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ARBRE ET IMAGINAIRE – ALBERO E IMMAGINARIO
2
Collana fondata e diretta da
Giovanni DOTOLI Encarnación MEDINA ARJONA Mario SELVAGGIO

Università degli Studi di Cagliari, Dipartimento di Filologia, Letteratura, Linguistica - Pubblicazione realizzata con il contributo PRID.
Esprimiamo la nostra immensa gratitudine al Prof. Ignazio Efisio Putzu, Direttore del Dipartimento di Filologia, Letteratura, Linguistica della Facoltà di Studi
Umanistici dell’Università di Cagliari, per il suo sostegno costante e insostituibile. Senza il suo prezioso apporto, il presente volume non avrebbe mai
potuto vedere la luce.
Tutte le copie devono recare il contrassegno della SIAE.
Riproduzione vietata ai sensi di legge (legge 22 Aprile 1941, n. 633 e successive
modificazioni; legge 22 Maggio 1993, n. 159 e successive modificazioni) e a norma delle convenzioni internazionali.
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ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles
425 et suivant du Code pénal.
© Copyright 2017 by Gaia s.r.l. (editing by Mario Selvaggio)
Edizioni Universitarie Romane Ŕ Via Michelangelo Poggioli, 2 - 00161 Roma
tel. 06.49.15.03 / 06.49.40.658 - fax 06.44.53.438 - www.eurom.it eur@eurom.it
ISBN 978-88-6022-346-7
Finito di stampare nel mese di giugno 2018 dalla Gaia srl.
En couverture / En la portada / In copertina :
Merry-Joseph BLONDEL (1781-1853), La Dispute de Minerve et de Neptune / La
Disputa de Minerva y Neptuno / La Disputa tra Minerva e Nettuno (1822), huile sur
toile / óleo sobre lienzo / olio su tela [400 x 540 cm.], Musée du Louvre / Museo del
Louvre - Paris / París / Parigi.

Albert ABI AAD Marie-France BOROT Rosalba CAMPINOTI
Claudia CANU FAUTRÉ Sara CARDIA Patrícia CARVAJAL BLANK
Luciano CAU Martin CHEF Maria Gabriella DA RE Maggy DE COSTER
Béatrice DIDIER Giovanni DOTOLI Naoufal EL BAKALI
Marcella LEOPIZZI Marinella LÖRINCZI Lorenzo MANCA Giuseppe MARCI
Alessandra MARONGIU Hanen MAROUANI Encarnación MEDINA ARJONA
Martina MURA Veronica MURA Veronica OLLA Mauro PALA
Antonio Francesco PIREDDA Valentina PUSCEDDU
Bernadette REY MIMOSO-RUIZ Àngels SANTA Maria Rosaria SCALAS
Mario SELVAGGIO Susanna SEONI Angela Maria SERRA
Maura TARQUINI Frédéric-Gaël THEURIAU Nazareth TUNHOLI

L’OLIVIER ET SON SYMBOLISME
dans l’imaginaire méditerranéen
EL OLIVO Y SU SIMBOLISMO
en el imaginario mediterráneo
L’ULIVO E LA SUA SIMBOLOGIA
nell’immaginario mediterraneo
Sous la direction de / Editado por / A cura di

Giovanni DOTOLI Encarnación MEDINA ARJONA
Mario SELVAGGIO
Avec la collaboration de / Con la colaboración de
Con la collaborazione di
Claudia CANU FAUTRÉ & Lorenzo MANCA

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Frédéric-Gaël THEURIAU
Université de Tours
CET ARBRE EST MA VIE !
ET VOUS VOULEZ M’ÔTER LA VIE ?

1. Les origines de l’humanité
Les cultures du blé, de la vigne et de l’olivier permirent aux hommes du
néolithique1 de préparer leur entrée dans l’histoire2 avant même
l’invention de l’écriture. L’arbre serait apparu sous une forme sauvage vers
le XIIe millénaire avant notre ère et aurait été cultivé autour du Ve3. Rien
d’étonnant à ce qu’il fasse partie intégrante de la mythologie grécoromaine qui accorde à Athéna (Minerve chez les Romains) le privilège de
l’avoir fourni comme ressource vitale à l’humanité. Il est vrai que son exploitation servait de nourriture, au chauffage, aux soins corporels et aux rituels religieux. Apparurent ensuite les symboliques de la victoire, de la
paix, de la richesse puis de la santé et de la prospérité chez les Romains.
Différentes cultures l’intégrèrent encore comme symbole d’éternité
puisque sa longévité est d’environ mille ans. Dans la littérature fondatrice,
l’Iliade et l’Odyssée d’Homère introduisirent le symbole de la fidélité, la
Bible l’idée de sacrifice, de réconciliation et de bénédiction, et le Coran le
sens de l’universalité, du sacré et de guide. Le rameau d’olivier apparaît actuellement sur le drapeau de l’ONU pour manifester la paix éternelle recherchée entre les 193 états membres4.
En dehors de quelques pays dans le monde bénéficiant d’un climat dit
« méditerranéen » et de ceux situés à proximité du Bassin méditerranéen,
ce sont essentiellement dans les 23 pays riverains de la mer Méditerranée
que se concentrent les 2/3 de la production mondiale d’huiles d’olive5.
L’Espagne arrive en tête de liste avec environ la moitié de la production
mondiale. Cette suprématie et ses symboles remontant à des temps immémoriaux donnèrent l’idée à l’espagnole Icíar Bollaín Pérez-Mínguez la

Période préhistorique comprise entre le Xe et le IVe millénaire dont la subsistance
humaine repose sur l’agriculture et l’élevage.
2 Le néolithique précède l’Antiquité.
3 Renseignements pris auprès du Conseil Oléicole International (COI).
4 Quatre États ne figurent pas dans la liste.
5 Les chiffres, calculés sur la base d’une moyenne s’étalant sur ¼ de siècle, de 1990 à
2016, proviennent des données fournies par le COI.
1

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réalisation du film El Olivo écrit par le scénariste britannique Paul Laverty,
présenté au 33e festival international du film de Miami le 10 mars et au 26e
festival du film espagnol de Nantes le 13 juin, sorti le 6 mai en Espagne
puis le 13 juillet 2016 en France.

© Affiche du film El Olivo (2016)
En quoi El Olivo dénonce-t-il plus ou moins indirectement une pratique
qui va à l’encontre de la préservation du patrimoine naturel ancestral
commun à l’Humanité ?
Les prismes de la symbolique de l’arbre de vie et de l’engagement écologique sont sans doute des axes propres à révéler les véritables enjeux de
L’Olivier.

169
2. L’arbre de vie
2.1. Une longévité remarquable
La longévité d’un arbre obtenu naturellement de manière clonale est extraordinaire. Il s’agit d’arbres engendrés par une racine existante depuis
l’origine, identiques génétiquement entre eux. On trouve ainsi le peuplier
(80 000 ans), le chêne (13 000 ans), le créosotier (11 000 ans) ou le pin
(10 000 ans). Les arbres les plus vieux du monde non clonaux concernent
essentiellement l’épicéa (10 000 ans), le pin (4 800 ans), le cyprès (4 000
ans), l’alerce (3 600 ans), le cèdre (2 000 ans). L’olivier se situe en avant
dernière position, ce qui est tout aussi extraordinaire. L’olivier de Vouves,
en Grèce, sur l’île de Crète, a été estimé à 3 000 ans et son tronc a une circonférence de plus de vingt mètres. Il est donc le plus vieil olivier du
monde. L’olivier de Roquebrune-Cap-Martin, 2 000 ans, est, quant à lui, le
plus ancien arbre de France. Celui de Palma de Majorque aux Baléares en
Espagne n’est pas moins célèbre avec ses 1 500 ans. L’olivier est donc un
patrimoine mondial qui doit fédérer le dialogue constructif et pacifique
entre les différents peuples méditerranéens en vue de sa protection.
Le film El Olivo fait état d’un olivier âgé de 2 000 ans trônant, depuis
plusieurs générations, dans le domaine de Ramón Cucala, dans la province
de Castellón dans la région de Valence. Le vieil homme dut subir la vente
de l’olivier qu’il aimait tant par son fils Luis. Celui-ci, touché par les problèmes économiques du pays6, avait besoin de 30 000 euros pour ouvrir un
restaurant. La petite fille de Ramón, Alma, assiste à la scène, perçoit la
douleur de son grand-père résigné et tente de sauver son « Monstre » de la
pelleteuse en montant dedans. L’enfant de 8 ans, impuissante, est écartée
par le grand-père non moins touché par le drame. Les nombreux retours
en arrière qui ponctuent la première moitié du film et qui ont été perçus
comme gênants, par la critique, pour l’avancée de l’histoire sont au contraire parfaitement légitimes et bienvenus pour souligner l’importance du
passé. La technique de l’analepse (du flash back, en langage cinématographique) permet ainsi d’établir les liens entre les origines et la transmission
en général ainsi que l’histoire familiale ancrée depuis des générations sur
le domaine et l’olivier millénaire en particulier.

La crise économique d’origine mondiale s’amorça en Espagne dès 1996 jusqu’à sa
manifestation de manière plus accrue à partir 2008. Le début de l’histoire s’ancre
dans cette période, vraisemblablement en 2004 pour ce qui concerne le déracinement de l’olivier dans le film.
6

170
2.2. Un objet de marchandisation
Depuis quelques années, le marché mondial de la vente d’oliviers est florissant dans un peu tous les pays d’Europe ou d’Asie : Espagne, Allemagne,
France, Chine, etc. De prime abord, cela pourrait sembler une bonne chose.
Les arbres pourraient provenir de pépinières et avoir été obtenus par
greffes à partir de rameaux. Or, il en va tout autrement la plupart du
temps, surtout quand ils mesurent 4 mètres de haut et qu’ils pèsent près de
deux tonnes : cela suppose des oliviers vieux d’au moins un siècle. S’ils
proviennent, certes, de pépinières qui les ont gardés plusieurs mois afin de
s’assurer de leur survie, ces arbres furent arrachés originellement à leur
milieu naturel. Autrement dit, on les déracine pour les replanter ailleurs.
On réduit leur système racinaire long de plusieurs dizaines de mètres à
presque rien (1 mètre) pour qu’ils entrent dans les pots commerciaux.
El Olivo pose la question de la légitimité de transplanter un arbre ancestral dans un but commercial. Vu la conjoncture économique des années
2000, comment ne pas compatir à la détresse humaine ? Une entreprise
multinationale allemande, métaphore du capitalisme à outrance qui ne
comprend pas d’autres enjeux que les siens, l’avait finalement acquis pour
l’exposer dans son espace d’accueil, en intérieur donc. Alma le découvrit
douze ans plus tard en se faisant remettre un dossier gardé secret par
l’entreprise pépiniériste intermédiaire de la vente à l’époque afin de le ramener sur ses terres parce qu’elle croyait que son grand-père, atteint
d’Alzeimer depuis quelques temps déjà, était rongé par la tristesse même
s’il ne pouvait s’exprimer.
Une interview de Paul Laverty révéla que le scénariste avait été offusqué
de lire dans le quotidien El Pais un fait divers sur des oliviers millénaires
déracinés et envoyés comme objet de luxe. Il décida donc d’écrire une histoire où s’entrechoquent deux mondes : celui qui tire les ressources que la
nature lui offre et celui qui transforme la nature pour la défigurer et la bétonner. Le film repose donc sur des bases écocritiques condamnant le profit effectué sur le dos de la pauvreté et au détriment de la nature. Il s’agit
d’un combat entre la nature nourricière et préservatrice, et l’appât du gain
destructeur et opportuniste.
En effet, il existe actuellement une entreprise qui se définit faussement
horticole7, près de Madrid, qui ne pratique donc pas l’art de cultiver de la
graine à l’âge adulte comme cela devrait être le cas. Elle propose à la vente,
sur Internet et en direct, dans toute l’Europe, quatre catégories d’oliviers
dits « spectaculaires » : les juvéniles, les centenaires classés de C1 à C124,
les millénaires classés de M1 à M23 et les mégaoliviers classés de MG1 à
MG6.

7

Entreprise El Ventorro 1920.

171
3. L’engagement écologique
3.1. Un écosystème ébranlé
En 2012, le gouvernement allemand mit en place un plan afin
d’abandonner progressivement l’énergie d’origine nucléaire, avec des objectifs intermédiaires à atteindre8, au profit du renouvelable tel l’éolien et
le solaire. Mais des effets paradoxaux et contraires survinrent qui résistèrent à cette politique issus des lobbies industriels refusant de participer à
l’effort financier couteux mais nécessaire pour réussir la transition. Des
manifestations s’organisèrent à Berlin, Hanovre et Düsseldorf, ville dont il
est question dans le film qui se fait vraisemblablement l’écho d’une partie
de l’actualité.
Alma est à la tête de l’exploitation de volaille de son grand-père qu’elle a
reprise assez jeune. Au prix de quelques pieux mensonges, elle convainc
son oncle (Alcachofa) et un ami (Rafa) de partir en camion-remorque récupérer l’olivier. Le voyage prend l’allure d’une petite épopée qui commence en Espagne, se poursuit en France, et s’achève en Allemagne. Les situations comiques entrecoupent des moments plus tendus où les personnages tissent un lien particulier qui converge vers l’idéal d’Alma. Ils se dirigent vers la société de service énergétique dont le siège social se trouve à
Düsseldorf.
Le contraste est saisissant entre l’activité réelle de la multinationale peu
respectueuse de l’écosystème avec l’achat de l’olivier arraché au milieu qu’il
contribuait à préserver et l’image extérieure d’écoresponsabilité qu’elle
donne à voir avec l’olivier devenu son logo. Ce qui ressemble à de
l’échoblanchiment (autrement nommé verdissage ou greenwashing)
n’échappe pas au trio qui se fait jeter dehors à peine entré. Mais aidés par
des connaissances faites sur les réseaux sociaux comme Skype et par
l’ouverture qu’on leur fait d’une page Facebook expliquant les motivations
et les enjeux pour sauver El Monstro, surnom de l’arbre, les trois héros se
retrouvent en train de parler à la presse puis mêlés à une manifestation
d’une cinquantaine de personnes dénonçant les travers de cette entreprise
et demandant la restitution de l’olivier. La présence des manifestants écologiques arrange bien les affaires de la jeune femme qui entrevoit un espoir
de reprendre l’arbre symbolique.

Atteindre 35% d’énergie renouvelable en 2022 et 80% en 2050 de son mix énergétique.
8

172
3.2. Une nouvelle ressource
Mais rien ne se passe comme prévu. Le grand-père d’Alma meurt et il
faut rentrer au pays. La dernière nuit, elle profite d’un débordement du
service de sécurité qui ne peut contenir le flot de manifestants tenant des
pancartes pour se faufiler la première dans le hall d’entrée et grimper,
comme elle l’avait déjà fait douze ans auparavant, au sommet de son arbre.
La boucle infernale mise en évidence par la similarité de la prise de vue se
poursuit pour montrer que rien n’est possible. Prenant conscience que tout
espoir est donc voué à l’échec, elle redescend mais récupère une petite
branche.
De retour sur ses terres, elle renoue une relation plus sereine avec son
père avec qui elle replante la bouture de l’olivier, symbole d’une réconcilation, là où son aïeul avait accumulé un tas de cailloux pour marquer
l’emplacement originel de l’arbre, dans la perspective que les générations
suivantes pourront profiter à nouveau de ce patrimoine. Une renaissance
s’amorce avec cette fin pleine d’espoir à long terme.
Faire terminer le film par le rapatriement de l’arbre sur sa terre natale
aurait sans doute été bon pour flatter les attentes des spectateurs qui auraient voulu une fin plus heureuse et logique. Faire terminer le film par le
rapatriement de rien du tout aurait été malheureux mais logique aussi. Cependant, cela n’aurait point été en accord avec la réalité et aucune remise
en question n’aurait été possible. Le choix plus vraisemblable de cette issue
permet ainsi de stimuler la réflexion et la prise de conscience qu’il faut
faire quelque chose là où Alma a commencé de réussir. Il s’agit donc non
seulement de replanter des oliviers jeunes pour songer au futur mais aussi
de protéger ceux déjà présents en les laissant là où ils sont afin de protéger
le symbole et surtout la planète.
La dimension fictionnelle fut sans doute nécessaire pour que le film ne
tombe pas entièrement dans le documentaire, ce qui aurait peut-être été un
argument pour son interdiction ou la censure de certains faits. Une lecture
des aventures amoureuses et des rapports familiaux est possible mais apparaît finalement secondaire par rapport aux enjeux peut-être planétaires
dont fait référence le film. La petite histoire d’Alma, un peu paumée, mal
dans sa peau, préférant s’abandonner à des hommes sans intérêts sans
s’apercevoir que Rafa l’aime bien plus profondément, enlisée dans les tensions familiales, s’inscrit dans une autre histoire, celle de l’attachement à la
terre, à l’ancrage dans le passé et le futur, au souci du bien-être, du travail
bien fait, du respect des anciens et de la nature.
4. La critique cinématographique
La critique cinématographique, sur une échelle allant de 0 à 5, présente
le film de manière très variée dès sa sortie en France le 13 juillet 2016, le

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notant tantôt cinq étoiles, tantôt une seule, en passant par tous les stades
intermédiaires. Autrement dit, même les spécialistes ne parviennent pas à
jauger l’œuvre, lui prêtant les pires défauts comme les meilleures qualités.
« Cette fable écolo-compatible, qui stigmatise les promoteurs, spéculateurs
et déracineurs de l’Europe multinationale, vaut pour son propos combatif,
sa belle utopie, son image ensoleillée et son interprétation sensible » reçoit,
par Jérôme Garcin du Nouvel Observateur, cinq étoiles. « Un beau sujet,
porteur de valeurs humanistes et, autour d’un arbre qui plonge loin ses racines dans la terre et dans le temps, un beau conte à forte valeur symbolique ajoutée » vaut, pour Jean Serroy du Dauphiné libéré, quatre étoiles.
« La réalisatrice […] verse parfois dans le lacrymal […]. On puise, malgré
tout, un peu de quoi réenchanter le monde dans cette histoire exemplaire
et modeste » vaut trois étoiles pour Jacques Morice de Télérama. Clément
Graminiès offre deux étoiles en écrivant sur Critikat.com que « L’Olivier
ne trouve jamais le souffle nécessaire, se contentant d’égrainer les scènes
attendues comme autant de passages obligés jusqu’à un dénouement qu’on
aura trop facilement anticipé ». Enfin, une étoile est accordée par JeanFrançois Rauger du journal Le Monde pour son « voyage lourdement édifiant ».
L’enjeu n’est peut-être pas de dire si le film est réussi ou non, de
l’encenser ou de l’abaisser pour s’amuser à faire la pluie et le beau temps, à
faire et défaire sa réputation. Son projet noble et beau mérite que l’on réfléchisse à l’image qu’il renvoie de la société pas si déformée que cela, bien
au contraire. Il illustre et dénonce le piétinement aussi bien du symbole
que de l’objet-arbre vital malgré l’engagement manifeste incarné par Alma
et qu’a parfaitement résumé le personnage de Ramón qui dit : « ¡Este árbol
es mi vida! ¿Y ustedes quiere tomar mi vida? » (Cet arbre est ma vie ! Et
vous voulez m’ôter la vie ?).
Il reste à présent à suivre les évènements qui traitent de la préservation
de la Terre et de présenter le film comme caution argumentative pour faire
en sorte que la valeur performative du discours supplante les stériles dialogues ou les gloses exagérées. Dans la perspective de témoigner de
l’importance des ressources terrestres, un travail comme celui de Thierry
Cardon exprime, par l’image, ce que les mots ne peuvent transmettre
quand les destinataires n’entendent pas. Parmi ses clichés effectués pour la
symbolique vitale des arbres, se trouvent des oliviers comme ceux près
d’Alte en Algarve, au sud du Portugal : l’arbre de gauche « creux et vrille
cache des tuyaux d’irrigation », explique le photographe9. Et pour finir,
Jamal Ben Zreba, de l’Université Al-Fateh à Tripoli, en Libye, ajoute que,

Thierry Cardon, de l’Université François-Rabelais à Blois, a autorisé l’exploitation
de son cliché. Pour les Oliviers près d’Alte en Algarve au Portugal, le tirage est en
argentique avec sulfuration partielle aux noirs bruns (40cm x 40cm).
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dans le cœur des gens de chez lui, l’olivier « revêt une symbolique d’espoir,
de paix, d’optimisme et de spirituel »10.

© Thierry Cardon, Oliviers près d’Alte
en Algarve au Portugal (2016)

10

Correspondance privée, juin 2017.



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