Exposition l'Enfant cachée .pdf



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est une fiction.
Elsa, Dounia, ainsi que tous les personnages qui interviennent dans cette histoire n’ont jamais existé.
Ils ont été inventés par les auteurs de cette bande
dessinée.
L’ensemble des faits décrits dans cet ouvrage sont
réels. Les auteurs ont été attentifs à respecter les
événements qui se sont déroulés entre 1940 et 1945.
À partir de 1940, partout en France, des hommes,
des femmes et des enfants furent exclus et persécutés parce qu’ils étaient juifs.
De nombreux civils courageux, solidaires, anonymes, discrets et des organisations juives s’élevèrent contre la haine antisémite en cachant et
protégeant des Juifs. Ils permirent le sauvetage de
trois Juifs sur quatre en France, durant la Seconde
Guerre mondiale.

Une bande dessinée
publiée aux éditions

Exposition conçue par

avec le soutien

Loïc Dauvillier - Marc Lizano - Greg Salsedo

LEC 1

C’est la guerre !
Le 30 janvier 1933, le chef du parti nazi, Adolf Hitler, devient chancelier d’Allemagne.
Il veut faire de l’Allemagne un grand empire européen sans Juifs.

1938
À partir de mars 1938, l’Allemagne annexe l’Autriche, puis la
Tchécoslovaquie.
Des milliers de personnes menacées, venues de toute l’Europe, fuient le nazisme et se réfugient en France, pays des
droits de l’homme.
1er septembre 1939
La Wehrmacht envahit la Pologne.
3 septembre 1939
La France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne. Cinq millions d’hommes sont mobilisés pour rejoindre l’armée française.

Traumatisée, la population française
est soulagée de voir la guerre
se terminer.
Près de deux millions de soldats
sont faits prisonniers. Les autres,
démobilisés, rentrent chez eux.

1940
L’armée allemande
envahit les Pays-Bas,
la Belgique,
le Luxembourg.
10 mai 1940
C’est la France qui
est envahie.
14 mai 1940
L’armée allemande
entre dans Paris.

17 juin 1940, la défaite
Le maréchal Philippe Pétain est nommé
chef du Gouvernement.
Il demande l’armistice à Hitler : les combats
cessent.

18 juin 1940,
l’espoir
Le général Charles de Gaulle
invite les Français
à « poursuivre le combat »
et à résister.
C’est l’Appel du 18 juin.

À retenir :
Le 3 septembre 1939, la France entre en guerre contre l’Allemagne.
La Seconde Guerre mondiale dure six ans, jusqu’en 1945.

Loïc Dauvillier - Marc Lizano - Greg Salsedo
Photos : Mémorial de la Shoah/CDJC. Cartes : Bernard Lhoumeau (Géoatlas).

LEC 2

L'Occupation
Le 22 juin 1940, la France a perdu la guerre.
Les Allemands occupent une partie du pays et dictent leurs règles.

22 juin 1940, l’armistice
Le maréchal Pétain signe un armistice avec les Allemands qui
imposent de très lourdes conditions.
La France est morcelée en plusieurs zones : interdites, réservées
et occupée au nord et sur la façade atlantique, non occupée au
sud.
Tous les pays occupés par les Allemands doivent participer à l'effort de guerre nazi.
10 juillet 1940
Âgé de 85 ans, le maréchal Pétain
devient le chef de l'État français
(zone non occupée). Il instaure
la « Révolution nationale » — régime nationaliste et totalitaire fondé sur l'ordre
et la discipline — et déLa France verse chaque jour
cide de collaborer avec
400 millions de francs aux Allemands.
l'occupant.
Un million et demi d’hommes
prisonniers doivent rester
Vichy devient la capitale
travailler en Allemagne.
de la France.
Pétain supprime
la devise « Liberté, Égalité, Fraternité »
et la remplace par « Travail, Famille, Patrie ».
Il rend les étrangers, les Juifs, les
communistes et les
francs-maçons responsables de la défaite.

Septembre-octobre
1940
En zone occupée, les Allemands
et l'État français recensent tous
les Juifs et imposent des lois antisémites.
Les Juifs ne peuvent plus exercer
de nombreux métiers : professeurs, militaires, médecins, journalistes, acteurs…
Les Juifs étrangers sont internés
dans des camps de concentration
français ou assignés à résidence.
Pour lutter contre l'occupant et
le régime de Vichy, la Résistance
commence à s'organiser dès 1940.

La ligne de démarcation
coupe la France
en deux sur 1 200 km.
Elle traverse
13 départements.
La circulation des personnes,
du courrier
et des marchandises
est réglementée
entre les deux zones.
Seules les personnes munies
d’un laissez-passer
peuvent franchir
la ligne.

À retenir :
Après la défaite, une grande partie de la France est occupée par les Allemands. Le maréchal Pétain
met en œuvre des lois antisémites et xénophobes. Des hommes et des femmes décident de résister.

Loïc Dauvillier - Marc Lizano - Greg Salsedo
Photos : Mémorial de la Shoah/CDJC. Cartes : Bernard Lhoumeau (Géoatlas).

LEC 3

La vie quotidienne
La guerre n’est pas seulement un combat entre des soldats.
Elle inflige violences et privations à la population civile.
La vie de tous les jours est très difficile.

1940
L’occupant réquisitionne la nourriture et les matériels nécessaires à l’effort de guerre allemand.
23 septembre 1940
Le gouvernement de Vichy instaure un système de rationnement qui limite la consommation des produits de la vie quotidienne : nourriture, charbon de chauffage, vêtements s’achètent avec des tickets de rationnement remis aux familles par
les mairies.

De longues files d’attente se forment
devant les magasins qui ont du mal
à s’approvisionner.
Trouver des œufs, du fromage, du beurre
devient de plus en plus difficile.
Viande, poisson et café sont très rares.

À partir de 1942
Les Juifs voient leur liberté de circulation réduite. Ils n’ont le
droit de faire leurs courses qu'entre 15 et 17 heures, quand
les marchandises sont souvent épuisées dans les magasins.
En zone occupée, ils ne sont plus autorisés à sortir la nuit,
l’entrée des théâtres et des salles de concert leur est interdite.
Pour eux, s'ajoute la peur d’être arrêté à tout instant.

Les cartes de ravitaillement
sont classées en huit catégories :
E enfants de moins de 3 ans,
J 1 enfants de 3 à 6 ans,
J 2 enfants de 6 à 13 ans,
J 3 adolescents de 13 à 21 ans,
A adultes de 21 à 70 ans,
T travailleurs de force (donne
droit à des suppléments de pain,
de viande, de vin, etc.),
C agriculteurs adultes,
V adultes de plus de 70 ans.
Les cartes de rationnement des Juifs
sont marquées de la lettre « J ».

À retenir :
La population française souffre de la pénurie.
Les lois restrictives contre les Juifs se multiplient.

Loïc Dauvillier - Marc Lizano - Greg Salsedo
Photos : Mémorial de la Shoah/CDJC.

LEC 4

Les lois antisémites
Hitler établit une hiérarchie des races dans laquelle les Juifs sont voués à disparaître.
Pour satisfaire l’occupant, Vichy instaure une politique antijuive.

3 octobre 1940 : premier Statut des Juifs
Cette loi donne une définition juridique du Juif et les exclut
de la fonction publique, de la presse et de la vie culturelle.
4 octobre 1940
Les préfets sont autorisés à interner les Juifs étrangers dans
des camps ou à les assigner à résidence.
18 octobre 1940
En zone occupée, les
Allemands imposent
le recensement des
biens juifs. Une pancarte réglementaire
portant la mention
« entreprise juive » est
apposée sur les vitrines des entreprises.

2 juin 1941 : second Statut des Juifs
Cette loi durcit la politique antisémite du régime de Vichy et
l’étend à la zone non occupée. Elle interdit l’accès à d’autres
professions (commerce, publicité, banque…).
Le même jour une loi impose aux Juifs de se faire recenser.
22 juillet 1941
La loi française sur la confiscation des biens juifs est votée.

À partir du 7 juin 1942,
tous les Juifs de plus de six ans
sont obligés de porter une étoile
de tissu jaune cousue
sur leurs vêtements.

7 juin 1942
En zone occupée, les Juifs
ont l’obligation de porter une
étoile jaune. Elle représente
l’étoile de David, emblème
du judaïsme.

Désormais il est interdit
aux Juifs de :
posséder une radio, s’abonner à un journal,
utiliser les transports en commun,
posséder un animal domestique (chien,
chat, oiseau), aller chez le coiffeur,
acheter de la viande,
porter un brassard
de reconnaissance
La mesure
pour les aveugles,
discriminatoire
se rendre dans les
de l’étoile jaune
lieux publics (théâtres, squares, cinémas,
soulève l’indignation
restaurants, cabines téléphoniques…).
et la colère de
certains jeunes
Lainages, vêtements chauds, appareils
qui, par solidarité,
électriques et optiques, machines à écrire,
décident
vélos… leurs sont confisqués.
de porter de fausses
étoiles jaunes.

À retenir :
Des lois humiliantes s'abattent sur les Juifs, qui les excluent de la nationalité française,
réduisent leurs droits et les privent de dignité et de liberté.

Loïc Dauvillier - Marc Lizano - Greg Salsedo
Photos : Mémorial de la Shoah/CDJC ; Amis des Juifs - Les résistants aux étoiles, éditions Tirésias, 2005.

LEC 5

Les rafles
La haine des Juifs est l’obsession allemande. Elle devient aussi celle de Pierre Laval,
nouveau chef du Gouvernement nommé par Philippe Pétain,
qui se fourvoie avec zèle dans la traque des Juifs.

De l’automne 1940 au printemps 1942
De plus en plus de Juifs, (hommes, femmes, enfants, vieillards et malades) sont internés dans des camps, partout en
France.
Rafle des Juifs étrangers du 20-25 août 1941 à Paris,
principalement dans le XIe arrondissement.

Sur ordre des autorités allemandes,
la police française procède
à l’arrestation des Juifs étrangers.
Elle rafle également des familles
juives françaises.

À partir de l’été 1942.
De grandes rafles sont organisées dans tout le pays : 13 juillet à
Dijon, 15 juillet à Tours, 15 et 16 juillet à Bordeaux, 16 et 17 juillet
à Paris (où 13 152 Juifs sont interpellés avant d’être parqués au
Vel’ d’Hiv’)…
Les camps deviennent une antichambre de la déportation vers
le Reich. Les Juifs y sont entassés comme des animaux, avant
d’être déportés, dans des wagons à bestiaux, vers une destination inconnue.
Des associations humanitaires organisent le sauvetage des enfants.
Un souffle de solidarité
Avant les arrestations, tenues secrètes par l’administration policière, la rumeur des rafles circule, suscitant l’émotion dans la
population. Des voisins, des amis, des anonymes, tendent spontanément la main pour venir en aide aux persécutés.
Grâce à cette solidarité en France, trois Juifs sur quatre ne
seront pas livrés aux nazis.
Les œuvres d’assistance distribuent du riz pour les enfants juifs
internés au camp de Rivesaltes. 1941.

Vers l’enfer
Jusqu’en août 1944, 80 000 Juifs sont
arrêtés, 76 000 Juifs, dont 11 400 enfants,
sont déportés par des trains en convois
qui les mènent notamment au camp
d’extermination d’Auschwitz, en Pologne, où ils sont majoritairement exterminés.
Seuls 3 % des Juifs déportés depuis la
France survivent à la solution finale.

À retenir :
Pendant l’été 1942, de nombreux Juifs sont arrêtés partout en France par la police française dans de
grandes rafles et sur la ligne de démarcation. La population commence à réagir pour leur venir en aide.

Loïc Dauvillier - Marc Lizano - Greg Salsedo
Photos : Mémorial de la Shoah/CDJC.

LEC 6

Les justes
Face aux persécutions faites aux Juifs,
des citoyens choisissent de désobéir pour les sauver : ce sont des justes.

La grande majorité de la population, silencieuse et résignée,
s’accommode du sort fait aux Juifs depuis 1940.
Il semble que la France des droits de l’homme, libre et fraternelle, se soit perdue.

Pourtant, des citoyens indignés
prennent le risque de braver les lois
et les interdits. Ils sont paysans,
enseignants, gendarmes ou policiers ;
ils accomplissent un geste d’humanité
parfois au péril de leur propre vie.

La désobéissance civile
Discrète et peu connue, elle contribue à sauver des milliers
de vies. Elle se manifeste sous plusieurs formes : cacher, soigner, donner de la nourriture, aider à se déplacer, franchir la
ligne de démarcation, fournir de faux papiers…
Le moindre geste est important.
Les religieux
Des hommes d'Église désapprouvent publiquement les rafles
et participent aux actions de sauvetage. Des catholiques, tels
Mgr Jules Saliège (archevêque de Toulouse), Mgr Pierre-Marie
Théas (évêque de Montauban), le père Alexandre Glasberg,
sœur Placide, sœur Léocadie, mère Marie-Albert et des protestants dont les pasteurs Pierre-Charles Toureille, André
Trocmé, André Morel, Édouard Theis, Charles Cabanis se mobilisent pour sauver le plus grand nombre. La Mosquée de
Paris accueille également des Juifs en danger.

La résistance juive
Les Juifs jouent un rôle essentiel dans le
sauvetage des leurs (Éclaireurs juifs, circuit Garel, OSE, la Sixième, comité Amelot…). Ils créent des liens de solidarité
active et efficace avec d’autres organisations laïques et religieuses. Sans cette véritable chaîne d’amitié, rien n’est possible.

Le pasteur André Trocmé, son fils Jacques,
le pasteur Édouard Theis, Mireille Philip et Madeleine Barot,
membres de la Cimade.

Les enfants et les cadres
d’un home de l’OSE
(Œuvre de Secours
aux Enfants).

À retenir :
Contre l’antisémitisme et la xénophobie, une désobéissance civile
se développe aux cotés de la Résistance juive pour protéger les Juifs persécutés.

Loïc Dauvillier - Marc Lizano - Greg Salsedo
Photos : Mémorial de la Shoah/CDJC.

LEC 7

Les enfants cachés
Comme Dounia, des centaines d’enfants juifs ont été cachés pendant la guerre.
Des familles ou des institutions les ont accueillis et protégés.
On les appelle les enfants cachés.

Enfants juifs cachés par l’OSE
(Œuvre de Secours aux Enfants).

Les enfants cachés s’intègrent
à la vie de la famille ou
de l'institution qui les accueille
et qui parfois ignore tout de
la terrible histoire qu’ils vivent
et qu’ils portent seuls en secret.

En danger, les enfants doivent être protégés. La recherche de refuges sûrs devient une priorité, surtout
après les grandes rafles de
l’été 1942.
Parfois, les parents confient
eux-mêmes leurs enfants à
des amis ou à des connaissances, dans une autre ville
ou à la campagne.

Des réseaux se créent
Des organisation juives et de nombreux réseaux clandestins
de sauvetage ouvrent des maisons pour accueillir les enfants
juifs, dont le Château de Chabannes (OSE) ou la maison de
Moissac (EIF). D'autres institutions religieuses et laïques travaillent étroitement avec les réseaux de sauvetage pour accueillir temporairement les enfants et les mettre à l'abri
jusqu'à la fin de la guerre : la maternité suisse d'Elne, le Coteau fleuri (CIMADE), le Touring Hôtel (Amitié chrétienne), la
Guespy (Croix-Rouge), la Maison verte (Éclaireurs unionistes)…

Changer d’identité
Munis de faux papiers, les enfants
changent de noms. Ils doivent perdre le réflexe de donner leur vrai
nom et ne pas se retourner en entendant leur prénom.
C’est très difficile. Cela demande
beaucoup de courage et beaucoup
de force.

Apprendre
d’autres prières
Pour obtenir des papiers d’identité, il
faut avoir un certificat de baptême.
Pour mieux se cacher, certains enfants doivent apprendre des prières
chrétiennes.

Garder
des secrets
Les enfants interrogés par
la police française ou allemande doivent garder
le silence et ne pas dire
où sont leurs parents,
leurs frères et sœurs,
leurs noms et leurs
caches.

Enfants juifs cachés
dans une ferme
à Solti,
près d’Arras
(Pas-de-Calais).
France, 1943.

À retenir :
Pour échapper à la persécution, les enfants cachés sont séparés de leur famille.
Ils doivent taire leur nom, leur histoire, leur religion.

Loïc Dauvillier - Marc Lizano - Greg Salsedo
Photos : Mémorial de la Shoah/CDJC.

LEC 8

Les rescapés
Les Alliés ont gagné la guerre contre l’Allemagne nazie.
Le 8 mai 1945, l’Allemagne capitule, sans condition. Les prisonniers de guerre,
les travailleurs forcés, les déportés, juifs et résistants, rentrent en France.

La guerre est finie
Dès le printemps 1945 la France organise le rapatriement de
près d’un million de prisonniers de guerre et des déportés
des camps de concentration.
Le retour
Sur les 76 000 déportés juifs de France, seuls 3 % survivent
aux camps d’extermination et rentrent en France.
2 500 ombres faméliques, hagardes, muettes, portent sur
leurs visages et dans leurs corps les marques des immenses
souffrances qu’elles ont subies. Elles semblent si loin et en
dehors de la vie qu’on les appelle « les absents ».
Leur drame va bousculer les consciences.

Au grand hôtel Lutétia à Paris, ancien siège
du contre-espionnage allemand, un centre d’accueil
est organisé. Les familles déposent des affichettes
avec le nom et la photo des déportés et se pressent
chaque jour avec l’espoir de retrouver un survivant :
une mère, un père, un frère, ou un être cher.

Des survivants
consultent
les photos de disparus
affichées
par les familles
à l’hôtel Lutétia.

Le choc
Les Français découvrent avec horreur les premiers témoignages
et les photos des camps de concentration et des camps d’extermination. Des mots apparaissent : génocide, solution finale,
chambres à gaz.
Des questions se posent : « Comment est-ce possible ? Qui savait ? Pourquoi n’avons-nous pas réagi ? ».
Depuis la Libération, ces questions sont au cœur des grandes
réflexions philosophiques et historiques.

Enfants juifs
rescapés
du camp
de Buchenwald,
accueillis en France.
Juin 1945.

André Kahn
et Charles Zelty,
enfants juifs déportés
de France,
survivants des camps,
en convalescence
à l’hôtel Lutétia.
Paris, juin 1945.

À retenir :
Pétris de souffrances, épuisés, malades, 2 500 déportés juifs rentrent des camps d’extermination.
Ce sont les rescapés de la Shoah.

Loïc Dauvillier - Marc Lizano - Greg Salsedo
Photos : Mémorial de la Shoah/CDJC.

LEC 9

témoigner
Les femmes et les hommes revenus de l’enfer des camps tentent de réapprendre
à vivre normalement. Ils essaient de dire, mais qui peut les croire ?
Du silence à la parole, le temps est long.

Le temps du silence
Au retour des camps, les survivants essaient de témoigner.
Mais personne n'entend ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont vécu.
Ils se sentent transparents, flottants, comme désincarnés,
étrangers à la vie, hantés par le danger.
Atteints d’incurables blessures, ceux qui rentrent des camps
seront à jamais différents. Ils enfouissent leurs souvenirs au
plus profond de leur mémoire.
Et puis, comment décrire
et avec quels mots justes
pour ne pas trahir ceux
qui ne sont pas revenus ?
Pour ne pas trahir la vérité ?

Le temps de la mémoire
Les survivants se mettent à la recherche de ceux qui les ont
aidés pour les remercier. Lorsqu'ils sont identifiés, ils sont
nommés Justes parmi les Nations par l'État d'Israël, au nom
du peuple juif reconnaissant.
En 2007, ils entrent au Panthéon parmi les grands Hommes
de la République.

Denise Baratz,
Juste parmi les Nations,
ancienne institutrice,
témoigne à Caudecoste (47),
où elle a caché plusieurs
enfants dans son école
à l’insu de ses élèves.

Le temps de la parole
Comme Dounia, quand les cauchemars se font plus rares, les
survivants commencent à témoigner à la fin des années 1970.
Ils écrivent des livres, tournent des films et participent à des
documentaires.
Ils témoignent dans les écoles et donnent des conférences
pour que tout le monde sache, pour la mémoire.
Leur message est pacifique. Il appelle à la vigilance et reste
empreint d’espoir et d’amour de la vie.

Sur les neuf millions de Juifs
vivant en Europe avant la
guerre, six millions, dont un
million et demi d’enfants, ont
été exterminés.
Le traumatisme est immense.
Il est double : individuel, il
est aussi celui de tout un peuple détruit.

Régina Londner, déportée à l’âge de 17 ans
de Pologne au camp d’Auschwitz-Birkenau
témoigne auprès
des scolaires.
Elle présente
les photos
de ses parents
déportés
et non rentrés.

À retenir :
Afin que jamais personne ne dise que cela n’a pas existé, les survivants témoignent
et transmettent la mémoire de la Shoah aux jeunes générations.

Loïc Dauvillier - Marc Lizano - Greg Salsedo
Photos : Mémorial de la Shoah, Ethan productions.

LEC 10


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