C'est un tout.pdf


Aperçu du fichier PDF cest-un-tout.pdf

Page 1 2 3 4 5 6 7




Aperçu texte


tous ceux qui, pour des raisons que je ne peux imaginer, racisme, bêtise, impuissance, sexisme,
peuvent tenir pour certain d’être un jour la cible de la violences de policiers. Dans le même texte
qui dénonce l’organisation de la police en tant que bras armé des politiques répressives des
communautés non conformes à la minorité au pouvoir il est nécessaire de souligner aussi qu’elle
est une force qui, malgré son histoire et sa fonction, est utile et nécessaire en certains cas. Il est
facile d’appeler à la mort des policiers mais il y a des cas où personne d’autre ne vous aidera
qu’eux. C’est ici que la question se complique. Être juste envers ceux qui pratiquent bien le métier
n’empêche pas de l’être avec ceux qui ne le sont pas et de dire que les véritables problèmes sont
l’impunité dont ils jouissent, la culture et les valeurs policières, le pouvoir qui se sert d’eux.
Citoyen, le policier qui harcèle, brime, frappe, casse, tue illégalement, c’est-à-dire injustement,
doit être puni pour ses actions. Pareil avec les politiciens, pareil avec les hommes d’affaire, pareil
avec tout dirigeant qui, de fait, se place au-dessus de la loi. Le problème c’est l’offense, la
contradiction flagrante au raisonnement qui affirme que « la loi est la même pour tous », maxime
qui est la cause et le fondement de notre République, en même temps que le modérateur du
consentement à l’inégalité économique. L’inégalité devant la loi est désormais prouvée de
manière si évidente que le modérateur ne joue plus son rôle. De plus, tout le monde sait
aujourd’hui que de l’inégalité économique découle toutes les autres inégalités. Enfin, tout le
monde sait aussi que la police ne travaille pas en majorité avec les gens riches mais plutôt pour
eux. Le cercle de l’inégalité profonde est bouclé et le terme injustice devient un euphémisme pour
cacher un système qui se nourrit depuis toujours des vies et du travail des moins défendables
pour assurer le luxe des plus intouchables. Toutes les époques ont dû en être conscientes, la
nôtre tente actuellement de s’emparer frontalement du problème. Dire ceci n’empêche pas non
plus de dire que la majorité des policiers est violente, raciste et tend vers l’extrême-droite chaque
année un peu plus. Il n’y a d’ailleurs rien dans le métier qui enjoigne à pencher vers les idées dites
de gauche comme quand elles ne sont qu’humaines, réalistes et étayées par une montagne de
faits, vidéos et enquêtes.
Il faut être solidaire de chaque personne broyée par un enchaînement d’évènements, de
circonstances, de préjugés et faiblesses historiques s’achevant dans les mains d’un agent de
l’ordre public hiérarchique inconscient des mécanismes qui agissent à son insu dans son
jugement et ses actions. Qu’il soit policier, juge, banquier, fonctionnaire administratif, directeur
d’entreprise, qu’importe. C’est un tout qu’il faut accuser, un tout à qui il faut s’en prendre, celui du
monde moderne tel qu’il nous est demandé de ne pas le remettre en question, de ne pas le
critiquer. Ressentir de la colère ne doit pas empêcher de l’étayer par la pensée et la patience, la
réflexion et l’application à soi-même et à ses proches des principes que la colère nous révèle. Je
crois qu’il vaut la peine, en même temps que de s’attaquer qu’aux symptômes, quand on traite
une maladie, de courir après son origine et, en priorité, de cibler celle-ci.
Crier et attaquer sont des actions commune à tous les animaux. Construire un système
suffisament intelligent et sensible pour intégrer à la fois l’empathie afin de protéger autrui et la
force afin de se protéger lui-même n’est possible qu’à l’être humain. Se prétendre écologiste,
comme la majorité d’entre nous le fait, ou au moins conscient des destructions naturelles causées
par mes propres besoins et désirs matériels et simultanément ne penser qu’à l’annihilation des
structures sociales sans anticiper les conséquences de cette destruction est une contradiction
lourde de conséquences. Se précipiter vers la vengeance laisse plus qu’on ne le croit la porte
ouverte à une riposte que l’on payera longtemps car on ne s’y sera pas préparé. Ce ne sont pas à