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Le cauchemar reprend au Japon et en Chine!
Par Olivier Schmouker
Publié le 07/04/2020 à 08:08

CHRONIQUE. C’est aujourd’hui que le premier ministre Shinzo Abe
doit se résoudre à déclarer l’état d’urgence au Japon, après avoir levé
nombre de mesures de distanciation sociale il y a de cela deux
semaines. À cela doit s’ajouter, dans les prochains jours, un
gigantesque plan de soutien de l’économie de l’archipel, qui est
d’ores et déjà en passe de sombrer dans la récession.

Ainsi, Shinzo Abe est susceptible d'imposer l’état d'urgence pour une durée de six mois dans la grande région
métropolitaine de Tokyo ainsi que dans les préfectures d'Osaka et de Hyogo, dans l'ouest du Japon, d’après le
quotidien japonais Yomiuri. Une mesure radicale assortie d’un programme économique de «plusieurs centaines
de milliards de dollars» dont les détails viendront bientôt, selon Yoshihide Suga, le principal porte-parole du
gouvernement japonais.

L’état d’urgence devrait donner aux gouverneurs le pouvoir d’inciter fortement les gens à rester confinés chez
eux et de fermer toutes les entreprises dont les biens et services ne sont pas jugés essentiels. À noter toutefois
que les gouverneurs ne seraient pas en mesure de contraindre les gens de se plier aux mesures adoptées:
l’application dépendra du bon vouloir des uns et des autres, les instances gouvernementales misant beaucoup
sur la pression des pairs et le respect de l'autorité.

Une telle décision semble bénéficier de l’appui de la population : un sondage dévoilé hier par les médias JNN et
TBS montre que près de 80% des Japonais voient d’un bon oeil la déclaration de l’état d’urgence alors que 12%
estiment que cela n’est pas nécessaire.

D’après les données officielles, seulement 3.500 personnes ont été testées positives à la COVID-19 au Japon et
85 en sont mortes. Cela étant, une brutale poussée des cas a été enregistrée ces derniers jours, les principaux
étant survenus à Tokyo, où l’on dénombre maintenant plus de 1.000 personnes contaminées.

Yuriko Koike, la gouverneure de Tokyo, avait d’ailleurs indiqué la semaine dernière qu'elle était favorable à un
état d'urgence. Car cela l’aiderait grandement à faire respecter les mesures de distanciation sociale, vitales dans
une métropole: elle avait déjà prié ses concitoyens de rester chez eux la fin de semaine, d’éviter les foules
comme les sorties en soirée et même d’effectuer, dans la mesure du possible, du télétravail; mais cela n’avait
guère été respecté par le Tokyoïtes.

C’est que le Japon s’était fié aux messages rassurants en provenance de son voisin chinois, comme quoi la
pandémie était enrayée et les mesures d’exception bientôt levées au fur et à mesure. Et qu’il était convaincu
d’avoir la situation sous contrôle. Mais selon les dires à l'agence de presse Reuters de Kenji Shibuya, directeur,
de l’Institut de santé publique du King’s College de Londres (Grande-Bretagne), «l’augmentation explosive» des
nouveaux cas de ces derniers jours à Tokyo l’a contraint à vite déchanter.

Même la Chine a dû faire marche arrière, et reconnaître du bout des lèvres qu’il était faux d’affirmer qu’il n’y
avait plus aucun nouveau cas de contamination à la COVID-19 sur son territoire.

Hier, la Commission nationale de la santé a révélé que rien que durant la journée de dimanche près de 120
personnes avaient été testées positives au nouveau coronavirus, ce qui porte à 705 le nombre de personnes
officiellement sous observation médicale en Chine. La province du Hubei, l'épicentre originel de la pandémie
mondiale, regroupe à lui seul la moitié de ces nouveaux cas, alors même que le discours officiel soutenait
depuis plusieurs jours que plus aucun cas n’y avait été enregistré depuis le 18 mars.

Wuhan, la capitale du Hubei, devait lever quasiment toutes les mesures de distanciation sociale le 8 avril. Mais
voilà que les autorités de la capitale provinciale viennent de révoquer le statut «sans épidémie» de 45
complexes résidentiels, «en raison de l'émergence de cas asymptomatiques et d'autres raisons non
communiquées», selon un rapport divulgué lundi par l'agence de presse officielle Xinhua. Le statut «sans
épidémie» permettait aux gens de quitter quotidiennement leur domicile pendant un maximum de deux heures
d’affilée, histoire de faire les courses.

Les habitants de la province du Hubei ont vite senti que le vent tournait, que de nouvelles mesures risquaient de
vite survenir. Résultat? Certains d’entre eux ont enfreint les ordres en fin de semaine, et tenté de fuir la province
par tous les moyens. Cela s’est traduit par des accrochages avec les forces policières en différents endroits, le
principal étant à un point de frontière avec le Jiangxi, une province au sud du Hubei.

Pendant ce temps, le comté de Jia, situé dans la province du Henan, au nord du Hubei, a été carrément
barricadé par les autorités chinoises. Car une flambée de nouveaux cas de contamination y a été enregistré, ces
derniers jours, en dépit du fait - soulignons-le encore - que la Chine jurait que tout allait maintenant pour le
mieux sur son territoire depuis la mi-mars.

Ce comté compte 640.000 habitants. Ceux qui logent dans des complexes résidentiels ne peuvent plus en sortir,
si ce n’est pour vite faire des courses. Toute personne qui sort de son logement doit pouvoir produire une pièce
d’identité, porter un masque et se soumettre à un test de température. Quant à la circulation automobile, elle est
pratiquement interdite.

Les autorités locales ont en effet réalisé que les «porteurs furtifs» du virus - ceux qui ne présentent pas de
symptôme de la maladie, mais sont pourtant contaminants - jouent un rôle «démesuré» dans la propagation du
pathogène. Et elles pensent que la recrudescence subite proviendrait de trois médecins du comté qui ont

récemment passé une soirée au restaurant ensemble, l’un d’entre eux ayant été donner un coup de main au
système de santé de la province voisine du Hubei. Comme quoi, il a suffi du manque de vigilance d’une
personne pour que la situation de tout un comté bascule...

PLUS : La Chine redémarre, et c'est une très mauvaise nouvelle!

*****

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l'actualité économique à la lumière des grands penseurs d'hier et d'aujourd'hui, quitte à renverser quelques
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