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Adaptation profonde : Un plan pour se repérer dans la
tragédie climatique
Document occasionnel IFLAS 2
www.iflas.info
27 juillet 20181
Professeur Jem Bendell
Traduit en français par Baptiste DENIS
Documents occasionnels
Les documents occasionnels sont publiés par l'Institute du Leadership et de la durabilité
(IFLAS) de l'Université de Cumbria au Royaume-Uni afin de promouvoir la discussion entre
chercheurs et praticiens sur des thèmes importants pour notre personnel et nos étudiants.
Généralement, un article occasionnel est publié avant d'être soumis à une revue scientifique, afin de
recevoir une rétroaction. Par exemple, le premier document occasionnel, rédigé par les professeurs
Jem Bendell et Richard Little, a ensuite été publié dans le Journal de la citoyenneté d‘entreprise
(Journal of Corporate Citizenship).
Cependant, les auteurs du Journal de comptabilité de la durabilité (Sustainability Accounting,
Management and Policy Journal (SAMPJ)), ont refusé de publier le présent document, car ils ont
demandé des modifications majeures que l'auteur a considérées comme étant impossibles ou
inappropriées. Impossible, car la demande visant à exploiter les connaissances existantes sur ce sujet
nécessiterait des publications sur les conséquences de l'effondrement social induit par l'écologie, à
l'échelle mondiale, sur lesquelles s'appuyer. Une revue des études existantes a démontré qu‘il
n‘existait pas de telles études en gestion.
Inopportun, car la demande de l'examinateur de ne pas décourager les lecteurs avec
l'affirmation d '« inévitable effondrement social à court terme » reflète une forme de censure constatée
parmi les personnes travaillant dans le secteur du commerce durable et dont il est question dans le
document. La lettre de l'auteur au rédacteur en chef de la revue, accompagnée de quelques
commentaires des relecteurs anonymes, est annexée à la fin du présent document occasionnel.

Remerciements de l'auteur
Pour rédiger cet article, j'ai dû prendre le temps de passer en revue la science du climat pour la
première fois depuis mon arrivée à l'Université de Cambridge en 1994 et d'analyser les implications de
manière rigoureuse. Je n‘aurais probablement pas fait cela sans l‘encouragement des personnes
suivantes: Chris Erskine, Dougald Hine, Jonathan Gosling, Camm Webb et Katie Carr. Je remercie
Dorian Cave pour son aide dans mes recherches et Zori Tomova pour m‘avoir aidé à faire valoir la
vérité. Je remercie également la professeure Carol Adams d'avoir trouvé des relecteurs pour ce
document et les deux relecteurs anonymes, qui ont fourni des commentaires utilisables malgré la
nécessité de révisions majeures allant à l'encontre du but du document. Je remercie également Carol de
m'avoir impliqué de par le passé dans le SAMPJ en tant que rédacteur invité. Seedbed a fourni un
financement pour que je puisse me focaliser sur l'adaptation profonde pendant mon congé sabbatique.
Si vous éditez une revue scientifique à accès libre évaluée par des pairs et souhaitez que cet article soit
soumis, veuillez contacter l'auteur.
1

Version mise à jour après la révision, déc. 2018

Résumé
L'objet de cet article conceptuel est de donner aux lecteurs l'occasion de réévaluer leur travail
et leur vie face à un inévitable effondrement social à court terme causé par le changement climatique.
L‘approche de ce document consiste à analyser les études récentes sur le changement climatique et
leurs implications pour nos écosystèmes, nos économies et nos sociétés, telles qu‘elles sont fournies
par des revues spécialisées et des publications provenant directement d‘instituts de recherche.
Cette synthèse conduit à la conclusion qu'il y aura un effondrement de la société à court terme
avec de graves conséquences pour la vie des lecteurs. Le document passe en revue quelques-unes des
raisons pour lesquelles il peut exister un déni d'effondrement, en particulier dans les professions de la
recherche et de la pratique en matière de développement durable, ce qui explique que ces arguments
étaient jusqu'à présent absents de ces domaines.
Le document propose un nouveau cadrage pour la recherche, les pratiques organisationnelles,
le développement personnel et les politiques publiques, appelé programme d‘adaptation profonde. Ses
aspects clés concernent la résilience, l'abandon et les restaurations. Ce programme ne cherche pas à
s'appuyer sur les travaux existants sur « l'adaptation au climat », car il est fondé sur l'idée que
l'effondrement social est désormais inévitable. L‘auteur pense que c‘est l‘un des premiers articles dans
le domaine de la gestion de la durabilité à conclure que l‘effondrement de la société induit par le
climat est désormais inévitable à court terme, et invite donc les chercheurs à en explorer les causes et
les implications.

Support du lecteur :
Une liste de lectures, podcasts, vidéos et réseaux pour soutenir les réponses et informations
contenues dans ce document est disponible sur www.jembendell.com.

Introduction
Les professionnels de la gestion de la politique, du management et de la recherche durable
peuvent-ils - moi-même inclus - continuer à travailler avec l'hypothèse ou l'espoir que nous pouvons
ralentir le changement climatique, ou y réagir suffisamment pour soutenir notre civilisation? Des
informations troublantes sur le changement climatique ayant traversé mon écran, c‘était la question
que je ne pouvais plus ignorer, et donc j‘ai décidé de prendre quelques mois pour analyser la science
climatique actuelle. Comme j'ai commencé à conclure que nous ne pouvions plus travailler avec cette
hypothèse ou cet espoir, je me suis alors posé une seconde question. Les professionnels engagés dans
le domaine de la durabilité ont-ils discuté la possibilité qu‘il soit trop tard pour éviter une catastrophe
environnementale et les implications induites pour leur travail ? Un court passage en revue de la
littérature a révélé que mes collègues ne publient pas de travaux qui explorent ou partent de cette
perspective.
Cela me conduisit alors à une troisième question. Pourquoi les professionnels de la durabilité
n'explorent-ils pas fondamentalement cette question importante, pour tout notre domaine, tout comme
pour nos vies personnelles. Pour répondre à cette question, je me suis inspiré d‘analyses
psychologiques, de conversations avec des collègues, de revues scientifiques, de débats entre
écologistes sur les médias sociaux, et de ma propre auto-réflexion.
J‘en ai conclu qu‘il est nécessaire de promouvoir une discussion sur les implications d‘un
effondrement social déclenché par une catastrophe environnementale, ma quatrième question s‘est
alors orientée sur les façons dont les gens parlent d'effondrement sur les médias sociaux.
J'ai donc identifié une variété de conceptualisations, et à partir de cela me suis demandé qu‘est
ce qui pourrait fournir une carte pour permettre aux gens de naviguer sur cette question extrêmement
difficile. Pour cela, je me suis inspiré de nombreuses lectures et expériences au cours de mes 25

années de carrière dans le domaine du développement durable pour définir un agenda pour ce que j‘ai
qualifié d‘ « adaptation profonde» face au changement climatique.
Le résultat de ces cinq questions est un article qui ne contribue pas à un ensemble spécifique
de littérature ou de pratique dans le vaste domaine de la politique ou de la gestion durable. Il
questionne plutôt la base de tout travail dans ce domaine. Il ne cherche pas à s‘ajouter aux recherches
existantes, aux politiques et pratiques sur l‘adaptation au climat, recherches que j‘ai trouvé être
encadrées par l‘espoir que nous pouvons gérer les impacts du changement climatique sur notre
environnement physique, économique, social, politique et psychologique.
Au lieu de cela, cet article pourra contribuer aux travaux futurs sur la gestion ou la politique
durable en tant que soustraction comme par addition. Je veux dire par là qu‘un peu de temps est
nécessaire pour prendre du recul, afin d‘envisager "le cas où" l‘analyse de ces pages soit vrai, pour
vous permettre de faire votre deuil, et de surmonter suffisamment de peurs typiques que nous avons
tous, pour trouver de nouvelles façons d‘être et d‘agir. Cela peut être du domaine universitaire - ou
pourrait être un sujet intéressant dans beaucoup d‘autres domaines.
Tout d‘abord, j‘expliquerai brièvement le peu de recherche qui considère, ou se base sur
l‘existence certaine d‘un effondrement social en raison de la catastrophe environnementale, et je
donnerai reconnaissance au travail existant dans ce domaine, que de nombreux lecteurs considèrent
d‘ailleurs comme pertinent. Deuxièmement, je résumerai ce que j'estime être la meilleure des
approches scientifiques de la science climatique de ces dernières années, et comment elle amène les
gens à conclure que nous sommes confrontés à des changements perturbateurs à court terme.
Troisièmement, j'expliquerai comment cette perspective est marginalisée au sein du
secteur professionnel de l‘environnement - et vous inviterai donc à quitter votre point de vue « grand
public » derrière vous. Quatrièmement, je décrirai les moyens par lesquels les gens définissent notre
situation comme un effondrement une catastrophe ou une extinction sur les réseaux sociaux, et
comment ces points de vues déclenchent différentes émotions et idées. Cinquièmement, je décrirai un
«programme d‘adaptation en profondeur» pour aider à guider les débats à propos de ce que nous
pourrions faire une fois que nous reconnaitront que le changement climatique est une tragédie qui se
déroule. Enfin, je ferai quelques suggestions sur la façon dont cet agenda pourrait influencer nos
recherches et notre enseignement futurs dans le domaine de la durabilité.
En tant que chercheurs et praticiens réfléchis, nous avons la possibilité et l‘obligation de ne
pas simplement faire ce qui est attendu par nos employeurs et les normes de notre profession, mais
aussi de réfléchir à la pertinence de notre travail au sein de l‘entièreté de la société. Je suis conscient
que certaines personnes considèrent les déclarations des universitaires concernant un inévitable
effondrement social à court terme en réponse aux problèmes actuels comment pouvant être
irresponsables en raison de l'impact potentiel que cela peut avoir sur la motivation ou la santé mentale
des personnes qui lisent de telles déclarations. Mes recherches et mon engagement par le dialogue sur
ce sujet, dont je décrirai certains aspects dans ce papier, m‘ont conduit à conclure exactement le
contraire. C'est un acte totalement responsable de communiquer cette analyse dès maintenant, et
d‘inviter les gens à se soutenir, moi-même inclus, dans l'exploration des conséquences qu‘elle induit, y
compris les implications psychologiques et spirituelles.

Localisation de cette étude dans les universités
Quand on discute des perspectives négatives sur le changement climatique et de ses
implications pour la société humaine, la réponse est souvent de chercher un aperçu en replaçant cette
information dans un contexte, dont on suppose souvent que celui-ci soit équilibré avec d'autres
informations. Comme l'information sur notre situation climatique est si négative, l‘équilibre est alors
souvent trouvé en soulignant d‘autres informations plus positives sur les progrès du programme de
développement durable.
Ce processus de recherche d‘un «équilibre» est une habitude du raisonnement et de l‘esprit.
Mais cela n'en fait pas un moyen logique de délibération s'il les informations positives partagées ne
concernent pas la situation décrite par l'information négative.
Par exemple, discuter des progrès dans le domaine de la santé et des politiques de sécurité de
la White Star Line avec le capitaine du Titanic sombré dans les eaux glacées de l‘Atlantique Nord ne
serait pas une utilisation sensée de notre temps. Cependant, étant donné que cet équilibre est souvent la
façon dont les gens répondent aux discussions sur l‘ampleur et la rapidité de notre tragédie climatique,
reconnaissons d‘abord les nouvelles positives du programme de développement durable.
Certes, des progrès dans le domaine environnemental ont été réalisés au cours des dernières
décennies, de la réduction de la pollution à la préservation des habitats, en passant par la gestion des
déchets. Des efforts considérables ont été déployés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre
au cours des vingt dernières années, une partie de l‘action pour le climat officiellement appelée
«atténuation» (Aaron-Morrison et. al. 2017).
Il y a eu plusieurs avancées sur la gestion du climat et du carbone - de la sensibilisation à la
politique, en passant par les innovations (Flannery, 2015). Des pas plus grands et plus rapides doivent
être pris. Cela est facilité par l‘accord conclu en décembre 2015 lors du Sommet intergouvernemental
sur le climat représenté par la COP21, et maintenant qu‘il existe aussi un engagement chinois sur la
question. Soutenir la continuité et l‘élargissement de ces efforts est essentiel. En outre, une action
croissante est en cours sur l‘adaptation face au changement climatique, tels que les défenses contre les
inondations, les lois de planification et systèmes d'irrigation (Singh et al, 2016). Alors que nous
pouvons louer ces efforts, leur existence n'a pas d'importance pour l'analyse de notre situation générale
avec le changement climatique.
Plutôt que de s‘appuyer sur les théories existantes sur les entreprises durables, ce rapport se
concentre sur un phénomène. Ce phénomène n'est pas le changement climatique en soi, mais l‘état du
changement climatique en 2018, que je soutiendrai à partir d'une étude secondaire qui indique un
effondrement social à court terme. L‘écart dans la littérature que ce document aborde est
le manque de discussion entre les études de gestion environnementale, avec l'idée que nous pouvons
soit résoudre soit faire face au changement climatique. Dans le Sustainability Accounting
Management and Policy Journal (SAMPJ), auquel ce rapport a été soumis à l'origine, il n'y a pas eu de
discussion à propos du sujet précédent, mis à part mon propre article co-écrit (Bendell, et al, 2017).
Trois articles mentionnent l'adaptation au changement climatique très rapidement, avec un seul le
prenant réellement en compte sur « comment améliorer l‘agriculture irriguée » (de Sousa Fragosoet al,
2018)2 .

2

Une recherche dans la base de données de cette revue montre que les termes suivants n‘ont jamais été utilisés:
effondrement de l‘environnement, effondrement économique, effondrement social, effondrement de la société,
catastrophe environnementale, extinction humaine. La catastrophe est mentionnée dans 3 documents, dont deux
sur les incendies d‘usines au Bangladesh, et l‘autre étant mon propre article.

« Organisation and Environment » est un journal de référence pour le débat sur les
conséquences induites par le climat pour les organisations et vice-versa, où depuis les années 1980, les
positions philosophiques et théoriques sur l'environnement sont discutées, ainsi que les implications
organisationnelles ou de gestion.
Cependant, la revue n'a publié aucun article de recherche explorant les théories et
conséquences de l‘effondrement social dû à la catastrophe environnementale3. Trois articles
mentionnent l'adaptation au climat. Deux possèdent une adaptation du climat dans leur contexte, mais
explorent d‘autres problèmes comme étant au centre de leurs préoccupations, en particulier les
problèmes sociaux (L'apprentissage (Orsato, et al 2018) et L'apprentissage en réseau (Temby et al,
2016)). Seulement un article de ce journal se penche sur l‘adaptation au changement climatique et le
met au centre de ses préoccupations. En revanche, bien que possédant un résumé utile de la gravité des
implications pour l‘organisation mondiale, le papier n‘explore pas les implications d'un effondrement
social généralisé (Clément et Rivera, 2016).
Loin des études de gestion, le domaine de l'adaptation au climat est vaste (Lesnikowski et al
2015). Pour illustrer cela, une recherche sur Google Scholar renvoie à plus de 40 000 résultats pour le
terme «adaptation au climat». En répondant aux questions que je me pose dans ce document, je ne vais
pas passer en revue ce domaine. On pourrait alors me demander «pourquoi pas»? La réponse est que le
sujet prédominant de l'adaptation au climat est orienté vers les moyens de maintenir notre société face
à des perturbations climatiques gérables (ibid). Le concept d ' « adaptation profonde » résonne avec
cette période où nous acceptons que nous devrons changer, mais elle rompt avec elle en prenant
comme point de départ l'inévitabilité de l'effondrement de la société (comme je l'expliquerai cidessous).

Notre monde non linéaire
Ce document n‘est pas le lieu approprié pour un examen détaillé de toutes les dernières
sciences du climat. Cependant, j'ai passé en revue la littérature scientifique publiée ces dernières
années, et où il y avait encore une grande incertitude, jusqu‘à aller chercher les dernières données
existantes dans ce domaine provenant d'instituts de recherches. Dans cette section, je résume tous les
résultats obtenus par ces études, et je les recroise pour établir la conclusion qu'il est trop tard pour que
nous considérions les implications de l‘existence d‘un tragique changement climatique, et pour éviter
une catastrophe environnementale mondiale au cours de la vie des gens actuellement en vie
aujourd‘hui.
La simple preuve de l'élévation de la température ambiante globale est incontestable. Pour
preuve, 17 des 18 années les plus chaudes des 136 dernières années ont toutes eu lieu depuis 2001, et
les températures mondiales ont augmenté de 0,9 ° C depuis 1880 (NASA / GISS, 2018). Le
réchauffement le plus significatif se situe dans l‘Arctique, où la température à la surface du sol en
2016 était de 2,0 ° C supérieure à la moyenne de 1981 à 2010, battant les précédents records de 2007,
2011 et 2015 de 0,8 ° C, en marquant une augmentation de 3,5 ° C depuis le début de 1900 (AaronMorrison et al, 2017).
Ces données sont assez faciles à rassembler et ne sont pas largement contestées, et cheminent
assez rapidement vers les publications académiques. Cependant, pour avoir une idée des conséquences
de ce réchauffement sur l'environnement et la société, il faut disposer de données en temps réel sur la
situation actuelle et pouvoir en déduire les futures tendances climatiques. Comme nous le verrons, le
changement climatique et ses impacts associés ont été importants au cours des dernières années. Par
3

Une recherche en texte intégral dans la base de données de cette revue montre que les termes : effondrement
environnemental, effondrement social et effondrement de la société ont été chacun mentionnés dans un article
différent. L'effondrement économique a été mentionné dans trois articles. L'extinction humaine est mentionnée
dans deux articles. La catastrophe environnementale est mentionnée dans douze articles. Une lecture de ces
articles m‘a ensuite montré qu'ils n'exploraient pas la collapsologie.

conséquent, pour apprécier et mieux juger la situation, nous devons examiner les résultats en les
obtenant directement aux instituts de recherche, aux chercheurs et à leurs sites Web, pour obtenir les
informations les plus récentes.
Cela signifie utiliser, mais pas uniquement, des articles de revues spécialisées et les rapports
produits par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Cette
institution internationale a fait un travail utile, mais elle a largement sous-estimé le rythme du
changement, qui avait d‘ailleurs été prédit avec plus de précision au cours des dernières décennies par
d'éminents climatologues.
Par conséquent, dans cette revue, je vais faire appel à diverses sources, en mettant l‘accent sur
les données obtenues depuis 2014. En effet, malheureusement, les données collectées depuis cette
année là sont souvent cohérentes avec les modifications non linéaires de notre environnement. Les
changements non linéaires sont d‘une importance capitale pour comprendre le changement climatique,
car ils suggèrent que les impacts seront beaucoup plus rapides et graves que les prévisions fondées sur
des projections linéaires, et que les changements ne sont plus corrélés au taux d‘émission anthropique
de carbone. En d‘autres termes, on peut parler de changement climatique « insensé » ou
« exponentiel ».
Le réchauffement de l'Arctique a sensibilisé le grand public à la déstabilisation des vents dans
la haute atmosphère, en particulier le jet-stream et le vortex polaire nord, entraînant des mouvements
extrêmes d'air plus chaud vers le nord dans l'Arctique, et d'air froid au sud. À un moment donné au
début de 2018, les enregistrements de température dans l'Arctique dépassaient de 20 degrés Celsius la
moyenne pour cette date (Watts, 2018). Le réchauffement de l'Arctique a entraîné une perte
considérable de glace de mer, dont l'étendue moyenne a diminué de 13,2% par décennie depuis 1980,
de sorte que plus des deux tiers de la couverture de glace ont disparu (NSIDC / NASA, 2018). Ces
données sont rendues plus préoccupantes encore par les changements dans le volume de la glace de
mer, ce qui est un indicateur de la résistance de la calotte glaciaire au réchauffement et aux tempêtes
futurs. Il était au plus bas de tous les temps en 2017, poursuivant ainsi une tendance de baisse
constante (Kahn, 2017).
Compte tenu de la réduction de la réflexion des rayons du soleil sur la surface de la glace
blanche, on prévoit que l‘Arctique sans glace augmentera considérablement de par son réchauffement
le réchauffement à l‘échelle mondiale. En 2014, les scientifiques ont calculé que ce changement
équivalait déjà à 25% de l'augmentation directe de la température causée par le CO2 au cours des 30
dernières années (Pistone et al, 2014). Cela signifie que nous pourrions éliminer un quart des
émissions de CO2 cumulées des trois dernières décennies, et que la perte du pouvoir réfléchissant de
la glace de mer arctique l‘aurait déjà été.
Peter Wadhams, l'un des scientifiques climatologues les plus éminents au monde, estime qu'un
arctique exempt de glace se produira lors d‘un été dans les prochaines années et qu'il augmentera
probablement de 50% le réchauffement provoqué par le CO2 produit par l'activité humaine
(Wadhams). , 2016). En soi, cela rend les calculs du GIEC superflus, ainsi que les objectifs et les
propositions de la CCNUCC4.
Entre 2002 et 2016, le Groenland a perdu environ 280 gigatonnes de glace par an et les zones
de basse altitude et côtières de l'île ont subi jusqu'à 4 mètres de perte de masse de glace (exprimée en
hauteur équivalente à l'eau) sur une période de 14 ans (NASA, 2018). Parallèlement à la fonte des
glaces terrestres et à la dilatation thermique de l'eau, cela a contribué à une élévation moyenne du
niveau de la mer d'environ 3,2 mm / an, représentant une augmentation totale de plus de 80 mm depuis
1993 (JPL / PO.DAAC, 2018). Donner un chiffre par an implique une augmentation linéaire, comme
l‘ont supposé le GIEC et d‘autres dans leurs prédictions. Cependant, des données récentes montrent
4

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été adoptée au cours du
Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 par 154 États auxquels il faut ajouter la totalité des membres de la
Communauté européenne. Elle est entrée en vigueur le 21 mars 1994. En 2004, elle était ratifiée par 189 pays, en
2015 on recense 195 pays2et en 2018, par 197 pays. La CCNUCC est la première tentative, dans le cadre de
l'ONU, de mieux cerner ce qu'est le changement climatique et comment y remédier.

que la tendance à la hausse est non linéaire (Malmquist, 2018). Cela signifie que le niveau de la mer
monte en raison d‘une augmentation non linéaire de la fonte des glaces terrestres.
Les phénomènes observés concernant les températures et le niveau de la mer réels sont
supérieurs à ce que prédisaient les modèles climatiques au cours des dernières décennies pour notre
temps actuel. Ils sont compatibles avec les changements non linéaires de notre environnement, qui
entraînent ensuite des impacts incontrôlables sur l'habitat humain et l'agriculture, avec des impacts
complexes ultérieurs sur les systèmes sociaux, économiques et politiques. Je reviendrai sur les
implications de ces tendances après avoir énuméré quelques-uns des impacts déjà signalés comme se
produisant aujourd'hui.
Nous constatons déjà des effets sur les tempêtes, les sécheresses et la fréquence et la force des
inondations en raison de la volatilité accrue due à la présence également accrue d‘énergie dans
l‘atmosphère (Herring et al, 2018).
Nous assistons à des impacts négatifs sur l'agriculture. Le changement climatique a réduit la
hausse des rendements agricoles de 1 à 2% par décennie au cours du siècle dernier (Wiebe et al, 2015).
L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) signale que les anomalies
climatiques liées au changement climatique coûtent des milliards de dollars par an et augmentent de
manière exponentielle. Pour l'instant, l'impact est calculé en argent, mais les implications
nutritionnelles sont essentielles (FAO, 2018).
Nous constatons également des impacts sur les écosystèmes marins. Près de la moitié des
récifs coralliens dans le monde sont morts au cours des 30 dernières années, pour diverses raisons,
mais la température de l‘eau et l‘acidification, dues aux concentrations plus élevées de CO2 dans l‘eau
de mer, tiennent un rôle majeur dans cette problématique (Phys.org, 2018). Dans les dix années
précédant 2016, l'océan Atlantique avait absorbé 50% de dioxyde de carbone en plus par rapport à la
décennie précédente, accélérant de manière mesurable l'acidification de l'océan (Woosley et al, 2016).
Cette étude est révélatrice des océans du monde entier, et l'acidification qui en résulte dégrade la base
du réseau trophique marin, réduisant ainsi la capacité des populations de poissons à se reproduire à
travers le monde (Britten et al, 2015). Pendant ce temps, le réchauffement des océans réduit déjà la
taille de la population de certaines espèces de poissons (Aaron-Morrison et al, 2017).
En plus de ces menaces pour la nutrition humaine, nous assistons dans certaines régions à une
augmentation exponentielle de la propagation des virus transmis par les moustiques et les tiques, à
mesure que les températures leur deviennent plus favorables (ECJCR, 2018).

Se tourner vers l‘avenir
Les impacts que je viens de résumer nous touchent déjà et même s'ils n'augmentent pas leur
gravité, ils vont néanmoins augmenter leurs impacts sur nos écosystèmes, nos sols, nos mers et nos
sociétés au fil du temps. Il est difficile de prédire les impacts futurs. Mais il est plus difficile de ne pas
les prédire.
Les impacts rapportés aujourd‘hui se situent au pire des prévisions faites au début des années
90. Les modèles actuels suggèrent une augmentation du nombre et de la force des tempêtes (Herring et
al, 2018). Ils prédisent un déclin de l'agriculture conventionnelle, y compris de la production de masse
de céréales dans l'hémisphère nord, et annoncent une perturbation intermittente de la production de riz
sous les tropiques. Cela inclut des baisses prévues des rendements de riz, de blé et de maïs en Chine de
36,25%, 18,26% et 45,10%, respectivement, et ce d'ici la fin du siècle (Zhang et al, 2016). Naresh
Kumar et al. (2014) prévoient une réduction de 6 à 23% et de 15 à 25% du rendement du blé en Inde
au cours des années 2050 et 2080, respectivement, dans le cadre des principaux scénarios de
changement climatique.
La perte de coraux et l'acidification des mers réduiraient la productivité de la pêche au moins
de moitié (Rogers et al, 2017). Les taux d'élévation du niveau de la mer suggèrent qu'ils pourraient
bientôt devenir exponentiels (Malmquist, 2018), ce qui posera des problèmes importants à des
milliards de personnes vivant dans les zones côtières (Neumann et al, 2015).

Les écologistes décrivent à présent notre époque actuelle comme le sixième événement
d'extinction de masse de l'histoire de la planète Terre, celle-ci étant provoquée par nous. Environ la
moitié des espèces de plantes et d'animaux présentes dans les régions les plus riches en biodiversité du
monde sont en danger d'extinction en raison du changement climatique (WWF, 2018). La Banque
mondiale a signalé en 2018 que les pays devaient se préparer à accueillir plus de 100 millions de
personnes déplacées à l'intérieur de leur pays en raison des effets du changement climatique (Rigaud et
al, 2018), en plus de millions de réfugiés internationaux.
Malgré que vous, moi et la plupart des personnes connaissions déjà des données sur cette
situation mondiale, il est utile de récapituler simplement certaines informations afin d‘inviter à une
acceptation sobre de notre situation actuelle. Cela a amené certains commentateurs à décrire notre
époque comme une nouvelle ère géologique façonnée par l'homme - l'Anthropocène (Hamilton, et al,
2015). Cela a conduit d'autres personnes à conclure que nous devrions explorer comment vivre dans
une situation instable après la durabilité (Benson et Craig, 2014; Foster, 2015). Il convient de rappeler
ce contexte, car il fournit la base permettant d‘évaluer l‘importance, ou non, de tous les efforts
louables déployés et dont les résultats ont été décrits en détail dans la présente revue et d‘autres au
cours de la dernière décennie. Je vais maintenant tenter de résumer ce contexte plus large dans la
mesure où il pourrait encadrer nos travaux futurs sur la durabilité.
Selon le consensus scientifique politiquement acceptable, nous devons rester au-dessous de
2°C de la température ambiante afin d'éviter des niveaux dangereux et incontrôlables de changement
climatique, avec des impacts tels que famine massive, maladies, inondations, destruction par la
tempête, migration forcée et guerre. Ce chiffre a été approuvé par les gouvernements confrontés à de
nombreuses pressions nationales et internationales émanant d‘intérêts, en particulier de sociétés.
Ce n‘est donc pas un chiffre que de nombreux scientifiques conseilleraient, étant donné que de
nombreux écosystèmes seront perdus et que de nombreux risques seront créés si nous nous approchons
du réchauffement de la planète de 2 degrés (Wadhams, 2018). Le GIEC a convenu en 2013 que si le
monde ne parvenait pas à réduire les émissions anthropiques en deçà d'un total de 800 milliards de
tonnes de carbone, il était peu probable que nous arriverions à maintenir des températures moyennes
inférieures à 2 degrés du réchauffement moyen de la planète. Il reste environ 270 milliards de tonnes
de carbone à brûler (Pidcock, 2013). Les émissions mondiales totales restent autour de 11 milliards de
tonnes de carbone par an (soit 37 milliards de tonnes de CO2). Ces calculs semblent inquiétants mais
donnent l‘impression que nous avons au moins une décennie pour changer. Il faut beaucoup de temps
pour changer les systèmes économiques.
Par conséquent, si nous ne sommes actuellement pas encore sur la voie de réductions
spectaculaires, il est donc peu probable que nous restions dans les limites de carbone. Avec une
augmentation des émissions de carbone de 2% en 2017, le découplage de l'activité économique et des
émissions n'a pas encore permis de réduire les émissions mondiales (Canadell et al, 2017). Nous ne
sommes alors pas sur le chemin pour éviter le réchauffement de plus de 2 degrés par la réduction des
émissions. En tout état de cause, l‘estimation du budget carbone établie par le GIEC était controversée.
De nombreux scientifiques ont estimé que le CO2 existant dans l‘atmosphère devrait déjà produire une
augmentation de la température ambiante globale de plus de 5 ° C et qu‘il n‘existe donc pas de budget
carbone, étant donné qu‘il a déjà été dépassé (Wasdell, 2006). 2015).
C‘est pour cette raison que certains experts ont préconisé de redoubler d‘efforts pour éliminer
le carbone de l‘atmosphère à l‘aide de machines. Malheureusement, la technologie actuelle devra être
multipliée par 2 d'ici 2 ans, toutes alimentées par des énergies renouvelables, parallèlement à des
réductions d'émissions massives, afin de réduire la quantité de chauffage qui serait, elle, déjà
verrouillée dans le système (Wadhams, 2018). Les approches biologiques de la capture du carbone
semblent beaucoup plus prometteuses (Hawken et Wilkinson, 2017). Celles-ci incluent, entre autres, la
plantation d'arbres, la restauration des sols utilisés en agriculture et la croissance des herbiers marins et
du varech. Ils offrent également des effets secondaires environnementaux et sociaux bénéfiques plus
larges. Des études sur les herbiers marins (Greiner et al, 2013) et les algues marines (Flannery, 2015)
indiquent que nous pourrions prélever des millions de tonnes de carbone de l'atmosphère

immédiatement et de manière continue si nous déployions des efforts considérables pour restaurer les
herbiers et cultiver les algues.
L'effet de séquestration nette est toujours en cours d'évaluation, mais dans certains
environnements, il sera important (Howard et al, 2017). La recherche sur les pratiques de «pâturage en
rotation à forte intensité de gestion» (MIRG), également appelée pâturage holistique, montre comment
une prairie en bonne santé peut stocker du carbone. Une étude de 2014 a mesuré les augmentations
annuelles de carbone dans le sol, par hectare, à 8 tonnes par an dans des exploitations converties à ces
pratiques (Machmuller et al, 2015). Le monde utilise environ 3,5 milliards d'hectares de terres pour les
pâturages et les cultures fourragères. En utilisant le chiffre de 8 tonnes ci-dessus, convertir un dixième
de ces terres en pratiques MIRG permettrait de diminuer un quart des émissions actuelles. En outre, les
méthodes horticoles sans labour peuvent réduire les émissions jusqu'à deux tonnes de carbone par
hectare et par an, ce qui pourrait également apporter une contribution significative. Il est donc clair
que notre évaluation des budgets carbone doit être axée autant sur ces systèmes agricoles que sur les
réductions d‘émission.
De toute évidence, une campagne massive et un programme politique visant à transformer
l'agriculture et à restaurer les écosystèmes à l'échelle mondiale sont nécessaires dès maintenant. Ce
sera une entreprise gigantesque qui annulera 60 ans de développement de l‘agriculture mondiale. En
outre, cela signifie que la conservation de nos zones humides et de nos forêts existantes doit être
soudainement couronnée de succès, après des décennies d'échec sur des terres situées en dehors de
réserves naturelles géographiquement limitées.
Même si cela se produisait immédiatement, le réchauffement et l'instabilité déjà liés au climat
causeraient des dommages aux écosystèmes, de sorte qu'il serait difficile pour de telles approches de
réduire le niveau de carbone atmosphérique global.
La réalité selon laquelle nous avons déjà trop progressé pour éviter les perturbations des
écosystèmes est mise en évidence par le constat suivant: si l'élimination du CO2 dans l'atmosphère
pouvait fonctionner à grande échelle, elle n'empêcherait pas les dommages massifs à la vie marine, qui
est bloquée pendant de nombreuses années en raison de l‘acidification résultant de la dissolution du
CO2 dans les océans (Mathesius et al, 2015).
Malgré les limites de ce que les humains peuvent faire pour travailler avec la nature afin
d‘encourager ses processus de réduction des taux de carbone, la planète nous aide de toute façon. Un
«verdissement» mondial de la planète a considérablement ralenti la montée du dioxyde de carbone
dans l'atmosphère depuis le début du siècle. La croissance des plantes a été plus rapide et plus
importante en raison de la hausse des niveaux de CO2 dans l'air et du réchauffement des températures
qui réduisent le CO2 émis par les plantes lors de la respiration. Ces effets ont entraîné une réduction
de la part des émissions annuelles de carbone dans l'air de 50% à 40% au cours de la dernière
décennie. Toutefois, ce processus n‘a qu‘un effet limité, le niveau absolu de CO2 dans l‘atmosphère
continuant d‘augmenter, dépassant ainsi le cap des 400 parties par million (ppm) en 2015. Compte
tenu l‘évolution des saisons, des températures extrêmes, des inondations et de la sécheresse. Qui
commencent à avoir des effets négatifs sur les écosystèmes, il existe un risque que cet effet de
verdissement global soit réduit avec le temps (Keenan et al, 2016).
Ces réductions potentielles du carbone atmosphérique résultant de processus biologiques
naturels et assistés constituent une lueur d'espoir dans notre sombre situation. Cependant, l'incertitude
quant à leur impact doit être comparée à l'impact incertain mais significatif de l'augmentation des
rejets de méthane dans l'atmosphère. C‘est un gaz qui permet de capter beaucoup plus de chaleur que
le CO2 mais qui a été ignoré dans la plupart des modèles climatiques au cours des dernières décennies.
Les auteurs du rapport de 2016 sur le budget mondial du méthane ont constaté qu'au début de ce
siècle, les concentrations de méthane n'augmentaient que d'environ 0,5 ppb par an, contre 10 ppb en
2014 et 2015. Diverses sources ont été identifiées, des combustibles fossiles à l'agriculture, à la fonte
du permafrost (ou pergélisol) (Saunois et al, 2016).
Compte tenu de la controverse suscitée par ce sujet dans la communauté scientifique, il
pourrait même être controversé de dire qu‘il n‘ya pas de consensus scientifique sur les sources

actuelles d‘émission de méthane ni sur le risque et le moment potentiel de rejets importants de
méthane provenant du pergélisol de surface et sous-marin. Une récente tentative de consensus sur le
risque de méthane résultant de la fonte de la surface de pergélisol a conclu que les rejets de méthane se
produiraient au cours de siècles ou de millénaires, et non de cette décennie (Schuur et al. 2015).
Pourtant, au bout de trois ans, ce consensus a été rompu par l‘une des expériences les plus
détaillées, selon laquelle il est probable que si le pergélisol en fusion reste gorgé d‘eau, il produira
d‘importantes quantités de méthane en quelques années seulement (Knoblauch et al, 2018). Le débat
porte maintenant sur le fait de savoir si d‘autres micro-organismes pourraient prospérer dans cet
environnement pour absorber le méthane - et s‘il fallait ou non réduire à temps l‘impact du climat.
Le débat sur la libération de méthane par les formes de clathrate, ou d'hydrates de méthane
gelés, sur le fond marin de l'Arctique est encore plus controversé. En 2010, un groupe de scientifiques
a publié une étude mettant en garde face au réchauffement de l'Arctique qui pourrait entraîner une
libération rapide et méticuleuse de méthane, qui serait alors catastrophique pour la vie sur Terre grâce
à un réchauffement atmosphérique de plus de 5 degrés en quelques années à peine (Shakhova et al,
2010). L'étude a déclenché un débat acharné, dont une bonne partie était mal réfléchi, ce qui peut être
compréhensible étant donné les implications choquantes de cette information (Ahmed, 2013).
Depuis lors, les questions clés au cœur de ce débat scientifique (sur ce qui équivaudrait à une
éventuelle extinction de l'espèce humaine) incluent le temps nécessaire au réchauffement des océans
pour déstabiliser les hydrates sur le fond de la mer, ainsi que la quantité de méthane consommée par
les microbes aérobies et anaérobies avant de parvenir à la surface et de s'échapper dans l'atmosphère.
Dans une étude globale de ce sujet controversé, des scientifiques ont conclu qu'il n'y avait pas
d'éléments de preuve permettant de prédire une libération soudaine de niveaux catastrophiques de
méthane à court terme (Ruppel et Kessler, 2017).
Cependant, l'une des principales raisons de leur conclusion était le manque de données
montrant l'augmentation réelle du méthane atmosphérique à la surface de l'Arctique, en partie à cause
du manque de capteurs collectant ces informations. La plupart des systèmes de mesure du méthane au
niveau du sol sont à terre. Cela pourrait-il être la raison pour laquelle les augmentations inhabituelles
des concentrations de méthane dans l'atmosphère ne peuvent pas être entièrement expliquées par des
ensembles de données existants provenant du monde entier (Saunois et al, 2016)? Une façon de
calculer la quantité de méthane provenant de nos océans consiste à comparer les données provenant de
mesures au niveau du sol, qui sont pour la plupart mais pas entièrement sur terre, avec des mesures
dans la haute atmosphère, qui indiquent une moyenne des sources totales. Les données publiées par les
scientifiques du site Internet Arctic News (2018) indiquent qu'en mars 2018, la quantité de méthane
était d'environ 1865 parties par milliard (ppb) en moyenne, ce qui représente une augmentation de
1,8% de 35 ppb par rapport au même moment en 2017. Les mesures de méthane ont augmenté
d'environ 15 ppb au cours de cette période. Les deux chiffres concordent avec une augmentation non
linéaire - potentiellement exponentielle - des niveaux atmosphériques depuis 2007. Ces données sont
inquiétantes en soi, mais le point le plus important est la différence entre l‘augmentation mesurée à la
moyenne et au sol. Cela concorde avec l'ajout de méthane provenant de nos océans, qui pourrait
provenir d'hydrates de méthane.
Il est utile d‘examiner de plus près les dernières données sur le méthane, compte tenu des
risques critiques auxquels il se rapporte. Cela suggère que la récente tentative de consensus sur le fait
qu'il est hautement improbable que nous assistions à une libération massive à court terme de méthane
de l'océan Arctique est malheureusement peu concluante.
En 2017, des scientifiques travaillant sur le plateau de la mer de Sibérie orientale ont signalé
que la couche de pergélisol avait été suffisamment amincie pour risquer des hydrates déstabilisants
(The Arctic, 2017). Ce rapport faisant état de la déstabilisation du pergélisol sous-marin sur le plateau
océanique de la Sibérie orientale, des dernières températures sans précédent dans l'Arctique et des
données relatives à la hausse non linéaire des niveaux de méthane dans la haute atmosphère, donne à
penser que nous sommes sur le point de jouer à la roulette russe avec toute la race humaine, avec déjà
deux balles chargées. Rien n‘est certain. Mais il est grave que l‘humanité soit parvenue à une situation
où nous débattons maintenant de la valeur des analyses de notre extinction à court terme.

Une apocalypse incertaine
Les informations vraiment choquantes sur les tendances du changement climatique et leurs
impacts sur l'écologie et la société amènent certains à nous demander d'essayer de faire de la géoingénierie du climat, de la fertilisation des océans pour leur permettre de produire de la photosynthèse
supplémentaire de CO2, en libérant des produits chimiques dans la haute atmosphère. De cette
manière, les rayons du soleil sont réfléchis.
L'imprévisibilité de la géo-ingénierie du climat selon cette dernière méthode, en particulier les
risques de perturbation des pluies saisonnières dont des milliards de personnes dépendent, rend son
utilisation peu probable (Keller et al, 2014). La géo-ingénierie naturelle résultant de l‘augmentation
des rejets de soufre provenant des volcans en raison du rebond isostatique dû à la redistribution du
poids sur la croûte terrestre ne devrait pas contribuer de manière significative à la température de la
Terre pendant des décennies, voire des siècles.
C'est une évidence que de ne pas savoir ce que sera l'avenir. Mais nous pouvons prévoir les
tendances. Nous ne savons pas si le pouvoir de l'ingéniosité humaine aidera suffisamment à changer la
trajectoire environnementale dans laquelle nous nous trouvons.
Malheureusement, les dernières années d'innovation, d'investissement et de brevet indiquent
clairement que l'ingéniosité humaine a de plus en plus été canalisée vers le consumérisme et
l'ingénierie financière. Nous pourrions prier pour le temps, mais les éléments de preuve dont nous
disposons suggèrent que nous sommes prêts à faire face à des changements climatiques perturbateurs
et incontrôlables, entraînant la famine, la destruction, la migration, la maladie et la guerre.
Nous ne savons pas avec certitude à quel point les effets du changement climatique seront
perturbateurs ni où ils seront le plus localisés, d'autant plus que les systèmes économiques et sociaux
réagiront de manière complexe. Mais il est de plus en plus évident que les répercussions sur nos
moyens de subsistance et les sociétés au sein desquelles nous vivons seront catastrophiques. Nos
normes de comportement, que nous appelons notre «civilisation», peuvent également se dégrader.
Lorsque nous envisageons cette possibilité, cela peut sembler abstrait. Les mots avec lesquels
j'ai terminé le paragraphe précédent peuvent sembler, inconsciemment du moins, décrire une situation
dont nous sommes désolés lorsque nous assistons à des scènes à la télévision ou en ligne. Mais quand
je parle de famine, de destruction, de migration, de maladie et de guerre, je parle de votre vie. Avec le
courant coupé, vous n'aurez plus d'eau qui sortira de votre robinet. Vous dépendez de vos voisins pour
la nourriture et un peu de chaleur. Vous allez devenir mal nourris. Vous ne saurez pas s'il faut rester ou
partir. Vous craindrez d'être violemment tué avant de mourir de faim.
Ces descriptions peuvent sembler excessivement dramatiques. Certains lecteurs pourraient les
considérer comme une forme d'écriture non académique. Ce qui serait un commentaire intéressant sur
la raison même pour laquelle nous écrivons.
J'ai choisi les mots ci-dessus comme une tentative de couper le sens selon lequel ce sujet est
purement théorique. Comme nous envisageons ici une situation dans laquelle les éditeurs de cette
revue n'existeraient plus, où l'électricité pour lire ce rapport n‘existerai plus et où n'existerait pas un
métier d'éducateur, je pense qu'il est temps de briser certaines des conventions de ce format.
Cependant, certains d'entre nous peuvent être fiers de respecter les normes de la société actuelle,
même en cas d'effondrement.
Même si certains d'entre nous peuvent croire en l'importance de maintenir des normes de
comportement, en tant qu'indicateurs de valeurs partagées, d'autres vont considérer que la probabilité
d'un effondrement signifie que l'effort de réforme de notre système actuel n'est plus le choix
pragmatique.
Ma conclusion à cette situation est que nous devons élargir notre travail sur la «durabilité»
pour examiner de quelle manière les communautés, les pays et l‘humanité peuvent s‘adapter aux
problèmes à venir. Je l'ai surnommé le «programme d'adaptation en profondeur», ce qui contraste avec
la portée limitée des activités actuelles d'adaptation au climat. Mon expérience est que beaucoup de
gens sont réticents aux conclusions que je viens de partager. Avant d‘expliquer les implications,

considérons donc certaines des réponses émotionnelles et psychologiques à l‘information que je viens
de résumer.

Systèmes de déni
Il ne serait pas inhabituel de se sentir un peu offensé, dérangé ou attristé par les informations
et les arguments que je viens de partager. Au cours des dernières années, de nombreuses personnes
m'ont dit qu'«il ne peut pas être trop tard pour mettre fin au changement climatique, car si c'était le cas,
comment trouverions-nous l'énergie nécessaire pour continuer à lutter pour le changement?». La
réalité possible est niée parce que les gens veulent continuer leurs efforts. Qu'est-ce que cela nous dit?
L‘«effort» en question est basé sur une logique de maintien de l'identité de soi liée aux valeurs
épousées. Il est donc compréhensible que cela se produise. Si l‘on a toujours pensé que l‘on se
valorisait en promouvant le bien public, il était alors difficile d‘assimiler des informations qui
semblaient initialement nuire à son image de soi.
Ce processus de négation stratégique visant à maintenir les efforts et l‘identité est facilement
perceptible dans les débats en ligne sur les dernières sciences du climat. Un cas particulier est
illustratif. En 2017, le New York Magazine a publié un article rassemblant les dernières données et
analyses sur les conséquences d'un réchauffement climatique rapide sur les écosystèmes et l'humanité.
Contrairement aux nombreux articles académiques rédigés sur ces sujets, cet article populaire
cherchait à décrire ces processus de manière viscérale (Wallace-Wells, 2017). La réaction de certains
environnementalistes à cet article ne s'est pas concentrée sur l'exactitude des descriptions ni sur ce qui
pourrait être fait pour réduire certains des pires effets identifiés dans l'article. Au lieu de cela, ils se
sont demandé si de telles idées devaient être communiquées au grand public. Le climatologue Michael
Mann a mis en garde contre la présentation «du problème insoluble et nourrissant un sentiment de
malheur, d'inévitabilité et de désespoir» (dans Becker, 2017). Le journaliste environnemental Alex
Steffen (2017) a tweeté que "Laisser tomber la terrible vérité ... sur des lecteurs non accompagnés ne
produit pas d'action, mais de la peur." Dans un article de blog, Daniel Aldana Cohen (2017),
professeur de sociologie travaillant sur la politique climatique, a qualifié l‘article de «catastrophe
climatique».
Leurs réactions reflètent ce que certaines personnes m'ont dit dans les milieux professionnels
de l'environnement. L'argument avancé est qu'il est irresponsable de discuter de la probabilité et de la
nature de l'effondrement social causé par le changement climatique, car cela pourrait provoquer un
désespoir chez le grand public. J'ai toujours trouvé étrange de limiter notre propre exploration de la
réalité et de censurer notre propre esprit en raison de nos idées sur la manière dont nos conclusions
pourraient être transmises à d'autres. Étant donné que cette tentative de censure a été si largement
partagée dans le domaine de l'environnement en 2017, elle mérite une plus grande attention.
Je vois quatre idées particulières sur ce qui se passe lorsque les gens disent que nous ne
devrions pas informer le public de la probabilité et de la nature de la catastrophe à laquelle nous
sommes confrontés.
Premièrement, il n‘est pas inhabituel que les gens réagissent aux données en termes de
perspectives que nous souhaitons pour nous-mêmes et les autres, plutôt que ce que les données
pourraient suggérer. Cela reflète une approche de la réalité et de la société qui peut être tolérable en
période d'abondance mais contre-productive face aux risques majeurs.
Deuxièmement, les mauvaises nouvelles et les scénarios extrêmes ont un impact sur la
psychologie humaine. Nous oublions parfois que la question de l‘impact de ces effets doit faire l‘objet
d‘une discussion éclairée qui peut s‘inspirer des théories de la psychologie et de la communication. En
effet, il existe des revues spécialisées en psychologie de l'environnement. Certains éléments de preuve
issus de la psychologie sociale suggèrent qu'en se concentrant sur les impacts, le changement
climatique est plus proche, ce qui renforce le soutien à l'atténuation (McDonald et al, 2015).
Cependant, cette vérité n‘étant pas exclusive, ce domaine mérite une exploration plus poussée. Le fait
que des érudits ou des activistes sérieux puissent affirmer l'impact de la communication sans théorie ni
preuve spécifique suggère qu'ils ne sont pas réellement motivés pour connaître l'effet sur le public,
mais qu'ils sont attirés par un certain argument qui explique leur point de vue.

Une troisième idée tirée des débats sur la publication d‘informations sur l‘effondrement
probable de nos sociétés est que parfois les gens peuvent exprimer une relation paternaliste entre eux
en tant qu‘experts de l‘environnement et d‘autres personnes qu‘ils qualifient de «public». Cela est lié à
l'attitude technocratique antipolitique non populiste qui a envahi l'environnementalisme contemporain.
C‘est une perspective qui incarne le défi d‘encourager les gens à s‘efforcer d‘être plus gentils et
meilleurs, plutôt que de se rassembler par solidarité pour saper ou renverser un système qui exige que
nous participions à la dégradation de l‘environnement.
Une quatrième idée est que le «désespoir» et les émotions de consternation et de désespoir qui
en découlent sont à craindre, mais on les suppose à tort comme étant tout à fait négatifs et à éviter
quelle que soit la situation. Alex Steffen a averti que «le désespoir n'est jamais utile» (2017).
Cependant, la gamme d'anciennes traditions de sagesse est un lieu important pour le désespoir. Les
réflexions contemporaines sur la croissance émotionnelle et même spirituelle des gens résultant de leur
désespoir rejoignent ces idées anciennes. La perte d'une capacité, d'un être cher ou d'un mode de vie,
ou la réception d'un diagnostic terminal ont toutes été rapportées, ou ont été personnellement
expérimentées, en tant que déclencheurs d'une nouvelle façon de se percevoir soi-même ainsi que le
monde, et ce avec désespoir, étape nécessaire du processus (Matousek, 2008). Dans de tels contextes,
«espérer» n'est pas une bonne chose à maintenir, car cela dépend de ce que l'on espère. Lorsque le
débat a fait rage sur la valeur de l'article de New York Magazine, certains commentateurs ont repris ce
thème. «En abandonnant l'espoir qu'un mode de vie se maintienne, nous ouvrons un espace pour des
espoirs alternatifs», a écrit Tommy Lynch (2017).
Cette question d'espoir valable et utile est quelque chose que nous devons explorer beaucoup
plus loin. Le théoricien du leadership, Jonathan Gosling, a soulevé la question de savoir si nous avons
besoin d'un «espoir plus radical» dans le contexte du changement climatique et d'un sens croissant de
«l'effondrement des choses» (Gosling, 2016). Il nous invite à explorer ce que nous pourrions
apprendre des autres cultures confrontées à la catastrophe. En examinant la manière dont les
Amérindiens ont géré le passage aux réserves, Lear (2008) a examiné ce qu'il appelle «l'angle mort»
de toute culture: l'incapacité de concevoir sa propre destruction et son éventuelle extinction. Il a
exploré le rôle des formes d‘espoir n‘impliquant ni le déni ni un optimisme aveugle. «Ce qui rend cet
espoir radical, c‘est qu‘il vise un bien futur qui transcende la capacité actuelle de comprendre ce qu‘il
est» (ibid). Il explique comment certains des chefs amérindiens avaient une forme d '«excellence
imaginative» en essayant d'imaginer quelles valeurs éthiques seraient nécessaires dans leur nouveau
style de vie dans la réserve. Il suggère que, outre les alternatives habituelles de liberté ou de mort (au
service de sa culture), il existe un autre moyen, moins imposant mais exigeant autant de courage: le
moyen de «l‘adaptation créative». Cette forme d‘espoir, construite de manière créative, peut être
pertinente pour notre civilisation occidentale face aux changements climatiques perturbateurs (Gosling
et Case, 2013).
Ces délibérations sont rares dans les domaines des études environnementales ou des études de
gestion. C‘est le fait d‘aider à rompre cette semi-présidence de notre propre communauté d‘enquête
sur le développement durable qui m‘a motivé à écrire cet article. Certaines études ont examiné le
processus de déni de plus près. S'appuyant sur le sociologue Stanley Cohen, Foster (2015) identifie
deux formes subtiles de déni - interprétative et implicative. Si nous acceptons certains faits mais les
interprétons de manière à les rendre «plus sûrs» de notre psychologie personnelle, il s‘agit d‘une forme
de «déni interprétatif». Si nous reconnaissons les implications troublantes de ces faits et réagissons en
nous occupant d'activités qui ne découlent pas d'une évaluation complète de la situation, il s'agit alors
d'un «déni implicatif». Foster affirme que le déni implicatif est répandu au sein du mouvement
écologiste: plonger dans une initiative locale de transition écologique, signer des pétitions en ligne ou
renoncer à prendre l‘avion, les gens disposent de nombreuses façons de «faire quelque chose» sans
affronter sérieusement la réalité du changement climatique.
Trois facteurs principaux pourraient encourager les écologistes professionnels à nier la chute
de nos sociétés à court terme. Le premier est le fonctionnement de la communauté scientifique des
sciences naturelles. Le climatologue éminent James Hansen a toujours été en avance sur le consensus
conservateur dans ses analyses et ses prévisions. À l'aide de l'étude de cas sur l'élévation du niveau de

la mer, il a mis en lumière des processus qui conduisent à une «réticence scientifique» pour conclure et
communiquer des scénarios qui dérangeraient les employeurs, les bailleurs de fonds, les
gouvernements et le public (Hansen, 2007). Une étude plus détaillée de ce processus sur l'ensemble
des problèmes et des institutions a révélé que les scientifiques du changement climatique sousestiment régulièrement les impacts «en sous-estimant chaque aspect du moindre drame» - (Brysse et
al, 2013). Combiné avec les normes d'analyse scientifique et de communication de l'information pour
être prudent et éviter les explosions, et le temps nécessaire pour financer, rechercher, produire et
publier des études scientifiques revues par des pairs, cela signifie que les informations disponibles
pour les professionnels de l'environnement sur l'état du climat ne sont pas aussi effrayantes qu‘elles le
sont réellement. Dans cet article, j‘ai dû mélanger les informations provenant d‘articles examinés par
des pairs avec les données récentes de scientifiques individuels et de leurs instituts de recherche afin
de fournir les preuves suggérant que nous sommes maintenant dans une situation non linéaire de
changements et d‘effets climatiques.
Un deuxième ensemble de facteurs influençant le déni peut être personnel. George Marshall a
résumé les idées de la psychologie sur le déni du climat, y compris le déni interprétatif et implicatif de
ceux qui sont au courant, mais ne l'ont pas priorisé. En particulier, nous sommes des êtres sociaux et
notre évaluation de l‘information est influencée par notre culture. Par conséquent, les gens évitent
souvent d'exprimer certaines pensées lorsqu'elles sont à l'encontre de la norme sociale qui les entoure
et / ou de leur identité sociale. Surtout dans des situations d'impuissance partagée, il peut être perçu
comme plus sûr de cacher ses opinions et de ne rien faire si cela va à l'encontre du statu quo.
Marshall explique également comment notre peur typique de la mort signifie que nous ne
prêtons pas toute notre attention aux informations qui nous le rappellent. Selon l'anthropologue Ernest
Becker (1973): «La peur de la mort est au centre de toutes les croyances humaines ». Marshall
explique: "Le déni de la mort est un" mensonge vital "qui nous pousse à investir nos efforts dans nos
cultures et notre société, pour obtenir un sentiment de permanence et de survie au-delà de notre mort.
Ainsi, Becker a soutenu que lorsque nous recevons des rappels de notre mort - ce qu'il appelle la
saillance mortelle - nous répondons en défendant ces valeurs et ces cultures. "Ce point de vue a
récemment été exposé dans le cadre de la" théorie de la gestion du terrorisme "proposée par Jeff
Greenberg, Sheldon Solomon et Tom Pyszczynski (2015). Bien que Marshall ne le considère pas
directement, ces processus s‘appliqueraient davantage au «déni par effondrement» qu‘au déni au
climat, car la mort implique non seulement soi-même mais tout ce à quoi on pourrait contribuer.

Ces processus personnels sont probablement aggravés pour les experts en développement
durable que pour le grand public, compte tenu de l'allégeance typique des professionnels aux
structures sociales en place. Des recherches ont révélé que les personnes ayant un niveau d'éducation
supérieur plus élevé soutenaient davantage les systèmes sociaux et économiques existants que celles
ayant un niveau d'éducation inférieur (Schmidt, 2000). L'argument est que les personnes qui ont
investi temps et argent pour accéder à un statut plus élevé au sein des structures sociales existantes
sont plus naturellement enclines à imaginer une réforme de ces systèmes plutôt que leur renversement.
Cette situation est accentuée si nous supposons que nos moyens de subsistance, notre identité et notre
estime de soi dépendent de la perspective selon laquelle des progrès en matière de durabilité sont
possibles et que nous faisons partie de ce processus progressif.
Le troisième facteur qui influence le déni est institutionnel. Je travaille depuis plus de 20 ans
au sein ou en collaboration avec des organisations travaillant sur le programme de développement
durable, dans les secteurs à but non lucratif, privé et gouvernemental. Dans aucun de ces secteurs, il
existe un intérêt institutionnel évident pour ce qui est d‘énoncer la probabilité ou l‘inévitabilité d‘un
effondrement social. Ni au sein des membres de votre organisme de bienfaisance, des consommateurs
de votre produit, ni au sein des électeurs de votre parti. Quelques entreprises situées dans un secteur
spécial bénéficient d'un discours sur l'effondrement qui pousse certaines personnes à chercher à se
préparer en achetant leurs produits. Ce domaine pourrait s‘étendre à l‘avenir, à différentes échelles de
préparation, dont je parlerai plus bas. Mais la culture interne des groupes environnementaux reste
fortement en faveur d‘une efficacité apparente, même lorsque des décennies d‘investissements et de

campagnes n‘ont pas produit de résultat positif sur le climat, les écosystèmes ou de nombreuses
espèces spécifiques.
Observons le plus grand organisme caritatif pour l'environnement, le WWF, à titre d'exemple
de ce processus de facteurs organisationnels du déni implicatif. Je travaillais pour eux lorsque nous
voulions que tous les produits du bois britanniques soient importés de forêts durables d'ici à 1995. Les
forêts devinrent «bien gérées» en 2000. Ensuite, les objectifs furent tranquillement oubliés tandis que
le langage5 courant pour résoudre le problème de la déforestation grâce à des partenariats innovants est
resté. Si les employés des principaux groupes environnementaux du monde touchaient une
rémunération liée aux performances, ils devraient probablement déjà rembourser de l'argent à leurs
membres et à leurs donateurs. Le fait que certains lecteurs trouvent un tel commentaire impoli et
inutile aide à comprendre comment nos intérêts en matière de civilité, de louange et d'appartenance à
une communauté professionnelle peuvent censurer ceux d'entre nous qui cherchent à communiquer des
vérités inconfortables de manière mémorable (comme ce journaliste du New York Magazine).
Ces facteurs personnels et institutionnels font que les professionnels de l'environnement sont
parmi les plus lents à traiter les implications des dernières informations climatiques. En 2017, une
enquête menée auprès de plus de 8 000 personnes dans 8 pays différents - Australie, Brésil, Chine,
Allemagne, Inde, Afrique du Sud, Royaume-Uni et États-Unis - a demandé aux personnes interrogées
d'évaluer leur niveau de sécurité perçu par rapport à il y a deux ans en ce qui concerne les risques
climatiques. Au total, 61% ont déclaré se sentir moins en sécurité, alors que seulement 18% se sont
sentis plus en sécurité. En ce qui concerne le changement climatique, 48% des personnes interrogées
sont tout à fait d‘accord pour dire qu‘il s‘agit d‘un risque catastrophique à l‘échelle mondiale, et 36%
supplémentaires ont tendance à l‘approuver. Seulement 14% des répondants étaient en désaccord dans
une certaine mesure avec l'idée que le changement climatique présentait un risque catastrophique (Hill,
2017).
Cette perspective sur le climat peut aider à expliquer d'autres données d'enquêtes suggérant
des changements remarquables dans la manière dont les gens perçoivent la technologie, le progrès,
leur société et les perspectives d'avenir de leurs enfants. Un sondage mondial mené en 2017 a révélé
que seulement 13% de la population pense que le monde s'améliore, ce qui constitue un changement
majeur par rapport aux dix années précédentes (Ipsos MORI, 2017). Aux États-Unis, des sondages
indiquent que la croyance en la technologie « forte » et « positive » s'estompe progressivement (Asay,
2013). Cette information peut refléter une remise en cause plus large par rapport à l'idée que le progrès
est toujours bon et possible. Les sondages d'opinion montrent qu'aujourd'hui, beaucoup moins de
personnes qu'au cours de la dernière décennie croient que leurs enfants auront un meilleur avenir
qu'eux-mêmes (Stokes, 2017).
Un autre indicateur permettant de savoir si les gens croient en leur avenir est de savoir s'ils
croient aux fondements de leur société. Des études ont régulièrement montré que de plus en plus de
personnes perdent confiance dans la démocratie électorale et le système économique (Bendell et
Lopatin, 2017). La remise en question de la vie en général et des progrès se traduit également par le
passage de plus en plus marqué des valeurs laïques et rationnelles aux valeurs traditionnelles, qui a
lieu dans le monde depuis 2010 (World Values Survey, 2016). Que pensent les enfants de leur avenir?
Je n'ai pas trouvé d'étude approfondie ou longitudinale sur les perspectives d'avenir des enfants, mais
un journaliste qui a demandé aux enfants de 6 à 12 ans de peindre ce qu'ils attendent du monde dans
50 ans s‘est retrouvé avec un résultat surprenant : La majorité des dessins était constituée d‘images
essentiellement apocalyptiques (Banos Ruiz, 2017 ). Ces preuves suggèrent que l‘idée, pour nous,
«experts», de faire attention à ce qu‘il faut dire au «public non soutenu» peut être une illusion
narcissique nécessitant un remède immédiat.
Les difficultés émotionnelles liées à la réalisation de la tragédie qui s'annonce et qui, à bien
des égards, nous atteint déjà, sont compréhensibles. Cependant, ces difficultés doivent être surmontées
pour que nous puissions explorer ce que cela pourrait être pour notre travail, nos vies et nos
communautés.
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Language qui met d’ailleurs l'accent sur le pouvoir et la suprématie

L‘encadrement après le déni
Alors que le mouvement écologiste développe un sentiment de calamité, certains s'opposent à
la réduction des émissions de dioxyde de carbone, car elle pourrait limiter notre compréhension de la
raison pour laquelle nous sommes confrontés à cette tragédie, et de ce qu'il convient de faire
(Eisenstein, 2018). Je conviens que le changement climatique n'est pas simplement un problème de
pollution, mais un indicateur de la façon dont notre psychisme humain et notre culture ont été
dissociés de notre habitat naturel. Toutefois, cela ne signifie pas pour autant que nous devrions
privilégier la situation climatique pour un programme environnemental plus vaste. Si nous nous
permettons d'accepter la probabilité d'une forme d'effondrement économique et sociale induite par le
climat, nous pourrons alors commencer à explorer la nature et la probabilité de cet effondrement.
C'est à ce moment que nous découvrons une gamme de points de vue différents. Certains
conçoivent l'avenir comme impliquant un effondrement de ce système économique et social, ce qui ne
signifie pas nécessairement un effondrement complet de la loi, de l'ordre, de l'identité et des valeurs.
Certains considèrent que ce type d'effondrement offre un potentiel positif pour amener
l'humanité à un mode de vie post-consumériste plus conscient des relations entre l'homme et la nature
(Eisenstein, 2013). Certains prétendent même que cette reconnexion avec la nature générera des
solutions inimaginables à notre situation. Parfois, ce point de vue vient avec la conviction que les
pratiques spirituelles ont le pouvoir d'influencer le monde matériel en fonction de l'intention. La
perspective selon laquelle une reconnexion naturelle ou spirituelle pourrait nous sauver de la
catastrophe est cependant une réponse psychologique que l'on pourrait analyser comme une forme de
déni.
Certains analystes soulignent le caractère imprévisible et catastrophique de cet effondrement,
de sorte qu'il ne sera pas possible de planifier un moyen de transition, collectif ou à petite échelle, vers
un nouveau mode de vie que nous pourrions imaginer tolérable, voire magnifique. Ensuite, d‘autres
vont encore plus loin et soutiennent que les données peuvent être interprétées comme indiquant que le
changement climatique est en train de s‘emballer, le relargage inévitable de méthane du fond marin
entraînant un effondrement rapide de la société, qui entraînera de multiples effondrements de certains
des 400 réacteurs nucléaires du monde, entraînant l'extinction de la race humaine (McPherson, 2016).
Cette évaluation, selon laquelle nous serions confrontés à une extinction humaine à court terme, peut
s‘appuyer sur les conclusions des géologues selon lesquelles la dernière extinction massive de la vie
sur Terre, où 95% des espèces ont disparu, était due au réchauffement rapide de l‘atmosphère induit
par le méthane (Lee, 2014; Brand et al, 2016).
Avec chacun de ces cadres - effondrement, catastrophe, extinction - les gens décrivent
différents degrés de certitude. Différentes personnes peuvent en effet parler d'un scénario possible,
probable ou inévitable. Au cours de mes conversations avec des professionnels du développement
durable ou du climat et avec d‘autres personnes non directement impliquées, j‘ai constaté que les gens
choisissent un scénario et une probabilité qui ne dépendent pas de ce que les données et leur analyse
pourraient suggérer, mais de ce qu‘ils choisissent de vivre.
Cela rejoint les conclusions de la psychologie selon lesquelles aucun de nous n'est une
machine purement logique, mais chacun relie les informations sur la manière dont les choses se
rapportent à nous (Marshall, 2014). Aucun d'entre nous n'est à l'abri de ce processus. Actuellement, j'ai
choisi d'interpréter les informations comme indiquant un effondrement inévitable, une catastrophe
probable et une extinction possible. Une communauté de plus en plus nombreuse de personnes conclut
que nous sommes confrontés à une extinction humaine inévitable et considère cette vision comme une
condition préalable à des discussions constructives sur les implications pour nos vies actuelles.
Par exemple, des milliers de personnes sur les groupes Facebook pensent que l'extinction
humaine est proche. Dans de tels groupes, j'ai constaté à quel point les participants qui doutent que
cette extinction soit inévitable ou à venir sont dénigrés et paralysés. Cela pourrait indiquer à quel point
il est plus facile pour certains d‘entre nous de croire en une certaine histoire qu‘en une histoire
incertaine, en particulier lorsque l‘avenir incertain serait si différent de celui d‘aujourd‘hui qu‘il serai
difficile à comprendre.

La réflexion sur la fin des temps, ou l'eschatologie, est une dimension majeure de l'expérience
humaine et le sentiment total de perte de tout ce à quoi on pourrait contribuer est une expérience
extrêmement puissante pour beaucoup de gens. Leur réaction face à cette expérience dépend de
nombreux facteurs. La bonté de cœur, la créativité, la colère, la dépression, le nihilisme et l‘apathie
constituent des réponses potentielles. Compte tenu de l'expérience spirituelle potentielle déclenchée
par la détection de l'extinction imminente de la race humaine, nous pouvons comprendre pourquoi la
croyance en l'inévitabilité de l'extinction pourrait constituer un fondement pour la réunion de certaines
personnes.
Dans mon travail avec des étudiants adultes, j'ai constaté qu'inviter ceux-ci à considérer
l'effondrement comme inévitable, la catastrophe comme probable et l'extinction comme quelque chose
de possible n'a pas conduit à l'apathie ou à la dépression. Au lieu de cela, dans un environnement
favorable, où nous avons apprécié la notion de communauté les uns avec les autres, célébrant les
ancêtres et profitant de la nature avant de regarder ensuite ces informations et leurs
encadrements possibles, il s’est passé quelque chose de positif. J'ai été témoin d'une perte de souci
de se conformer au statu quo et d'une nouvelle créativité pour ce qui est de se concentrer sur l'avenir.
Malgré cela, une certaine discombobulation se produit et persiste au fil du temps lorsque l‘on essaie
de trouver un moyen de progresser dans une société où de telles perspectives sont rares. Il est utile de
continuer à parler des conséquences du changement climatique sur notre travail et sur nos vies.
Un autre facteur dans la définition de notre situation concerne le moment choisi. Ce qui
concerne aussi la géographie. Où et quand commenceront l'effondrement ou la catastrophe? Quand
cela affectera-t-il mon gagne-pain et la société? Cela a-t-il déjà commencé? Bien qu'il soit difficile de
prévoir cela et par ailleurs impossible de le prévoir avec certitude, cela ne signifie pas que nous ne
devrions pas essayer. Les données actuelles sur l'élévation de la température aux pôles et sur les
conditions météorologiques dans le monde suggèrent que nous sommes déjà en train de subir des
changements spectaculaires qui auront un impact considérable et négatif sur l'agriculture au cours des
vingt prochaines années. Les impacts ont déjà commencé. Ce sentiment de perturbation à court terme
de notre capacité à nous nourrir nous-mêmes et à nourrir nos familles, ainsi que ses implications pour
la criminalité et les conflits, ajoute un autre niveau à la déconstruction que j'ai mentionnée.
Devez-vous tout laisser maintenant et aller dans un endroit plus propice à l'autosuffisance ?
Devez-vous perdre du temps à lire le reste de cet article? Devrais-je même finir d'écrire? Certaines
personnes qui croient que nous sommes confrontés à une extinction inévitable pensent que personne
ne lira cet article car nous assisterons à un effondrement de la civilisation au cours des douze
prochains mois, lorsque les récoltes échoueront dans l'hémisphère nord. Ils voient un effondrement
social conduisant à des effondrements immédiats des centrales nucléaires, ces derniers conduisant
alors à l'extinction de l'homme à court terme, certainement pas plus de cinq ans à compter de
maintenant. La clarté et le drame de leur message sont la raison pour laquelle l'extinction inévitable de
l'extinction humaine à court terme (INTHE) est devenue une expression largement utilisée en ligne
pour les discussions sur l'effondrement du climat.
Ecrire sur cette perspective me rend triste. Même quatre ans après que je me suis d'abord laissé
envisager correctement l'extinction à court terme, pas comme une chose à écarter, cela me fait encore
chuter la mâchoire, les yeux mouillés et l'air s'échappe de mes poumons. J'ai vu comment l'idée
d'INTHE peut m'amener à me concentrer sur la vérité, l'amour et la joie dans le présent, ce qui est
merveilleux, mais cela peut aussi me faire perdre tout intérêt pour la planification de l'avenir. Et
pourtant, je parviens toujours à la même conclusion - nous ne le savons pas. Ignorer l'avenir, car il est
peu probable qu'il puisse avoir une incidence négative. «Courir pour les collines» - pour créer notre
propre décoration écologique - pourrait se retourner contre nous. Mais nous savons certainement que
continuer à travailler de la manière que nous avons faite jusqu‘à présent n‘est pas seulement un coup
de feu, mais que nous tenons notre arme à la tête. Gardant cela à l‘esprit, nous pouvons choisir
d‘explorer comment faire évoluer ce que nous faisons, sans réponses simples. Dans mon état postdéni, partagé par un nombre croissant d'étudiants et de collègues, je me suis rendu compte que nous
aurions intérêt à utiliser des cartes conceptuelles pour résoudre ces questions. Je me suis donc attaché à
faire la synthèse des choses principales que les gens ont parlé de faire différemment à la lumière de la

perspective d‘un effondrement inévitable et d‘une catastrophe probable. C‘est ce que je propose à
présent comme «programme d‘adaptation profonde».

Le programme d'adaptation profonde
Pendant de nombreuses années, les activistes de l'environnement et les décideurs politiques
ont estimé que les discussions et les initiatives relatives à l'adaptation au changement climatique ne
permettaient pas de mettre l'accent sur la nécessité de mettre l'accent sur la réduction des émissions de
carbone. Ce point de vue a finalement changé en 2010 lorsque le GIEC a accordé plus d'attention à la
manière dont les sociétés et les économies pourraient être aidées à s'adapter au changement climatique.
Le Réseau mondial de l'adaptation des Nations Unies a été créé pour promouvoir le partage des
connaissances et la collaboration. Cinq ans plus tard, l‘Accord de Paris entre les États membres a
établi un «Objectif mondial sur l‘adaptation» (GGA) visant à «renforcer la capacité d‘adaptation,
renforcer la résilience et réduire la vulnérabilité au changement climatique, en vue de contribuer au
développement durable et de réponse d'adaptation dans le contexte de l'objectif de température globale
»(cité dans Singh, Harmeling et Rai, 2016). Les pays se sont engagés à élaborer des plans d'adaptation
nationaux (PAN) et à rendre compte de leur création à l'ONU.
Depuis lors, les fonds disponibles pour l'adaptation au climat ont augmenté, toutes les
institutions internationales de développement étant actives dans le domaine du financement de
l'adaptation. En 2018, le Fonds international de développement agricole (FIDA), la Banque africaine
de développement (BAfD), la Banque asiatique de développement (BAD), le Mécanisme mondial
pour la prévention des catastrophes et la reprise (GFDRR) et la Banque mondiale ont convenu d'un
important financement pour permettre aux gouvernements d'accroître la résilience des activités. leurs
communautés. Certains de leurs projets incluent le Fonds vert pour le climat, qui a été créé pour
fournir une assistance aux pays à faible revenu. Les projets typiques comprennent l'amélioration de la
capacité des petits agriculteurs à faire face à la variabilité climatique grâce à l'introduction de
l'irrigation et de la capacité des urbanistes à faire face à la montée du niveau de la mer et aux
événements pluvieux extrêmes grâce à la réingénierie des systèmes de drainage (Climate Action
Program, 2018). Ces initiatives sont en deçà des engagements pris par les gouvernements au cours des
huit dernières années. On s'emploie donc davantage à promouvoir les obligations privées pour financer
l'adaptation (Bernhardt, 2018) et à stimuler la philanthropie privée dans ce contexte (Williams, 2018).
À ces efforts s‘ajoute une gamme d‘activités de plus en plus nombreuses dans le cadre de «Réduction
des risques de catastrophe», qui dispose de sa propre agence internationale - la Stratégie internationale
de prévention des catastrophes des Nations Unies (UNISDR). Le but de leurs travaux est de réduire les
dommages causés par des catastrophes naturelles telles que les tremblements de terre, les inondations,
la sécheresse et les cyclones, en réduisant la sensibilité à ces catastrophes et en augmentant la capacité
de réaction en cas de catastrophe. Cet objectif implique un engagement important des urbanistes et des
gouvernements locaux. Dans le secteur des entreprises, ce programme de réduction des risques de
catastrophe rencontre le secteur privé à travers les domaines bien établis de la gestion des risques et de
la gestion de la continuité des activités. Les entreprises se demandent quels sont les points de
défaillance possibles dans leurs chaînes de valeur et cherchent à réduire ces vulnérabilités ou
l‘importance d‘une défaillance.
Compte tenu de la science du climat dont nous avons discuté plus tôt, certaines personnes
peuvent penser que cette action est trop peu avancée et trop tardive. Cependant, si une telle action
réduit temporairement certains dommages, cela aidera les gens, tout comme vous et moi, et ne doit
donc pas être négligé. Néanmoins, nous pouvons examiner de manière plus critique la manière dont
les personnes et les organisations définissent la situation et les limites qu‘une telle définition peut
imposer. Les initiatives sont généralement décrites comme promouvant la «résilience» plutôt que la
durabilité. Certaines définitions de la résilience dans le secteur de l‘environnement sont étonnamment
optimistes. Par exemple, le Stockholm Resilience Centre (2015) explique que «la résilience est la
capacité d'un système, qu'il s'agisse d'un individu, d'une forêt, d'une ville ou d'une économie, de faire
face au changement et de continuer à se développer. Il s'agit de savoir comment l'homme et la nature
peuvent utiliser les chocs et les perturbations comme une crise financière ou le changement climatique

pour susciter un renouveau et une réflexion novatrice. »En proposant cette définition, ils s'inspirent des
concepts de la biologie, selon lesquels les écosystèmes sont observés pour surmonter les perturbations
et augmenter leur impact. complexité (Brand et Jax, 2007).
Deux questions nécessitent une attention à ce stade. Premièrement, l'allégeance optimiste au
«développement» et au «progrès» dans certains discours sur la résilience peut ne pas être utile, car
nous entrons dans une période où le «progrès» matériel n'est peut-être pas possible et son objectif
risque de devenir contre-productif. Deuxièmement, mis à part un développement limité des
compétences non techniques, les initiatives de la bannière de la résilience sont presque toutes axées sur
l‘adaptation physique au changement climatique, plutôt que d‘envisager une perspective plus large de
la résilience psychologique. En psychologie, «la résilience est le processus d‘adaptation face à
l‘adversité, aux traumatismes, aux tragédies, aux menaces ou aux sources importantes de stress - tels
que les problèmes familiaux et relationnels, les problèmes de santé graves ou les facteurs de stress
professionnels et financiers. Cela signifie «rebondir» après des expériences difficiles »(American
Psychology Association, 2018). La manière dont une personne «rebondit» après des difficultés ou une
perte peut être obtenue grâce à une réinterprétation créative de l'identité et des priorités. Le concept de
résilience en psychologie ne suppose donc pas que les gens retrouvent leur état antérieur. Compte tenu
de la réalité climatique à laquelle nous sommes confrontés, ce cadre moins progressiste en matière de
résilience est plus utile pour un programme d‘adaptation plus approfondi.
À la recherche d'une carte conceptuelle de «l'adaptation profonde», nous pouvons concevoir la
résilience des sociétés humaines comme la capacité de s'adapter à des circonstances changeantes afin
de survivre avec des normes et des comportements valorisés. Etant donné que les analystes concluent
qu‘un effondrement social est inévitable, la question est la suivante: quels sont les normes et
comportements valorisés que les sociétés humaines voudront maintenir tout en cherchant à survivre?
Cela met en évidence le fait que l‘adaptation profonde implique plus que la résilience. »Cela nous
amène à un deuxième domaine de ce programme, que j‘ai nommé« renoncement ». Cela implique que
les personnes et les communautés abandonnent certains actifs, comportements et croyances pour
lesquels le maintien pourrait les aider. Pire encore. Les exemples incluent le retrait des côtes, la
fermeture d'installations industrielles vulnérables ou l'abandon des attentes pour certains types de
consommation. Le troisième domaine peut être appelé «restauration». Il implique des personnes et des
communautés qui redécouvrent des attitudes et des approches de la vie et de l‘organisation érodées par
notre civilisation aux hydrocarbures. Parmi les exemples, citons le redécollage de paysages, qui
apportent plus d'avantages écologiques et nécessitent moins de gestion, modifient les régimes en
fonction des saisons, redécouvrent des formes de jeu non électroniques, et augmentent la productivité
et le soutien au niveau de la communauté.
Dans le présent document, je n‘ai pas l‘intention de définir plus en détail les implications d‘un
programme d‘adaptation profonde. En effet, il est impossible de le faire, et tenter cela supposerait que
nous sommes dans une situation de tentatives calculées de gestion, lorsque nous sommes en réalité
confrontés à une situation complexe qui échappe à notre contrôle. J'espère plutôt que ce programme
profond d'adaptation pourra constituer un cadre utile pour le dialogue communautaire face au
changement climatique. La résilience pose la question : «comment garder ce que nous voulons
vraiment garder». L‘abandon nous force quant à lui à nous demander : «que devons-nous abandonner
pour ne pas aggraver la situation?» Enfin, la restauration écologique nous demande «que pouvonsnous ramener pour nous aide face aux difficultés et aux tragédies à venir? ». En 2017, ce programme
d'adaptation en profondeur a été utilisé pour encadrer un festival d'alternatives organisé par
Peterborough Environment City Trust. Cela a inclus une journée entière consacrée à l'exploration de
ce que l'abandon pourrait entraîner. En tant que tel, cela permettait une conversation et une
imagination plus ouvertes qu'un accent plus étroit sur la résilience. D'autres événements sont prévus à
travers le Royaume-Uni. Reste à savoir s'il sera utile de définir un programme politique à plus grande
échelle.
Quel est le lien entre ce "programme d‘adaptation en profondeur" et le cadre conceptuel
général du développement durable? Il est lié à d‘autres perspectives selon lesquelles, malgré

l‘attention des institutions internationales pour les «objectifs de développement durable», l‘ère du
«développement durable» en tant que concept et objectif unificateur s‘achève. C'est un cadre
explicitement post-durabilité, mais aussi une infime partie de l'approche de restauration visant à
résoudre des dilemmes sociaux et environnementaux (Bendell, et al 2017).

L'avenir de la recherche face à la tragédie climatique
Je plaisantais seulement en partie lorsque j'ai demandé pourquoi j'écrivais moi-même ce
document. Si toutes les données et analyses se révèlent trompeuses et que cette société se poursuit
dans de bonnes conditions pour les décennies à venir, cet article n'aura pas aidé ma carrière. Si
l‘effondrement prévu se produit au cours de la prochaine décennie, je n‘aurai pas de carrière. C'est le
parfait perdre-perdre. Je mentionne cela pour souligner le fait qu'il ne sera pas facile d'identifier des
moyens d'avancer en tant que chercheurs universitaires et enseignants dans le domaine de la durabilité.
Pour les universitaires qui liront cet article, la plupart d‘entre vous auront des charges
d‘enseignement accrues, dans des domaines où vous devrez maîtriser de nombreux sujets. Je sais que
vous avez peut-être peu de temps et d'espace pour réinvestir votre expertise et votre concentration.
Ceux d‘entre vous qui ont un mandat de recherche pourraient découvrir que le programme
d‘adaptation profonde n‘est pas un sujet facile pour trouver des partenaires de recherche et des
bailleurs de fonds.
Cette situation restrictive n'a pas toujours été la réalité à laquelle sont confrontés les
universitaires. C‘est le résultat des changements survenus dans l‘enseignement supérieur, qui sont une
expression d‘une idéologie qui a rendu l‘humanité si pauvre face à une menace pour son bien-être et
son existence même. C'est une idéologie que beaucoup d'entre nous ont été complices de promouvoir,
pour peu qu‘ils aient travaillé dans des écoles de commerce. Il est important de reconnaître cette
complicité avant de réfléchir à la manière de faire évoluer nos recherches face à la tragédie climatique.

La réponse occidentale aux problèmes environnementaux a été limitée par la domination de
l‘économie néolibérale depuis les années 1970. Cela a conduit à des approches hyper-individualistes,
fondamentalistes du marché, incrémentales et atomistes. Par hyper-individualiste, j'entends l'accent
mis sur l'action individuelle en tant que consommateur, le changement d‘une ampoule ou l'achat de
mobilier durable, plutôt que sur la promotion de l'action politique en tant que citoyens engagés. Par
fondamentaliste de marché, j'entends un accent mis sur des mécanismes de marché tels que les
systèmes de plafonnement et d'échange de carbone complexes, coûteux et en grande partie inutiles,
plutôt que d'explorer ce que pourrait faire une intervention gouvernementale supplémentaire. Par
incrémental, je veux parler de la célébration de petits pas en avant, par exemple d‘une entreprise qui
publie un rapport sur le développement durable, plutôt que de stratégies conçues pour une vitesse et
une ampleur de changement suggérées par la science depuis de nombreuses années. Par atomistique, je
veux parler de l'idée selon laquelle l'action pour le climat est une question distincte de la gouvernance
des marchés, des finances et des banques, plutôt que d'explorer le type de système économique qui
permettrait la durabilité.
Cette idéologie a désormais influencé la charge de travail et les priorités des universitaires
dans la plupart des universités, ce qui limite la manière dont nous pouvons réagir à la tragédie
climatique. Dans mon cas, j'ai pris un congé sabbatique impayé et la rédaction de cet article est l'un
des résultats de cette décision. Nous n'avons plus le temps de viser à publier dans des revues de
premier plan pour impressionner nos supérieurs hiérarchiques ou améliorer notre CV. Nous n‘avons
pas non plus besoin des spécialisations étroites requises pour publier dans de telles revues. Alors, oui,
je suggère que pour se laisser évoluer en réponse à la tragédie climatique, il peut être nécessaire de
quitter un emploi - voire une carrière. Si l'on est prêt à le faire, on peut alors dialoguer avec un
employeur et une communauté professionnelle à partir d'un nouveau lieu de confiance.
Si vous restez dans le monde universitaire, je vous recommande de commencer à poser
quelques questions à tout ce que vous recherchez et enseignez. En lisant les recherches des autres, je
recommande de demander: «Comment ces résultats peuvent-ils orienter les efforts pour une poursuite

plus massive et urgente de la résilience, de l'abandon et de la restauration face à l'effondrement
social?». Vous constaterez peut-être que la plupart de vos lectures offrent peu de réponses à cette
question et, par conséquent, vous ne souhaiterez plus vous en occuper. Lors de vos propres recherches,
je vous recommande de vous poser la question suivante: «Si je ne croyais pas en une intégration
progressive des préoccupations liées au climat dans les organisations et les systèmes actuels, sur quoi
voudrais-je vouloir en savoir plus?» Pour répondre à cette question, je vous recommande de parler à
des non-spécialistes autant qu‘à des personnes de votre propre domaine, de sorte que vous puissiez
parler plus librement et examiner toutes les options.
Dans mon propre travail, j'ai arrêté de rechercher la durabilité d'entreprise. J'ai appris le
leadership et les communications et j'ai commencé à faire de la recherche, à enseigner et à donner des
conseils sur ces questions, sur la scène politique. J'ai commencé à travailler sur des systèmes
permettant de repositionner les économies et de soutenir le développement communautaire, en
particulier les systèmes utilisant des monnaies locales. J'ai cherché à partager ces connaissances plus
largement et j'ai donc lancé un cours en ligne gratuit (cours en ligne Money and Society Mass Open).
J'ai commencé à passer plus de temps à lire et à parler de la tragédie climatique et de ce que je
pourrais faire ou arrêter de faire en gardant cela à l'esprit. Cette réflexion et ce repositionnement sont
en cours, mais je ne peux plus travailler sur des sujets qui n‘ont aucune pertinence pour une profonde
adaptation.
À l'avenir, je vois le besoin et la nécessité de travailler davantage à plusieurs niveaux. Les
gens auront besoin de plus d‘aide pour accéder à l‘information et aux réseaux afin d‘essayer de
changer leur mode de vie. Il est utile d'apprendre des approches existantes pour vivre hors réseau dans
des communautés intentionnelles, mais cet agenda doit aller plus loin en posant des questions telles
que la production possible de drogues à petite échelle comme l'aspirine est possible. Des cours gratuits
en ligne et en personne ainsi que des réseaux de soutien sur l'autosuffisance doivent être mis à
l'échelle.
Les gouvernements locaux auront besoin d'un soutien similaire sur la manière de développer
aujourd'hui les capacités qui aideront leurs communautés locales à collaborer et non à se fracturer
pendant un effondrement. Par exemple, ils devront déployer des systèmes de coopératives productives
entre voisins, telles que des plateformes d‘échanges de produits et de services permises par la monnaie
locale. Au niveau international, il est nécessaire de travailler sur la manière de prendre en charge de
manière responsable les conséquences plus larges des sociétés en train de s'effondrer (Harrington,
2016). Celles-ci seront nombreuses, mais comprendront évidemment les défis du soutien aux réfugiés
et de la sécurisation de sites industriels et nucléaires dangereux au moment de l'effondrement de la
société.
D'autres disciplines intellectuelles pourraient présenter un intérêt pour l'avenir. L‘extinction
humaine et le sujet de l‘eschatologie, ou de la fin du monde, ont été abordés dans diverses disciplines
universitaires, comme on peut s‘y attendre. En théologie, il a été largement discuté, mais il apparaît
également dans la théorie littéraire comme un élément intéressant de la création littéraire, et dans la
psychologie des années 1980 comme un phénomène lié à la menace de guerre nucléaire. Le domaine
de la psychologie semble être particulièrement pertinent pour l‘avenir.
Ce que nous choisirons de faire dans le futur ne sera pas un calcul simple. Il sera façonné par
les implications émotionnelles ou psychologiques de cette nouvelle prise de conscience d'un
effondrement de la société susceptible de se produire au cours de notre vie. J'ai examiné certaines de
ces questions émotionnelles et leur incidence sur mes choix de travail, dans un essai de réflexion sur
les implications spirituelles du désespoir climatique (Bendell, 2018). Je recommande de vous donner
du temps pour une telle réflexion plutôt que de vous précipiter dans un nouvel agenda de recherche ou
d'enseignement. Si vous êtes étudiant, je vous recommande d'envoyer ce document à vos conférenciers
ou de le transmettre à vos professeurs, et de les inviter à une discussion en classe sur ces idées. Il est
probable que ceux qui ne sont pas intégrés au système existant seront ceux qui seront le plus en
mesure de mener ce programme.

Je pense que nos universitaires ont peut-être la vanité de penser que seuls les universitaires et
les étudiants lisent des documents universitaires. Par conséquent, j'ai choisi de laisser mes
recommandations aux gestionnaires, aux décideurs et aux non-spécialistes dans un autre document.

Conclusions
Depuis le début des archives en 1850, dix-sept des dix-huit années les plus chaudes ont été
enregistrées depuis 2000. Des mesures importantes ont été prises en matière d‘atténuation du
changement climatique et d‘adaptation à celui-ci au cours des dix dernières années. Cependant, ces
étapes peuvent maintenant être comparées à une tentative de marche sur une avalanche. Si l‘avalanche
n‘avait pas déjà commencé, des étapes plus rapides et plus importantes nous mèneraient au sommet de
notre objectif. Malheureusement, les dernières données climatiques, les données sur les émissions et la
propagation de modes de vie à forte intensité de carbone montrent que le glissement de terrain a déjà
commencé. Comme le point de non-retour ne peut être complètement déterminé qu'après l'événement,
il est plus que jamais nécessaire de mener des travaux ambitieux sur la réduction des émissions de
carbone et l'extraction accrue de l'air (de manière naturelle et synthétique). Cela doit impliquer un
nouveau front d‘action sur le méthane.
Les effets perturbateurs du changement climatique sont maintenant inévitables. La géoingénierie est susceptible d'être inefficace ou contre-productive. Par conséquent, la communauté des
responsables de la politique climatique reconnaît maintenant la nécessité de beaucoup plus travailler
sur l'adaptation aux effets du changement climatique. Cela doit maintenant rapidement s‘imprégner du
domaine plus large des personnes engagées dans le développement durable en tant que praticiens,
chercheurs et éducateurs. En évaluant la manière dont nos approches pourraient évoluer, nous devons
évaluer le type d‘adaptation possible. Des recherches récentes suggèrent que les sociétés humaines
connaîtront des perturbations de leur fonctionnement fondamental dans moins de dix ans en raison du
stress climatique. Ces perturbations incluent des niveaux accrus de malnutrition, de famine, de
maladie, de conflit civil et de guerre - et n'éviteront pas les nations riches et développées. Cette
situation rend redondante l'approche réformiste du développement durable et les domaines connexes
de la durabilité des entreprises qui sous-tendaient l'approche de nombreux professionnels (Bendell et
al, 2017).
Au lieu de cela, une nouvelle approche explorant les moyens de réduire les dommages sans
aggraver la situation doit être développée. À l‘appui de ce processus difficile, et finalement personnel,
il peut être utile de réussir à comprendre un programme d‘adaptation en profondeur.

Références
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Deep Adaptation:
A Map for Navigating
ClimateTragedy
IFLAS Occasional Paper 2
www.iflas.info

July 27th 20181
Professor Jem Bendell BA (Hons) PhD
Occasional Papers
Occasional Papers are released by the Institute of Leadership and
Sustainability (IFLAS) at the University of Cumbria in the UK to promote
discussion amongst scholars and practitioners on themes that matter to our
staff and students. Typically, an Occasional Paper is released prior to
submission to an academic journal, as a method for receiving feedback. For
instance, the first Occasional Paper, by Professor Jem Bendell and Professor
Richard Little, was subsequently published in the Journal of Corporate
Citizenship. However, this paper was rejected for publication by reviewers
of Sustainability Accounting, Management and Policy Journal (SAMPJ), as
reviewers made requests for major changes which were considered by the
author as either impossible or inappropriate to undertake. Impossible, as
the request to build off existing scholarship on this topic would require there
to be publications on the implications of ecologically-induced social
collapse, globally, upon which to build. A literature review indicated that
there is not such scholarship in management studies. Inappropriate, as a
reviewer’s request not to dishearten readers with the claim of “inevitable
near-term social collapse” reflects a form of censure found amongst people
working on sustainable business and discussed in the paper. The letter from
the author to the Editor of the Journal, with some feedback for the
anonymous reviewers, is appended at the end of this Occasional Paper.
Acknowledgments from the Author
To write this paper, I had to block out time to review climate science for the
first time since I was at Cambridge University in 1994 and to analyse
implications in a rigorous way. I would probably not have done that without
the encouragement of the following people for me to prioritise the issue:
Chris Erskine, Dougald Hine, Jonathan Gosling, Camm Webb and Katie Carr.
I thank Dorian Cave for research assistance and Zori Tomova for helping me
1

Updated version after copyediting, Dec 2018

to prioritise my truth. I also thank Professor Carol Adams for finding
reviewers for this paper, and the two anonymous reviewers who provided
some useable feedback despite requiring such major revisions that
conflicted with the aim of the paper. I also thank Carol for involving me in
the SAMPJ as a Guest Editor in the past. Some funding for my focus on deep
adaptation during my sabbatical was provided by Seedbed. If you edit an
open access peer-reviewed academic journal and would like this paper to be
submitted, please contact the author.
Abstract
The purpose of this conceptual paper is to provide readers with an
opportunity to reassess their work and life in the face of an inevitable nearterm social collapse due to climate change.
The approach of the paper is to analyse recent studies on climate change
and its implications for our ecosystems, economies and societies, as
provided by academic journals and publications direct from research
institutes.
That synthesis leads to a conclusion there will be a near-term collapse in
society with serious ramifications for the lives of readers. The paper reviews
some of the reasons why collapse-denial may exist, in particular, in the
professions of sustainability research and practice, therefore leading to
these arguments having been absent from these fields until now.
The paper offers a new meta-framing of the implications for research,
organisational practice, personal development and public policy, called the
Deep Adaptation Agenda. Its key aspects of resilience, relinquishment and
restorations are explained. This agenda does not seek to build on existing
scholarship on “climate adaptation” as it is premised on the view that social
collapse is now inevitable.
The author believes this is one of the first papers in the sustainability
management field to conclude that climate-induced societal collapse is now
inevitable in the near term and therefore to invite scholars to explore the
implications.
Reader Support
A list of readings, podcasts, videos and networks to support us in our
emotional responses to the information contained in this paper is available
at www.jembendell.com
Introduction
Can professionals in sustainability management, policy and research –
myself included - continue to work with the assumption or hope that we can
slow down climate change, or respond to it sufficiently to sustain our

civilisation? As disturbing information on climate change passed across my
screen, this was the question I could no longer ignore, and therefore
decided to take a couple of months to analyse the latest climate science. As
I began to conclude that we can no longer work with that assumption or
hope, I asked a second question. Have professionals in the sustainability
field discussed the possibility that it is too late to avert an environmental
catastrophe and the implications for their work? A quick literature review
revealed that my fellow professionals have not been publishing work that
explores, or starts from, that perspective. That led to a third question, on
why sustainability professionals are not exploring this fundamentally
important issue to our whole field as well as our personal lives. To explore
that, I drew on psychological analyses, conversations with colleagues,
reviews of debates amongst environmentalists in social media and selfreflection on my own reticence. Concluding that there is a need to promote
discussion about the implications of a social collapse triggered by an
environmental catastrophe, I asked my fourth question on what are the
ways that people are talking about collapse on social media. I identified a
variety of conceptualisations and from that asked myself what could
provide a map for people to navigate this extremely difficult issue. For that,
I drew on a range of reading and experiences over my 25 years in the
sustainability field to outline an agenda for what I have termed “deep
adaptation” to climate change.
The result of these five questions is an article that does not contribute to
one specific set of literature or practice in the broad field of sustainability
management and policy. Rather, it questions the basis for all the work in
this field. It does not seek to add to the existing research, policy and
practice on climate adaptation, as I found that to be framed by the view
that we can manage the impacts of a changing climate on our physical,
economic, social, political and psychological situations. Instead, this article
may contribute to future work on sustainable management and policy as
much by subtraction as by addition. By that I mean the implication is for
you to take a time to step back, to consider "what if" the analysis in these
pages is true, to allow yourself to grieve, and to overcome enough of the
typical fears we all have, to find meaning in new ways of being and acting.
That may be in the fields of academia or management - or could be in some
other field that this realisation leads you to.
First, I briefly explain the paucity of research that considers or starts from
social collapse due to environmental catastrophe and give
acknowledgement to the existing work in this field that many readers may
consider relevant. Second, I summarise what I consider to be the most
important climate science of the last few years and how it is leading more
people to conclude that we face disruptive changes in the near-term. Third,
I explain how that perspective is marginalised within the professional
environmental sector – and so invite you to consider the value of leaving
mainstream views behind. Fourth, I outline the ways that people on relevant
social networks are framing our situation as one of facing collapse,
catastrophe or extinction and how these views trigger different emotions

and ideas. Fifth, I outline a “Deep Adaptation Agenda” to help guide
discussions on what we might do once we recognise climate change is an
unfolding tragedy. Finally, I make some suggestions for how this agenda
could influence our future research and teaching in the sustainability field.
As researchers and reflective practitioners, we have an opportunity and
obligation to not just do what is expected by our employers and the norms
of our profession, but also to reflect on the relevance of our work within
wider society. I am aware that some people consider statements from
academics that we now face inevitable near-term social collapse to be
irresponsible due to the potential impact that may have on the motivation
or mental health of people reading such statements. My research and
engagement in dialogue on this topic, some of which I will outline in this
paper, leads me to conclude the exact opposite. It is a responsible act to
communicate this analysis now and invite people to support each other,
myself included, in exploring the implications, including the psychological
and spiritual implications.
Locating this Study within Academia
When discussing negative outlooks on climate change and its implications
for human society, the response is often to seek insight through placing this
information in context. That context is often assumed to be found in
balancing it with other information. As the information on our climate
predicament is so negative, the balance is often found in highlighting more
positive information about progress on the sustainability agenda. This
process of seeking to “balance out” is a habit of the informed and reasoning
mind. Yet that does not make it a logical means of deliberation if positive
information being shared does not relate to the situation being described by
the negative information. For instance, discussing progress in the health
and safety policies of the White Star Line with the captain of the Titanic as it
sank into the icy waters of the North Atlantic would not be a sensible use of
time. Yet given that this balancing is often the way people respond to
discussion of the scale and speed of our climate tragedy, let us first
recognise the positive news from the broader sustainability agenda.
Certainly, there has been some progress on environmental issues in past
decades, from reducing pollution, to habitat preservation, to waste
management. Much valiant effort has been made to reduce carbon
emissions over the last twenty years, one part of climate action officially
termed “mitigation” (Aaron-Morrison et. al. 2017). There have been many
steps forward on climate and carbon management – from awareness, to
policies, to innovations (Flannery, 2015). Larger and quicker steps must be
taken. That is helped by the agreement reached in December 2015 at the
COP21 intergovernmental climate summit and now that there is significant
Chinese engagement on the issue. To support the maintenance and scaling
of these efforts is essential. In addition, increasing action is occurring on
adaptation to climate change, such as flood defences, planning laws and
irrigation systems (Singh et al, 2016). Whereas we can praise these efforts,

their existence does not matter to an analysis of our overall predicament
with climate change.
Rather than building from existing theories on sustainable business, this
paper is focusing on a phenomenon. That phenomenon is not climate
change per se, but the state of climate change in 2018, which I will argue
from a secondary review of research now indicates near term social
collapse. The gap in the literature that this paper may begin to address is
the lack of discussion within management studies and practice of the end of
the idea that we can either solve or cope with climate change. In the
Sustainability Accounting Management and Policy Journal (SAMPJ), which
this paper was originally submitted to, there has been no discussion of this
topic before, apart from my own co-authored paper (Bendell, et al, 2017).
Three papers mention climate adaptation in passing, with just one focusing
on it by considering how to improve irrigated agriculture (de Sousa Fragoso
et al, 2018).2
Organisation and Environment is a leading journal for discussion of the
implications of climate for organisations and vice versa, where since the
1980s both philosophical and theoretical positions on environment are
discussed as well as organisational or management implications. However,
the journal has not published any research papers exploring theories and
implications of social collapse due to environmental catastrophe. 3 Three
articles mention climate adaptation. Two of those have adaptation as a
context, but explore other issues as their main focus, specifically social
learning (Orsato, et al 2018) and network learning (Temby et al, 2016). Only
one paper in that journal looks at climate adaptation as its main focus and
the implications for organisation. While a helpful summary of how difficult
the implications are for management, the paper does not explore the
implications of a widespread social collapse ( Clément and Rivera, 2016).
Away from management studies, the field of climate adaptation is wide
(Lesnikowski, et al 2015). To illustrate, a search on Google Scholar returns
over 40,000 hits for the term “climate adaptation.” In answering the
questions I set for myself in this paper, I will not be reviewing that existing
field and scholarship. One might ask “why not”? The answer is that the field
of climate adaptation is oriented around ways to maintain our current
societies as they face manageable climactic perturbations (ibid). The
concept of "deep adaptation" resonates with that agenda where we accept
that we will need to change, but breaks with it by taking as its starting point
the inevitability of societal collapse (as I will explain below).
2

A full text search of the journal database shows that the following terms have never
been included in articles in this journal: environmental collapse, economic collapse, social
collapse, societal collapse, environmental catastrophe, human extinction. Catastrophe is
mentioned in 3 papers, with two about Bangladesh factory fires and the other being
Bendell et al (2017).
3
A full text search of the journal database shows that the terms environmental
collapse, social collapse and societal collapse have been mention in one different article
each. Economic collapse has been mentioned in three articles. Human extinction is
mentioned two articles. Environmental catastrophe is mentioned in twelve articles. A
reading of these articles showed that they were not exploring collapse.

Our Non-Linear World
This paper is not the venue for a detailed examination of all the latest
climate science. However, I reviewed the scientific literature from the past
few years and where there was still large uncertainty then sought the latest
data from research institutes. In this section I summarise the findings to
establish the premise that it is time we consider the implications of it being
too late to avert a global environmental catastrophe in the lifetimes of
people alive today.
The simple evidence of global ambient temperature rise is undisputable.
Seventeen of the 18 warmest years in the 136-year record all have occurred
since 2001, and global temperatures have increased by 0.9°C since 1880
(NASA/GISS, 2018). The most surprising warming is in the Arctic, where the
2016 land surface temperature was 2.0°C above the 1981-2010 average,
breaking the previous records of 2007, 2011, and 2015 by 0.8°C,
representing a 3.5°C increase since the record began in 1900 (AaronMorrison et al, 2017).
This data is fairly easy to collate and not widely challenged, so swiftly finds
its way into academic publications. However, to obtain a sense of the
implications of this warming on environment and society, one needs realtime data on the current situation and the trends that it may infer. Climate
change and its associated impacts have, as we will see, been significant in
the last few years. Therefore, to appreciate the situation we need to look
directly to the research institutes, researchers and their websites, for the
most recent information. That means using, but not relying solely on,
academic journal articles and the slowly produced reports of the
Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). This international
institution has done useful work but has a track record of significantly
underestimating the pace of change, which has been more accurately
predicted over past decades by eminent climate scientists. Therefore, in
this review, I will draw upon a range of sources, with a focus on data since
2014. That is because, unfortunately, data collected since then is often
consistent with non-linear changes to our environment. Non-linear changes
are of central importance to understanding climate change, as they suggest
both that impacts will be far more rapid and severe than predictions based
on linear projections and that the changes no longer correlate with the rate
of anthropogenic carbon emissions. In other words - ‘runaway climate
change.’
The warming of the Arctic reached wider public awareness as it has begun
destabilizing winds in the higher atmosphere, specifically the jet stream and
the northern polar vortex, leading to extreme movements of warmer air
north in to the Arctic and cold air to the south. At one point in early 2018,
temperature recordings from the Arctic were 20 degrees Celsius above the
average for that date (Watts, 2018). The warming Arctic has led to dramatic
loss in sea ice, the average September extent of which has been decreasing

at a rate of 13.2% per decade since 1980, so that over two thirds of the ice
cover has gone (NSIDC/NASA, 2018). This data is made more concerning by
changes in sea ice volume, which is an indicator of resilience of the ice
sheet to future warming and storms. It was at the lowest it has ever been in
2017, continuing a consistent downward trend (Kahn, 2017).
Given a reduction in the reflection of the Sun’s rays from the surface of
white ice, an ice-free Arctic is predicted to increase warming globally by a
substantial degree. Writing in 2014, scientists calculated this change is
already equivalent to 25% of the direct forcing of temperature increase
from CO2 during the past 30 years (Pistone et al, 2014). That means we
could remove a quarter of the cumulative CO2 emissions of the last three
decades and it would already be outweighed by the loss of the reflective
power of Arctic sea ice. One of the most eminent climate scientists in the
world, Peter Wadhams, believes an ice-free Arctic will occur one summer in
the next few years and that it will likely increase by 50% the warming
caused by the CO2 produced by human activity (Wadhams, 2016). 4 In itself,
that renders the calculations of the IPCC redundant, along with the targets
and proposals of the UNFCCC.
Between 2002 and 2016, Greenland shed approximately 280 gigatons of ice
per year, and the island’s lower-elevation and coastal areas experienced up
to 13.1 feet (4 meters) of ice mass loss (expressed in equivalent-waterheight) over a 14-year period (NASA, 2018). Along with other melting of
land ice, and the thermal expansion of water, this has contributed to a
global mean sea level rise of about 3.2 mm/year, representing a total
increase of over 80 mm, since 1993 (JPL/PO.DAAC, 2018). Stating a figure
per year implies a linear increase, which is what has been assumed by IPCC
and others in making their predictions. However, recent data shows that the
upward trend is non-linear (Malmquist, 2018). That means sea level is rising
due to non-linear increases in the melting of land-based ice.
The observed phenomena, of actual temperatures and sea levels, are
greater than what the climate models over the past decades were
predicting for our current time. They are consistent with non-linear changes
in our environment that then trigger uncontrollable impacts on human
habitat and agriculture, with subsequent complex impacts on social,
economic and political systems. I will return to the implications of these
trends after listing some more of the impacts that are already being
reported as occurring today.
Already we see impacts on storm, drought and flood frequency and strength
due to increased volatility from more energy in the atmosphere (Herring et
al, 2018). We are witnessing negative impacts on agriculture. Climate
change has reduced growth in crop yields by 1–2 percent per decade over
the past century (Wiebe et al, 2015). The UN Food and Agriculture
Organisation (FAO) reports that weather abnormalities related to climate
change are costing billions of dollars a year, and growing exponentially. For
4

This was corrected from “double” in an earlier version.

now, the impact is calculated in money, but the nutritional implications are
key (FAO, 2018). We are also seeing impacts on marine ecosystems. About
half of the world’s coral reefs have died in the last 30 years, due a mixture
of reasons though higher water temperatures and acidification due to
higher CO2 concentrations in ocean water being key (Phys.org, 2018). In
ten years prior to 2016 the Atlantic Ocean soaked up 50 percent more
carbon dioxide than it did the previous decade, measurably speeding up the
acidification of the ocean (Woosley et al, 2016). This study is indicative of
oceans worldwide, and the consequent acidification degrades the base of
the marine food web, thereby reducing the ability of fish populations to
reproduce themselves across the globe (Britten et al, 2015). Meanwhile,
warming oceans are already reducing the population size of some fish
species (Aaron-Morrison et al, 2017). Compounding these threats to human
nutrition, in some regions we are witnessing an exponential rise in the
spread of mosquito and tick-borne viruses as temperatures become more
conducive to them (ECJCR, 2018).
Looking Ahead
The impacts I just summarised are already upon us and even without
increasing their severity they will nevertheless increase their impacts on our
ecosystems, soils, seas and our societies over time. It is difficult to predict
future impacts. But it is more difficult not to predict them. Because the
reported impacts today are at the very worst end of predictions being made
in the early 1990s - back when I first studied climate change and modelbased climate predictions as an undergraduate at Cambridge University.
The models today suggest an increase in storm number and strength
(Herring et al, 2018). They predict a decline of normal agriculture, including
the compromising of mass production of grains in the northern hemisphere
and intermittent disruption to rice production in the tropics. That includes
predicted declines in the yields of rice, wheat, and corn in China by 36.25%,
18.26%, and 45.10%, respectively, by the end of this century (Zhang et al,
2016). Naresh Kumar et al. (2014) project a 6–23 and 15–25% reduction in
the wheat yield in India during the 2050s and 2080s, respectively, under the
mainstream projected climate change scenarios. The loss of coral and the
acidification of the seas is predicted to reduce fisheries productivity by over
half (Rogers et al, 2017). The rates of sea level rise suggest they may be
soon become exponential (Malmquist, 2018), which will pose significant
problems for billions of people living in coastal zones (Neumann et al,
2015). Environmental scientists are now describing our current era as the
sixth mass extinction event in the history of planet Earth, with this one
caused by us. About half of all plants and animal species in the world's most
biodiverse places are at risk of extinction due to climate change (WWF,
2018). The World Bank reported in 2018 that countries needed to prepare
for over 100 million internally displaced people due to the effects of climate
change (Rigaud et al, 2018), in addition to millions of international refugees.
Despite you, me, and most people we know in this field, already hearing
data on this global situation, it is useful to recap simply to invite a sober

acceptance of our current predicament. It has led some commentators to
describe our time as a new geological era shaped by humans - the
Anthropocene (Hamilton, et al, 2015). It has led others to conclude that we
should be exploring how to live in an unstable post-Sustainability situation
(Benson and Craig, 2014; Foster, 2015). This context is worth being
reminded of, as it provides the basis upon which to assess the significance,
or otherwise, of all the praiseworthy efforts that have been underway and
reported in some detail in this and other journals over the past decade. I will
now offer an attempt at a summary of that broader context insofar as it
might frame our future work on sustainability.
The politically permissible scientific consensus is that we need to stay
beneath 2 degrees warming of global ambient temperatures, to avoid
dangerous and uncontrollable levels of climate change, with impacts such
as mass starvation, disease, flooding, storm destruction, forced migration
and war. That figure was agreed by governments that were dealing with
many domestic and international pressures from vested interests,
particularly corporations. It is therefore not a figure that many scientists
would advise, given that many ecosystems will be lost and many risks
created if we approach 2 degrees global ambient warming (Wadhams,
2018). The IPCC agreed in 2013 that if the world does not keep further
anthropogenic emissions below a total of 800 billion tonnes of carbon we
are not likely to keep average temperatures below 2 degrees of global
averaged warming. That left about 270 billion tonnes of carbon to burn
(Pidcock, 2013). Total global emissions remain at around 11 billion tonnes of
carbon per year (which is 37 billion tonnes of CO2). Those calculations
appear worrying but give the impression we have at least a decade to
change. It takes significant time to change economic systems so if we are
not already on the path to dramatic reductions it is unlikely we will keep
within the carbon limit. With an increase of carbon emissions of 2% in 2017,
the decoupling of economic activity from emissions is not yet making a net
dent in global emissions (Canadell et al, 2017). So, we are not on the path
to prevent going over 2 degrees warming through emissions reductions. In
any case the IPCC estimate of a carbon budget was controversial with many
scientists who estimated that existing CO2 in the atmosphere should
already produce global ambient temperature rises over 5°C and so there is
no carbon budget – it has already been overspent (Wasdell, 2015).
That situation is why some experts have argued for more work on removing
carbon from the atmosphere with machines. Unfortunately, the current
technology needs to be scaled by a factor of 2 million within 2 years, all
powered by renewables, alongside massive emission cuts, to reduce the
amount of heating already locked into the system (Wadhams, 2018).
Biological approaches to carbon capture appear far more promising
(Hawken and Wilkinson, 2017). These include planting trees, restoring soils
used in agriculture, and growing seagrass and kelp, amongst other
approaches. They also offer wider beneficial environmental and social side
effects. Studies on seagrass (Greiner et al, 2013) and seaweed (Flannery,
2015) indicate we could be taking millions of tonnes of carbon from the

atmosphere immediately and continually if we had a massive effort to
restore seagrass meadows and to farm seaweed. The net sequestration
effect is still being assessed but in certain environments will be significant
(Howard et al, 2017). Research into “management-intensive rotational
grazing” practices (MIRG), also known as holistic grazing, show how a
healthy grassland can store carbon. A 2014 study measured annual perhectare increases in soil carbon at 8 tons per year on farms converted to
these practices (Machmuller et al, 2015). The world uses about 3.5 billion
hectares of land for pasture and fodder crops. Using the 8 tons figure
above, converting a tenth of that land to MIRG practices would sequester a
quarter of present emissions. In addition, no-till methods of horticulture can
sequester as much as two tons of carbon per hectare per year, so could also
make significant contributions. It is clear, therefore, that our assessment of
carbon budgets must focus as much on these agricultural systems as we do
on emissions reductions.
Clearly a massive campaign and policy agenda to transform agriculture and
restore ecosystems globally is needed right now. It will be a huge
undertaking, undoing 60 years of developments in world agriculture. In
addition, it means the conservation of our existing wetlands and forests
must suddenly become successful, after decades of failure across lands
outside of geographically limited nature reserves. Even if such will emerges
immediately, the heating and instability already locked into the climate will
cause damage to ecosystems, so it will be difficult for such approaches to
curb the global atmospheric carbon level. The reality that we have
progressed too far already to avert disruptions to ecosystems is highlighted
by the finding that if CO2 removal from the atmosphere could work at scale,
it would not prevent massive damage to marine life, which is locked in for
many years due to acidification from the dissolving of CO2 in the oceans
(Mathesius et al, 2015).
Despite the limitations of what humans can do to work with nature to
encourage its carbon sequestration processes, the planet has been helping
us out anyway. A global “greening” of the planet has significantly slowed
the rise of carbon dioxide in the atmosphere since the start of the century.
Plants have been growing faster and larger due to higher CO2 levels in the
air and warming temperatures that reduce the CO2 emitted by plants via
respiration. The effects led the proportion of annual carbon emissions
remaining in the air to fall from about 50% to 40% in the last decade.
However, this process only offers a limited effect, as the absolute level of
CO2 in the atmosphere is continuing to rise, breaking the milestone of 400
parts per million (ppm) in 2015. Given that changes in seasons,
temperatures extremes, flood and drought are beginning to negatively
affect ecosystems, the risk exists that this global greening effect may be
reduced in time (Keenan et al, 2016)
These potential reductions in atmospheric carbon from natural and assisted
biological processes is a flickering ray of hope in our dark situation.
However, the uncertainty about their impact needs to be contrasted with

the uncertain yet significant impact of increasing methane release in the
atmosphere. It is a gas that enables far more trapping of heat from the
sun’s rays than CO2 but was ignored in most of the climate models over the
past decades. The authors of the 2016 Global Methane Budget report found
that in the early years of this century, concentrations of methane rose by
only about 0.5ppb each year, compared with 10ppb in 2014 and 2015.
Various sources were identified, from fossil fuels - to agriculture to melting
permafrost (Saunois et al, 2016).
Given the contentiousness of this topic in the scientific community, it may
even be contentious for me to say that there is no scientific consensus on
the sources of current methane emissions or the potential risk and timing of
significant methane releases from either surface and subsea permafrost. A
recent attempt at consensus on methane risk from melting surface
permafrost concluded methane release would happen over centuries or
millennia, not this decade (Schuur et al. 2015). Yet within three years that
consensus was broken by one of the most detailed experiments which
found that if the melting permafrost remains waterlogged, which is likely,
then it produces significant amounts of methane within just a few years
(Knoblauch et al, 2018). The debate is now likely to be about whether other
microorganisms might thrive in that environment to eat up the methane –
and whether or not in time to reduce the climate impact.
The debate about methane release from clathrate forms, or frozen methane
hydrates, on the Arctic sea floor is even more contentious. In 2010 a group
of scientists published a study that warned how the warming of the Arctic
could lead to a speed and scale of methane release that would be
catastrophic to life on earth through atmospheric heating of over 5 degrees
within just a few years of such a release (Shakhova et al, 2010). The study
triggered a fierce debate, much of which was ill considered, perhaps
understandable given the shocking implications of this information (Ahmed,
2013). Since then, key questions at the heart of this scientific debate (about
what would amount to the probable extinction of the human race) include
the amount of time it will take for ocean warming to destabilise hydrates on
the sea floor, and how much methane will be consumed by aerobic and
anaerobic microbes before it reaches the surface and escapes to the
atmosphere. In a global review of this contentious topic, scientists
concluded that there is not the evidence to predict a sudden release of
catastrophic levels of methane in the near-term (Ruppel and Kessler, 2017).
However, a key reason for their conclusion was the lack of data showing
actual increases in atmospheric methane at the surface of the Arctic, which
is partly the result of a lack of sensors collecting such information. Most
ground-level methane measuring systems are on land. Could that be why
the unusual increases in atmospheric methane concentrations cannot be
fully explained by existing data sets from around the world (Saunois et al,
2016)? One way of calculating how much methane is probably coming from
our oceans is to compare data from ground-level measurements, which are
mostly but not entirely on land, with upper atmosphere measurements,
which indicate an averaging out of total sources. Data published by

scientists from the Arctic News (2018) website indicates that in March 2018
at mid altitudes, methane was around 1865 parts per billion (ppb), which
represents a 1.8 percent increase of 35 ppb from the same time in 2017,
while surface measurements of methane increased by about 15 ppb in that
time. Both figures are consistent with a non-linear increase - potentially
exponential - in atmospheric levels since 2007. That is worrying data in
itself, but the more significant matter is the difference between the increase
measured at ground and mid altitudes. That is consistent with this added
methane coming from our oceans, which could in turn be from methane
hydrates.
This closer look at the latest data on methane is worthwhile given the
critical risks to which it relates. It suggests that the recent attempt at a
consensus that it is highly unlikely we will see near-term massive release of
methane from the Arctic Ocean is sadly inconclusive. In 2017 scientists
working on the Eastern Siberian sea shelf, reported that the permafrost
layer has thinned enough to risk destabilising hydrates (The Arctic, 2017).
That report of subsea permafrost destabilisation in the East Siberian Arctic
sea shelf, the latest unprecedented temperatures in the Arctic, and the data
in non-linear rises in high-atmosphere methane levels, combine to make it
feel like we are about to play Russian Roulette with the entire human race,
with already two bullets loaded. Nothing is certain. But it is sobering that
humanity has arrived at a situation of our own making where we now
debate the strength of analyses of our near-term extinction.
Apocalypse Uncertain
The truly shocking information on the trends in climate change and its
impacts on ecology and society are leading some to call for us to
experiment with geoengineering the climate, from fertilizing the oceans so
they photosynthesize more CO2, to releasing chemicals in the upper
atmosphere so the Sun’s rays are reflected. The unpredictability of
geoengineering the climate through the latter method, in particular the
dangers of disturbances to seasonal rains that billions of people rely on,
make it unlikely to be used (Keller et al, 2014). The potential natural
geoengineering from increased sulphur releases from volcanoes due to
isostatic rebound as weight on the Earth’s crust is redistributed is not likely
to make a significant contribution to earth temperatures for decades or
centuries.
It is a truism that we do not know what the future will be. But we can see
trends. We do not know if the power of human ingenuity will help
sufficiently to change the environmental trajectory we are on.
Unfortunately, the recent years of innovation, investment and patenting
indicate how human ingenuity has increasingly been channelled into
consumerism and financial engineering. We might pray for time. But the
evidence before us suggests that we are set for disruptive and
uncontrollable levels of climate change, bringing starvation, destruction,
migration, disease and war.

We do not know for certain how disruptive the impacts of climate change
will be or where will be most affected, especially as economic and social
systems will respond in complex ways. But the evidence is mounting that
the impacts will be catastrophic to our livelihoods and the societies that we
live within. Our norms of behaviour, that we call our “civilisation,” may also
degrade. When we contemplate this possibility, it can seem abstract. The
words I ended the previous paragraph with may seem, subconsciously at
least, to be describing a situation to feel sorry about as we witness scenes
on TV or online. But when I say starvation, destruction, migration, disease
and war, I mean in your own life. With the power down, soon you wouldn’t
have water coming out of your tap. You will depend on your neighbours for
food and some warmth. You will become malnourished. You won’t know
whether to stay or go. You will fear being violently killed before starving to
death.
These descriptions may seem overly dramatic. Some readers might
consider them an unacademic form of writing. Which would be an
interesting comment on why we even write at all. I chose the words above
as an attempt to cut through the sense that this topic is purely theoretical.
As we are considering here a situation where the publishers of this journal
would no longer exist, the electricity to read its outputs won’t exist, and a
profession to educate won’t exist, I think it time we break some of the
conventions of this format. However, some of us may take pride in
upholding the norms of the current society, even amidst collapse. Even
though some of us might believe in the importance of maintaining norms of
behaviour, as indicators of shared values, others will consider that the
probability of collapse means that effort at reforming our current system is
no longer the pragmatic choice. My conclusion to this situation has been
that we need to expand our work on “sustainability” to consider how
communities, countries and humanity can adapt to the coming troubles. I
have dubbed this the “Deep Adaptation Agenda,” to contrast it with the
limited scope of current climate adaptation activities. My experience is that
a lot of people are resistant to the conclusions I have just shared. So before
explaining the implications, let us consider some of the emotional and
psychological responses to the information I have just summarised.
Systems of Denial
It would not be unusual to feel a bit affronted, disturbed, or saddened by
the information and arguments I have just shared. In the past few years,
many people have said to me that “it can’t be too late to stop climate
change, because if it was, how would we find the energy to keep on striving
for change?” With such views, a possible reality is denied because people
want to continue their striving. What does that tell us? The “striving” is
based in a rationale of maintaining self-identities related to espoused
values. It is understandable why that happens. If one has always thought of
oneself as having self-worth through promoting the public good, then

information that initially appears to take away that self-image is difficult to
assimilate.
That process of strategic denial to maintain striving and identity is easily
seen in online debates about the latest climate science. One particular case
is illustrative. In 2017 the New York Magazine published an article that drew
together the latest data and analysis of what the implications of rapid
climatic warming would be on ecosystems and humanity. Unlike the many
dry academic articles on these subjects, this popular article sought to
describe these processes in visceral ways (Wallace-Wells, 2017). The
reaction of some environmentalists to this article did not focus on the
accuracy of the descriptions or what might be done to reduce some of the
worst effects that were identified in the article. Instead, they focused on
whether such ideas should be communicated to the general public. Climate
scientist Michael Mann warned against presenting “the problem as
unsolvable, and feed[ing] a sense of doom, inevitability and hopelessness”
(in Becker, 2017). Environmental journalist Alex Steffen (2017) tweeted that
"Dropping the dire truth... on unsupported readers does not produce action,
but fear." In a blog post, Daniel Aldana Cohen (2017) an assistant sociology
professor working on climate politics, called the piece “climate disaster
porn.” Their reactions reflect what some people have said to me in
professional environmental circles. The argument made is that to discuss
the likelihood and nature of social collapse due to climate change is
irresponsible because it might trigger hopelessness amongst the general
public. I always thought it odd to restrict our own exploration of reality and
censor our own sensemaking due to our ideas about how our conclusions
might come across to others. Given that this attempt at censoring was so
widely shared in the environmental field in 2017, it deserves some closer
attention.
I see four particular insights about what is happening when people argue we
should not communicate to the public the likelihood and nature of the
catastrophe we face. First, it is not untypical for people to respond to data
in terms of what perspectives we wish for ourselves and others to have,
rather than what the data may suggest is happening. That reflects an
approach to reality and society that may be tolerable in times of plenty but
counterproductive when facing major risks. Second, bad news and extreme
scenarios impact on human psychology. We sometimes overlook that the
question of how they impact is a matter for informed discussion that can
draw upon psychology and communications theories. Indeed, there are
journals dedicated to environmental psychology. There is some evidence
from social psychology to suggest that by focusing on impacts now, it
makes climate change more proximate, which increases support for
mitigation (McDonald et al, 2015). That is not conclusive, and this field is
one for further exploration. That serious scholars or activists would make a
claim about impacts of communication without specific theory or evidence
suggests that they are not actually motivated to know the effect on the
public but are attracted to a certain argument that explains their view.

A third insight from the debates about whether to publish information on
the probable collapse of our societies is that sometimes people can express
a paternalistic relationship between themselves as environmental experts
and other people whom they categorise as “the public”. That is related to
the non-populist anti-politics technocratic attitude that has pervaded
contemporary environmentalism. It is a perspective that frames the
challenges as one of encouraging people to try harder to be nicer and
better rather than coming together in solidarity to either undermine or
overthrow a system that demands we participate in environmental
degradation.
A fourth insight is that “hopelessness” and its related emotions of dismay
and despair are understandably feared but wrongly assumed to be entirely
negative and to be avoided whatever the situation. Alex Steffen warned
that “Despair is never helpful” (2017). However, the range of ancient
wisdom traditions see a significant place for hopelessness and despair.
Contemporary reflections on people’s emotional and even spiritual growth
as a result of their hopelessness and despair align with these ancient ideas.
The loss of a capability, a loved one or a way of life, or the receipt of a
terminal diagnosis have all been reported, or personally experienced, as a
trigger for a new way of perceiving self and world, with hopelessness and
despair being a necessary step in the process (Matousek, 2008). In such
contexts “hope” is not a good thing to maintain, as it depends on what one
is hoping for. When the debate raged about the value of the New York
Magazine article, some commentators picked up on this theme. “In
abandoning hope that one way of life will continue, we open up a space for
alternative hopes,” wrote Tommy Lynch (2017).
This question of valid and useful hope is something that we must explore
much further. Leadership theorist Jonathan Gosling has raised the question
of whether we need a more “radical hope” in the context of climate change
and a growing sense of “things falling apart” (Gosling, 2016). He invites us
to explore what we could learn from other cultures that have faced
catastrophe. Examining the way Native American Indians coped with being
moved on to reservations, Lear (2008) looked at what he calls the “blind
spot” of any culture: the inability to conceive of its own destruction and
possible extinction. He explored the role of forms of hope that involved
neither denial or blind optimism. “What makes this hope radical, is that it is
directed toward a future goodness that transcends the current ability to
understand what it is” (ibid). He explains how some of the Native American
chiefs had a form of “imaginative excellence” by trying to imagine what
ethical values would be needed in their new lifestyle on the reservation. He
suggests that besides the standard alternatives of freedom or death (in
service of one’s culture) there is another way, less grand yet demanding
just as much courage: the way of “creative adaptation.” This form of
creatively constructed hope may be relevant to our Western civilisation as
we confront disruptive climate change (Gosling and Case, 2013).

Such deliberations are few and far between in either the fields of
environmental studies or management studies. It is to help break this semicensorship of our own community of inquiry on sustainability that motivated
me to write this article. Some scholarship has looked at the process of
denial more closely. Drawing on sociologist Stanley Cohen, Foster (2015)
identifies two subtle forms of denial – interpretative and implicative. If we
accept certain facts but interpret them in a way that makes them “safer” to
our personal psychology, it is a form of “interpretative denial”. If we
recognise the troubling implications of these facts but respond by busying
ourselves on activities that do not arise from a full assessment of the
situation, then that is “implicative denial”. Foster argues that implicative
denial is rife within the environmental movement, from dipping into a local
Transition Towns initiative, signing online petitions, or renouncing flying,
there are endless ways for people to be “doing something” without
seriously confronting the reality of climate change.
There are three main factors that could be encouraging professional
environmentalists in their denial that our societies will collapse in the nearterm. The first is the way the natural scientific community operates.
Eminent climate scientist James Hansen has always been ahead of the
conservative consensus in his analyses and predictions. Using the case
study of sea level rise, he threw light on processes that lead to “scientific
reticence” to conclude and communicate scenarios that would be disturbing
to employers, funders, governments and the public (Hansen, 2007). A more
detailed study of this process across issues and institutions found that
climate-change scientists routinely underestimate impacts “by erring on the
side of least drama” - (Brysse et al, 2013). Combined with the norms of
scientific analysis and reporting to be cautious and avoid bombast, and the
time it takes to fund, research, produce and publish peer-reviewed scientific
studies, this means that the information available to environmental
professionals about the state of the climate is not as frightening as it could
be. In this paper I have had to mix information from peer-reviewed articles
with recent data from individual scientists and their research institutions to
provide the evidence which suggests we are now in a non-linear situation of
climactic changes and effects.
A second set of factors influencing denial may be personal. George Marshall
summarised the insights from psychology on climate denial, including the
interpretive and implicative denial of those of who are aware but have not
prioritised it. In particular, we are social beings and our assessment of what
to do about information is influenced by our culture. Therefore, people often
avoid voicing certain thoughts when they go against the social norm around
them and/or their social identity. Especially in situations of shared
powerlessness, it can be perceived as safer to hide one's views and do
nothing if it goes against the status quo. Marshall also explains how our
typical fear of death means that we do not give our full attention to
information that reminds us of that. According to anthropologist Ernest
Becker (1973): “A fear of death lies at the centre of all human belief.”
Marshall explains: “The denial of death is a ‘vital lie’ that leads us to invest

our efforts into our cultures and social groups to obtain a sense of
permanence and survival beyond our death. Thus, [Becker] argued, when
we receive reminders of our death – what he calls death salience – we
respond by defending those values and cultures.” This view was recently
expounded as part of the “terror management theory” proposed by Jeff
Greenberg, Sheldon Solomon, and Tom Pyszczynski (2015). Although
Marshall does not consider it directly, these processes would apply more so
to “collapse denial” than to climate denial, as the death involves not only
oneself but all of what one could contribute to.
These personal processes are likely made worse for sustainability experts
than the general public, given the typical allegiance of professionals to
incumbent social structures. Research has revealed that people who have a
higher level of formal education are more supportive of the existing social
and economic systems that those that have less education (Schmidt, 2000).
The argument is that people who have invested time and money in
progressing to a higher status within existing social structures are more
naturally inclined to imagine reform of those systems than their upending.
This situation is accentuated if we assume our livelihood, identity and selfworth is dependent on the perspective that progress on sustainability is
possible and that we are part of that progressive process.
The third factor influencing denial is institutional. I have worked for over 20
years within or with organisations working on the sustainability agenda, in
non-profit, private and governmental sectors. In none of these sectors is
there an obvious institutional self-interest in articulating the probability or
inevitability of social collapse. Not to members of your charity, not to
consumers of your product, not to voters for your party. There are a few
niche companies that benefit from a collapse discourse leading some
people to seek to prepare by buying their products. This field may expand in
future, at various scales of preparedness, which I return to below. But the
internal culture of environmental groups remains strongly in favour of
appearing effective, even when decades of investment and campaigning
have not produced a net positive outcome on climate, ecosystems or many
specific species.
Let us look at the largest environmental charity, WWF, as an example of this
process of organisational drivers of implicative denial. I worked for them
when we were striving towards all UK wood product imports being from
sustainable forests by 1995. Then it became “well-managed” forests by
2000. Then targets were quietly forgotten while the potensiphonic
language5 of solving deforestation through innovative partnerships
remained. If the employees of the world’s leading environmental groups
were on performance related pay, they would probably owe their members
and donors money by now. The fact that some readers may find such a
comment to be rude and unhelpful highlights how our interests in civility,
praise and belonging within a professional community can censor those of
5

language that emphasizes power and supremacy

us who seek to communicate uncomfortable truths in memorable ways (like
that journalist in the New York Magazine).
These personal and institutional factors mean that environmental
professionals may be some of the slowest to process the implications of the
latest climate information. In 2017, a survey of more than 8,000 people
across 8 different countries – Australia, Brazil, China, Germany, India, South
Africa, the UK, and the US – asked respondents to gauge their perceived
level of security as compared to two years ago in regards to global risks. A
total of 61% said they felt more insecure, while only 18% said they felt
more secure. On climate change, 48% of respondents strongly agreed that
it is a global catastrophic risk, with an additional 36% of people tending to
agree with that. Only 14% of respondents disagreed to some degree with
the idea that climate change presented a catastrophic risk (Hill, 2017). This
perspective on climate may help explain other survey data that suggests
remarkable changes in how people view technology, progress, their society,
and the future prospects for their children. A 2017 global survey found that
only 13% of the public think the world is getting better, which is major
change from the ten years before (Ipsos MORI, 2017). In the USA, polls
indicate that belief in technology as a good force has been fading (Asay,
2013). This information may reflect a wider questioning of the idea that
progress is always good and possible. Such as shift in perspective is
indicated by opinion polls showing that far fewer people today than the last
decade believe their children will have a better future than themselves
(Stokes, 2017). Another indicator of whether people believe in their future is
if they believe in the basis of their society. Studies have consistently found
that more people are losing faith in electoral democracy and in the
economic system (Bendell and Lopatin, 2017). The questioning of
mainstream life and of progress is also reflected in the shift away from
secular-rational values to traditional values that has been occurring
worldwide since 2010 (World Values Survey, 2016). How do children feel
about their futures? I have not found a large or longitudinal study on
children’s views of the future, but one journalist who asked children from 6
to 12 years old to paint what they expect the world in 50 years to be like
generated mostly apocalyptic images (Banos Ruiz, 2017). This evidence
suggests that the idea we “experts” need to be careful about what to tell
“them” the “unsupported public” may be a narcissistic delusion in need of
immediate remedy.
Emotional difficulties with realising the tragedy that is coming, and that is in
many ways upon us already, are understandable. Yet these difficulties need
to be overcome so we can explore what the implications may be for our
work, lives and communities.
Framing After Denial
As a sense of calamity grows within the environmental movement, some
argue against a focus on "carbon reductionism" for how it may limit our
appreciation of why we face this tragedy and what to do about it

(Eisenstein, 2018). I agree that climate change is not just a pollution
problem, but an indicator of how our human psyche and culture became
divorced from our natural habitat. However, that does not mean we should
deprioritise the climate situation for a broader environmental agenda.
If we allow ourselves to accept that a climate-induced form of economic and
social collapse is now likely, then we can begin to explore the nature and
likelihood of that collapse. That is when we discover a range of different
views. Some frame the future as involving a collapse of this economic and
social system, which does not necessarily mean a complete collapse of law,
order, identity and values. Some regard that kind of collapse as offering a
potential upside in bringing humanity to a post-consumerist way of life that
would be more conscious of relationships between people and nature
(Eisenstein, 2013). Some even argue that this reconnection with nature will
generate hitherto unimaginable solutions to our predicament. Sometimes
that view comes with a belief in the power of spiritual practices to influence
the material world according to human intent. The perspective that natural
or spiritual reconnection might save us from catastrophe is, however, a
psychological response one could analyse as a form of denial.
Some analysts emphasise the unpredictable and catastrophic nature of this
collapse, so that it will not be possible to plan a way to transition at either
collective or small-scale levels to a new way of life that we might imagine as
tolerable, let alone beautiful. Then others go further still and argue that the
data can be interpreted as indicating climate change is now in a runaway
pattern, with inevitable methane release from the seafloor leading to a
rapid collapse of societies that will trigger multiple meltdowns of some of
the world’s 400 nuclear power-stations, leading to the extinction of the
human race (McPherson, 2016). This assessment that we face near-term
human extinction can draw on the conclusions by geologists that the last
mass extinction of life on earth, where 95% of species disappeared, was
due to methane-induced rapid warming of the atmosphere (Lee, 2014;
Brand et al, 2016).
With each of these framings – collapse, catastrophe, extinction – people
describe different degrees of certainty. Different people speak of a scenario
being possible, probable or inevitable. In my conversations with both
professionals in sustainability or climate, and others not directly involved, I
have found that people choose a scenario and a probability depending not
on what the data and its analysis might suggest, but what they are
choosing to live with as a story about this topic. That parallels findings in
psychology that none of us are purely logic machines but relate information
into stories about how things relate and why (Marshall, 2014). None of us
are immune to that process. Currently, I have chosen to interpret the
information as indicating inevitable collapse, probable catastrophe and
possible extinction. There is a growing community of people who conclude
we face inevitable human extinction and treat that view as a prerequisite
for meaningful discussions about the implications for our lives right now. For
instance, there are thousands of people on Facebook groups who believe

human extinction is near. In such groups I have witnessed how people who
doubt extinction is either inevitable or coming soon are disparaged by some
participants for being weak and deluded. This could reflect how some of us
may find it easier to believe in a certain than an uncertain story, especially
when the uncertain future would be so different to today that it is difficult to
comprehend. Reflection on the end of times, or eschatology, is a major
dimension of the human experience, and the total sense of loss of
everything one could ever contribute to is an extremely powerful
experience for many people. How they emerge from that experience
depends on many factors, with loving kindness, creativity, transcendence,
anger, depression, nihilism and apathy all being potential responses. Given
the potential spiritual experience triggered by sensing the imminent
extinction of the human race, we can appreciate why a belief in the
inevitability of extinction could be a basis for some people to come
together.
In my work with mature students, I have found that inviting them to
consider collapse as inevitable, catastrophe as probable and extinction as
possible, has not led to apathy or depression. Instead, in a supportive
environment, where we have enjoyed community with each other,
celebrating ancestors and enjoying nature before then looking at this
information and possible framings for it, something positive happens. I have
witnessed a shedding of concern for conforming to the status quo, and a
new creativity about what to focus on going forward. Despite that, a certain
discombobulation occurs and remains over time as one tries to find a way
forward in a society where such perspectives are uncommon. Continued
sharing about the implications as we transition our work and lives is
valuable.
One further factor in the framing of our situation concerns timing. Which
also concerns geography. Where and when will the collapse or catastrophe
begin? When will it affect my livelihood and society? Has it already begun?
Although it is difficult to forecast and impossible to predict with certainty,
that does not mean we should not try. The current data on temperature rise
at the poles and impacts on weather patterns around the world suggests we
are already in the midst of dramatic changes that will impact massively and
negatively on agriculture within the next twenty years. Impacts have
already begun. That sense of near-term disruption to our ability to feed
ourselves and our families, and the implications for crime and conflict, adds
another level to the discombobulation I mentioned. Should you drop
everything now and move somewhere more suitable for self-sufficiency?
Should you be spending time reading the rest of this article? Should I even
finish writing it? Some of the people who believe that we face inevitable
extinction believe that no one will read this article because we will see a
collapse of civilisation in the next twelve months when the harvests fail
across the northern hemisphere. They see social collapse leading to
immediate meltdowns of nuclear power stations and thus human extinction
being a near-term phenomenon. Certainly not more than five years from
now. The clarity and drama of their message is why Inevitable Near Term

Human Extinction (INTHE) has become a widely used phrase online for
discussions about climate-collapse.
Writing about that perspective makes me sad. Even four years after I first
let myself consider near-term extinction properly, not as something to
dismiss, it still makes my jaw drop, eyes moisten, and air escape my lungs. I
have seen how the idea of INTHE can lead me to focus on truth, love and joy
in the now, which is wonderful, but how it can also make me lose interest in
planning for the future. And yet I always come around to the same
conclusion – we do not know. Ignoring the future because it is unlikely to
matter might backfire. “Running for the hills” – to create our own ecocommunity – might backfire. But we definitely know that continuing to work
in the ways we have done until now is not just backfiring – it is holding the
gun to our own heads. With this in mind, we can choose to explore how to
evolve what we do, without any simple answers. In my post-denial state,
shared by increasing numbers of my students and colleagues, I realised that
we would benefit from conceptual maps for how to address these questions.
I therefore set about synthesising the main things people talked about
doing differently in light of a view of inevitable collapse and probable
catastrophe. That is what I offer now as the “deep adaptation agenda.”
The Deep Adaptation Agenda
For many years, discussions and initiatives on adaptation to climate change
were seen by environmental activists and policymakers as unhelpful to the
necessary focus on carbon emissions reductions. That view finally changed
in 2010 when the IPCC gave more attention to how societies and economies
could be helped to adapt to climate change, and the United Nations Global
Adaptation Network was founded to promote knowledge sharing and
collaboration. Five years later the Paris Accord between member states
produced a “Global Goal on Adaptation” (GGA) with the aim of “enhancing
adaptive capacity, strengthening resilience and reducing vulnerability to
climate change, with a view to contributing to sustainable development and
ensuring an adequate adaptation response in the context of the global
temperature goal” (cited in Singh, Harmeling and Rai, 2016). Countries
committed to develop National Adaptation Plans (NAPs) and report on their
creation to the UN.
Since then the funding being made available to climate adaptation has
grown, with all the international development institutions active on
adaptation finance. In 2018 the International Fund for Agricultural
Development (IFAD), African Development Bank (AfDB), Asian Development
Bank (ADB), Global Facility for Disaster Reduction and Recovery (GFDRR)
and the World Bank each agreed major financing for governments to
increase resilience of their communities. Some of their projects include the
Green Climate Fund, which was created to provide lower income countries
with assistance. Typical projects include improving the ability of small-scale
farmers to cope with weather variability through the introduction of
irrigation and the ability of urban planners to respond to rising sea levels




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