aussi des congés conséquents puisqu’ils comptent en moyenne
38 semaines de cours contre 36 en France.
https://www.robert-schuman.eu/fr/questions-d-europe/0212-les-rythmes-scolaires-dans-l-unioneuropeenne
Pour les enseignants, les vacances scolaires sont souvent un temps important pendant lequel ils
corrigent des copies et préparent des activités / cours.
2) Le temps de travail des enseignants correspond :
à un temps de travail statutaire annuel de 1607h
à un temps d’enseignement compris dans le travail annuel statutaire, défini par les textes officiels,
qui s’établit depuis 2015 à :
- 900 h en primaire
- 684 h en 1er cycle (collège) et 2è cycle de secondaire (lycée général ou technologique)
- 632 en deuxième cycle de secondaire (enseignement général)
à un temps de préparation des cours, activités et évaluations
à un temps de correction des évaluations,
à un temps lié à différentes réunions, formations,…
a) Temps de travail d’enseignement annuel
De 2010 à 2018 :
Le temps de travail annuel a augmenté, passant de 35 (p410) à 36 semaines (p414).
Le nombre d’heures annuel pour le primaire est passé de 918h (p497) à 900h (p414) soit une
diminution de 18h

Le nombre d’heures annuel pour le secondaire est passé de 646h pour le 1er cycle du secondaire
(collège) et 632h pour le 2è cycle secondaire de la voie générale (lycée général) à 684h pour tout le
monde (collège, lycée d’enseignement général ou technologique) soit une augmentation de 38h et
de 52h respectivement.
La moyenne de L’OCDE est de 784h pour le primaire : les enseignants français travaillent donc 14 %
de plus.
Par rapport à la moyenne de l’UE22 dont la moyenne de travail pour le primaire est de 762h : les
enseignants français de primaire travaillent donc 18% de plus.
La moyenne de l’OCDE est de 703h pour le 1er cycle du secondaire contre 684h en France : les
enseignants français travaillent donc 3% de moins.
Par rapport à la moyenne de l’UE22 dont la moyenne de travail pour le 1er cycle est de 668h : les
enseignants français travaillent 2% de plus.
La moyenne de l’OCDE est de 657 et 656h pour le 2è cycle du secondaire contre 686h en France : les
enseignants français travaillent donc 4% de plus.
Par rapport à la moyenne de l’UE22 dont la moyenne de travail pour le 2eme cycle est de 635h lycée
général) à 670h (lycée technologique) : les enseignants français travaillent respectivement 8% et 2%
de plus.
Globalement le temps de travail annuel des enseignants français n’a eu de cesse d’augmenter à
l’exception de celui des enseignants de primaire qui a baissé entre 2010 et 2018. Les valeurs sont
légèrement différentes de celles situées au-dessus et sont extraites du tableau du rapport 2018
p416.
2000
2005
2010
2018
Primaire
France
907
918
918
900
OCDE
770
775
772
777
UE22
783
780
782
791
Collège
France
639
639
646
684
OCDE
680
680
679
695
UE
678
673
676
697
Lycée
France
611
625
632
684
OCDE
628
648
642
647
UE
660
655
661
682
Le bilan est que les enseignants du primaire travaillent bien plus que leurs homologues de l’OCDE et
de l’UE. Il est à noter que le temps de travail requis dans l’établissement pour les enseignants du
primaire est en fait de 954h (accueil,…)
Concernant le collège, les enseignants français semblent légèrement favorisés alors qu’au lycée la
situation est légèrement excédentaire vis-à-vis de l’OCDE et à l’équilibre vis-à-vis de l’UE.

b) Temps de travail statutaire annuel
Le temps de travail statutaire total est de 1607h pour tous (primaire, collège, lycée).
Primaire
Collège
Lycée général
Lycée
professionnel
France
1607
1607
1607
1607
OCDE
1622
1645
1640
1635
UE22
1551
1585
1571
1610
Le temps de travail statutaire total est donc légèrement inférieur à la moyenne de l’OCDE (à cause
des chiffres très élevés des Etats Unis, du Japon ou de la Suisse) et légèrement supérieur en général à
celui de l’UE22.
Ce qui gène la cour des comptes, nos autorités hiérarchiques mais aussi tous nos fantasmatiques
détracteurs, c’est que le temps de travail individuel entre les heures devant élèves et les 1607h est
très difficilement mesurable. Il est plus évident de le mesurer chez les enseignants de primaire plus
présents dans leur classe que chez les enseignants du secondaire qui travaillent chez eux. Il est
évident que nous allons rencontrer une forte poussée afin de mieux mesurer et maîtriser ce temps
de travail personnel.
Extrait d’un article du café pédagogique par François Jarraud , le vendredi 11 mai 2018.
« Il faut remonter à 2010 pour avoir une évaluation officielle du temps de travail des enseignants.
Cette année-là, la Depp, la division des études du ministère, organise une enquête auprès des
enseignants dont les résultats sont publiés en 2013.
La Depp évalue le temps de travail hebdomadaire des enseignants du premier degré à 44h07 dont
25h34 devant élèves. Précisément ce temps comporterait 12h57 de préparation et correction, 2h26
de rencontres avec les parents et les collègues et 3h10 d'autres tâches. Chaque semaine les
enseignants passeraient 9h30 à travailler à la maison. Le temps varierait selon la fonction : un
directeur travaille 45h26, un enseignant dans l'élémentaire 43h27 et en maternelle 36h38.
On observe une grande inégalité selon l'âge des enseignants. Les débutants travaillent 52 heures par
semaine et les plus âgés 44 heures. Entre les deux le temps de travail diminue. L'observation est
également valable dans le second degré (45h pour les débutants, 44h30 pour les plus de 50 ans).
Par comparaison, les enseignants du second degré travaillent un peu moins : 41h17 par semaine mais
un peu plus à domicile : 12h36. Le temps d'enseignement est évalué à 20h04, les préparations à 8h14,
les corrections à 7h26, la documentation à 2h07. Les temps d'échanges avec les parents et collègues
représentent 2h43.
On observe de plus fortes inégalités selon les corps d'appartenance ou les disciplines. Les agrégés
travaillent 39h15 (rappelons que leur temps devant élèves est plus faible), les certifiés 42h53, les PLP
39h30. Les professeurs de langues sont ceux qui travaillent le plus longtemps (42h39), devant les
disciplines littéraires (41h47), les matières professionnelles (41h16), les sciences (40h54) et l'EPS
(37h37). A noter que le temps de travail a augmenté de près de 3 heures pour les certifiés sous Chatel
notamment du fait de la mise en place de l'évaluation du socle.
A ces temps de travail en semaines où il y a cours il faut ajouter 20 jours de vacances travaillés dans le
premier degré et 18 dans le second. Si vous additionnez tout cela, vous dépassez largement les 1607

heures annuelles dues par les agents de l'Etat en général et les 35 heures hebdomadaires des salariés
ordinaires. »
3) Salaire des enseignants

Salaire après 15 ans
d’exercice

Salaire après 10 ans
d’exercice

(Lycée)
Salaire en début de
carrière

(Collège)
Salaire à l’échelon
maximum

2è cycle du 2aire

Salaire après 15 ans
d’exercice

Salaire à l’échelon
maximum

Salaire après 15 ans
d’exercice

Salaire après 10 ans
d’exercice

Salaire en début de
carrière

Salaire à l’échelon
maximum

Salaire après 15 ans
d’exercice

Salaire après 10 ans
d’exercice

Salaire en début de
carrière

(Maternelle)

1er cycle du 2aire

Salaire après 10 ans
d’exercice

Primaire

Salaire en début de
carrière

Préprimaire

Salaire à l’échelon
maximum

Salaire statutaire des enseignants sur la base des qualifications les plus courantes (prof des écoles/
certifiés pour la France) en équivalents USD convertis (p397)

54010

37450

35106

31003

54010

37450

35106

31003

52374

35963

33618

29516

52374

35963

33618

29516

France

30817

38456

41386

50486

32258/

41884

45004

54156

33498

43886

46780

56874

34943

46244

48697

59639

29922

36921

40714

47867

31699

40426

44568

52868

33041

42704

46644

56006

33781

44886

48884

58736

Moyenne
OCDE

Moyenne
UE22

Inclut la moyenne des primes fixes au titre des heures supplémentaires pour les enseignants des premier et
deuxième cycles du secondaire.

Ce qui ressort de ce tableau :
Les salaires des enseignants français commencent légèrement en-dessous de ceux de de la moyenne
de l’OCDE ou de l’UE22
Les salaires des enseignants français connaissent un gros décrochage après 10 ans et 15 ans de
carrière car ils ont peu progressé.
Les salaires des enseignants arrivés à l’échelon maximum rattrapent un peu ceux de leurs
homologues sans arriver à la moyenne.
Cette évolution des salaires ne sera pas sans poser de problèmes dans le cadre de la transformation
des régimes de retraite. En effet, passer d’un système qui permet d’établir la pension sur le salaire
des 6 derniers mois (échelon maximum souvent atteint) à un régime par points alors que l’évolution
des salaires au cours de la carrière est très lente ne va pas aller sans poser de problèmes pour le
calcul de la retraite des futurs enseignants.

Salaire effectif des enseignants par comparaison avec les revenus d’autres actifs occupés diplômés
de l’enseignement tertiaire (2016)
Rapport entre le salaire (sur la base du salaire annuel moyen [primes et allocations comprises]) des enseignants et les
revenus d’autres actifs occupés présentant un niveau de formation similaire (moyenne pondérée) et ceux d’actifs diplômés
de l’enseignement tertiaire occupés à temps plein toute l’année

Lycée

Préprimaire

Primaire

Collège

Lycée

Salaire effectif par comparaison avec les
revenus d’autres actifs occupés diplômés
de l’enseignement tertiaire et travaillant
à temps plein toute l’année (CITE 5 à 8,
adultes âgés de 25 à 64 ans)

collège

Salaire effectif par comparaison avec
les revenus d’autres actifs occupés
présentant un niveau de formation
similaire et travaillant à temps plein
toute l’année (moyenne pondérée,
adultes âgés de 25 à 64 ans)

Primaire

France
2014
Moyenne
OCDE
Moyenne
UE

Ensemble des enseignants

préprimaire

Année de
référence
des
données
les plus
récentes
disponibles
sur les
revenus
des actifs
diplômés
de
l’enseignement
tertiaire

0,82

0,80

0,88

0,99

0,78
0,81

0,76
0,86

0,88
0,91

1,00
0,96

0,80

0,82

0,86

0,88

0,82

0,88

0,93

1,00

Il est clair grâce à ce tableau que les enseignants, quelque soit leur origine, sont à chaque fois moins
payés que les actifs présentant un même niveau de formation. Probablement une compensation de
leurs « avantages » vis-à-vis des autres et cela dans tous les pays ou presque puisque l’évolution est
similaire pour la moyenne des pays de l’OCDE et de l’UE… Toutefois, on ne saurait rendre attractif le
métier d’enseignant en le laissant en l’état. Il n’est pas étonnant que de plus en plus d’étudiants se
détournent du métier devant les salaires passables, les contraintes grandissantes et la pression à la
fois parentale et institutionnelle (sensation d’abandon, vœux présidentiels ?)
Mon étonnement vient de la situation du lycée par rapport au collège car je ne comprends pas
pourquoi les collègues de lycée auraient une rémunération presque à équilibre avec les autres actifs
(heures supplémentaires mais les professeurs du collège y ont aussi accès ?).
Évolution du salaire des enseignants entre 2000 et 2017, sur la base des qualifications les plus
courantes à différentes étapes de leur carrière

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2016

2017

Préprimaire
France
105
OCDE
UE22
-

100
100
100

100
102
102

99
102
102

97
99

97
102
101

98
104
105

97 96
104 103
103 101

95
103
99

95 95
101 106

96
105

99
111
105

Primaire
France
OCDE
UE22

100
100
100

100
102
102

99
102
103

97 97
102 104
102 105

98
106
108

97 96
105 104
106 103

95
103
102

95 95
104 107
102 105

96
106
105

99
108
105

105
87

2015

2000

Index of change between 2000 and 2017 in teachers’ statutory salaries after 15 years of experience (2005 = 100), by level of
education, converted to constant prices using deflators for private consumption

Collège
France
OCDE
UE22

105
88

100
100
100

100
102
102

99
102
103

97 97
102 104
102 105

98
105
106

97 96
104 103
104 102

95
102
100

Lycée
France
105 100 100 99
97 97
98
97 96
95
OCDE
100 102 102 102 103 104 103 102 101
UE22
90
100 102 103 102 105 106 104 102 100
Données extraites d’un fichier téléchargeable de l’OCDE annexe D3.5a :
https://doi.org/10.1787/888933805363

94 94
103 106
100 103

94
106
103

95
107
104

94 94
101 104
99 102

94
103
103

95
105
103

Dans tous les cas de figure, les enseignants français ont un salaire en dessous de la moyenne de leurs
homologues de l’OCDE et de l’UE22 et inférieur à l’année 2005 corrigée par l’inflation.
Evolution du salaire des enseignants débutants en regard du smic de 1980 à 2017 en Francs puis
Euros
1980
1990
2000
2011
2016
2017*
2017** 2018
Francs
Francs
Francs
Euros
Euros
Euros
Euros
Euros

Smic mensuel
brut

2317,42

5156,19

7101,38

1365,00

1466,62

1480,27

1480,27

1498,47

Salaire
mensuel brut
Professeur
certifié

4766,05

8272,09

9663,66

1615,97

1615,97

1784,04

1794,75

1794,75

Rapport
salaire
prof/smic

205,66
%

160,43
%

136,08
%

118,39
%

110,18
%

120,52
%

121,24
%

119,77
%

Comme nous pouvons le constater, le salaire ses enseignants s’est écroulé entre 1980 et 2000
passant de 2 fois le SMIC à 1,2 fois le SMIC. Depuis les années 2000, les salaires peinent à se
maintenir à ce 1,2 fois le SMIC car : les revalorisations indexées sur l’inflation ne se font pas alors que
le SMIC progresse et que le point d’indice est gelé depuis plusieurs années.
4) Absentéisme des enseignants.
Article par Lucien Marboeuf prof des écoles sur son blog :
https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2016/03/19/les-profs-moins-absents-que-lamoyenne-des-salaries.html

Un article du Figaro.fr, il y a quelques jours, m’a interpellé : « Absentéisme dans la fonction
publique, qui remporte la palme ? ». Le site, qui voulait faire suite à sa série d’article sur les
absences de profs non remplacées en Seine Saint-Denis (un vrai sujet, alarmant), souhaitait
manifestement dégoter les chiffres officiels de l’absentéisme enseignant. En cherchant un peu, la
journaliste a pu découvrir que les enseignants sont moins absents que la moyenne des
fonctionnaires. En allant chercher un peu plus loin, elle aurait trouvé que les enseignants sont
également moins absents que la moyenne des employés français, tous secteurs confondus.
Voilà le mythe des profs champions de l’absentéisme bon à jeter à la poubelle…
Les profs, fonctionnaires fidèles au poste
D’après la DGAFP (Direction générale de l’Administration et de la fonction publique), la durée
moyenne annuelle des congés maladie ordinaire (CMO) chez les agents de la fonction
publique est de 7,1 jours. A l’Education nationale (EN), tous effectifs confondus (profs et
administratifs) on est en-dessous de la moyenne avec 6,7 jours de congés maladie par an et
par agent. Parmi les fonctionnaires qui sont encore moins absents : ceux des affaires
étrangères (3,9) de la culture (4,1), de l’agriculture (5,2) et des ministères sociaux (5,6). On
note des durées de congés maladie plus importantes du côté des ministères du travail (8,5),
de la justice (8,7) et surtout dans les services du Premier Ministre (10,2)…
Un autre chiffre intéressant, tiré du rapport annuel sur l’état de la fonction publique,
confirme que les profs sont moins absents que la moyenne des fonctionnaires : en 2012, la
proportion de salariés absents au moins un jour pour raisons de santé au cours d’une
semaine est, tous secteurs confondus, de 3,7% au niveau national. Elle est de 3,6% dans le
secteur privé, de 3,8% dans la fonction publique, et de… 2,3% chez les enseignants (on
constate qu’à l’EN les profs sont moins absents que le reste des personnels, 3,1%, ce qui
nuance encore les chiffres précédents).
Absentéisme moins élevé dans l’enseignement quand dans bien d’autres professions
Si on veut pousser plus loin la comparaison avec l’ensemble des salariés, on peut se reporter
à l’étude de la DARES (Direction de l’Animation, de la Recherche, des Etudes et des
Statistiques) réalisée en 2013 et portant sur les absences au travail des salariés, tous
domaines d’activités confondus, entre 2003 et 2011.
L'étude confirme que le taux d’absentéisme pour raisons de santé, tous secteurs
confondus, est en moyenne de 3,7 % et qu'il est de 3,2 % dans l’enseignement (enseignants
et autres personnels). C’est moins que la moyenne de l’administration publique (3,7 %),
moins que dans les secteurs de santé et d’action sociale (4,6 %), de la construction, de l’eau
et de l’assainissement, des déchets ou que les services administratifs (4 %).
L’absentéisme dans l’éducation nationale est également moins élevé que dans de nombreux
secteurs privés : l’hébergement et la restauration (3,9 %), l’industrie manufacturière (3,8 %),
le transport et l’entreposage (3,6 %), le commerce et la réparation (3,5 %), l’immobilier (3,3
%)… Des professions plus exposées que d’autres, il faut le noter, aux « contraintes physiques
et psychosociales ».
Spécificités de l’absentéisme enseignant

Une note de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la Prospective et de la Performance)
datant de février 2015 et portant sur les absences des enseignants, permet de comprendre
l’absentéisme enseignant.
- 43,4 % des enseignants face à élèves ont pris au moins un congé de maladie ordinaire
(CMO) durant l’année scolaire 2012-2013, de 16,2 jours en moyenne. C’est sensiblement
équivalent au reste des travailleurs, qui sont 45% pour ce cas. Rapportée à l’ensemble des
enseignants en fonction, la durée par agent s’établit donc à 6,7 jours.
- les profs femmes s’arrêtent globalement plus que les profs hommes (47,6% contre 34,2%),
les femmes trentenaires notamment, qui s’arrêtent plus longtemps (20 jours contre 16,2 en
moyenne) : cela tient à la présence de femmes ayant pris un congé maternité, presque
toujours précédé d’un congé maladie ;
- de la même manière, dans le primaire, où le taux de féminisation est plus élevé qu’en
secondaire (84% des instits sont des femmes, contre 58% des profs de collège et de lycée), le
taux d’enseignants à prendre au moins un CMO chaque année est plus élevé (45,4%) que
dans le secondaire (41,8%) ;
- sans surprise, enseigner en éducation prioritaire augmente les risques de congés maladie :
les enseignants en éducation prioritaire sont 49,7% à prendre un CMO dans l’année contre
44,4% pour les autres ; deux raisons : les enseignants y sont plus jeunes (encore le facteur
maternité) et les conditions de travail sont évidemment plus difficiles qu’ailleurs.
Résumons
On voit donc que les profs sont parmi les fonctionnaires les moins absents, mais aussi qu’ils
sont moins absents que bon nombre de travailleurs, tous secteurs confondus. Pourtant le
fort taux de féminisation du métier (notamment en primaire), qui induit des absences pour
cause de maternité, vient gonfler mécaniquement l’absentéisme, comparativement à de
nombreux secteurs.
Le vrai souci, dans l’absentéisme des enseignants, c’est qu’il se voit comme le nez au milieu
de la figure. Passe encore en collège ou en lycée : quand un prof est absent, cela fait un trou
d’une ou deux heures dans la journée des élèves. Mais en primaire, un prof absent, c’est 25 à
30 élèves qui restent cartable au dos. Sauf si le prof est remplacé, évidemment. On
comprend alors que le fond du problème n’est pas l’absentéisme enseignant, mais le non
remplacement des profs absents (c’est même un problème à double effet en primaire,
puisque les élèves du prof non remplacé sont répartis dans les autres classes, ce qui gonfle
les effectifs et rend les conditions d’apprentissage difficiles).
Or, les corps de professeurs remplaçants tendent à se réduire : entre 2006 et 2012, on a noté
une diminution de 40% des effectifs (en secondaire, de 41.000 à 28.000, par exemple),
conséquence directe la politique menée par Nicolas Sarkozy, supprimant 80.000 postes dans
l’éducation nationale. Le mouvement est depuis enrayé, mais cela ne suffit pas.
Les parents d’élèves ont raison de prendre le taureau par les cornes, sur ce sujet, surtout en
Seine Saint Denis. Mais qu’on ne se trompe pas de cible : les profs n’ont pas à être pointés du
doigt. Les choix politiques de nos dirigeants, oui.

PS : ça n'a rien à voir, mais je ne résiste pas à la tentation de vous livrer ce chiffre, glané au
hasard de mes recherches et qui me laisse encore étourdi : en mars 2010, seuls 0,7% des
agents de l’EN sont en formation, contre 8,9% des fonctionnaires hors EN. Vous avez dit
« déficit de formation continue » des profs ?...

Conclusion :
Si la situation des enseignants est préoccupante, elle est critique pour les professeurs des écoles dont
les heures d’enseignements sont pléthoriques pour un salaire qui n’a rien de motivant et ce, sans
aucune possibilité de faire des heures supplémentaires, qu’ils ne pourraient de toute manière pas
assumer vu leur temps de travail.
Les heures d’enseignement des collègues de 2nd cycle sont à peine plus élevées que la moyenne de
l’OCDE ou de l’UE et leur niveau de rémunération est inférieur à celui de la moyenne de l’OCDE et de
l’UE. Toutefois, grâce aux heures supplémentaires, certains peuvent augmenter leur salaire.
Attention, tous ne le peuvent pas (pas d’heures disponibles dans leur établissement) ou ne le veulent
pas (même s’ils ne peuvent refuser d’en assumer une).
Le milieu de carrière (après 10 et 15 ans) montre un très gros retard de rémunération pour tous les
enseignants par rapport à la moyenne de l’OCDE et de l’UE.
Préconisations :
Il conviendrait de redonner de la valeur à une profession déterminante dans l’éducation des futurs
citoyens. Pour cela plusieurs leviers :
- Diminuer la charge de travail des enseignants du primaire afin de leur permettre contre un
investissement personnel volontaire d’accéder à des heures supplémentaires. Cela pourrait
passer par une diminution des heures de cours journalière. En contrepartie, les devoirs du
soir pourraient être payés en heures supplémentaires. Cela permettrait, en outre, de rétablir
une certaine équité puisque les élèves plus défavorisés pourraient accéder à un travail
personnel encadré.
- Revaloriser les salaires de la profession dès les 1ers échelons en passant par le milieu de
carrière. Si les rémunérations à l’échelon maximal, sont dans la moyenne de l’OCDE et de
l’UE, ils sont très en retard avant ce qui risque d’être très pénalisant lors du passage à une
retraite par points.
- Redonner de la valeur à l’école : arrêter le passage automatique des élèves au niveau
supérieur s’il n’a pas le niveau dans une structure unique car certains élèves de collège ne
savent pas lire, écrire, compter et ne le sauront jamais en changeant de professeur et de
matière toutes les heures
- L’utilisation des heures supplémentaires ne peut être une réponse au pouvoir d’achat
adaptée à tous les enseignants car ils n’y ont pas tous accès pour diverses raisons.


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