Fichier PDF

Partagez, hébergez et archivez facilement vos documents au format PDF

Partager un fichier Mes fichiers Boite à outils PDF Recherche Aide Contact



Article FCi Février 2019 FB .pdf



Nom original: Article FCi_Février 2019_FB.pdf
Auteur: Utilisateur

Ce document au format PDF 1.5 a été généré par Microsoft® Word 2010, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 22/02/2019 à 16:19, depuis l'adresse IP 142.119.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 57 fois.
Taille du document: 310 Ko (3 pages).
Confidentialité: fichier public




Télécharger le fichier (PDF)









Aperçu du document


« Il est temps de déneiger votre toiture lorsque l’accumulation atteint 70 cm »

Un mythe à défaire
Par Frédéric Charest, ing.
Les Expertises FCi Inc.
21 février 2019

Suite à une entrevue avec une journaliste, la réception d’un avis de la part de mon assureur
m’enjoignant de déneiger mon toit, par moi-même ou à mes frais, et la diffusion d’articles et
de reportages par les médias, parfois alarmistes, je crois bon faire une mise au point.
Ne sautez pas automatiquement sur vos pelles dès que le toit de votre bâtiment comporte 70
cm (28 pouces) de neige! Voici pourquoi :
Charges de neige
La quantité de précipitations (et donc d’accumulations) varie d’une région à l’autre. GrandMère reçoit en moyenne ±25% plus de neige que Montréal-Est, par exemple. Les toits des
bâtiments situés en Mauricie sont théoriquement plus résistants que ceux de Montréal, si bien
construits au départ. Il est donc faux d’utiliser une hauteur de neige (ou de glace) uniforme.
La masse volumique de la neige (densité) varie grandement d’une période à l’autre. Une
neige collante est plus lourde qu’une neige poudreuse. Pour une même hauteur du couvert
de neige, la charge supportée par les toits peut facilement passer du simple au double. Il est
donc encore faux d’utiliser une hauteur de neige (et de glace) unique.
Les charges les plus importantes, ou critiques, se produisent généralement lorsque la neige
est plus humide (ou mouillée par la pluie). En mars 2008 par exemple, le Québec comptait
beaucoup d’effondrements et c’est ce type de neige qui était fréquemment rencontré, ceci
avec des hauteurs bien supérieures à 70 cm, à cette époque.
Or ces derniers temps en Mauricie, et plus spécifiquement entre le 14 janvier et le 19 février
environ, l’aspect de la neige était beaucoup plus granuleux, ce qui lui conférait une faible
densité et ce, malgré les quelques périodes de redoux survenues en début de saison. La
température plus clémente était favorable à une fonte partielle, d’une part, mais le retour à la
normale a pu occasionner la formation de glace en surface des couvertures, d’autre part.
Dans pareil cas, ce sont les accumulations de neige à venir qui sont plus à surveiller, car leur
poids viendra s’additionner à celui de la glace, qui est compacte et pesante. La seule façon
d’évaluer la charge de neige sur un toit est de mesurer la densité de la neige et sa hauteur,
intercalée de strates de glace, puis la hauteur de la glace avec une densité connue.
Enfin, soulignons que les profils d’accumulation de neige sont très variables d’un bâtiment à
l’autre. D’abord, ces charges sont généralement inférieures à celle de la neige accumulée au
sol. La quantité de neige varie énormément selon le degré d’exposition aux vents, lui-même
influencé par l’orientation et la forme du bâtiment, la surface et la pente de la toiture, etc.
FCi, page 1 de 3

Normes applicables
Au Québec, les bâtiments doivent être conçus et construits selon les prescriptions du Code
national du bâtiment – Canada, ou du Code de construction du Québec, selon l’édition en
vigueur à l’année de construction. Les calculs sont basés sur des données d’accumulations
historiques de neige et de pluie au sol, compilées pour plusieurs régions à travers le Canada.
Les calculs faits à partir de ces données, multipliées par plusieurs coefficients afin de tenir
compte d’autant de facteurs, permettent une évaluation théorique de la charge de neige, avec
une probabilité de dépassement de 1 fois dans 30 ans (édition 1995 et avant), ou de 1 fois
dans 50 ans (2005 et après, en vigueur depuis 2008 sur l’ensemble du territoire québécois).
Ces calculs tiennent également compte des risques de pertes associés à un effondrement,
fondés sur le degré d’occupation humaine. Ainsi, les prisons, hôpitaux, résidences, petits
bâtiments de stockage ou bâtiments agricoles ne sont pas conçus avec les mêmes capacités.
De plus, des facteurs de sécurité importants sont finalement appliqués aux valeurs obtenues.
Enfin, soulignons que ces Codes n’autorisent pas de réduction de charges théoriques due à
l’enlèvement de la neige, puisque le déneigement des toitures est très aléatoire. Bien que
déneiger son toit constitue une bonne pratique, un propriétaire ne devrait pas s’inquiéter outre
mesure des accumulations de neige, tant que son bâtiment est bien construit.

Pourquoi ça tombe?
Mon expérience dans le domaine me permet d’affirmer que des malfaçons constituent la
cause de ces désordres, en grande majorité. Bien que les charges de neige et de glace
puissent parfois être importantes, il est très rare qu’elles excèdent les valeurs prescrites par
les Codes précités. Voici des exemples de cas typiquement rencontrés en pratique :
 Constructions artisanales : bâtiments construits sans conception et par des individus qui
n’ont pas nécessairement les compétences pour le faire (les poutres composées ou les
assemblages sont presque toujours déficients);
 Erreurs de construction : Conception avec les mauvaises charges, fautes à la fabrication
(mauvaises soudures…), oublis fréquents à l’installation (contreventements et liens
continus entre les fermes de toit préfabriquées), absence de contrôle de la qualité, etc.
 Modifications structurales : Enlèvement d’un mur porteur ou d’un plancher sans l’ajout
de charpente équivalente, dû à un changement d’usage ou pour actualiser le design.
Coupes ou retrait de chevrons, ou de membrures de fermes de toit, afin d’augmenter
l’aire de stockage ou pour permettre le passage de conduits de ventilation (à proscrire);
 Changement de conditions : Agrandissement par l’ajout d’une section plus haute, sans
renforcer celle en contre-bas. Nouvelle construction à proximité ou croissance d’arbres,
ce qui affecte les conditions de balayage par le vent et donc plus d’accumulations;

FCi, page 2 de 3

 Mauvais entretien : Infiltrations d’eau répétées qui conduisent à une dégradation de la
charpente. Présence d’insectes qui altèrent les structures en bois (hangars – granges).
Oxydation de connecteurs métalliques ou de structures d’acier (porcheries).
Que faire alors?
Dans la mesure où les précipitations et les accumulations de neige sont tout à fait normales
au Québec et que nos bâtiments sont construits pour y résister, en principe, il m’apparait plus
pertinent de s’attarder à la qualité de nos constructions, d’abord, plutôt qu’au déneigement
d’urgence dès que le couvert de neige atteint une certaine épaisseur sur la couverture.
Les épaisseurs fixes lancées par certains sont déterminées par on ne sait qui. Les charges
de neige sont très variables en réalité. Voici quelques conseils, avant de paniquer :
 Suis-je en présence de l’une des conditions défavorables énumérées précédemment?
Si oui, ou que vous n’êtes pas en mesure d’en faire l’évaluation, une inspection par un
professionnel est souhaitable, à moins de modifications dirigées par un ingénieur;
 Historique de comportement : Le bâtiment s’est-il bien comporté en service depuis
plusieurs années (plus de 10 ans), à défaut d’historique a-t-il fait l’objet d’une inspection
préachat ou autre, et si oui des recommandations ont-elles été formulées (et suivies)?
 Observations : Soyez attentifs et vigilants aux indices de comportement potentiellement
problématique tel que : Apparition de fissures ou agrandissement de fissures existantes
sur les revêtements intérieurs de finition, bombement de plafonds ou de poutres (aires
ouvertes), portes qui frottent sur leur cadres ou au plancher, bruits suspects, infiltrations
d’eau, aérateurs de toit complètement enfouis, je n’ai jamais vu autant de neige depuis
que j’habite ici, etc. En cas de doute, la sécurité prime et il faut déneiger.
Réflexion
En définitive, la réflexion à faire est une analyse de risques. Les propriétaires ordinaires et les
gestionnaires d’immeubles n’auront pas la même tolérance au risque face à la sécurité, qu’il
s’agit d’écoles, résidences pour personnes âgées (mobilité réduite), garage ou cabanon. Des
actions ±rapides de déneiger et/ou d’inspecter la structure sont à prendre en conséquence.
Outre la sécurité qui gouverne ces décisions, il y a les risques financiers. Êtes-vous assurés
pour les dommages résultant du poids de la neige? Dans l’affirmative, et comme le montant
de votre franchise excède celui du déneigement, votre réflexion risque d’être courte, sans
compter les tracas d’une réclamation évités. À défaut, êtes-vous en mesure d’assumer les
coûts de reconstruction et de remplacement de vos biens, d’une valeur parfois sentimentale?
Pour conclure, le déneigement préventif est une pratique que je recommande, mais encore
faut-il qu’il soit fait en connaissance de cause. Autrement, il peut être superflu en conditions
d’enneigement normal ou en l’absence d’indices de comportement suspect, sous réserve de
votre compréhension de la qualité de la construction et de la confiance qu’elle vous inspire.
FCi, page 3 de 3


Article FCi_Février 2019_FB.pdf - page 1/3
Article FCi_Février 2019_FB.pdf - page 2/3
Article FCi_Février 2019_FB.pdf - page 3/3

Documents similaires


Fichier PDF article fcifevrier 2019fb
Fichier PDF calcul faitiere
Fichier PDF enfant solstice
Fichier PDF information partique
Fichier PDF les materiaux du batiment
Fichier PDF ingenieur construction durable octobre 2015


Sur le même sujet..