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PARTIE I Emprisonne .pdf



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PARTIE I 
Emprisonné 
 
 
Le  récit  qui  va  suivre  est  narré  par  Rhaenor  Camus,  historien  et  archiviste  alteraki  résidant  initialement  dans  la 
Bibliothèque  de  la  Pointe  Isolée,  dans  le  Comté  de  Haut-Séjour,  en Alterak. Les événements que ce dernier retrace se sont 
déroulés  en  Janvier  2021  après la fondation de l’Empire de Yugonoul, suite à deux ans et demi de conflit contre Glaurung 
le Premier Dragon. 
 
 
Les  loups  sont  des  animaux  fascinants  au  caractère  social  très  similaire  à  l’Homme.  Les  humains  ont 
pour  habitude  de  les  chasser  car  les  pauvres  paysans  sont  bien  souvent  terrifiés  par  les  meutes  qui  s’en 
prennent  à  leur  bétails,  résident  près  des  villages.  Chose  étonnante,  les  biologistes  -et  les  autres  experts  de  la 
forêt  que  sont  les  druides  et  les  elfes-  estiment  que les loups en meute ne sont ni les plus agressifs, ni ceux qui 
attaquent  les  pâturages  sans  raisons.  Au  contraire,  les  meutes  ont  tendance  à rester sur leurs territoires et à se 
nourrir des chevreuils, sangliers et autres animaux. 
Il  s’avère  que  ce  sont  plutôt  les loups solitaires qui se montrent les plus dangereux et les plus agressifs, 
surtout  après  des  hivers  rigoureux.  Ils  se  retrouvent  seuls,  soit  parce  que  les  membres de la meute ont décidé 
de  chasser leurs congénères trop belliqueux, soit que les membres sont mort par les méfaits du climat ou d’une 
famine  soudaine.  La  peur  de  ces  loups  à  mourir  les  poussent  bien  souvent  hors  des  territoires  forestiers  et 
nous  pouvons  régulièrement  les  voir  attaquer  nos  bétails,  des  petites  créatures,  et  parfois  même  sans  s’en 
nourrir.  Ils  tuent  par  peur  d’être  tué,  et  c’est  là  que  nous  voyons  dans  certains  journaux  locaux  la  disparition 
de  fillettes  ou  de  garçons  qui  se  promenaient  dans  les  bois.  On  dit  que  “le  Lion  est  emprisonné  dans le corps 
d’un Loup”.  
Je  me  permet  ce  parallèle  ici  puisque  nous  pouvons  y  voir  depuis  quelques  temps  nos  dirigeants  se 
prêter  à  ce  jeu  parfois  macabre.  Les  fidèles  avérés  de  Glaurung  sont  systématiquement  brûlé  sur  la  place 
publique  afin  de  dissuader  certains  de  rejoindre  le  camp  ennemi.  Sa  Majesté  Impériale  Aleksander  de 
Tannissie  répète  ce  schéma  des  loups  solitaires  :  tuer  afin  d’éviter  d’être  tué.  Somme  toute  une  stratégie 
ancestrale, mais efficace en temps de guerre. 
 
Afin  de ne pas déranger Sa Majesté Impériale trop régulièrement, il m’arrivait de m’entretenir avec Son 
Altesse  Impériale  Marie-Aliénor  de  Tannissie,  toujours  accompagnée  de  l’héritier  ;  avant  de  prendre  des 
nouvelles  de  l’Empereur  et  de  pouvoir  archiver  les  événements,  même  dans  l’intimité de la famille impériale. 
Ce  qui  me  frappa  le  plus,  c’est  que  pour  un  enfant  de  deux  ans  et  demi,  il  portait  déjà  une  curiosité  inouïe, 
brillant  d’une  intelligence  remarquable  et  d’une tristesse à fendre le coeur. Son éducation était claire et stricte : 
il  n’était  pas  que  l’héritier  de  l’Empereur,  il  était  surtout  l’héritier  d’Aleksander  de  Tannissie  ;  il  devait 
appréhender le monde et avoir une opinion construite, si jeune. Tous les enfants impériaux, royaux ou issus de 
la  noblesse  en  général  qui  m’a  été  permis  de  côtoyer,  jouissaient  de  rires  et  d’innocence  sans  se  soucier  des 
affaires de leurs parents… Pas lui. 
- Il a bien grandit, ​fis-je remarquer à l’Impératrice. 
- Pas tant que ça, ​répondit-elle simplement dans un sourire fantôme. 
-  Sa  Majesté  Impériale  est  bien  occupé  en  ce  moment,  et est pourtant très silencieux en ce qui concerne 
la  politique  et  la  défense  du  territoire.  A-t-il  toujours  été  ainsi  ?  Les  rumeurs  vont  assez  vite  concernant…  ​je 
n’osais terminer ma phrase.  
-  Concernant  de  possibles  dérives  mentales  ?  C’est  en  effet  là  la rumeur appréciée du moment. Autant 
son silence est inhabituel… Autant les “on dit” ont toujours été une solide tradition. 
-  Je  vois…  Ayant  eu  une  formation  en  analyse du visage humain, je n’arrive pas à discerner un trouble 
psychologique chez Sa Majesté. Pourtant, tous parlent de paranoïa… 

Le  jeune Rlandar levait les yeux vers sa mère et lui tira doucement la manche pour attirer son attention. 
Elle  passait  naturellement  sa  main  dans  les  cheveux  de  son  fils  en  posant  ses  yeux  sur  lui,  puis  les  deux 
s’échangèrent un long regard. 
- Qu’est-ce qui te chagrine ? ​finissait-elle par lui demander, la voix perceptiblement adoucie. 
- Paranoïa, ça veut dire quoi ? 
Marie-Aliénor poussa un discret soupire avant de s’abaisser à sa hauteur. 
-  Il n’est pas temps pour toi d’en apprendre la signification, cela ne concerne pas ton père. N’écoute pas 
ces  idiots... Il est juste… Très occupé. ​En voyant son fils baisser la tête vers le sol, elle lui attrapa le menton du bout du 
doigt  pour  l’inciter  à  soutenir  son  regard.  ​C’est  très  difficile  pour  lui  en  ce moment, tu sais. Il se fait beaucoup de 
soucis. 
- Je sais pas… ​soufflait-il, la mine tristement bougonne.  
-  Crois-moi.  Un  peu  de  patience…  Et  tu  pourras  enfin  le  retrouver.  ​Elle  caressa  la  tête  de  son  fils  une 
dernière  fois  avant  de  se  relever  et  de  tourner  de  nouveau  son  attention  vers  moi.  Aleksander est méconnaissable ces 
derniers  temps,  il  est  vrai  ;  tout  du  moins,  je vous dis ça… Je n’ai pas tellement eu l’occasion de lui adresser la 
parole.  Que  je  n’arrive  non  plus,  tout comme vous, à cerner le pourquoi du comment, m’attriste. Cependant… 
J’ai  foi  qu’il  a  ses  raisons,  et  qu’elles  ne  sont  pas  à  déranger  pour  l’heure.  Je  vous  prie  de  ne  pas  vous 
préoccupez des dires qui s’ébruitent et de faire confiance en votre Empereur, ​concluait-elle calmement. 
-  Je  suis  historien,  Votre  Altesse.  Mon  devoir  est  de  vérifier  les  rumeurs  et  de  pouvoir  retranscrire  la 
vérité  aux  futurs  générations.  Je  vous  rassure,  j’ai  toujours  eu  une  confiance  absolue  envers  Sa  Majesté… 
Surtout  après  ses  exploits  diplomatiques. Cela étant… Je le vois parfois regarder partout autour de lui, comme 
s’il était terrifié par quelque chose. Ne vous a-t-il rien dit ? Ne fait-il pas de terreur nocturne ? 
-  Hmm…  Ma  foi,  rien  d’inhabituel.  Il  dort  peut-être  un  peu  moins,  mais  ses  nuits  restent  toujours 
tourmentées.  Quant  à  son  regard…  ​Elle se mordit la lèvre un court instant avant de reprendre. ​Oui… ça, c’est assez 
récent. 
-  Je  vois…  un  comportement  étrange,  mais  pas  suffisamment  pour  parler  de  folie…  Ce  qui  est  de 
mauvais augure pour l’Empereur est de mauvais augure pour nous tous. 
 
En  plus  de  pouvoir  discuter  avec  Son  Altesse, j’eus aussi l’occasion de participer aux grandes réunions 
militaires.  Depuis  la  fin  de  la  Réunion  Internationale  de  2018,  Sa  Majesté  ne  donne  presque  plus  d’ordre 
directe  quand  il  s’agit  de  la  politique  extérieur.  Certains  des  nobles,  et  j’ai  pu  le  constater  de  mes  yeux, 
accusèrent  Sa  Majesté  de  perdre  les  territoires  un  à  un,  mais  ses  généraux  connaissaient  la  taille  des  armées 
ennemis  et  même  eux  finirent  par  accepter  l’inévitable. Les troupes d’Alterak ne purent rien faire face à une si 
grande  armée,  si  bien  équipée.  Mais  par  anticipation,  Rieu,  Blanrieu  et  évidemment  Alterak furent protégées. 
Aleksander de Tannissie, coupé de toute communication, se retrouva enfermé dans le corps d’un loup. 
Je  participais  a  une  réunion  du  conseil  d’Alterak  pour  la  mise  en  place  d’une  stratégie  de  défense  qui 
s’égarait  par  moment,  autour  d’une  magnifique  carte  où  les  maréchaux  déplaçaient  des  pions  en  bois 
symbolisant  les troupes. Étaient présents à la réunion les membres habituels : Sa Majesté Impériale Aleksander 
de  Tannissie,  Fenrir  d’Edoras  le  Comte  de  Haut-Séjour,  le  chef  des  Kommandeurs  d’Alterak  et  Comte 
Ambroise  de  Rieu,  le  Général  des  Armées  Erik  de  Flution,  le  Comte  Henry  de  Saint-Edonis,  quelques  autres 
généraux, les gardiens qui assuraient la sécurité, et moi-même afin de noter chaques instants. 
Le  Comte  Henry  s’était  déjà  heurté  aux  actions  de  l’Empereur  et  à  son  silence  à  plusieurs  reprises,  Sa 
Majesté  étant  resté  dans  un  silence  et  un  calme  que  l’on  ne  lui  connaissait  pas.  La  conversation  fut  houleuse 
lors de cette dernière réunion avant la Grande Bataille pour le Royaume d’Alterak.  
-  Majesté,  Alterak  est  sur  le  point  de  tomber  et  vous  restez  dans  votre  silence.  Avez-vous  un  plan  ? 
demandait le Comte de Saint-Edonis, attachant ses longs cheveux. 
- Oui, j’ai un plan. Et pour la centième fois, je ne peux vous le dire, ​ajoutait l’Empereur avec agacement. 
-  Nous  aurions  pu  avoir  l’aide  de  l’In  Ecclesia  Veritas,  et  vous  les  avez  viré  de  la  cité, ​surenchérissaient 
Henry. V
​ ous avez refusé de soutenir la Croisade. 

-  Méfiez-vous  de  comment  vous  vous  adressez  à  l’Empereur,  espèce  d’abruti  !  ​intervenait  Fenrir,  le  ton 
rempli de colère.  
- Ça ira Fenrir, merci. Henry. Regardez la carte devant vos yeux. Vous voyez votre comté, n’est-ce pas ?  
- Oui. 
- Vous voyez bien qu’il est envahi. 
- Oui, et alors ? 
-  Vous croyez pas que je suis déjà investi dans la croisade ? Et pour répondre à votre accusation, non. Je 
n’ai  pas  viré  l’In  Ecclesia Veritas de la cité, sachez qu’ils sont parti tout seul. Bon… après, avec la manière dont 
il  m’a  parlé,  il  valait  mieux  qu’il  parte  de  son  plein  gré  parce  que  j’avais  envie  de  lui  coller  mon  pied  au  cul. 
Mais ça… c’est surfait. 
-  Sire…  ​reprit  Ambroise, ​à la dernière réunion, vous nous avez parlé d’un artefact qui nous aiderait dans 
le conflit à venir. Avez-vous des nouvelles que vous jugez bon de nous faire part ? 
- Pas encore, beau-père. Je suis navré… je ne peux rien vous dire. 
 
Je  me  souviens  encore  de  l’ambiance  dans  la  pièce  à chaques fois que Sa Majesté exprimait le regret de 
ne  rien  pouvoir  dire.  Certains,  comme  le Comte de Saint-Edonis, le regardaient de travers. D’autres, comme le 
Comte  de  Haut-Séjour,  montraient  une  inquiétude  particulière.  Tous  se  demandèrent  si  le  Grand  Aleksander 
de  Tannissie  n’était  pas  en  train  de  sombrer  dans  la  folie.  A  mes  yeux,  non.  Les  loups  solitaires  ne  sont  pas 
fous,  ils  sont  juste  terrifiés  par  quelque  chose  qui  les  poussent  à  agir  de  façon  imprévisible.  Dans  le  cas de Sa 
Majesté… restait à savoir quoi.  
-  Majesté,  ​dit  Fenrir,  ​je  peux  prendre la tête de vos hommes et aller au combat et en finir une bonne fois 
pour toute.  
-  J’apprécie  votre  courage,  mais voyez la vérité en face. Ils ont une armée considérable, vous vous ferez 
tuer. Nous devons attendre encore un peu. 
-  Et  nous  faire  charcuter  ?  ​agressa  Henry.   Quel  est  cet  artefact  ?!  Est-ce  que  ça  a  un  rapport  avec  votre 
expédition envoyé à l’ouest ? Quel est votre plan ? De quoi vous méfiez-vous ? 
Le  regard  d’Aleksander  était  foudroyant.  Il  n’était  destiné  qu'à  une  personne,  pourtant,  tous  étaient 
resté assis au fond de son siège. 
-  J’ai  des  soupçons  sur  vous,  Henry.  Des  soupçons  sur votre incapacité à gérer une situation de crise, à 
conserver  votre  calme  et  à  garder  l’étiquette  de  la  noblesse  d’Alterak.  Je  vous  déconseille  vivement  de  me 
chercher d’avantage.  
-  Sire,  ​demanda  Erik  de  Flution,  ​les  troupes  de  Glaurung  avance  à  chaque  instant  et  un  dragon  a  été 
aperçu  survolant  Vinyamaria  et  faisant  route  par  ici.  Si  on  en  croit  le  rapport  des  espions,  il  devrait  être 
présent pour la bataille qui se prépare. 
-  C’est  problématique,  en  effet…  ​Aleksander  marqua  un  temps.  J​ ’ai  envoyé  des  espions  il  y  a  quelques 
semaines, je vous avoue qu’ils devraient être rentrés depuis plusieurs jours avec le fameux artefact.  
- Et j’imagine que vous ne pouvez pas nous en parler… ​ajoutait Erik. 
-  Pourquoi  ne  pouvez-vous  pas  nous  en  parler,  hein  ?  ​Henry  se  leva  et  pencha  sa  tête  vers  l’Empereur  qui 
n’était plus qu'à quelques centimètres. ​Vous avez peur que quelqu’un vous observe ? 
 
C’était  allé  si  vite.  Sa  Majesté  agrippa  le  Comte  par  son  gorgerin  avec  sa  main  gauche  et  le  regarda 
droit  dans  les  yeux,  le  regard  plein  d’interrogation.  Henry  ne  pouvait  rien  voir,  mais  de  là  où  j’étais, 
Aleksander  avait  sa  main  droite  sur  sa  dague  prête  à  dégainer.  Les  kommandeurs  en  place  dans  la  salle 
s’étaient mis en garde, prêt à attaquer eux aussi. 
- Vous semblez en savoir bien plus que vous ne devriez, Henry. 
- Je… disais ça comme ça, Votre Majesté Impériale… Vous ne nous dites jamais rien après tout…  
Aleksander le lâcha, le regard toujours rivé sur lui, avant de reprendre. 
-  Nous  mettrons  en  défense  l’ensemble  des  armées.  Alterak  sera  imprenable,  même  pour  un  dragon. 
J’aimerai, Fenrir, que vous vous postiez aux balistes et que vous attendiez le dragon.  

-  Sire  !  ​interrompit  un  garde.  ​Un  étranger  vous  demande,  il  dit  que  c’est  urgent  !  ​criait-il,  essoufflé  après 
avoir couru. 
- J’arrive de ce pas, continuez la réunion sans moi. 
 
L’Empereur  quitta  la  pièce  si  vite  que  j’avais  à  peine  eu  le  temps  de  noter  ce  qu’il  venait  de se passer. 
Tous dans la pièce se regardèrent. 
- Vous pensez qu’Aleksander a rejoint la Sainte Charité ? 
-  Pour  vous,  Henry,  c’est  Votre  Majesté  Impériale.  C’est  une  question  que  vous  avez  posé  la  dernière 
fois,  et  on  vous  a  répondu  que  le  Père  Abbé  avait  manqué  de  pragmatisme.  J’ai  vraiment  l’impression  que 
vous cherchez à vous faire tuer, ​dit Erik. 
- Je n’ai pas de leçon de politique à recevoir d’un Comte de bas étage. 
-  De  politique  peut-être  pas,  mais  de  respect  plus  certainement.  Votre  insolence  et  vos  questions 
incessantes vont vous mener à votre perte. 
- Et c’est vous qui allez me faire mettre au trou, ou me mettre à mort ? Bah j’vous attend ! Le fait est que 
l’ennemi  est  à  nos  portes,  et  que  Sa  Majesté  Impériale  ne  nous  dit  rien,  et  qu’on  va  se  faire  rouler  dessus  si 
personne n’agit, ​rétorqua Henry. 
- Qu’est-ce que vous voulez faire ? Le renverser ? ​demanda un général, sarcastique.  
-  Je  ne  parle  pas  d’arriver  à  une  telle  extrémité  mais  on  pourrait  déjà  prendre  des  décisions  pour  la 
défense, puis l’éventuelle contre-attaque. 
- Sir Henry, vous n’êtes pas militaire, et vous n’avez aucune connaissance des forces en présence. 
- Qu’est-ce que je fais ici alors ? 
-  Vous  êtes  le  représentant  d’un  territoire  conquis  par  l’ennemi.  Votre  savoir  sur  vos  terres  pourrait 
nous aider au moment venu. 
- Certes, en attendant, nous avons besoin de savoir la stratégie mise en place, ​proclama Henry. 
-  Écoutez,  je  m'efforce  de pas m’énerver. Sa Majesté Impériale fait exécuter des fidèles de Glaurung par 
paquets  de  dix  depuis  plusieurs  mois  déjà.  Notre  Cité  est  gangrénée.  Et  votre  comportement  pousse  notre 
Empereur a avoir des soupçons envers vous. Ce n’est absolument pas le moment de vous faire remarquer. 
-  Insinuez-vous  que  j’ai  choisi  de  collaborer  avec  Glaurung  ?  ​dit-il  en  se  levant  en  défiant  le  général  du 
regard. 
- C’est bien possible, ​répondit-il aussitôt, ne lâchant pas des yeux. 
- Nan mais vous foutez pas encore sur la gueule… ​soupira Erik.  
- Qui pense ici que je travaille pour l’ennemi ? 
-  Moi  j’pense  pas  que  vous  travaillez  pour  l’ennemi,  mais  si  vous  saviez  ce que je pense de vous, vous 
tirerez encore plus la tronche, ​finit par dire Ambroise.  
- Moi j’suis même pas sur que vous travaillez, ou que vous foutiez quoi que ce soit, ​ajouta Fenrir. 
-  Nan  mais  là,  y  a  que  la  tarte  dans  la  gueule.  J’ai  pas  de  leçon  a  recevoir  d’un  mec  qui  fait  marier  sa 
fille à son neveu et d’un qui vient de mettre les pieds en politique. 
-  Ouais…  enfin  de  la  part  d’un  mec  qui  culbute  sa  soeur,  moi  à  votre  place  je  la  ramènerai  pas  trop, 
rétorqua Erik. 
Le Comte de Saint-Edonis dégaina son épée, les gardes suivirent au risque d’une attaque. 
- Redites que je culbute ma soeur, juste pour voir, ​menaçait Henry. 
- Vous culbutez votre soeur. 
- Vous… ​il se résigna à attaquer. V
​ ous paierez rien pour attendre. 
-  C’est  pour  ça,  Henry.  C’est  pour  ça  que  l’Empereur  vous  fera  exécuter.  Vous  êtes  impulsif,  vous 
prenez  des  décisions  stupides,  et  par-dessus  tout,  vous  avez  une  grande  gueule  et  rien  dans  le  froc.  Pas 
étonnant que Sa Majesté vous soupçonne d’être un traître, vous en avez le profil.  
L’ambiance  était  gentiment en train d’escalader à nouveau, quand l’Empereur rentra dans la pièce, l’air 
confiant. 

-  Bien.  Notre  espion  vient  de  me  confier  l’artefact  que  je  cherchais  et  nous  allons  pouvoir  planifier  la 
bataille. 
- Ah… ​reprit Henry. V
​ ous avez récupéré l’Orbe des Dieux. Félicitations… 
L’Empereur claqua des doigts, les kommandeurs se jetèrent sur le Comte de Saint-Edonis. 
-  Bien.  Cela  fait  des  mois  que  vous  me  cassez  les  couilles,  que  je  ne  dis  rien,  que  vous  m’accusez  des 
maux que subit Alterak tous les jours. 
- Mais Sire… Qu’ai-je dit ? 
-  Je  n’ai  jamais  parlé  de  l’Orbe  des  Dieux.  Vous  venez  de vous dénoncer tout seul, Henry. Je confisque 
vos terres, et vous serez exécuté dans la demi-heure, le temps que les chevaux soient prêt. 
- Mais… C’est un scandale ! ​hurlait le Comte. 
-  En  même  temps,  à  jouer  au  con  depuis  plusieurs  semaines,  ça  vous  pendait  au  nez,  ​commenta  un 
général. 
- Majesté… les chevaux ? ​demanda Erik. 
- Oui… On n’a plus de bois. 
- Majesté, j’implore votre clémence et votre pragmatisme, je suis innocent ! 
-  Je  n’ai  parlé  de  l’Orbe  des  Dieux  qu'à  trois  personnes  qui  sont  immédiatement  parti  prendre  la  mer. 
Personne  ne  pouvait  être  au  courant.  J’en  déduis  simplement  que  Glaurung  vous  a demandé de trouver où je 
pourrais bien cacher l’artefact. N’est-ce pas ? 
- Mais… pas du tout Majesté ! Je vous assure que je n’en savais rien ! 
-  Écoutez  Henry.  Vous  avez  raison,  je suis pragmatique. Si vous confessez maintenant votre allégeance 
à Glaurung, je vous épargne. 
Il regardait autour de lui, personne ne le soutenait du regard. Il était désemparé.  
- Amusant, avec la conversation que nous venions d’avoir, ​dit le Comte de Flution. 
-  Non  s’il  vous  plaît,  Comte.  La  confession  est  un  droit  que  l’Unique  nous  accorde  à  tous  après  tout. 
Allez Henry. Confessez. 
-  Quand  l’émissaire  que  vous  avez  vu a quitté le palais… je me suis empressé de discuter avec lui pour 
connaître  votre  décision.  Il  m’a  dit  que  vous  aviez  refusé  et  que  si  j’acceptais,  je  retrouverais  mes  terres  et 
peut-être plus encore en échange d’informations confidentielles. J’avais peur pour l’avenir du pays, Majesté…  
- Je l’avais dit. Rien dans le froc, ​ajouta Erik de Flution. 
-  Tu  avais  peur…  Je  comprends.  ​Sa  Majesté  caressa  la  joue  d’Henry.  ​Tu  as  blessé  ton  Empereur, et tu lui 
as menti. Tu le sais ça ? 
- Oui Majesté, j’en suis navré… ​quelques larmes commencèrent à couler. ​Merci de m’épargner… 
-  Quand on ment à son Empereur… ​Il lui agrippa l’oreille et tira comme une brute. ​L’Empereur ne tient pas 
parole. 
- Non ! Pitié ! 
-  Pitié  ?  Avez-vous  eu  de  la  pitié  pour  tous  ces  gens  qui  sont  mort  ?  Avez-vous eu de la pitié pour ces 
généraux  qui  se  démènent  nuits  et  jours  pour  essayer  de  sauver  vos  miches  alors  que  n’importe  qui  pouvait 
avoir  l’Orbe  des  Dieux  et  observer  nos moindres faits et gestes ?! Hein ?! Vous le saviez que j’avais peur de cet 
artefact  qui  pouvait  être  entre  les mains de l’ennemi. Vous n’avez eu aucune pitié quand vous avez colporté la 
soi-disante  paranoïa  de  l’Empereur…  ​Il  reprit  son  souffle  tant  il  s’était  mit  à  parler  vite.  M
​ aintenant…  la  seule 
pitié  auquel  vous  aurez  peut-être  droit, et le connaissant c’est peu probable, c’est la pitié de l’Unique que vous 
allez rejoindre. 
- Sire ! Il fallait me comprendre, j’avais et peur et... 
- Et vous avez décidé de changer votre allégeance. Vous êtes un salopard de traître. 
La  réunion  était  interrompue,  évidemment.  Le  Comte  de  Saint-Edonis  préféra,  finalement,  garder  son 
silence  jusqu’à  la  place  publique,  que  nous  rejoignîmes  peu  de  temps  après.  A  la fenêtre du palais, je pouvais 
apercevoir  Son  Altesse  Impériale  Marie-Aliénor  de  Tannissie  observant  la  scène,  l’héritier  dans  ses  bras. 
Comme ordonné, des chevaux arrivèrent, tous l’air plus misérables les uns que les autres. 

-  Si  des  gens  comme  moi  rejoignent  l’ennemi,  c’est  parce  que  vous  êtes  devenu  tolérant  envers  les 
non-humains et les hérétiques ! 
Henry  cherchait  a  faire  réagir  l’Empereur,  mais  ce  dernier ne bronchait plus depuis deux ans. Même si 
certaines  choses  dans  son  regard  semblaient  montrer  qu’il  était  plus  confiant,  son  regard  froid  et  son 
“pragmatisme” continuait de le dominer. 
-  Glaurung  vous  fait  peur,  hein  !  Vous  ne  parlez  pas  depuis  tout  ce  temps  car  vous  étiez  terrifié  que 
l’Orbe des Dieux soit utilisé contre vous. Vous êtes incapable de regarder votre propre mort en face. 
Il  attendait  une  réaction…  Mais  l’Empereur  restait impassible quand les gardes mettaient à nu l’ancien 
Comte de Saint-Edonis. 
-  Nous  sommes  plus  puissants  que  les  humains ! Vous pourrez m’imposer toutes les tortures que vous 
voulez, je ne hurlerai pas ! 
La réaction de l’Empereur se fit quand le peuple arrivait pour observer l'exécution. 
-  Si,  tu  vas  hurler.  De  tout  ton  souffle.  Tu  mourras  même  d'asphyxie.  Mais  tu  ne  hurleras  pas 
suffisamment longtemps pour que quelqu’un ici n’en ai quelque chose à faire. 
- Majesté, ​interpella un garde. ​Le cheval est trop vieux pour pouvoir galoper correctement. 
-  Ah,  bah  dans  ce  cas,  peut-être  qu’Henry  hurlera  plus  longtemps  que  prévu.  Gardes,  attachez  ses 
cheveux à un de ses poignets et à une de ses chevilles.  
-  Non,  Sire  !  Pitié.  Je  vous dirai tout. Le Dragon qui vient se nomme Balion, il est lieutenant des armées 
de Glaurung ! Ils vont passer par le fleuve à l’Est de Rieu, je vous en conjure je vous dirais tout ! 
-  Tu  m’as  trahi  moi.  Et  maintenant,  tu  trahis  Glaurung.  Gardes,  n’épuisez  pas  ce  pauvre  bourrin, 
mettez le simplement au pas. 
Le  garde  s'exécuta  et  fit  avancer  le  vieil  animal.  Les  attributs  masculins  d’Henry  frottaient  sur  le pavé 
nu,  et  le  hurlement  atroce  résonnait  dans  toute  la  cité.  Des  lambeaux  de  peaux  s’arrachaient  et  finirent 
rapidement par être éparpillés sur le sol. Aleksander cria : 
-  Dit  bien  à  ton  maître  que  maintenant  que  l’Orbe  des  Dieux  est  entre mes mains, la guerre ne fait que 
commencer.  
L’Empereur  tourna  le  dos  dans  l’indifférence  et  retourna  dans  son  palais  afin  de  terminer  la  réunion. 
Les  gens  du  peuples  se  remirent  au  travail.  Tous  laissèrent  dans  l’indifférence  l’homme  hurlant  à  la  mort 
traîné  au  sol  pendant  plusieurs  heures.  Je  suis  resté  là,  plusieurs  minutes  à  le  regarder  laisser  une  mare  de 
sang  derrière  lui.  Quand  le  corps  a  été  récupéré,  tout  le  flanc  droit  avait été arraché, et le corps avait continué 
d’être traîné après la mort du bougre. L’Empereur avait insisté à conserver le corps. 
Comme  tous  loups  qui  attaquent  le  bétail,  le  berger  n’allait  pas  tarder  à se montrer. Je me tenais sur le 
chemin  de  ronde,  le  lendemain  matin,  à  regarder  la  plaine  devant  la  cité.  C’était  une  journée  sans  nuages, 
pourtant,  le  soleil  était  masqué  par  une  ombre.  Le  bruit  d’une  armée  en mouvement, et le nuage de poussière 
qui  s’en  dégageait,  est  caractéristique.  Balion,  le  lieutenant de Glaurung, était à quelques heures de marche de 
la  capitale,  le  siège  avait  commencé.  Toutefois,  par  le  fleuve  au  nord,  des  navires  aux  pavillons  de  Sartak 
étaient  venu  en  renfort,  leur  Duc  à  leur  tête.  Les  soldats  ne  mirent  que  quelques  minutes  à  se  mettre  en 
formation. La Grande Bataille pour le Royaume d’Alterak venait de commencer. 


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