C'est un tout.pdf


Aperçu du fichier PDF cest-un-tout.pdf

Page 1 2 3 4 5 6 7




Aperçu texte


la temporisation ou à l’oubli que ce texte appelle mais à une reflexion individuelle et collective
quant à ce qui remplacera le système actuel, à une maitrise des pulsions instinctives de
destruction et de violences qui mènent, nous l’avons tous vu, durant des évènements comme les
manifestations, à des personnes en frappant d’autres car elles ne partagent pas leurs idées.
Combattre un ennemi ne peut se faire en adoptant la même brutalité et stupidité que lui, car les
mêmes moyens aboutissent aux mêmes fins.
Il me semble que, malgré tout, beaucoup, y compris moi, sont en contradiction permanente entre
leurs idées et leurs actes. Peut-être est-ce même la définition première de tout révolté, quel que
soit son degré de révolte, jusqu’à ce qu’il ait abouti dans ses combats et instauré le monde qu’il
désire car quel qu’il soit il est enfant de l’organisation qu’il combat. La pluralité et la diversité des
fronts sur lesquels il faudrait mener une dure bataille à mort est la cause cette contradiction. La
lutte écologiste est incompatible, dans les termes et les faits et si l’on compte être intègre, avec
l’utilisation massive d’internet et de la vidéo comme moyen de diffusion des idées progressistes
politiques et économiques. Notre nourriture, nos vêtements, nos véhicules mêmes sont en
contradiction avec nos idées. Combien d’entre nous sont prêts à assumer entièrement les
conséquences logiques et morales de nos révoltes ? Aujourd’hui, une infime portion mais demain
certainement plus et après-demain plus encore. Il est logique et juste aujourd’hui de commencer
par s’en prendre à la police, mais il faut tenir compte que derrière les hommes en bleu se tiennent
des hommes en costumes possédant un arsenal répressif bien plus complet que les poings, les
balles et les insultes d’un policier.
b.
Qu’on prenne parti, fait et cause pour les oppressés, c’est naturel. Qu’on se précipite à céder
manifestement sa raison personnelle pour suivre un mouvement qui comble notre sensation de
manque de sens et de repères stables, c’est une faute personnelle. Il y a, autant dans le
mouvement contestataire que dans le conservateur, des moutons et des idiots qui ne cherchent
qu’à combler leurs manques et des figures individuelles qui ne cherchent que leur propre lumière.
Qu’on se révolte pour la belle attitude que cela donne alors qu’on ne sait ni ce que l’on dit ni ce
que l’on fait, qu’on a pas conscience de l’origine ni de la réalité de ce dont on parle, qu’on se
révolte sur Internet et qu’on parle rapidement sans réflechir sont des actes dérisoires, nocifs et à
contre-coup. Se révolter contre la police signifie se révolter contre les ordres qu’elle reçoit, la
manière dont elle est structurée, son histoire, à qui elle répond, de quel système idéologique, de
quelles valeurs elle est tirée. Cela c’est attaquer la racine. L’intelligence et l’information
constituent à ce titre les richesses les plus précieuses d’une révolte. Tirer à l’aveugle ne permet
pas de tuer son adversaire, tout au mieux de le blesser. Qui veut se dire révolutionnaire,
anarchiste, antifa ou simplement contestataire se devrait de comprendre le réseau de relations
entre les institutions et qu’elles forment un tout qui se renouvelle chaque jour et accouche du
monde tel qu’il est chaque jour à nouveau ; un tout qui se découvre chaque jour à un nouvel
endroit, contrôlant chaque jour de nouveaux secteurs, formant chaque jour de nouvelles alliances.
Qu’on prenne pour exemple Black Rock, Vanguard, les conglomérats médiatiques, les entreprises
énergétiques, les mafias, etc.
D’un côté, le premier sujet à étudier, la police, la justice, les politiciens, les médias, les banques,
les fonds d’investissement, les grandes entreprises, bref le tissu des alliances et sujetions entre
ceux qui gouvernent le monde, entre absolument tous les groupes qui ont un intérêt à la
préservation de l’ordre social et économique actuel. De l’autre, la police uniquement, les