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Traducción Carilda oliver Labra .pdf



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DECLARACIÓN DE AMOR

DÉCLARATION D'AMOUR

Make love no war

Make love no war

Pregunto si llevo corazón
cuando despierto el peligro entre sus muslos,
si me equivoco
cuando preparo la única trinchera
en su garganta.

Je me demande si je porte un cœur
quand je réveille le danger entre ses cuisses,
si je me trompe
quand je prépare la seule tranchée
dans sa gorge.

Yo sé que la guerra es probable;
sobre todo hoy
porque ha nacido un geranio.

Je sais que la guerre est probable
surtout aujourd’hui
parce qu’un géranium est né.

Por favor, no apuntéis al cielo
con vuestras armas:
se asustan los gorriones,
es primavera,
llueve,
y está el campo pensativo.
Por favor,
derretiréis la luna que da sobre los pobres.

S’il vous plaît ne visez pas le ciel
avec vos armes
ça fait peur aux moineaux,
c’est le printemps,
il pleut
et la campagne est pensive.
S’il vous plaît,
vous feriez fondre la lune qui donne sur les pauvres.

No tengo miedo,
no soy cobarde,
haría todo por mi patria;
pero no habléis tanto de cohetes atómicos,
que sucede una cosa terrible:
lo he besado poco.

Je n’ai pas peur,
je ne suis pas lâche,
je ferais tout pour ma patrie;
mais ne parlez pas tant de fusées atomiques,
car il se passe une chose terrible:
je l’ai peu embrassé.

CUENTO

CONTE

Yo era débil,
rubia, poetisa, bien casada.
Tenía deudas
y una salud de panetela blanca.
Hicimos una casa pobremente,
muchas ventanas:
para enseñar nuestros besos a las nubes,
para que el sol entrara.

Moi j’étais faible,
blonde, poète, bien mariée.
J’avais des dettes
et une santé de panatela blanc.
Nous avons fait une maison pauvrement,
beaucoup de fenêtres :
pour montrer nos baisers aux nuages,
pour que le soleil entre.

La casa era tan bella
que tú nunca dormías.
Ya no eras abogado ni poliomielítico
ni nada.
Nunca dije:
¿cuándo vas a poner esa demanda?
porque yo tampoco
cocinaba.

La maison était si belle
que toi tu ne dormais jamais.
Tu n’étais plus avocat ni poliomyélitique
ni rien du tout.
Je n’ai jamais dit :
quand vas-tu déposer cette plainte ?
parce que moi non plus je ne cuisinais pas.

Fueron días
como no quedan otros en las ramas.
Yo me empeñaba en sembrar algo en el patio:

tus gatos lo orinaban,
y era tan infeliz que no podía
decir buenas palabras.

Ce furent des jours
comme il n’en reste plus dans les branches.
Moi je m’obstinais à semer quelque chose dans le
patio :
tes chats pissaient dessus,
mais j’étais tellement heureuse que je ne pouvais pas
dire de mauvaises paroles.
Hélas, un après-midi…
(septembre a pris part au malheur),
hélas, un après-midi
(Dieu devait être en train de faire des mots croisés) ;
hélas, un après-midi
tu as mis tant de pierres dans mes jupons
que depuis lors
j’essaie d’inventer mon visage.
Le couteau
avait la forme de ton âme ;
moi je voulais être une autre, parler des étoiles…
(il y a eu trop de nuit et de lit).
Moi je m’obstinais à semer quelque chose dans ta
poitrine :
tes chats pissaient dessus,
et j’étais si malheureuse que je ne pouvais pas
dire de bonnes paroles.

Tarde en otoño.
Miré las sábanas amargas,
el jarro de la leche,
las cortinas,
y el crepúsculo me convirtió en su mancha.
( Yo era un clavel podrido de repente,
un canario botado ).
Con empujones que lo gris me daba,
entre temblores,volví a la faldade mi madre.

Tard en automne.
J’ai regardé les draps amers,
le pot de lait,
les rideaux
et le crépuscule m’a transformé en sa tâche.
( Moi, j’étais soudain un œillet pourri,
un canari banni).
Le gris m’a tant poussée
qu’en tremblant, je suis retournée dans les jupes

tus gatos lo orinaban,
pero era tan feliz que no podía
decir malas palabras.
Ay, una tarde…
( Septiembre tomó parte en la desgracia ),
Ay, una tarde
( Dios estaría sacando crucigramas );
ay, una tarde
pusiste tantas piedras en mi saya
que desde entonces
ando inventándome la cara.
El cuchillo
tenía la forma de tu alma;
yo quería ser otra, hablar de las estrellas…
( sobraron noche y cama ).
Yo me empeñaba en sembrar algo en tu pecho:

de ma mère.
Pasaron tantas cosas
mientras yo me bebía la soledad a cucharadas…
Un viernes
-un viernes en que tu olvido me enterraballegué a la esquina
deja casa.
Estaba allí como una tumba diferente,
se veía otra luz por las ventanas.
Tuve miedo de odiar…
(Ya era hasta mala).
Pasaron tantas cosas;
el tiempo fue cosiendo mi mirada.
Ahora no pueden asustarme con los truenos
porque la luz me alza.
Ahora no pueden confundirme con un libro.
Soy la palabra recobrada.
¡Ríanse,
agujas que en mi carne se desmandan;
ríanse,
arañas que me tejen la mortaja;
ríanse,
que a mí, también, carajo, me da gracia.

Carilda Oliver Labra
Traduit de l'espagnol par Clémence Loonis

Tant de choses se sont passées
alors que je buvais la solitude à la cuiller…
Un vendredi
-un vendredi où ton oubli m’enterraitje suis arrivée à l’angle
de la maison.
Elle était là comme une tombe différente,
on voyait une autre lumière par les fenêtres.
J’ai eu peur de haïr…
(J’étais même méchante ).
Tant de choses se sont passées ;
le temps a cousu peu à peu mon regard.
Maintenant on ne peut pas m’effrayer avec les coups
de tonnerre parce que la lumière m’élève.
Maintenant on ne peut pas me confondre avec un
livre.
Je suis la parole retrouvée.
Riez,
aiguilles qui dans ma chair chahutent ;
riez,
araignées qui tissent mon linceul ;
riez,
moi aussi, merde, ça me fait rire !

MEMORIA DE LA FIEBRE

MÉMOIRE DE LA FIÈVRE

Si pudiera estar segura de que matas una hormiga
y dices mi nombre mientras,
y trituras el arroz entre los dientes
y me besas.

Si je pouvais être sûre que tu tues une fourmi
et que tu dis mon nom en même temps,
et tu tritures le riz entre tes dents
et tu m’embrasses.

Estará una almohada tras tu nuca,
ya robado el lugar de mi mano.

Il y aura un oreiller derrière ta nuque,
déjà volée la place de ma main.

Te dije la palabra niño
a causa de que no sabías mirarme.
Tú viste una humedad de pie sobre la acera:
creíste que era yo.
Tendías la mano a un vaso:
estaba allí.
Y era tu alrededor,
tu nube
de escucharte llover para formarme.

Je t’ai dit le mot enfant
parce que tu ne savais pas me regarder.
Toi, tu as vu une humidité de pied sur le trottoir :
tu as cru que c’était moi.
Tu tendais la main à un verre:
j’étais là.
Et c’était tes alentours,
ton nuage
de t’écouter pleuvoir pour me former.

¡Qué días aquellos tan caídos como para no volver!
¿En qué relojes, en qué casa de agonía
los echamos?
¿Dónde está el espejo donde nos vimos
terriblemente?
¿Quién se atreve a vivir en él sin ser nosotros?
¿Qué niña le sonríe con gloria en la mejilla,
contenta de no parecerse
a la que canta
resurrecta bajo otras
en el fondo callado del espejo,
contenta de no ser yo?

Que de jours complètement tombés pour ne pas
revenir !
Dans quelles montres, dans quelle maison d’agonie
nous les avons jetés ?
Où est le miroir où nous nous sommes vus
terriblement ?
Qui ose y vivre sans être nous ?
Quelle enfant lui sourit, une gloire sur la joue,
contente de ne pas ressembler
à celle qui chante
ressuscitée sous d’autres
dans le fond silencieux du miroir
contente de ne pas être moi ?

Ah, fugitivo,
siempre humo,
(no estás muerto y eres mi muerto preferido):
en el fondo del espejo
estoy con las tres rosas
como aquel día de serpentinas sucias
y mangos en la mesa.
No vuelvas
de madrugada a conocer mentiras agónicas,
renuentes.
No vuelvas.
El agua es tu aliento que ya he roto,
un árbol se me arroja entre los brazos.
No vuelvas
en la ceniza ni en el óxido:
sin querer me he comido tu fantasma.

Ah, fugitif,
toujours fumée
(tu n’es pas mort et tu es mon mort préféré) :
dans le fond du miroir
je suis avec les trois roses
comme le jour des serpentins sales
et des mangues sur la table.
Ne reviens pas
à l’aube pour connaître des mensonges agoniques,
renâcle.
Ne reviens pas.
L’eau est ton souffle que j’ai déjà brisée,
un arbre se lance dans mes bras.
Ne reviens pas
dans la cendre ni dans l’oxyde :
sans le vouloir j’ai mangé ton phantasme.

CON DEDEN Y ORO

AVEC OR ET DÉDAIN

Voy a verle
en cualquier sitio,
él pedirá un ron para mezclarlo con mis pupilas;
yo, el crepúsculo.
y me traerán una lágrima.

Je vais le voir
n’importe où,
lui, il demandera un rhum pour le mélanger avec mes
pupilles ;
moi, le crépuscule,
et on m’apportera une larme.

Voy a verle:
a las seis de la tarde,
cuando los combatientes repasan sus fusiles
y los adúlteros se acuestan con mariposas;
a las seis de la tarde,
sin luna,
cuando por los cines naufragan las divorciadas
y los obreros comienzan a bañarse.
A las seis,
con temblor y relente,
con bochorno,
ciega como leche y sed,
voy a verle.
Azogue en su mano,
una extraña,
qué poco de suerte,
subterráneo para reírme a carcajadas.
Con un traje amarillo como si renunciara a la tristeza
voy a verle.
Tendré cuidado
no sea, que, al abrirme, estalle el sollozo
Y comprenda que delinco.
Seré cauta,
debo mentir: «adiós, alguien espera».
y al levantarme con desdén y oro
crecerán los pulmones donde le respiro
y para que no muera del todo
lo atraparé en mi verso.
Voy a verle
-he dicho en la hermosuramientras recupero el ala que no sirve
y llueven los nísperos,
divagan las márgenes rumorosas:
voy a verle
y nos desbaratábamos a besos
y el libro se quedaba a medias
y luego quién creía en los relojes
si aquí se olvidó su boca del binomio de Newton.

Je vais le voir:
à six heures du soir,
quand les combattants révisent leurs fusils
et les adultères couchent avec des papillons ;
à six heures du soir,
sans lune,
quand les divorcées font naufrages dans les cinémas
et les ouvriers commencent à se baigner.
À six heures,
tremblement et fraîcheur
chaleur étouffante,
aveugle comme le lait et la soif,
je vais le voir.
Du mercure dans sa main,
une étrangère,
quelle malchance,
souterrain pour que je ris aux éclats.
Avec une robe jaune comme si je renonçais à la
tristesse
je vais le voir.
Je ferai attention,
il ne faut pas que quand il m’ouvre, éclatent les
sanglots
et qu’il comprenne que je commets un délit.
Je serai prudente,
je dois mentir : « au revoir, quelqu’un attend ».
Et en me levant avec or et dédain
les poumons grandiront où je le respire
et pour qu’il ne meurt pas tout à fait
je l’attraperai dans mon poème.
Je vais le voir
- J’ai dit dans la beautéalors que je récupère l’aile qui ne sert pas
et les nèfles pleuvent,
les marges divaguent pleines de rumeurs ;
je vais le voir,
et nous nous dilapidions en baisers
et le livre restait grand ouvert
et ensuite qui croyait aux montres
s’il a oublié ici sa bouche du binôme de Newton.

UNA MUJER ESCRIBE ESTE POEMA

UNE FEMME ÉCRIT CE POÈME

Una mujer escribe este poema
donde puede
a cualquier hora de un día que no importa
en el siglo de la avitaminosis
y la cosmonáutica
tristeza deseo no sabe qué
esperando la bayoneta o el obús
una mujer escribe este poema
sin atributos
a desvergüenza y dentellada
fogosa inalterable arrepentida pudriéndose
caemos por turno frente a las estrellas
todos tenemos que morir
no hay nada más ilustre que la sangre
una mujer escribe este poema
qué estúpida la línea que separa sol de sombra
el crepúsculo pasa
acumulándose al final de las azoteas
supimos de pronto de una trombosis coronaria
existes soledad
sonó una bomba
vean si se han roto los lentes de contacto
una mujer escribe un poema
separa quince pesos para el alquiler
mi amigo viejo
se desprende del mediodía por la próstata
bailamos
sigue la preparación combativa
no pasarán
una mujer escribe este poema
como quien ha perdido el tiempo para siempre
creo en el corazón de Denise Darvall
hemos ganado porque morimos muchas veces
parece que tengo un derrame de sinovia
no hay tiempo para la poesía
de veras que los frijoles se han demorado en hervir
te juro que mañana presentaré el divorcio
una mujer escribe este poema
cómo hay fantasmas a las siete en mi pecho
entablillé una rama a la areca que está triste
mamá tú no sabes la falta que me haces
si suena la alarma aérea
recojan a los niños que duermen en la cuna
voy a guardar este retrato del Che
como calló el canario traje un tenor a casa
una mujer escribe este poema
cargada de ultimatums
de pólvora
de rimmel
verde contemporánea lela
entre el urinario
y

Une femme écrit ce poème
où elle peut
à n’importe quelle heure de n’importe quel jour
au siècle de l’avitaminose
et de l’astronautique
tristesse désir on ne sait quoi
en attendant la baïonnette ou l’obus
une femme écrit ce poème
sans attributs
sans honte et à pleines dents
fougueuse inaltérable repentie pourrissant
nous tombons tour à tour face aux étoiles
nous devons tous mourir
il n’y a rien de plus illustre que le sang
une femme écrit ce poème
quelle est stupide la ligne qui sépare le soleil de
l’ombre
le crépuscule passe
s’accumulant au bout des terrasses
nous avons appris soudain une thrombose coronaire
tu existes solitude
une bombe a éclaté
regardez si les lentilles de contact se sont cassées
une femme écrit ce poème
elle met de côté quinze pesos pour le loyer
mon vieil ami
se défait de midi par la prostate
nous dansons
la préparation combative continue
ils ne passeront pas
une femme écrit ce poème
comme celui qui a perdu le temps pour toujours
je crois au cœur de Denise Darvall
nous avons gagné parce que nous sommes morts de
nombreuses fois
on dirait que j’ai une hémorragie de synovie
il n’y a pas de temps pour la poésie
c’est vrai que les haricots ont pris leur temps pour
bouillir
je te jure que demain je présenterai le divorce
une femme écrit ce poème
comment y a-t-il des phantasmes à sept heures sur
ma poitrine
j’ai éclissé une branche à la noix d’arec qui est triste
maman, toi tu ne sais pas combien tu me manques
si l’alarme aérienne sonne
prenez les enfants qui dorment dans le berceau
je vais ranger ce portrait du Che
comme le canari s’est tu j’ai ramené un ténor à la
maison
une femme écrit ce poème
chargée d’ultimatums

el cobalto
trébol de la esperanza
convaleciente de amor
tramposa hasta el éxtasis
tonta como balada
neurótica
metiendo sueños en una alcancía
ninfa de trauma
novia de los cuchillos
jugando a no perder la luz en último tute
una mujer escribe este poema.

de poudre
de rimmel
verte contemporaine niaise
entre l’urinoir
et
le cobalt
trèfle de l’espérance
convalescente d’amour
tricheuse jusqu’à l’extase
idiote comme une balade
névrosée
mettant des rêves dans une tirelire
nymphe du traumatisme
fiancée des couteaux
jouant à ne pas perdre la lumière dans la dernière
partie
une femme écrit ce poème.

AUTO DE FE

AUTODAFÉ

Cuenta el pobre los fósforos
y el rico sus palacios;
aquél se ha salvado de las adulaciones
y el dinero.
Sus manos no pueden aplaudir en la Escala de Milán,
pero poseen todos los anticuerpos;
encuentran amor
donde el rey sólo halla su soledad.

Le pauvre compte les allumettes
et le riche ses palais ;
Celui-ci a échappé aux adulations
et à l’argent.
Ses mains ne peuvent pas applaudir à la Scala de
Milan,
mais elles possèdent tous les anticorps ;
il trouve l’amour
où le roi ne trouve que sa solitude.

¡No rompan el orden!
¡No rieguen el rompecabezas!
Hay quien se preocupa por el verdugo
pero ya es cómplice de la neoplasia,
hay quien huye desesperadamente del incendio
y ya se lo comió la bacteria.
Pierde el tiempo quien sonríe a los inspectores,
quien sube al palo de la escoba,
quien hace una estadística;
pero ignora el súbito guiño de la estrella,
lo que fulgura después del tiro de gracia.
Tal vez sin notarlo
he matado un insecto invisible que volaba.
La zarpa que clavó hoy el gato
no es menos certera que mis uñas.
Todos esperan que me mustie como una tonta,
que me envilezca la primera arruga;
pero yo amo el tiempo y sus transfiguraciones
cómicas.
Creo en las galaxias y en los virus,
soy un animal tremendo.
Debiera estar cansada de la vida;
sólo me canso de morir.
Perdónenme este trajín con la ternura,
este nomeolvides que asfixio de un plumazo,
este dolor
tan duro que coloqué en el ala.
(¿Me habrá hecho daño la lágrima o el semen?)
Perdónenme...
hablaba de los otros y se me fue lo mío.
¡Qué golpe de carótidas
al socorro del alba!
¿Pero no somos todos uno mismo?
Me trepo a la esperanza entonces.
(Si nace el héroe es porque ha muerto un asesino).

Ne brisez pas l’ordre !
N’arrosez pas le casse-tête !
Il y a celui qui est préoccupé par le bourreau
mais déjà il est complice de la néoplasie,
Il y a celui qui fuit désespérément l’incendie
et la bactérie l’a déjà mangé.
Celui qui sourit aux inspecteurs perd son temps,
celui qui grimpe sur le bâton du balai
celui qui fait des statistiques ;
mais il ignore le clin d’œil soudain de l’étoile,
ce qui brille fulgurant après le tir de grâce.
Peut-être que sans m’en rendre compte
j’ai tué un insecte invisible qui volait.
La griffe que le chat a plantée aujourd’hui
n’est pas moins précise que mes ongles.
Ils attendent tous que je me fane comme une idiote,
que m’avilisse la première ride ;
mais moi j’aime le temps et ses transfigurations
comiques.
Je crois aux galaxies et aux virus,
je suis un animal terrible.
Je devrais être fatiguée de la vie ;
je ne me fatigue que de mourir.
Je me promènerai en Spoutnik…
(Avec ta permission, vals).
Pardonnez-moi ce remue-ménage avec la tendresse,
Ce ne m’oubliez pas que j’asphyxie d’un coup de
plume,
cette douleur
si dure que j’ai placée sur l’aile.
(C’est la larme ou le sperme qui m’a fait mal ?)
Pardonnez-moi…
je parlais des autres et mes histoires m’ont échappé.

Creo en tus partos, tierra.
Por eso juro por el hombre.

Quel coup de carotides
au secours de l’aube !
Mais tous ne sont-ils pas nous-mêmes ?
Je grimpe à l’espérance alors.
(Si le héros naît c’est parce qu’un assassin est mort)
Je crois à tes enfantements, terre.
C’est pour ça que je jure par l’homme.

GUÁRDAME EL TIEMPO

GARDE-MOI LE TEMPS de CARILDA OLIVER LABRA

Vuelves a renovarme el don perpetuo
Otra vez eres ése
que me enseñó las señales del alba,
el que salvó una hormiga en el borde del vaso.

Tu reviens pour me renouveler le don perpétuel.
Tu es encore une fois celui-là
qui m’a enseigné les signaux de l’aube,
celui qui a sauvé une fourmi sur le bord du verre.

Vuelves para pedirme que reúna
la corte de los gatos,
que te ampare de aquel golpe en la nuca,
que te dé mi tristeza como un sorbo,
que te recorte alguna uña,
que me moje de ti,
que te alcance el café,
que no oscurezca,
que me case contigo esta noche otra vez.

Tu reviens pour me demander que je réunisse
la cour des chats
que je te protège de ce coup sur la nuque
que je te donne ma tristesse comme une gorgée,
que je te coupe un ongle,
que je me mouille de toi,
que je t’apporte le café,
que le jour ne s’obscurcisse pas
que je me marie avec toi cette nuit encore une fois.

Se nos quedaron muchas cosas sin hablar,
Necesitamos una cita,
porque
¿a quién le doy tantas caricias
que sobraron,
aquellas que olvidé ponerte sobre el pecho?
¿A quién le cuento
que he planchado, creyendo que era tela,
tu perfil de muchacho?

Il nous reste encore beaucoup de choses à dire,
nous avons besoin d’un rendez-vous
parce que
à qui je donne toutes ces caresses
qui sont restées,
celles que j’ai oublié de te mettre sur la poitrine ?
À qui je raconte
que j’ai repassé, en croyant que c’était du tissu,
ton profil de gamin ?

¿A quién convido ahora con mis piernas
y le enseño el jazmín que nació anoche,
y le pongo una abeja a que lo pique,
y le saludo la inocencia?

Qui j’invite maintenant à mes jambes
et lui montre le jasmin qui est né cette nuit,
et lui mets une abeille pour qu’elle le pique
et lui salue l’innocence ?

¿A quién le miento y juro,
a quién le tiro un pan contra la oreja,
a quién le digo que lo odio,
y luego, que lo amo?

À qui je mens et je jure
à qui je jette un morceau de pain contre l’oreille,
à qui je dis que je le hais
et ensuite que je l’aime ?
À qui je dis fils
et je l’utilise en moi comme un chiffon ?

¿A quién le digo hijo,
y me lo paso por dentro como un trapo?
Sé bien que estás metido en nuestros átomos,
que te mueves en ese aire que espantó estas páginas
que observas desde los retratos,
que te has caído hoy contra mi pecho
y para que seamos uno solo
hasta este propio corazón
me lo has parado;
sé que estoy muerta
soñando que te busco por el cuarto.
Guárdame el tiempo.
Guárdamelo.
Estoy segura de que puedes.
Así no ha de caer la luna
ni tendrás que morirte en la mañana

Je sais que tu es à l’intérieur de nos atomes
que tu remues dans cet air qui a épouvanté ces pages,
que tu observes du fond des portraits
que tu es tombé aujourd’hui contre ma poitrine
et pour que nous soyons un seul
même ce cœur
tu me l’as arrêté ;
je sais que je suis morte
et que je rêve que je te cherche dans la chambre.
Garde-moi le temps
Garde-le-moi.
Je suis sûre que tu peux.
Ainsi la lune ne tombera pas
et tu ne devras pas mourir au matin

y el jueves será eterno
y te besaré siempre como el veinticuatro
de septiembre
de mil novecientos ochenta y uno.
Guárdame el tiempo,
guárdamelo.

et le jeudi sera éternel
et je t’embrasserai toujours comme le vingt-quatre
septembre
mille neuf cent quatre-vingt-un.
Garde-moi le temps,
garde-le-moi.

¡Qué no pase ni un minuto,
que nada ciego nazca,
que no se invente un aparato de tortura
ni estalle otra contienda contra el hombre;
que no cacen más pájaros,
que no se malogre la pureza,
que vuelvas
a ser
y aquel esplendor tuyo se mezcle, poderoso,
a mis harapos!

Qu’aucune minute ne passe,
que rien d’aveugle ne naisse,
qu’on n’invente pas d’appareil de torture
qu’aucun autre conflit n’éclate contre l’homme ;
qu’on ne chasse plus d’oiseaux,
qu’on ne gâche pas la pureté,
que tu sois
de nouveau
et cette splendeur bien à toi se mêle, puissante,
à mes haillons !

Guárdame el tiempo,
guárdamelo.

Garde-moi le temps,
garde-le-moi.

Te lo pido con rabia,
con ternura,
con todo lo que no es palabra.
Para que siempre seamos lo estupendo:
hombre y mujer
girando,
nueva especie del mundo;
ya casi un milagro.
Pues me han salido en la cara tus ojos
y a ti en el rostro mi boca,
y no sé cuando te miro si eres tú quien me mira
ni cuando tú me besas
si soy yo quien te ha besado.

Je te le demande avec rage,
avec tendresse
avec tout ce qui n’est pas des mots.
Pour que toujours nous soyons le superbe :
homme et femme
qui tournent,
nouvelle espèce du monde ;
déjà presqu’un miracle.
Car tes yeux sont sortis sur ma figure
et à toi, sur le visage ma bouche,
et je ne sais pas quand je te regarde si c’est toi qui
me regarde
ni quand tu m’embrasses
si c’est moi qui suis en train de t’embrasser.

SE ME HA PERDIDO UN HOMBRE

J'AI PERDU UN HOMME

Se me ha perdido un hombre.

J’ai perdu un homme.

Y lo busco por cifras y guitarras,
por rostros y entrepisos,
en el cielo,
en la tierra,
dentro de mí.

Et je le cherche par les chiffres et les guitares,
par les herbes et les paliers,
dans le ciel,
sur la terre,
en moi.

Se me ha perdido un hombre.

J’ai perdu un homme.

Y me he quedado temblando
como quien no come sino polvo,
como quien ya extravió la sombra.

Et je reste tremblante
comme celui qui ne mange que de la poussière,
comme celui qui a égaré l’ombre.

Pero no,
que no,
que no me ayudan a buscarlo.
¿A quién le importa si su mirada
ha derrotado al tiempo?
¿A quién le importa aquella piel
con ganas
de la luz?
¿A quién le importan unos labios transparentes
que no tuvieron hambre,
unas piernas que sólo corrían al amor?

Mais non,
non et non,
vous ne m’aidez pas à le chercher.
À qui ça importe que son regard ait vaincu le temps ?
À qui ça importe cette peau
ayant envie
de lumière ?
À qui ça importe des lèvres transparentes
qui n’ont pas eu faim,
des jambes qui ne couraient qu’à l’amour ?

Se me ha perdido un hombre.

J’ai perdu un homme.

Y todos ríen,
se entretienen,
sudan,
mastican,
se desenvainan por las noches;
despreciativos,
inefables,
maromeros,
unánimes,
como si sólo se hubiese caído un alfiler
o la hoja más seca
del árbol del bien y del mal,
como si la muerte no hubiera entrado
a destiempo
en nuestra casa.

Et tous rient,
se distraient,
transpirent,
mastiquent
se dégainent la nuit;
méprisants,
ineffables,
acrobates,
unanimes,
comme si ce n’était qu’une aiguille qui était tombée
ou la feuille la plus sèche
de l’arbre du bien et du mal,
comme si la mort n’était pas entrée
à contretemps
dans notre maison.

Y yo pensando que era demasiado joven,
que reunía láminas y piedras,
pedacitos de mundo,
hierros,
cosas del mar.
Yo pensando en la grandeza de criatura,
en cómo miraba Venus al atardecer,
en cómo cayó en la trampa.

Et moi qui pensait qu’il était trop jeune,
qu’il réunissait des lamelles et des pierres,
des petits morceaux de monde,
des fers,
des choses de la mer.
Moi qui pensait à sa grandeur
de créature,
à comment il regardait Vénus au crépuscule,

Yo pensando
en dónde está la mitad del cuerpo mío,
en quién va a cantar ahora para quitarme
el miedo,
en las veces que no nos besamos
y en las que nos besamos,
en sus ojos coléricos frente a la injusticia,
en ese silencio con que me responde,
en la herida que nunca le cosí,
en sus manos.
Se me ha perdido un hombre.
¡Ayúdenme a buscarlo!
Pronto...
Siento frío.
Aquí no hay lámparas ni claves,
no tengo redes
ni computadoras.
No tengo flechas ni radares.
¿Dónde está?
¿Intenta ser mi sombra el desvalido?
¿Se me ha vuelto invisible entre gusanos?

à comment il est tombé dans le piège.
Moi qui pensait
où est la moitié de mon corps,
qui va chanter maintenant pour m’enlever la peur,
aux nombres de fois où nous ne nous sommes pas
embrassés
et où nous nous sommes embrassés
à ses yeux colériques face à l’injustice,
à ce silence avec lequel il me répond,
à la blessure que je ne lui ai jamais cousue,
à ses mains.
J’ai perdu un homme. Aidez-moi à le chercher !
Vite…
Je sens le froid. Ici il n’y a pas de lampes ni de clés,
je n’ai pas de filets
ni de computeur.
Je n’ai pas de flèches ni de radars.
Où est-il ?
Essaie-t-il d’être mon ombre le démuni ?
Est-il devenu invisible parmi les vers ?

A LA ESPERANZA VUELVO A LA MADERA

A L’ESPERANCE JE REVIENS AU BOIS

A la esperanza vuelvo, a la madera
que construyó mis días importantes,
a la extraviada primavera
de antes.

A l'espérance je reviens, au bois
qui a construit mes jours importants,
au printemps égaré
d'avant.

A la justicia de mirarlo todo
como si me perteneciera,
que en fin de cuentas no hay un modo
de abandonar el hambre de la fiera.

A la justice de tout regarder
comme si ça m'appartenait.
que tout compte fait il n'y a pas moyen
d'abandonner la faim du fauve.

ADIOS

ADIEU

Adiós, locura de mis treinta años,
besado en julio bajo la luna llena
al tiempo de la herida y la azucena.
Adiós, mi venda de taparme daños.

Adieu, folie de mes trente ans,
embrassé en juillet sous la pleine lune
au temps de la blessure et du lys.
Adieu, bandeau qui couvrait mes plaies.

Adiós, mi excusa, mi desorden bello,
mi alarma tierna, mi ignorante fruta:
estrella transitoria que se enluta,
esperanza de todo por mi cuello.

Adieu, mon excuse, mon beau désordre,
ma douce alarme, mon fruit ignorant :
étoile transitoire qui s’endeuille,
espérance de tout par mon col.

Adiós, muchacho de la cita corta;
adiós, pequeña ayuda de mi aorta,
tristísimo juguete violentado..

Adieu, jeune homme du court rendez-vous ;
adieu, petite aide de mon aorte,
bien triste jouet violenté..

Adiós, verde placer, falso delito;
adiós, sin una queja, sin un grito.
Adiós, mi sueño nunca abandonado.

Adieu, vert plaisir, faux délit ;
adieu, sans une plainte, sans un cri.
Adieu, mon rêve jamais abandonné.

AL NIÑO QUE VENDE BERROS

A L'ENFANT QUI VEND DU CRESSON

No tiene padres, claro...Lo sé por tu indecisa
manera de mirar. Lo sé por tu camisa.

Il n'a pas de parents, bien sûr… je le sais pour ton
indécise
manière de regarder. Je le sais pour ta chemise.

Eres pequeño y grande detrás de la canasta.
Respetas los gorriones. Un centavo te basta.
La gente va vestida por adentro de hierro.
No te oyen...Has gritado dos o tres veces: ¡berro!
Pasan indiferentes con bultos y sombrillas,
en pantalones nuevos y en blusas amarillas;
caminan presurosos hacia el Banco y el tedio
o hacia el atardecer por la Calle del Medio.

Tu es petit et grand derrière le panier.
Tu respectes les moineaux. Un centime te suffit.
Les gens sont vêtus de fer à l’intérieur.
ils ne t'entendent pas… tu as crié deux ou trois fois :
cresson !
Ils passent, indifférents, avec paquets et ombrelles,
en pantalons neufs et chemisiers jaune ;

Y tú no estás vendiendo: tú juegas a vender;
y aunque jamás jugaste te sale sin querer.

Ils marchent d'un pas rapide vers la Banque et l'ennui
ou vers la tombée du jour par la rue du Milieu

Pero no te me acerques; no, niño, no me hables.
No quiero ver el sitio de tus alas probables.

Et toi, tu ne vends pas, tu joues à vendre
et même si tu n'as jamais joué, ça te vient sans le
vouloir,

Te encontré esta mañana al doblar de la Audiencia,
y ¡qué golpe me ha dado tu infeliz inocencia!
Mi corazón que era un poco de ilusión
ya es como berro mustio, como no corazón.

Mais ne m'approche pas ; non, mon enfant, ne me
parle pas
Je ne veux pas voir le lieu de tes probables ailes
Je t'ai trouvé ce matin au détour du palais de justice
quel coup m'a donné ton innocence malheureuse !
Mon cœur dont l'espoir avait une lueur
est maintenant comme un cresson morne, comme un
non cœur.

JUEVES

JEUDI

Cogí un recuerdo para soportar la fatiga,
pasé la página de mi libreta
y escribí: te amo.
Pero era para no enseñar a todos mi puñal.
(Váyanse a la madre que los parió,
ustedes quieren regalarnos
una sentencia de muerte,
ustedes nada saben del hombre;
métanme presa,
no importa:
pintaré en las paredes de la cárcel!)

J’ai pris un souvenir pour supporter la fatigue,
j’ai tourné la page de mon cahier
et j’ai écrit : je t’aime.
Mais c’était pour ne pas montrer à tout le monde
mon poignard.
(Allez-vous faire foutre,
vous voulez nous offrir
une sentence de mort,
vous ne savez rien de l’homme ;
emprisonnez-moi,
peu importe :
je peindrai sur les murs de la prison !)

Así ha pasado el jueves.
Huí al campo,
pero no era como lo hizo Van Gogh:
llovía,
los pájaros se fusilaban unos a otros;
la tarde sirviendo qué postal estupefacta.
En fin, no queda otro remedio
y vine para casa.
Aquí arden los rincones
y no ha llegado la orden de alzamiento,
los mosaicos de mármol forman luto,
ponen la radio,
no hay teléfono para comunicarse con el absurdo,
guisan lentejas,
me desnudo.
Comprendo que es jueves,
entonces salgo.
Los ómnibus están llenos, camino
sonambulescamente,
fracaso en un semáforo;
aunque eso sí me da la noche con sus astros,
y cuando iba a sonreír
por casualidad
o porque Dios nos tiene siempre asco:
apareces
como un personaje de Deschau.
Te articulas a mi podredumbre,
el tedio entumece las corbatas,
el hambre se te ha vuelto una tira ignominiosa.
Por venganza,
en un descuido,
te adornas con el hueso
de tu hombro poliomielítico.
Verdad que es jueves,
que hay que orinar contra las ceibas.
Montamos el mismo cerdo de tortura,
tenemos la exacta humildad de locos atropellados,
te miro flamear sobre la mesa del café;
debajo duermes.
Ya no te pareces al as de bastos,

Ainsi s’est passé le jeudi.
J’ai fui à la campagne,
mais ce n’était pas comme l‘a fait Van Gogh
Il pleuvait,
Les oiseaux se fusillaient les uns les autres
L’après-midi servant quelle carte postale stupéfaite
Enfin, il ne reste pas d’autre remède
Et je suis rentrée à la maison
Ici les recoins brûlent
Et l’ordre de soulèvement n’est pas arrivé
Les mosaïques de marbre forment le deuil
On met la radio,
Il n’y pas de téléphone pour communiquer avec
l’absurde
Les lentilles cuisent
Je me déshabille.
Je comprends que c’est jeudi,
Alors je sors
Les bus sont pleins, je marche
Somnambulesquement,
J’échoue sur un feu tricolore ;
Même si, oui, ça me donne la nuit avec ses astres
Et quand j’allais sourire,
Par hasard
Ou parce que toujours nous dégoûtons Dieu
Tu apparais
Comme un personnage de Deschau
Tu t’articules à ma pourriture
L’ennui engourdit les cravates
La faim est encore devenue une lanière ignominieuse
Par vengeance
Dans une négligence,
Tu décores avec l’os
De ton épaule poliomyélitique.
C’est vrai qu’on est jeudi
Qu’il faut uriner contre les ceibas
On monte le même porc de torture
On a l’exacte humilité de fous piétinés
Je te regarde flamber sur la table du café,

tiemblo,
nace el vino,
das un tropiezo con mi tristeza
y vuelves los ojos al humo sin desquite.
(¡Amor mío: vamos a suicidarnos!)
De pronto el crepúsculo suelta un arcoiris
y mordemos la vida.
No sé qué más ocurre
aparte del jueves.
Me pones en un automóvil
con la misma ternura que comemos peces en el
almuerzo
y quizás me he muerto cuando das ordenes:
llévela a su casa;
vive en la otra cuadra de mi suerte.
Luego se me tupe la pluma con esta lágrima.

En dessous, tu dors
Tu ne ressembles plus à l’as de trèfle
Je tremble
Le vin nait
Tu trébuches sur ma tristesse
Et tu as de nouveau les yeux fumant sans revanche.
(Mon amour : allons-nous suicider)
Soudain le crépuscule fait jaillir un arc-en-ciel
et nous mordons la vie.
Je ne sais pas ce qui arrive d’autre
à part le jeudi
Tu me mets dans une voiture
Avec la même tendresse que nous mangeons du
poisson au déjeuner.
et peut-être que je suis morte quand tu donnes des
ordres :
Emmenez-là chez elle ;
Tu vis dans l’autre quartier de ma chance
Puis ma plume se resserre avec cette larme.

EL SILENCIO

LE SILENCE

No lo puedo decir. La voz precisa
quedó bajo el silencio sepultada;
cuando retoza el crimen ya no es nada
el diente que pelea en la sonrisa.

Je ne peux pas le dire. La voie précise
est restée sous le silence, enterrée;
quand bondit le crime, la dent qui lutte dans le
sourire n’est déjà plus rien

No lo puedo decir. Y acaso es largo
el camino que el daño me asegura.
No lo puedo decir, y sin embargo
sé que está cerca la total negrura.

Je ne peux pas le dire. Et peut-être que le chemin
que m’assure la douleur est long.
Je ne peux pas le dire, et pourtant
je sais qu’est proche la noirceur totale

No lo puedo decir ...Todas las penas
se van volviendo ya como serenas
soledades que aquí no tienen signo.

Je ne peux pas le dire… toutes les peines
deviennent déjà comme de sereines
solitudes qui ici n’ont pas de signe

Aunque la muerte simplemente abra,
aunque al fin me arrebaten la palabra
no me voy a callar ni me resigno.

Même si la mort ouvre simplement,
même si à la fin on m’arrache le mot
je ne me tairai pas, ni me résignerai.

BUSCO UNA ENFERMEDAD QUE NO ME ACABE

JE CHERCHE UNE MALADIE QUI NE M’ACHEVE PAS

Busco una enfermedad que no me acabe
sino el dolor constante de la vida:
algo para fingir que estoy dormida
detrás de este temblor de escarcha grave.

Je cherche une maladie qui ne m’achève pas
sinon la douleur constante de la vie ;
quelque chose pour faire semblant que je dors
derrière ce tremblement de gelée grave.

Busco un agua cósmica que lave
la lágrima terrible que me oxida;
busco el morir distinto, y voy herida
por la pena vulgar que nadie sabe.

Je cherche une eau cosmique qui lave
la larme terrible qui m’oxyde ;
je cherche la mort distincte, et je vais, blessée
par la peine vulgaire que personne ne sait.

Y así me marcho, sonriendo a todos,
luminosa de gracia y desventura,
con el secreto horror hasta los codos;

Et ainsi je m’en vais, souriant à tous
lumineuse de grâce et de malheur,
une secrète horreur jusqu’aux coudes ;

callándome en el verso y en la prosa,
para que escriban en mi tierra dura:
esta mujer ha muerto de dichosa.

me taisant dans le vers et la prose,
pour qu’ils écrivent dans ma terre dure :
cette femme est morte de bonheur.

ELEGIA

ELEGIE

Los besos se me han vuelto telarañas,
la casa se ha venido abajo,
se derrumba;
ya está rota
aunque tiembla entre gajos y vitrales.

Les baisers sont devenus des toiles d’araignée,
la maison s’est écroulée,
elle s’effondre ;
elle est déjà cassée
même si elle tremble entre bouquets et vitraux.

Abierta como madre
la aluden los crepúsculos;
es un desierto borrado por mis pies
que no siguen a nadie.
He claveteado estas persianas
para que no examinen la agonía,
el polvo es mi señor.

Ouverte comme mère
les crépuscules l’évoquent ;
c’est un désert effacé par mes pieds
qui ne suivent personne.
J’ai clouté ces volets
pour qu’ils n’examinent pas l’agonie,
la poussière est mon seigneur

Sepultada
por gatos y papeles
jamás sospecharán que vivo.

Enterrée
par des chats et des papiers
jamais ils ne soupçonneront que je vis.

ANOCHE

HIER SOIR

Anoche me acosté con un hombre y su sombra.
Las constelaciones nada saben del caso.
Sus besos eran balas que yo enseñé a volar.
Hubo un paro cardíaco.
El joven
nadaba como las olas.
Era tétrico,
suave,
me dio con un martillito en las articulaciones.
Vivimos ese rato de selva,
esa salud colérica
con que nos mata el hambre de otro cuerpo.
Anoche tuve un náufrago en la cama.
Me profanó el maldito.
Envuelto en dios y en sábana
nunca pidió permiso.
Todavía su rayo lasser me traspasa.
Hablábamos del cosmos y de iconografía,
pero todo vino abajo
cuando me dio el santo y seña.
Hoy encontré esa mancha en el lecho,
tan honda
que me puse a pensar gravemente:
la vida cabe en una gota.

Hier soir j’ai couché avec un homme et son ombre.
Les constellations ne le savent pas,
Ses baisers étaient des balles auxquelles j’ai appris à
voler.
Il y a eu un arrêt cardiaque
Le jeune
nageait comme les vagues
Il était lugubre,
doux,
il m’a donné un coup de marteau dans les
articulations
on a vécu ce moment de jungle
cette santé colérique
avec laquelle nous tue la faim d’un autre corps
hier soir il y a eu un naufrage dans le lit.
Il m’a profané le maudit
Enveloppé dans dieu et dans des draps
Il n’a jamais demandé la permission
Son rayon laser me transperce encore
On a parlé du cosmos et de l’iconographie
Mais tout est descendu
Quand il m’a donné le mot de passe.
Aujourd’hui j’ai trouvé cette tâche dans le lit
Si profonde
Que je me suis mise à penser sérieusement
La vie tient en une goutte.

DICEN

ILS DISENT

Dicen que soy algo lunática
porque la noche toda es mía.
Dicen que peco de selvática
y es este mundo quien me cría.

Ils disent que je suis un peu lunatique
Parce que la nuit est toute à moi.
Ils disent que je pêche de selvatique
Et c’est ce monde qui m’élève.

Dicen que soy casi simpática
mas no he reído todavía.
Dicen que abrumo por fanática
y es que durmiendo lo veía.

Ils disent que je suis presque sympathique
Mais je n’ai pas encore ri.
Ils disent que j’épuise par fanatisme
Et c’est qu’en dormant je le voyais.

Dicen que soy muy diplomática
porque saludo a la agonía.
Dicen que soy siempre enigmática

Ils disent que je suis très diplomatique
Parce que je salue l’agonie
Ils disent que je suis toujours énigmatique

y sólo vivo en armonía.
Dicen que amor es mi temática
y muero sin un hombre, fría.

et je vis seulement en harmonie.
Ils disent que l’amour est ma thématique
et je meurs sans un homme, froide.

ME DESORDENO, AMOR, ME DESORDENO

JE M’EMMÊLE, MON AMOUR, JE M’EMMÊLE

Me desordeno, amor, me desordeno,
cuando voy en tu boca, demorada,
y casi sin por qué, casi por nada,
te toco con la punta de mi seno.

Je m’emmêle mon amour je m’emmêle
Quand je vais dans ta bouche, tardive
Et presque sans pourquoi, presque pour rien
Je te touche avec la pointe de mon sein

Te toco con la punta de mi seno
y con mi soledad desamparada;
y acaso sin estar enamorada
me desordeno, amor, me desordeno.

Je te touche avec la pointe de mon sein
Et avec ma solitude délaissée
Et peut être sans être amoureuse
Je m’emmêle mon amour je m’emmêle

Y mi suerte de fruta respetada
arde en tu mano lúbrica y turbada
como una mal promesa de veneno;

Et ma chance de fruit respecté
Brûle dans ta main lubrifiée et troublée
Comme une mauvaise promesse de venin

y aunque quiero besarte arrodillada,
cuando voy en tu boca, demorada,
me desordeno, amor, me desordeno.

Et même si je veux t’embrasser agenouillée,
Quand je vais dans ta bouche, tardive,
Je m’emmêle mon amour je m’emmêle.

LA VIOLETA COMBATE

LA VIOLETTE COMBAT

Si de niña –casi mala
me entretuve en la libreta
simulando ser poeta
y luego quedé sin ala,
si cada sueño me tala,
si me hablan siempre de...
Si mi familia se fue
a doler bajo la nieve
¿soy feliz o no se atreve
mi corazón de abecé?

Si petite fille – presque méchante –
Je me suis distraite dans les cahiers
Simulant être poète
Et qu‘après je suis restée sans ailes,
Si chaque rêve me dévaste
Si vous me parlez tout le temps de…
Si ma famille est partie
Souffrir sous la neige
Suis-je heureuse ou mon cœur
B.A - ba n’ose pas ?

Si en la soledad que rijo,
para dárselo a la espada,
a la flor (ya es tarde y nada)
no medio la carne un hijo;
si perdí en el acertijo
no me canso, no me hundo,
destilo un beso profundo,
salvo el odio, curo herida;
me vuelvo tierra parida
y madre de todo el mundo.

Si dans la solitude que je régis,
Pour le donner au dos,
A la fleur (il est déjà tard … et rien)
La chair ne m’a pas donné de, un fils
Si j’ai perdu à la devinette
Je ne me fatigue pas, je ne coule pas
Je distille un baiser profond
Je sauve la haine, je panse la blessure
Je deviens une terre mise au monde
Et mère de tout le monde

Si con la última gota
queriendo ser sangre aún
me ha dado, padre, el zunzún;
si de su mano, ya ignota,
que me tiro la pelota
no he sabido ni sabré,
si del seno que mamé
sale imposible mi suerte,
si me ha citado la muerte
¿estoy viviendo de qué?

Si avec la dernière goutte
voulant être sang encore,
M’a donné, père, un zunzun
Si de sa main, déjà ignorée
Qui m’a jeté la balle,
Je n’ai pas su ni ne saurai
Si du sein que j’ai tété
Sort impossible ma chance
Si la mort m’a donné rendez vous
Je vis de quoi?

Si el amor me hizo una cruz
y sigo aquí mal clavada,
si me ha durado la almohada
lo que al ciego pobre luz;
si arranco del avestruz
una pluma y me la como,
si fuego cargo por lomo,
si me patea un suicida,
si cuando estudio la vida
no encuentro el segundo tomo...

L’amour m’a fait une croix
Et je continue ici, mal clouée,
Si l’oreiller m’a duré
Ce qu’a l’aveugle pauvre lumière
Si j’arrache de l’autruche
Une plume et je la mange
Si je charge le feu sur le dos
Si un suicidé me donne des coups
Si quand j’étudie la vie
Je ne trouve pas le second tome

¿Qué hago ya con sangre y luna?
¿cómo disimulo el lío?
¿dónde quitan tanto frío?
¿cuándo viene la fortuna?
¿quién me acuesta en esa tuna?
¿cuál es mi sombra además?
No me nieguen el quizás,

Qu’est-ce que je fais maintenant avec le sang et la
lune ?
Comment je dissimule le problème?
Où est-ce qu’ils enlèvent tant de froid ?
Quand est-ce qu’arrive la richesse ?
Qui me couche dans ce cactus ?
Quelle est mon ombre en plus,
Ne me niez pas le peut être

no me ensucien lo que brota,
no me tomen por idiota,
no me respondan: jamás.

Ne me salissez pas ce qui germe
Ne me prenez pas pour une idiote
Ne me répondez pas : jamais,

Algún dolor extraviado
me cayó en el sentimiento.
Llévatelo de aquí, viento.
Melancolía es pecado.
Cosas, cosas del pasado
hay que dejarlas volar.
Aún tengo guiño, lunar.
Si el ayer me vuelve vieja
si prostituye la queja,
voy y los tiro en el mar!

Une douleur perdue
M’est tombée dans le sentiment
Enlève le d’ici, vent
La mélancolie est un péché
Des choses, des choses du passé
Il faut les laisser voler
J’ai même un clin d’œil, lunaire
Si l’hier me rend vielle,
S’il prostitue la plainte
J’y vais et je les jette dans la mer !

Porque el débil todo pierde
cualquiera llega y le priva
de la gaviota más viva,
de su derecho a lo verde.
Por eso me digo: muerde,
oye la verdad que late
y ven luego a su rescate.
Hay que pensar en futuro:
humilde, a pétalo puro,
ya la violeta combate.

Parce que le faible perd tout
N’importe qui arrive et le prive
De la mouette la plus vivante,
de son droit au vert
pour cela je me dis : mord,
écoute la vérité qui bat
et viens ensuite à son secours
il faut penser au futur :
humble, à pétale pure
là, la violette combat.

DISCURSO DE EVA (Carilda Oliver Labra)

DISCOURS D’ÈVE

Hoy te saludo brutalmente:
como un golpe de tos
o una patada.
¿Dónde te metes,
a dónde huyes con tu caja loca
de corazones,
con el reguero de pólvora que tienes?
¿Dónde vives:
en la fosa en que caen todos los sueños
o en esa telaraña donde cuelgan
los huérfanos de padre?
Te extraño,
¿sabes?
como a mí misma
o a los milagros que no pasan.
Te extraño,
¿sabes?
Quisiera persuadirte no sé de qué alegría,
de qué cosa imprudente.
¿Cuándo vas a venir?
Tengo una prisa por jugar a nada,
por decirte "mi vida"
y que los truenos nos humillen
y las naranjas palidezcan en tu mano.
Tengo unas ganas de mirarte al fondo
y hallar velos
y humo,
que, al fin, parece de llama.
De verdad que te quiero,
pero inocentemente,
como la bruja clara donde pienso.
De verdad que no te quiero,
pero inocentemente,
como el ángel embaucado que soy.
Te quiero, no te quiero.
Sortearemos estas palabras
y una que triunfe será la mentirosa.
Amor...
(¿Qué digo? estoy equivocada,
aquí quise poner que ya te odio.)
¿Por qué no vienes?
¿Cómo es posible
que me dejes pasar sin compromiso con el fuego?
¿Cómo es posible que seas austral
y paranoico
y renuncies a mí?
Estarás leyendo los periódicos
o cruzando
por la muerte
y la vida.
Estarás con tus problemas de acústica y de ingle,
desgraciado,

Aujourd’hui je te salue brutalement :
d’un coup de toux
ou d’un coup de pied.
Où es-tu,
Où fuis-tu avec ta cage folle
de cœurs,
avec la traînée de poudre que tu as ?
Où vis-tu :
dans la fosse où tombent tous les rêves
ou dans cette toile d’araignée où pendent
les orphelins de père ?
Tu me manques,
tu sais ?
comme à moi-même
ou aux miracles qui n’arrivent pas.
Tu me manques,
tu sais ?
Je voudrais te persuader de je ne sais quelle joie,
de je ne sais quelle chose imprudente.
Quand vas-tu venir ?
J’ai hâte de jouer à rien,
de te dire : « ma vie »
et que les tonnerres nous humilient
et que les oranges pâlissent dans ta main.
J’ai une envie folle de te regarder au fond
et de trouver des voiles
et de la fumée,
qui, enfin, a l’air en flamme.
C’est vrai que je t’aime,
mais innocemment
comme la sorcière claire où je pense.
C’est vrai que je ne t’aime pas
mais innocemment,
comme l’ange embobiné que je suis.
Je t’aime, je ne t’aime pas.
Nous tirerons au sort ces mots
et celui qui triomphera sera menteur.
Amour…
(Que dis-je ? je me trompe,
ici j’ai voulu mettre que maintenant je te hais.)
Pourquoi ne viens-tu pas ?
Comment est-ce possible
que tu me laisses passer sans compromis avec le feu?
Comment est-ce possible que tu sois austral
et paranoïaque
et que tu renonces à moi.
Tu dois être en train de lire les journaux
ou de traverser
la mort
et la vie.
Tu dois être avec tes problèmes d’acoustique et de
hernie,

entreteniéndote en una aspiración del luto.
Y yo que te deshielo,
que te insulto,
que te traigo un jacinto desplomado;
yo que te apruebo la melancolía;
yo que te convoco
a las sales del cielo
, yo que te zurzo:
¿qué?
¿Cuándo vas a matarme a salivazos,
héroe?
¿Cuándo vas a molerme otra vez bajo la lluvia?
¿Cuándo?
¿Cuándo vas a llamarme pajarito
y puta?
¿Cuándo vas a maldecirme?
¿Cuándo?
Mira que pasa el tiempo,
el tiempo,
el tiempo,
y ya no se me aparecen ni los duendes,
y ya no entiendo los paraguas,
y cada vez soy más sincera,
augusta...
Si te demoras,
si se te hace un nudo y no me encuentras,
vas a quedarte ciego;
si no vuelves ahora: infame, imbécil, torpe, idiota,
voy a llamarme nunca.
Ayer soñe que mientras nos besábamos
había sonado un tiro
y que ninguno de los dos soltamos la esperanza.
éste es un amor
de nadie;
lo encontramos perdido,
náufrago,
en la calle.
Entre tú y yo lo recogimos para ampararlo.
Por eso, cuando nos mordemos,
de noche,
tengo como un miedo de madre a quien dejaste sola.
Pero no importa,
bésame,
otra vez y otra vez
para encontrarme.
Ajústate a mi cintura,
vuelve;
sé mi animal,
muéveme.
Destilaré la vida que me sobra,
los niños condenados.
Dormiremos como homicidas que se salvan
atados por una flor incomparable.
Y a la mañana siguiente cuando cante el gallo

malheureux,
te distrayant dans une aspiration du deuil.
Et moi qui te dégèle,
qui t’insulte,
qui t’apporte une jacinthe effondrée ;
moi qui t’approuve la mélancolie,
moi qui te convoque
aux sels du ciel,
moi qui te raccommode :
quoi ?
Quand vas-tu me tuer à coups de salive,
héros ?
Quand vas-tu me moudre à nouveau sous la pluie ?
Quand ?
Quand vas-tu m’appeler petit oiseau
et pute ?
Quand vas-tu me maudire ?
Quand ?
Regarde, le temps passe,
le temps,
le temps,
et les lutins ne m’apparaissent même plus,
et je ne comprends plus les parapluies,
et chaque fois je suis plus sincère,
vénérable…
Si tu t’attardes,
si tu te fais un nœud et tu ne me trouves pas,
tu vas devenir aveugle ;
si tu ne reviens pas maintenant : infâme, imbécile,
maladroit, idiot,
je vais m’appeler Jamais.
Hier soir j’ai rêvé alors qu’on s’embrassait
qu’un coup de feu avait éclaté
et qu’aucun de nous n’a lâché l’espoir.
Ça, c’est un amour
à personne ;
nous l’avons trouvé, perdu,
naufragé,
dans la rue,
Ensemble nous l’avons ramassé pour le protéger.
C’est pour ça, quand nous nous mordons,
la nuit,
j’ai comme une peur de mère que tu as laissé seule.
Mais ça n’a pas d’importance,
embrasse-moi,
encore et encore
pour me trouver.
Serre-toi à ma ceinture,
reviens,
sois mon animal,
remue-moi.
Je distillerai la vie que j’ai en trop,
les enfants condamnés.
Nous dormirons comme des homicides qui se sauvent

seremos la naturaleza
y me pareceré a tus hijos en la cama.
Vuelve, vuelve.
Atraviésame a rayos.
Hazme otra vez una llave turca.
Pondremos el tocadiscos para siempre.
ven con tu nuca de infiel,
con tu pedrada.
Júrame que no estoy muerta.
Te prometo, amor mío, la manzana.

attachés par une fleur incomparable.
Et le lendemain quand le coq chantera
nous serons la nature
et je ressemblerai à tes enfants dans le lit.
Reviens, reviens.
Traverse-moi avec des rayons
Refais-moi une clé turque.
Nous mettrons le tourne-disque pour toujours.
Viens avec ta nuque d’infidèle,
avec ton jet de pierres.
Jure-moi que je ne suis pas morte.
Je te promets, mon amour, la pomme.


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