L'homme aux certifs .pdf



Nom original: L'homme aux certifs.pdf
Auteur: Didier Jordens

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L’homme aux certifs
Écrit par
Fenice PANOZZO
Déposé à la Maison des Auteurs :
À la date du 2 août 2019

Fenice PANOZZO
Rue de la Bergerie 331
6200
CHATELET
Belgique
0032 (0) 476 02 43 61
didierjordens@gmail.com
0

Benoît Tampion était un travailleur très particulier, il s’absentait toujours pour cause de
maladie. Que ce soit un rhume, la grippe, la rougeole, la varicelle, la conjonctivite, la
pharyngite, ou encore la bronchite, il ne tarissait jamais d’imagination pour ses journées de
détente.
Un matin, alors qu’il était réveillé, il se souvint qu’il avait loué une chambre d’hôtel, un
séjour de trois et de trois nuits pendant la semaine. C’était justement une période où les tarifs
étaient revus à la baisse.
Quelle maladie allait-il pouvoir inventer, cette fois-ci ?
Il se creusa la tête une dizaine de minutes.
Eurêka ! Il trouva la solution à ses soucis.
Il téléphona à son patron, lui annonça avec regret n’avoir pas la possibilité d’effectuer ces
tâches durant les prochains jours qui passeront. La gravité de son état ne lui permettait pas de
sortir. Il informa le chef qu’il avait attrapé la peste, la gale et le choléra.
— Une bonne chose de faite, se dit-il avec enthousiasme.
Trois bonnes heures passèrent, Benoît préparait ses valises, l’hôtel l’attendait. Un certificat
médical était posé sur la table. Il avait réussi, comme à son habitude, à gruger le médecin, lui
imposant un repos forcé à l’hôpital. Un mois d’inactivité.
Ses bagages terminés, il les prit et marcha vers la porte. Lorsqu’il ouvrit, des hommes, en
combinaison anticontamination, se tenaient devant lui. Que faisaient-ils là ? Pourquoi se
trouvaient-ils sur son chemin ? Après son coup de fil, le patron prévint les autorités sanitaires,
l’alerte nationale fut lancée immédiatement.
L’un des hommes entra dans l’appartement, il roula son regard partout. Les moyens de se
sortir de ce mauvais pas manquaient cruellement, il décida de dire la vérité.
— Écoutez, je ne suis pas malade, j’ai tout exagéré…
— Vous croyez ? dit l’homme à Bernard.
Il remarqua le certificat médical et la recommandation du médecin, les saisit et les mit en
évidence sous les yeux de Bernard.
— Bien sûr ! Et ça ? C’est vous qui avez imité la signature du médecin !
— Oui, mentit Benoît, essayant d’apporter plus de crédit à son histoire.
Les autorités sanitaires s’étaient renseignées auprès de son docteur, confirmant les
symptômes présentés dont il était affublé.
Atteint de mutisme, il regarda par la fenêtre. L’État avait immobilisé les pompiers,
l’armée, des médecins, des scientifiques… Ces hommes s’étaient également protégés avec des
combinaisons anticontamination. Des bâches transparentes longeaient les murs.
— Attention ! cria un policier par le biais de son mégaphone. Un fléau sévit actuellement,
restez chez vous !
Des soldats pénétrèrent chez Benoît, ils l’emmenèrent de force dehors. Tout l’immeuble
était sécurisé.
Ils sortirent du bâtiment.
On ordonna à Bertrand de partir. Refusant d’obtempérer, un pompier l’aspergea d’eau à
l’aide de sa lance à incendie. Benoît fut contraint de s’en aller au plus vite. Les habitants de la
rue n’en revenaient pas, leur gentil voisin était contagieux. Ils le surnommèrent « Le Fléau ».
L’habitat où il vivait venait d’être scellé, la désinfection prendrait quelques jours.
Quelque temps plus tard, il était attablé à un café, mais il n’avait pas la conscience
tranquille. Il buvait une tasse de café. Comment arrangerait-il une situation catastrophique
provoquée par lui-même ?
1

Nombre de clients parsemaient cet endroit de détente.
Une télévision, accrochée au mur de l’établissement, était allumée. Elle retransmettait les
informations. Le sujet du jour fut bien entendu Benoît. Le reconnaissant, un client demanda
au tenancier d’augmenter le volume.
— Attention, si vous voyez cet individu, gardez vos distances, informa le journaliste.
Benoît Tampion est atteint de la peste, du choléra et de la gale, ne vous en approchez surtout
pas. Il porte en lui des gemmes capables de décimer une population entière…
Tout le monde dévisageait avec répugnance Benoît, ils reculèrent jusqu’au fond du local,
protestant amèrement sur sa présence. Ils perdirent la raison quand il ouvrit la bouche.
— Il a ouvert la bouche ! cria de peur un client. Il va nous infecter.
— Tuons-le ! suggéra un autre client.
— Tu es fou ! clama le tenancier. Si du sang jaillit de son corps, on ne pourra plus respirer,
on va dépérir !
Une personne téléphona à la police. De crainte d’être touché à leur tour par le mal dont
Benoît souffrait, personne n’osait se déplacer.
Une femme eut le cran de s’avancer vers lui. Elle se servait d’un long manche de bois pour
le chasser, sans pour autant l’effleurer. Le fait de se lever ne fit qu’accentuer l’angoisse des
gens. Benoît quitta les lieux, au grand soulagement de tous.
Ce que Benoît ne pensait pas, c’est que toutes les télévisions du monde entier exposaient
de manière précise le danger que Benoît représente.
Sa réputation se propagea comme la peste.

Mis à l'écart de la société, il vagabondait à travers le pays, sans pouvoir se fixer à un
endroit précis. Au bout de quelques années, il s’était clochardisé. Les S.D.F. eux-mêmes le
rejetaient.
Il retourna dans son ancienne rue. En s’y promenant, il avait l’impression de marcher dans
le désert. Devant le vieil immeuble laissé à l’abandon, il espérait trouver à l’intérieur un coin
où se reposer, et où s’installer pour de bon.
Un hélicoptère survola le quartier. Les policiers reconnurent Benoît, ils lui ordonnèrent de
partir sur-le-champ.
Il voulut se suicider, mais les écologistes, par souci de pollution, l’empêchèrent de se jeter
à l’eau.

Des années et des années passèrent. Il habitait aux confins du monde, il pensait être libéré
de tous ses préjugés. Il arriva parmi une communauté, les autochtones ne le connaissaient pas.
Du moins, c’était ce qu’il croyait. Se souvenant de la mise en garde à son sujet, ils le
caillassèrent, ils devaient l’expulser au plus vite.
Benoît fuit la civilisation.
En pleine brousse, sans personne avec lui, il respirait l’air libre. Seulement, il n’avait pas
prévu la venue de prédateurs guettant la moindre occasion de le dévorer.
Une hyène commença à s’approcher de lui, elle ricana. Un tigre, se plaçant à ses côtés, lui
murmura de ne pas manger Benoît, il en donna la raison.
Écœurée, l’hyène se détourna de l’homme, ainsi que le tigre. Même l’animal le plus
inoffensif se refusait à le côtoyer à moins d’un kilomètre. Ils ne risqueraient pas une
intoxication alimentaire ou une infection mortelle.

2

Face à sa solitude, il attendait que la mort frappe.
Un hélicoptère survint et se posa. Deux hommes sortirent de l’engin volant et
s’approchèrent de Benoît, ils étaient protégés grâce à des combinaisons anti contamination. Ils
se présentèrent à lui et lui affirmèrent qu’ils pouvaient le soigner grâce à un antidote qu’ils
avaient mis au point, tout spécialement pour lui.
Fou de joie à l’idée de reprendre son ancienne vie, il les suivit. On le transporta jusqu’à un
aéroport. Ils prirent un jet privé, soi-disant qu’ils le reconduiraient au pays. En plein vol, on
lui offrit une tasse de café, il le but et s’endormit. Du somnifère se trouvait dans les boissons
et les aliments.
Couché à terre, Benoît dormait encore. Une forte secousse le réveilla. Lorsqu’elle se
termina, il se leva. Ébahi de se situer dans un endroit inconnu, il explora tout, étage après
étage, chaque coin et recoin des pièces. Une, en particulier, contenait des vivres en
abondance.
Il remonta l’habitat dans lequel il logeait. Au sommet, il entrait dans un cockpit. À son
grand étonnement, il résidait à l'intérieur d'une fusée. Impossible de la piloter, elle avait été
conçue telle quelle.
En vérité, les gouvernements du monde entier, par mesure de sécurité, construisirent cette
fusée exprès pour lui. Ils l’envoyèrent au fin fond de l’univers, leur santé primait avant tout.
Son visage devint extrêmement blême, il glissa la main dans la poche de son pantalon et y
sortit son certificat médical.
Finalement, c’est lui qui avait raison, il avait trouvé l’idée ultime pour ne plus se rendre à
son travail.
FIN

3


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