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Journal de confinement JOUR 20 ( en date du dimanche 5 avril 2020 ) trouvé par l'agent de régulation
sanitaire N19 Paul Wildren le 24 décembre 2043 – Top secret authentification n° 29861 – Demande
d'autorisation via numéro de matricule pour autres informations sensibles à la sureté du Block-Etat.

Mon Cher Marcel,
Quand je te disais que c'était le chaos dehors, je ne me trompais pas...
Danny et moi, nous sommes planqués, accroupis, entre la caisse numéro 6 et la numéro 7, deux caddies
remplis ras la gueule. Tous deux, l'arme prête à faire feu, nous tendons l'oreille sur le moindre bruit venant
des rayons.


« Y a du monde, chui pas fou ?! »

Chuchote Danny se redressant légèrement pour surveiller les alentours.
On a entendu des voix provenants du fond du magasin, sans doute de la réserve. Il faut trouver un moyen
de sortir sans éveiller l'attention...
Previously in Confinement Papers !
( Commencer comme ça, c'est classe ou c'est pas classe ? )
Malgré le coup de feu, notre tour de garde du soir se passa sans anicroche. Nous nous attendions à voir
débarquer des militaires, des zombies et pourquoi pas les deux, mais rien à déclarer. A l'aube, Wildren vint
nous relayer et il avait dans l'idée de faire une petite excursion pour récupérer des provisions. On ne
manque de rien mais il valait mieux être prévoyant. William nous rejoignit en expliquant qu'Olivia avait réussi
à faire fonctionner une vieille radio, elle aurait entendu un message tournant en boucle disant à la population
de rester cloitré à son domicile.
La situation aurait dégénéré...
L'annonce radiophonique expliquait que certaines villes subissaient des coupures générales d'électricité et
que l'épidémie avait progressé. Des infectés arpentaient actuellement nos rues à la nuit tombée et qu'il ne
fallait s'en approcher, sous aucun prétexte...
Ah bah merci du tuyaux B12 ! ( Cette phrase est tirée du film culte : Le Grand Détournement, La Classe
Américaine, que je te recommande vivement ! )
On avait pas remarqué ! Par contre, au niveau EDF tout va bien pour l'instant mais il va falloir palier à ce
problème rapidement. D'ailleurs, commencent doucement à me faire chier ces cons là ! Au prix où on paye,
ils pourraient ne pas couper le jus ! Qu'est-ce que c'est que ce service clientèle de merde ?


« J'ai demandé à Olivia si il y avait un supermarché ou quelque chose d'approchant, dans le coin.
Elle m'a répondu qu'il y en avait un à environ cinq kilomètres d'ici. Je propose que Danny et toi vous
alliez faire un tour pendant que Willy et moi montons la garde. Au fait, parmi le stock d'armes, j'ai
trouvé deux talkie-walkies, on pourra donc rester en contact. Ça vous va ? »



« Un peu mon neveu ! »

Que je réponds à Wildren et d'ajouter :


« J'imagine qu'on prend la voiture ? On prendra aussi de l'essence si on peut. Ah ! Dernière chose
et non des moindres : Danny, j'espère que tu as le permis ? Je peux conduire mais qu'en première
ou en marche arrière, à toi de choisir. »

Il me rassure en éclatant de rire, comprenant que les auto-écoles et moi, on n'est pas vraiment potes...

William me regarde de son œil globuleux comme si j'étais un extra-terrestre :


« Quoi, t'as pas le permis ? Sérieux ? »

Tout en m'allumant un clope et pas crédible pour un sou, je lui dis :


« Et ouais ! Que veux-tu, chui un écolo, mec ! »

Et Paul de surenchérir :


« Hey, Nicolas Hulot ! Tu penseras à nous ramener de la salade !? »

Nous partons nous reposer et en début d'après-midi, nous prenons la route. Sur le chemin, je mets la radio
et comme je m'y attendais : des parasites. Danny me dit qu'il y a aucune différence avec la musique de
merde diffusée à longueur de journée... Ah ça, je pourrais pas dire, j'écoute pas la radio et j'ai pas la télé...
Je fouille dans la boite à gants et caché dans le fond, sous un foutoir de paperasse, je déniche un vieil
album de Deep Purple.


« Nom de Dieu ! Tu te rends compte ? Deep Purple In Rock ! Mon album préféré de ce putain de
groupe mec ! »

Ni une, ni deux, j'éjecte Baby Shark, le balance à l'arrière et insère ma trouvaille dans le mange-disques.
Ah ! Extase !! L'album débute par un « Speed King » qui te ferait retrouver l'ouïe à un sourd !
Je veux pas faire mon Thierry Rolland mais j'crois qu'après avoir entendu ça, on peut mourir tranquille. Le
plus tard possible mais on peut.
Et nous voilà comme deux cons à headbanger comme dans Wayne's World. En fait, Danny a les mêmes
gouts musicaux que moi et pendant un kilomètre, nous dissertions sur le jeu de guitare de Slash des Guns
N' Roses. Il osa traiter le Maître de « danseuse » alors que je m'insurgeais en le traitant de tous les noms !
Quand soudain, violent coup de frein de mon conducteur hérétique !


« Merde !... Regarde ! Y a un corps au milieu de la route ! »

Effectivement, à quelques mètres se trouvait, face contre terre un homme gisant dans une marre de sang.


« Attends ! On dirait... Putain, c'est Franck ! »

Je dis à Daniel de rester dans la voiture au cas où quelqu'un déboulerait pour nous infliger le même sort. Je
descends de la caisse sortant mon flingue et j'avance vers le cadavre. C'est bien notre géant abattu d'une
balle dans la nuque !... Je fais signe à mon chauffeur de me rejoindre...


« On peut pas le laisser là... Fait chier ! Il méritait pas ça, c'était un mec bien... »

Danny me demande :


« Qu'est-ce qu'on fait ?... On peut pas le porter, le gars doit faire le poids d'une vache, sans vouloir
paraître insensible hein ! »



« Ouais, je sais... Ecoute, on va le rouler sur le bas côté de la route, on le recouvre de feuillage et on
viendra le récupérer au retour... T'en dis quoi ? »



« Mouais... Sinon on peut demander aux autres de prendre ma bagnole et de venir le chercher. On
est à quoi ? Un kilomètre de la maison ? Y a pas trop de risques. On les attends et on leur filera un
coup de main pour le transporter. »

Sérieusement, je préfère cette option car je nous voyais pas le rouler comme un vulgaire tapis de chez
Saint-Maclou...
Je prends le Talkie et je lance mon appel sur le canal que l'on avait convenu d'utiliser. Dix minutes plus tard,
Will et Paul, la mine déconfite, nous retrouvent près du corps sans vie. Nous l'enroulons dans un drap et le
déposons, non sans mal, dans le coffre de la voiture.
Wildren s'adressant à nous :


« D'après vous, c'est arrivé comment ? »



« Je pense qu'il s'est fait abattre dans le dos par surprise, il était couché sur le sol la tête la
première... Hier soir, pendant que nous montions la garde, on a entendu un coup de feu et je
mettrais ma tête à couper qu'il s'est fait butter par l'autre connard de gueule cassée ! Ça ne peut être
que ce fils de p... ! »

Autant te dire, mon p'tit Marcel, que si on le chope, il va passer un sale quart d'heure !
Nous reprenons la route et je ne peux m'empêcher de penser au petit Bryan qui ne verra plus son père.
L'autoradio, comme un fait exprès, nous joue le meilleur morceau de l'album : « Child in Time »...
Fort à propos...


Nous stoppons la familiale à l'entrée du supermarché. La grille en ferraille empêche quiconque d'y entrer,
nous décidons alors de nous garer à l'arrière du magasin dans l'espoir d'y trouver un accès.
Près du quai de livraison, il y a une porte cadenassée et je pense qu'un bon coup de cric dans sa poire ne
serait pas trop dur à exécuter.
Un mot agrafé à la hâte, nous ordonne de ne pas rentrer pour cause d'infection au Covid19...
Pourquoi ? Le patron a peur qu'on découvre qu'en cas de réouverture, toutes les caissières sont menottées
à leur caisse enregistreuse ? Putain d'esclavagiste, je te l'empalerai sur une des fourches d'un de ces
transpalettes !
Bref, on décadenasse la porte et nous entrons dans la réserve. Impossible d'allumer la lumière, plus de
courant. Dans la pénombre, nous arrivons quand même à tout distinguer. C'est alors qu'un grognement nous
parvient.
Là, derrière des palettes entassées et enroulées de film plastique, se trouvent deux zombies !
Ils portent la tenue réglementaire à l'effigie de l'enseigne et ont sûrement été emprisonnés par leurs
collègues...
Je bondis :


« La vache ! M'ont foutu les boules les deux intermittents de la grande distribution ! »



« Ouais ! Pareil !... En attendant, ils pourront pas nous courir après si on leur pique quelques
articles. »

Me dit Danny se saisissant d'un des deux caddies qui se trouvaient dans l'arrière boutique.
Je prends l'autre qui roule en crabe et nous voilà parti pour faire nos petites emplettes ! L'ambiance est
lugubre, pas une lumière, pas de musique d’ascenseur ! Y a même pas la charmante hôtesse d'accueil
annonçant de sa voix saturée que le petit Philibert attend ses parents à la caisse centrale. Déjà que les
supermarchés, j'ai du mal à y mettre un pied, bah là, ça me donne pas envie de consommer à outrance.
( Non, outrance n'est pas un pays pov' naze ! )

Du coup, pour détendre l'atmosphère, je demande à Danny :


« C'est toi qui à la liste de courses mon chérie ? »



« Oui, mon amour. On se retrouve au rayon bière, vins et spiritueux ! »

Je vais pas te faire la liste complète de ce qu'on a pris mais nos charriots sont bien remplis. Dans ce genre
de magasin y a toujours à l'entrée des articles de jardinage et j'aperçois de loin une grande bâche et des
pelles qui pourraient nous servir à enterrer Franck.
Danny me dit qu'ils ont ce qu'il faut au phare et je lui réponds qu'il vaut mieux avoir trop que pas assez. Nous
nous dirigeons vers les caisses quand un bruit sourd retentit...
...
Nous voilà donc figés comme des statues attendants que les pigeons viennent nous chier dessus !
Aussitôt, nous entendons très distinctement beugler :


« Aaaaah putain ! Mais buttez-les, me regardez pas comme deux cons, ils vont me bouffer !...
MERDE ! ILS M'ONT EU !... AAAAAAAH !... »



« J'suis désolé mon pote, suis désolé... Et vous, AIDEZ-MOI PUTAIN !... »



« Poussez-vous !... J'arrive pas à les viser !... »

Des hurlements mélangés à des grognements, le fracas d'un combat puis quatre coups de feu, nous
tétanisent sur place. Je me reprends et je bondis des caisses en courant comme un dératé pour prêter main
forte aux inconnus. Je n'ai pas eu le temps de réfléchir si amis ou ennemis, je verrai bien sur place !
Arrivé à la réserve, je tombe nez à nez avec le tueur de Franky qui se tenait là, le canon de son arme encore
fumante, devant les deux zombies qui ne feront plus jamais de mal à personne et deux corps de types que
je ne connais pas.
Je reprends ma course et lui assène un bon crochet du droit qui, je l'espère, n'a pas remis sa mâchoire en
place ! Surpris d'avoir pris un taquet venant de nulle part, il s'étale comme une merde molle ! Je récupère
son arme et le braque.
Danny qui a failli se prendre les pieds dans l'amas de cadavre, me dit essoufflé :


« Tiens mais c'est l'autre salopard ! Alors tête de pangolin, les mandibules, ça va mieux ? »

J'attrape le taré par la gorge et le plaque contre un mur en lui appuyant mon arme sur les maxillaires.


« On a un p'tit compte à régler toi et moi ! On a retrouvé Franck sur la route, c'est toi qui lui a fait
sauter le caisson ? »

D'un petit sourire narquois sur ce qu'il lui reste d'une bouche maculée de sang, il me confirme son geste.


« Ouais c'est moi, je n'ai eu qu'à attendre et je lui en ai collé une, derrière sa cervelle de connard
prétentieux ! Et je vais te dire un truc, il paraissait moins grand d'un coup. »

En parlant de coup je lui en colle un, bien placé dans les cotes !
Il se met à tousser à en répandre ses tripes sur le sol !
Mais ça ne l'empêche pas d'être toujours arrogant et le pire, c'est qu'il se marre !


« Tu devrais pas rire face à un gars qui te braque... Tu m'expliques ou je te flingue ! »



« Pauvre con, tu ne sais même pas ce qui se joue en ce moment ! Tu ne pourras pas lui échapper
longtemps et me tuer ne changera rien du tout... »



« De qui tu parles, espèce de psychopathe de mes deux ?! »

Dans un dernier effort il me repousse et en profite pour ingérer une pilule qu'il éclate sous le peu de dents
qu'il lui reste... Il s'écroule et cette fois-ci convulse frénétiquement en bavant sur mes pompes... Il s'est
donné la mort.
Danny rompt le silence et crache sur le corps inerte :


« Cool, il nous fera plus chier ! Ça tombe bien, je ne voulais pas gâcher une balle pour ce
salopard !... On y va ?... »

Nous reprenons nos courses et les déposons dans le coffre de la voiture.
Le trajet du retour fut silencieux et je ne pu m'empêcher de repenser à ses derniers mots...
De qui parlait-il ?...
La voiture garée, nos amis nous donnent un coup de main pour décharger le coffre.
Wildren me voyant soucieux me demande :


« Ça va gamin ? Tout s'est bien passé ?... »

Et comme pour le rassurer, je lui lance un sachet avec un petit sourire forcé :


« Tiens mec... Ta salade !... »

Circonspect, il rattrape la verdure en me regardant rentrer nonchalamment dans la maison...
Je ne parlerai plus de la soirée...


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