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Journal de confinement JOUR 13 ( en date du dimanche 29 mars 2020 ) trouvé par l'agent de régulation
sanitaire N19 Paul Wildren le 24 décembre 2043 – Top secret authentification n° 29855 – Demande
d'autorisation via numéro de matricule pour autres informations sensibles à la sureté du Block-Etat.



« Quand est-ce qu'on arriveeuuh ? »



« J'ai faim ! »



« T'es rien qu'un vilain pas beau, d'abord ! »



« J'veux ma môman ! »



« Dis monsieur ? Elle est où ma môman ? »



« J'ai envie d'faire pipi ! »

Mon Cher Marcel,
Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as...
Ça fait dix minutes qu'on est dans la bagnole et la gamine n'arrête pas de nous casser les oreilles, ça
chouine, ça touche à tout, ça griffe et tire les cheveux. Mais qu'est-ce que c'est que cette petite bestiole qui
ne s'arrête jamais. Un vrai moulin à parole et tout ça pour ne rien dire en plus !
Toi, plus tard, tu feras de la politique, elle a déjà compris comment casser les bonbons de son auditoire...
Ouais j'ai utilisé le mot « bonbons » à la place d'autre chose pour rester dans la thématique de l'enfance.
Oh, ça va Marcel ! Ça s'appelle de l'humour noir, bordel ! Je te vois fustiger mais calme-toi.
Bon, je t'avoue qu'en écrivant ça, j'ai failli vomir mon quatre heure.
Putain, y a pas pire qu'un pédophile !! J'en ai jamais croisé un et vaut mieux pour lui...
Chui sûr que je prendrai un malin plaisir à le faire souffrir que même un bourreau en rougirait de plaisir en
prenant des notes ! Frédéric Mitterand, Daniel Cohn Bendit et consort, si vous me lisez...
Tu touches pas à un enfant et surtout, n'oses même pas y penser !!!!
Bon, revenons à nos biberons !
Comme disait Jacques Martin : « les enfants sont formidables ! Bon dimanche, sous vos
applaudissements ! ». Mouais, ils sont peut-être formidables mais là, le dimanche s'annonce pas choucard !
Comme la veille, tu me diras...
On a recueilli la petite chose qui, peut-être, en nous entendant palabrer, a frappé à la porte du container
pensant y retrouver sa maman. A la place, elle est tombée sur trois connards complètement à l'ouest.
Pas moyen qu'elle nous confonde avec sa mère. Y a peut-être notre vieux débris de Willy qui, avec ses
cheveux longs, aurait pu lui faire penser à sa mamie, mais j'en doute. A moins que sa grand-mère aie de la
barbe, vas savoir. Néanmoins, elle ne paraissait pas apeurée à la vue de nos tronches, elle a dû en voir des
vertes et des pas mûres, la pitchoune...
Nous la fîmes entrer dans notre abris de fortune et lui avons demandé comment elle s'appelait.


« m'appelle Lili, c'est comme la p'tite souris qu'elle me dit ma môman ! »

Toute fière de nous dire son prénom, elle nous raconte qu'elle a cinq ans et demi ( y a pas qu'à cette âge
que les demis comptes ! Ah j'en vois quelques uns se lever au fond pour confirmer ! ) et qu'elle cherche sa
mère en nous montrant sur ses doigts le nombre de jours qu'elle a passé dehors. Deux...
De tiou ! Elle a passé deux jours toute seule dans la rue ? Ma parole, la p'tiote est fin prête pour Koh Lanta !
Pendant qu'on la débarbouille comme on peut, elle nous sort le plus naturellement du monde :



« J'ai perdu môman quand elle me protégeait de pleins de vilains monsieurs qui ressemblaient à des
gros monstres. Je suis tombé dans un trou tout noir et j'ai eu très très très peur ! Y avait pleins de
grosses souris qui me chatouillaient les pieds comme ça : guili-guili guili-guili ! »

Et la voilà, nous mimant les grosses souris qui lui « guilittaient » les petons.
Est-ce bien un sourire attendri sur le visage de Wildren ? Il aurait donc un cœur ?!
Je m'approche de lui :


« Mon avis c'est qu'elle est tombée dans les égouts et que, ce qu'elle a pris pour des grosses souris
étaient, en fait, des rats. La pauvre ! Je pense qu'elle a dû trouver la sortie par hasard, elle est née
sous une bonne étoile, la p'tite ! Pour ma part, la seule chose à faire c'est qu'on l'embarque avec
nous et on recherche sa mère ! On peut pas la laisser livrée à elle-même, ça va de soi ! La question
est : comment on procède ? »



« Tout à fait d'accord avec toi ! Le soucis c'est qu'on risque de croiser pas mal de gros monstres
comme elle les appelle... »

Lili qui avait les oreilles qui trainaient, comme tous les gamins de son age, nous dit, avec ses mots d'enfant,
que les lépreux ne sortent que « quand on fait dodo. ».
Non mais quelle bande d'abrutis finis à l'urine de yak ! Il aura fallu qu'une gamine de cinq ans nous apprenne
que ces analphabètes de zombies ne se promènent que la nuit ! Ah bah là, tu as en face de toi les
survivants de l'impossible ! La 7ème compagnie au clair de lune ! Que dis-je, les preux chevaliers en culottes
courtes sauvants la veuve et l'orphelin !
Et Willy de renchérir :


« Moi... Savais... ! »



« Quoi ? Tu savais et tu nous à rien dit, espèce de vieux cyclope ? »

Ah, il m'énerve à force.


« Pas... Eu... L'temps... »



« Nan ? Sans déconner ? Le temps que tu dégoises un mot, on s'est déjà fait bouffer par une
quinzaine de macchabées ! Et ça a fait mai 68 ça ?! »

Je m'apprête à lui en coller une sur le haut du crâne, façon « Les trois Frères » que Wildren m'interromps :


« Bon, d'toute manière, maintenant c'est fait, on est au courant. Ça peut nous donner un avantage si
on veut retrouver la mère de la gosse. Je propose qu'on y aille dès à présent ! A moins que vous
vouliez continuer votre petite joute verbale ? »



« Ok mais avant, faudrait passer par chez moi. J'ai de la bouffe en conserve et tout le nécessaire du
petit festivalier, ça pourrait nous servir. Ça vous va ? »



« Ouais en espérant qu'on rencontre pas mes anciens collègues. Va falloir être prudent, ils ont
certainement envoyé des agents à ton domicile. »

Je prends la gamine dans mes bras en lui disant qu'on part faire un tour en voiture pour chercher sa mère.


« Youpi ! »

Crie-t-elle à pleins poumons ! Ça y est, j'ai perdu trois dixièmes à l'oreille droite... C'est que ça hurle fort ces
crevettes là !
Je ne te ferai pas l'affront en te re-narrant ce trajet épique, tu connais.
Wildren décide de garer la décapotable à un pâté de maison de mon immeuble, histoire de ne pas éveiller
les soupçons. Surtout que la caisse, reconnaissable entre milles, a forcément été signalé. On laisse la
gamine à la mamie et nous voilà à se la jouer infiltration. Paul a l'idée de regarder son portable car il peut
voir, grâce à une application militaire, les troupes détachées dans un rayon d'un kilomètre. Personne à
l'horizon, il trouve cela étrange et me demande d'être sur le qui-vive. Ça pue le piège à plein nez d'après lui.
On est à environ une vingtaine de mètres de l'entrée de mon immeuble, caché derrière une voiture familiale,
à l'affût du moindre mouvement suspect.


« Ecoute. Pendant que tu retournes chez toi, je vais essayer de fracturer cette familiale. On est grillé
avec notre épave et pour la petite, cette caisse est parfaite. Elle sera assez spacieuse pour nous
tous. Surtout fais très attention et fais vite s'il te plait. J'aimerai pas croiser les gars armés ! Je te
donne pas plus de dix minutes. Une fois dans la voiture, je t'attends et on fonce récupérer les autres !
Compris ? Allez GO ! »

Je détalle, comme un lapin pris dans les phares d'une bagnole, jusqu'à la porte d'entrée. J'ouvre,
m'engouffre et arrive dans la petite cour avant d'accéder à l'escalier menant aux appartements. Un silence
de mort, pas un chat, pas un voisin... Je me souviens que Wildren avait donné l'ordre de tous les évacués,
vas savoir où ils ont été emmené... Le plus important, pour l'instant, c'est de me faire la liste de ce que j'ai à
dispo chez moi et de ce que je vais pouvoir emporter. J'y réfléchi tout en montant les marches quatre à
quatre quand, arrivé sur mon palier, à ma droite, je vois l'appartement de ma voisine la porte entrouverte et
j'entends des voix venants tout droit de chez moi !
Merde-credi, me voilà fait comme un rat !
Y a du monde qui s'est invité dans mon antre ! Bon, je peux pas rester là, planté comme un Ficus, faut que
je me planque. Allez, je me faufile dans le studio de la voisine et me cache dans sa salle de bains, en
espérant qu'elle soit pas à poil entrain de prendre une douche. Je te raconte pas le malaise sinon !
Ouf ! Personne.
J'espère que mes « invités » vont pas rester trois plombes à squatter ma roue à hamster...
Environ cinq minutes s'écoulent et je les entends se diriger vers le logement dans lequel je me trouve :


« Font chier avec leurs ordres à la con ! Y a plus personne ici, on a déjà tout vérifié ! Ils nous
prennent vraiment pour des débiles ! »

Apparemment, de ce que j'entends, il y aurait deux hommes à mon étage et l'un d'eux répond à l'autre :


« C'est bon, ferme-la ! Après notre fiesta dans l'bus, tu t'étonnes encore qu'on nous prenne pour des
larbins ? Bah, moi, j'te dis qu'on a eu du bol qu'ils nous aient pas laissé moisir en taule ! Alors, on
applique ces foutus ordres et on fait notre rapport comme de bons petits soldats, un point c'est
tout ! »



« Oui votre Seigneurie ! Toute façon, on peut pas parler avec toi ! »

Mais... ne serait-ce pas ?... Mais si !... Je reconnais leurs voix... Tic et Tac !... Mes compagnons de foire
dans l'bus de l'autre jour ! Oh purée !
Faut pas qu'ils me trouvent, comment je vais faire ?...
Et là patatraque ! La porte de la salle de bains s'ouvre sur mes deux compères qui font un mouvement de
recul en me voyant assis là sur les chiottes !

Tic lance à Tac :


« Merde ! Mais c'est notre copain « Whisky-Gnôle » ! Qu'est-ce tu fous là-dedans mon pote ? »



« Veux-tu bien sortir de là et nous expliquer ce que tu fabriques ici ? »

Me dit Tac tout en m'agrippant et me faisant sortir de la pièce.


« Ecoutez les gars, j'veux pas d'embrouilles ! Je suis venu récupérer quelques affaires et je vous
embête pas plus longtemps ! »



« Hop là, pas si vite mon bon monsieur. Tu sais qu'on a eu pas mal de problème à cause de toi ? Va
pas falloir nous la refaire à l'envers cette fois ! »

Il a fallu que je m'excuse des soucis occasionnés concernant notre cuite dans le bus, tout en leur faisant
remarquer, par ailleurs, que ce n'était pas moi qui avait commencé les hostilités.
Tic :

Tac :


« Ouais, c'est pas faux ! »

« Surtout qu'on a bien rigolé tous les trois ! Roooh la tête à l'envers quand on s'est réveillé le
lendemain en cellule ! Hé hé ! Au fait, je devrais pas te le dire mais tu sais que t'es recherché ? Je
sais pas ce que tu as fait mais ils sont pas très jouasses à l'idée de te courir après. T'as des ennuis
copain ? »



« Bah, pour ne rien vous cacher, un p'tit peu ouais. D'ailleurs vous comptez faire quoi ? »



« Nous ? Que dalle ! On en a rien à foutre ! On nous a ordonné de vérifier si il restait du monde à
embarquer et de les ramener à la base où on t'a emmené l'autre jour. Le reste, c'est pas nos
oignons ! »

Je suis soulagé, heureusement qu'ils ne sont pas à cheval sur le règlement et qu'ils ne sont pas rancuniers
ces deux là ! Cependant Tic, qui me donne l'impression d'avoir soif, me propose un compromit :


« Par contre, on veut bien fermer les yeux et te laisser partir mais il nous faudrait une petite
compensation, si tu vois ce que je veux dire ? »

Pas folle la guêpe et je crois savoir ce qui pourrait leur clore le museau :


« Je vois ! Ça vous dirait si je vous offrais une bouteille chacun de mon puissant élixir ? »



« Ah bah là, si tu nous causes richesse et volupté, nous serions idiots de refuser ! Nous sommes
vos obligés mon bon Sir et nous serons muets comme des taupes ! »

Hein ? Bref, passons...
On aurait dit du Hamlet tellement la tirade fut récitée avec brio. Je leur demande de me suivre dans mes
appartements et leur déniche le trésor si convoité !
D'un coup ils attrapent les boutanches, dé-bouchonnent, s'en collent une bonne lampée dans la tuyauterie et
terminent dans un râle de soulagement tels deux bédouins qui n'auraient pas croisé une oasis depuis des

semaines !
J'ai jamais vu ça ! Des compétiteurs hors catégories !!
Je te passe les embrassades et autres compliments sur ma personne sinon on y passerait des heures.
Surtout que j'en connais un qui est entrain de se faire dessus à m'attendre pendant que je m'improvise
Barman itinérant.
Ils me saluent, déjà à moitié bleus comme des Clochettes des bois, et me laissent enfin seul chez moi !
Plus un bruit. Je souffle...
Je prends un sac de sport ( Tiens, qu'est-ce que ça fout là ça ? ) et je le remplis de conserves en y ajoutant
la dernière gnôle qu'il me reste, faut pas gâcher. Je récupère un réchaud à gaz et tout le matos du parfait
petit campeur. I am ready !
Adieu petit appartement, peut-être nous reverrons-nous un jour...
Je descends rejoindre Wildren qui bouillait à l'intérieur du van. Je fourre tout mon barda dans le coffre et
m'installe à l'avant du véhicule.


« Putain, t'en as mis du temps ! J'ai vu deux agents d'exfiltration complètements bourrés sortir de
chez toi. Je crois que je les connais. Tout va bien ? »



« T'inquiètes, fonce récupérer les autres, je t'expliquerai ! »

Il démarre en trombe et s'arrête à hauteur de l'épave ou se trouvaient, cachés en boule, la petite Lili et
William. Ils montent à l'arrière et Willy boucle la ceinture de la gamine.
Nous partons du quartier...
La nuit tombe peu à peu...
Je vois dans le rétro mon appart' s'éloigner au loin...
Et moi qui n'aime pas voyager...


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