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Titre: Journal d'un évriveur
Auteur: xxx

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Journal d’un écriveur

Photo et illustration
© Christian Janssen-Déderix

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Journal d’un écriveur

Christian Janssen-Déderix

Journal d’un écriveur
2011 - 2015

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Journal d’un écriveur

Editons Santana
10 octobre 2019
© Christian Janssen-Déderix
98/2, rue Pierre Fluche
4800 VERVIERS - BELGIQUE
Tél: 00 32 (0)496 33 85 30
christianjanssen@scarlet.be
http://christianjanssen.com

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Journal d’un écriveur

2011

Lundi 3 janvier
Voyez-vous, le 14 décembre 2001, j’écrivais
ceci dans ce journal : Pourquoi ai-je la sensation
de tenir des propos qui seront mal interprétés,
c’est-à-dire que je soutien le diable, que je suis en
faveur des bombes et du côté des terroristes,
alors que je suis simplement en train de dire que
je comprends la révolte et les actes de folie…
Aujourd’hui, Stéphane Hessel écrit dans un
opuscule de 14 pages que si « on ne peut pas
excuser les terroristes qui jettent des bombes, on
peut les comprendre ».
Quand j’écrivis cela on me cloua au pilori en
me traitant de tous les noms et un journal refusa
de me publier. Par contre aujourd’hui ce même
journal encense « le sage et le grand résistant de
guerre qui était aux côtés de Charles De Gaulle »
pour les mêmes propos qui se vendent à
800.000 exemplaires.
Samedi 8 janvier
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Journal d’un écriveur
Tas de neige du 30 décembre 2010 : Epilogue.
Car il y a effectivement une suite. Ce jour-là, il y
avait un talus de 80 cm de haut. Et puis deux
jours plus tard, un troisième locataire des
garages situés de l’autre côté de la rue, voyant le
tas devant chez moi s’était mis en tête de faire
comme les autres, c'est-à-dire de traverser la rue
avec sa pelle pour y déposer sa précieuse
cargaison. Il ne faut quand même pas pousser
bobonne dans les orties ! Mais le pire arriva le
soir même. Un tracteur de l’administration
communale s’attela à dégager la rue, également
devant les habitations, mais au lieu d’enlever le
tas devant chez moi, il en remit dessus. Lorsque
plus tard, je vis le travail, un talus d’un mètre et
cinquante centimètres se dressait devant ma
porte. Je pris une photo et l’envoyai aux
journaux locaux, qui en firent des articles d’une
demi page. Suite à quoi, je reçu un message de
notre cher élu local, s’engageant à faire dégager
le talus dans les plus brefs délais. Telle une
promesse électorale, le tas n’a pas bougé, certes
plus petit avec le dégèle, mais toujours là.
Dimanche 9 janvier
Bizarrement, pour le moment je suis plutôt
inspiré à écrire une forme de poésie, des paroles
de chanson. En écoutant Léonard Cohen, il m’est
venu un texte que j’ai aussitôt rédigé. C’est le
quatrième en quelques semaines. Mais bon, pas
de quoi se mettre à rêver… Personne n’en voudra
sans doute jamais ; je fais allusion à de bons
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Journal d’un écriveur
interprètes bien sûr, faute de pouvoir leur
soumettre de manière efficace.
Jeudi 13 janvier
Le football est vraiment loin de mes
préoccupations, mais quand je lis un article sur
un joueur naturalisé Belge interdit de porter le
maillot de l’équipe nationale parce qu’il a déjà
porté les couleurs de son pays, je m’interroge sur
les règlements de la Fifa. En effet, il faudrait
alors m’expliquer pourquoi cela ne s’applique
pas aux entraîneurs. L’exemple le plus connu est
celui du brésilien Felipe Scolari qui remporta la
coupe du monde avec les couleurs du Brésil et
sans être naturalisé portugais, il fut l’entraîneur
du Portugal. Mieux, il portait le maillot portugais
et il brandissait sans cesse deux drapeaux : le
portugais et le brésilien ! La Fifa estimerait-elle
que l’entraîneur serait moins enclin à saboter sa
nouvelle équipe qu’un joueur ? Cela vaudrait
dire aussi que selon la Fifa, la Belgique fabrique
deux sortes de Belge, ceux qui possèdent un
document relatant la vérité et ceux qui ont une
fausse naturalisation ou qui restent entaché par
leur ancienne nationalité ? C’est bien de cela qu’il
s’agit et ce n’est pas admissible.
Mais voilà, en disant que la requête était
recevable mais non fondée, le Tribunal d’appel
de Bruxelles n’a pas défendu son nouveau
citoyen en estimant qu’il pouvait défendre les
couleurs de son pays d’accueil, il a botté en
touche comme un pleutre et il a implicitement
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Journal d’un écriveur
donné raison à la Fifa !
Vendredi 14 janvier
Lorsque vous vous présentez dans une grande
surface pour payer vos courses, vous faites bien
la file « devant » la caisse, c’est-à-dire du côté où
vous déposez vos achats et non du côté où vous
les récupérez. Donc, quand il est écrit sur un
panneau de « déposez votre panier devant la
caisse », c’est bien du côté où vous êtes arrivés et
non du côté où vous sortez, ce qui représente
l’arrière de la caisse. Eh bien pour une employée
et une cliente, j’ai déposé mon panier derrière la
caisse puisque pour elles, devant ce n’est même
pas où vous récupérer vos achats, mais de l’autre
côté de l’allée près de la porte d’entrée ! J’avoue
avoir vécu un petit moment de solitude en me
demandant si je n’étais idiot.
Mercredi 19 janvier
En voilà une incroyable nouvelle ! Une étude
scientifique sur notre mode alimentaire au cœur
de l’Europe révèle que sur la durée d’une vie un
être humain mange la quantité de 7 bœufs, 33
cochons et 1200 volailles ! Et nous serions déjà
en train d’aiguiser le couteau pour faire la fête au
huitième bœuf.
Vendredi 21 janvier
Ce dimanche, des jeunes organisent une
marche pour dénoncer l’impasse politique de ce
pays. Mais ras-le-bol de quoi ? De ne pas avoir
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Journal d’un écriveur
un gouvernement selon eux ! Mais le problème
n'est pas là bon sang... Le malaise est celui
d'avoir des nationalistes élus avec d'autres partis
politiques qui se cachent derrière eux pour ne
pas apparaître comme des séparatistes et qui
prennent volontairement le pays en otage
jusqu'au pourrissement. Alors, aller manifester
dimanche, c'est entrer dans le jeu des
séparatistes,
utiliser
le
ras-le-bol
du
pourrissement pour obtenir ce qu'ils veulent face
à la pression de la rue qui n'aura rien compris à
la stratégie. Et quand on constate que l’un des
organisateurs est un fils d'un ministre issu du
CD&V séparatiste, je ne peux que croire à cette
thèse et hurler à la manipulation et récupération
d’une foule aveuglée par la peur et qui va crier
comme des cabris « on veut un gouvernement »
et faire le jeu des nationalistes. Je suis plutôt
favorable à une révolution pour éradiquer les
pestes noires et brunes qui font crever ce pays.
Comme les Tunisiens le disent chez eux avec la
dictature : Dégagez.
Samedi 22 janvier
Voyez-vous, hier soir lors d’une soirée j’ai
rencontré une dame originaire de la Flandre qui
revenait sans cesse sur le thème nationaliste du
Nord de ce pays. Et selon cette dame, ce sont les
autres partis politiques Wallon qui diffusent en
Wallonie une mauvaise image de Bart de Wever,
Président de la NV&A qui ne serait pas du tout
pour l’indépendance de la Flandre, ni pour faire
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Journal d’un écriveur
des lois iniques vis-à-vis des francophones.
D’ailleurs, selon elle, jadis il y aurait eu une loi
en Wallonie qui interdisait de parler le flamand
dans les écoles. De quoi me faire bondir, puisque
jamais dans ce pays il eut existé une quelconque
loi fédérale à l’encontre d’une communauté.
Mais pour justifier leur répugnante loi sur
l’interdiction de parler français sur le territoire
Flamand, il use d’un révisionnisme nauséabond
que le petit peuple inculte boit comme du petit
lait. Voilà donc comment 45 % de Flamand
votent pour des fascistes. Et pour preuve de sa
haine des francophones, elle n’admet pas que le
français fut jusqu’aux alentours de 1960 la
langue diplomatique à travers le monde.
Pourquoi n’était-ce pas l’anglais, demanda-telle ? La frustration la pousse à accuser les
francophones (donc les rois de France) d’avoir
instaurer le français comme langue de la
diplomatie et de la Poste. Oui, il y a chez cette
dame, qui représente bien l’électorat du Nord, de
la haine, de la rancœur, de l’intolérance, du
racisme, de la rage, de l’ignorance, de la bêtise et
que sais-je encore… La politique de la terre
brûlée pour effacer les preuves afin de réinventer
l’Histoire pour justifier leurs actes. Rappelons
quand même que la bourgeoisie Wallonne et
Flamande a principalement bouté les Hollandais
dehors parce que ceux-ci voulaient imposer la
seule langue néerlandaise sur le territoire. Donc,
entre cette femme et moi, un fossé, un gouffre,
un abîme. Une incompréhension totale.
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Journal d’un écriveur
Jeudi 27 janvier
Le saviez-vous… Sur une vie entière, un Belge
ordinaire mangerait en moyenne 5 bœufs, 7
moutons, 42 porcs, 935 volailles et 24 lapins. Et
il semblerait que nous aurions déjà aiguisé le
couteau pour faire la fête au 8ième bœuf.
Lundi 31 janvier
Les offensives de l’hiver ne sont pas finies
puisque nous voilà de nouveau avec des
températures négatives allant jusqu’à moins 10
degrés. Il semblerait toutefois que la neige va
nous épargner. Ce qui veut dire qu’une amie du
Brésil de passage dans notre région va pouvoir
connaître les plaisirs du froid. Elle est prévenue !
Donc, bienvenue chez nous. Car voyez-vous,
selon le centre de la météorologie nationale,
depuis le 1er décembre 2010 jusqu’à ce jour, nous
manquons de 90 heures d’ensoleillement. Alors
voilà, je serais plutôt tenté d’aller vers le soleil.
Jeudi 3 février
La connivence entre un État comme la France
et un État comme la Tunisie auquel se trouvait à
la tête un dictateur est pour le moins scandaleux.
Juste au début de la révolte de la population, le
Ministre des Affaires Etrangères Françaises se
rendit en vacances en Tunisie dans un lieu où il
n’y a pas d’avion de ligne. A Tunis, avoue-t-elle,
elle avait un rendez-vous à caractère privé avec
un richissime ami de longue date (un très proche
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Journal d’un écriveur
de la famille Ben Ali) qui lui offrit le voyage en jet
privé jusqu’à la destination finale. Admettons !
Seulement voilà, une fois de retour en France au
moment des émeutes, devant la Chambre des
Députés, ce Ministre proposa au régime du
dictateur le savoir-faire de la France en matière
de sécurité de l’Etat. Et quelques jours plus tard,
le service des douanes d’un aéroport bloquait
une cargaison de matériel de police (grenades
lacrymogènes, balle en caoutchouc, etc.) à
destination de la Tunisie, cargaison ayant reçu
l’autorisation de sortie signée par ce même
Ministre. Et celui-ci nie sans vergogne son aide
au régime du dictateur désormais déchu. Voilà
de nouveau Sarkozy pris les pieds dans le tapis,
car il est bien évident que les ordres venaient de
l’Elysée.
Lundi 7 février
Je décerne la palme d’or pour la couverture du
journal Libération en France au sujet de l’Egypte
: La momie fait de la résistance.
Avec la tête que se payait la caissière du
magasin, il ne pouvait y avoir que des
problèmes ! Et ce fut le cas. Dès mon arrivée, je
m’étais fait la réflexion qu’elle ne devait pas avoir
envie d’être là où elle se trouvait. Et lorsque je
mis les 4 pièces de 2 € sur le haut du tapis, elle
me demanda d’un ton sec de les déposer dans sa
main. Je me disais bien… D’un ton aussi sec, je
lui ai demandé si elle ne voulait pas non plus que
je les dépose moi-même dans la caisse, ce qui lui
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Journal d’un écriveur
épargnerait le travail. Le climat était tendu. Et
comme je devais encore lui donner 27 centimes,
il me piqua l’idée de les déposer en bas du tapis,
près des sachets. Il lui faudra donc quitter son
siège pour venir les charger. Voilà, voilà… Et à la
prochaine, madame.
Mardi 8 février
Je viens de lire que la totalité des journalistes
de la presse française (de France donc) ne
parvenaient plus à obtenir la moindre interview
des partis politiques flamands ! C’est en 2008
que le dernier accepta et le journaliste « se
heurta au refus de l’ex-ministre de parler le
français ». Car le monde francophone ne fait plus
partie de leur horizon. Comme le titre un
journal : Autisme flamingant. Même le New York
Time est désormais confronté à ce même refus,
puisque le dernier article qu’il avait publié n’était
pas tendre avec les thèses radicales des partis
politiques flamands ; lesquels avaient aussitôt
accusé les francophones d’avoir manipulé le New
York Time. Comme si les francophones avaient
un poids suffisant pour corrompre la plume d’un
journaliste américain. La maladie s’aggrave donc
chez les nationalistes, puisqu’ils sont désormais
dans le délire de la persécution.
Plus tard, je raconterai ma rencontre avec un
flamand de 30 ans. Il y a vraiment de quoi
s’inquiéter.
Samedi 12 février
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Journal d’un écriveur
La discussion démarra au départ d’un livre sur
le Congo écrit par un universitaire Flamand.
Rien de polémique. Mais mon interlocuteur
économiste de profession demanda mon avis sur
la crise du pays. Pour lancer le débat, son idée à
lui est de donner à chacun un salaire minimum
de 400 € et qu’il suffirait de travailler à la carte,
selon ses besoins, pour le compléter, puisqu’il y
a du travail pour tout le monde, dit-il. Une idée
unique au monde qui unirait les Flamands et les
Wallons dans un projet commun, qui serait une
organisation nouvelle de la société. Avec
suppression de la taxe sur le travail qui serait
compensé par l’augmentation de la TVA à la
consommation. Plus tu consommes plus tu
paies. Donc, tout comme la thèse des
nationalistes flamands, selon lui, le problème du
pays est la taxe prélevée aux travailleurs pour la
plupart Flamands, taxe qui profite aux Wallons,
lesquels n’ont pas de boulot et ne cherche pas
vraiment à en trouver. Et basta pour l’Histoire,
des Wallons qui ont trimés 120 ans en faisant
bouillir la marmite du pays et financé la plupart
des infrastructures implantées en Flandre et qui
sont aujourd’hui leurs richesses. On comprend
donc que pour lui, l’Histoire commence en 1983,
le jour de sa naissance, quand il a toujours vu les
Flamands au travail et gagner plus que les
Wallons, quand il a toujours vu les Fourons en
Flandre. On comprend très bien que les « vieilles
histoires » sont à jeter aux oubliettes pour ne
regarder que l’avenir ; mais de son avenir à lui,
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Journal d’un écriveur
de la Flandre prospère, égoïste. Car ne pas taxer
les revenus, c’est donner davantage de pouvoir
d’achat à la région qui a du travail et défavoriser
celle qui n’en a pas. Un Etat est le garant d’une
population que les finances doivent servir selon
les revenus généraux. Et non comme veulent le
faire les Flamands, d’abord regarder les finances
et le train de vie souhaité, puis éliminer la
population malade qui pèse dans budget, les
Wallons, et proclamer l’indépendance. Et la
propagande flamingante tourne à plein régime,
puisque le dernier sondage donne que 74 % des
Flamands
voteraient
pour
la
thèse
indépendantiste revendiquée par divers partis
politiques. D’ailleurs, lors des funérailles d’une
ex-députée du Vlaams Belang, extrême droite
radicale, il y avait dans l’église Bart De Wever (en
larmes) et quelques représentants de divers
partis politiques flamands. Eloquent.
Mercredi 16 février
Accompagné d’une sympathique Brésilienne,
je me suis laissé entraîner dans la visite l’abbaye
de Stavelot et de ses musées. Nous avons débuté
par celui de l’automobile, qui est principalement
consacré à la compétition liée au circuit de
Francorchamps. Là, on est plongé dans la
nostalgie des années 1970 à 1995. Le premier
étage est en permanence dédié à Apollinaire,
auteur en exil qui demeura dans la ville quelques
mois à peine avant de la quitter sans régler sa
note d’hôtel, je crois. Puis au second étage, il y a
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Journal d’un écriveur
actuellement l’exposition Andy Warhol, l’escroc
du Pop Art qui fit fortune en déclinant les mêmes
sérigraphies de couleurs différentes de célébrités
mondiales. A l’entrée, il y a même les boites
Campbell’s soupe dans un caddie. Franchement
trop peu pour moi ! Car pour résumer ma
pensée, chaque fois que je me rends au
supermarché et que je suis devant le rayonnage
des soupes Campbell’s se déclinant à tous les
goûts, je suis alors devant une œuvre d’art ! Et
voyez-vous, il suffit de changer l’ordre des goûts
chaque semaine pour faire une œuvre différente.
Voilà sans doute le secret des commerçants pour
attirer toujours les mêmes clients !
Vendredi 18 février
L’heure est au record du monde. Voilà 249
jours que nous sommes sans gouvernement,
champion toutes catégories confondues. On peut
se gausser d’avoir battu l’Irak, une référence de
poids. Puis pour rendre l’affaire encore un peu
plus piquante, l’un des informateurs,
formateurs,
démineurs,
facilitateurs,
conciliateurs, tripoteurs sans doute, j’en passe et
j’en oublie, a déclaré ce matin que la Belgique
était réaliste. Vous avez bien lu. Et il propose,
une union à quatre régions, comme si ce n’était
déjà pas le cas. C’est vous dire la négation
politique actuelle qui règne dans le Nord de ce
pays, puisque pour eux Bruxelles est une ville
flamande et non une région. Voilà plus de 25 ans
qu’ils violent les droits sans se préoccuper des
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Journal d’un écriveur
multiples
condamnations
européenne.

de

la

Cour

Lundi 21 février
La Foire du Livre de Bruxelles se termine et je
n’ai pas eu le courage de m’y rendre, pour deux
bonnes raisons : 1) que je n’avais rien à y faire ;
2) que j’allais surtout m’énerver. En effet, je suis
tellement révolté que le premier éditeur que
j’allais croiser dans les couloirs finirait par
rentrer chez lui avec le nez de travers. Je ne
supporte plus d’entendre leurs fallacieux et
hypocrites arguments, jamais le même, pour
justifier la raison pour laquelle ils ne souhaitent
même pas envisager une publication. Il est
préférable de s’appeler Guy Spitael ou Philippe
Moureaux, ou encore être un professeur
universitaire ou journaliste ou jeune blonde
affichant un cul rebondissant pour voir son texte
publié et mis en lumière. Quant au contenu et à
la forme, ils importent peu, pourvu de vendre
une image.
Jeudi 24 février
Il y a deux ans à peine, la Belgique avait vendu
des
armes
à
Kadhafi
pour
raison
HUMANITAIRE. Un élu écologiste avait
évidemment bondi à cet argument pour fourguer
nos armes à ce boucher notoire de manière à
sauver des emplois à la Fabrique Nationale.
Selon les Ministres compétents, les armes
étaient destinées à protéger les convoies
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Journal d’un écriveur
humanitaires se rendant au Darfour ; car après
avoir été l’organisateur de divers attentats
terroristes à travers le monde, Kadhafi était donc
devenu le sauveur de l’humanité ! Et aujourd’hui
la preuve est faite de cet engagement, puisqu’on
retrouve les armes dans les mains de l’armée qui
massacre la population libyenne en révolte. Mais
selon la Fabrique Nationale et le gouvernement,
la morale est sauve, puisque les munitions
utilisées pour les tueries fomentées aujourd’hui
datent des années 1980, c'est-à-dire avant
l’embargo. De quoi pouvoir bien dormir sur ses
deux oreilles.
Dimanche 27 février
Ce qui m’attriste le plus est de constater que
bien des années plus tard, malgré les nombres
d’heures de palabres sur le sujet et sur la
législation en vigueur, les plus proches estiment
toujours que pour ne pas passer pour un
fraudeur, j’ai sans nulle doute arrangé la vérité
pour
pouvoir
obtenir
une
allocation
d’intégration, c’est-à-dire que je ne veux pas
admettre que la loi ne me permettait pas de
l’obtenir. J’ai beau leur mettre la législation sous
nez et les décisions arbitraires du CPAS qui sont
en violation totale avec la loi, rien n’y fait, je suis
le menteur. Que le CPAS ait dépassé de 30 jours
le délai légal pour prendre sa décision et de 2
jours pour la notifier, puis antidater sa lettre
(que le cachet de la poste faisant foi démontre le
faux et l’usage de faux), ce qui rendait leur
18

Journal d’un écriveur
décision illégale et inapplicable, c’est toujours
moi qui fabule. Et que le collège du CPAS est
tenu de tenir compte des nécessités matérielles
du cohabitant pour évaluer le taux nécessaire à
l’intégration du demandeur, car le taux repris
selon la situation de famille est seulement un
minimum légal, à titre indicatif et doit être
adapté selon l’appréciation du CPAS (Cour de
cassation), et bien c’est encore moi qui fabule.
Oui, j’ai les boules…
Jeudi 3 mars
Là, je suis vraiment dans le plus grand des
désespoirs… A force d’avoir envoyé mon
manuscrit à des dizaines d’éditeurs et de le voir
refuser sous des prétextes pour la plupart de
temps à dormir debout, voilà qu’un indélicat a
spolié toute l’idée de roman « La lignée Dorval »,
à savoir qu’il a repris l’idée d’une saga familiale
qui traverse toute l’Histoire de la Belgique
depuis 1830. Le type explique que cette idée lui
est venue il y a deux ans. Seulement voilà, moi
mon roman est achevé le 3 juin 2009 et il est
envoyé à des éditeurs et à qui j’explique par
courriel mes craintes de voir l’idée de mon
roman voler par un indélicat. Et le 5 juin 2009
j’ai une réponse négative par mail de chez
Grasset. Mieux, pour obtenir une aide à
l’écriture, en 2006 j’ai déposé le topique et les 60
premières pages du roman en 10 exemplaires à
la Communauté Française, une aide qui me fut
refusée. Et voyez-vous, même l’illustration
19

Journal d’un écriveur
reprise sur le livre de ce type est une vielle photo
de famille ! Il n’y a pas photo, on a spolié mon
roman. Pour imager la chose, il a utilisé la
technique du coucou, il a sorti mes personnages
(ma famille) hors de mon nid (l’Histoire de la
Belgique) pour mettre la sienne dedans et faire
croire que c’est son idée et son roman. Oui, je
suis dans un désespoir sans nom…
Lundi 7 mars 2011
Que puis-je faire d’autre que de consulter la
Sabam et un juriste spécialisé dans les droits
d’auteurs pour voir s’il y a sujet à poursuivre.
Selon la loi sur la protection des œuvres, il n’y a
pas que le copier-coller qui est punissable, mais
également celui qui a trop puisé son inspiration
dans l’œuvre et en a repris l’originalité. Et encore
celui qui a repris le concept d’une œuvre, si
l’auteur original a de quoi prouver qu’il avait déjà
élaborer de manière évidente une structure très
avancée ; ce qui est mon cas, puisqu’à partir de
2006 il y a le résumé avec et les 60 premières
pages, ensuite en janvier 2010 le topique
complet du roman tel qu’il est à ce jour et la
couverture du livre sur laquelle il est prévu la
photo en noir et blanc de mes grands-parents
datant de 1920. Mais rendez-vous compte, après
avoir trimé plus de huit ans pour échafauder et
écrire ce roman, à présent il va falloir batailler
des années sans doute pour récupérer le droit de
mon travail… ! Ma révolte ne porte plus de nom
tant je suis comme une bombe ambulante.
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Journal d’un écriveur
Lundi 14 mars
Mon court silence est le signe que je suis bien
occupé. Et pour cause… Il fallut d’abord me
procurer le livre du plagiaire, que je ne citerai pas
pour ne pas lui faire de la pub. Ensuite le lire le
texte, noter les passages litigieux, constater que
certains chapitres traitant le même sujet sont
situés aux mêmes pages que mon texte, même
thème, même évolution, relever que certains
personnages ont un même parcours dans une
période bien déterminée, une même profession,
etc. Ensuite, sur une page blanche tirer deux
colonnes pour noter d’un côté mon travail et de
l’autre les ressemblances et les parallèles. Bref,
une semaine de déprime, de stress, de rage, de
fatigue… Je n’avais vraiment pas besoin de cela.
Ensuite, vu mon parcours douloureux et mon
rapport vis-à-vis des avocats, le plus compliqué
est de choisir un conseil spécialisé dans cette
matière de droit intellectuel et de droits
d’auteurs. Non pas que cela soit difficile en soit,
il n’y en a qu’un ! Mais ce sont les taux de ses
honoraires ! Et pour sûr, si ce n’est pas moi qui
l’engage, c’est l’adversaire qui le choisira,
adversaire qui est prof d’économie à l’Université
Libre de Bruxelles et banquier. Pour lui cela ne
devrait pas poser trop de problème ! Dès lors, je
me suis adressé au service juridique de la Société
des Auteurs de Belgique (Sabam) à laquelle je
suis membre depuis plus de 30 ans. Et en
général, qui est l’avocat de la Sabam ? Je prie
21

Journal d’un écriveur
tous les Dieux pour qu’ils soient enfin une fois
avec moi.
Vendredi 18 mars
Comme je l’écrivis le 22 septembre 2008 dans
ce même journal, il arrivera le jour que les
flamands organiseront leur 9 mai 1933, date à
laquelle les nazis brûlèrent les livres interdits sur
la place publique. Et là où les livres sont brûlés,
on finit par brûler les hommes. Car voyez-vous,
dans une commune flamande de la périphérie de
Bruxelles, où depuis toujours la population est
composée de quatre-vingt-six pour cent de
francophone, la bibliothèque communale recèle
la moitié des livres écrits en français. Mais
comme la loi de la Région flamande interdit
d’avoir moins de septante-cinq pour cent
d’ouvrage en néerlandais, dès lors il faut faire
disparaître ses livres infâmes qui souillent le
territoire pur de la Flandre. Et pour y arriver, on
coupe les subsides. Car l’objectif de la
« kommandantur » est de faire disparaître le
français de la Flandre.
Et justement… Hier soir je me suis rendu à
Bilzen, situé dans le Limbourg, afin d’assister à
des spectacles de contes étrangers présentés par
des comédiens des pays représentés. Il s’agissait
d’un Ivoirien de langue française. Dans son
spectacle, il lui arrivait de prendre pour
référence le pays qui le recevait, et là, il ne citait
pas la Belgique, mais la Flandre. Parce que selon
ce qu’on lui avait dit, il y avait l’autre partie
22

Journal d’un écriveur
située au-delà de la frontière, la France. En
d’autres termes, il y avait la négation d’une
Wallonie faisant partie d’un pays nommé
Belgique.
Dimanche 20 mars
Eh quoi, tu ne dis rien sur les catastrophes au
japon ?
Qui suis-je pour dire quelque chose, hein… !
On ne peut rien contre des évènements comme
des tremblements de terre et des Tsunamis. Par
contre, l’homme a inventé un jouet monstrueux
qui s’appelle le nucléaire, lequel lui échappe des
mains une fois que la nature lui rappelle qu’il
n’est rien. Mais comme l’orgueil de l’être humain
le rend aveugle et bête, il va s’obstiner à vouloir
rivaliser jusqu’au bout. Bien entendu, il perdra
mais il sera parti six pieds sous terre avec sa
fierté !
Et la Libye ?
Voilà quarante ans que tout le monde sait que
Kadhafi est un tyran et fou furieux, alors
comment cela se fait-il qu’il soit encore là
aujourd’hui ? La réponse est évidemment très
simple. L’hypocrisie des Etats qui recevaient le
tyran pour vendre leur camelote de mort sous
prétexte que ce type allait peu à peu devenir
notre allier. Comme le dit un dicton, il vaut
mieux se faire ami avec son ennemi. Résultat,
l’ennemi Kadhafi a humilié tout le monde, au
point même de venir implanter sa tente berbère
23

Journal d’un écriveur
devant le palais de l’Elysée à Paris. Et là, je crois
que Sarkozy l’a trouvé mauvaise, ce qui explique
peut-être la raison pour laquelle il est devenu le
chef de file anti-Kadhafi.
Samedi 26 mars
Des travaux d’aménagement dans mes
appartements ont débutés… Il était temps de
rafraîchir un peu ; les tapis dataient des années
1970. Alors, tant qu’à faire, la propriétaire a
décidé de mettre les choses dans les normes,
c’est-à-dire que me situant au dernier étage, il va
y avoir une isolation, une nouvelle ligne
électrique et du changement dans la cuisine. Que
du bonus. Seulement voilà, je vais devoir mettre
un peu la main à la pâte pour la nouvelle
décoration. C’est de bonne guerre.
Samedi 2 avril
Tout y sera passé dans cette ville, pétition
recueillant plus de signature que la loi ne
l’indique pour l’organisation d’un référendum,
lequel ne fut jamais organisé par la bande du
malotru qui réside à Dison et cela sous des
prétextes que même Poutine n’aurait pas eu
l’idée d’avancer, des recours devant toutes les
instances politiques et juridiques…Et le résultat
est la violation de la farouche volonté d’une
grande partie de la population en faveur du
projet mégalomane d’un malin, une cathédrale
commerciale qui va occuper un tiers du cœur
d’une petite ville ! Oui, je le prédis déjà, et gravez
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Journal d’un écriveur
le bien dans vos mémoires, c’est un Titanic qui
va s’échouer, comme ce fut déjà le cas avec
l’autre projet du même malotru. D’ici 5-6 ans,
Verviers sera non seulement défiguré,
totalement déserté par les petits commerces,
mais également écrasé par une friche dans son
cœur. Croyez-moi, suite à la publication de mon
livre De Verviers et d’ailleurs, j’ai fait le tour du
pays et je connais la réputation exécrable de
Verviers et les gens n’y viendront pas, point
barre, même avec un shopping d’or muni d’un
toit en forme de vague et couvert de verdure ;
une autre connerie, car il n’y peut-être que moi
pour le voir (j’habite sur les hauteurs) ! Bref, le
Ministre Ecolo a baissé son pantalon pour Dieu
sait qu’elle raison et comme je l’avais prévenu, je
peux déjà lui dire que son parti n’aura plus ma
voix.
Vendredi 8 avril
Ah, les travaux de décoration de mon petit
chez moi… ! Vous ne pouvez pas savoir ; que du
plaisir de patauger dans la poussière et les
crasses. Un bonheur inouï d’imaginer ce que cela
va devenir. Mais trêve de plaisanterie, le chantier
avance. Et savez-vous bien que grâce à cela, je ne
pense à rien. Tenez, Verviers peut même
s’écraser sous la masse de béton de son shopping
batave de merde, et bien je m’en contre fiche.
Enfin je dis cela maintenant, mais cela n’est sans
doute pas vrai ! Je suis de tout cœur avec les
entarteurs et les enfarineurs du Président des
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Journal d’un écriveur
Ecolos, lequel admet que si ce projet a évolué il
n’a jamais été bon, mais qu’on ne peut pas
systématiquement tout refuser. En d’autres
termes, étant donné que la ville de Verviers est
pauvre, qu’à sa tête il a un mégalo embourbé
dans un mauvais projet, et puisqu’il n’y a pas eu
d’autres propositions (ce qui est faux), alors par
défaut non seulement on accepte la défiguration
d’une ville déjà défigurée par les prédécesseurs
de l’usurpateur moustachu résident à Dison,
mais on ouvre encore la porte à la chronique d’un
fiasco annoncé.
Mercredi 13 avril
Je ne raconte pas ma vie… ! Mais non mais
non… Il y a une différence entre étaler de long en
large ses bobos persos et ses misères
quotidienne, ce qui n’intéressent évidemment
personne, et dépeindre le relationnel et les
choses de la vie dans notre société. Je crois avoir
choisi cette veine. Un exemple : Si je suis malade
et que je vais chez le médecin, cela est sans
intérêt, mais si par hasard les honoraires de ce
médecin ont augmenté ou encore si ce médecin
prévient qu’il ne fera plus de visite à domicile,
voilà une information sociale qui raconte la
société dans laquelle nous vivons. Ou dire encore
qu’on est malade, qu’on en profite pour lire les
infos et que par conséquent vous découvrez un
sujet qui fâche et qui indigne, ce n’est pas
ruminer ses ennuis. Bref, je tenais à mettre les
points sur les « i ».
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Journal d’un écriveur
Ryanair, la compagnie d’avion la plus
détestable de toute. Certes, il s’agit encore d’une
campagne de communication pour faire parler
d’elle gratis, mais elle dévoile bien le fond de sa
ligne politique. Elle envisagerait d’interdire les
vieux de voyager dans ses avions. Alors comme
le disait un ami sexagénaire sur sa page
Facebook, c’est sans doute parce que les
« vieux » prennent trop de temps pour
embarquer et débarquer et qu’ils réduisent la
rentabilité. Bientôt Ryanair proposera la
méthode Pinochet, débarquer les voyageurs en
plein vol, comme cela il n’y aura plus qu’à
embarquer.
Mardi 19 avril
Toujours dans les travaux, mais je ne vais pas
entretenir un feuilleton ! Conséquences directes,
je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer à ce
journal et c’est la raison de mon manque
d’assiduité.
Jeudi 21 avril
Voyez-vous, le plus délirant dans ce pays, c’est
qu’à la sortie des urnes de 11 juin 2010, la totalité
des partis politique estimait que le parti
nationaliste flamand NV&A était incontournable
pour former un gouvernement. Or, aujourd’hui,
le résultat des urnes n’ayant pourtant pas changé
et après l’incapacité de la NV&A à sortir de son
séparatisme et de son radicalisme, les ténors des
27

Journal d’un écriveur
partis prétendent qu’il est désormais possible de
créer un gouvernement sans la NV&A. Mais
fallait-il attendre bientôt un an pour arriver à ce
résultat ? Bien la preuve, et je l’écrivis il y a
longtemps déjà, que dans ce pays, les élections
sont une grosse mascarade pour donner aux
veaux l’illusion d’une démocratie, mais que
finalement, les partis interprètent les résultats à
leur gré et ils en font ce qu’ils veulent.
Dimanche 24 avril
Joyeuses Pâques ! Mais je dois bien avouer que
je ne suis pas en très grande forme… Ce qui me
pèse vraiment le plus, est non seulement de voir
mon dernier roman plagier par un salopard de
banquier mais encore de voir le texte finir
comme les autres dans un tiroir faute de trouver
un éditeur. Pas plus tard qu’hier, on m’a dit que
j’étais un peu naïf et rêveur de croire qu’en vivant
reclus dans mon trou à Verviers, il était possible
de trouver un éditeur ; que pour me donner une
chance, il me faudrait fréquenter assidûment le
milieu littéraire à Paris. En d’autres termes, faire
la pute pour entretenir le relationnel et me faire
connaître par les gens qui décident. Car en
littérature, tout se passe à Paris. En effet, dans ce
pays de merde qui est le mien, que j’aime
pourtant, avec un minable marché du livre
romanesque, il y a de minables éditeurs qui
tirent à peine 400 exemplaires. Dans ces
conditions le compte est vite fait, puisqu’il y aura
pour l’auteur 2,5 € par exemplaire pour un livre
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Journal d’un écriveur
historique de 350 pages, un total de 1000 € brut
pour trois ou quatre ans de travail. Un vrai
scandale doublé d’une escroquerie. Donc, pour
bien faire il me faudrait être issu d’un milieu très
favorisé et friqué de manière à pouvoir arroser
les éditeurs, hypocritement financer les frais
l’édition sans jamais l’avouer, faire croire que je
suis publié par mon seul talent. Et si le livre ne
se vend pas, on crie quand même au best-seller ;
puisque de toute façon pour l’auteur ce n’est pas
l’argent le but de l’opération, mais seulement la
gloire. Quant à « l’éditeur », pour sa part il s’en
fou, il a déjà été payé par l’auteur pour organiser
l’édition et, si par un heureux hasard le livre se
vend bien, ce n’est que du bonus financier et
publicitaire sans avoir investi un seul centime. Et
à côté de cela, les médias sont silencieusement
complices de cette arnaque, puisqu’on fait croire
que la sélection des livres édités se fait sur la
seule qualité littéraire et le talent de l’auteur.
Bref, les naïfs tel que moi (mais sans ma naïveté
je n’aurais peut-être jamais rien écrit) et les
lecteurs sont bien grugés !
Dimanche 1er mai
Polémique sur la présence du Roi des Belges
accompagné
du
Premier
Ministre
démissionnaire et en affaires courantes puisque
faute d’un gouvernement depuis plus d’une
année, pour assister à Rome à la cérémonie de
béatification du pape Jean-Paul II ! Cette
représentativité de la Belgique au Vatican pour
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Journal d’un écriveur
un évènement religieux bafouerait donc la
sacrosainte laïcité, séparation des cultes et du
politique. A croire que pour entretenir un
politiquement correct vis-à-vis d’autres cultes
venus de l’étranger et parfois radicaux, il est
désormais obligatoire de renier les racines de
notre Histoire, dans laquelle la religion
catholique en fait bel et bien partie. Je crains fort
qu’à ce sujet, on en soit à la même technique
utilisée par les nationalistes, c’est-à-dire de faire
fi du passer sous prétexte qu’il est indispensable
de construire le futur. Or, il est bien connu que
lorsqu’on oublie ses origines et son Histoire, les
générations suivantes répètent les horreurs
commises par leurs aïeux.
Mercredi 4 mai
Il est bien difficile de croire que le plan initial
des américains aurait été celui de capturer vivant
Oussama Ben Landen ! On serait plutôt tenté de
croire que pour limiter les risques, les ordres
étaient de lui mettre une balle dans la tête, point
barre, quitte à liquider d’autres personnes pour
y arriver.
Jeudi 5 mai
Je me demande quand même comment un
tribunal peut en arriver à acquitter un type qui a
clairement fait une tentative de parricide en
égorgeant son père, un célèbre avocat liégeois,
lequel échappe de peu à la mort. Et le même jour
à Verviers, on condamne un type à 20 mois de
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Journal d’un écriveur
prison ferme pour avoir poignardé sa compagne,
qui heureusement n’est pas morte non plus. Pour
le premier on prétend qu’il a eu un moment de
d’égarement alors qu’il avait néanmoins planifié
son agression en quittant son domicile avec un
couteau pour égorger son père dans son bureau
d’avocat (ce n’est quand même pas une querelle
qui éclate dans une cuisine). Et qu’importe si la
relation entre eux était tendue et que le père
serait dit-on un tyran. Où est donc le coup de
folie qui justifie l’acquittement ? Pour le second,
aucune clémence, même si avant de fuir il s’était
sommairement occupé de sa victime. Bref, une
Justice digne d’une véritable loterie selon que
vous serez riche ou misérable. Car selon la fable
de La Fontaine, il vaut mieux être le fils d’un
avocat connu plutôt que celui d’un pauvre
ivrogne anonyme.
Dimanche 8 mai
Jadis, ce lendemain de mon anniversaire était
un jour férié pour commémorer l’armistice de la
guerre en 1945. J’avoue ne pas connaître les
raisons pour lesquelles on le supprima du
calendrier. En ces temps où la faute de culture
conjuguée à l’oubli donne un boulevard vierge
aux révisionnistes pour manipuler les jeunes
générations, il serait peut-être bon de rappeler
cette date d’une manière un peu plus marquée.
Bien sûr, on peut toujours me rétorquer qu’il ne
faut pas caricaturer les jeunes générations,
comme le faisaient aussi nos parents vis-à-vis de
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Journal d’un écriveur
ma génération, laquelle n’a pas connu une
guerre, mais par le biais de nos grands-parents
et parents, témoins directs, on a entendu mille
fois les récits de ces guerres ; on porte un peu en
nous la douleur de nos aïeux. Par contre, la
jeunesse actuelle est en train de naître de la
génération de nos enfants, c’est-à-dire de
grands-parents n’ayant pas vécu de guerre. Et
cette jeunesse estime que tout cela est une vieille
histoire qui ne les concerne pas. Et en ce
domaine, l’oubli est un fabuleux terreau pour les
radicaux et les extrémistes.
Samedi 14 mai
Il y a vraiment quelque chose de surréaliste et
même quelque chose de bien pourri dans ce
pays ! Bon, vous allez me dire que je reviens
toujours sur les mêmes sujets, c’est vrai, mais il
y a de quoi besogner et réfléchir sur les valeurs
morales et démocratiques.
Voilà un an qu’il n’y a plus de gouvernement
et qu’on nous annonce des négociateurs, des
démineurs, des informateurs, des pacificateurs,
des formateurs, etc. Et à ce jour, le machin truc
en « teur » nous annonce qu’il y a matière à
trouver un accord pour la formation d’un
gouvernement. En clair, cela veut dire qu’il n’y a
toujours pas d’accord, ni de programme, ni
même une ébauche. Car voyez-vous, il y a comme
on dit chez nous un « stuuude », une épine dans
le pied quoi, un truc qui fait que personne ne
peut envisager une randonnée avec son voisin.
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Journal d’un écriveur
En effet, si les nuages rendent le ciel opaque,
il y a toutefois des trucs qui se décantent et qui
deviennent claire comme de l’eau de roche.
L’extrême droite flamande, toujours elle bien
sûr, a déposé au Sénat un projet de loi visant à
l’amnistie des collabos avec les nazis de la
seconde guerre mondiale. Que disais-je
dimanche dernier ! Et les partis flamands, sauf
les écolos, ont accepté de mette le sujet à
l’agenda, sous prétexte que dans un pays
démocratique, il n’y a pas de sujet tabou.
Derrière une telle décision, il y a bien entendu le
fantôme linguistique, puisque finalement il reste
à peine une poignée de personnes concernées, ce
qui signifie que les buts sont ceux de montrer les
différences entre les deux communautés et
l’affirmation du nationalisme radical Flamand.
Vendredi 20 mai
L’hypocrisie de la majorité des journalistes
français, plus particulièrement de la branche
politique, est quand même sidérante. Prenez
l’exemple d’Alain Duhamel, imbu de sa personne
au point de croire qu’il est au même niveau des
personnages qu’il interroge, dément que la
presse française connaissait les travers de
Dominique Strauss-Kahn. Pourtant, il y a deux
ans un journaliste du quotidien Libération avait
publié sur son blog (car censuré par la rédaction
– ce qui prouve pour le moins qu’il y a une
omerta sur le sujet, une connivence tacite entre
les gens de ce petit monde qui se croisent et qui
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Journal d’un écriveur
déjeunent ensemble) qu’il y avait des attitudes
de harcèlement de la part du Président du FMI.
Et puis cette journaliste qui dénonce à la
télévision la tentative de viol de DSK et la
production bipe le nom pour ne pas atteindre à
la réputation du puissant personnage. Vis-à-vis
de la loi, cela revient à protéger l’abuseur et à ne
pas apporter assistance à une personne en
danger. D’ailleurs, certains commentaires des
uns et des autres donnent de quoi vomir. Pour
Jean-François Khan, il n’y a eu que « le
troussage d’une soubrette ». Pour L’imbuvable
Jack Lang, « il n’y a pas eu mort d’homme ».
Pour Bernard Henri Lévy, « c’est dégueulasse de
salir la réputation d’un homme comme cela, car
ce n’est pas un quidam ». Bref, on peut exposer
devant la presse un pauvre type menotté, mais
pas le puissant et riche ami de ces messieurs. Et
tous critiquent le fonctionnement de la Justice
américaine, car en France cela ne se fait pas
ainsi, patati et patata… Mais le délit a eu lieu aux
Etats-Unis, point barre. Vous ne pouvez pas
savoir comme cela me révolte de voir l’attitude
de gauche caviar, de ces types qui prêchent toute
l’année un discours de démocratie, mais une fois
qu’ils sont pris dans la tenaille, ils revendiquent
une justice à géométrie variable, selon que vous
êtes puissant ou misérable.
Samedi 21 mai
Et le plagiat de mon roman La lignée Dorval ?
Suite aux nombreux éléments comparatifs que
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Journal d’un écriveur
j’ai déposés comme preuve auprès de la Sabam,
le Comité de gestion estime que les charges sont
suffisamment étayées et a décidé de faire
effectuer par des spécialistes une analyse
comparative des œuvres. Petit bémol, il me reste
à résoudre une difficulté qui n’est pas la moindre
au regard de ma situation financière, celle de
verser 500 € pour ce 25 mai 2011 ! Et comme m’a
prévenu une amie : « Après, ils te diront qu’il n’y
a pas de quoi poursuivre et tu auras perdu ton
argent. » Peut-être… Mais si je ne le fais pas, il y
aura les remords et les regrets de ne pas avoir été
jusqu’au bout de la défense de mon travail. Doisje accepter qu’un type pompe mes idées, mes
recherches, ma structure et mon œuvre ? Pour
moi c’est inacceptable.
Dimanche 22 mai
On peut dire que les chouchous du Festival de
Canne s’appellent les frères Dardenne, des
Belges originaires de Liège, puisqu’avec leur
nouveau film intitulé Le vélo, ils décrochent leur
troisième prix prestigieux. Ce n’est un secret
pour personne, le style des frères Dardenne n’est
pas ma tasse de thé (enfin pour moi c’est plutôt
le café !) mais cela reste du cinéma d’auteur. Et
rien que pour cela, je suis pour… ! Et en ce
domaine précis être un peu chauvin ne fait de
tort à personne.
Vendredi 27 mai
L’optimisme ne semble guère d’actualité pour
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Journal d’un écriveur
les écrivains les plus grands et les plus âgés.
Edgar Morin (89 ans,) Jean D’Ormesson (85
ans) et Stephan Hessel (94 ans) sont pour le
moins convaincus que années à venir seront
sombres et qu’il est grand temps de modifier le
tracé du chemin de la société, de se projeter dans
une philosophie du futur et non dans celle du
résultat immédiat. Bon, je ne veux pas me placer
au même niveau que ces illustres auteurs, mais
je n’ai pas attendu le livre de Stephan Hessel
pour m’indigner. Ce journal n’est-il pas le fruit
de ma révolte et de mon indignation
quotidienne. Et dans mes romans… ? Je crois
qu’il n’y a que cela. C’est peut-être la raison pour
laquelle je ne trouve pas d’éditeurs !
Samedi 28 mai
Etrange… ! Avez-vous remarqué qu’à chaque
fois qu’un criminel de guerre ou qu’un dictateur
est arrêté, ils sont tout de suite en mauvaise
santé et fragile. Vous allez me dire qu’en général,
on finit par les arrêter quand ils sont vieillards
ou grabataire. Tout de même... Souvenez-vous
de Pinochet en chaise roulante, une fois sur le
tarmac de l’aéroport au Chili il retrouvait l’usage
de ses jambes ! Aujourd’hui il y a Ratko Mladic
(complice de Milosevic en Serbie, mort d’un
arrêt cardiaque dans la prison à La Haye) lui
aussi en mauvaise santé. L’égyptien Moubarak
hospitalisé alors que juste avant d’être arrêté sa
santé lui permettait de vider les caisses de l’Etat.
Yvan Demjanjuk, ce nazi nommé « Yvan le
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Journal d’un écriveur
terrible » qui avait l’air d’une momie dans une
chaise roulante à l’entrée du tribunal en 2009 et,
se disant souffrant de maux de tête, il était
revenu peu après sur une civière. J’ose imaginer
le jour où le Colonel Mouammar Kadhafi sera
hors d’état de nuire (s’il n’est pas mort assassiné
au suicidé avant) il se présentera aussi diminué
pour tenter d’échapper à la justice.
Vendredi 3 juin
Aujourd’hui, on peut dire que les travaux
d’aménagement de mon étage sont achevés,
puisqu’il ne me reste plus qu’à choisir le
revêtement du sol et les luminaires… Si mon
choix n’est pas encore arrêté pour le sol, le mieux
serait quand même des plaques et un épais
vinyle pour atténuer les bruits causés par un
plancher original qui craque. Mais un parquet
flottant pourrait faire l’affaire si on place d’abord
un isolant. Bref, c’est une question de choix et de
budget.
Samedi 4 juin
Le printemps de cette année est
exceptionnellement chaud et ensoleillé, avec la
menace d’une sécheresse. On aurait plus connu
un tel climat depuis 120 ans ! Pourtant, il me
semblait avoir connu de pareille saison dans les
années 60. Mais est-ce l’embellissement de mon
enfance qui me fait écrire cela ? Allez savoir…
Dimanche 5 juin
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Journal d’un écriveur
Il faut... ! Il faut... ! Tout cela est de la
démagogie électorale. En son temps, Guy
Verhofstadt avait dit la même chose, mais il
n'était pas aussi dément que ce fils à papa
nommé Alexander De Croo, puisque le premier
avait "prudemment" avancé le chiffre de
200.000 chômeurs remis au travail et non celui
de 570.000. Dans la réalité, il y a 660.000
personnes indemnisées par l'ONEM (chiffre
officiel) et il y a seulement 100.000 propositions
d'emploi. A moins de tuer ses concurrents
comme dans le film de Costa Gavras, tout est dit.
Du coup, proposer de limiter le chômage à 2 ans,
c’est à la fois opéré un transfert des sans-emplois
vers la caisse sociale du CPAS pour tromper les
chiffres réels du chômage et c’est encore réduire
les années de cotisation de travail assimilé pour
la pension. Résultat, à terme c'est un
appauvrissement et une misère encore plus
grande. Voilà la proposition libérale flamande !
Et derrière tout cela, il y a sans doute encore du
populisme flamingant pour désigner les Wallons
comme les responsables de la crise et du
marasme national.
Samedi 11 juin
Le temps et les discours démagogiques font
leurs œuvres dans la population du nord de ce
pays. Dans deux jours il y aura un an que nous
avons voté. Un homme à la tête d’un parti qui
réclame avec force la scission en faveur d’une
Flandre indépendante et qui crache sa haine sur
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Journal d’un écriveur
les francophones réussit toutefois à faire croire,
même aux intellectuels flamands, qu’il n’est pas
un extrémiste de droite ni pro nazi, alors que
dans le même temps son parti prône une
amnistie pour les collabos de 1940-1945. Et les
autres partis Flamands soutiennent l’initiative
en inscrivant le débat à l’agenda. Pour avoir
refusé tout compromis et la formation d’un
gouvernement avec les francophones ce même
parti se voit récompenser par cette même
population du nord de ce pays, puisque
désormais il est crédité de 34 % d’intention de
vote au lieu de 27 %. Ajoutez à cela les petites
phrases au goût haineux distillées par la plupart
des leaders flamands, vous avez alors de quoi
comprendre que rien n’ira jamais plus entre le
nord et le sud.
Le PS (parti wallon) c’est le 19e
siècle, la NV-A (parti flamand) le 21e siècle.
La Wallonie est un boulet aux
pieds de la Flandre.
Cela fait 120 ans que la Flandre
assiste la Wallonie.
Les wallons sont des fainéants
assistés par le chômage.
Les
francophones
sont
intellectuellement incapables d’apprendre le
flamand.
Les francophones violent le
néerlandais quand ils le parlent.
Les francophones sont dans le
rôle des Israéliens qui construisent des maisons
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Journal d’un écriveur
en terre palestinienne.
Jeudi 18 juin
On l’a vraiment échappée belle… ! Ce matin,
j’ai acheté un décapeur thermique pour enlever
la vieille couleur des escaliers. Je me suis attelé
au travail le temps de traiter deux marches et
trois fuseaux de la rampe. Car soudain, le
décapeur rend l’âme. Pour la seconde fois je
peste, puisque trois semaines plus tôt la nouvelle
ponceuse qui fonctionna le temps de traiter deux
portes rendit aussi son âme. Ah, la marque Black
& Decker… une fameuse merde ! Bref, je pose
l’appareil sur une marche à côté des outils,
pendant 5 minutes je frotte encore le bois à l’aide
d’une bosse de fer, puis je quitte la maison pour
une petite heure. A mon retour, en ouvrant la
porte d’entrée, l’alarme incendie du second étage
fonctionne. Je me dis que les émanations du
décapage ont déclenché l’appareil. Mais que
nenni, l’escalier sur lequel était posé le décapeur
thermique était en feu, lequel commençait à
ronger les boiseries pour atteindre le plancher du
second étage. L’incendie venait de démarrer. Je
me rends vite compte du drame, j’appelle les
pompiers. Ils mettent trois minutes pour venir
jusqu’à la maison et pas tellement plus pour
éteindre la combustion. Leurs analyses me
donnent des sueurs froides : Cinq minutes de
plus et toute la maison était en flamme. Après
avoir boulotté comme un forçat pendant deux
mois pour rénover l’étage ! Je n’ose l’imaginer…
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Journal d’un écriveur
Vendredi 17 juin
Le 5 mai, je m’étonnais de l’acquittement au
Tribunal de Liège d’un type qui tenta de tuer son
père par égorgement alors qu’il avait pourtant
planifié son acte en emportant un couteau avec
lui. Ce jugement qui reconnaissait l’agresseur
comme victime de son père me donna toujours à
penser que la magistrature de Liège en avait
profité pour se venger et régler un compte avec
l’avocat. Et voilà qu’aujourd’hui, ce même type
est une nouvelle fois devant la justice pour
agression avec arme blanche. D’une certaine
manière, bien dommage qu’il n’a pas agressé la
magistrate qui l’avait acquitté !
Lundi 20 juin
Pour s’amuser et pour voir le résultat de leur
essai, deux jeunes garçons se sont planqués à
l’orée d’un bois et ont tiré avec une arme à feu
sur une vache alors que le fermier et sa femme
étaient en train de travailler à quelques mètres.
La bête s’est écroulée sans vie. Et madame le
procureur du Roi de Verviers déclare que : « Ils
ont tiré pour essayer une arme, avec la
circonstance malheureuse qu’un animal a été
touché. Mais bon, ce n’est quand même pas un
homicide classique ou une tentative d’homicide
classique ». Et d’ajouter ensuite que : « Ailleurs,
un tel dossier aurait été classé ». Bref, il y un port
d’arme illégal, l’usage de l’arme avec une mise en
danger des personnes et cette dame ne trouve
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Journal d’un écriveur
rien à redire. Elle ne s’interroge même pas sur le
fait de savoir ce qu’ils envisageaient de faire par
la suite avec un tel objet. En d’autres mots, elle
les encourage à continuer. Comme disait le
fermier : « J’aimerais voir si pendant un
barbecue dans son jardin ont tuait son chat ou
son chien pour essayer une arme ! » Allez savoir,
les jeunes auraient peut-être dû tirer à proximité
d’un autre bovin.
Samedi 25 juin
La constitution d’une fortune est-elle
envisageable sans trahison et sans crime
répréhensible par la loi ? Il semblerait que non.
Celui qui revendique la paternité de Face Book
n’est pas le père fondateur puisque ce dernier est
en réalité un collège d’université du voleur. Idem
pour ce qui est de la conception du programme
informatique, c’est le patron d’Appel qui en est le
concepteur et non Bill Gate qui fonda Microsoft
avec la technologie de base d’Appel. Combien de
fortunes ont été faite avec le sang des nègres des
colonies ? Par exemple, prenez Léopold II et sa
clique d’aristocrate qui fondèrent la Société
Générale de Belgique, l’Union Minière ou la
Belgolaise. Et durant la guerre 1940-1945,
nombre de fortunes furent constituées ou se
consolidèrent grâce à la collaboration avec
l’ennemi. Il y a l’exemple du fondateur de la
voiture Renauld en France. En Belgique, il y eut
celui du patron d’une meunerie de la région
d’Aubel. Et pas plus tard que cette semaine, l’un
42

Journal d’un écriveur
des actionnaires du Club de football Standard
vient d’être inculpé pour escroquerie. Il aurait
constitué toute sa fortune (laquelle lui aurait
permis d’acheter ses parts dans le club) en
détournant les lois en vigueur sur les
déclarations de salaires et les transferts des
joueurs dans son activité de manager, et cela par
le biais de sociétés fictives établies dans des
paradis fiscaux. En gros, à chaque facture qu’il
établissait, il empochait des bénéfices sans payer
d’impôts et c’était les subventions publiques qui
crachaient dans le bassinet du club pour payer
les joueurs. Et dire que les supporters de ce club
pleuraient à l’annonce du retrait de cet
actionnaire… !
Vendredi 1er juillet
Il aura donc fallu deux bons mois et le pognon
à la pelle d’Anne Sinclair pour qu’un journal
annonce avec fracas que la police a réussi à
démaquer la plaignante, laquelle aurait obtenu
un permis de séjour par le mensonge et qu’elle
serait une incroyable salope vendeuse de came
acoquinée avec un trafiquant de drogue qui
serait en tôle ! Bientôt on l’accusera aussi d’avoir
assassiné son défunt mari dans un bordel
minable du Bronx pour s’adonner librement à la
prostitution et pigeonner DSK avec la complicité
du tôlard. Nous sommes en plein délire ! Qui
peut donc croire à une histoire aussi
invraisemblable ? Bientôt on nous dira encore
que DSK n'a jamais bandé de sa vie... !
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Journal d’un écriveur
Hypothèse. Hier, aux abois, les avocats de
DSK en étaient arrivés à contester la régularité
de la confrontation. Puis aujourd’hui, coup de
théâtre. Alors, soyons réaliste. Quand on sait
qu’aux Etats-Unis un Procureur est élu et qu’il
est nécessaire de financer une campagne
électorale… Voyez-vous ce que je veux dire… Il y
a des montants devant lesquelles les Hommes ne
savent plus dire non. Donc, on en arrive à
accepter de se salir et de renier son honneur. Et
dans cette affaire il y a une cocue fortunée
capable de tordre la réalité des faits pour en faire
une vérité juridique. Mon expérience me permet
d’affirmer que la Justice est un gros tas de
merdre sur lequel seuls les coqs le plus riches
réussissent à gravir pour y chanter leurs
rengaines teintées d’Esprit de sel.
Samedi 2 juillet
Affaire DSK, suite. Qu’écrit aujourd’hui le
New York Post : La présumée victime est une
prostituée. Ben voyons, n’est-ce pas ce que je
prédisais hier ? Une vraie campagne de
dénégation. Maintenant, on dit même que pour
pouvoir s’installer aux Etats-Unis elle a déclaré
mensongèrement être victime d’un viol collectif
au Guinée. Il y a de quoi en rester coi pour de bon
… Car pendant deux mois la police fuma un
bâton de chaise de la Havane sans jamais
chercher à connaître les conditions d’entrées sur
le sol des Etats-Unis. Bref, un mauvais scénario
de série Z dans lequel on ne cherche même plus
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Journal d’un écriveur
à fignoler l’intrigue pour paraître un rien
plausible.
Dimanche 3 juillet
Vladimir Dimitrijevic, fondateur des éditions
de l’Age d’Homme, est décédé ce 28 juin. En
1986, lui et Claude Frochaux avaient émis un
avis favorable à la publication de mon premier
roman, puis finalement une semaine plus tard le
défunt changea d’avis. Et lors de la remise de
mon second manuscrit en 1988, ils avaient
même envisagé de créer une nouvelle collection
pour pouvoir accueillir mes textes. Le projet
avorta. Puis dans la foulée, Yves Berger pris le
relais avec l’espoir de convaincre la direction de
chez Grasset. Au bout du compte, rien ne se
concrétisa davantage. Donc depuis 2002, faute
de trouver un interlocuteur avisé, mes textes
croupissent dans un tiroir.
Lundi 4 juillet
Quoi qu'on dise et qu'on présente la chose avec
des fleurs et de l'argent à la clef, scinder c'est
diviser, diviser c'est établir une frontière, donc
morceler d'avantage le confetti qu'est ce pays. Je
le hurle depuis plus de 20 ans et on me qualifie
d’alarmiste : Nous vivons sur une poudrière avec
d'une part des extrémistes prêt à tout et d'une
autre part des frigides incompétents qui plient
l’échine et au bout du compte un jour le sang
coulera sur le bitume de la rue de la Loi.

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Journal d’un écriveur
Samedi 9 juillet
Fallait-il s’attendre au miracle d’une réponse
positive de la N-VA aux propositions d’un
programme pour le maintien d’une Belgique,
fut-ce même caduque ? Bien entendu que
« Nee ». Ce parti ne veut rien d’autre que celui de
faire crever la bête par le pourrissement, un
programme réclamé depuis des décennies par
l’extrême droite d’une Flandre revancharde et
haineuse. Et il est fort à parier que les autres
partis flamands s’alignent secrètement sur ce
programme. Et comment peut-on croire que la
majorité des jeunes du Nord de ce pays ne sont
pas pour une scission quand les sondages
affirment que 65% des Flamands font toujours
confiance à celui qui torpille toutes les
négociations depuis un an pour obtenir
l’indépendance. Et 65 % correspond justement
aux résultats des urnes de 2010, des flamands
qui ont voté pour les partis favorables à
l’indépendance. C’est l’hypocrisie de ceux qui
n’osent pas avouer devant le sondeur pour qui ils
ont voté dans le secret de l’isoloir.
Mercredi 13 juillet
Luc Van den Bossche, est un socialiste
flamand qui a pistonné sa fille Freya pour la faire
entrer en politique et lui offrir sur un plateau
d’argent un poste de Ministre ; une de plus me
direz-vous à la longue liste des rejetons des
crocodiles politiques qui assurent la dynastie
familiale. Ce type est Président du conseil
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Journal d’un écriveur
d’administration de l’aéroport de Bruxelles et
empoche un salaire de 689.000 €. Quand on sait
que les socialistes ont été les premiers à protester
contre les salaires indécents des banquiers au
moment de la crise. Un tel salaire s'apparente
tout bonnement à un détournement de bien
public et cela avec l'assentiment des
Gouvernements, des Ministres et des politiques
qui ne sont que farine du même sac. Comment
donc ne pas déduire qu’il s’agit d’une association
de malfaiteur qui se partage les mandats juteux.
Cette somme est 765 fois plus élevée qu'une
allocation d’intégration, l’équivalent de 63
années de chômage, autant dire que la vie d’un
homme ne suffirait même pas. Mais nom de
Dieu, qui est « le profiteur, le voleur, l'escroc, la
vermine à exterminer » ; des mots répugnants
prononcés à l’encontre d’un chômeur par un
auditeur du travail au tribunal de Verviers. Il y a
de quoi devenir vulgaire. Mon expérience me
démontre qu'on a poursuivi des crèves la faim au
lieu de traquer les pourris en col et cravate
attablés devant les couverts en argents du Palais
Royale lors de réceptions officielles. Les
exemples ne manquent pas dans ce pays. Un vrai
scandale. A ce jour, je n'ai plus de mots assez
durs pour exprimer mon dégoût de cette société,
mon indignation, ma révolte devant ce monde
submergé par la puanteur et l’hypocrisie.
Comme je l’ai déjà écrit, je n’ai pas attendu
comme un veau le livre de Stéphane Hessel pour
m’indigner !
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Journal d’un écriveur
Samedi 16 juillet
Aujourd’hui, le CD&V fait ce qu’il a toujours
voulu faire depuis des années sans jamais
l’avouer, dériver vers l’extrême nationalisme et
mener la Flandre à l’indépendance avec
Bruxelles dans son escarcelle. Pour y arriver, il a
fini par créer de toute pièce un épouvantail pour
porter le chapeau, sur qui tous les regards se
tournent. Mais détrompez-vous, le CD&V tire les
ficelles de tout cela. Avec la NV-A et son chef tout
puissant comme un dictateur on sait qui on a en
face de nous, un extrémiste qui veut faire crever
le pays pour ramasser les morceaux qui lui
conviennent. Par contre avec le CD&V, vous
croyez avoir en face de vous un démocrate et
dans son dos il tient le couteau pour vous
poignarder. La preuve est faite aujourd’hui,
puisque leurs exigences sont identiques à celles
de la NV-A. Le masque est enfin tombé sans
équivoque.
Dimanche 17 juillet
Petit débat engagé avec un ami sur la
proposition d’Eva Joly de supprimer le défilé
militaire au profit d’un défilé citoyen le jour de la
Fête National en France. Ma position est autre.
A mon sens, cette proposition est absurde,
populiste, voire même dangereuse. Et je prends
le cas de la Belgique : Supprimer le défiler du 21
juillet, reviendrait à offrir un champ totalement
vide sur lequel les nationalistes flamands
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Journal d’un écriveur
cultiveraient leurs idéologies séparatistes en
prétextant qu'il n'y a plus de ciment national. Et
j’ai reçu la foudre de mon ami, que j’ai déçu, car
il ne me croyait pas si militaire que ça, puisque
selon lui je défends une armée coloniale qui a fait
des ravages à travers le monde avec Napoléon,
puis l’Algérie, l’Indochine et les autres conflits à
travers le monde. A mon humble avis, je crois
qu’il se trompe de débat. Dans ma thèse, il n’est
pas question de défendre l’armée française
(coloniale ou non) ou n’importe quelle armée du
monde. Le dis simplement qu’il n’existe aucun
pays sans avoir la nécessité d’une armée, laquelle
fait partie intégrante des institutions qui
contribue (quoi qu’il puisse en penser) à la paix.
Car sans armée, pas de pays et pas de paix.
Puisque dans ce cas, nous serions à la merci de
celui qui lorgne sur notre habitation. Maintenant
on peut faire comme Hitler et d’autres, utiliser
l’armée pour envahir le voisin et pour prendre le
pétrole, mais comme je l’ai dit ci-dessus, ceci est
un autre débat. On peut avoir un couteau de
cuisine pour couper son poulet, ou se défendre
contre un voleur ou encore pour tuer sa femme ;
cela dépend de l’usage qu’on en fait. Est-ce pour
cette raison qu’il ne faut plus avoir un couteau de
cuisine chez soi ? Non. D’accord ou pas avec la
réalité historique, mais l’armée a toujours été
l’un des composants majeurs du ciment qui
donne une réalité à une nation. Et la Fête
National avec le défilé militaire (généralement
date de l’indépendance ou de la Constitution
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Journal d’un écriveur
d’un pays) est la commémoration de la Nation,
un rappel annuel et la fierté d’un peuple qui a
parfois donné sa vie pour la conserver. Mais si
cette thèse est considérée comme un trac du
Front National, je suis vraiment désolé de le
décevoir, mais je crois surtout que mon ami fait
fausse route. D’autant plus qu’il sait très bien que
dans ma vie, je n’ai jamais voulu faire ni l’armée
ni porter un quelconque uniforme ! Par contre, il
sait aussi que s’il y avait un conflit, je ne me ferais
pas prier pour rentrer dans la résistance. Mais
finalement, avec ce quoi se passe dans ma vie et
dans ce pays, ne le suis-je déjà pas en résistance ?
Mercredi 20 juillet
Un geste du PS... ! Et voilà que celui-ci est de
nouveau prêt à renier ce pourquoi les
francophones ont voté, comme à l’époque des
Fourons ! Car quels sont les gestes des Flamands
? Que dalle, rien, nada, ils conservent leur putain
de programmes de flamandisassions et de
scission à terme. Je le répète une fois encore et
cela depuis des années, les Fourons furent leur
premier projet pilote pour l'appliquer à
Bruxelles. Wouter Beke, ce jeune gamin à
l’attitude capricieuse en ayant vu sa note recalée
et à qui on avait retiré son jouet, qui pleurniche
"je veux ma note, je veux ma note... !", pour
pouvoir afficher un résultat aux prochaines
élections. Si le PS lâche une miette de BHV,
même avec des compensations qui ne feront
jamais le poids du symbole que cela représente
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