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À tous ceux qui sont morts tués injustement par la police française et dont on connait le nom, à
tous ceux qui sont morts tués injustement par la police française et dont on ne connait pas le
nom, à tous ceux qu’elle a blessé, violenté, insulté lors des manifestations ou de contrôles
d’identités, ou dans n’importe quel cadre où elle a outrepassé ses droits,
Contre le projet de loi d’Éric Ciotti visant à interdire la prise et diffusion de vidéos sur lesquelles
apparaissent des policiers, contre les tendances du monde actuel à la précipitation, à la vanité,
au refus de la réflexion et de l’intelligence, à la militarisation, à la policisation, à l’oppression, au
mensonge.
a.
En tant qu’être humain, quels sont mes désirs les plus profonds ? On peut donner deux réponses
à cette question. La première, idéale et angélique, serait « la paix, le bonheur, le calme et le
repos ». La seconde, plus réelle, se servirait plutôt de ces mots : « le pouvoir, la force, la raison,
ma justice ». Nous sommes les témoins aujourd’hui, et allons le devenir de plus en plus, d’une
confrontation entre deux formes de pouvoir antithétiques. Celle de la police, de l’appareil politique
et économique qui l’arme et gouverne le monde contre les individus et les communautés qui
subissent la domination injuste de ces deux appareils conjoints. On comprend que c’est un
combat inéquitable que la masse des individus dominés livre à d’autres individus qui travaillent
pour les institutions créatrices et maîtres des lois qui s’appliquent soi-disant à tous et avec
lesquelles elle vont condamner ceux qu’elles auront appréhendé.
Il y a derrière ce combat le désir de vraie justice pour les morts, leur famille et surtout les vivants
et ceux à venir et d’égalité qui sera revendiqué d’autant plus violemment qu’elle se révèle être un
mythe depuis des années déjà. On ne construit pas une humanité libre et stable sans l’avoir
libérée au préalable de ses démons. À cette fin, la première étape est de nommer en toute
honnêteté les vices de l’homme et de les combattre. Ce n’est pas un travail à faire ici mais à
l’intérieur des communautés, par les membres de celles-ci qui sont oppressées ou maintenues
sous la domination d’un pouvoir extérieur de force. Certains ne se reconnaissent pas dans cette
quête, soif du pouvoir et de la domination. Ils ne sont pas ceux à qui s’adressent ce texte.
Certains souhaitent la paix, la première réponse uniquement. Malheureusement pour eux, face à
tout pouvoir conquérant, la passivité perd face à l’activité du combat et, à un certain point, de la
guerre.
Quand on prétend, comme beaucoup aujourd’hui, être révolté, conscient des abus de langage
des discours officiels politiques, médiatiques et économiques et de leurs exactions et que l’on ne
prend la parole que pour les morts américains, c’est-à-dire pour une cause moralement
incontestable, irréprochable et irrécusable puisque n’étant pas américain, on a perdu d’avance. Il
est fascinant de constater le pouvoir toujours très fort de l’aura esthétique et médiatique des
États-Unis, fascinant de constater que la réalité se vit plus facilement et clairement par la
procuration d’Internet qu’activement, quotidiennement, non enjolivée par les techniques visuelles
américaines. Il est plus facile de gagner du crédit en tant que contestataire pour des protestations
louables et s’accompagnant du prestige, du sérieux et de l’irréalité de tout ce qui entoure les
affaires américaines en France que de dénoncer les exactions, brimades, humiliations, morts que
cause la police française et ceux qui la gouvernent.
Tous les habitants de France sont concernés par la question de la violence policière et surtout les
Noirs, les Mahgrebins, les immigrants, les femmes, les manifestants, les pauvres, les clochards,