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Censure du livre EMILE ou DE L'EDUCATION .pdf



Nom original: Censure du livre EMILE ou DE L'EDUCATION.pdf
Titre: Determinatio sacrae facultatis parisiensis, super libro cui titulus, Émile ou De l'éducation. Censure de la Faculté de théologie de Paris, contre le livre qui a pour titre, Émile ou De l'éducation
Auteur: Paris, France. Université. Faculté de théologie

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/nii>^

»-'^'

DETERMINATIO
SACR^ FACULTATIS
PARISIENSIS,

'

Super Libro cui Titulus

EMILE

!>

ou

DE L'ÈDUCATIO^^-^^

CENSURE
DE LA FACULTÉ
DE THÉOLOGIE DE
Contre

EMILE

ou

le

Chez

titre,

DE L'ÉDUCATION.

A


Livre qui a pour

PARIS,

PARIS,

Pierre- Alex A MORE Le Prieur,
rue Saint Jacques

M.

,

à l'Olivier.

DCC. LXIL

Imprimeur du Roi

,

EXTRAIT

EXTRACTUM

DES REGISTRES

E COMMENTARIIS

DE LAFACULTÉ SACR^ FACULTATIS
DE THÉOLOGIE DE

PARISIENSIS.

PARIS.

PREFACE.
UNDI 7

PR.^FATIO.

Députes ordinai-

res

de

la

Théologie

*

toutes

parts un livre

Em/le

,

ou

intitulé

de l'Education

,

:

&

que fon Auteur étant malheureufement trop connu pour un

&

grand maître de corruption
égalefon ouvrage
d'erreur
ment contraire à la foi & aux
mœurs , étoit lu avec une avidité qui ne pouvoit que leur être
,

,

1762

cmvenere

facrx Facultatis

s'étant af-

Gervaife , Syndic ,
repréfenta qu'il fe répandoit de

lance feptimâ menjîs

Junii

Faculté de

M.

femblés,

TiJE

Juin 17(52,

les

tati
lulii

Depu-

ordinarihadquos

Dig. D. Syndicat,

S.

M.

re-

iV,

Gervaife prodire in lucem librumà
nota nimis , nimifque fdmofo Doc-

fcnptum cui titulus
ou de l'Education, quem

tore ncquitiœ

Emile

,

.•

,

homines innumeri amant noHurnci
d urn.ique manu xerfare non fine

&

maximo
ClirijHunaJîdei 6" morum periculo.

funclle.

M. le Syndic ayant lu enfuite
quelques endroits de ce livre,
l'avis

unanime des Députés

de porter cette

afialre a la

pro-

chaine aflfemblée générale de

Faculté, afin qu'elle avifa

fut

la

elle-

Cum

vero operis nefandi textus

recitajjèt Dig. D. Syn~
d eus, eafuit Deputatorum unaniwis fentcntia rem frejuentilus CO'

nonnuUas

,

mitiis a^itiindam

eJJ'c

,

ut

j'ideret

facer ordo quo potiffimum prxfidio


Aij

,

,

(4)

,
même aux moyens

ralibus or dinar ils die prima menfis

proReligion fî
horriblement attaquée dans cet
ouvrage.
La Faculté de Théologie s'étant donc aflemblée le premier
M. le Syndic y prononJuillet

Juin

ça le difcours fuivant.

îaboranti apud nos Rdigioni fuc-

près

curreret.

Hac

autem ejî à Dig. D. Synhabka in comitUs gène-

dico oratio

I

762.

,

Venerande Domine pro Decanez

PATRES S^PIENTISSIMI
Numquid

les plus

la

à fecourir

Messieurs,

,

ergo illa nunc adven-

donc arrivé

Seroit-il

ce der-

,

tat apud Apocalypfim prœnuntiata

nier âge prédit par l'Auteur

quâ exoritura funt
monjîra quxinfidimturjidd Clirifiianx , Rdigionis perniciem anhe -

piré

éEtas

uliima

,

lent, in vajiitatem exitiumque vo-

cent ^Jleripc£et

Ecdefiamquam

,

Chrijlus acqàifix'it fanguine fuo

,

vonnubioque fibijunxit aternumjîa-

mC-

de l'Apocalypfe , où l'on
verra s'élever des hommes impies, ou plutôt des monftresV
qui drefleront des pièges à la foi

méditeront la perte de la Relidé, s'il étoit poflîble
gion ,

&

truiront

,

anéantiront

,

l'Eglife

que Jefus-Chrift s'efl; acquife au
qu'il
prix de tout fon fang ,
s'eil unie, comme fon Epoufe,

&

par une alliance éternelle?

Ecceenim nova caput
genies

,

quem

in

infdici

illo

effertpro-

pâtre creata

,

novorum Philofophorum

cajir'u talem ejje credider'im , quales
funt quandoque apud hojîes nojîros
harbari illi , non milites , fed latro-

nes

& fîcarii

,

quibus nihil penfi

dummodà cœdant ,furentur
fer vim

,

,

urant

ut fuie indulgeant pravitaii

,

ex-

,

nouvelle production d'un
tel, dans le
des philofophes nouveaux,

la

Auteur infortuné,

camp
que

font quelquefois dans le

le

camp de nos ennemis

ces

hom-

mes barbares qui, bien moins foldats que brigands & aflalîîns , ne

ejï

per fraudem grajfemur

Car voilà que paroît avec audace

penfent qu'à piller, àmaflacrer,
, à ravager avec violence

à brûler

pleantque injitam nocendi libidi-

& par fraude

nem.

méchanceté
clination

,
,

pour

&

comme

aflfouvir leur

fatisfaire

l'in-

naturelle qu'ils

ont de nuire.
Sic ^uStor Vbrî

Emile

,

cui

ou de l'Education

unice intemus ut prifcos

loniemptum adducat

mam

,

îitulus

nefcio

quam

damna furripiat

j

,

,

,

;

in id

mores in

fibique

fa-

per publica

utrum vira do-

Tel

eft

,

dis-je

intitulé

livre

:

l'Auteur

,

Emtle,

du

ou de

l'Education, qui n'ayant d'autre
defTein en écrivant

du mépris pour
ques

,

&

de

que d'infpirer

les

fe faire

mœurs
,

anti-

aux dépens

,,

de

publique,

la fcUcîté

quelle réputation,

je

nefçais

met peu

fe

en peine d'écrire des chofesvéritables pourvu qu'il en avance
d'inouies
homde nouvelles
,

&

me

:

incomprtlienfible
ctre Dio,e;ene,

&

indcfiniflable

tout-à-fait

voudroit

il

;

Diogene n'eût

fi

Philofophe cynique
parmi les Chrétiens
il
feroit
Philofophe chrétien parmi les Cypas exiflé

;

,

&

ceat, curât levher

modo nihildo'

,

ceatnifin0vwn(p'inaucluum-jDiogenisfarme avidus ,
cynicus

,

fi

Diogenesnon

inter Ciriflianos

extitijjet j

mox futur us

nunc

Chrifti anus

fi degerct inter cynicos ; ofor litterarum^ cuber ;So<:\tiiX\s Ugiflator ùr everfor
tor indefejjus

;

konejîatii

&•

,

prœceptor difertijjîmus
gioni add'iHus

nijl

;

lauda^

fpurckiei

oir.nis

nuUi Reli~

naturali,Ji ta'

légiflateur de la

men naturalis dici queat Religio
quœ non omnium ejl fed unius ho-

fon deflrudeur; pa-

minis ipfum naturœ vulium uliquè

népyrifle perpétuel de l'honnê, s'il
en fut jamais , maî,

deformancis; hocfolo nomine Chrijli

niques

ennemi des

j

leur partifan

&

fociété,

;

lettres,

&

teté

du libertinage; fans
autre religion que la naturelle,
toutes fois , on peut appeller
fi
naturelle une religion qui, n'étant pas celle de tous , ne l'eft
que d'un homme qui fe plaît à
tre éloquent

,

défigurer par-tout la nature
difciple

de

mais fans

&

,

quod Chrijlum antepo~
, dum Chn/îianœ Religionis dogmata nullo liabet loco &•
numéro, ipfumque Chrijlum juflâ
morte mulSlatum fuijje apertijjimë
d'ijcipulus

,

nat Socrati

indicat^

cela feulement
; en
Jefus-Chrifl à Socrate ;
moindre cas des dogmes de fa Religion ,
ne

Jefus- Chrift

qu'il

,

fes

principes

préfère

&

faire le

rougiflant pas d'infinuer aflez ouvertement que ce Sauveur adorable a enduré la mort qu'il avoit méritée.

Ah
cet

!fi

pour

fe

Ah

rendre fameux,

Auteur ne cherche qu'à

&

rer d'illuflres ennemis,

s'atti-

à

im-

nom par de grands
comme un autre Erol-

magnis :nimici~
nomenquefuum mag-

! fi aipiat

tiis

clarefcere,

nis

crimmilus pojlentati confecratempla nofîra evertat incmdat

mortalifer fon

re

crimes

,

alter Erojîratus

trate

qu'il renverfe

,

nos temples

,

,

plis opus

èft,

Ç\

:

quid enim tem-

omnia

in

Religione Emile

& les réduife en poudre; quel be-

quâlibet nugae fint praeter cultum

foin de temples, en effet,

internum

a

rien d'important

gion

,

que

dans

s'il

n'y

le culte intérieur

tant ce qu'il y a de faint dans nos
mœurs, il ne tente pas défaire,

&

des

*

ï

Mais du moins, que, refpec-

ées femmes

i

la Reli-

de notre

AtquodfanSluminmorihusnofintaBum relmquat nec ad

tris elî

,

,

G alUcas virgines Afiaticarum pel-

France , des femmes & des filles
de quelque coins de l'Afie; que,

ereatur quoi
facrum ejl , nccjidei
rationabile obfequium dcrideat

plein de vénération poCir tout ce

lanquam

filles

i:cum

vit'ia

traducat

:

1

in Religione

rairtf fupirjlitionis drgi*-

p-'-ge

Tome

134.

ril>

mentiim

:Jî

(6)
que

inpeBore haiiâ Gallico ,

Gallicos fenfus

Emile tom.
page

I

i

6.

Il,

fatis

nam

fit

nequeat

varfare

proximam imperio

,

rui-

maligne
ruinae causa , nec quod proximè
eventurum fomniat , id pravisfuis
document is accélérée, faces accenportendere

,

obtefliâ

Religion renferme de myfde facré , il ne traite
pas de foiblefle d'e'prit
de
la

térieux

&

&

fuperftition la foutnijjîm raifon-

nable que nous rendons aux

de

&

ob-

JVeronianis

fentimens
naturels aux cœurs François ne
font pas ceux de fon cœur étran-

multj funejtiores tutum ne
etenim ejjè potejî iirperium in quo

ger , q-i'il lui fufRfe d? préfager follement la ruine de la Mo-

&

dendo CitUinariis
ttedis

.•

facra periclitaniur
Jlabunt inconcujja

An

?

regiajura

Jl divina pro-

,

culcentur?

jets

narchie

ment

la foi

&

,

,

d^en

la caufe

,

les"

fi

maligne-

taire

& que

,

voulant

hâter par fes leçons déteftables
ce qu'il a rêvé* devoir bientôt

n'allume pas dans ce Royaume des flanbeaux plus
il
dangereux mille fois que ne le furent à la République Romaine
ceux que les Catihna & les Nerons y allumèrent. Et comment
un Etat peut-il être en fureté quand la Religion eft en péril ?
Qui foule aux pieds les droits de la divine Majeflé , ne connoît
arriver

,

,

plus les droits de

Atquihis^
nis

madet

liber ijîe

injudat vulgi,

la

Majeflé royale

ejufmodiveneciii hndiè maniis

quem

& ventofi Trof-

fuli &' ScioLe nofïrx midieres lia-

cum illis vigdat ,
quiefcit cum illis , cum illis ambucum illis rujlicatiir ;
lat in urbc
bent in

deliciis

;

,

adeoque nulla

jam

fchola

ejl

harâ

pratenjî Philofophi frequentior

,

ut

ferè fit indecorum ex ejus grege non
haberi Philofophum, parumque abfit

,

quin ejus difcipuli

,

humance

immemores , quadrupeàanteterramfonituquatiant.

dignitatis

?

Or,

aliis

ce livre que nous vous

déférons

,

Messieurs

,

tout rem-

pli qu'il eft de poifons mortels,

qui

devroient en
horreur ,

infpirer

une

recherché
avec le plus vif empreflement.
Nos Petits-Maîtres
nos demiSçavantes en font leurs délices ;
chacun veut l'avoir avec foi la
nuit comme le jour , à la pro*
éternelle

eft

&

menade comme dans fon cabinet, à la campagne comme à la
ville

;

point d'école aujourd'hui

plus fréquentée que celle de ce
prétendu Philofnphe. Il eft com-

&

peu
nombre de fes Elevés ,
qu'on a d'être homme , on ne fe
de les imiter.
fafle gloire de relTembler aux bêtes
Pour arrêter le cours d'un mal
N< latiùs manet morbi contagio.
aufTi contagieux , que tout finprxjlo fit oportet qui fe Êr Reltgionis^ pairice vindicemprofiteatur. cere amateur de la Religion
de la Patrie fe préparc donc à
leur vengeance.
Par fon" Arrêt du 9 Juin derSupremus quidem Senatus in pu-

me honteux

s'en

de ne pas

fe

déclarer du

faut qu'oubliant l'honneur

&

&

Xi)

Parlement a d^Ja flétri
l'audacieux Auteur de cette monf-

rîer

,

le

&

trueufe philofophie ,
ce n'^fl:
qu'en fuyant qu'il a pu en évi-

Hé, que

ter les fuites.
il

pourroit-

,

aj^

alléguer pour fa défenfe, s'é-

condamné lui-même Pj-C'efl,

Religione, eamquc impeterequï
ingcniorum aeris locorum temporum indolj accommodatior vi-

une inexcufable pré» fomption de profefler une au3> tre Relieion que celle où l'on
9> ed né; & toutes les Religions
» particulières font autant de fa» lutaires inflitutions, qui peu» vent toutes avoir leur racine
" dans le climat, dans le gou=»vernement, dans le génie des
» peuples, ou dans quelqu'autre
» caulè locale, qui rend l'une
dit- il,

préférable à l'autre félon

les

» temps & félon les lieux n.
La moindre peine que ce

Sé-



qui Jlmet proprio judicavit ore

/ère/j^o nefas efle ab avitâ recédera

tant
=0

dendœ hujus Philofophia fuperbum
Auilorem fokmne emijîi decreium
die nonâ Junii proximè elapfî, nec
nififugâ declinandum à reo, quippe

nat

iiUguRe

auroit

fans doute de

des

hommes,

.le

prononcée

,

detur

bium

&

convenientior

(jjc potcft

jet ahlegandus

&

nec du-

:

qidn infyhasfuif'

,

is

quem

Iwrninein

ejfe

ququè cum
prïmùm volueiit hommes ejje ferinos nunc id umim in mente habety
pudet inter hommes

ipjo

nujquam

trahere afluetos

,

,

ut feri-

fe

cunfta

difcolor

nos reipfa ejformet

ad

,

nihil de

Deo

decimum oclavum ufque
annum audituros.
contre

le

ad

œtatis

coupable

auroit été
qui vivant avec
qui defirant dans un autre Ecrit
lui

,

que tous les hommes vécurent comme les Sauvages, dans celui
que nous vous déférons toujours en cela femblable à lui-même >
n'a d'autre but que de former réellement des Sauvages , qui
,

rapportant tout à eux-mêmes, n'entendroient parler de Dieu
qu'à la dix-huitiéme année de leur vie.
Mais fut-il encore traniplanté
At hngè tanjlatâ malè ferdci
plus loin, co.iibien cet arbre,
arbore, hujus quot pulli rémanent,
malheureufement fécond , a-t-il qui juccrejcendo ramis exitialibus
laiffe parmi nous de n auvais reminores plantas prcefocaLunt latè
jettons qui

croiffan«

,

&

fe

for-

de jour en jour, ou étoufferont bientôt par leur branchage

lifians

ctrcumjlantei

Or,

nous. Messieurs,
fi foigneufement,
que préfervées de ce

c'cfl à

les cultiver

ces plantes ,
fuc empoifonné, elles puiffent un

de leur

faire

fi

utiles

tem
ne à

bien connoître le

fur.

,

fucco - ve inficient

ou

,

Sed nofîrum
eosjîc colère

&

jour porter des fruits de vie

,

pejiijtTo,

trop étendu les plantes qui les environnent
de leur fève vcnimeufe.

de

«

,

,

à je

reléguer au fond des forêts

rougit de l'être,

,

,

ut

les

ejl

,

infe(5lcront

PP. 55.

aut

depofuo toxico ,
in fruBus erun pjnt , aut fal,

,

i/cnera ciiiius

quoquam

nifi

madcnt

i/c/.jjire,

voUnie forbetu»:

PaiT.ia

vol,

l'&i*

,,

venin dont les rejettons du mauvais arbre font tous remplis que
quiconque le boira, ce venin, ne pourra imputer fa perte qu'à fa
,

volonté perverfe.
Itaquejïcut

oliin

Romx ,ingruen-

te aliquo rei civilis periculo

,

man-

dai atur

confidibus , ut vidèrent ne
quid detrimenti refpublica caperet :

haud
diez

,

aliter

,

pro

itieo

munere Syn-

ne quid majoris detrimenti

capiat Religio

pojîulo

,

Ep'iC prîmâ ad '"^f" militare militiam
Tïmoth. eap. lo. verfus eum qui à fide

,

ut prope-

bonam

ad-

& confcien-

p.

6, 7

Se 8,

tiâ

aberrans

convertitur in vani-

,

loquium volens efle Doftor ,
non intelligens quœ loquitur ,
neque de quibus affirmât AuElorem verà libri quemjamfatis novif,

,*

tis

delirantem philofophum

,

magna

iibique jaâantem , abfona foepè effutientem , nocitura Jkpius fuaden-

tem cenfurà cito citiàs adornandà
Urbi Sr Orbi exhibeatis tanquam
,

EpiC ptîmâ ad unum ex iis
quos fpiritus -dixit
Timodi. cap.IV. difceffurosàfide, attendentesfpi,

y« soo

ritibus erroris

,

& dodlrinis Dïe-

moniorum. DoElrinam enim Dxwoniorumdicere quidi'etat quœcumj]ue

auSor

ijle

impio ore evomit circa

Deum ^ Legem naturalem
tionis

tùm

poffibilitatem

cejjîtatem

,

,
,

Revela-

tùm

ne-

Kevelationis caraôleres,

Miracula Prophetias, ipfam doElri,

nam re^'e/ara;7^,&'intolerantifmum
^uemprofitetur ver a religio;quce omnia nemo potejî admittere, nijî cujus

animus errorum nube excœcatus, in
reprobumfenfum à Dca traditus ejl.

C'eft pourquoi , de même que
dans l'ancienne Rome, lorfque la

Republique étoit menacée de
quelque malheur, on recommandoit aux Confuls de veiller attentivement à ce qu'elle ne reçût aucun dommage: ainfi pour empêcher que le livre de L'Education
ne caufe à la Religion de nouen ma
velles pertes
je requiers
qualité de Syndic , que par une
aufli
cenfure digne de vous
promptçment achevée qu'il fera
,

,

,

vous vous acquitie\

poffible,
tous les
te

de

devoirs de la milice fain~
êtes engagés

où vous

,

contre

un Auteur qui , fe détournant de
la bonne confcience &' de la foi
Jïncere
cours

,

,

s'égare en

Cr qui

teur de la loi
dit

ni

ce

,

ne fçait ni ce qu'il

qu'il

de hcirdiejje

,

de vains dif-

s'érigeant en doc-

,

ajjure

& que

tant

avec

vous

faffiez

connoître, non-feulement à cette
Capitale, mais à l'Univers en-

que cet Auteur n'eft qu'un
,
Philofophe en délire , qui promettant avec une oftentation infupportable de grandes chofes,'
n'en dit fouvent que d'abfurdes
n'en confeiUe le plus fouvent que
de funeftes; en un mot, que cet
Auteur fi vanté efl: un de ces
hommes dont le faint-Efprit dit
expreffément, qu'ils abandonnent
tier

la foi, enfuivant des efprits terreurs

& des doElrines diaboliques.

Pourquoi, en effet, n'appellerions-nnus pas diabolique ce que
dans fon livre cet Auteur facrilége vomit d'une bouche impie
contre la Loi naturelle , contre la pofîîbilité , la
caradères de la Révélation, contre les moyens inles prophéties
de la connoitre , contre les Miracles
contre

contre Dieu
néceïïîté,
faillibles

V.

,

les

&

,

Cp)
rintolérantifme que la vraie Religion
Dodlrlne révélée
profefie. Blafphêmes horribles que nul homme ne peut entendre fans
à
indignation , Ci Dieu ne l'a livré à cet aveuglement d'efprit
ce fens dépravé qui font prendre le mal pour le bien 8c le bien pour
l'erreur pour la vérité & la vérité pour l'erreur, les ténèle mal
bres pour la lumière & la lumière pour les ténèbres
Felices vos , PP. SS. fi quoi
Quel feroit votre bonheur
olimfanBo Paulo contigit Epheji,
votre gloire , Messieurs, fi,
comme S. Paul eut la confola- id hodie confequamini^ui quiprava
tion de le voir à Ephefe
vous haEhnus Aurions opéra ai idiùsfeccontre

&

la

,

&

,

&

,

médium ,

admirateurs des œuvres de ce Philofophe les appor-

comburantque coram omnibus fum~

ter au milieu de votre afl'emblée,

mi materiam mali.

voyiez

les

&

prévenir par les flammes tout

le

mal qu'elles font

de

faire.

Croyez-moi

,

fi

ne

fera ni

Auteur

longue

capables

Messieurs,

cenfure du livre que

je

ni difficile

;

Horum

la

requiers

fon

bien moins appliqué
à couvrir fes erreurs du voile

de

tatifunt, ta conférant in

s'efl;

&

opus

erit

crédite mihi

,

nec d'Jficile

,

,

,

cenfura

nec diutur-

num, cum fcripior fuis crrorilusfermonis eltgantiâ aâornandis plusjïu, quamfpecie leri vejlimdis

duerit

&" ohtegendis

quz

les revêtir
, qu'à
orner de l'élégance
de la
il
n'excufe
beauté du ftyle;

non rarbfuis apparent in elucubra-

lesfréquentes contradictions dans

quam prstensâ verborum inopiâ

la vérité

&

les

&

lefquelles

il

tombe, quepar Udi-

fette d''exprelJions

&

;

nec repugnantia

tionibus, aliâ artp difflwuL-.verit

Si penuriâ

Enii.T.I,piijS,

Unguarum.

de mots qu'il

attribue à notre langue.

Nunc itaque PP. SS. Deputatis
à vos Députés
du combat. Jefus-Chrift vejtris datefignum pugn.v , ad quam
lui-même les invite de s'y livrer fine mord, fine requie conferendam
Donnez donc

le fignal

&

fans délai

fans interruption

,

en leur difanr, dans la perfonne
de fes Apôtres, prenei garde
qu'on n'empkhe les petis enfans
de venir à moi
car le Royaume
des Cieux efl pour ceu.x qui leur
,

rejjemblent.

Les Mères chrétien-

nes les en preflent par leurs gé-

miflcmens

& leurs larmes. Hélas!

Messieurs

,

qu'elles appré-

Chrijîus ipfe eos advocat prœcipien,

di)

ut caveant, ne à Je

parvuli

:

advocant Cr Chrijliana.

mulieres vocibus
luéliàs

removeantur

& fletns

,

lamentationis

,

ne pueris ac puel-

pravi nimium docilibus , omnia
ab improbo peda^ogo vitia propi-

lis

Ticntur ,ficut

in

Ramâ

vox Rachcl audita eu ^"- "^^P*

plorantis filios fuos

&

rompue ne préfcnte
la

à leurs enfans déjà portés au

coupe enchantée des vices

,

&

lùVtih cao

nolentisconfolari quia non cranr,
f, is.

hendent qu
infl
qu'une
une inlutution
cor-

que

comme

mal par la nature ,
Rachel dans

autrefois

B

^^Xl
IL.

,

(10)

ïvama,
qn'tiks

ne

elles

pugnam

pertimefcit

,

nec metuit

:

nimirum

co77/z'^«nrDominum Deurafore in
pro ipfis contra
medio ipforum

&

adverfarios dimicaturum.

Çi(o propoflto

mm

& in



inijfo

Sacra Facultas voluit , ut Depunon ii qui cenfu-

tati ordinarii, nec
lihrï

ram

,

pofim

de l'Efprit dederunt ope-

conjunBis piribus cenfurccprolibri

herent &•
terit

,

puijfent fe confoler

,

parce

Vos Députés, Messieurs,
fe

préfenteront au combat avec

d'autant plus cTallegrefle

& d'ar-

deur, que leur cœur généreux
Chrétien efl: animé d'une jufte
confiance que le Seigneur au milieu d'eux
combattra lui - même
par eux contre l'ennemi de la Religion
de fon culte.
La propofition de M. le Syndic ayant été mife en délibération par M. Xaupi , le plus an-

&

&

deliheratio

à S. M. N. Xaupi ma^
g'ijlrorum adjlantium antiquiore

TX

& ne

comme-

liane eo

quod cor eorum non

tent alacriùs

Deut. cap. îo,

pleurent un jour,

auront perdus f:ins rejource.

les

li vero

les

de l'Education incum, quantociùs fieri pn-

eam

perficerent.

la FaThéologie a conclu que
les Députés ordinaires, avec ceux
qui l'ont été pour la cenfure du

cien des Dofteurs préfens

livre

intitulé,

de l'Efprit,

tra-

vailleroient enfemble à la cenfure

du

Livre intitulé

de r Education,

Sequitur Determinatio,

,

culté de

veroient

le

&

plutôt qu'il

poiïible.

Suit

la

F// z^££-, ou

qu'ils

Cenfure.

l'acheferoit

CENSURE

DETERMINATIO

DE LA FACULTÉ SACR^ FACULTATIS
DE THÉOLOGIE DE

PARISIENSIS

PARIS

Contre un Livre intitulé,

Supei LUrocuititulus,

EMILE

EMILE

u

DE L'ÉDUCATION.
A



DE L'ÉDUCATION.

Aniflerdam 1761.

Amitelodaral 1761.

DE DIEU

D £ D £ O

ET DE LA LOI NATURELLE.

^T LEGE NATURALL

PREMIERE PROI'OSITIOX.

PRIMA PROrOSlTlO.

'

I


L

( Dieu )
monde je
,

a créé la matière

,

les

corps

n'en fçais rien. L'ide'e de

&

la

,

les efprits

création

,

rr.e

confond,
paffc ma portée
je la crois autant que je
la puis concevoir; mais je f<;ais qu'il a formé l'univers
& tout ce qui exifle ; qu'il a tout fait , tout ordonné.
:

Emile en de Pe«Jucation
'

,

tom»

V^Z'^ ^l-

I I.

Je crois donc que

&

fage

;

je le

le

monde

vois, ou plutôt

eft

gouverné par une volonté puilTante
Tome
,
cela m'importe à fcavoir :

je le fens

&

Bij'

lîl
»

P-

6
»

,

même monde

mais ce

que des chofes
ture

Je n'en

?

?

eft-11

Y en

fçais rien

&

,

Y

ou créé ?
a-t-il un principe unideux ou plufieurs, & quelle eft leur naque m'importe ?

éternel

a-t-il

I I

Tome II ,p. 34Î.

I.

Ce mot efprit n'a aucun fens pour quiconque n'a pas pliilofophé...;;
Voilà pourquoi tous les peuples du monde , fans excepter les Juifs,
fe font faits des Dieux corporels. Nous-mêmes
avec nos termes
d'efprit
de divinité, de perfonnes, fommes pour la plupart de vrais
Antropomorphites.
,

,

IV.
Tome II,
•Se

p.

344

34Î.

Polithéifme a été leur première Religion (des hommes) , 8c
premier culte. Ils n'ont pu rcconnoître un feul Dieu
que quand , généralifant de plus en plus leurs idées ils ont été en état
de remontera une première caufe , de réunir le fyftême total des êtres

Le

l'idolâtrie leur

,

fous une feule idée,

,

donner un fens au mot fubfiance, lequel

eft

plus grande des abftradions. Tout enfant qui croit en
néccflViiremcnt Idolâtre ou du moins Antropomordonc
eft

au fond

Dieu

& de

la

phite.

V.

Tome II,
Page

3

p. 3 jo.

Pag.3î2,

&

ji faut croire

3Î3-

en

Dieu pour

être fauve

L'obligation de croire

& de beaucoup d'homIl eft clair que tel homme
mes, efl une affiiire de géographie
parvenu jufqu'à la vieillefle fans croire en Dieu , ne fera pas pour
cela privé de fa préfence dans l'autre vie, fi fon aveuglement n'a pas
été volontaire ; & je dis qu'il ne l'eft pas toujours. Vous en convenez
pour les infenfés qu'une maladie prive de leurs facultés fpirituelles ,
mais non de leur qualité d'hommes ni par conféquent du droit aux
bienfaits de leur Créateur ; pourquoi donc n'en pas convenir aufli
pour ceux qui féqueflrés de toute fociété , dès leur enfance , auroient
mené une vie abfolument fauvage privés des lumières qu'on n'acquiert que dans le commerce des hommes ? Car il eft d'une impoflîbilité démontrée qu'un pareil fauvage pût jamais élever fes réflexions
jufqu'à la connoiffance du vrai Dieu.
en fuppofe

51»

La

la poffibilité

des enfans

foi

,

,

,

CENSURA.

CENSURE.
Ces propofîtions font fcanda-

Illxpropofîtioncsfunifcandalosè
ij-'

impie prolatx in abfurdijjlmorum

dogmatiim excufationem nimirum
Mdnichcijmi , Pùluheifmij Idolo,

leufes

&

impies

;

elles

excufe-

roient les erreurs les plus abiurdes,
le

Manichéifme,

le

Polithéilme,

,

,

(13)
l'Idolâtrie

;

erreurs qui font entiè-

rement oppofées aux lumières de
la raifon

&

j

fouverainemcnt in-

jurieufes à l'unité

&à

la

trine

,

à la fimplicité

La doccontenue dans ces mêmes
perfeftion de Dieu.

propofitions, donne lieu de conclure

ce qui

,

fait

horreur

,

que

l'impiété de l'Athéifme même
devroit être tolérée.
Elles font voir jufqu'où s'égarent dans leurs penfées ceux qui

latrîiB

:

qui errores in

Deum unum

fiwplijjîwum &• pufeâtjjimum Junt
fummè coniumdiofi tir ab orrni rattone abhorrent.

Earumiem

propo-

fitionum doBrina dat anfam concluderidi , quod horrendum ejl, ip-

fam toUrundam

Atlwjlcam

ejjt

impietatem.

Probant quàm
promfint

errores

,

qui ingénia fuo

méprifant la régie de doctrine que
Dieu nous a donnée s'abandonnent à leur propre efprit : elles

permiffi doSlrince regulam à

montrent

ple fuo ojiendit-neccjjariam

,

&

qu'ils n'ont rien

de fixe

d'affuré Se quel efl leur pen-

tradicam afpernantur.
in

,

qu'il a deflein

La PREMIERE

Eas

Deo
igitur

médium adduccndo, auâor exemejje

re-

velationem,quam impugnaturus

ejî.

chant à l'erreur. Ainfi l'Auttur,
en les avançant, fait connoître la néceflîté de s'attacher à
tien



injlahiles Gr

la

révéla-

de rnmharTre.

de ces propor-

tions, où l'on doute d'abord de

du monde,

& où

Earum pstm a

,

quà dubium.

fcepticum de creatione mundi expri-

l'on

mitur, ac deinde eadem creatio cap-

la nie enfuite d'une manière cap-

tioiè rejicitur,dumfciLicethanc créa-

que cette création
portée de l'efprit, qu'on
cependant autant qu'on
concevoir «.

tionem Auihor ait njupra captum
n fuum pofuam , ^- fimul hauc à

la création

tieufe , en difant
55

pafle la

»

la croit

» peut

la

Cette propofition n'eftpas feulement oppofée à la révélation divine
à la foi Chrétienne, mais

&

elle eft contraire à la raifon

même.

honteux de l'avoir avancée fur-tout pour un
Philofophe qui n'ignore pas ce que
contient la Dodrine Chrétienne
fur un point auifi important , mêIl efl criminel

i?c

,

me

à la

» Je

credi

quantum eam capere va-

Non modà

rei elationi divince

fidei clirijlianœ adv:rfatur

rationi répugnât, adeoque

,

&

fed &•

eampro-

£r criminofum pnsJ'eriim Fhdofopho , cui Chrijîiana
de tanto argumenta ad lleligiomm
tulijje

turpe

ejl

,

naturakm attimnte doârma

illu'

xit.

Religion naturelle.

Elle

fait voir l'ignorance ou la
mauvaife foi de l'Auteur, qui,
quoique forcé de reconnoître dans
l'ordre de la nature comme certaines & indubitables, une infinité
de chofes dont l'idée eft au-deflus
,

Infcitiam aut
thoris prodit

,

qui

malamjîdem Au, cum innumera in

rerum naturd admit tere cogatur tanquam ccrta ù" mdubitata quorum
idcavires ejus intelUgentiivJuperùt

hanc tamen

unam

cur de creatione

,

ri4)
dubitet, aut

eam rejiclat,

offert cau-

fam nimirumfe creationis
,

perari

non

qui pr.eterea p'^apofîere ig-

;

noravït

ide:îju-

,

autfi fcivit

debuit in hoc

,

dijjînmlare

non volui eâ de re
, an idea creaita ut modus quo

de fon intelligence

n'apporte

,

néanmoins aucune raifon pourquoi

il

doute de

même la rejette,

la

oa

création

finon que l'idée

de cette création pafle

portée

fa

;

quœjlionis cardinem

& qui de plus auroit dû connoître,

tionis capi qiteat

ou ne pas diffimuler

peraBa

,

eft clarè percipiatur

; ftd
anmanifcfïè demonflretur entia,quilus componiturhic mundus , fibi ad

exiftendum nonfu_fficere , Jeu vi ef; quo demonf-

Jentiœfuœ non extare
trato

j

creationein agnofci

Jiccejje

ici

,

concevoir clairement, quant à la
manière dont la création s'efl opérée mais feulement de fçavoir s'il
eft; évidemment démontré que les
:

Etres qui compofent ce monde
ne fe fuffifent point pour exifter

ejl.

&

ne s'agic

qu'il

de feavoir fi l'idée de la
création peut ou ne peut pas le
pas

&

en vertu de leur eflence.
eux - mêmes
néceflaire
de reconnaître l'exifeft
•Car , û cela eft démontré
il
tence de la création, quoique la manière en foit au-deflus de notra
poiîit par

n'exiflent

,

portée.

Id maxime abfurdi involrit quod
juxta eam , cuique faltem dubitandumjït an non (ibi ,feu menti fuœ,
materix , Jingulis entibus mundo
cowprehenjis,illud competat, quod à
Je

,

feu vi ejjenti.s

fuœ

exijiant

,

ut

Deus; ac proinde q'.odipps œternitas, independentia,

immenjitas

cj'c.^

necejfariœfint.

Elle renferme

des abfurdités

,

la

plus grands

qui confifte en ce

que , fuivant cette propofition ,
chacun devroit au moins douter
:

&

&

feule force de leur nature

me que Dieu

&

n'éxifte pas nécefl'airement

s'il

en vertu de fon eflence fi fbn
tous les êtres
ame, la matière
qui font dans le_ monde, n'exifpar la
tent pas par eux-mêmes

exifte en vertu de la fienne

;

& par conféquent

,

de



l'éter-

fi

nité, l'indépendance, l'immenfiré, &c. ne leur font pas eflentielles.

Contradiétionem apertam obex unâ parte in eâ

Elle préfente une contradic-

trudit, quatenus

tion manifefte, entant que

Deotrihuunturformations ordina-

côté, on y attribue à

tio

omnium qux mundus compleBi-

formé

&

ordonné

,

d'un

Dieu d'avoir
l'Univers

&

& qu'ainfi

tur, adeoqueponitur quodverumefi,

tout ce qu'il renferme,

V.g. modos in materiâ perpétua va-

on y fuppofe ce qui eft vrai par
exemple, que les modes de la ma-

riantes , puta

tum quiet em ^ tum mo-

tum qui mode velociorcernitur,modb
tardior, mod^ fecundum hanc, modo
fecundum illam diretltonern, non ejji
materiœ , fed à caufâ ipjî
extrinfecâ , iJeJî à Deo oriri ; ex
altcrd i'erô parte in hdc ipfdpropo-

ejfi.ntiales

,

tière

,

,

qui varient

continuelle-

ment comme le repos & le mou'vement, lequel change fans ceffe
,

,

de direction

& de vitelle, ne font

pas eflentieis à
font

l'eftet

la

matière

d'une caufc qui

,

mais

lui



,

(!;)
extrinf(^que,c'efl;-à-clire,

&: que

mcme

de l'autre côté, dans la
propofition , on doute au

moins

fi

fi

la

inundtiscontinet ,Jimcreatarelin-

,

creata

que le monde
font créés ou incréés ,

,

matière exifle par

lon eflence

(comme

&

;

elle

la force

,

duh'natur an eadetv maté-

riavifuitejjemiœ exijlat ,acproin'

les êtres

contient

de

,

cum

{

tlla

exijîere ncqueat nifi

quicfcem vel mota hoc veL

de

confcquemment

do

ne peut cxifler fans

an

)

vi ejjèntiœ

al'ujuo flaiu

ejjentiam

vertu de fon eilence fi par ellemême , la matière exifle dans tel
ou tel état, ou de mouvement ou

te aliuin

(iatum

proinde

omnem

t)uts néceflaires,

tel qu'eft

convient

une chofe

à

&

mo-

quietis

ipfi

c_f{ ,

ù" otU'

,

excluden-

oppofitum

arcente

,

ac

materix

fonnatiotiem ùt ordinationem five
ah ipiâ materiâ prcdcuntem , cum.
perpétua quies aut motus mcejjarià

in-

tout ce qui

nullum ordinem parère
five à causa matcria, eX'

ini/ariahiiis

queant

parce que

,

vel

detenninato

,

fes attri-

conflans

variables,

eji/s

ncm quod confequens

,

qui foit un de

illo

exijlat in

conJ}ante(p' invariaLili, ut poteper

,

,

fux

vd motus

ou en repos, ou dans un mouvementdéterminé qui foit de telle
ou telle efpéce) on doute fi en
être

de repos

aneaqux

fitione fahetn duhitatur

cleDieu;

.

&

de cette chofe l'exige
trinfecâ , feu à Deo induclam.
le détermine
on doute donc fi la
matière eft dans un état de cette nature , exclufif nécefliùrement de
tout autre état qui lui feroit oppofé , &: dès-lors incompatible avec
toute formation de l'Univers, avec tout ordre provenant foit de la
matière même , puifque d'un repos perpétuel ou d'un mouvemeiit
l'eflTence

:

néceflairement invariable, rien ne pourroit

qui feroit extrinféque à la matière
Ainfi l'Auteur qui , page 43 ,
51 , ja , 5'3 de fon troifieme
tome , prouve très -bien que le
mouvement n'efl pas nécefl'aire
ou eflentiel à la matière, ou ce
qui revient au même , n'efl pas
déterminé par l'edcnce de la matiere, d'où il a raifon de conclure

que Dieu a formé & gouverné
rUnivers , auroit dû pour raifonner conféquemmcnt, reconnoîtrequela matière n'exifle donc pas
,

par elle-même &: en vertu de fon
eflcnce

,

&

qu'ainfi

,

puifqu'elle

,

fe former, foit d'une caule
ne
pourroit être que Dieu.
qui
Itaque Au£lor à quo pag. 43 ,
51, ^2 , ^^ tomi tenii bene demonjîratur motum non ejje mater itE

&

nccejjarium feu

eJJ'entiaiem

,

aut

quod in idem redit, eum per ejjtntiam matcriœ ipfi incfje non deter~
minari , unde reBè concludit à Deo

mundum

ejjefurmatum ac guLerna-

ri,dcbuijjct quodconfcqucnsiJJ

nofcere

,

agnimirum matcriam non

exifîere àfefeu vi eljcmisfux; adeoque cum matcria exijiat , neccfjeefjï

hanc fuijjeà Deo créât am. Deluffet concipere ccrterorum cntium

im~

que Dieu l'ait créée.
II eût dû concevoir que la création de tous les autres êtres im-

perfeElorum qutbus mundus comine-

com-

b" vana de creatiom dubitandi rH'

exifle,

il

faut

parfaits qui entrent dans la

idircreatinnem perinde demonjlrari.

DdndJJctpercipcrcquàm

fiivolafit.

,

ex eo quoi

tio petita

Tom.

pofition de l'Univers

n'efl

,

pas

plus difficile à démontrer.

nempe

nihil contradiBorii illd ideâ

rien n'eft plus frivole à alléguer

x Abemeuno,

contre

quod
^non comprthmdo, alia ent'ia ha» hère ut exiftant
id folummodo
offerri.

III.

creationis

idiâ fiiperetur. Ipfe pag. 94. fatetur quod aliunde demonjîratum ejl ,
inquit-,

,

» obfcurum ejl &- incomprehenftlnld;
» at vero eus &* nihilum perje ipja
a>mutud in fe ipfa converti , ibi
y> aperta ejl repugnantia , ijliid ejî
» clarè abj'urdum «. Htic ejus verba
funt.
3>fible

;

mais que

» l'un dans l'autre
«abfurdité «.

At

,

creavit noslatere

le

modum

ejl

cum

,

nos lateat

moàus quo infinitafiunt juxta nofwetipfos

bitandum

& etiam in nobis.

Si du-

de Us omnibus quo-

effet

rum modum non comprehendimus
nobis

ejjet

dubitandum an

,

ipjî exif-

îamus. Eruo-ne à novo Philofopho
nimia &" dijficiliora petimus ,fi euin

volumus
quo modo

ratiocinari

de creatione

cire a fui ipjîus

propriam

extantiam. Quia Je cogitarefemit,
idcircofe exijîere certus ejl , quani'
vis

modum quo exijlit nejciat. Ado-

ret ipitur

Deum

Creatorem

ereatio demonjlratafit

;

,

cum

aique idem

non objiciat Je ereationisideâ fuperari, feu quod idem ejl ,
nohts denub

à fe non

capi

modum

quo ereatio

la

même

que

,

la

que

certitude de la créa-

de ce

la raifon qu'il tire

l'idée de la création pafle fa

portée.

&

514 ,
cette

Lui-même convient page
efl d'ailleurs évident que
,

il

idée n'offre rien qui foit

contradiéloire;» Qu'un être , dit=0 il
ne conçois pas , donne
, que je
» l'exiftence à d'autres êtres, cela

qu'obfcur& incompréhen-

n'efl:

fe

d'eux-mêmes
une claire

c'eft

Eft-il étonnant que nous ne
comprenions pas la manière dont
'^'
nous qui
Dieu
a rréé l'Univers
ne comprenons pas la manière dont
fe font mille chofes que nous obfervons tous les jours autour de
même qui fe font en
nous ,
nous ? S'il falloir douter de tout
ce dont nous ne comprenons pas
il faudroit douter de
la manière
,

&

,

notre propre exiftence. Seroit-ce
trop exiger de ce nouveau Philo-

fophe

,

de vouloir qu'il raifonnât

fur la création
fa

ter,

&

exifie
la

,

comme

propre exiflence.

,

il efl:

il

fait

fur

Il fe fent exif-

dès-lors aiTuré qu'il

quoiqu'il n'en fçache pas

manière. Qu'il adore donc un
puifque la créa,

Dieu Créateur
tion

efl

démontrée

;

&

qu'il

ne

nous objeéle plus que l'idée de la
création paffc fa portée , ou ce qui

peragi potuerit.

efl;

tion

»
néant

Univerfitatem

eût

dû également s'appercevoir que

convertirent
une contradiélion manifefte ,

c'eft

mirum-ne

verà

Deus rerum

quo

&

l'être

Il

chofe

,

qu'il

ne comprend pas comment

la

création a

pu

fe faire.

Ipfam
prnfîtetur

cui fe

La même

JuBor addiBum

Religionem

naturalem

pofitio déformât &" cortadem propo

propofition défigure

Religion naturelle , à laquelle
l'Auteur fait profeflîon d'être attaché
la

1

,

taché ,

& elle en retranclic îe doi»-

me

la

de

partie

création

,

qui en

fait

une

-importante-

Ainfi
témérairement les
fcntimens de notre dépendance à
l'égard de Dieu
de la reconnoilTancc que nous lui devons.
Elle eft donc impie
blafphématoire à en juger par les feules
lumières delà raifon. Selon celles
de la révélation , elle eft encore
hérétique
contraire à tous les
Symboles.
La seconde de ces propofitions
où l'on aflure '> qu'on ne
" fçait point
qu'il n'importe
» pas de fçavoir fi le monde,
» qui eft gouverné par une voelle

très

afFoiblit

,

&

rumpit

,

nempe

€reationem,negat,aut fdtemde eâ
dubitat. Aiqnc ita immtnuit teme-

Deo

rejenjus dépendent icénojlree à

& ajfeclus gratitudinis à nobis

ipji

debuos.

&

,

maximi momenti dogma.

;

e« Keligione comprehenfum

Ejl igitur impia, blafpkema, vel
fol

i

judice ratione.

latiomm

Secundùm rêvehxretka Cr

infuper

eft

omnibus Jidei Symbolis contraria.

&

,

&

&

» lonté puiflante
fage , eft
» éternel ou créé ; s'il y a un
» principe unique des chofes ,s'il
» y en a deux ou plufieurs,

Earum secundo quâ ajferitur
,

« nefciri Gr ntkil referre ut fciatur
^ utrum mundus , qui volumate po'>

tenti

(p"

fapienti gubernatur

» ceternus

,

fie

utrum uni~

vel creatus :

cum fit rerum principium , aui
" duo velplura exiftant, Cr quafît
^ eorum natura «.


&

» quelle

eft leur

Quantum àd primam

nature

Cettepropofition, dansfa premiere partie qui regarde la création, d3itctre

condamnée comme

propofition précédente.

la

Par rapport
tie

,



il

cet

il

féconde par» qu'on ne Içait

faut obferver

que

endroit que l'Auteur

avoit en vue quand, au

page III

damnanda

Tome

&

eft

,

modo

eodein

ac prxctdens propo-

fttio.

» pas Se qu'il importe peu de fça» voir s'il y a un principe uni» que des chofes ou s'il y en a
c'eft

fui parcre/itum aut

quœ rmtndum

,

increatum contingit

Quantum verb ad aller am,quâ ig-

à fa

eft dit

» plufieurs » ;

tem

I.

1
2 , ayant parlé
» des peuples qui, reconnoiifant
" deux principes [l'un bon, l'au» tre mauvais ] , ont toujours re-

noium

dicitur ù" nullius

ejje

momen-

w

an unum aut pi a rerum principia exiftant ; advericndum ejl ad
hune locumfpeBare Au6lorcm Tom.
ti,

I.

pag.

1

1 1

Gr

I

1

1

,

uii mention:

jacid populorum y qui cum

»

cer'int

»

bonum

agnof
unum

duo rerum principia,
,

alterum

malum

,femp<:r

» habucrunt malum ut inferius bo3> no
alioqui , inquit , corum hypo» thifisfuiftet abjurda « commen,

:

» gardé le mauvais comme inféter adjicit , » vide prftea confcjjîo» rieur au bon (ans quoi dit-il
»nem Vicarii Sabaudi*.
3) ils
auroicnt tait une fuppofi» tion abfurde cr , il ajoyte tout de fuite » voyez ci-après la pro» feffion de foi du VicairQ Savoyard".
,

,

,
,

,

08)
Itaque

ex
AuBori probatâ ^

illa propojîtio

profejjîone

ilLi

txcerpta

efi

,

hoc intelUgenda

&

fenfu quoi ignoretur

terft cognofcefe ucrum

nih'd

efi-

in-

unum aut

plura extenc rerum principia xter-

na

^ increata

,

quorum dmim fit

foi

&

qui foient

&

éternels

incréés,

au bon.
Cette propofiLion prife dans

,

,

ut accipi

dum

dubi-

cum ajfertione qux inviilè ab
AuBore demonjtratur , de gu-

neElit

T0m.III.p3g. ipfo

befriato

adeoque formata

^

&

or-

dinato mundo per voluntatem pot'entem &* fapientem , quam ejje
Ibid. pag. éi,

profeflîon de

cette

que l'Auteur approuve, fignifie
qu'il n'imqu'on ne fçait pas
porte pas de fçavoir s'il y a un
ou plufieurs principes des chofes

Sic accepta propojîtio

,

tationan aut injcitiam circa ejufmodi hypothefim Manichœum con~

feq.

tirée de

^
eir

&* bono principia inferiora.

alterum vel alla fint maia

débet, fibi non cohxret

Se

.

.

bon l'autre, ou les
autres foient mauvais &: inférieurs

bomim

j4

.

Ai nfi cette propofition, qui

quis

,

unicam

m idem quoque

,

advenit

quandoquidem mundus
;
efitotum unicu.m^ cu^us omnes parnecejfe efi

modo inter fe con&• in unicum Jinem
nempe ad totum in or-

tes admirabili

nexx funt

,

conjpirant

,

dine conftituto confervandum.

dont l'un

(bit

,

ce fens , comme elle doit l'être
ne s'accorde pas avec elle-même..
C'eft fe contredire que de dou-

ou de ne fçavoir pas fi l'hypothéfe Manichéenne des deuxter

,

bon, rau-au
vraie ou fauife , & de

principes incréés

mauvais

rre

bon

eft

,

,

,

l'un

même

inférieur

même-temps comme

dire en

,

fait

l'Auteur dans cette même propofition, que le monde eft gouparconféquent formé par
verné
puiflante ,
une volonté fage

&

&

qui,

comme

même

le

il

démontre

lui-

doit néceflairement être

,

unique puifque le monde eft un
parties
font liées admirablement entre
dont
toutes
les
feul tout
concourent à une même fin qui eft la confervation dans
elles
,

,

&

,

,

l'ordre établi.

Eâdem

raiione ex £0 petitâquod

mundui unum fit tcium , pariter
demonfratur non eJJe plura bona
frincipia

dum

ejjé

,

atque unicum agnofcenDeum. Facile adduce-

Cette

même

raifon

ce que l'Univers

eft

prife

,

un

de

feul tout,

démontre auiTi qu'il n'y a pas plufieurs bons principes & qu'il ne
faut reconnoitre qu'un feul Dieu.
,

feroit aifé d'en apporter plu-

rcntur plures alice demonjlraciones

II

quibiu idem efficereiur. Propofitio

fieursautresdémonftrations. Ain-

ergo de quâ agitur

fi

partis

^

,

raiione hiijus

quocumque intelligaturjm-

fu .rationi plane contraria {i) dicenda eft, ipfque Keligioni naturali inimica , impia Ct* blafphema.

la

propofition dont

il

s'agit

féconde partie, de
quelque manière qu'on l'entente , eft entièrement contraire à la
raifon {a) , oppofée à la Religion
blafphématoire.
naturellcimpie
dans cette

&

(i) Hypothejlm

Manichœam argumen-

(il)

Bajle qui a

fait tant

d'efforts

,

(19)"

La troisiïme et la quatrième propofinon où H eft
dit, » que le mot E/prit n'a au,

" cun fens pour quiconque n'a
» pas philofophé; que tous les
» peuples du monde fans excep» ter les Juifs fe font faits des
M Dieux corporels ; que les Chré,

,

•»

tiens

même

font pour la plû-

» part des Antropomorphiteâ ;
» que le Polithcifme a été la pre-

» miere Religion des hommes,

&

« l'idolâtrie leur premier culte

;

" que tout enfant qui croit en
» Dieu efl néceffairement idolâtre

» ou du moins Antropomorphite.
Ces propofitions font fauffes,
injuricufes à la bonté de Dieu.
Il n'eft ni vrai ni poflîble que
Dieu
qui eft fouverainement
bon & le père des hommes, ait

&

,

créé les premiers, &laifleaujo.urd'hui les enfans

mêmes

qui rc-

}>

Spiritûs

nuUum

j)

philofophati nonfunt

I)

mims

» dœis

,

,

omnes hoccr-

ipfosque Chrijiianos ple-

» rumque Ânir opomorph.it as ejje ;
» PoUtheifmuin primam hominum
j>

ReligionemfuiJJe £r idololatriam

nprimum

illorum cultum

;

pueros

» omnes credentes in Deum ejfe
» necsjjario idololatr af aut faltem
M Antropomorphitas «,
Propofïtiones illœ. funt falfœ ùr
divinx bonïtati injuriofx ; cum me
fit , nec poJJîbtU ut Deus
optimiis hominum parens , primas

verum

homines,&' aiamni'm omnes pueros
in ipsâ Religione Chrijiianâ injl'itiitos

,

eâ ratione condiderit ut er-

tam

des perfeélions

quotquot

ne quidem exceptis Ju-

ne, dSns un état d'erreur inévil'égard

;

,

oUm Deos fibi fecijje

,

>^poreos

fenfum

inejfe

(juem capcre valeant

rent nccejfarii

à

TrRT'T^^<iVyiRiis diciiur » voci

3>

çoivent une éducation chrétien
table

Dd

c'trcn

attrihuta
cognitu , adeo

neccjjaria

ut

non pojfint non ejji Idololatrx
Antropomorphite.

vel

efl fi néceffaire de
de manière que tous
n'ayent pu ou ne puiflent être que des idolâtres ou des Antropo
morphites.

divines, qu'il
connoître



Propojltiones

Tyt quatemis in

pour

;

établir l'hypothéfe des

Mani-

fis

à priori eridenter

chéens par des preuves prifesdes biens

namem

&

ciebat ipje

des

maux

qu'il y a dans le

convenoit volontiers qu'elle

monde
fe

,

réfu-

tirés

évidemment par des argumens
de la nature de Dieu, & il appor-

toit

lui-même des démonflr^tions de

tojt

refelli &•

ofiertdi ajferetat

BxUus

,

repug-

lièemer Êr

ej/i-

qui argumeniis à

hune hypo:hefim communire
tantojfudiocoûjrus ejl, Vrxrenfis Bjeiii
ah effedihus eà de re peiitas àemonftritionss merirà fyernit AuQor , &• unitaie

pofteriori

cette efpéce qui en montroient l'im-

tcîius unicam prixdicari intelligsniinn.
Les argumens que Bayle
jure vronuntij.!. U: quid ergj effiuiiife
>>
tiroit des effets en faveur du Maninefàre , Zyfua non referre unum unum
cliéifine, font nuls aux yeux de l'Au" 1 £/ duo , lel pluTi rerum principii
teur , puifqu'il décide avec raifon que
rtexiftanf*.
Vunitédu piut annonce une feule &• uni
çue intelligtnce. Et l'on ne conçoit pourquoi il Ce contredît ouvertement
eti difant => qu'il ne lij'ait pas , & qu'il ne lui importe point Je .fi^avoir s'il y a
v> un principe unique des chofes , ou s'il y en a plufîeurs.
poflTibilité.



C

ij

,

, ,,

Contraria funt hiftorias vtri, cum ex unâ parte certijjîmum
nouellas fuijjè omnes Paganas
-^^
Arnobium
V'de
tati

libre II,

Jliperjiitiones

atque idololatrice ini

,

(y ex altéra indubitatumjît quoque à Deo revelatam
Religionem , Religionis naturalis
lia pojje figi

-^

dogmata ù" principia cqmpUBentem unique Deo omnium Creatori

Elles (ont contraîrej à la vérité

de l'Hiftoire, étant certain d'un
côté , que toutes les fuperflitinns
du Paganifmè ont été des innovations,
que les commenGe-

&

mens

&

l'origine de

l'idolâtrie

&

de l'autre ,
peuvent fe fixer ;
que la Religion révélée , qui ren-

&

hfioricam fidem inçredëli denegare non pof-

les princiferme les dogmes
pes de la Religion naturelle ,
où l'on n'adore qu'un feul Dieu
créateur de toutes chofes, eft
a,uflî ancienne que le monde ,
prefcrit par fon antiquité contre

fum.

toutes les autres Religions.

,

confecratam

muiido cocevam

,

ejufque cultum contra

omnes

antiquitate prœfcripjîjjè

ex

,

ejfe

alijs

ut confiât

libro Genejîs cui

la Genefe , à qui
moins hiftorique.

de

lès

&

&

Ce qu'on avance

Quod in earumdempropojltionum
nempe » hanc voccm
» Spiritus , nullum hakerafenfum
» apud eos omnes qui nondumphiunâ

ajferitur

,

lofophati funt , « illud eft experientiœ &* oiferuationi contrarium
i)

Chrifiiunis

On

en trouve la preuve dans le livre
incrédules ne fçauroient refufer une foi au

& Oirifiiana Religioni

la

de plus dans
première de ces deux propo-

fçavoir, ^' que le mot
» Efprit n'a aucun fens pour qui^ conque n'a pas philofophé »
fitions

eft

un

tion

aux

injuriofurr.

,

contraire à l'obferva-

fait

& à l'expérience injurieux
Chrétiens & à la Religion
,

Chrétienne.

Etenim qui Chrifiianâ Jîde im-

nunquam philofophatifuerint ,fciunt animam à corlutifunt

pore

,

licet

eamque immortaimmaterialem ejje credunt.

d'ifiingui

km &

Deum colunt
jimum

,

,

ut Jpiritum perfeEliJ-

ah omni forma humanâ

Tous ceux que

diftinguée du
qu'elle

eft

omnis materix. Gr corporece qualitatis expertem , qui non oculis cor-

intelligence

fenjlbus

intelle5!u percipi pcjjit.

edocentur

primis

dum

fidei

Hancqiie

,

fed folo

Dogma

de cathechifmo

hoc
&"

élément is injlruuntur.

fdem

ab omnibus cxigit

Chrijtiana Religio
inlquuni foret iji

,

quod apertè

ncmo prxter

Plii-

chré-

&

croient

&

imDieu com-

me un Efprit fouverainement parcomme un Etre doué d'une

fait,

uil'is

corps,

immatérielle

mortelle. Ils adorent

aut alla quivis materiali alienum

porels aut

la foi

tienne éclaire, fçavent , avant que
d'^avoir philofophé , que Tame eft

& d'une volonté très-

n'a ni corps , ni
couleur, ni figure, ni forme hu-

parfaite

maine
lité

de

,

qui

,

aucune forme ou quamatière, qui ne peut

la

tomber fous les fens , ni être vCdes yeux du corps, mais feulement être connu par l'entendement. Les Chrétiens font inf-

,

(il)
truîts

&

de ce dogme dès l'enfance

dès qu'ils

commencent

;

à ap-

prendre le catéchifme. La Religion chrétienne exige que tous
fans exception le croient comme
une venté de foi, ce qui fcroit
înjufte, s'il falloit avoir philofophé avant que d'avoir quelque
notion exafle de ce que fignifie le

mot Efprit.

lofophos pojjet'aliquam
fit

la

dum Dium, Angelos
animam humanam fpiriius ejje

af-

eos cogitant eJJe entia

va-

finnant

,

riispartibus non conjlantia

que fimpVicia
a5liva

,

,

,

(r

adeo-

entia intelUçentia

ù" volendi awandique fa-

cuttate donata

,

qux ah omni

cor-

pore Gr ab omni materiaU concrè-

&

tement

corijecjui.

ominus

phi-

ofophie, n'énonceroient pasclai-

qua fat'u

mineSpintûsintelligant. /Itnihil

Il ell vrai

cultivé par l'étude de

,

notionem fpirauum

Rudes quidem &" iliiterati apui
Chrijlianos clarè non exprimèrent
necjatis apte txplicarmt quid no-

que les fimples,& généralement ceux d'entre
les Chrétiens dont l'efprit n'cft
f)as

,

n'expliquerolcnr pas
,
avecprécifion ce qu'ils entendent

tioné dift'mBafint. Hinc Antropomorphitarum hœrtfim quarto fx-

mais ils en ont culo natam fummo conftnfu Ecckpar laquelle fia rejeeit,
,
ils diftinguent l'efprit de tout ce
,
qui ne l'efl: pas ; &c lorsqu'ils difent que Dieu , que leS Anges
que les amcs des hommes font des efprits, ils conçoivent que ce font
des ctres qui ne font pas compofés de parties comme la matière ,

par

le

mot

Efprit

;

néanmoins une idée

que ce font des

êtres fimples

culté de vouloir

&

adifs , intelligens , à qui la. fa,
d'aimer appartient. Ils conçoivent qu'ils ne
font pas des am^s de matière , ni aucune efpèce de corps. C'cft
pourquoi , quand au quatrième fiécle , l'héréfie des Antropomorphites

fit

du bruit

,

elle fut rcjettéc

d'un confentement unanime par

toute l'Eglife.

Ce qu'on

ajoute dans l'autre

lithéifine

miers
y>

&

1

hommes

hornines

des prefçavoîr, » qu'ils

Polythcitas

fs"

pu reconnoître un feul
Dieu que quand généralifant
n'ont

,

porro in earum altéra ad

prohandum

le

idolâtrie
,

Quod

Po-

propofition, pour prouver

,

» de plus en plus leurs idées, ils ont
» été en état de remonter à une

» première c?.ufe,de réunir le fyftê» me total des êtres fous une feule
« idée & de donner un fens au
» mot fubjJancc, lequeleR au fond
,

» la plus grand.; des abftra étions

«.

C'cft une aflcrtion taufle à tout

primàm

fuifft

Idololatras additur,

hcmincs tune tantùm po» tuifjè Deum unicum agnofcere ,
» cum ideas rerum magis ac magis
n générales ejfcrmando , valuerunt
» ad unam primam caufam afjur» gère ^ fub unâ compleBi idcâ in« tegrum fyfîema entium &" no» niini fubftantiz aliquem a'.'.igare
njenfum qui rcipfa abJlraHio ejl
» omnium inax.ma «.

fcilicet,'r>

,

,

lllud ex

omni parte fiilfum

efl,

égard.
Il efc faux

qu'un

fcul

Dieu n'ait

Filfum

efi

cntm hominilus rto»

,,,,

(225
innctuijjê

unum Deum

nïfi poft

penjum lempus ad rerum

im-

mu-

ideas

gis ac magis générales efformandas

&

ajjiquendam ideamfub quâ unâ
tOLum entiiim fyjlema conjungerent. Deiis primo liominijimul atque eum creavit ac formavit ut totais generis humani effet parens
iwpertiit notitiam fui , non modà
nutiirœ ejus intelleBuali congruam.
ù" dîhitam , quod in duhium revo •
cariipfa ratio nonfinit; fed ^s" , ut
Hiforiâ facrâ &" Revelatione docemur,finifupernaturaliadquem

&

eum dejîinabat accommodatàm
rcfpondemem de quâ ipfî cura fï,

:

fuos inflituendi commiffa

lios

ejî

Êr qux ad univerfos ejus poferos
omni œvo ilUbata tranfmijja fuif
nfi culpâ fuâ, peccato (jycupi-

fet,

ditatihuspleriquehominesobccecati,
fefe Polytheifmo
mcrfîjjent

unnts

,

& îdololatriœ im-

à quo

cultu alfurdo

ad

Dei cuUuin Chrifus genus

humanum

reduxii,

ou

été

fuflent

pour

la

connu des

être

qu'après

eurent

qu'ils

employé du temps

à généràlifer

&

à
de plus en plus leurs idées ,
parvenir à réunir fous une feule
idée le fyftême total des êtres.
Dieu en même-temps qu'il créa

premier homme pour en faire
père du genre-humain , lui
donna une connoiflance de fon
Créateur, non -feulement telle
mêqu'elle étoit convenable
le

,

le

&

me due

à

un

être intelligent,

ce

dont la raifon ne nous permet
pas de douter ; mais même com-

me

l'IIifloire

&

fainte

la

Ré-

vélation nous l'apprennent, ap-

propriée

& proportionnée à la fin

furnaturelle à laquelle

Le

noit.

il

le defti-

homme

premier

eut le
d'en infiruire fes enfans ,

&

foin

cette connoiflance eut été trant


mife dans toute

fa pureté à tous
defcendans , fi dans la fuite
aveuglés volontairement par le

fes

péché
fe

pu

n'ait

hommes

&

par

les paflîons

plupart plongés dans le Polithéifme

&

,

ils

ne

l'idolâ-

&

Religion abfurde
infenfée, d'où Jefus-Chrift a rappelle
humain au culte d'un feul Dieu.
II efl faux qu'il foit difficile'
Falfum ejl dijficde efe homini ut
à l'homme de fc repréfenter fous
fui' unâ ided. toium fyjhmçt entium
trie

,

le genre

fibi reprœfmtet

mundum

efjè

,

jeu ut percipiat

totum unicum

,

cujus

panes

inter fe connexis funt. Id
cnim dijfcde dici non potejî quod
vetcrlbus omnibus caufam rerum
imefligantibus primo lo:o occurrit

quod

ex

ita

afpeElabdis

confpeElu obvium fit Cr

mundi

induhita-

fia?? , quodque Epicurei, Spinofjlx,
&" quique impiet.xtïs Aih-ijlicis fec-

iatores pro

certo poniint

phœnomeno comptrto
Vis

dum

illud fine

,

fr pro

habent,qi'.am-

Deo

pojf'e

effe

une feule idée le fyflêm.e total
des êtres, ou, ce qui revient
au même, d'appercevoir que le
monde eil un feul tout dont les
parties font liées entr'elles.

On

ne peut pas appeller difficile, le
premierpasqu'ont t?ittouslesanciens,qui, lorlquc l'idolâtrie regnoit déjà fur
tière
la

,

la terre

prefque en-

commencé à rechercher
du monde on ne peut ap-

ont

cîufe

;

une idée , qui naît
naturellement en tous ceux qui
peller difficile

(25)
font attantion au fpeftacle de la

conterJunt

& qui eft la fuite d'une obfervation
indubinaturelle &

plicentur

nature,

fi

fi

,

ad

(s"

,

contradiElionei

inde

maxime

im-

convil-

latur Aihûfmiis.

table, que les Epicuriens, lesSpi-

& tous ceux qui ont fait profedlon d'Athtifee

nofifies

,

comme

certaine

une idée

:

,

dont

l'objet

la

,

regardent

fçavoir l'unité de tout dans

,

&

alfuré dont ils ne doutent
un phénomène fenfible
fond
tenter
le
de faire voir que ce
pas quoiqu'ils ne puiffent dans
phénomène peut être fans que Dieu exifie , qu'ils ne s'embarraflent
dans des contradldions manifefies ; ce qui fait une des preuves des
plus palpables de la faulfeté de l'Athéifme.
Il efi donc faux qu'il foit fi
Falfum eft i^itur arduum ejjé
homini ut ad notitiam Dci unius
difficile à l'homme de parvenir à
perviniat ; Ji quidem ab illâ ided
la connoiflance d'un feul Dieu
Car de cette idée , qu'il eft fi na- unicuique obvia , newpe mundum
ej/e totum unicum ica ordinaium
turel à l'homme de fe former ,
&" conftitututn, ut omnes ejui partes
fçavoir que l'univers eft un tout
unique , ordonné
confpirent ad unicum finem mmétabli de mape ad totius perennem ù'Jîbifcm-'
nière que toutes fes parties concourent à une même fin qui eft pcr conjîamcm jluxicm , hommi
le cours perpétuel
uniforme de attendenti uuicuique proclive eft ad
unicam muhdi caufam quœ Deus
ce tout; il eft très-naturel auflî

l'univers

,

efl:

,

&

,

,

&

,

que tout homme

attentif s'élève

[it,Qvelii?3'

ajjurgen. P%f.tcrea vert>

à la connoiflance d'une caufe uni-

obfervatione cunjlat

que

,

niius innatam

feul

Dieu. D'ailleurs

tant

,

qui n'tft autre chofe qu'un
il

par l'obfervation

eft
,

conf-

que

la

de connoître un feul Dieu
innée à l'homme; c'eft pour-

facilité
eft

quoi,

cette vérité eft propofée

fi

convenablement

un

à

fauvage

même,

nouiTifeul dans les forêts,

pourvu

qu'il veuille fe rendre at-

tentif

&

réfléchir

tout de fuite
culte.

,

il

la

recevra

& fans aucune

diffi-

Nous dirons même tout-à

cog-

nofcendi unius Dei, icautft cuique

homini etiam in filvis enutrito ca
, modà auditor eljé velu , Gr paululum reflecveritas apte prcponatur

tere

is

,

ejufmodi cognitione Jiatim

imbuatur.

hnà

verà

,

ut fhodb di-

ah omni culpâ idem eximendus non eft, quid antcquam hocemus

,

minem magiftrum
in naturas libre

aperto

l'heure qu'il n'eft pas entièrement

ommbus homi-

e/fe facilita tem

gerit

,

aidierit

omnium

ut AuEior loquitur

Deum

colendum

,

,

ipje

oculis

non k'

exiftere.

excufable de ce qu'avant d'avoir
entendu les enfeigncmens d'un autre hdlnme fur ce point, il n'a
ViM-çzcia-îrc-l
pas eu foin
comme parle l'Auteur même , de lire dans le livre propof. XIX.'
de la nature, ouvert à tous les yeux, que Dieu cxifte , &: qu'on doit
,

l'adorer.

Nous
ici

ne voulons pas répéter

ce que nous avons déjà dit

,

TJlc

diSum

nolumus repeterc
eft f

,

quodjam

nempe utramque

illanv

,,

(h)
pi-opoJîtiorumfUt&prxcedentesPoIjtheifmo , Idololatrix , ipfique im-

Sed

pietati Atkeijlicœ patrocinari.

ultimum ohfervare in-

circct illud

tereji

,

primus homo non cogno'

fi

cit

,

Deum,

Auâorfciffeqia mcejjario hune hominem

verit uniim

uti

à Deo formatum non

ejjé

;

adeo

que ces deux propofitions, aînfi
que les précédentes, favorifenc
Polithéifme,

le

même

l'Idolâtrie,

&

l'Athéifine; mais à l'égard

de cette dernière note , il eu important de remarquer que fi le
premier homme n'a pas connu un
feul Dieu , comme l'Auteur l'enfaut qu'il n'ait pas été

que fore admittendam abfurdam

feigne

Atheomm

immédiatement créé ou formé par

hypothefim de progrejjà
in bifinitum ù" fine causa, gène
rationum omnium hinnanarum, ac

proinde aliarum quarumlibet ; vel
de formatls fuo tempore tum ho-

mimbus

tum animamibus ex limo

,

lui;

&

il

,

qu'ainfi

il

feroit néceflaire

d'admettre b fuppofition abfurde
des Athées fur le progrès à l'infini
fans caufe, de toutes les
générations des hommes,
par-

&

&

conféquent de toutes les autres
ou fur la formation des premiers
ut hac ipfa fin or'igo facultatis
hommes
des premiers animaux
etiam cogitandi quâ homo donatur,
&* qu.v unus efi ex fcopulis ad quoi
qu'on prétendroit produits dans
le temps, du limon de la terre
alLidunt &" conjringuntur omnia.
échauffée par le loleil ; de maAtheorum fyftemata,
nière que ce feroit là l'origine de
l'homme
faculté de penfcr qui eft
qu'a
la faculté ^jpême de penfer
fyflêmes
fyi
bniènt
tous
des Athées.

fc
les
écueil*;
un des
QuiNT.4 , quâ ajjerhur » creLa CINQUIEME, oùl'Auteur
n dere in Deum pluribus impojfi- affiire » qu'il eft des hommes qui
^ feront fauves à qui il n'eft pas
jj bile effè ; hominem infylvii enu-

terrxfi}lis ardoribus calefaBo

,

ita

&

.

,

X

tritiim

3)

pervemjfet fiine ullâ

qui

ad fieneSam

ufque

Dci cognivfione Dei pri-

» tione non ideo
« vandiâh , quia ignorantia ejus
» involuntaria foret ut pote quod
,

,

»)

impojjîbde

n

nie cogitationes fuas

33 veri

ejje

dcmonfirctur ut
ufque

Dei cegnitionem evehat

ad
œ.

ï>

poffible

de croire en Dieu

;

» qu'un homme élevé dans les fo» rets qui feroit parvenu jufqu'à
,

» la vieillelfe fans croire en

Dieu

M ne fera pas pour cela privé de fa
" préfence dans l'autre vie, parce
» que fon aveuglement n'a pas été
=0 volontaire ,
qu'il eft d'une

&

» impoffibilité démontrée, qu'un

» pareil
«>

pût jamais élever

fauvage

noiflance du vrai

Dieu

Efi contraria doBrinx Chrif-.
tianx , quatenus peccatum originale negat , ù" rcfpuit fidei in

Deum

,

baptifnatis Gr charitatis

neceffitatem

Çhrifius

,

quamtoties prédicat

Dommus

fes réflexions jufqu'à

la

con-

".

qui ex ipfo noyo

Cette propofition

eft

contraire

à la dodrine chrétienne

,

en tant

&
&

qu'on y nie le péché originel ,
qu'on y rejette la foi en Dieu,
de la
la néceflîté du Baptême
charité , fi fouvent inculquée par

&

Jcfus-Chrift

,,

(275

»

donné aux hommes
donnant la confciencc

qu'il a déjà

^ en leur
» pour aimer le bien
la raifon
» pour le connoîrre
la liberté
'= pour le choifir
; & qu'enfin de» mander à Diea de changer ma
» volonté , c'efl lui demander ce
,

,

-o

me demande &: vouloir
mon œuvre, &c que

qu'il

,

» qu'il

»

Cettte propofition

au fens moral

hommes

,

efl:

r>

,

« excqualur : volo ut ipfe opus
» meum peragat ex quo mercedem

»

confequar ».

»<•

à tous

leurs prières,

être préfervés des

Hitc propofnio contraria eft imhominibus

contraire

commun

,

qui leur infpire d'à-

Dieu

drefler à

maux

pour

par

fa

&

providence,
pour attirer fur
eux Tes bienfaits ;
qui efl fi fort

&

&

tereafi pojîulem à Deo ut voluntatemmcam convertat abeopof» tulo ut quod à me pojlulat ipfe

»

fafl'e

j'en reçoive le falaire

les

« tiendo confcîentiam j rat'ionem
n ù" liùertatem. Juxta quant prœ-

pulfui morali omnibus

communi, quo adprecandum Deum
ut mala à nobis provide avertat
&" bona nobis

monemur

largiatur univerfi

unde nulla Religio in
viguerit
quâ non
fclemnis orandi
',

praxis Gr apud omnes populos ufieu de Religion où l'ufage des tatisfinguUs Dei invocatioms privat<v , fpeàntim vcrh ilLv in quas
prieres publiques &s folemnelles
liominesvariis affliSi miferiis [ponn'ait été en vigueur ; point de
te &" fubito erumpunt , ad quas
peuples où les invocations particulières n'aient eu lieu
& où attcndens Teriullianus exclamât
teftimonium animx naturaliter
l'on ne remarque fpécialement
Chrifliance.
celles qui partent fubitement du
fond du cœur fur-tout dans les
maux de cette vie, & que TertuUien appelloit le témoignage cTune
fi

univerfel

,'

qu'il n'y a jamais

:

,

O

,

ame

naturellement Chrétienne.

Elle

efl:

contraire à la raifon

qui approuve

&

,

prcfcrit à l'hom-

me

de cultiver cette impreflîon
naturelle qui le porte à rcconnoître paria prière le fouverain do-

maine de Dieu
fentir

,

fur lui

,

& lui

fait

lorfqu'il réfléchit fur fa

EJî contraria rationi , quâ approbatur Gr excolitur irnpulfus ille
homini naturalis , quo quifque ad

fupremum
precibus

optimi dominium

'Dei

a^nofcendum inclinatur

,

infuam injlrmitatem rcfeBens
fe auxilio Dei non modo indi-^^um
Cr

cju'il n'a pas feulement
,
befoin du fccours de Dieu , mais
de plus qu'il en el> indigne ,

experitur , fed ù" indignumfentit,
&* meritb privandum , fi fupplica-

mérite d'en être privé
fi
par
orgueil , il rcTufe de le foUiciter
par d'infiantes prières.

renuat.

foibleffe

&

,

,

Elle tend à étouffer les princi-

paux fentimens que nous devons
a Dieu, ceux de reconnoiflance

tionibus illud

/Jpta

ejl

puos erga

accerfere fupcrbicns

ad pr^tfocandos pr^ci-

Dcum

ajjidus

dinem pro quotidianis

D

ij

,

grutitu-

henejîciis

(28)
jitHidovum d'mnorum falutarem û-

morem

in ejus ope jiduciam

,

emnes fovet

intendit

is"

,

quos

rdigiofa

orandi praxis.

pour les bienfaits dont il noL"*
comble chaque jour, ceux d'une
crainte falutaire de fes jugemens,
ceux de confiance en fa protection ; fentimens que nourrit
qu'augmente en- nous la pratique

&

religieufe de la prière.

Gratiiz dlvinx ad illujîrandas

menus Gf

inclinandas liominiim
voluntates utilhatem &" necejjîta-

tem temerè Cr fpretâ revdanonis
autoritdte negat , Gr niliii nijî vanijjimum tumorem &' fucrilegain

Elle nie

téiv.érairement

contre l'autorité de
tion
la

l'utilité

,

&

la

la

néceffité de

grâce pour éclairer

l'homme

&

,

&

,

révéla-

l'efprit

de

porter la volonté

au bien. Elle n'infpire qu'une
vaine enflure
un orgueil facri-

&

Juperbiam infpirat.

lége,

Eft indigna viro Philofopho
eji

ne/cire

&

omnem

citra

nii\unii'erfi

,

,

perturhationemoràiimô plcrumque citra

omne miraculum

,

pojjît

fummus

provifar exaudire preces convenien-

ad
;
blafphemare quod ignorât , &"
inde colligere Deum non ejje oranter

fe dircclas

dum

oui

;

etiam

cid turpais cfi

tin-pe efi in inira-

cidorum pojjîbilnatem , qu.e
tîjjîina

ejî

D eus

cum

,

ei

iden-

liber

fit

,

fapiemijfunus &" omnipotens blaterare i quemfummè dedecet precan-

dipraxim tam conjlantem cr tanti
momenti vellicare ludendo miferè
in aquivoco , nempe cum ait » Nos
» cum poftulamus à Deo ut volun:

M taiem

ejus faciamus, pojîulare

3>

ipfo ut idfaciat quod pojlulat

3)

nohisficri

,

ah

à

Gr velle ut opus nof-

" trum peragat
» confequamur «

,

ex quo mercedem
;

tandem

cui

tur-

pe eJî fummam convenientiam ,
utilhatem ijy aquitatem non perfpicere iilius

g«am

»!

legis

ordinis

Evangelio

moralis

Clirijîus

Elle

,

à Deo in rerum
unirerfitate morale ù" phyficum
conncxa ut
ita elje compofita
oui tiirpe

nos

indigne d'un Philofo-

efi:

pour qui il efi honteux d'ignorer que Dieu a mis dans l'Univers une telle liaiibn entre le phyfique
le moral , que fans troubler Tordre qu'il y a établi,
même ordinairement fans aucun

phe

,

&

&

miracle , il peut , felan les loix
de fa providence fouveraine ,
exaucer les prières qu'on lui

conforme à

adrefle d'une manière

ce que l'inftinél moral

&

,

la raifon

Religion prefcrivent ; pour
qui il eft plus honteux encore de
la

blafphémer contre ce qu'il ignore

,

pour conclure qu'on ne doit pas
prier Dieu ; pour qui il n'eft pas
moins honteux de parler fans raifon contre les miracles , de les
comme impoflibles ,

repréfenter

quoique leur
dente

:

tout ordonné

ment

poflîbilité Toit

Dieu qui

libre

,

,

évi-

a tout créé

&

étant fouveraine-

fage

&

puiilant

;

&:

d'attaquer par des jeux de mots

&

de miférables équivoques une

&

pratique audî établie
portante que celle de

la

aufli

im-

prière

,

en difant que » demander à Dieu

(2 5)
injlitutore tarquam vir fanSllJfiJefus-Chrifl, Notre -Seigneur,
nius , imo tanquam Dcus colendus Tom.III.p. 177.
néanmoins
appelle
l'Auteur
que

un
un Dieu.
ailleurs

homme

trcs-faint 8c

ejl

R atimis

Elle afFoiblit malignement les
forces de la raifon

hommes

les

,

en niant que

puiffent s'élever à la

connoiflance de Dieu par la contemplation de l'univers , tandis
qu'au contraire

il

efl très-aifé

&

naturel que la notion de l'Etre

liiprême& de
fe

dans

qui

fa

l'cfprit

providence naifde tout homme

réfléchit fur lui -

même

,

&

vires prcepojîière exté-

nuât , negando homines ad Dei
cognitionem ex orbis contemplatione pojjè ajfitrgere

:

cum

in

mente

^

hominis ai fc
ad créatures attendentis , fupremi numinis ejufque
providenticc notio facile

adniodum

Qr fpome fuâ exoriatur,

qui confidere

le

fpedacle de

la

nr.ture.

Elle décelé un Auteur qui con-

ouvertement

tredit

&

fans pu-

deur ce qu'il dit en un autre endroit, ï^n effet, dans la propolîtion XIX que nous cehfurerons
ci-après , il dit avec confiance
que » la nature eft un livre ou» vert à tous les yeux où chaD cun peut apprendre à fervir
» à adorer Dieu
que l'homme
» né dans une ifle déferte, ne fe» roit pas excufable de n'y pas
» lire
parce qu'il parle à tous
«les hommes une langue intelliX gible à tous les cfprits ».
,

&

:

,

V

AuElorem prodit à quo apertè
Gr fine pudore contradicuntur qux
alibi dixerat.
Etenim propofttione

XIX

infra reftrendâ conjï-

» naturam

denter docet

»
n
n
»

ejje

librum

omnium ocuUs aperuim
in eâ
unumquemque difcere pojje quomodo Deus colendus fit Gr ado,

randus ; neminem etiam in innfulâ dcfertâ degentem excufan>3
yj

dum

,

fi in eo Itbro

pote quod

illius

non Icgatut

dccirina obvia

nfit omniumque intelleHui acco» modata.

I.

providence ) ne l'empêche pas ( l'homme ) de le faire
que de la part d'un être (i foible le mal foit nul à
)
fes yeux
foit qu'elle ne pût l'empêcher fans gêner fa liberté
foir© un mal plus grand en dégi-adant fa nature.
Elle

( le

( la

mal

Ibit

&

,

CENSURE.
Cette propofition diminue la
l'étendue de la providence de Dieu, qui fi,-ait tout, qui
pcut tout,
qui eft auïïi jufle
force

&

&

CENSURA.
Hivc propofitio Dci omnifeii &•

omnipotcntii optimi fimui £r jujU
proridentix injuriosc detrahit.

bium

injicit

Du-

tcmeramimjege etiam

D

^^^

jj,
"

^'
*

(26)
que miféricordieux. Elle eft injurieufe à Dieu. Elle infpiTe un

naturah, vetilum fenfui mardi Qr
radoni oppofitum , de Dei fanai-

amofe quo Deiu ordi^

tate, feu. de

nem immutabilem

doute téméraire, défendu par

profequitur &"

odio quo peccatum averfatur adeoque de prœcipuâ ac fcepe unicâratione

&

Laxat

muable
péché ,

Loi

la

friena vitiis

,

,

,

&

la

contraire

& la raifon

fur la

,

Dieu ou l'amour qu'il
,

a néceffairement

excitantur.

fouvent l'unique raifon

l'obfervance de

efl fir

fainteté de

quâ hornines ad ohfervandam

principale

naturelle

au fens moral

,

hgem naturaiem

même

loi

pour l'ordre im-

& la haine qu'il a du
& par conféquent fur la

qui

porte

les

hommes

à

naturelle.

Elle favorife les vices

blafphema.

impia.

blafphématoire

,

elle eft

& impie.

VII.
Tom.in.p.
llé^ 127.

Je médite

lij,

Auteur qui

fur

l'ordre

de l'Univers ..... pour adorer

s'y fait fentir;

je

le

m'attendris à fes bienfaits

,

fage
je

le

mais je ne le prie pas. Que lui demanderois-je ?
Qu'il changeât pour moi Te cours des chofes , qu'il fit des miracles en ma faveur ? Moi qui dois aimer par deflus tout, l'ordre
établi par fa fageife
maintenu par fa providence , voudiois-je
que cet ordre fut troublé pour moi ? Non , ce vœu téméraire
mériteroit d'être puni plutôt qu'exaucé. Je ne lui demande pas
non plus le pouvoir de bien faire ; pourquoi lui demander ce qu'il
m'a donné ? Ne m'a-t-il pas donné la confcience pour aimer le
bien , la raifon pour le connoître , la liberté pour le choifir?....
Lui demander de changer ma Volonté , c'eft lui demander ce qu'il
me demiande ; c'eft vouloir qu'il faffe mon oeuvre
que j'en re~

bénis de fes dons

;

&

&

cueille le falaire.

CENSURE.

CENSURA.
Mxc
y>

juxta quant
,
orandus quia nihil

ejl

quod fit ah eo pecendum ,
quipp^ cum non poffît nifi temere

y> efl
î>

» ah

eo pojhdari ut miraculis

im-

» mutet aut perturbet rerum ordi» nem quem fapienter inflituit &"


Cette propofition

propofltio

Deus non

providè confervat

,

neque etiam

» ab illo iiceat pofcere potefîatem
» bene operandt quant jam ipfe
» hominibus contulit , eis impa-

quelle

B on ne

doit

,

félon la-

pas prier

» Dieu
parce qu'il n'y a rien
y qu'on puifle lui demander, .que
» ce feroit un vœu téméraire de
M lui demander qu'il changeât, ou
» qu'il troublât par des miracles
,

» l'ordre établi par fa fageffe

&

maintenu par fa providence ;
» qu'il n'tû pas permis de lui dc» mander le pouvoir de bien faire,
35

,

(3i)
y>facere quidquam vaknti j puniri
que c'efl que d'être en faute
»
que dépourvus de toute mo- » aiit redargui dtgnum ; quibusj}a~
V tuitur adolescentes anno cetath
r> ralité dans leurs aétions , ils ne
» peuvent rien faire qui mérite rtfucs decimo qumto nondum ejjé



,

&

» ni châtiment ni récompenfe ;
» où l'on prétend que les enfans
» à quinze ans ne font pas encore

&

» capables de connoître Dieu,
V qu'il ne faut pas leur en par» 1er; que, quand ils ont atteint
» 1 âge de dix-huit ans , il n'eft
«peut-être pas encore temps de
» leur apprendre qu'ils ont une
» ame ; que le Phitolophe qui ne
3» croit pas en Dieu a tort
parj» ce
qu'il ufe mal de la raifon
,

mais quel'eny> fant
qui profefîe la Religion
» chrétienne, ne croit rien ; qu'on


»
»
»
»
"
»

qu'il a cultivée;

jo

»

tioni

Dei

acquirendcc

idoneos

cogni-

adeoque eofdem non

,

ejje

de

» eâ trudiendos ; expedireforfan ut
» cùm annum decimum oclavum
ajjecuti funt , nondum fciant fe
» anima donari ; Pkilojophum qui

»

» in
y>

Deum

eJJé,

» cidtâ ,
7^

non

crédit

in cu'.pâ

,

quia maie utitur rationc exniJui vero credi

ab infante

ReUgionem prO'
ejje metuendum ne

qui Chrijîianam

^^Jitetur

vjidci

non,

;

Deum

in

deftEîus fuluti

» aterncE ejujmodi adolejccntum
y>

è

vita exeant

» mus

,

cum

,

Au£lor

inquit

,

ohfii

,

, fc
tenea-

omnes

in-

pas craindre que le
défaut de croire en Dieu puiffc
nuire au lalut des entans , en
cas qu'ils viennent à mourir,

^ famés qui
» moriuniur

puifque nul enfant mort avant

» infantihus fufcepto Baptifmo de» cedentihus , cum gtneratim quif-

ne

doit

l'âge de

.

raifon

ne fera privé

du bonheur éternel , que les
» Catholiques croyent la même
» chofe de tous les enfans qui
» meurent après leur Baptême
y>

» fans avoir jamais entendu par» 1er dj Dieu &: que générale,

» ment quand l'efprit humain ,
» comme dans l'enfance & dans
» la démence eft incapable des
,

»

nam

ance

bcatitudmem

,

n iholicos id

y^

quis

»

ctfî

»

Deum

ut infantes

,

inhabilis

l'on ajoute qu'au rcfle

;

démentes

poffit fine jide in

,

y>

,

Deum

ajfertionem

ad Jidem

nihil con-

ftd meram efje hiflorix
» naturalis obfervationem ; ideas
x>

tingcre

,

aternitatis , omnipo,
uno verbo, attributorum
» divinorum à pauclffimis habeii

r>

creationis

•o

tentix

,

»

» où

&

ad cognofcendum

^fdlvari; atterum hanc Auâloris

» nihd omnino

Dieu

ceter-

cum juxta Ca,
verum fit de omnibus



,

rationis

confequi

«opérations néceffaires pour re» connoître la divinité l'on peut
être fauve fans croire en

ufum

in illis à populo conneque apprehendi pojj'e à
"juvenibus a.
cipi

,

dans
?> cette aifertion
il ne s'agit cas
31 d'un article de foi, mais d'une fimple obfervation
d'hifloirc
oirc nasturelle,
que les idées de création, d'éternité, de toute-puid;...,,,
pui (lance.
» que celles des attributs divitis, peuvent être apperçues de peu
,

,

&



d'hommes

,

auffi

confufes qu'elles le font , que le peuple n'y conqu'à plus farte raifon elles ne fe préfenteron:
,

» çoit rien du tout

,

,

(3^)
Si

pas à de jeunes efprîts

}}

inftruire «.

Ha

quelque foin qu'on pulfle avoir de

,

propofttiones fitnt falfx

inauditcz

,

contraria

•Gr injlitutis

nem puerorum &"
ducunt abnormm

injlinuio-

,

adolefcentum in-

hominis natwiz

,

Ces propofitions font

,

omnium fapientum praxi

&

Elles

préfentent au leéteur un
plan d'éducation bifarre
monf-

&

trueux

de l'ame

,

&* focordii fere torpefcant
mc:j[ejît in boni privati &" pu-

cultivées

,

rcpugnantem

fini

,

incultii

hlici

umporaUs

,

trimentum

Cr fpir'nuaUs defoli belluce &*

demiun

:

accommodam

fenfihus

decoram &" nocivam

homini in-

,

quem

;

,

pojl-

habitis ipsâ

omnium feculorum ex-

periemiù

totiufque

,

feu profanœ tejtimonio

facrff-

fsu

hijlorice

po-

,

tardum ad expericndum
fenfum moralem , ad rationis ufum ,
adipfummet Deiimcognofccndum,
ut exceptis Pkilofcphis quorum ranit

ita

tio

exculta

eji

Deum

,

&

qui peccant

non crcdunt

eff'c

quam
Dco ipfo

,

fi

CiEtcri

nihd

tain juvenes

populus

fimnino de

concipiant.

,

fauffes,

inouïes, contraires aux préceptes
à la pratique de tous les fages.

animi huma
ni facuhates excoli indigas , tamdiu omnino negUgentem , ut longo
Cr

leî

fin

,

oppofé

de l'homme

à la nature
,



& à la

les facultés

qui ont befoin d'être

fi long-tems
en aucune manière ,
que , faute de culture
d'exercice, elles en deviendroientprefque Incapables: ce qui feroit trèsfunefte au bien public
particu-

refteroient

fans l'être

&

&

&

dans l'ordre politique
dans
celui de la Pveligion. Ce plan
d'éducation , jufqu'à l'âge de dix-

lier,

n'auroit pour objet

que
que ce que
l'homme a de commun avec les
animaux, à qui feul il convienhuit ans

,

le corps

,

que

les fei:s

,

droit- Il dégraderoit
lui feroiî pernicieux.

à ce qui eft conftaté

l'homme &
Sans égard

même

par

&

l'expérience de tous les fiécles

par l'autorité de l'Hiftoire facrée
.& profane , l'homme y efl; fuppofé fi tardif à éprouver le fens moral
à faire ulàge de fa raifon , à avoir même la connoiflance de Dieu,
c^xiz, félon ces propofitions, excepté les Philofophes, qui ont tort
s'ils

ne croient pas en Dieu, le refte du genre humain , les jeunes
le peuple ne conçoivent rien du tout dans l'idée de Dieu

jefprits

&

&

de fes attributs.
Sunt maxime irrcligiofx

furdx
nis.^

,

(juatcnus in

iis

va-

fultiUtatibus fuadere conatur

éxpedire ut

,

ante

annum decimum

quintum aut etiam decimum
vu7n

& ab-

AuBor

,

adolefcens

anima fuâ

nihil

cjufque fine

cela-,

difcat

de

neque de

,

Elles font pleines d'irréligion
foit dans ce que
l'Auteur, par de vaines fubtilirés prétend établir, fçavoir qu'à
l'àgc de quinze &c même dix-huit
il n'efl; peut-être pas encore
ans
tems qu'un. enfant fçache s'il a

Se d'abfurdités

,

,

,

cjufmûdiinftitutioneminhabilisefl,

une amc quelle eft fa fin
comment
a un Dieu.

folliue Fhihfophi p''Junt aliqucm

l'honorer; foit dans

Peo

Sr

ipfi

dabito cultu

,

quia ad

,

&

s'il

,

il

y

faut

la raifon qu'il
Cil

s

*

di3ft;^e

qu'il

volonté,
nous

notre

«c'eftlui demander

docuit his-ce verhis expreffam

,

-çt-^

tite 5i Eccipietis.

ce qu'il

M demande ; c'efl: vouloir qu'il
» fafle notre œuvre
que nous en recueillions le falaire « ; pour
qui enfin il efl: honteux de ne pas appercevoir les rapports juftes,
l'utilité & l'équité de cette loi de l'ordre moral , que Jefus-fthrifl:
nous a enfeignée dans fon Evangile
qu'il a exprimée par ces
,

&

&

,

paroles

:

Elle

Demande^

6' pous rccevre^.

contraire à la loi na-

eft

&à

Chrétienne, qui
l'une& l'autre reccommandent(?c
ordonnent la pratique de prier
Dieu foit en public, foiten parturelle

la loi

mè commendatur
praxis

Deum

naturali

contraria legi

Efî

lexique Chrijliaricc

,

quibus

,

maxi-

Sr pnfcribitur

feu privatim feu publiée

,

deprecandi,

ciculier.

Elle
eft

pleine d'orgueil

efl

blafphématoire

,

clic

& impie.

Efî plena ftpetbia
(f impia,

VIII.
Emile n'apprendra Jamais

rien par

,

blafphema,



Tom. I.

cœur,

p,

17^;

I X.

Ne
cœur

leur

faites

(

aux jeunes filles ) jamais rien apprendre par
( à la Religion ) , pas même les prières.-

j

'

jy

qui s'y rapporte

'


Si l'on ne doit rien exiger des enfans par obéiflance
qu'ils ne

peuvent rien apprendre dont
aduelj foit d'agrément, foit d'utilité,

ils

,

il

s'enfuit

Tom.

I.

p.

ig^#

Tom.

I. p.

log,

ne fentent l'avantage

XI
Ne donnez à votre Elève aucune efpéce de leçon verbale , il
n'en doit recevoir que de l'expérience ; ne lui infligez aucune
efpéce de chânment , car il ne fçait c« que c'efl que d'être en
faute

ne

jamais demander pardon , car il ne fçauroit vous
toute moralité dans fes aélions, il ne peut
rien faire qui foit moralement mal , &: qui mérite ni cliàtiment ni
réprimande.
;

ollènfer.

lui faites

Dépourvu de

XII.
Je prévois combien de Lcéleurs feront furpris de

me

voir fuivre Tom,

II. p.

;4f.

mon Elève , fans lui parler de ReligîonJ
ne fçavoit pas s'il avoir une ame , %c peut-être
à dix-huit n'efl-il pas encore temps qu'il l'apprenne ; car, s'il l'apprend plutôt qu'il ne faut , il court rifque de ne le fçavoir jamais....
Le Philofophe qui ne croit pas ( en Dieu ) a tort , parce qu'il ulè
tout le premier Sge ic

A
Ibid, pag. 35:0.

quinze ans

mal«de

la

il-

,

raifon qu'il a cultivée,

les vérités qu'il rejette.

Ibid. pag. 351.

,

Mais

&

l'enfant

qu'il eft

en état d'entendre

qui profeffe la Religion

,

Chrétienne, que croit-il? .... Nous tenons que nul enfant mort
avant l'âge de raifon , ne fera privé du bonheur éternel ; les Catholiques croient la même chofe de tous les enfans qui ont reçu le
baptême, quoiqu'ils n'ayent jamais entendu parler de Dieu. Il y a
ces
donc des cas où l'on peut être fauve (lins croire en Dieu ,
quand l'efcas ont lieu foit dans l'enfance , foit dans la démence
prit humain efl incapable des opérations néceflaires pour reconnoître la divinité. Toute la différence que je vois entre vous

&

,

&

moi

eft

,

capacité
tort

ou

,

que vous prétendez que les enfans ont à fept ans cette
& que je ne la leur accorde pas même à quinze. Que j'aie

raifon

ne s'agit pas

il

,

ici

d'un article de foi

fimple obfervation d'hiftoire naturelle.

,

mais d'une

,

XIII.
Tom.III.p. 34^.

Les idées de création , d'annihilation, d'ubiquité, d'éternité, de
toute-puiffancc

appartient à

fi

celles des

,

attributs divins, toutes ces idées

peu d'hommes de voir

qu'elles le font

&

,

du tout, comment

••)

Hx propojïtiones

quihus cautum

n ne piteri aut puellx quidquam
i) prafertim ad Keliglomm pertipreces

memonter

aut ab Us quidquam vi

» difcant
M obedimtice exigatur ; qâK ve» tant ne difcipulo ullum tradatur
» vivâ l'oce documentum , ulla-ve
» infligatur pœna ^ aut petendce
n l'eniœ imponatur ohligatio ut
« pote ante cetatem adultam plane
» ignoranti omnem honejli &" tur,

,

» pis,jujli

peuple

,

parce
à

fe préfenteront-elles ....

CENSURE.

eft

ullas-ve

qu'il

obfcures



CENSURA.

nens

&

le

aufîi

?

'i:'

»

confufes

qui n'ont rien d'obfcur pour

qu'il n'y conçoit rien

de jeunes efpritj

auflî

Çr iniqui rationem

,

nec

Ces propofitions , où l'on défend de » faire jamais rien appren» dre par cœur aux enfans de l'un
»
de l'autre fexe, rien fur-tout

&

» de ce qui fe rapporte à la Re» ligion , pas même les prières;
» où l'on prefcrit de ne jamais
» rien exiger d'eux par obéilTan» ce , de ne leur donner aucune
de
" efpù'ce de leçon verbale
» ne leur infliger aucune efpèce
,

&

» de châtiment , parce qu'avant
y l'adolcfcence , ils ne fçavent ce

,

ctt'apporte,

(33^
Del attrîhutorum

& qui cotifide à dire

ideam;

cortfequi

qu'un jeune homme à cet âge , in quâfeu juvenes feu popului nihH
n'eu pas encore capable d'appren- omnino concipere valent ; ex quibus
dre ces ventés, qu'il n'y a que fequeretur nanmem inter homines
ut irreligiofi tpfi obferLiccc homo
les Philofophes qui puiflent avoir
varunt, Religionifit natus ejje ad
de fes
quelque idée de Dieu
Keligionem aptum prœter Pliilofoperfeélions
que les enfans
phos eofque paucijjimos.
le peuple n'y conçoivent rien du
tout. D'où il fuivroit que, quoii^ue l'homme foit né pour la Religion , ainfi que l'ont obfervé les
plus irréligieux cependant perbnne n'y feroit propre , fi ce n'eftles
Philofophes dont le nombre eft très-petit.
ExpenenticEb" ohfervationi,raElles font contraires à l'expé,

,

&

,

,

&

&

,

,

TÎence

fon

,

& à l'obfervation

,

à

Religiom naturali

& revelîu

la rai-

tioni

.

&à

tioni

àivinœ adverfantur,

à la Religion naturelle

la révélation divine.

Elles font voir un homme qui
aime à fe diftinguer par les parales plus
doxes les plus outrés

&

OJlendunt hominem in pravijjl-'
mis Gr infulfts paradoxis gloriartr.
tem,

dangereux.

XIV.
entrons enfin dans l'ordre moral ( à quinze ou feize ans : )
faire un fécond pas d'homme. Si c'en étoit ici le
que tout le droit de la nature n'eft
lieu, .... je ferois voir
qu'une chimère , s'il n'eft fondé fur un befoin naturel au cœur

Nous

nous venons de

Tom.

&

II. p.

if4.

humain.
d'agir avec autrui comme nous voudrions
nous
n'a de vrai fondement que la confcience
qu'on agît avec
eft
fentiment
car

la raifon précife d'agir étant moi-même
Je
;
comme fi j'étois un autre, fur-tout quand je fuis moralement fur
que je ne dois jamais me trouver dans le même cas ; & qui me
répondra qu'en fuivant fidèlement cette maxime , j'obtiendrai qu'on
Mais quand la force d'une ame
la fuive de même avec moi
expanfive m'identifie avec mon femblable,
que je me fens pour
ainfi dire en lui , c'efi pour ne pas foufïrir que je ne veux pas
qu'il fouflrc ; je m'intérefle à lui pour l'amour de moi ,
la raifon du précepte cfl: dans Tamour de la nature elle-même qui m'irtfpire le defir de mon bien être en quelque lieu que je me fente
exifier. D'où je conclus qu'il n'efi pas vrai que les préceptes de
la Loi naturelle foient fondés fur la raifon feule ; ils ont une bafe
plus fiirc. L'amour des hommes , dérivé de l'amour
plus folide

Le

précepte

même

&

,

&

&

,

&

£

pjg. ^^^^
dans la note,

igj;

To;ncîr.

p. Ï13.

de

foi

la

morale

,

Le fommaîre

principe de la Juflice humaine.

eft le

donné dans l'Évangile par

eft

de toute

celui de la Loi.

Puifque de toutes les averfions que nous donne la nature, la
eft celle de mourir , il s'enfuit que tout eft permis pour
elle à quiconque n'a nul autre moyen poflîble pour vivre. Les
principes fur lefquels l'homme vertueux apprend à méprifer fa vie
à l'immoler à fon devoir , font bien loin de cette funplicitc
plus forte

&

primitive.

X V
Tom. II.

dans la

ncte de la page

^^l"

^

L-

&

Un foufflet
un démenti reçu & enduré ont des effets civilsque nulle fageffe ne peut prévenir, & donr nul Tribunal ne peut
venger l'offenfe. L'infuffifance des Loix lui rend donc en cela fon
indépendance ; il eft alors feul magiftrat , feul juge entre l'offenfeur'
& lui il eft feul interprête
miniftre de la Loi naturelle ; il fe
doit juftice & peut feul fe la rendre ,
il n'y a fur la terre aucun
Gouvernement alfez infenfé pour le punir de fe l'être faite en pac'efl une extravareil cas. Je ne dis pas qu'il doive s'aller battre
gance ; je dis qu'il fe doit juftice & qu'il en eft le feul difpenfateur.
Sans tînt de vains édits contre les duels, fi j'étois Souverain, je
réponds qu'il n'y auroit jamais ni loufflet ni démenti donné dans
mes Etats , & cela par un moyen fort fimple dont les Tribunaux
ne fe mêleroient pas. Quoi qu'il en foit Emile fçait en pareil cas
la juftice qu'il fe doit à lui-même , & l'exemple qu'il doit à la fureté
des gens d'honneur. Il ne dépend pas de l'homme le plus ferme
d'empêcher qu'on ne l'infulte ; mais il dépend de lui d'empêcherqu'on ne fe vante long-tems de l'avoir infulté.

&

:

&

,

,

,

CENSURE.

CE N SU RA.
Hœ propojïtiones

Ces propofitluns

in quihus ajjè-

» jus naturale nomen
» inam mfi in cordis humani

ritur

ejjè

ino-

»

amorem deriya-

»

M tum ex amorefui ejfe juris humani ah hominibus obferranii
7> fundamentum ; totiiis eihices er3^ ga
alios hominei fummam in

»

»
»

»

Evangelio

»

n
»

gis

7i p'iA

fundctur

',

:>:>

fuwmd

ficut te

e(Je
,

traditam ipsâ le-

diliges

ipfum,

proximum

idej},

amore qui

,

dans

\eC-

on affirme » que tout le"
droit de la nature n'eft qu'une
chimère s'il n'eft fondé fur un
befoin naturel au coeur humain ;
que l'amour des hommes, dérivé de l'amour de foi , eft le
principe de la juftice humaine 3
que le fommaire de toute la mo-

quelles

»

,

» raie à l'égard des autres hom» mes, donné dans l'Evangile pav

05-)
M cet abrégé de la Loi , vous aimen ex tui projïuat amore ; miUam
» re{ votre Prochain comme voia- X, ejfe rationem cur ego , qui ipfe

même
doit s'expliquer d'un
» amour qui vienne de l'amour
" de nous mômes ; qu'il n'y a
» point de raifon précife d'agir ,

nfum

='

,

r>

=0

tiendrai qu'on la fuive de

mê-

»

me avec moi

pré-

»
»
»
»
»

cepte d'agir avec autrui

maxime,
que

;

n

agit

,

la

nature m'infpire

démon

» que

lieu

de-

bien-être en quel-

que

je

»

ter,

»

pas fouftrir que

me

toutes les

"donne

la

je ne veux pas
que puifque de
avcrfions que nous
;

nature,

la

que les
l'homme

='

principes fur lefquels

=*

vertueux apprend à méprlfer fa
vie
à l'immoler à fon devoir,
font bien loin de cette fimplicité primitive
que celui qui a
reçu un foufflet , ou à qui on
donne un démenti eft le feul

»
»

»
»
=•
="

&

;

,

juge entre l'offenfeur

&

lui

;

alii

crgx

prtxcepti il-

r>

expandentis

n

unum

facit

,

me oum mihi
infpiratur

fimili

tni'ii

dc-

vitam propriam

^

eamque pro ojJîc:o Juo de" vouet ; qui palml percutitur ,

y>fpirnit

plus forte

;

confequar ut

illud oijtrvent

» tutc prejluns

» efl celle de mourir , il s'enfuit
» que tout ell permis par elle à
" quiconque n'a nul autre moyen

» poflîble pour vivre

me

fi hoc placitum fiieliter
,

,

fente exif-

enforte que c'eft pour ne

» qu'il fouffre

»

le

,

y nibus naturalibus averfonihus
» nullaftt vehementior ta. qud lio» mo mortem fugit , inde fzqui
y nihil non ejje per eam ho nini
» cuicumque licitum
ubi mdlwn
» aliud fupercjl mcdium vive idi quo
» uti pojjît ; hanc cjjk fimplicita-'
» tem priraitivam à qui longe ab'
y funt principia quitus homo vir-

&

lui

illo

yfidtrium bene eJJ'e , ubicumque me
y exijkre fentio , adeo ut nolint
" eum pati ne putiar ; cum ex om-

me, par lequel quand la force
» d'une ame expanfive m'iden» tifie avec mon femblable
que
«» je me fens
pour ainfi-dire en
»» fir

in

,

avec nous, n'a de vrai fondément que l'amour de foi-mê-

-•"

ejjem

fi

y lius âge erga alios uti velles
» eos erga te agerc , inteqram ray> lionem
in amore fui ejjeftam .
» quo amore , ubi vis animx fe

com-

me nous voudrions qu'on

ac

ubi moraliter

fum me nunquam

y objervo

j'ob-

le

certus

agam

praftnim

,

yyfore ut

&

fidellement cette

erga aliiim

» futurum cafu quo alter eodem
» modo erga me fit aBnrus , er
» nuUus mihi eJfe queat fponfor ,

« étant moi-même , comme fi
» j'étois un autre, fur-tout quand
» je fuis moralement fur que je
a ne dois jamais me trouver dans
» le même cas,
que perfonne
» ne me répondra qu'en fuivant

»

,

y aller

,

» que nul Tribunal ne peut ven-

y aut cui men.iacium exprobratur

yjolum

eJfe judiccm fe ipfum inter
y ù" aggrcjjhrem ; impares efe le-

ges huic u'iCifcendiT injurie

,

ac

^ proinde fuam offenfo in.iepenJiin» tiam tune rejiitui ; eum twic fo-

lum

ejfe

imerpretem Sr miniftrum

»

Icgis naturjlis

ï>

bcre tu

;

eumdcm

iijurijim

fibi

dc-

ejufmodi fibi

y illatam pcrfcqitatur , folumque
" pojje eam pcrfeijui , ac nullum in
» tcrrd eljè conjlitutum regimcn in

Eij

,

f3'<5>

» infulfutn,ut propterea in tumfœ*>

tamm

viat; non

ipjî

cum

offen-

» fore fingulare certamen Jîultè
X conferendum quod vanis ediElu
» vetitum ejî ; médium al'md quoi
,

iijîmplex

»

(y ad

ejl

impedkndas

nias infultatioms efficacijjimum

,

y ger cette injure; que l'inruffi-» fance des Loix lui rend donc

» en
y>

cela fon

indépendance; qu'iL

eft alors le feul

interprète

»feul miniflre de

»

relie

;

&

qu'il fe doit juftice

» peut feul

fe la

le-

Loi natu-

la

rendre

;

,

&
n'y

qu'il

aucun Gouvernepour le punir» de fe l'être faite en pareil cas ;
»
» qu'il ne doit pas cependant s'al3î dit
offtnfor de aBioneJuâ diu
» 1er battre , que ce feroit.une» glorietur =»
» extravagance ; que de vains3» édits défendent les duels ,
mais qu'il y a un moyen fort fimple
dont les.
» & très-efficace pour arrêter le cours de ces infukes ,
» Tribunaux ne le mêleroient pas , par lequ^;l l'oftenfé empêcbe» roit rarement qu'on ne fe vantât long-tems de l'avoir infulté a.
Ces propofitions méritent les
œ propofitiones graviter damplus
féveres quahfications.nandœfunt.
La PREMitKE , qui a pourEarum PRiinyi quce attimt ad
objet le fondement du droit de lajuris aturalis fundamtntum ,falfa,
x>



quidtm porrigerent magiftra'us ejjè obvium^
quo Jaltem offcnfus certà impein quod ne digitum

,

»

a fur la terre

y>

nnent aifez infenfé

m

&

H

I

en tant qu'on-

quatenus prœftrtim illudfunei conjtituiiur in prin-

nature

quod nonfatis

,feu

principe qui n'a point aflez d'é--

quod ad omnia legis naturalis ojficia erga proxnrium non extenditur^
Etenim amir aliorum hominum ex
amore noflri feu ut AuElor lo-

eji

,

damemum
eipio

Late patet

,

y fonde

eft fauflfe

le

,

droit naturel fur

un

thuritatu erga proximum

officiis

tendue, c'eil-à-dire, dont l'application ne s'étend pas à tous les
devoirs de la Loi naturelle qui
regardent le prochain. En effet
l'amour des hommes dérivé del'amour de nous-mêmes, ou, comme s'exprime l'Auteur, l'amourdes hommes dérivé de la force
d'une ame expanfivc, qui nous
identifie avec notre femblable ,
ne peut aller au-delà de certai-

babtnda

eorum

nes bornes.

,

,

quitur

,

ex

vi

animce fe expanden-

quà cum alio idemfimus deriyatus , non potejî ultra certos limicum tamen liomo qitif
tes extendi
que alios omnes homines utjratres
tis

,

;

fpiElare debeat

fit

,

licet

dtverfa

in oieundis

ratio

Chaque homme ce^

quibus divinâ piovidentiâ appLica-

pendant doit regarder tous

jnur.

autres

hommes comme

le&-

fes frères j:

il doit les aimer tous uns excepl'accomplilfement des devoirs
ou
l'exécution
quoique
dans
,
de la charité envers le prochain, il faille avoir différemment égard
aux perfonnes auxquelles la divine providen'-e nous applique p?*

tion

divers rapports qu'il n'eft pas néceflairc de dérailler

Hmc Jumma

legis natftralis

in

ici.

De-là ce fommaire de

la

Loi

(37)

efl

Evangelio exprejja , diliges prox'-mum ficut te ipfum , prapojlere ,
falsà , temerè Gr contra Jenfum prx-

propofitions, d'un

cepti naturaiis Gr evangelici expli-

ficmnë dans l'Evangile, vous ai
mere\ votre prochain comme vous-

même

mal expliqué dans ces
amour du prochain dérivé de l'amour de nous,
de forte que l'amour de nouscommêmes foit le fondement
ime le motif de l'amour du proy

&

chain.fè

Cette explication

téméraire

,

,

ell fauf-

contraire

à

vraie fignification de cette

&

la

Loi

de

la

Le

vrai lèns de ce précepte eft

nature

de l'Evangile*

que nous devons au prochain un
amour femblable à celui que nous
nous portons , & qu'ainfi nous lui
voulions &: lui procurions, autant qu'il eft en notre pouvoir,
k même bien fpirituel que nous
<îevnn<; nous vouloir à nous-mê-

me,

fçavoir le falut éternel,

de plus

mes

le

même

bien

&

les

&

mê-

iecours temporels que nous

&

favoudrions raifonnablement
gement qu'on nous procurât dans
des circonllances pareilles. Cette
Loi nous enfeigne donc que l'a-

mour
être le

nous-mêmes doit
modelé de celui que nous

réglé de

devons au prochain.

Il

n'y eft

caturin eadem propofitione de
re

amo-

proximi derivato ex amore nof-

amor nofiri intdliga>'
motirum charitatis
ergaproximum. Senfusverus Gr le-

tri

,

tur

adeo ut

ejje

gitimus
ejje

quaft

illius legis êjl

proximum

,

diligendum

injlar noftri

,

adeo

quantum potej} ,
huic curemus idem bonum fpirituale
quod nobis ipjïs voiumus , nempe
falutem œternam ,^ praterea idem
bonum ac auxilium temporale quoi
nobis curari in nfdem circumjlanut ipfi velimus, Sr

velLmus. Illd
ejje exemplur
chant atis cœteris hominihus débita , non vero exprimitur quodnam
tiisjujle (p'fapienter

ergo lege doctmur nos

Jït

fundamentum

(jus

unoquoque fat

i

,

quod ab

perfpicuur ù" inii^

mè fentitur omnvio fitum in funi^
nature omnium hominum
interfe unam ab uno eodem primo
litudine

,

parente originem trahtntium , eujus Creator uitus Deus. Cui qui'

dem
rim

rationi n:m

negamus

erga plures adjici per

magnam
amnrem

pas dit qu'il en cfl le fondement;
ex amore nojlri derivatum &• homini
naturalem , in eos quibufcum
même
mais chacun voit aflez ,
iènt intimement , que ce fondevariis rinculis ccnjunSi fumus.
ment confifle dans la reflemblance
l'éffalté de nature qui eft entre tous les hommes, lefquelà
tirent tous leur orieine d'un feul homme , dont Dieu fut le Créateur. Il eft vrai , au refte, que l'amour dérivé de l'amour de nousmême , ajoute à ce motif une grande force à l'égard de ceux avec

&

&

fi nous avons différentes efpéces
La seconde propofition eft
une p'^euve que la première, où
l'on affigne pour fondement fc
poar principe de toute la Loi natKcliçi amour du prochain dé-

de liaifons particulières.
E^aïuirdem propojiiicnum al'
tsk a argumente ejl priorem pro~
pofitioncm quâ amor proximi ex
amore nijlri dtrivatus afjî^natw
,

projundamento

,

fiuprincipio tO'

,

,,

08)

ms

legis naturalisa mer'ito

ejje

prnfcriptam

illud longé

,

qu'a prirtcipium

minus patet

ergaalios homines

à nohis

illius legis

officiis.

Nempe,

rivé de l'amour de nous-mêmes i
mérite la condamnation qui en a
été faite

à caufe

,

que ce prin-

cipe a beaucoup moins

d'éten-

Jîfunâamemum ejitfmodi ojficiorum
AuHor pofuijjct quoi ad ea omnia
nunquam efflai'ilfet
extendîretur

due que les devoirs auxquels cette
Loi nous oblis;e envers les autres
hommes. Effeflivement , fi le

licitum ad conjtr» vandam vitam, ubi nullum ha3} betur aliud médium quo mors vi:) tari queat <r,
Unde fequitur in
cjujmodt cafu juxta eumdem, cui-

principe de l'Auteur s'appliquoit
à tous ces devoirs , jamais fans
doute il n'eut ofé avancer » que

,

»j

nihil

non

ejjè

,

que

licere

quodcumque nefas

puta

,

ipfam occifionem amici con]un5lifjimi j patris amantijfimi , benefactons optimiù' ciiariffîmi, excidium
patriœ , reipublicx ruinam , atque

M

hanc

y>

1

X
»

tibus prceftant sviri qui pro offi~
cio implendo mortije exponunt ».

fimpUcitatem primitiqud longe recedunt virtu-

ejje

à

ajrr,

tout eft permis pour conferver fa
V vie à quiconque n'a nul autre
» moyen poffible pour vivre«;d'oii

I.

fuit que dans ce cas il n'y a aucun
crime, aucun attentat défendu:

il

qu'il efl alors

mi

le plus

tendre

permis de tuer

intime,

le

le bienfaiteur à

,

l'a-

père le plus
qui

on

devroit la plus vive reconnoiffance^ qu'on peut dans la même
fans enfreindre au-

circonftance

,

cune Loi

caufer la ruine en-

,

&

qu'enfin les principes, comme
Patrie 6c de l'Etat
l'Auteur , » fur lefque Is l'homme vertueux immole la
» vie à fon devoir , font faux , étant bien éloignés de cette fim»
n plicité primitive >3.
Eadem veroquàm horrenda fint
Quelles aflfreufes conféquen-^
quantum fenfui morali répugnent
ces
quelle horreur n'infpirentquantum omni juri naturali, pofi- t-elles pas Qui ne fent combien
tivo divino adverfentur ,mmo non
elles font oppofées au fens mo"

de

tiere

la

l'ajoute

!

!

,

rai, à tout droit naturel, pofitif

perfentifcit.

& divin?
Qwà

ducant

torts principia

igitirr
,

quâm

perniciofa

focictatibus privatis &' publias foret cjus philojophia

,

trum jierct qui(que

quale
illius

monfhominis

difcipulus prœceptis ejufmndi
tritus Êr

mnu-

informatus propofnlo

illa

DJicnàit.

Quod ad uiTiM^M ex
Pifttwnibus attiizt

fpirat

(p-

,

On

novi injlitu-

ea

coijimendat contra Ugis



jufqu'où con-

maximes du nouvel

l'oppofition de fa
,
prétendue philofophie au bien de
privée
toute fociété publique
quel monilre deviendroit un
élevé formé par les leçons d'un
inftituteur

&

&

& imbu de fa doélri-

tel

maître

ne

détcflable.

,

La DERNIERE

illispro-

vindiHam

voir par

duifent les

proportions rcfpirc
ce,

de ces trois
la

vengean-

& la recommande contro

les

,

,

&

préceptes de la loî naturelle
de l'Evangile. Elle indique, pour
fe

venger d'un ofFcnfeur

voye également

faux point d'honneur

&

gloire,
dit.

Elle

une
au

& à la vraie

que tout droit

eft

,

contraire

contraire

inter-

l'obéif-

à

&

à la
fance duc aux Magiflr<its
puiffance fouveraine , attribuant

à chaque particulier une indépendance entière de toutes les

Loix

& de tout

pour

le faire feul

Gouvernement,
juge de l'offen-

fe qu'il prétendroit lui avoir été

&

&

natitralis

Viam fefe

evangeîlca pracepta,

ah ojfenfore vindkanôi

indigitat

, ftu falfœ , feu i/erœ gloriœ ex ccquo adverfam ù" omnijure

vetitam. (Jbjiquio magijîratilus 6*

fupnmis
fatur

principibus dcbito adver-

duw

,

priyato in perfe(juendii

propriis injuriis

omnimodam

indc-

pendentiam adjudtcat, Eifdemqut
principikus

,

prafertim Regibus nof-

tris ChriJlianiJJîmis

injuriofa cjî,

quorum authoriiatem /îuElor eâ de
refpernit , Gr l ges furorcm certaminumfingularium cohibentes va'

faite,
de la réparation qui
nat ejje perhibct.
pourroit lui être due. Elle eft injurieufe à tous les Princes ,
fur-tout à nos Rois , dont l'Au-»
leur méprife fur cela l'autorité
traite de vains les Edits faits

&

&

pour

arrêter la fureur des duels.

XVI

I.

Après un long interdit,
j'obtins {a) la permifTion de reprendre mes fondions pour m'aider à vivre. Autrefois je difois la
Mefle avec la légèreté, qu'on met à la longue aux chofes les plus
graves, quand on les fait trop fouvent. Depuis mes nouveaux
principes
je la célèbre avec plus de vénération
je me pénétre de
îa majefté de l'Etre fuprême , de fa préfence , de l'infuffifance de
l'efprit humain qui conçoit fi peu ce qui fe rapporte à fon Auteur.
En fongeant que je lui poite les vœux du peuple fous une forme
prefcrite , je fuis avec foin tous les rits , je récite attentivement
je m'applique à n'omettre jamais ni le moindre mot , ni la moindre cérémonie
quand j'approche du moment de la confécration,
je me recueille jjour la faire avec roures les difpofitions qu'exige
l'Eglife
la grandeur du Sacrement , je tâche d'anéantir ma
raifon devant la fuprême intelligence ; je me dis , qui es-tu pour me:

,

:

&

furer

la

mentaux

puiflance infinie
,

&

donne

je

?

Je prononce avec refpeft

à leur effet toute la foi qui

(fl) C'efi îc! le Vi'cnîre Savoyar^l
qui parle dans la prétendue profelTion
de foi, que l'Auteur lui met dans la
bouche, qu'il rapporte fort au long,

&

qu'il

approuve

,

ou plutôt

conipofée lui-nicme.

qu'il a

(a)

les mots facradépend de moi.-

Htc AuSloT loquentem

Vianium Sabauàum
feu ut loquitur
enjrr.2t

,

compofuit.

&<

,

cujas

,

iniucit

p!adm

,

cpnfefwnem fetei fus'è

approbat

,

imô quam ipff

y

jjj.
'

'^'

^'

,

Quoi

qu'il en folt de ce myflére inconcevable
Je ne craîns paï
qu'au jour du 'jugement je fois puni pour l'avoir jamais profané
',

mon

dans

cœur.

CENSURE.

CENSURA.
Hxc

propofitio

Sàbaudi

,

cujiu

oreVicarii

in

,

nova principia de

quibus hic gloriatur

funt Deiftx

,

omnia fiàei Catholicce myfleria

&

omnem

revelationem abjicientis

nihil

aliud

ejî

quàm

projejjlo

crifis confummatx , feu ,
ad Dei culcum maxime

folemnis
Jidei

,

(p"

,

iis

quce

attinent,

publica: Jîmulationis

ad confulendum propriis

litatibus temporalihus
j)e

in

,

hypo

,

quibus

uti-

mm-

ut in liiâ propojiiiohe refertur

Vlcarius

illt caruiffèt ^

nifi

Vicarii

munia induijfet. Jam autem notaplacita Viîum eJî profejjionem

&

carii Sahaudi ejfe novo infiitutori
probata Gr an-^pia, udto ut dubium

non fit htec ab ipfo fuijfe relata in
exempium, quod imitandumproponit iis omnibus qui Vicario Sabaudo de Religinne revdatâ &* myftefldei Catholïcœ confentirent ,
&- injïmilibus circumjîantiis verfarentur. Fallacem porro ejufmodi
vnitationem &" fimulationem fidei

riis

quis

non

pronuntiabit

probo indignam

ejjè

viro

& habita ratione

Jolorum Legis &" Keligionis natu
ralis principiorum

abominandam

& facrilegam.

Cette propofition

dans Ij

,

Savoyard,

bouche du Vicaire

dont les fentimens qu'il appelle
ici avec complaifance fes nouveaux principes , font ceux d'un
Déifie qui rejette tous les myCmêteres de la foi Catholique

&

me

toute autre révélation

,

n'eft

autre chofe que la profefTion d'u-

ne hypocrifie confommée. C'eft
faire profefïïon de tromper le
Public par des

démonflrations

&

de rér
folemnelles de croire
vérer en matière qui intérefle le
plus

la

croit ni

Religion

,

ne refpefte

ce
,

qu'on ne

& cela dans

la vue de s'aider à vivre en re-*'
prenant fes fondlions de Vicaire i
ainfi
efl;
dit dan? cette
qu'il

propofition.

Nous avons

marqué que ce font
fentimens que

le

fes

déjà re^

propres

nouvel

teur expofe fous le

inflitu-

nom

de confeiTion de foi du Vicaire Savoyard ,
l'on ne peut douter

&

propofé cet exemple
l'imitation de tous «.eux qui
pciiferuiciit lur la Religion révéqu'il n'ait

à

lée

&

fur les myfteres

Catholique

&

comme

de

la foi

ce Vicaire

,

qui fe trouveroient dans des

femblables. Mais qui pourroit héfiter à prononcer
eft indigne d'un honnête homme, &: qu'ei»
hypocrifie
qu'une telle
de la Religion naturelles /
de la Loi
principes
feuls
égard aux

conjonélures

&

c'cft

une abomination

&

un

facrilége.

DE

(40

DE LA POSSIBILITÉ

DE REVELATIONIS

ET DE LA NÉCESSITÉ

POSSIBILITATE

DE LA RÉVÉLATION.

et necessitate.

X V

I I

L

CONTINUEZ à m'inflruire

Tom. Ill.p. 130.
; vous ne m'avez dit que la moitié
de ce que je dois fçavoir. Parlez de la Révélation des Ecride CCS dogmes obfcurs fur lefquels je vais errant dès mon
tures
enfance , fans pouvoir les concevoir ni les croire ,
fans fçavoir
ni les admettre ni les rejetter. Oui , mon enfant , j'achèverai de
vous dire ce que je penfe
Vous ne voyez dans mon expofé Jiid. pag. i;i,
que la Religion naturelle ; il cfl bien étrange qu'il en faille une
,

,

&

? Par où connoîtrai-je cette nécefllté ? Deqnni pui<:-je être
coupable en fervant Dieu félon les lumières qu'il donne à mon
félon les fentimens qu'il infpire à mon cœur ? Quelle
cfprit
honorable à fon
pureté de morale , quel dogme utile à rhuimne
Auteur puis-je tirer d'une doftrine pofitive que je ne puiffe tirer
fans elle du bon ufage de mes facultés ? Montrez -moi ce qu'on
pour le bien de la fociété ,
peut ajouter pour la gloire de Dieu
&c pour mon propre avantage aux devoirs de la Loi naturelle
quelle vertu vous ferez naître d'un nouveau culte qui ne foit pas
une conféquence du mien ? Les plus grandes idées de la divinité
nous viennent par la raifon feule. Voyez le fpcflacle de la nature ;
écoutez la voix intérieure. Dieu n'a-t-il pas tout dit à nos yeux, à
notre confcience , à notre jugement ?

autre

&

,

&

,

,

,

CENSURE.

CENSURA.

Cette propofîtion, où î'Aut^ur

que "la Pvcligion naturelle
fuffit,
que la Kilvélation n'cll
ni néceflaire ni utile ; que Dieu
offre aux yeux de tous les hommes à leur confcience , à leur
jugement, tout ce qui concerne
la Religion
la manière de
bien vivre j que par la Révélation on ne peut rien apprendre

affure

»
y>
3>

rn

y
»
y

»

&

,

&

&

Jlcec propofnio in.qitt

n

pru-iti

Rdij^ijnijm

affirma
naiuralem ,

mdlam al'tam revdatam fa: ne» cejf'ariamfcu utilem cffe ; Dcum
« omnia ad Religioncm Çr bonam
s» vitam fpcElantia ojfcrre omnium
»> hominum octdis
cortfcimtix. ju» dicio ; per Rcvdarioncm nihil
>» hoininilnts
innotefccrc pof!è ad
» gloricm Dei
hotrinum utUi»>

,

&

F

,

(42)

» tatem feu publicam , feu priva» tam pertinens , quoi Lex nanon prœfcribat

ît

turalis

=0

que virtutem

» cuhu

pojjè

nullam-

;

ex fupernaturali
oriri quce ex cultu na~

» turali non confequatur ; adeoque
» omnem ioElrinam pojïtivam ,
=D omnem Repelationem
quce Re~
,

y
=0
a>

naturali

fuperaddita , fupervacaneam e£e Qrinutikm a^
ligïoni

ejjet

EJî ahfurda , ut pote ex quâ
fequitur per rationem fciri ea omnia qucB , Deo docente , cognofci
pojfunt

vel circa

,

Dei naturam

infinitasque ejus perfeBiones

,

vel

»
»
»
»
»
»

qui

puiflTe fèrvir

Dieu
que

»
»

»

flue «.



»
»
J5

&

Cettefpropofition

in homines

tiae

,

feu fu^

coiifilia.

3

ratione

folâ homines injlrui de omni fibi
per opem divinampojjîbili virtute ,

ture divine

main,

&

ou

de la
divine providence à l'égard des

hommes
inftruit

;

& que

excoli

la raifon

de toutes

parvenir avec

virtus

in-

primitif,

du genre hu-

futur

quibus ad virtutem accendi pojfunt
mediaque omnia &" omnes modos
quibus

l'état

foit lur les confeils

font poffibles à

les

nous

vertus qui

l'homme avec le
Dieu, de tout degré
de vertu auquel l'homme peut

fecours de

que
les

la

même

le

fecours

;

raifon nous préfente tous

motifs qui peuvent nous por-

ter à la vertu

queat..

abfurde;-

fes perfeélions

foit fur

,

de omni virtutis gradu quem Deo
juvante confequi valeant ; iifdem
per rationem offerri omnia motiva

fuppeditari

efl:

que l'homme fçait
par la raifon tout ce que Dieu
peut lui enfeigner, foit fur la na-

Il s'enfuivroit

préfent

pr.efentem

,

naturelle ne pref-

&

mcevam , feu

vel circa divince providen-

Loi

crive ,
qu'il ne peut naître
d'une Religion révélée aucune
vertu qui ne foit une conféquence de la Religion naturelie ; qu'ainfi toute doétrine
pofitive , toute révélation qui
feroit ajoutée à la Religion natutelle , efl: inutile
fuper-

finies

,

&

la

circa hominis conditionem ,feupri-

turam

à la gloire de

au bien de la fociété ,
à l'avantage des particuliers
,

moyens

les

,

nous donne tous
nous apprend

&

,

toutes les manières de la pratiquer.

calumniofa in
Religionetn Chrifianam. ^httipc
Ut inutilem fpernit ordinem rerum
Injuriofa

efl Ct*

fupernaturalem

^

quem fanEla

illa.

Keligio fidei nofirx exhibet j ordilum rationi non invejîigabilem ,

ab

dum
tum
r,uh

nunquam excogitanhumano generi per pccca-

homine
,

£r

&

depre[]o Chrifique mereparando neceJJ'arium j quo

lapfo

Elle efl injurieufe à la ReliJa calomnie
gion Chrétienne.
indignement, en méprifant, com-

^

me

inuriJe, l'ordre furnaturel

que

cette fainte Religion offre à notre
foi

fon

ordre bien fupérieur à

:

,

la rai-

que l'homme n'auroit ja-

mais inventé

,

&

néceflaire à la

réparation du genre humain , qui.
par le péché étoit déchu du pre--

.

•(435
iîTiier



état

îl

avoît cté créé

libus

importans

préhenfible de

dence

&

les

fur la nature

,

Dieu,

fa

plus

incomprovi-

iifque

,

fiduciœ, aliifque fordùs

& fon amour pour les hom-

mes, qui

continemur

muha ad-

jiciumur rationi plané incognlta,
ad naturam Dei incomprehenfibilem , ejus providentiam Cr erga.
homines amorem fpetiamia ; quo
homo officiis amoris , grathudinis

,

élevés

jets les plus

qu(t'

cumque Feligione £r Lege naturu'

beaucoup de vérités entièrement
fur les obà la raifon

inconnues

& ftalilluntur

fuppommur

:

& confirme tout
ce que la Religion & la Loi naturelles comprennent, & y ajoure
ordre qui fuppofe

tione

Deo

devincitur

,

^ novâraviribus

,

ut

d'une nouvelle maofficia fibi impofitaexphat, donaavec plus de force ,
niere ,
tur fupernaturalibus , 6- adjinein
l'homme à Dieu par des devoirs ducitur fupernaturalem.
d'amour, de reconnoifTance , de
confiance
de fidélité, defline l'homme à une fin furnaturelle;
lie

&

&

&

lui

donne des

forces furnaturelles

pour remplir

,

devoirs qui

les

lui font impofés.

Elle reflferre témérairement
dans des bornes trop étroites la
la providence de Dieu ,
bonté
en afTurant que Dieu ne peut accorder aux hommes rien de plus
que des dons qui lui font natu-

Providentiam Dei ejufque boniduin prœier

tatein lerneiè coarclai

&

naturalia

bénéficia

,

Deum

nulla

alla largiri pojje affirmât.

rels.

Elle eft impie

&

blafphéma-

EJî impia

,

hlajphema.

matoire.

X
Il en eft

un

feul

( livre )

I X.

ouvert

à

tous les yeux

c'eft celui de
y
que j'apprcns à •^°™'^'''Padorer fon divin Auteur. Nul n'eft excufable de n'y pas
fervir
lire , parce qu'il parle à tous les hommes une langue intelligible
à
tous les efprits. Quand je ferois né dans une ifle déferre , quand je
n'aurois pas vu d'autre homme que moi, que je n'aurois jamais
appris ce qui s'eft fait anciennement dans un coin du monde
ft
;

la

nature,

C'eft dans ce grand &: fublime

,

livre

&

j'exerce

ma

raifon

,

médiates que Dieu

fi

je

cultive

la

me donne

,

fi

j'ufe

bien des facultés l'm-

moi - même à le
œuvres, à vouloir le bien qu'il
veut, &à remplir, pour lui plaire, tous mes devoirs fur la terre.
Qu'eft-ce que tout le fçavoir des hommes m'apprendra de plus
?
l'égard de la Révélation
fi j'étois meilleur raifonneur
ou mieux
inftruit, peut-être fentirois-je fa venté, fon utilité
pour ceux qui
ont le bonheur de la reconnoître.
,

j'apprendrai de

connoître^, à l'aimer, à aimer fes

A

,

Fil

^'7.

C443

X
Tom. IL

Ce que Dieu veut
homme

p; 17^;

par un autre
fon cœur.

,

qu'un

X;

homme

le lui dit

il

fafle

CENSURA,
Hœ propojîdond

,

ne

îl

lui-même

,

lui fait

l'écrit

il

pas dire

au fond

de-

CENSURE.

in quibus aj]e~

» naturam lihrum quemdam
» ejfe oculis omnium patentem
» omnibus imdle£lu facikm , in

TÏtur

&

Ces propofitions , où il efl dir
que » la nature eft un livre ou» vert à tous les yeux
intelli-

&

,

r-

gible à tous les efprits

homme



,

dans

même

3>

quo quifque etiam extra focieta-

» lequel tout

3-)

tim lîumanam

» dans une ifle déferte ,
qui.
» n'auroit jamais vu d'autres hom» mes que lui, pourroit de lui» même, en ufant bien des facul» tés immédiates que Dieu lur
» donne , apprendre tous les de- vc-liî. qui concernent le culte
» de Dieu
l'amour du pro» chain ; que tout le fçavoir des
» hommes ne lui apprendra rien

xpojitus

,

in infulâ defertâ

facïU per facultatesfo'

»

las

y>

Deo

33
i)

remfppFlant'ia légère potefl , ita ut
quidquidprœterca docere çueant

»
»

homines, illudfini huic ajjèquendo nihil profit 3 nmi cerni ipfcim

y>

revdationis utilitatem

naturales omnia

ad culîum

debitum Gy proximi amo-

;

Deum

3>

quœ ab hominibus

»
»
»

cere per alterius hominis minif-

terium

exigit

non do-

cuique interiùs

fed ea
Tcvelare &• cordi uniuscujufque
,

3» infcribere

a-.

»

homme

3>

fon cœur ».

,

qu'il le

lui

dit

populus invenitur, qui fine rcvela-

ad

veritatempcrnaturœ lumen dcduClus
futrit

,

infamia

quique vanijjlmos cultus &•
injîituta

non fit fccutus

;

nulliu etiam Philofophus fuit qui

in

officiis

komimim

&

» de plus fur ces objets

;

qu'on ne

» fent point même l'utilité de la
y Révélation ; que ce que Dieu

&

in quibus nullus

tionis ope in Religionis ncgotio

&

veut qu'un homme faife , il ne^ lui fait pas dire par un autrequ'il l'écrit au fond de
lui-même ,

Sunt contraria; experienti^ om-

nium fœculorum ,

,

proprio marte

enarrandis circa multa eaquc gra-

Ces proporitions contredifent
l'expérience de tous les fiécles.Il n'y a jamais eu de peuples, qui

par
fon

lumières de la raiJe la rêvé—
fecours
fans le

les feules

&

foient parvenus

lation divine

,

d'eux-mcmes

à la vérité fur le

fujet

de

la

Religion. Toutes les

nations qui n'ont pas marché à
la lumière de la vraie révélation,

ont pratiqué des cultes déraifonnablcs &: odieux. Tous les Philopbes mêmes, qui, n'ayant pour guide q,uc leur raifon , ont tâcht;

vijjîma non erraverit,-

d'expliquer les devoirs de l'homme , ont erré fouvent lur beaucoup
la dernière conféquence.
Contraria funt interiori homi^
Elles font contraires au fentiment intérieur que l'homme a de num /enfui , qui ob hanc panim

de points de

fa foiblefle

,

du befoin où
claire.

de Ion ignorance ,
il efl: que Dieu Vé-

C'efl en partie ce fenti-

ment qui

monde,

dans tous
a porté les

les

,

âges du

peuples à
adopter des révélations prétendues , qu'on leur préfentoit com-

me

caufam ad excipiendas rerelationés tam propenfi omni atate fuerunt, quoi confdifibi ejjent proprix
imbecdlitatis

fummx

fuce i^noramitz

,

quâ erant

in

,

&-

indigentice

divince illujîrationis,

divines.

Sunt oppojïue judiciis prœclarif-

Elles font oppofées au juc;e-

ment que

fimorum inter EthnicosPliilofopho-'
rum , qui rationis humanx imbePhilofophes Payens ont porté de
les plus diftingués

humaine.

la raifon

nu combien

ont avoué que
aidée

même

humaines

,

Ils

elle eft

de

ne

ont recon-

cillitatem agnoverunt

foiblc.

quoque in ipsâ pliilofopinà aut humanâlegijladone non fat is ejje aU'

Ils

Philofophie

la
la

des

force des

fuflîfoit

înfiruire les peuples

,

pas pour

Ôc les ictl-



rer des erreurs monftrueufes
ils

Et,

étoient plongés.

,

Loix

fi

,

confejjlfunt

ad erudiendos
&" exemple fuo docuerunt
mPTitem humanam etiam excultam

tlwritatii fr pr.vfdii

populos

,

in multis crrori

obnoxiam

,

in aliis

l'on

confidére les égaremens de ces

7

infciam plané ac

aliis

cxcutien-

îem fuijje.
leurs
,
aveuglemens fur tant d'objets
cflentiels dont un enfant Chrétien eft inflruit, n'y voit-on pas une
preuve fenfible du befoin qu'a l'efprit humain mtme cultivé, d'ctrc
éclairé par la Révélation divine ? puifque, quand cette lumière
lui a manqué
il s'efl trompe fur tant de chofes très-importances ^
qui concernent les devoirs & la fin de l'homme il a flotté dans l'incertitude fur beaucoup d'autres ,
eft enfin demeuré fur un grand

Philofophes, leurs doutes

,

,

&

nombre

enféveli dans les ténèbres d'une entière ignorance.

Exasgerant ridicule muliitudi-r
ad veritatem in rébus Jînemjîbi

Elles flattent follement la mul«itudc d'un pouvoir imaginaire

nis

&

deflinaïuju

,

que

fpeBantibus

d'une

facilité

démentie

par

l'expérience, de parvenir par ellemême,
par les feules forecs de

&

k

raifon

,

à la connoiiïance

de

la

vérité fur ce qui regarde la fin à
laquelle l'homme efl dcfliné , fur
le culte qu'il

doit

à

Dieu,

&

tous fes autres devoirs. L'obfervation montre au contraire que

ojficia

Del cultum univerfi-

dam facultates
cum
fit

,

invenien-

^

opportunitates f
ipsâ obfervatione manifejhint

rudibus

otium

,

,

nec

ingenimn

nec juiiclum rcchtm

,

nec
fcitis

liberum àpr.ejudicatis opinionibus,
nec

animum

fatis

pacatum ac fo^

lutum à curis vita &•

à

cupidiutr-

(4^
ad invejligationem offiùorum

tïbus

le

le

ment

grand nombre au moins, que

m

les fimples n'ont

fuppetere.

&

aCTez droit

temps néceflaire

aflez libre de préjugés

geme

le

,

ni

ni le juge-

,

ni l'elprit allez tran-

,

&

des paiïîons
pour dédégagé des foins de la VJe
couvrir d'eux-mêmes avec fuccès, par la railon feule, tous les
devoirs que l'homme doit remplir.
Elles rejettent témérairement
ReueLùonis utditatem cemerè

quille

afll-z

,

,

,

negant , quce. ejfet res maxime expetenda &" gratifjîmo animo am-

l'utilité

pleBenda , quamvis nilul aliudexhi
béret quam externam promulgadonem Legis naturiz , (y quâ , fine
ingénia acuto , vel muUo odo , qux
paucorumfunt, omnes, idiotie etiam

roit defirer

& pueri

fans

,

,

prennent aifément

hommes

autres

les

&

lance

,

cummajori

elle

ne feroit

fans pénétration d'efprit

,
,

que

la

fans

,

multitude n'a pas

ap-

,

Dieu

,

des

On y méprife désavantages que

omnem

,

perfeFlius

inquifïtione

yia

apta docendts rudtbus.

,

&

la railon

l'expérience djivent

Chrétienne:
une voie plus courte ,

faire attribuera la foi

&

la foi étant

plus précife

authoritate erudtuntur

quam
ejl

quand même

devoirs de l'homme à l'égard de

conira

hrevius

,

qu'une promulgation extérieure
de la Loi dénature. D'ailleurs la
révélation Chrétienne a cet avantage que , par fon moyen , les

rationem &" experientiam parvipendant , per quam hommes omnes
difertius

révélation divine,

d'eux-même^-

commoda

Fidei

même

enfans

les

employer un temps

la

avec trop d'ardeur 8c
recevoir avec trop de reconnoif-

ojficia nojjè pojjunt,.

plus fimples
talens

de

que l'homme néanmoins ne pour^

,

plus parfaite, plus

certaine d'inftruire les

Cr quis unica

hommes de

ce qu'il leur importe le plus

,

que

toutes les recherches qu'ils pourraient faire d'eux-mêmes.

Et

c'eft la feule

trudlion des fimples.
Nobis ojferunt prorationisetiam
incultes fcEtu

trjtes

,

Elles nous préfentent

un ouvrage de

principiorum Gr prit-

ceptorum fummam
nec Plato

,

,

quam

feroit pas

nec So-

même

la

comme

raifon qui ne

cultivée,

le fruit des réflexions

nec ullus alius

comme

d'un

hom-

&

me

né dans une ifle déferre,
qui n'auroit jamais yu d'autre
homme que lui un abrégé des
des préceptes de la
principes

apud vetem Fhdofophus tenait,
fei qux , ex noflrh divmis libris
mutuata , revelationi divinx. adfcribenda

qui foit propre à l'infr

,

&

eji.

&

morale, infiniment plus cx^A
Platon
tous les anciens
Socrate
,
plus complet que tou^ ce que
a-t-il tiré
Aufll
l'Auteur
là-deflus.
jamais
Philofophes enfeignerent
h railon ,
très-conforme
eft
à
Elle
faints.
cette doftrine de nos livres

&

mais

la

raifun lailfée à elle-même

la révélation.

,

n'.iroit

pas

fi

loin. Elle eft

dùa à

,

r47)
Elles font
iùrdes

,

donc

faufles

ab

,

contraires à l'obfervation

&: à l'expérience

;

elles font

avan-

cées en haine de la Religion ré-

vélée

& dans

,

la

vue de

la

Adeoque furtt falf£ , alfonct ,
olfervadoni Gr experiemice contraria

i/J

,

Religioms revelatx odium

Cf pernicUm a£ertx.

dé-

truirer

XXI.
On me

dit qu'il falloit une révélation pour apprendre aux homj^j^^ jjx,
manière dont Dieu vouloit être fcrvi ; on afîlgne en preuve ^ ,j^,
l'on ne voit
la diverfité des cultes bifarres qu'ils ont inflitués
Èas que cetto diverfité même vient de la fantaifie des révélations,
es que les peuples fe font avifcs de faire parler Dieu chacun l'a
fait parler à fa mode ,
lui a fait dire ce qu'il a voulu. Si l'on
n'eût écouté que ce que Dieu dit au cœur de l'homme , il n'y
auroit jamais eu qu'une Religion fur la terre.
Il falloit un culte uniforme , je le veux bien ; mais ce point
étoit-il donc fi important , qu'il fallût tout l'appareil de la puiffance divine pour l'établir ? Ne confondons pas le cérémonial de
la Religion avec la Religion. Le culte que Dieu demande , eft
celui du cœur ;
celui-là , quand il eft fincére
efl toujours uniforme.... Quant au culte extérieur
s'il doit être uniforme pour le
bon ordre , c'eft purement une affaire de police ; il ne faut pas de

mes

la

&

:

,

&

&

,

,

révélation pour cela.

CENSURA.

CENSURE.
Cette propofition a plufieurs

Quant
»>

Hœc
diciutr

parties.

dès que

à ce qui
les

y

peuples

efl dit

fe

que

font avi-

fés de faire parler Dieu chacun
lui
X l'a fait parler à fa mode
» a fait dire ce qu'il a voulu «.

li

,

,

&

x>JWbiit

&

impie
blafphématoire.
On y parle en général- de toutes
les révélations, fans en excepter
,

aucune.
premiers

La révélation faire aux
hommes & aux Patriarrévélation donnée autre-

ches

,

fois

aux Juifs,

la

Si.

la

révélation

hœc

cogitatio

loquentem

,

» Deum ejfe faciendum , tune ad
» uniufcujufque eorum arbitrium y
M mm loquentem eJfe induBum Êr
» qujc fmgulis illis placita juere ,
» hxc divmis d'iBis fuijje ah iis an» numerata n.
,

Elle efl fouverainemcnt téméraire

propojitio quatenus in eâ

n cum populorum animas

EJifummè
ll.ifphema

,

temerar'ut^ impia Sr

quâprimis hotum Judais oliw

ut pote

minibus concejjam

,

datam^ arque Chriflianam rciela~
tionem intcr

quœ

(j"

fpurice fimt

alias
,

nvdationes

nihil dijiingui^

quâ proindc tam

quam

tur

;

ijlx

coniemnuntur , adeoque Moyjcs-

illx

p^

^^

Chrijlus ut illufores aut

(jr

illuji

Chrétienne

,

y

îbnt confonduef

avec les autres
prétendues révélations que tant
fans diflindion

exhibentur.

de divers peuples reçurent , & qui font toutes faufles. On y méprife
donc indifféremment celles là comme celles-ci , & par conféquent
on y repréfente Moyfe & Jefus-Chrifl: même , comme des hommes
qui fe croyoient infpirés fans l'être ou comme des féduéleurs qui
ont voulu tromper les hommes.
,

Q^nannus

»
»
>3

eâdem affirmatur

in

revelatione ut ho-

non
mines eum difcant modum quo
Deui vuh coli , nullamque eJJe
opiis ejje

prohationcm , qux ad id adf~
truendum affertur, petitam ex
a diverfnate cidtuum infulforum

»j

>3

»

quos)/arii injînuemnt populi «.

Falfa

ejî

&* inconJJderantiam

'Auêioris prodit

;

qui ex Legiflato

rum

olim in fanciendis cultihus ,
iifque Deo adfcribendis praxi ^ ù"

ex

tôt

populorum

in iifdem

licet

,

rationi ù^ Religioni naturali contrariis

,

recipiendis facititate

,

de-

ducere dehuij]a quanta fit rationis

iiumanx

imhcc'dlitas,

fentiat revelationis

quàm

quàmfeipfam
indigam , &'
**

optandafit revelatio.

Entant que l'on

même propofition

une révélation pour
» apprendre aux hommes la ma» niere dont Dieu vouloir être
» fervi ;
qu'envain pour mon» trer qu'il en faut une
on affi» gne en preuve la diverfité des
3' cultes bifarres que les hommes
" ont inftitués ; que cette preuve
" n'a aucune forcer.
Cette propofition eft faufle
montre le peu de réflexion de

» loit

efl la

force

combien
vérité

,

efl

du

défirable

,

&

l'Auteur, qui confidérant

le

foin

qu'eurent les anciens Légiflateurs

de prefcrire les cultes qu'on ren^
droit à la Divinité , leur politique à les donner comme venant
la facide la Divinité même
lité de tant de peuples à recevoir
quelques opces cultes bifarres

&

,

,

pofés qu'ils fuflent à
la

la

Religion naturelle

raifon
,

&

auroit

&

une révélation qui

ait les caraéleres

de la

révélation Chrétienne.

odium Chrifltanx
revelaiionis ,fine quâ tamcn ctiamnumvigerent cultus ilLi infulfî quiejl

,

quelle eft la foibleffe de la raifon humaine , quelle
feiitiment qu'elle a du befoin d'être éclairée ,

telle qu'eft la

JJJerta

pas

&

à

dû en conclure

,

dit dans la
» qu'il ne fal-

in

,

bus tanto tempère olim addidifuere
tôt populi ferj! revelationis

primùm

humano generi faclœ immemores.

la

Elle eft diflée par
révélation divine

la
,

haine de
fans

la-

quelle cependant tant de nations

qui n'adorent qu'un feul Dieu
Créateur de toutes chofes , feroient encore attachées à ces di-

vers cultes , que l'Auteur a raique pratiqua prcfque tout l'univers ,
fon d'appellcr bizarres ,
lorfqu'on y eut perdu le fouvenir de la vru'ie révélation qui avoit
r-i.Eniin
(été faite aux premiers hommes,

&

,

,

(4P)
Enfin

,

entant qu'on afîure dans

cette propofition

^
»
»
»
»
»
»

que » fans tout
,

,

l'appareil de la puiflancc divi-

ne

c'eft-à-dire

,

lation divine

,

fans la révé-

on peut établir

,

un culte uniforme;
qu'il ne faut pas confondre le
cérémonial de la Religion avec
la Religion ; que le culte que
» Dieu demande
efl celui du
» cœur qui quand il eft fincere
» eft toujours uniforme enforte
» que, fi l'on n'eût écouté que ce
» que Dieu dit au cœur de l'hom3» me
il
n'y auroit jamais eu
3> qu'une Religion
fur la terre ;
» que quant au culte extérieur ,
» s'il doit être uniforme pour le
= bon ordre c'eft purement une
&: conferver

,

,

,

,

,

,

Quatenus in eddem afféritur ,
n fine tantà divinœ potentiœ mo» litione , idejî , fine divinâ reve» latione pojje induci &" ferv^ri

«
»

unifortnitatem cultâs

;

newpe Re-

>i

U;:ionem à ritiius Religionis feccrnendam , hanc in intima cor-

i)

dis cultu

fitam

ejje

,

qui

,

fifin-

» ccrus fie , fempcr ejî uniformis
» adeà ut nunquam nifi una fuijjet
« Religio ,Ji , quod (îngulis in pec« toris recejfu dicii Dius , homines
» aufcuhajjent ; ricuum autem ,
» feu cultûs externi uniformita» tcm fi focittati efl necejjària ,
» ad politiam civiitm accinere ,
» quce folafine revelatione illi mf,

}>

titutnda:^ fovendx fujficit «.

,

affaire de police &c qu'il ne faut
» pas de révélation pour cela «.
Cette même propofition efl:

x>

,

contraire à l'expérience

;

y fuppofe fauflement que
ligion

des

naturelle

hommes

,

car on
la

Re-

pratiquée par

qui ne feroient point

guidés par la révélation , îbroit
toujours uniforme quant aux fentimens du cœur. Au contraire,
comme nous l'avons déjà dit plulleurs fois, les hommes qui feroient
privés de la révélation , s'égareroient

&

fe diviferoient entr'cux

eadem experientice
quantum falsà po-

Propofitio

contraria

efl

,

in

omni rei elatioms auEloritate
uniformem femper fore
Religionem naturaUm quoad cidtum cordis intimum. Jmà , ut non

nit

,

fpretâ

,

fcmel diBum

,

homines revela-

tione erhati circa

gravijfma Reli-

efl

gionis naturalis cap'ita à vero aber~

rarent Cr inter fe difjentirent.

At-

que id quidem non populo folùm ,fed
Gr ipfis Pliilofnphis contingeret.

non-feulement parmi le peuple,
maisà l'égard des Philofophes me-

Multi procul dubio Deum CreatO'
rem v. g. adorandum crede^'em :
Au51ornefciret an Deus univerfitatein rerum creaverit. Multi Dcuni

mes. Ceux qui philofophcroient
reconnoîtroient
exadtement

fuccurri, mentis

adoreroient un Dieu créateur, tan-

pelli

fur les principaux points de la

Re-

ligion naturelle. Cela arriveroit

&

,

que l'Auteur & fes difciples ,
comme nous l'avons vu ne f(,-?.u-

ais

,

roient point

û Dieu

a créé l'Uni-

deprecareniur

ri :

,

ab ipfo peiercntfibi
fux tcnebfas dc-

,

varii gtneris

AuElor verà

,

dona infe conférut in propofitionc

VU diccrct

:

» deprecor

quid enim ab ipfo peu-

;

»

Ego autem eum non


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