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Nom original: REVUE DE PRESSE MADAGASCAR - JUIN 2020.pdfAuteur: Michalet

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MADAGASCAR
REVUE DE PRESSE - JUIN 2020
Sommaire
POLITIQUE ........................................................................................................................................................ 1


Lutte contre le Covid-19 - Controverses sur le Covis-Organics ............................................................ 1



La « diplomatie sanitaire » d’Andry Rajoelina ..................................................................................... 10



Affaires nationales ............................................................................................................................... 11



Diplomatie - Iles Eparses ..................................................................................................................... 15

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE .......................................................................................................... 15


Insécurité, dahalo, justice populaire, enlèvements .............................................................................. 15



Justice, situation carcérale .................................................................................................................. 16



Gouvernance ....................................................................................................................................... 19



Droits des femmes, violences basées sur le genre ............................................................................. 20



Droits des enfants, éducation .............................................................................................................. 21



Santé, handicap ................................................................................................................................... 21



Médias, communication ....................................................................................................................... 22

ÉCONOMIE - SOCIAL ..................................................................................................................................... 23


Ressources naturelles ......................................................................................................................... 23



Environnement, aménagement............................................................................................................ 25



Coopération, bailleurs de fonds ........................................................................................................... 26



Economie - Social ................................................................................................................................ 27

POLITIQUE
 Lutte contre le Covid-19 - Controverses sur le Covis-Organics1
01/06 – 36 nouveaux confirmés. 10 sont localisés à Antananarivo, 2 à Toamasina et 11 à Taolagnaro.
Le pays compte 826 cas et 6 morts. L'état d'urgence sanitaire est prolongé de quinze jours. Des mesures renforcées ont été décidées pour la région Atsinanana, devenue le principal foyer de contagion. 50
renforts médicaux militaires composés de médecins et de paramédicaux débarquent dans la ville portuaire.
La région est désormais fermée, de même que la région Sava. Les cours qui avaient repris il y a un mois et
demi sont à nouveau suspendus. Dans le territoire voisin de l’Alaotra Mangoro, les restrictions des deux dernières semaines se poursuivent. Aucune mesure n'est annoncée pour la région Anosy qui compte 18 cas
actifs. A Antananarivo, les règles sont allégées. Les commerces peuvent rester ouverts jusqu’à 15h. Le secteur
privé est toujours dans l’attente d’un plan de relance, qui n’a pas encore été détaillé par le président. Le couvrefeu de 21h à 4h du matin est maintenu dans tout le pays. Les habitants de la région Haute Matsiatra, qui ne
compte plus de cas actifs, peuvent reprendre leurs activités mais les rassemblements de plus de 50 personnes
restent interdits.
Devant un parterre d’une vingtaine d’invités et de deux journalistes, Andry Rajoelina s’est voulu rassurant. «
Même si le nombre de personnes infectées ne cesse d’augmenter, nous pouvons dire que nous maitrisons
l’épidémie », a-t-il déclaré avant d’annoncer le début d’essais cliniques d’injections à base d’artemisia avec le
soutien de l’OMS.
780 Comoriens sont en attente de rapatriement dont 630 à Antananarivo et 150 à Mahajanga.

1

Cf RMC - 22/05 - Nicolas Poincaré : Le remède miracle du président de Madagascar - https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/nicolas-poincare-le-remede-miracle-du-president-de-madagascar-2205-1249336.html (vidéo - 3’36)

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02/06 - Le paiement du « Tosika Fameno » est achevé pour la commune d’Antananarivo. Près de 40
000 ménages ont bénéficié de ce plan d’urgence sociale. 9 876 plaintes ont été déposées, dont 7 478 ont
été vérifiées et traitées ; les 2 398 restantes sont en cours de traitement. L’initiative est mise en œuvre par le
FID, le PAM, le Pnud et d’autres partenaires. Les paiements sont en cours pour Toamasina, Fianarantsoa et
les communes environnantes d’Antananarivo. Avec la déclaration du confinement total, la région Atsinanana
va se retrouver dans une situation critique. 42.000 ménages répartis dans deux communes et 150 fokontany
devraient bénéficier du « Tosika Fameno » dans le Grand port. 47 400 ménages sont déjà pré-enregistrés.
Fianarantsoa devrait compter près de 23 000 bénéficiaires.
André Rasolo, professeur de sociologie politique, milite pour la mise en place d’un Comité de salut
public composé de tous les anciens présidents et des chefs d’institution en exercice. Il serait présidé
par le président de la République. Quatre commissions techniques seraient à lui adjoindre pour le social,
l’éducation, le tourisme, le commerce et l’industrie. Le Comité aurait pour mission de mobiliser tous les Malgaches face à la pandémie.
Les chefs d’Eglises du FFKM condamnent les dérapages survenus durant ces trois mois de crise sanitaire, notamment le manque de transparence dans la gestion des aides, les abus de pouvoir, la corruption,
les incitations à la haine. « Tout le monde est responsable derrière ces maux, notamment les gouvernants et
les gouvernés » ont-ils soutenu.
Covid Organics : on s’éloigne un peu plus de la gratuité, titre La Gazette qui note qu’auparavant on
pouvait s’en procurer gratuitement. « Actuellement on assiste à une commercialisation de ce ‘tambavy’. A
terme, on craint même qu’on veuille faire du profit sur la vente de la tisane. Actuellement, pour les plus défavorisés, même la somme de 1.500 Ar pour une bouteille est tout simplement difficile à trouver. Ainsi, nombreux
sont ceux qui réclament la distribution gratuite et sans condition de ce remède. Pour une partie de l’opinion
publique, si l’on a encore les moyens d’en donner gratuitement aux autres pays africains, on devrait d’abord
prioriser la population malgache qui est déjà en difficulté ».
Le chauffeur de l’ambulance du CHU Joseph Raseta Befelatanana, appréhendé à Antsirabe, a été placé
sous mandat de dépôt à la maison centrale d’Antanimora dans l’attente de son jugement. La décision a
été prise par le Pôle anti-corruption suite au transfert de son dossier par la gendarmerie. Le chauffeur a été
pris en flagrant délit de recherche de passagers à transporter clandestinement pour Antananarivo. Abus de
pouvoir, corruption et non-respect des mesures sanitaires figurent parmi les chefs d’inculpation.
1 256 ressortissants malgaches bloqués à l’étranger, selon le ministre des affaires étrangères. Des
travailleurs en mission, des étudiants, des touristes, des expatriés ne peuvent pas rentrer au pays depuis la
suspension des liaisons aériennes le 14 mars. Les ressortissants malgaches et les étrangers résidents avaient
jusqu’au 19 mars pour revenir sur la Grande île. Ceux qui n’ont pas réussi à prendre des vols entre temps sont
restés bloqués. Aucune opération de rapatriement n’a eu lieu depuis malgré des demandes formulées en ce
sens.
03/06 - 19 nouveaux cas annoncés, 5 sont localisés à Fénérive Est, 5 à Toamasina, 2 à Moramanga, 2
à Antananarivo. 9 patients développent une forme grave.
La commune d’Alakamisy Fenoarivo enregistre 13 cas contacts. Parmi les personnes contaminées, des commerçants du marché et des étudiants qui ont côtoyé nombre d’habitants. Plus l’épidémie se propage, plus un
climat anxiogène s’empare de la population. Le maire réclame des tests de dépistage de masse.
Le déconfinement progressif se poursuit à Antananarivo et dans les régions qui ne sont pas touchées par le
Covid-19. Certaines écoles privées ont décidé de reprendre progressivement les cours pour les enfants
des classes intermédiaires. Une décision motivée par la nécessité de percevoir de nouveau les écolages
permettant de régler le salaire des enseignants. S’ajoute à cela l’inquiétude des parents qui ne souhaitent pas
une année blanche pour leurs enfants. Avec l’appui des responsables de l’éducation nationale, le directeur de
l’Office national des écoles privées (ONEP), Marcellin Tsarasidy, a entrepris des négociations avec ces établissements pour les convaincre de maintenir la suspension des cours. Seule une décision gouvernementale
peut en effet autoriser la reprise des cours pour toutes les classes.
Déplacements maritimes illicites - Un avion et cinq bateaux militaires ont pour mission de contrecarrer
toute immigration inter-frontalière et déplacement inter-régional prohibés. L’armée a mis en place dans
le Nord-Est et le Nord-Ouest des zones maritimes de protection et d’intervention contre le coronavirus. Nosy
Be est également tenu à l’œil ainsi que Toamasina et le canal des Pangalanes. Pour la flottille du Nord-Ouest,
des résultats positifs sont enregistrés. En quelques jours, trois tentatives ont été déjouées. Sur le canal des
Pangalanes, 27 personnes ont été interceptées.
703 marins malgaches sont bloqués à l’étranger après la rupture de leur contrat de travail.
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Un haut fonctionnaire français à la retraite demande à Emmanuel Macron de faire rentrer au Panthéon
le Dr Jean-Jacques Razafindranazy. Cet urgentiste malgache à la retraite est le premier médecin mort du
coronavirus en France. Il exerçait aux urgences de Compiègne, dans l'Oise où il prêtait main-forte à ses collègues et confrères médecins.
04/06 - 63 nouveaux cas recensés. 33 sont localisés à Toamasina, 5 à Moramanga, 3 dans la ville d’Antananarivo. 908 cas de contamination ont été recensés depuis le 19 mars.
Lors de la rencontre entre les députés et le ministre de l’intérieur, Tinaharivelo Razafimahefa, plusieurs élus
ont réclamé la distribution du CVO dans leur circonscription afin de lutter en amont contre la pandémie. Le
ministre a indiqué vouloir prioriser les districts où l’on détecte des cas positifs.
Deux taxi-be avec 23 passagers qui tentaient de sortir de la région Analamanga ont été interceptés par les
forces de l’ordre. Les deux véhicules ont été mis en fourrière.
Haro sur la stigmatisation des patients et des « supposés malades. » Les patients atteints du Covid-19
sont devenus de véritables ennemis publics dans leur quartier et au-delà. Même guéries, les personnes atteintes sont devenues indésirables au sein de leur communauté. Certaines ont failli voir leur domicile incendié,
s’alarme Vololontiana Hanta, porte-parole du Centre de commandement opérationnel (CCO) Covid-19. « La
peur de l’exclusion sociale est très présente. Les gens mentent lorsqu’on leur demande s’ils ont eu des contacts ou non avec des personnes atteintes de la maladie », déplore pour sa part un agent du ministère de la
santé en mission à Toamasina, sur la piste des personnes contacts. « L’exclusion sociale commence à miner
la vie dans la capitale des Betsimisaraka », constate-t-il. La peur alimente les rumeurs sur les réseaux sociaux
quant à l’existence de décès cachés. Les chiffres officiels du CCO sont mis en doute
Toamasina : vives altercations entre les forces de l'ordre et la population. Les grenades lacrymogènes
ont répondu aux jets de pierre. Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur ces incidents. Les manifestants entendaient exprimer leur mécontentement face aux mesures de confinement et à la situation qui
prévaut dans la ville. Un barrage de fortune a été érigé sur la route menant à l’un des centres aménagés pour
prendre en charge les malades du Covid-19. Un individu a été retrouvé blessé et inconscient au niveau du
barrage, ce qui a attisé la colère de la foule. Les réseaux sociaux ont annoncé son décès, rumeur démentie
par la gendarmerie. Dès le début du confinement, des manifestations répétées de la population ont lieu à
Toamasina, notamment à l’initiative des tireurs de cyclo-pousse et des conducteurs de bajaj. Les étudiants de
l’université sont descendus dans les rues durant deux jours pour demander une aide sociale et le paiement
des arriérés de bourse de cinq mois.
05/06 - « La tension monte à Tamatave, entre pandémie et grogne sociale », titre RFI. Beaucoup estiment
que la suspension d’exploitation récente pour cause de pandémie d’Ambatovy, qui fait vivre plusieurs milliers
de ménages, risque d’avoir des répercussions sur le tissu économique de la ville. Ses nombreux prestataires
sont en train de lui emboîter le pas. Des milliers de salariés pourraient être au chômage partiel ou total. Le
député et ancien maire de la ville, Roland Ratsiraka, tacle le pouvoir : « Lorsque vous dites aux gens ‘lavezvous les mains’, on n’est pas en France ou à Maurice ! La majorité de la population de Tana et de Tamatave
n’a pas accès à l’eau courante. Elle est obligée de sortir faire la queue pour accéder à l’eau. Lorsque vous
dites ‘lavez-vous les mains’, il faut du savon non ? Comment pouvez-vous vous procurer du savon sans travailler ? Qui peut m’expliquer ça ? » Et d’ajouter : « ici, la riposte [à la pandémie], elle est contre la population,
contre les médecins qui n’acceptent pas le Covid-Organics, la riposte elle est contre ceux qui osent parler.
Nos médecins sont traumatisés. Nulle part dans le monde, on a une gestion de crise où on arrête les médecins,
où on leur fait peur et où on les menace. Ça n’existe que chez nous ! Le gouvernement se trompe de combat.
C’est la population de Tamatave qui devient l’ennemie, et c’est pour ça qu’on nous a envoyé des véhicules
blindés. Ils ne sont pas venus faire une riposte au Covid-19. Ils sont venus mater une population qui est déjà
en difficulté. Pour dire ‘ne sortez pas de chez vous’. Tout est politisé. On en est arrivé à mélanger la santé
avec la politique. » Le député vient d’interpeller l’Etat pour réclamer plus de transparence et la vérité sur le
nombre réels de morts causés par l’épidémie.
05/06 - 49 nouveaux cas confirmés, dont 28 à Toamasina. Un nouveau cas de décès lié au coronavirus,
le premier dans la capitale. Il s’agit d’une femme enceinte, testée positive, qui était en traitement au centre
hospitalier de référence de district à Anosiavaratra. Les médecins ont dû procéder à une césarienne pour
sauver le bébé.
Toute personne prise pour non-respect du couvre-feu sera systématiquement placée en garde-à-vue
et fera l'objet d'un examen de situation, annonce le directeur général de la police nationale. Avant d'être relâchés, ces personnes devront effectuer des travaux d'intérêt général. Les récalcitrants au port du masque
pourraient se voir appliquer le même traitement.
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Les députés contestent les mesures restrictives de circulation qui leur sont imposées. Ils jouissent
pourtant d’une dérogation qui leur permet, ainsi que les sénateurs, de franchir les frontières intérieures pour
se rendre dans leur circonscription et de véhiculer trois personnes (l’élu, le chauffeur et un garde du corps).
Les élus font valoir que leur conjoint et leurs enfants risquent de rester bloqués dans la capitale. Ils ont obtenu
l’autorisation d’embarquer un 4e passager mis il leur est demandé d’éviter de faire d’incessants allers-retours,
afin de limiter les risques de propagation de la maladie. Corruption, népotisme, favoritisme, faux et usage de
faux ont largement mis à mal les règles relatives aux interdictions de circulation, déplorent les médias…
A l'issue des enquêtes réalisées par les bailleurs de fonds, près de 128 000 ménages d'Antananarivo
ont été identifiés comme vulnérables pour bénéficier du « Tosika Fameno ». Face aux nombreuses doléances, la commune a accordé 10 jours supplémentaires à ceux qui estiment avoir été exclus et à ceux qui
souhaitent signaler des anomalies dans le cadre de cette opération de soutien financier pour déposer leur
plainte au niveau des arrondissements. Face au mécontentement grandissant, la mairie a mis en place des
urnes à doléances pour réviser ses listes.
Les violences domestiques et conjugales et la maltraitance envers les enfants se multiplient durant le
confinement, selon le contrôleur général de police Dany Marius Rakotozanany. 175 cas de violence basée
sur le genre ont été enregistrés durant le confinement. « Nous pouvons dire que ce chiffre est très élevé. Il y
a différentes sortes de violences rencontrées comme le viol, le mauvais traitement infligé aux enfants, les
tortures physiques sur des femmes et des enfants, et surtout l’abandon du père de famille de toutes ses
charges et obligations envers sa famille. Ce dernier cas est prépondérant face à tous les autres », explique-til. Diverses ONG de protection de l’enfance ainsi que des associations similaires ont constaté une augmentation du taux des violences et agressions en ligne sur les réseaux sociaux.
06/06 - Le sénateur de Toamasina Jean Rémi Rafidiarison dénonce le comportement des 240 militaires
envoyées en renfort. « Ces militaires se montrent agressifs envers la population », affirme-t-il, ce qui serait
à l’origine des échauffourées qui se sont produites de ces derniers jours. « La population de Toamasina n’est
pas têtue comme on le prétend, c’est la faim qui pousse la population à se réagir. Il faut plutôt lui donner à
manger », lance-t-il.
Le gouverneur de la région Menabe décrète la mobilisation générale à Belo sur Tsiribihina pour stopper les migrations incontrôlées en provenance de l'Est et du Nord pour fuir le Covid-19. Les migrations
s’opèrent via le port d’Andranomasay. Les chefs fokontany et les fokonolona ont été responsabilisés et sensibilisés aux risque encourus.
Trois nouveaux vols spéciaux sont programmés pour le rapatriement de ressortissants français. 180
passagers quitteront la Grande île les 12 et 13 juin. Un ATR de la compagnie nationale embarquera ceux qui
se situent à Antananarivo, Mahajanga, Nosy Be et Antsiranana afin de rejoindre La Réunion. « La décision
des étrangers de quitter Madagascar montre à tel point les impacts de la crise sanitaire sont dommageables
sur certains secteurs », s’alarme L’Express. 4 500 Européens, pour la plupart des Français, ont déjà rejoint
l’Europe depuis le début de la crise sanitaire. 2 000 autres Français veulent encore quitter le pays.
07/06 - 51 nouveaux cas confirmés, portant le nombre de personnes contaminées à 1 026 depuis le 19
mars. Les nouveaux cas de coronavirus sont situés à Toamasina (22) et à Antananarivo (28), le dernier dans
la Haute Matsiatra. Un 8e décès est signalé.
Le gouvernement prévoit le rapatriement des Malgaches bloqués à l’étranger. « Les critères établis dans
le cadre de cette coordination tiennent compte de la situation de vulnérabilité et de précarité de chaque individu
», indique le communiqué du ministère des affaires étrangères. Actuellement, 1 254 ressortissants rempiraient
ces critères. Il s’agit de touristes, de travailleurs en mission, de marins, d’étudiants, d’expatriés. Parmi eux
figurent les 703 marins de MSC et Princess Cruise qui ont déjà interpellé le gouvernement sur leur situation
précaire. « Leur rapatriement implique la mobilisation d’un dispositif logistique pour leur mise en confinement
dans des locaux contrôlés par l’État et de stricts suivis médicaux », rapporte le communiqué.
07/06 - 164 travailleuses malgaches au Koweït ont été rapatriées. Toutes mesures sanitaires ont été
prises, annonce le Centre de Commandement opérationnel Covid-19. Ces rapatriements auraient dû s’effectuer à la demande du gouvernement koweïtien avant le 30 avril. Un appel avait été lancé à toutes les pays
pour qu’ils rapatrient leurs ressortissants. Ces derniers temps, les travailleurs étrangers ont été pris pour cible
par la population locale, considérés comme étant à l’origine de la propagation du coronavirus dans le pays.
Pour diverses raisons, le gouvernement malgache a dû négocier l’ajournement de ces retours auprès des
dirigeants koweïtiens. Ils ont enfin été rendus possibles grâce à la contribution de l’OIM et de l’OIT. Cette
décision de rapatriement est tombée quelques jours après l’annonce faite par le ministère des affaires étrangères de vouloir, enfin, rapatrier les ressortissants malgaches se trouvant dans différents pays.
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« La plupart de ces femmes sont sans papier depuis le mois de mars et étaient victimes d’agressions physiques et verbales, ce qui a obligé certaines d’entre elles à prendre la fuite, d’autres ont été victimes de trafic
humain », explique Virginie Rahelisoa, représentante du ministère des affaires étrangères. Leur situation de
vulnérabilité a ainsi permis leur rapatriement en priorité. Les sites d’hébergement des femmes migrantes rapatriées du Koweït bénéficient de l’appui du Système des Nations unies.
08/06 - Toamasina, considéré comme le premier foyer du Covid-19, a enregistré deux nouveaux décès.
Des personnes souffrant de diabète et d’hypertension. Le seuil des mille cas a été franchi avec 77
nouveaux cas enregistrés. Ces derniers temps, les cas positifs à Antananarivo connaissent une progression
par rapport à ceux de Toamasina. « Le nombre de cas de contamination révélés par les tests effectués par
l’IPM et les différents laboratoires de la place ne semble plus à étonner les Malgaches, écrit Midi. Le constat
est cependant effrayant : la propagation du virus se fait rapidement. On frémit à l’idée que si on pouvait faire
des tests par dizaines de milliers, on s’apercevrait que la pandémie est en train de gagner du terrain. (…) Le
non-respect des recommandations faites régulièrement a entraîné cette explosion des cas contacts. Les autorités ont aussi leur part de responsabilité puisqu’elles ont laissé se former des attroupements de population
voulant recevoir les aides financières. Le raidissement des mesures qu’elles ont édictées est intervenu après,
mais le mal était fait. »
Le député de Toamasina, Roland Ratsiraka, soutient que la situation sanitaire liée au Covid-19 n'est
pas maîtrisée. Il en veut pour preuve l’augmentation des nouveaux cas et des décès. Intervenant sur des
radios privées, il a appelé le gouvernement à faire preuve de transparence, surtout en matière de statistiques
de décès à Toamasina et à Antananarivo.
09/06 - « Nous avons faim. Venez à notre aide ! ». C’est le cri de détresse lancé par les transporteurs
nationaux et régionaux lors d’une manifestation qu’ils ont tenue devant une gare routière de la capitale. « Nous, transporteurs, guichetiers et propriétaires de véhicules de transport en commun demandons la
réouverture de toutes les gares routières pour que nous puissions payer nos loyers. Voilà déjà trois mois que
nos activités sont suspendues à cause du Covid-19 et nous n’avons reçu aucune aide de la part de l’Etat pour
supporter nos charges quotidiennes. Nous ne revendiquons plus d’aide humanitaire, mais voulons reprendre
nos activités », soutient le porte-parole. Le directeur général de l’Agence de transport terrestre leur a opposé
une fin de non-recevoir.
Les paramédicaux haussent le ton. Ils annoncent la tenue d’un mouvement en vue d’alerter les autorités
sur la nécessité de « protéger la vie de tout le personnel soignant et de trouver des solutions efficaces pour
battre l’ennemi commun qu’est la Covid-19 ». Dénonçant l’insuffisance des moyens de protection ayant conduit à la contamination d’une vingtaine de leurs pairs ainsi que le partage inéquitable des primes, ils revendiquent, entre autres, « la formation du personnel soignant, des équipements de protection individuelle ». Ils
souhaitent également être mieux motivés dans l’exercice de leurs fonctions.
10/06 - « Les deux piliers du régime de Rajoelina jugent la potion trop amère », écrit La LOI. « La goutte
de tisane qui fait déborder le vase ». Depuis le début de la pandémie de Covid-19 le divorce entre Andry
Rajoelina et son plus proche conseiller, le puissant businessman Mamy Ravatomanga, serait consommé.
Face à la forte recrudescence du Covid-19 qui provoque d'importants mouvements sociaux et aggrave le
marasme économique, il a pris ses distances avec un président jugé trop préoccupé par la promotion de son
remède traditionnel contre le virus. D'autres soutiens de la première heure se sont eux aussi mis en retrait. Ce
serait notamment le cas d’un autre pilier du régime, le businessman, ex-ministre des affaires étrangères et
désormais maire d'Antananarivo, Naina Andriantsitohaina, lui aussi très proche de Ravatomanga. Les deux
hommes, anciens partenaires en affaires, se sont retrouvés le 3 mai pour évoquer l'avenir du gouvernement
de Rajoelina. Le ministre de l'aménagement du territoire, Hajo Andrianainarivelo, s'est joint aux deux hommes
d’affaires. Il est le président du parti MMM dont le ralliement a constitué un soutien de poids à la coalition
d’Andry Rajoelina. A l'instar de ses deux collègues, il craint d'être emporté par la chute d'un Rajoelina en
difficulté pour gérer la crise économique, politique et sanitaire à laquelle il fait face. C'est l'attachement du
président à son remède, le Covid-Organics (CVO), qui serait à l'origine de la brouille. La distribution depuis la
fin avril de ce remède - dont l'efficacité n'a pas été prouvée scientifiquement - n'a finalement pas permis de
contenir le virus. L'entêtement du président pour la promotion du CVO inquiète son entourage.
11/06 - Crise sanitaire - La société civile plaide en faveur de l’accès à l’eau potable. 57 % de la population
n’a pas accès à une source d’eau améliorée. Quatre sur cinq personnes de ces 57 % boivent de l’eau contaminée par des matières fécales, a rappelé devant les sénateurs l’Organisation de la société civile eau, assainissement et hygiène (OSCEAH). Des chiffres décrits comme alarmants dans le contexte de lutte contre le
Covid-19 qui nécessite de strictes mesures d’hygiène. « Le budget de l’eau assainissement et hygiène a connu
une baisse dans le cadre de la loi des finances initiale puisque le budget affecté n’est que de 1,58 %. Alors
qu’on est en pleine pandémie », dénonce Arsène Raveloson, président de l’OSCEAH.
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12/06 - 41 nouveaux cas confirmés. 882 patients sont en cours de traitement dont huit présentent une
forme grave. 22 nouvelles contaminations sont localisées à Toamasina. Douze personnes ont été testées
positives à Antananarivo, 5 à Fénérive Est.
Grogne des parents par rapport aux dispositions contraignantes imposées par certaines écoles privées de la capitale et des périphéries. Depuis quelques semaines, elles ont pris l’initiative d’envoyer les
cours aux élèves des classes intermédiaires. Une disposition qui n’est pas sans contrepartie. En retour, elles
exigent des parents de régler les frais de scolarité depuis le mois d’avril. Certaines ont repris les cours en
exigeant le règlement des arriérés de frais de scolarité, d’autres menacent de ne pas réinscrire les élèves dont
les parents n’auront pas payé ces arriérés. Les parents protestent également contre l’obligation faite aux
élèves de retourner en classe, nonobstant la suspension des cours décrétée par le gouvernement.
Malgré l’interdiction stricte de rejoindre les régions confinées, nombreux arrivent à déjouer les contrôles et parviennent à destination. Alors que les autorisations de circuler, hormis pour cause de funérailles,
d’évacuation sanitaire ou d’ordre de mission claire pour les agents de l’État ne sont plus délivrées, nombreux
trouvent encore le moyen de parvenir à Antananarivo ou de quitter la ville par des moyens détournés. Le
Centre de commandement opérationnel Covid-19 avait pourtant décrété le 17 mai « qu’aucune autorisation
de circuler ne devrait plus être valable », sauf pour les exceptions citées plus haut. Cinq cents voitures seraient
cependant entrées et sorties de la région depuis cette date.
13/06 - 27 nouveaux cas, dont 17 nouvelles contaminations dans la capitale. La porte-parole du CCOCovid-19 a souligné que le nombre de guérisons est en progression (344 à ce jour). Les paramédicaux
alertent sur le fait que les chiffres officiels publiés ne reflètent pas la réalité. Le nombre de contaminés serait
très supérieur si des tests massifs étaient effectués. A ce jour, Madagascar a réalisé 15 148 tests de dépistage.
Environ soixante soignants ont été contaminés depuis le début de l’épidémie. Un meeting des paramédicaux s’est tenu dans plusieurs régions. L’objectif était de réclamer l’envoi d’équipements complets de protection pour tous les agents de santé ainsi qu’une formation sur leur utilisation. Ils ont également revendiqué
la même prime de risque pour tous les membres du corps de la santé qui sont confrontés à la maladie. A
Antananarivo, le meeting prévu dans l’enceinte de l’hôpital HJRA n’a pas été autorisé par la direction. Le
président des paramédicaux a évoqué les risques encourus pour la santé mentale des personnels.
14/06 - Nouvelle prolongation de 15 jours de l'état d'urgence sanitaire. Le premier décret a été adopté le
21 mars et prolongé cinq fois. 22 nouveaux cas confirmés de Covid 19 ont été rapportés. 881 patients sont en
traitement, dont 9 malades développant une forme grave de la maladie. 13 patients ont été guéris grâce à la
prise du Covid-Organics, selon la Pr Hanta Vololontiana.
15/06 - Le déconfinement total est annoncé sur toute l’île à l'exception de 4 districts et de la région
Analamanga. Andry Rajoelina soutient que l’épidémie est maîtrisée, en comparaison des autres pays,
tout en soulignant que la Grande île est toujours au stade 1 de l’épidémie. Le couvre-feu est levé à l’exception
des zones précitées. L’interdiction de regroupement de plus de 50 personnes est maintenue. Concernant
l’éducation, il n’y aura pas de reprise des cours pour l’instant. Les transports en commun nationaux et régionaux restent suspendus dans les zones touchées par la maladie. Midi note que « la distanciation sociale, elle
est complètement ignorée un peu partout » dans la capitale. Le port du masque semble suffire aux uns et aux
autres pour se protéger, y compris dans les transports en commun, bondés. Les forces de l’ordre semblent
avoir renoncé au rappel à l’ordre et aux sanctions.
Andry Rajoelina a annoncé qu’une usine de production de Covid-Organics en gélules (ou Cov+) sera
bientôt construite. « Une nouvelle présentation du tambavy CVO sera fabriquée par une usine dénommée
‘Pharmalagasy’. Cette nouvelle usine sera bâtie ce mois ou le mois prochain. ». 100 tonnes de matériels et
d’équipements destinées à sa construction seront acheminées par un avion-cargo spécial. La forme gélules
sera ainsi la 4e présentation de ce « remède ». 354 malades du Covid-19 auraient déjà été guéris par ce
produit.
Le CVO+, sera mis en vente sur le marché national mais aussi international a annoncé Andry Rajoelina
à la réception du matériel débarqué d’un appareil d’Etihad [dont on passe sous silence la provenance].
Un bataillon d’ingénieurs étrangers accompagnait la cargaison. Ils auront pour mission de mettre en route les
installations dans les meilleurs délais. La société Bionexx sera le premier fournisseur en matière première de
Pharmalagasy. Outre la production de la gélule Cov+, la société devrait être en mesure de produire « douze
sortes de médicaments d’ici trois ans », selon le chef de l’Etat. « Nous sommes prêts à faire face à la concurrence internationale, aux Big Pharma », a-t-il lancé. Le capital de la société Pharmalagasy sera ouvert aux
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investisseurs et aux petits porteurs. Celle-ci n’appartiendra pas à 100 % à l’Etat. Andry Rajoelina n’a pas
révélé quels sont les principaux investisseurs de la société.
16/06 - Une délégation du RMDM a déposé une plainte à l’encontre d’« un haut responsable de l’Etat »,
au nom de la plateforme de l’opposition, pour « violence morale ». Cette personne a tenu des propos
jugés intolérables : « si vous n’aimez pas le médicament malagasy, n’en prenez pas et n’en donnez pas à vos
enfants et que la maladie vous atteigne mais n’empêchez pas les autres de le faire ! Que Dieu vous bénisse
et que la porte du paradis vous soit directement ouverte ! » Le RMDM trouve injuste de laisser un tel acte sans
suite, alors qu’un simple citoyen qui a posté son avis sur les réseaux sociaux a été arrêté et jeté en prison,
allusion à une récente affaire la journaliste Arphine Rahelisoa.
17/06 - Le Pr Vololontiana annonce 27 nouveaux cas et le décès de deux patients traités au CHU Befelatanana. 27 nouveaux cas et 33 guérisons sont également rapportés. 28 ont été traité au CVO.12 personnes
ont succombé au coronavirus depuis le mois de mars, dont 3 à Antananarivo et 9 à Toamasina. Trois nouveaux
cas positifs ont été découverts à Mahajanga.
Une nouvelle vague d’employés d’Ambatovy a quitté le pays à bord d’un vol spécial d’Air Madagascar à destination de Doha au Qatar.
18/06 - 61 nouveaux cas confirmés de Covid-19. 52 sont localisés à Antananarivo dont tous les quartiers sont désormais affectés. 917 patients sont en cours en traitement. L’île de Sainte-Marie est touchée à
son tour.
En une heure, 775 personnes ont été interpellées par les autorités pour ne pas avoir mis les masques de
protection, rapporte la page Facebook de la région Boeny. Le port est devenu obligatoire dans la capitale de
cette région. Comme cela a été le cas dans la capitale, les contrevenants sont sanctionnés par des travaux
d’intérêt général.
La présidence a fait part des nouvelles instructions pour faciliter la distribution et la commercialisation
du Tambavy CVO à l’échelle nationale. « L’efficacité du Covid-Organics est désormais prouvée », a-t-il affirmé. Désormais, l’ensemble des responsables étatiques et représentants de l’Etat dans tout Madagascar
seront mobilisés pour cette mission en collaboration avec l’IMRA.
Pour la CNIDH, les droits sociaux ne sont pas respectés. Le confinement, notamment, ne permet plus à
la population de subvenir à ses besoins. La mauvaise répartition des « Vatsy Tsinjo » et « Tosika Fameno »
est pointée du doigt. Certaines personnes vulnérables ont été laissées pour compte. La Commission souligne
qu’elle a reçu l’accréditation de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme pour livrer
le compte-rendu de ses observations.
19/06 - A Toamasina, les autorités ont réquisitionné trois bâtiments, représentant environ 200 places,
pour isoler de force les individus positifs au coronavirus, bien qu’asymptomatiques, relate Jeune
Afrique. Ils sont là pour deux ou trois semaines, sans indemnité, mais nourris et logés sur des lits de camp.
Les autorités cherchent ainsi à casser les chaînes de contamination. Et c’est la police qui se charge de retrouver les récalcitrants au confinement. Ils sont 183 à être recherchés. « Les structures répondent aux normes
sanitaires et aux droits humains, affirme Thierry Rajaona Lauret, procureur de la République et membre du
comité stratégique du Centre régional de commandement opérationnel Covid-19. Certes, c’est une privation
de liberté, mais on lutte contre une maladie contagieuse. Nous sommes dans notre bon droit. » Le président
Andry Rajoelina lui-même avait insisté sur la « fermeté » et « la rigueur » nécessaires aux mesures de riposte
sanitaire lors d’un déplacement dans la ville le 26 mai.
Les malades retenus dans les sites extrahospitaliers de Toamasina haussent le ton. Ils dénoncent la
trop longue attente des résultats de leurs tests et les mauvaises conditions de prise en charge. Certains ont
tenté de s’échapper ou menacent de le faire. Le gouverneur de la région Atsinanana a assuré qu’une centaine
de résultats de tests allaient arriver à Toamasina, permettant aux malades d’être fixés sur leur sort. Certains
malades sont consignés avec leurs enfants depuis plus de 3 semaines et ne bénéficient d’aucun traitement.
De retour dans la capitale après avoir servi dans la région Atsinanana, épicentre du Covid-19, 300
militaires ont été mis en quarantaine. Les tests sont en cours. Les onze véhicules qui les ont ramenés ont
été désinfectés. L’Etat Major avait déployé 500 de ses éléments dans le Grand port. Les deux cents autres
éléments du bataillon sont encore à Toamasina. Ils devront également passer les tests et suivre une mise en
quarantaine.

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Selon un rapport de la police nationale, plus de 25 000 récalcitrants ont été sanctionnées depuis l’obligation faite à la population de porter un masque. 42 000 personnes ont été sensibilisées et la police nationale est présente au niveau de 221 barrages sanitaires.
Des tests pourraient d’ici peu être disponibles au niveau de toutes les régions avec le soutien des
Nations unies. « Nous allons continuer à appuyer le pays de manière à ce que la réponse soit plus décentralisée et pour qu’on puisse prochainement, au niveau de toutes les régions, faire des tests et obtenir les résultats sur place », a annoncé Charlotte Faty Ndiaye, représentante résidente par intérim. Les tests seront disponibles dans toutes les régions, y compris celles qui ne sont pas encore touchées par la pandémie.
Appel au secours de 140 étudiants bloqués en France. Ils ont engagé en vain de nombreuses démarches
pour obtenir leur rapatriement. Leur situation matérielle serait préoccupante et une incertitude pèse sur la
prolongation de leurs droits au séjour. Le ministère des affaires étrangères admet que leur rapatriement est
un défi difficile à relever pour des raisons financières et logistiques.
20/06 - Un grand nombre d’enseignants de différentes écoles privées de Toamasina sont descendus
dans la rue pour réclamer le retour en classes de leurs élèves. « Nous sommes affamés. Nous avons
besoin d’aide sociale », ont lancé les manifestants. « Contrairement à tous les élèves en classes d’examen
de tout Madagascar, ceux de la région Atsinanana ne sont pas autorisés à reprendre leurs cours », déplore
un enseignant. Les autorités locales ont promis d’offrir cinq tonnes de riz aux établissements scolaires concernés.
21/06 - Fermeture de frontière - Les rapatriements se multiplient. Un appareil d’Air Mauritius a rapatrié à
Maurice 126 de ses ressortissants. L’île ne compte plus aucun cas actif de Covid-19 depuis le mois de mai.
60 Européens qui séjournaient à Sainte-Marie ont pu pouvoir rejoindre La Réunion à bord d’un appareil d’Air
Madagascar. Des Sri Lankais ont pu également quitter le pays. Un appareil d’Air France doit rapatrier 350
Européens, des touristes et des personnes qui ont des problèmes de santé. Des Malgaches bloqués en Europe et en Asie, attendent toujours leur rapatriement. Ils demandent au gouvernement d’accélérer les procédures.
Commentaire de Midi : « A-t-on pensé, un moment seulement, pur quelle raison l’étranger montre tant d’empressement à rapatrier ses compatriotes ? Par manque de confiance en notre système sanitaire parce que
redoutant encore une embellie du mal ? Parce que comme disent les prévisionnistes français, cette pandémie
va démontrer la défaillance des Etats fragiles comme le nôtre, et va entraîner nécessairement un chamboulement au niveau de la gouvernance et qu’il vaut mieux rapatrier, attendre et voir ? »
22/06 - 153 nouveaux cas en 2 jours. Un record absolu depuis le début de l'épidémie. Les villes les plus
touchées sont Antananarivo où plus de 70 nouveaux cas ont été dépistés mais aussi Toamasina qui reste une
zone rouge. Le Covid-19 a fait une quatorzième victime. Le nombre des guérisons augmente. Les autorités
mettent cette tendance en partie sur le compte du Covid- Organics.
La conclusion de l’éditorialiste de Tribune sur le Covid Organics2. « On peut croire à la réalité thérapeutique des traitements à base d’Artemisia annua ou afra contre le Coronavirus. On peut avoir envie d’y croire.
Mais on aurait aimé plus de vigilance, dans ce qui relève d’un problème de santé publique. Distribuer en
grande masse ce produit, pourquoi pas dans l’absolu ? Mais dans l’opacité qui entoure le CVO, avec ses
posologies approximatives qui ne peuvent, faute de protocole scientifique, s’appliquer à tous, avec ses problèmes d’interactions non documentés, avec ses effets secondaires non documentés, faute là encore de protocoles de tests aboutis a minima, il est possible que la distribution massive du produit ait des effets pervers
… massifs … Il serait regrettable que la distribution du Covid Organics fasse plus de dégâts visibles que la
pandémie elle-même. On aurait juste aimé, quand il s’agit de la survie des plus démunis, trouver un peu plus
de sérieux, de rigueur organisationnelle et scientifique, de responsabilité, de transparence, de respect des
gens… Et pas seulement la preuve de capacités d’improvisation, de communication… On aurait juste aimé
ne pas avoir en tête le désagréable sentiment qu’il n’y a là encore qu’affaire de manipulation politique des
populations et des opinions qui surfent sur des nationalismes ou des africanismes primaires… On aurait juste
aimé ne pas avoir en tête le désagréable sentiment qu’il n’y a là encore qu’affaire gros sous… Et que dire face
à ce cirque quand on constate que le paludisme a affecté un 1 016 327 personnes à Madagascar, dont 657ont
péri… Dont on ne dit rien… Alors même qu’on aurait sous la main un traitement. »
23/06 - 44 nouveaux cas ont été comptabilisés, on déplore un décès. Afin de limiter la propagation du
coronavirus, le Pr Hanta Vololontiana a préconisé la suspension jusqu'à nouvel des visites dans les centres
hospitaliers. Trois cas positifs ont été recensés parmi les Mauriciens rapatriés de Madagascar.
2

https://www.madagascar-tribune.com/Les-chroniques-de-Ragidro-Artemisia-Artemisinine-Covid-Organics.html
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La hausse du nombre des personnes contaminées suit, visiblement, la cadence de celle du nombre de tests
effectués. L’aggravation de la situation coïncide avec le déconfinement progressif dans les localités les plus
touchées que sont Antananarivo et Toamasina. Bien que l’état d’urgence sanitaire soit toujours en vigueur, le
relâchement est généralisé.
L’arrestation des personnes contrevenant au port du masque sera possible, selon le général Elack Olivier Andriankaja, coordonnateur du Centre de commandement opérationnel de lutte contre le Covid-19, admettant que le suivi de l’exécution de travaux d’intérêt général des personnes récalcitrantes ne donne pas
satisfaction. Si les travaux de nettoyage des rues ne sont plus efficaces, des sanctions plus sévères devront
être mises en place immédiatement, annonce-t-il.
24/06 - 84 nouveaux cas positifs sont rapportés ce jour, dont 83 sont localisés à Antananarivo. On
compte 15 décès depuis le début de la pandémie. La contamination s’accélère à Antananarivo alors
qu’elle semble ralentir à Toamasina.
L’inquiétude grandit face à la rapide propagation du coronavirus. L’ambassade de France s’active et
multiplie les opérations de rapatriement de ressortissants français et européens. Des vols au départ de
Toliara, Taolagnaro et Antananarivo sont prévus avec Tsaradia et Air France, à destination de la Réunion ou
de Paris. Les listes de passagers sont gérées par l’ambassade. La possibilité d’un vol hebdomadaire de rapatriement vers Paris jusqu’à fin août serait à l’étude.
96 ressortissants malgaches bloqués en Inde, particulièrement à New Dehli et Bombai, renouvellent leurs
appels de détresse aux autorités. Bon nombre d’entre eux sont venus en Inde pour des transplantations d’organes, notamment de reins.
Inauguré par Andry Rajoelina, le Laboratoire d’analyses médicales malagasy (LA2M) est désormais
opérationnel. Ce sera le premier à effectuer le dépistage de toutes les maladies épidémiques : le Covid-19
mais aussi la peste, le choléra, la tuberculose, le paludisme, le VIH/Sida. Le LA2M a été équipé de matériels
qui permettront d’effectuer 384 tests en une seule fois, si les existants à ce jour, ne peuvent en effectuer que
94. La barre de plus de 1 000 tests par jour sera atteinte en addition avec ceux effectués avec les laboratoires
partenaires tels que l’IPM, le CICM et celui de l’HJRA. Les résultats des tests effectués pourront être obtenus
dans un délai de 72 heures. Les analyses réalisées au sein du LA2M seront gratuites. Ces dernières semaines,
les trois laboratoires de biologie médicale habilités à réaliser les tests du Covid-19 ont été débordés suite à la
multiplication des cas contacts, ce qui a engendré des retards dans la communication des résultats et a impliqué le prolongement de l’hospitalisation de certains patients. Le pays a réalisé 19 027 tests depuis le début
de l’épidémie, un taux de détection encore très faible par rapport à d’autres pays.
25/06 - 63 nouvelles contaminations sur 459 tests réalisés. Un taux de positivité préoccupant. Un nouveau décès porte à 16 le nombre de patients morts du coronavirus. Il s’agit d’une femme médecin à Ste Marie
hospitalisée à Toamasina. Elle est le troisième agent de santé à avoir succombé dans la lutte contre le coronavirus. Le premier était le gérant du parking d’un hôpital de Toamasina, le deuxième le médecin-chef du CSB
« Hopitalikely » de Toamasina, retrouvé pendu au CHU après avoir été confirmé positif au Covid-19.
Infecté par le Covid-19, le CHU JRA d’Antananarivo ferme des blocs opératoires. Une quinzaine d’agents
de santé seraient positifs et sont en cours de traitement. Des résultats d’analyse récents attestent que d’autres
agents sont porteurs du virus : paramédicaux, biologistes, internes, femmes de ménages et es brancardiers,
la plupart employés en réanimation. Les personnels dénoncent la défaillance alarmante de l’offre de vêtements
de protection et de tests de dépistage.
29/06 - Pour la journée du 28 juin, le bilan de l’épidémie fait état de 73 nouveaux cas. 66 sont localisés
dans la région Analamanga. Deux nouveaux décès sont annoncés, ce qui porte le nombre total à 18. La barre
des 2 000 cas a été franchie.
L’une des nouvelles victimes est le Dr Saina Rambinintsoa, médecin du bureau de l’OMS à Madagascar.
L'état d'urgence sanitaire est prolongé de quinze jours, pour la 8e fois. La hausse du nombre de cas
était « prévue », explique le premier ministre, après la phase de déconfinement partiel enclenchée il y a
deux mois. Christian Ntsay reconnaît toutefois que de nombreux Malgaches ne savent pas où se rendre lorsqu'ils doutent de leur état de santé et que le processus de tests prend trop de temps. Un centre de dépistage
sera ouvert au Village Voara à Andohatapenaka dans la capitale. Il sera ouvert 24H/24 et 7J/7 et les tests
seront gratuits. L'hospitalisation des personnes positives n'est plus obligatoire en raison de la saturation des
services, une décision qui fait craindre un relâchement. Les mesures sanitaires restent inchangées pour Analamanga. Allègement des règles en revanche pour Toamasina et les districts voisins de Moramanga et Fénérive-Est. Tout comme dans la capitale, les habitants peuvent désormais travailler jusqu'à 17h et les transports
fonctionner jusqu'à 19h mais le couvre-feu est maintenu de 22h à 4h du matin. Les agents de l’Etat considérés
comme vulnérables sont autorisés à ne pas se rendre sur leur lieu de travail. Les élèves en classe d'examen
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vont pouvoir reprendre les cours, les examens auront lieu à une date qui n’est pas encore arrêtée. Ces allègements arrivent alors que les gestes barrières sont moins suivis par une partie de la population. Les rassemblements de plus de 50 personnes demeurent encore interdits.
30/06 - 60 nouveaux cas positifs et deux nouveaux décès. Madagascar compte 1 152 cas actifs, dont
48 cas graves, dont le nombre a subitement augmenté.
A Antananarivo, 43 taxis-be ont été mis en fourrière, 78 chauffeurs et aides-chauffeur et 70 autres habitants
ont été placés en garde à vue pour non-respect des gestes barrières et des mesures sanitaires. 338 véhicules
sur les 3 158 contrôlés ont été refoulés au niveau des barrages sanitaires dans les périphéries d'Antananarivo.
Les forces de l’ordre ont reçu des consignes très strictes pour lutter contre le relâchement qui se généralise.
A cet effet des « cellules d’intervention rapide » ont été mises sur pied, afin de pourchasser les récalcitrants
dans les quartiers et les zones peu accessibles.
Des internes en médecine du CHU Joseph Ravoahangy Andrianavalona se sont mis en grève pour protester
contre le manque d’équipements de protection individuelle. Ils réclament également le versement d’une indemnité de risque.
Quatre personnes ont été placées sous mandat de dépôt et 11 personnes ont obtenu une liberté provisoire
dans une affaire de production et de commercialisation de faux Covid Organics à Toamasina.

 La « diplomatie sanitaire » d’Andry Rajoelina
01/06 - Les essais cliniques du 3e protocole de traitement du Covid-19, qui associe deux médicaments
injectables, seront réalisés à Madagascar et dans d'autres pays en Afrique. Des médecins et spécialistes
malgaches encadreront ces travaux dont les résultats devront être connus d'ici 15 jours, annonce le président
de la République. Madagascar dispose de trois protocoles pour traiter le Covid-19, rappelle-t-il, à savoir l'hydroxychloroquine et l'azithromycine, le remède traditionnel amélioré CVO Covid Organics et une injection qui
est l'association de deux médicaments existants. Le Pr Luc Rakotovao est l’un des instigateurs du troisième
protocole. Lors de son déplacement à Toamasina le 26 mai, Andry Rajoelina avait notamment déclaré que
« ce troisième protocole est né d’une collaboration mise en place depuis un mois et demi. (…) Parmi les pays
africains, Madagascar sera le premier à le proposer. Des professeurs-chercheurs malgaches, de l’université
de l’île Maurice, mais aussi des oncologues de Thaïlande et des Etats-Unis participent. Ce protocole est déjà
inscrit dans ce que l’on appelle le Solidarity Trial en Afrique. »
04/06 - Les Emirats Arabes Unis ont exprimé son souhait d’acheter du CVO afin de mieux lutter contre le
Covid-19. Il leur a été expliqué que Madagascar n’en vend pas mais peut en offrir. Ainsi, 10 000 doses leur
ont été offert, en échange de 7 tonnes de matériels médicaux qui ont été livrées par avion-cargo. Les Emirats
Arabes Unis sont le premier pays hors d’Afrique qui bénéficie du Covid-Organics, se félicite Midi.
11/06 - Le Tchad confirme son intérêt pour le Covid Organics. Un mois après avoir reçu son premier
lot de CVO, le pays d’Idriss Deby envoie un deuxième avion récupérer 20 000 nouvelles doses préventives et curatives. Le 4 juin, le ministre tchadien de la santé, a indiqué que « le Covid Organics a été donné
à certaines personnes qui ne supportaient pas la chloroquine et que cela a eu des résultats, sans effet négatif
». Il a parlé de « 34 personnes qui ont été soignées à 100 % avec les antibiotiques et le Covid Organics »,
même si selon lui, « il est trop tôt pour les cliniciens de donner des conclusions dès maintenant. » Le ministre
des affaires étrangères n’a pas indiqué si ce second lot est toujours un don de Madagascar, ou s’il s’agit cette
fois-ci d’un achat.
Selon Midi, plusieurs autres pays envisageraient aussi de passer commande. On ignore le prix de vente
du Covid-Organics à l’international. Le chef de l’Etat a annoncé que la recette sera versée à l’IMRA, aux
scientifiques et aux chercheurs malgaches. Le chef de la délégation tchadienne a déclaré que le Tchad est à
la disposition de Madagascar pour pratiquer des essais cliniques sur le protocole de la solution injectable.
09/06 - La région Itasy s'est fixée comme objectif de cultiver l'artemisia annua sur plus de 1000 hectares
dans ses trois districts pour faire face à la demande croissante de Covid-Organics.
11/06 - Le 3e protocole de traitement proposé aux malades du Covid-19 est l’Artésunate associé à la
vitamine C. Proposé dans le cadre d’un essai clinique, le protocole est enregistré depuis le 29 mai
dans le registre panafricain des essais cliniques. Comme annoncé par Andry Rajoelina, les essais se
feront sur 60 personnes. Le gouvernement malgache est le commanditaire principal de l’essai et c’est le professeur Luc Rakotovao, spécialiste en hématologie, qui est le chercheur principal. Les collaborateurs dans le
cadre de l’essai clinique viennent de Maurice, des Etats-Unis et de la Thaïlande. L’étude, selon le registre
d’enregistrement, « sera réalisée dans le village de Voara situé à Andohatapenaka qui est un site développé
par l’État malgache spécifiquement pour accueillir cet essai clinique ». Le traitement durera sept jours sur
chaque patient âgé de 18 à 70 ans. L’Express rappelle que d’après la Constitution « il est interdit de soumettre
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une personne, sans son libre consentement, à une expérience médicale ou scientifique. Le ministre des affaires étrangères a rappelé l’importance qu’il attache à la coopération des pays africains pour des essais
cliniques à grande échelle de la solution injectable.
14/06 - Au Nigéria, les essais sont toujours en cours pour s'assurer de l'efficacité du Covid Organics,
indique le ministre de la santé. Les doses, don de Madagascar, ont été remises au Nigéria par le président de
la Guinée-Bissau qui avait affrété un avion à Madagascar au mois de mai.

 Affaires nationales
02/06 - Le dépôt du projet de loi de finances rectificative se fait attendre. Des organisations de la société civile haussent le ton. Impliquées dans le suivi budgétaire, elles rappellent qu’elles se battent depuis
plusieurs années pour que le projet de loi de finances soit rendu accessible au public en même temps que
son dépôt au Parlement, qu’il soit déposé dans un délai raisonnable pour permettre la tenue de débats sérieux
et constructifs entre l’exécutif, le législatif et les citoyens avant son adoption et que les recommandations de
la société civile et du secteur privé qui sont communiquées à l’Assemblée et au Sénat soient écoutées et
prises en compte. Le Sénat regrette lui aussi de ne pas encore avoir reçu le texte de loi alors que les délais
sont comptés. La presse rappelle qu’en raison d’une situation comparable la loi de finances initiale avait été
promulguée par voie d’ordonnance, la session parlementaire étant parvenue à son terme alors que les discussions n’avaient pas encore abouti.
20/06 - Le CCOC réclame la mise à la disposition du public des documents complets sur la loi de
finances rectificative, notamment les annexes. Ces documents permettent d’avoir des détails sur l’utilisation de l’argent public, notamment les allocations accordées par les partenaires techniques et financiers. L’Etat
est appelé à jouer la carte de la transparence en publiant ces éléments.
23/06 - Les trois annexes cruciales réclamées par la société civile et les députés sur la loi de finances
rectificative ont été publiées par le ministère de l'économie et des finances. L’économiste David Rakoto,
président du Cercle de réflexion des économistes, observe qu’« il y a beaucoup plus de fonds alloués aux
investissements publics dans les infrastructures plutôt qu'aux secteurs sociaux, comme l'éducation et la santé.
(…) Si l’Etat augmentait de 10 % les dépenses dans l'éducation par rapport à la situation actuelle, on pourrait
gagner jusqu’à 3,5 % de PIB », estime-t-il. Faraniaina Ramarosaona, en charge des questions de corruption
au sein de la plateforme Rohy, a quant à elle noté une nouvelle coupe drastique pour les organismes de lutte
contre ce fléau. Le Bianco, notamment, voit son budget diminué de 520 000 dollars. Elle déplore par ailleurs
« un manque de transparence dans le corps de la loi sur les fonds alloués à la lutte contre le Covid-19. ».
25/06 - La loi de finances rectificative votée sans amendements par l’Assemblée nationale, en un temps
record. Seuls les neuf députés du TIM présents se sont abstenus. Le texte attend encore l’aval de la Chambre
haute. Pour L’Express, le fait que le projet de loi prévoit des projets à démarrer « dans tous les districts », a
emporté la décision des élus, qui n’ont pas jugé utile de débattre de son contenu. « La célérité des députés
dans l’adoption d’un projet de loi des finances n’est pas un fait nouveau dans le pays », observe Tribune.
Dans l’attente de la réception du texte de loi, le Sénat a tenu une séance de travail avec les membres du
mouvement Rohy et le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes, entités de la société civile très
actives dans la promotion de la bonne gouvernance et de la transparence.
06/06 - Le Sénat, en difficulté financière. La question a été débattue à huis clos entre les sénateurs et
des membres du gouvernement. Le budget du Sénat avait été une des raisons du désaccord avec l’Assemblée nationale durant la session budgétaire d’octobre à décembre 2019. Ce qui avait amené l’exécutif à mettre
en vigueur par ordonnance la loi de finances initiale. L’exécutif se justifie en expliquant avoir tenu compte dans
son budget de la décision prise par ordonnance présidentielle de réduire à 18 le nombre des membres du
Sénat. Une décision validée par la HCC le 25 mai 2019. Le pouvoir avait, un temps, eu l’intention de l’appliquer
en déclenchant des élections sénatoriales anticipées durant le second semestre 2020. La réduction de l’effectif
de sénateurs ne devait être qu’une étape vers la disparition du Sénat inscrite dans les promesses de campagne d’Andry Rajoelina. Les intentions présidentielles ont, toutefois, été douchées par un avis de la HCC qui,
dans un avis du 25 avril 2019, a indiqué que le président de la République ne peut pas soumettre le vote d’un
texte constitutionnel par voie référendaire.
Lors de cette rencontre des sénateurs ont interpelé le pouvoir sur le dossier « Base Toliara » ainsi que sur la
location de 100 000 ha de terrains dans le Bas-Mangoky à des investisseurs du Golfe.
05/06 - Rijasoa Iarintsambatra Andriamanana Josoa n’est plus la ministre de l’éducation nationale. Elle
a, notamment, été secouée par l’affaire des 8 milliards Ar qui auraient été affectés à l’achat de sucettes
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pour accompagner le Covid-Organics distribué aux élèves. Arrivée au sein du gouvernement de Christian
Ntsay lors du remaniement du 29 janvier, elle n’aura donc tenu que quatre mois. L’affaire avait secouée l’opinion publique et l’onde de choc s’était répandue jusqu’à l’Assemblée. L’ex-ministre s’était défendue en indiquant que les crédits avaient été engagés mais que l’achat n’avait pas été conclu car jugé non prioritaire. Des
cartons de friandises avaient pourtant été découverts dans les locaux du ministère et des écoles avaient déjà
été approvisionnées. Les médias s’interrogent : comment peut-on autoriser l’octroi d’un marché public d’une
telle somme par une procédure de gré à gré ? L’urgence sanitaire ne doit en aucun cas permettre une dérogation aux règles de passation de marché public, estime L’Express. « Au lieu de démontrer son innocence ou
de s’excuser, elle s’est enfoncée en déclarant qu’elle avait quitté une rémunération en dollars US pour percevoir des ariary », écrit La Gazette. « La question est désormais de savoir si Rijasoa Andriamanana va retourner
à son ancien poste à l’étranger pour pouvoir profiter de ses… dollars », écrit Midi.
Rijasoa Josoa Andriamanana est la seconde ministre de l’éducation limogée depuis l’accession d’Andry Rajoelina au pouvoir. Elle succédait à Marie-Thérèse Volahaingo, mise en cause dans sa mauvaise gestion de
distribution des primes de fin d’année dans son département ministériel (affaire dite des « paniers garnis »).
L’Express rapporte que des réactions sur les réseaux sociaux soutiennent que l’ancienne ministre aurait pu
servir de fusible afin de casser la dynamique de tension alimentée par des sujets brûlants de l’actualité tels
que la crise sanitaire et sociale de Toamasina et la réhabilitation contestée du Rova d’Antananarivo. Le titre
écrit encore : « Triste réalité. Les diplômes ne suffisent pas pour réussir une carrière dans un gouvernement.
Les sans diplômes munis d’une assise politique font mieux. La ministre de l’éducation nationale en a apporté
la preuve »
06/06 - L’opérationnalisation de la Haute Cour de Justice (HCJ) créée en début d’année progresse.
L’Assemblée nationale va créer la commission de mise en accusation. « C’est une avancée pour l’effectivité de l’Etat de droit au pays », s’est réjoui Imbiky Herilaza, secrétaire général du ministère de la justice. La
HCJ est compétente pour « juger les actes accomplis, liés à l’exercice de leurs fonctions qualifiées de crimes
ou délits au moment où ils ont été commis, par les présidents des assemblées parlementaires, le premier
ministre, les autres membres du gouvernement et le président de la HCC » Elle est aussi compétente pour
connaître des actes accomplis par le président de la République, liés à l’exercice de ses fonctions, en cas de
haute trahison, de violation grave ou de violations répétées de la Constitution, du manquement à ses devoirs,
manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat. Plus de dix dossiers impliquant de hautes personnalités seraient en instance. Le verdict de l’Assemblée nationale est attendu pour pouvoir avancer dans
les procédures.
08/06 – Nomination du remplaçant de Thierry Rakotonarivo, vice-président de la CENI : 14 candidats
ont déposé leur dossier à l’Assemblée nationale, dont 10 ont été déclarés recevables et 4 rejetés car
ne remplissant pas les conditions requises. Les 10 candidats devront passer un oral devant un comité restreint
composé d’élus avant de se soumettre à un vote en séance plénière. Pour mémoire, le poste a été occupé
pendant six ans par Thierry Rakotonarivo, médiatique administrateur civil. Mais celui-ci a dû quitter son poste
après avoir annoncé publiquement les millions de cartes nationales d’identité concernées par des doublons,
révélation jugée inconvenante, à l’origine de sa démission.
11/06 - L’élection du vice-président de la CENI reportée à la demande des parlementaires de la plateforme
avec Andry Rajoelina (IRD) et des républicains (GPR) regroupant, entre autres, les indépendants. Ils ont également décidé de reporter la création des commissions spéciales sur la mise en accusation devant de la HCJ.
Cette décision aurait été prise pour laisser plus de temps à l’examen des dossiers de candidature. « Ce n’est
pas parce que les uns et les autres n’arrivent pas à se mettre d’accord qu’on est obligé de reporter l’élection
de ce représentant auprès de la CENI. Cette pratique ouvre la voie à la politique de la mallette et donc à la
corruption au sein de cette Chambre, certains veulent faire élire quelqu’un », déplore un parlementaire TIM.
Le dépôt de candidature au poste de vice-président de la CENI reste ouvert jusqu’au jour de la tenue de la
nouvelle élection.
30/06 - Remplacement du vice-président de la CENI : après la réouverture du dépôt de candidatures,
trois nouveaux entrants portent le nombre des prétendants à quatorze. Les campagnes de lobbying se
sont intensifiées auprès des députés qui devraient se prononcer avant la fin de la session parlementaire. Les
élus auront également à désigner les nouveaux membres de la commission spéciale de mise en accusation
prévue dans le cadre du fonctionnement de la HCJ.
30/06 - Un an après la proposition de la loi sur le statut de l’opposition avancée par le député Brunelle
Razafitsiandraofa, il n’y a encore aucune issue pour son adoption. Le Sénat exige aussi de nommer
son chef de file. La proposition du député IRD a été rejetée par les députés TIM
09/06 - Nosy Be - Le phénomène migratoire s'intensifie depuis 2018. La plupart des migrants proviennent
du Sud, à plus de 2 000 km de chez eux, ils sont connus sous l’appellation locale d’« Antandroy ». Ils vivent
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de petits boulots, comme gardien, docker, domestique, chauffeur, marchand ambulant. Certains dorment à la
belle étoile ou dans des logements de fortune. Une partie d’entre eux habitent dans des cases bâties en
matériaux de récupération ou en végétaux. Trois mois avant l’avènement du Covid-19, plus d’un millier de
migrants ont débarqué à Nosy Be par bateau. Des migrations, plus réduites, se poursuivent durant le confinement. L’insécurité qui règne dans le Sud constitue l’une des causes de ces mouvements de population. Cette
situation exacerbe les pressions qui affectent les ressources naturelles, notamment en raison des coupes
illicites pour fabriquer du charbon de bois. Bidonvilles et constructions illégales se développent, ainsi que la
squattérisation des propriétés privées et l’occupation illégale du domaine public. Une centaine d’hectares de
forêts de mangrove a été détruite. La préfecture de police de Nosy Be ne parvient pas à contrôler les entrées
sur l’île malgré les textes qui l’y autorisent.

La controverse sur la construction d’un Colisée dans l’enceinte du Rova d’Antananarivo
01/06 - Intervenant à la TV nationale, Andry Rajoelina a répliqué aux vives critiques dont il est l’objet
concernant la construction d’un Colisée à proximité de Palais de la Reine, dans l’enceinte du Rova d’Antanarivo. Il rappelle que le projet « Kianja Masoandro » a fait l'objet d'un appel d'offre dans un quotidien de la
capitale, en août et septembre 2019. Pour apaiser la contestation, il annonce que tous les Rova existants sur
le territoire national seront également « réhabilités, en collaboration avec les conservateurs et les gardiens
des différentes traditions ». Il espère que le Rova d’Antananarivo attirera 300 000 à 500 000 visiteurs par an.
Les étrangers devront débourser 27 euros pour la visite.
Tribune note que les explications d’Andry Rajoelina ne convainquent pas. « Les explications apportées
par le président pour justifier son projet de construction d’un Colisée ou ‘Kianja Masoandro’, sont loin de désamorcer la polémique. Au contraire, elles ont suscité beaucoup de commentaires de la part notamment des
défenseurs du patrimoine, des historiens ou encore des académiciens comme le général Désiré Ramakavelo,
le professeur Raymond Ranjeva ou encore le conservateur Hery Rason. » Pour le général, la construction de
ce Colisée pourrait occasionner une grande mobilisation et être source d’une importante tension sociale et
culturelle. Rejoignant cette inquiétude, Raymond Ranjeva, président de l’Académie malgache, explique que
le malaise s’installe également dans les provinces parce qu’on a osé toucher à Antananarivo, la capitale. Hery
Rason affirme qu’aucun expert n’a été consulté et déplore l’inexistence de communication sur la réalisation
de ce projet. Le général Rakotoarijaona fait appel à une concertation nationale afin de décider de la poursuite
ou non des travaux.
Les enseignants-chercheurs du Seces-Antananarivo ont réagi à leur tour à la construction du Colisée dans
l’enceinte du Palais de la Reine. Outre la contestation de la modification de l’aspect extérieur de ce patrimoine,
ils soulèvent le nécessaire respect « de la liberté des experts scientifiques dans l’exercice de leurs fonctions,
de leur indépendance ainsi que de la franchise universitaire. Lorsque l’avis et l’expertise des experts scientifiques sont requis (…) leurs actions ne doivent pas être mêlées à des intérêts particuliers ni dominées par de
tels intérêts », souligne le syndicat. Selon l’un des chercheurs nommés au sein du comité scientifique pour la
réhabilitation du Rova, le professeur Rafolo Andrianaivoarivony, les autorités ont « fait endosser aux membres
scientifiques une décision politique relevant de la prérogative régalienne. »
« La gestion de la maladie aux oubliettes », titre l’Agence de Presse Malagasy. Alors que la situation
sanitaire se dégrade, le chef de l’Etat a affirmé une fois de plus sur les ondes nationales que la situation est
sous contrôle. Dans sa dernière intervention, il s’est très longuement justifié sur la question de la construction
du Colisée au lieu de consacrer son intervention à la gestion de la pandémie. Un moyen, estiment certains,
de détourner l’attention de l’opinion publique. Un thème qui irait jusqu’à éclipser désormais la promotion du
« remède miracle », le Covid-Organics, qui lui a valu il n’y a pas si longtemps la reconnaissance de ses homologues africains.
La ministre de la communication et de la culture a affirmé devant les sénateurs que la « Charte d'Athènes »
n'interdit pas la construction d’infrastructures à proximité d’un patrimoine national.
03/06 - Les députés de l'IRD, majoritaires à l'Assemblée nationale, défendent le projet de réhabilitation
et de construction d'un Colisée dans l'enceinte du Rova d'Antananarivo. Ils indiquent n'avoir reçu jusqu'ici aucune plainte concernant le projet.
05/06 - « Kianja Masoandro » : « Vandalisme et destruction du patrimoine national ‘Rovan’Antananarivo’ », selon les anciens étudiants du domaine arts, lettres et sciences humaines de l’université d’Antananarivo. Selon eux, ce Colisée « ayant l’architecture d’un immense amphithéâtre ovoïde situé dans le
centre de la ville de Rome, ne reflète pas la connaissance intime du “Rovan’Antananarivo”. L’histoire de Madagascar n’est aucunement liée à l’Empire romain ». Selon eux cette construction n’entre pas dans l’amélioration des procédés de conservation et de restauration ni dans l’amélioration des techniques de diffusion des
connaissances.
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09/06 - La polémique autour de la construction du « Kianja Masoandro » remet au grand jour des rivalités de castes. Le clivage Hautes Terres - Côtes refait aussi surface en filigrane, note Midi qui constate
qu’« une identité côtière qui sort de l’ombre en pleine controverse sur le ‘Kianja Masoandro’ et sur fond de
Covid-19 qui pourrait réactiver le mistigri du régionalisme ou réveiller le vieux démon du tribalisme. » Certaines
associations revendiquent l’héritage culturel et historique du Rova d’Antananarivo, voire tentent de se l’approprier. Les premières tensions sont apparues il y a cinq semaines avec l’apparition sur les réseaux sociaux
d’une page « Solidarité côtière. » Des T-shirt sérigraphiés « Miray hina » [unité] au dos et « Zahay Côtier »
sur le devant ont fait leur apparition.
13/06 - Un collectif de la diaspora adresse une lettre ouverte à Andry Rajoelina 3. Il demande la suspension des travaux liés à la construction du Colisée « Kianja Masoandro », l’abrogation du décret portant nomination du comité scientifique suspecté de compromission, la publicisation de tous les documents liés à ce
projet (méthode d’adjudication, montant du marché, origine des fonds, sous-traitants et fournisseurs du maître
d’ouvrage), la tenue d’une réelle consultation nationale post-Covid-19 et le lancement d’une étude qui évaluerait les alternatives possibles, notamment le déplacement de ce projet présidentiel vers un site autre que
l’enceinte royale. Dans le cas où les travaux seraient d’ores et déjà terminés, le collectif demande de ne pas
inaugurer ni utiliser ce Colisée avant la tenue de cette démarche transparente.
15/06 - Des membres de la diaspora malgache en France manifestent devant l’ambassade de Paris
contre le projet de Colisée. Baptisé « Hetsika Maitso », le rendez-vous a regroupé une centaine de personnes qui défendent la préservation du site.
19/06 - La transparence sur les travaux de muséographie du Palais de la Reine réclamée par l’alliance
des partis de l’opposition (RMDM). Selon un document qui circule sur les réseaux sociaux, le marché a été
attribué à une société française « Présence France Sarl » qui évolue dans la publicité et les études de marché.
Le montant du contrat, signé en novembre 2019 avec la présidence, s’élèverait à plus de 2 millions d’euros.
Le financement de ces travaux ne figure pas dans la loi de finances.
22/06 - Un groupe d'une douzaine d'associations, parmi lesquelles des associations d’Andriana, a déposé trois requêtes au Conseil d'Etat afin de s'opposer à la construction du « Kianja Masoandro ». La première demande l’annulation du permis de construire, la seconde l’annulation du décret de création du comité
scientifique et la troisième l’annulation de la nomination de ses membres qui auraient, entre autres, donné leur
aval à l’Etat sur la construction de cette infrastructure sans avoir mené une quelconque étude. Les entités
compétentes n’ont pas été consultées ou la consultation n’a pas répondu aux règles d’indépendance, d’impartialité, de rigueur et de démocratie participative.
25/06 - Le TIM dépose à son tour trois requêtes auprès du Conseil d’Etat pour attaquer les décisions
relatives à l’installation de la nouvelle infrastructure dans la Haute ville. L’une d’elle émane de Marc
Ravalomanana. Le défaut de permis de construction est le point commun de toutes les requêtes déposées.
27/06 - La célébration du 60ème anniversaire de l’indépendance sous haute sécurité et à huis clos. Des
rumeurs de déstabilisation rapportées par Tribune. « L’existence de l’état d’urgence sanitaire » a été évoqué dans un communiqué de la direction de la communication et des relations publiques de la présidence.
Mais un conseiller du chef de l’Etat, Toavina Rabe, a évoqué d’une raison qui serait liée à une « tentative de
destitution du président ». Outre « l’inspection des armes de tous les participants » au défilé que les journaux
de la capitale ont remarqué ou encore le bouclage de « toutes les rues aux alentours » du centre-ville où se
déroulait le défilé militaire et de l’interdiction de circulation, a été évoqué comme indice le limogeage du directeur de la sécurité de la présidence dans les jours qui ont précédé la célébration. Il y a 15 jours, des armes
chargées ont été découvertes à la poste centrale. « Un événement qui relève apparemment d’un simple fait
divers mais qui aurait finalement une haute importance politique », estime Tribune.
La sécurité présidentielle est dirigée dorénavant par le général Maminirina Rakotoniaina qui remplace le général Sedera Raharijaona, ancien responsable des commandos parachutistes du 1er régiment des forces
d’intervention, qui occupait le poste depuis 2014. Changement également dans l’entourage du premier ministre, la veille du défilé militaire. Ce dernier a remplacé son directeur de cabinet et nommé un militaire aux
commandes, le général Fortunat Ruphin Zafisambo. Cet intendant militaire avait occupé auparavant le poste
de secrétaire général adjoint du gouvernement. Son père, Georges Ruphin est connu comme l’un des fidèles
collaborateurs de Didier Ratsiraka.
Présence très remarquée à la cérémonie de l’ancien président Didier Ratsiraka ainsi que de l’ex-chef d’Etat
par intérim Norbert Lala Ratsirahonana. Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina qui ont brillé par

3

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leur absence. Le premier a boycotté l’évènement tandis que le second serait bloqué à l’étranger en raison de
la suspension des vols.
Dans une lettre adressée à Andry Rajoelina à l’occasion de la fête nationale, Emmanuel Macron a annoncé le
déblocage d’un financement d’un montant de 15 millions d’euros, à travers l’AFD pour lutter contre la pandémie.

 Diplomatie - Iles Eparses
13/06 - Déjà considérée comme la deuxième puissance maritime mondiale, la France a eu le feu vert
des Nations unies pour agrandir son territoire sous-marin de 150 000 km² dans l'océan Indien. Cette
extension concerne des zones autour de la Réunion et des Terres australe et antarctique françaises (TAAF).
Cette autorisation survient au moment où Madagascar revendique sa souveraineté sur les Îles Eparses, zones
voisines de ce territoire français supplémentaire. Ces 150 000 km² supplémentaires ramènent le territoire
sous-marin contrôlé par la France à 730 000 km² et aux 10,2 millions de km² d'eaux sous sa juridiction, eaux
intérieures et mer territoriale en souveraineté, et en zone économique exclusive (ZEE) à travers le monde.
La suite des négociations franco-malgaches sur le dossier des îles Eparses n'a pas encore été fixée, interrompue par la crise du coronavirus.
18/06 - Malgré la situation qui prévaut avec le Covid-19, le parti Otrikafo annonce son intention de tenir
un meeting devant l’ambassade de France pour exiger la restitution des îles Eparses. Une demande
d’autorisation a été adressée à la préfecture. Otrikafo s’insurge contre la récente déclaration du président
français sur les îles Glorieuses qui a annoncé son intention d’en faire une réserve naturelle nationale.
19/06 - Le mouvement Otrikafo a tenu sa manifestation pacifique devant l’ambassade de France en
brandissant des banderoles Seuls quelque dizaines de manifestants ont répondu à l’appel. Leur leader a rappelé l’engagement du chef de l’Etat d’obtenir la restitution des îles Eparses avant la fête de l’indépendance,
promesse qui ne pourra pas être honorée.
29/06 - Restitution des îles Eparses - Madagascar a obtenu le soutien à l’unanimité des Etats membres
de la SADC dans sa revendication d’application des résolutions du conseil des ministres de l’OUA et de l’Assemblée générale des Nations unies. A l’issue de leur entrevue au Palais de l’Elysée en mai 2019, Andry
Rajoelina et Emmanuel Macron avaient annoncé qu’un accord concernant la gestion de ces Îles serait signé
avant le 26 juin 2020.

DROITS HUMAINS - GOUVERNANCE
 Insécurité, dahalo, justice populaire, enlèvements
02/06 - Insécurité - Haro contre la prolifération d’armes à feu. Le général Richard Rakotonirina, ministre
de la défense nationale, indique que son département a recensé 75 600 armes à feu considérées comme
ayant « des détenteurs légaux. » Soit plus que l’effectif total de l’armée et de la gendarmerie. Les armes
illégales et autres fusils artisanaux ne sont pas pris en compte dans ces statistiques. Depuis début 2020, 985
armes traditionnelles ont été saisies. Plusieurs bandits ont été appréhendés avec des armes de guerre issues
probablement des réserves des forces de défense et de sécurité, détournées à l’occasion des troubles politiques successifs qui ont affecté le pays. Le ministre a affirmé devant les députés que des personnalités influentes usent de leur statut pour importer des « fusils de chasse en quantité importante. » Grâce à la complicité de certaines autorités, « des dahalo en col blanc », faciliteraient l’accès des bandits aux armes à feu. Le
recensement des fusils en circulation et la légalisation des détenteurs illégaux qui se sont présentés aux forces
de l’ordre a constitué une première avancée, qui reste insuffisante. La réglementation devra être renforcée.
Trois dahalo ont perdu la vie dans les affrontements.
02/06 - Une centaine de dahalo ont attaqué des communes de la région d'Androy, annonce le sénateur
Luc Randrianantenaina. Ils ont dérobé plusieurs centaines de zébus. Leur armement était du même type que
celui des éléments de la gendarmerie. Des tirs de lance-rockets ont été observés. Le sénateur a demandé au
secrétaire d'Etat en charge de la gendarmerie d'envoyer des renforts. 256 zébus ont pu être récupérés. Trois
dahalo sont tombés sous les balles de la gendarmerie.
04/06 - Une attaque de dahalo a eu lieu dans la commune d'Isoanala, district de Betroka. 71 zébus ont
été dérobés. Les éléments de l'USAD ont engagé des poursuites et des affrontements avec les dahalo se sont
produits. Aucune perte humaine n’est à déplorer. Les dahalo ont pris la fuite, abandonnant leur butin.

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12/06 - Le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche a annoncé que la distribution de puces
électroniques de bovidés est suspendue pour des raisons techniques. Seules 2 500 puces ont été distribuées depuis le début de la campagne contre les 10 000 prévues. Pour mémoire, cette initiative s’inscrit
dans la lutte contre les vols de bovidés. Ce système électronique devrait permettre d’authentifier et de suivre
à la trace via la combinaison des technologies RFID et GPS le déplacement des zébus. L’atteinte de l’objectif
de distribution de 10 000 puces électroniques avait été fixée pour fin 2019.
13/06 - Une bande de dahalo a pris d’assaut de nuit un centre de santé près de Taolagnaro. Quatre
morts, dont trois dahalo, et quatre blessés, parmi lesquels un accoucheur du centre. Il y avait des éléments des forces de l’ordre sur les lieux mais les assaillants les ont enfermés dans la pièce où ils se reposaient.
Ils ont réussi à se libérer, les échanges de tirs ont commencé et ont duré plusieurs heures. En voyant leurs
acolytes tombés sous les balles, les assaillants ont tenté de mettre le feu à l’établissement. Ils ont quitté les
lieux en emportant les trois cadavres sur le petit matin.
17/06 - Fenoarivobe : 15 dahalo armes à feu ont attaqué le village d’Ambalarano. 20 zébus ont été volés.
3 civils ont perdu leur vie lors des affrontements.
22/06 - La gendarmerie de la région Ihorombe indique que sur 1 119 zébus volés à Ihosy, 716 ont été
récupérés et rendus à leurs propriétaires. Par ailleurs, un dahalo et deux membres des fokonolona ont été
tués suite à une attaque de dahalo à Zazafotsy et à Fandana, dans ce même district.
Quarante soldats de la ZRPS Alpha sont arrivés dans le district de Bekily Androy pour une mission de sécurisation, dans le cadre de la lutte contre les dahalo.
11/06 - Vols d’ossements humains : un phénomène devenu l’affaire de réseaux armés. Prenant de l’ampleur ces derniers temps, à la faveur du couvre-feu, les violations de sépultures prennent de l’ampleur et sont
le fait d’hommes lourdement armés et disposés à affronter les forces de l’ordre. Pris en flagrant délit, deux
individus sont tombés sous les balles des militaires de l’opération de pacification ZRPS (Zone Rurale Prioritaire
de Sécurité) dans le district d’Antsalova. Midi s’interroge : « y-a-t-il un réseau bien structuré dans ces affaires
et est-ce très lucratif ? ». Quels en sont les commanditaires et à quel usage ces ossements sont-ils destinés ?
La question reste entière…
06/06 - Tsiroanomandidy - Un jeune homme a été lynché à mort par le fokonolona après un triple homicide. Il avait mis le feu à une maison où un septuagénaire et deux garçonnets ont péri. La brigade de
gendarmerie a ouvert une enquête qui s’étendra également à la vindicte populaire qui a prolongé ce drame.
12/06 - Le démantèlement du réseau de rançonneurs dont Norbert Ramandiamanana, alias Lama, était
le chef se poursuit. Capturé vivant par les gendarmes, le bras droit présumé du défunt ravisseur Lama a été
abattu. Il devait conduire à l’un de ses complices lorsqu’il a tenté de fuir. L’opération visant à appréhender ce
complice a de ce fait tourné court.
14/06 - Kidnappings de karana de nationalité française - D'après Jean-Hervé Fraslin, conseiller consulaire
des Français de Madagascar, les autorités en charge de la sécurité ont désormais fait la preuve de leur volonté
politique et leurs actions ont produit des résultats. La confiance progresse et les victimes des actes d'enlèvement acceptent plus facilement de porter plainte. L'entraide judiciaire reste encore un maillon faible pour obtenir l'arrestation de certaines personnes en fuite à l'étranger et notamment en France, souligne-t-il.

 Justice, situation carcérale
23/06 - Le ministre de la justice dénonce des ingérences dans les affaires judiciaires de la part de
membres d’autres institutions, membres de l’exécutif ou parlementaires. Selon lui, ces atteintes à l’indépendance de la justice se seraient multipliées ces derniers temps. Des magistrats se plaignent. Ils sont
invités à dénoncer ces situations auprès de leur hiérarchie.
25/06 - « La liberté est le principe et le mandat de dépôt l'exception », tel est le message adressé par
le ministre de la justice aux magistrats lors de la cérémonie de la signature des conventions avec le Système des Nations unies. C'est d'ailleurs le contenu de la loi de 2007 sur la détention préventive mais l’exception
est devenue la règle. Pour mémoire, il n’existe dans la loi que trois causes justifiant la détention préventive :
pour protéger la société de l’accusé, pour protéger l’accusé d’une quelconque menace, pour faute de domicile
sûr et exact de l’accusé.
02/06 - Rebondissement dans l’affaire du décès du Dr Daniel du CHU de Toamasina : les gendarmes
sont venus chercher le professeur Stéphane Ralandison pour le conduire à Antananarivo. Et ce malgré
le confinement total de la région Antsinana. Selon Newsmada, il lui a été interdit d’utiliser son téléphone. Il a
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fait le trajet dans son véhicule avec son épouse et ses enfants, suivi par la voiture des gendarmes. Fin mai, le
procureur de la ville avait déclaré qu’il ne voyait aucune raison de convoquer ce médecin au tribunal. « Il n’y
a aucun délit qui justifie sa poursuite » avait-il indiqué, ajoutant que la procédure n’avait pas été respectée
pour la convocation de ce professeur et doyen de la faculté de médecine. Le procureur avait en outre fait
savoir que dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire la poursuite d’un soignant n’était pas opportune : « Cela
pourrait décourager et inquiéter les médecins en charge de la pandémie… Qui en tirera profit si tout cela se
réalise alors que nous affrontons une guerre actuellement ? » Les professionnels de santé des CHU de Toamasina et d’Antananarivo ont manifesté pour exprimer leur mécontentement.
Pour mémoire, le professeur avait été placé en garde à vue dans l’enquête sur le décès du Dr Daniel, l’un de
ses confrères, atteint du coronavirus, retrouvé pendu dans sa chambre d’hôpital. La famille avait porté plainte.
« Je suis accusé du meurtre du médecin » avait témoigné, hébété, le professeur. Selon son avocat, on lui a
aussi posé des questions sur une lettre ouverte publiée sur LinkedIn, dans laquelle il émettait un jugement
critique sur le lancement précipité du Covid-Organics, rappelant la nécessité d’adopter une attitude rigoureuse
et rationnelle vis-à-vis de ce produit. Le bruit court qu’il est également « soupçonné d’avoir contribué à la
propagation du Covid-19 en refusant de prescrire du CVO à ses patients, conformément à ses convictions
scientifiques. »
Le ministre de la justice aurait décidé de ne pas donner suite pour absence de charges mais l’enquête se
poursuit. Le dossier pourrait être rouvert en cas de communication de nouveaux éléments.
Le sénateur de Toamasina, Jean Rémi Gabriel Rafidiarison, a interpelé le pouvoir à l’occasion d’une rencontre
de la Haute assemblée avec des membres du gouvernement.
03/06 - Selon L’Express, le déplacement du Dr Stéphane Ralandison vers la capitale n’aurait aucun
rapport avec l’arrestation et l’enquête de la section de recherches criminelles de Toamasina. « C’est lui
qui a demandé de partir. On a accepté sa demande. Il a quitté Toamasina, escorté par des éléments de force
de l’ordre », rapportent des autorités de la ville portuaire. L’Ordre des médecins affirme que le professeur ne
sera pas enquêté durant son séjour à Antananarivo. « Il a juste besoin de recul. Ce n’est pas évident d’être
accusé de meurtre. Tout ce dont il a besoin, c’est de paix », lance le Dr Eric Andrianasolo. L’intéressé luimême aurait rassuré ses collègues qu’il n’est pas en garde à vue : « Je suis en un lieu sécurisé. Je ne suis
pas détenu ». Il n’a pas quitté le poste de doyen de faculté de médecine. « Il n’a pas démissionné et il n’a pas
prévu de le faire », indique la chargée de communication de l’université de Toamasina.
03/06 - L’ancien meneur des grèves des étudiants à Ambohipo (campus d’Antananarivo), Berija Ravelomanantsoa, a été placé en garde à vue à la brigade des recherches criminelles. Une série de perquisitions auraient été effectuées à son domicile et dans sa proche famille. L’arrestation a été effectuée en catimini.
Le secrétaire d’Etat à la gendarmerie, le général Richard Ravalomanana, n’a pas souhaité s’exprimer. Aucune
information n’a filtré concernant les inculpations qui pèsent à l’encontre du leader étudiant mais des sources
laissent entendre qu’il faisait l’objet d’enquêtes depuis plusieurs mois. A travers les réseaux sociaux, est véhiculée l’hypothèse de poursuites dans des affaires de cybercriminalité. Berija Ravelomanantsoa aurait lancé
des propos injurieux et diffamatoires à l’encontre du chef de l’Etat. La loi sur la cybercriminalité punit d’une
peine d’amende de 2 à 100 millions Ar toute injure ou diffamation proférée à l’encontre des responsables
étatiques. D’autres sources évoquent une implication dans une affaire concernant un ancien cadre de l’exparti présidentiel HVM, actuellement incarcéré à la maison de force de Tsiafahy.
08/06 - L'ancien leader du mouvement des étudiants Berija Ravelomanantsoa a été placé sous mandat
de dépôt à Antanimora. Atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat, campagne de dénigrement contre le régime.
Ce sont entre autres, les chefs d’inculpation qui pèsent contre lui. Les quatre autres personnes soupçonnées
d’être ses complices ont bénéficié d’une liberté provisoire. Les membres de son association affirment que
durant son arrestation Berija Ravelomanantsoa a été molesté. Les gendarmes chargés de son arrestation
étaient en tenue civile, ce qui a fait que Berija a opposé de la résistance ne sachant pas qu’ils appartenaient
aux forces de l’ordre. Le procès est fixé au 21 juillet.
04/06 - Palais de justice d’Anosy : deux rabatteurs trahis par les caméras de surveillance ont été placé
sous mandat de dépôt à Antanimora. La mise en place de ces caméras commence à porter ses fruits. Les
faits et gestes d’un homme et d’une femme omniprésents au tribunal ont éveillé les soupçons. Les deux individus formellement identifiés n’occupaient aucun poste au sein du ministère et ne sont rattachés à aucun
service. Ils avaient seulement noué des relations avec de hauts fonctionnaires. Ils ont commencé à exploiter
cette relation pour se faire de l’argent rapidement. Leur mode opératoire consistait à faire usage de l’identité
d’un greffier, voire d’un magistrat, pour influencer leurs victimes et leur soutirer de l’argent.
03/06 - Face à la propagation du coronavirus et à la suspension des droits de visite, la tension monte
dans les prisons. Les détenus deviennent de plus en plus angoissés et stressés, observe le directeur général
de l’administration pénitentiaire. Cette tension pousserait les détenus à fomenter des évasions, comme cela
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a déjà été constaté. De ce fait, le ministère de la justice a pris la décision de consigner tous les agents pé-nitentiaires.
04/06 - 58 nouveaux prisonniers sont en quarantaine à la maison centrale de Morondava. Cet établissement compte actuellement 781 détenus et les services pénitentiaires peinent à les nourrir, les familles ne
venant plus leur apporter de vivres. Sept détenus sont atteints de malnutrition sévère.
05/06 - Antanimora : un détenu placé en chambre d’isolement testé positif au Covid-19. Il a été évacué
à l’hôpital d’Andohatapenaka. Comme les mesures sanitaires le prévoient, tous les nouveaux détenus ont
passé un test de dépistage dès leur arrivée et sont placés en isolement pendant 15 jours. Les résultats des
trois premières vagues de nouveaux détenus sont tous négatifs. Ce qui n’est pas le cas de la quatrième vague
composée de 149 prisonniers. Les détenus qui ont été en contact avec lui ont été isolés et dépistés une
nouvelle fois. Aucun autre cas positif n’a été décelé. Dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, les mesures
d’assainissement et de désinsectisation hebdomadaire de toutes les prisons, soit plus de 80, seront maintenues, a martelé le secrétaire général du ministère de la justice.
06/06 - L’Express constate que la situation carcérale ne s’est pas améliorée depuis les engagements
pris par le chef de l’Etat. « Andry Rajoelina a accordé la grâce présidentielle à ceux et celles qui en avaient
le plus besoin. Il a ordonné le traitement des dossiers en instance depuis des années dans les meilleurs délais.
Malgré ces directives présidentielles, aucune mesure concrète n’a été prise pour désengorger ces cellules
pleines à craquer. Ce qui aurait coûté sa place au Garde de sceau, ministre de la justice, le ‘vétéran’ Jacques
Randrianasolo, remplacé au mois de janvier par ‘l’expressif’ Johnny Andriamahefarivo. La venue du coronavirus justifie cette nécessité de dépeupler ces prisons, endroits propices à la propagation du mal. L’autre motif
à l’origine de ce capharnaüm est le penchant des juges à prononcer comme verdict le mandat de dépôt. Le
fameux MD. Ce qui devait être l’exception devient la règle. Sans compter la corruption qui infeste le système
judiciaire dans ses rouages. » La vétusté des maisons centrales, aux murs faciles à perforer, l’effectif réduit
des agents pénitentiaires, tout aussi mal équipés par rapport au nombre des prisonniers qui vivent dans la
promiscuité absolue, sont les raisons avancées pour expliquer la recrudescence des tentatives d’évasion qui
se multiplient depuis le début de la crise sanitaire. Des renforcements de patrouilles et des contrôles internes
des 80 prisons de la Grande Île sont en cours.
08/06 - Le nombre d’incarcérations a connu une nette régression depuis le début du confinement,
observe Newsmada. On constate une baisse inédite, avec 954 nouveaux détenus en deux mois dans les
maisons centrales ou de force d’Antananarivo, Fianarantsoa et Toamasina, contre le triple voire plus en temps
normal. Pour le cas d’Antanimora, la maison centrale compte 500 nouveaux détenus condamnés ou en détention préventive depuis fin mars, soit une dizaine par jour contre 30 à 60 auparavant. A la maison de force
de Tsiafahy il n’y a eu que 45 nouveaux détenus. Cette baisse est due au ralentissement de l’activité judiciaire
du fait de la pandémie et à la diminution des actes de délinquance. A cela s’ajoutent les nouvelles dispositions
visant à désencombrer les prisons. Malgré ce constat, la situation des prisons reste critique du fait de la propagation du Covid-19. Le ministère a pris des mesures pour prévenir la propagation du virus dans tous les
établissements pénitentiaires.
10/06 - Dans une vidéo postée sur Facebook, Amnesty international demande au chef de l’Etat de
décongestionner les prisons4. « Andry Rajoelina doit urgemment décongestionner les prisons du pays. Contenant presque trois fois leur capacité d’accueil, les détenus vivent dans des conditions surpeuplées et insalubres. Ce sont des bombes à retardement qui ne peuvent plus être ignorées », écrit l’ONG.
16/06 - Alors que les prisons de Madagascar ont une capacité d'accueil de 11 000 prisonniers, quelques
27 000 détenus sont recensés dans la Grande île. Dans la continuité des actions déjà entamées en 2019,
deux maisons de forces seront construites à Toamasina et Ihosy, et six maisons de centrales seront créées à
Sainte-Marie, Belo-sur-Tsiribihina, Amboasary-Atsimo, Antananarivo-Avaradrano, Fénérive-Est et Ambositra.
12/06 - Le ministre de la justice, Johny Andriamahefarivo, a annoncé l’existence de 13 détenus contaminés par le Covid-19 à Toamasina. Les treize cas ont été trouvés sur 179 individus testés. Ils sont actuellement traités au sein d’un centre hospitalier comme tous les autres malades mais ils sont accueillis dans des
chambres à part. Leur contamination proviendrait des nouveaux détenus car les tests sur des agents pénitenciers se sont tous avérés négatifs. Une fois déclarés guéris et sortis de l’hôpital ces détenus devront encore
subir une mise en quarantaine pendant 14 jours. RFI écrit : « Le sujet est ultrasensible. Personne jusqu’à
présent n’avait souhaité commenter cette information devenue insistante ces dernières semaines. (…) Les

4

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associations parlent de ‘bombe à retardement’, avec dégâts collatéraux immenses. Beaucoup espèrent une
grâce présidentielle, le 26 juin prochain, jour de fête nationale. »
29/06 - À l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance, Andry Rajoelina a accordé
la grâce sous conditions à plusieurs centaines de détenus. Sont notamment graciés les détenus âgés de
plus de 60 ans pour les hommes ou de plus de 55 ans pour les femmes et qui ont déjà purgé une peine de
plus de dix ans, ainsi que les détenus condamnés à perpétuité. De même, sont libérés les prisonniers condamnés pour un délit dont la peine restante est inférieure à trois mois, ainsi que les mineurs ayant purgé au
moins la moitié de leur peine. Sont exclus de cette grâce les détenus condamnés pour détournement de
deniers publics, corruption, blanchiment de capitaux, assassinat, attentat aux mœurs, atteinte aux ressources
naturelles, ou encore ceux condamnés pour récidive. Les détenus en préventive ne sont pas concernés ; ils
représentent plus de 50 % des 28 000 prisonniers de l’île. Pour rappel, seuls 25 % des mineurs emprisonnés
ont été condamnés.

 Gouvernance
02/06 - 10 organisations de la société civile (OSC) s'impliquent dans le suivi des fonds accordés pour
la lutte contre la Covid-19 à Madagascar. A la date du 15 mai, le total des allocations de cinq partenaires
techniques et financiers s’élève à 518,2 millions de dollars, dont 169 millions encore en négociation. Le financement du plan d'urgence sociale élaboré par le ministère de la santé s’élèverait à 47,8 millions de dollars,
avec un gap de financement de 26,5 millions de dollars. Le financement du plan d'urgence pour soutenir le
secteur privé coûterait 301 millions de dollars, avec un gap de financement de 157,6 millions de dollars. Les
OSC recommandent la création d'un fonds unique pour gérer toutes les dépenses liées au Covid-19. Elles
suggèrent également l'utilisation systématique du système de gestion des marchés publics, la mise en place
d'une plateforme de dialogue multisectorielle et la publication régulière par le gouvernement du montant des
aides reçues et de leur utilisation.
06/06 - Le Pôle anti-corruption (Pac) et le Bianco vont traiter en priorité les plaintes relatives à la distribution du « Tosika fameno » et du « Vatsy tsinjo » qui font partie du plan d’urgence social pour atténuer
l’impact socioéconomique de la crise sanitaire sur les plus vulnérables. Le mode de distribution suscite la
grogne de la population un peu partout dans les régions confinées. Les laissés pour compte dénoncent des
détournements et la corruption au sein des Fokontany. Des listes de bénéficiaires sont publiées qui diffèrent
de celles déjà établies lors du recensement. Le Bianco a dû attendre l’allègement des mesures sanitaires pour
ouvrir ses enquêtes. De son côté, le Pac se penche sur les corruptions constatées par les éléments des forces
de l’ordre sur les routes nationales, notamment les fausses autorisations de circulation et les transports illicites
de passagers. Cependant, « Aucune audience n’est encore fixée pour éviter toute propagation du Covid-19
dans les prisons », a indiqué le procureur général du Pac. Seules les demandes de liberté provisoire sont
traitées.
09/06 - Sept personnes ont été arrêtées par les forces de l’ordre pour avoir tenté de commercialiser
illicitement du « Vary Mora » sur le marché local dans la région Atsimo Atsinanana. Trois d’entre elles
sont les assistants parlementaires d’un élu de la région. L’affaire a éclaté à la suite d’une plainte déposée par
le représentant local d’une association de défense des consommateurs.
10/06 - Ministère de la justice : inspections renforcées auprès des juridictions et des établissements
pénitentiaires pour lutter contre la corruption. Des agents du ministère ont été déployés dans plusieurs
cours et tribunaux pour mener des investigations. Sept missions ont déjà été réalisées. Par ailleurs, la mise
en œuvre de la nouvelle stratégie nationale de lutte contre la corruption se poursuit à travers l’installation des
Pôles anti-corruption (PAC). Après celle d’Antananarivo, la branche du PAC de Mahajanga est opérationnelle.
Des magistrats et greffiers y sont déjà affectés.
12/06 - Le Bianco et l’Inspection générale de l’État (IGE), entament des investigations sur l’affaire de
l’achat de sucettes par l’ex- ministre de l’éducation nationale, Rijasoa Andriamanana, qui aurait coûté
huit milliards Ar. L’annonce en a été faite par Elia Béatrice Assoumacou, ministre de l’enseigne-ment supérieur, qui assure l’intérim.
20/06 - Affaire des sucettes commandées par l’ex-ministre de l’éducation - Trois hauts responsables
du ministère sont placés sous mandat de dépôt. Deux fournisseurs et deux autres responsables issus d’un
autre département ministériel également compromis, ont été incarcérés. Faux et usage de faux, tentative de
détournement de deniers publics, abus de fonction et favoritisme, et à cela s’ajoute la corruption passive et
active. Tels sont les chefs d’inculpation retenus par la justice. L’ancienne ministre récemment limogée attend
la décision de la HCJ. Les responsables mis en cause ont comparu devant le Pôle anti-corruption (PAC).
L’audience a duré 15 heures. Pour Me Willy Razafinjatovo qui assure la défense du DG du ministère, les
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individus mis en examen sont de simples exécutants, à l’instar de son client. Au-dessus de ces responsables,
il y a forcément des décideurs. « Et au vu du montant évoqué dans cette affaire, l’enquête devrait aller encore
plus loin, jusqu’au président de la République », déclare le célèbre avocat. Les prévenus seraient impliqués
dans une autre affaire en cours d'enquête au niveau du PAC. Le dossier de l’ex-ministre est le 13è dossier de
hauts responsables étatiques reçus au siège de la HCJ. Son sort est désormais entre les mains des neuf
membres de cette juridiction. Mais la HCJ ne pourra pas traiter ces dossiers avant la création par le Parlement
de la commission spéciale en charge des mises en accusation.
Le conseil des ministres a limogé les deux responsables du ministère de l'éducation nationale qui sont incriminés dans le cadre de cette affaire.
16/06 - Le Groupement des enseignants-éducateurs de Madagascar demande la nomination d’un
homme à la tête du ministère de l’éducation nationale. « Nous sommes témoins qu’aucune des quatre
femmes ministres qui se sont succédé n’a mené à bien sa mission », lancent-ils. « Ce doit être un homme, un
ancien enseignant qui a gravi les échelons et qui a de l’expérience. Le ministre doit avoir une forte capacité
d’écoute et connaître parfaitement le rouage de l’éducation. Il doit être prêt à exécuter les visions du président
de la République. Il est temps qu’un homme prenne les rênes avec un nouveau staff », déclare Diamondra
Rakotoharisoa, président du groupement. Pour La Vérité, « la sortie médiatique des membres du groupement
des enseignants-éducateurs sonne comme un affront aux oreilles des défenseurs de cette lutte pour l’équité
homme-femme. Une telle déclaration étonne de la part d’éducateurs qui contribuent largement à forcer l’avenir
de nos enfants. »
16/06 - Ramboarivelo Norotiana alias Jeannoda, défenseuse des droits des travailleuses domestiques
dans les pays du Golfe et au Koweït à travers sa plateforme SPDTS, recherchée pour malversations
financières. Elle serait parvenue à obtenir des financements estimés à plusieurs millions de dollars et avait
même été félicitée par John Kerry et le Département d'Etat des Etats-Unis en juillet 2015. Un avis de recherche
a été lancé il y a un mois à l’encontre de Jeannoda et de sa complice, Phan Van Hien Noelivao alias « Sœur
Olga », directrice d'une école supérieure privée sise dans la capitale.
18/06 - Saisis d’une affaire de vol de bovidés, les gendarmes d’Antanifotsy ont refusé de recevoir une
somme de 500 000 Ar proposée par des proches d’une personne impliquée dans ce vol en échange de
l’abandon des poursuites à l’encontre de l’inculpé, accusé de blanchiment de bovidés. Les trois corrupteurs
ont été arrêtés et déférés au parquet avec la personne qu’ils ont tenté de protéger. Les quatre individus ont
été placés sous mandat de dépôt.
22/06 - Le FID (Fonds d’intervention pour le développement) a signé un partenariat avec Transparency
International - Initiative Madagascar (TI-IM). Objectif : travailler ensemble à la lutte contre la corruption dans
les activités de protection sociale liées notamment à la lutte contre le Covid-19. Les deux institutions se sont
aussi engagées à promouvoir la transparence et la redevabilité. « Le FID collabore avec le Bianco depuis
2010. Une cellule anti-corruption a été mise en place au sein du FID au cours de cette année pour sensibiliser
l’ensemble des collaborateurs et de ses partenaires. Par ailleurs, le FID rend accessible au public toutes les
informations techniques et financières à jour de ses activités sur son site web », a indiqué Jaona Andrianantenaina, DG du FID, qui s’engage à confirmer son cap dans le cadre de la bonne gouvernance.
Le FID s’attache actuellement à traiter la dizaine de milliers de plaintes déposées concernant la procédure de sélection des bénéficiaires du « Tosika fameno », allocation financière destinée à alléger les impacts de la crise sanitaire sur les familles vulnérables. Pas mal de cas de corruption ont été détectés. « Des
ménages de classe moyenne et même des riches sont inscrits sur la liste. Certains d’entre eux ont réussi à
en bénéficier plusieurs fois », a dévoilé Jaona Andrianantenaina. La commune d’Antananarivo a saisi le
Bianco.
24/06 - Le Haut conseil pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit (HCDDED) a présenté son
rapport d’activité 2019-2020. 297 doléances ont été reçues, 70 % ont été traitées. Les litiges fonciers arrivent
en 1ère position avec 61 % des cas. Viennent ensuite les licenciements abusifs, les meurtres, les détournements de mineurs, les abus de pouvoir et les non-exécutions de décisions de justice.

 Droits des femmes, violences basées sur le genre
03/06 - Programme national de planification familiale : lancement du nouveau contraceptif injectable
tout-en-un DMPA-SC en auto-injection. Ce produit devrait contribuer à l’atteinte de l’objectif fixé en 2015
qui est d’obtenir une prévalence contraceptive de 50 %, suivant l’engagement que le pays a souscrit dans la
cadre du partenariat mondial Family Planning 2020. Malgré toutes les dispositions mises en place, le taux
d’utilisation des méthodes modernes de contraception n’est encore que de 41 %.

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10/06 - Les violences basées sur le genre explosent : 808 victimes entre le 25 avril et le 7 juin. Pour
l’UNFPA, « les effets directs et indirects de la pandémie et des mesures adoptées exacerbent les inégalités
et la vulnérabilité déjà existantes y compris les violences basées sur le genre. Les femmes et les filles sont
plus à risque de violence entre partenaires intimes et d’autres formes de violence domestique en raison de
tensions accrues au sein du ménage et de grossesses précoces ou non désirées. Les femmes enceintes et/ou
allaitantes figurent parmi les plus vulnérables et sont celles qui sont le plus exposées à un risque de complications maternelles ou périnatales. ». La ligne verte 813 a enregistré cinq fois plus de victimes de violences
basées sur le genre sur cette période. 2 638 appels ont été traités.
14/06 - Apatridie - La proposition de loi modifiant et complétant certaines dispositions du code de la
nationalité entre en travaux de commission au Sénat. Cette proposition de loi présentée par le sénateur
Mourad Abdirassoul prend en compte le cas des femmes apatrides et de leurs enfants.

 Droits des enfants, éducation
12/06 - Période de confinement : hausse du travail des enfants. 32 % des enfants âgés de 5 à 17 ans qui
travaillent exercent dans des conditions dangereuses. « En temps de crise, le travail des enfants devient un
mécanisme d’adaptation pour de nombreuses familles », déclare Henrietta Fore, directrice générale de l’UNICEF dans un communiqué conjoint OIT-Unicef publié dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale
de lutte contre le travail des enfants. Au moment où la pandémie saborde le revenu des familles, beaucoup
d’entre elles pourraient recourir au travail des enfants si on ne leur vient pas en aide. Toute hausse d’un point
de pourcentage de la pauvreté conduirait à une augmentation d’au moins 0,7 % du travail des enfants. Une
enquête sur la situation actuelle du travail des enfants dans les grandes agglomérations est en cours. Même
si de nombreuses d’actions ont été entreprises pour éradiquer ce fléau, beaucoup reste à faire. L’OIT poursuit
son projet de « soutien aux acteurs de la vanille au bénéfice des enfants (Savabe) » qui intervient dans la lutte
contre le travail des enfants dans cette filière. Le gouvernement s’est engagé à mettre en œuvre un plan
d’action en faveur des enfants qui travaillent dans les mines de mica du Sud.
20/06 - Etat des lieux de l’enseignement - Le taux d'achèvement dans l'éducation est passé de 74 % (2009)
à 68 % (2016) tandis que la proportion des élèves ayant les compétences minimales requises en mathématiques a diminué en passant respectivement de 58 % à 54 %. A cela s'ajoute un faible niveau des enseignants,
dont 80 % sont communautaires et parmi lesquels 65 % sont sans diplôme. Les ménages assurent 40 % des
dépenses courantes d’éducation, ce qui exclut d'office les enfants les plus pauvres. Il s’agit du 5e pays au
monde en nombre d’enfants non scolarisés. Pourtant, le budget de l’éducation a augmenté de façon significative mais, en pourcentage du budget total, il est en baisse constante, passant de 22 % (2014) à moins de 15
% à 2019.

 Santé, handicap
19/06 - Etat des lieux de la santé - Madagascar consacre 7% de son budget à la santé, loin des 15 % prévus
par la déclaration d’Abuja de 2001. Moins de la moitié de la population a accès aux services de santé de base.
Près de 50 % des décès sont imputables à des maladies infectieuses et parasitaires évitables/traitables affectant surtout les plus pauvres. La #gouvernance centralisée du secteur est la cause de fréquentes ruptures
d’approvisionnement (médicaments, matériel, consommables) dans les zones reculées. Le personnel médical
est insuffisant, peu qualifié et inégalement réparti sur le territoire.
02/06 - Le Covid-19 laisse le champ libre au paludisme. La situation est jugée alarmante. Le mois de
mai a été marqué par une forte augmentation des foyers d’épidémie. Le ministère de la santé enregistrait déjà
552 décès pour ce début d’année quand il comptabilisait 657 pour toute l’année 2019. Pour les spécialistes,
la hausse du nombre de cas est en partie imputable au Covid-19 : la pandémie a affecté la lutte contre la
malaria. Les structures de santé de base ont enregistré une baisse de fréquentation par crainte du virus.
Plusieurs districts habituellement épargnés, sur les Hautes terres et les marches des Hautes terres, enregistrent de nombreux cas. L’ensemble du système de santé souffre de ruptures de stocks de médicaments du
fait d’une mauvaise prévision. Pour les spécialistes, cette situation était prévisible. Les données de 2019 ont
en effet montré qu’en plein hiver austral il y avait encore une persistance de transmission ainsi que des foyers
d’épidémie sur l’île. Du fait du coronavirus, l’OMS prévient que le nombre de décès causés par le paludisme
sur le continent pourrait doubler cette année pour atteindre 769 000, un chiffre jamais enregistré depuis vingt
ans.
05/06 - Le paludisme fait des ravages dans le district de Mandoto et dans la région Boeny. 824 personnes ont été recensées positives en une semaine dans le district de Mandoto. La non-utilisation des mousJustice et Droits de l’Homme à Madagascar

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tiquaires fait partie des raisons pour lesquelles les personnes s’exposent aux piqûres de moustiques. La sensibilisation a été renforcée dans les districts de la région Vakinankaratra, notamment dans ceux de Mandoto
et de Betafo, qui enregistrent le plus de cas. A Mahajanga, du 1er mai au 3 juin, on enregistre 75 décès.
L’épidémie de dengue est en revanche en régression dans la région Boeny. Le nombre de cas est passé de
2 000 début mai à environ 700.
De janvier à avril, 312 personnes sont décédées du paludisme dans 16 districts, et le nombre total des
malades avoisine les 300 000, selon les chiffres du ministère de la santé. Par rapport au coronavirus, c’est
50 fois plus de morts et 330 fois plus de cas, note Madanews. Et les parasites paludéens contribuent aussi à
l’effondrement de l’économie locale, déjà gravement touchée par le coronavirus. Comme pour le coronavirus,
les partenaires étrangers sont à la rescousse, devant l’absence de stratégie des autorités sanitaires, constate
le site.
08/06 - Le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) exprime sa vive inquiétude concernant l’insécurité alimentaire et le paludisme qui sévissent dans certains districts du
Sud. Dans le prolongement de la lutte contre le Covid-19, le BNGRC invite ses partenaires à recentrer leurs
financements et leurs programmes, et à modifier leurs méthodes de travail afin de planifier, de prévenir et
d’atténuer l’impact combiné du virus et des autres aléas.
05/06 - Covid-19 - Une situation préoccupante pour les personnes handicapées. La majorité
d’entre elles exercent l’auto-emploi ou tiennent de petits commerces. La limitation des horaires ne leur permet
pas de rejoindre les marchés, réduisant davantage la possibilité de pouvoir commercialiser leurs produits.
Beaucoup d’entre elles tiennent aussi des petites gargotes, activité qu’ils ne peuvent plus exercer. La plupart
ne peuvent pas non plus accéder au filet de sécurité car il faut faire la démarche d’aller s’inscrire auprès du
Fokontany. Des organisations de la société civile appuyant la Plateforme des fédérations des personnes handicapées de Madagascar alertent les autorités sur leur situation. « Il ne faut pas se voiler la face devant les
réalités vécues au quotidien par ces personnes. Elles sont victimes de discrimination et subissent différentes
formes de maltraitance et avec les mesures de confinement, le fait que la situation ne fait qu’empirer n’est pas
une surprise », soutient la société civile.
02/06 - Une opération de la gendarmerie a permis de détruire un champ de cannabis de 50 hectares.
Les plantations se trouvaient au sein d’une réserve naturelle près d’Ambilobe, une zone difficile d’accès. 72
000 pieds équivalant à huit tonnes de produit ont été arrachés puis incinérés. Les gendarmes ont également
mis la main sur 200 kg de graines de chanvre. Les trafiquants ont réussi à s’échapper. Les maîtres d’œuvre
de la filière seraient basés dans la région Sava.

 Médias, communication
09/06 - La presse africaine et malgache touchée de plein fouet par la crise du Covid-19, titre Slate
Afrique. Le site écrit notamment : « A Madagascar, le gouvernement d'Andry Rajoelina, qui a mandaté les
médias pour qu'ils diffusent les informations officielles sur la pandémie, a poussé l'ingérence encore plus loin.
‘Le régime profite de cette réquisition pour diffuser des messages de propagande’, assure à l'AFP Nadia Raolimanalina, chef de service des informations de la télévision MBS [pro-Ravalomanana] et directrice de publication des journaux Le Quotidien et N'y Vaovaontsika. ‘L'État a tout verrouillé (...). On nous a informé que
plusieurs médecins sont atteints du coronavirus à l'hôpital Morafeno de Toamasina mais personne ne peut en
parler car il y a la peur d'aller en prison pour diffusion de fausses informations’, explique-t-elle. »
12/06 - La société civile réclame une loi sur l'accès à l'information. Plusieurs organisations de la société
civile, sous l’égide de Transparency International Madagascar (TI-M), ont adressé une lettre ouverte à la ministre de la culture et de la communication pour exiger la présentation et l’adoption de la loi sur l’accès à
l’information avant la fin de la session parlementaire. Lors de sa prise de fonction, la ministre s’était engagée
à présenter cette loi durant la 1ère session parlementaire mais avec le coronavirus beaucoup d’échéances
ont été retardées, dont ce texte, prêt depuis décembre. Pour la société civile, même si la loi n’est pas parfaite,
il y a urgence. Ce texte pose en effet le premier cadre légal à Madagascar autour de l’accès à l’information,
outil d’autant plus important en ces temps de pandémie. Auparavant il existait qu’une charte non contraignante,
initiée par le CSI. Ketakandriana Rafitoson, directrice de TI-M, explique faire actuellement le suivi des dépenses étatiques allouées au coronavirus. « Il est très difficile d’obtenir les informations publiques du gouvernement, affirme-t-elle. Si cette loi était adoptée, cela faciliterait les investigations et les ministères auraient le
devoir de nous répondre. » Le droit à l’accès à l’information est en effet un pilier de la bonne gouvernance
puisqu’il s’agit de la redevabilité de l’Etat envers ses citoyens. La lutte contre la corruption est vaine s’il n’y a
pas dès le départ ce devoir de transparence des autorités. « Le but est donc de générer un cercle vertueux :
si les informations sont disponibles, il y a moins d’opacité », affirme-t-elle. Face à la situation sanitaire, la
société civile suggère l’utilisation des nouvelles technologies de communication, dont la visioconférence, pour
faciliter les consultations.
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20/06 - Code de la communication : le Sénat maintient le verrouillage des huis clos. « Est interdite la
publication des débats à huis clos, des rapports ou tout autre document tenu ou établis au sein des institutions
de la République » stipule l’article 6 de la version adoptée par les sénateurs. Cette disposition empêche la
presse d’avoir accès à certaines informations de différents niveaux auprès de la présidence de la République,
la primature, les deux chambres parlementaires ainsi que la HCC. Le texte présenté par le ministère de la
communication écartait l’article sur le verrouillage des huis clos, des documents et rapports des institutions.
Les organisations de la société civile s’étaient alignées sur la version présentée par le gouvernement et avaient
souhaité que cet article ne figure pas dans la version du projet de loi. Transparency-International Initiative
Madagascar s’était mobilisé sur les réseaux sociaux contre cet article, « au nom de la transparence ». Pour
l’Express, « l’essence même du journalisme moderne est en danger ». Les sénateurs n’ont pas été sensibles
à l’argumentation de la société civile et ont maintenu cet article, comme en avait décidé auparavant l’Assemblée nationale. Le quotidien note que la formulation de cet article est en contradiction avec les alinéas précédents, également adoptés. L’un d’entre eux soutient que « le journaliste a le droit d’accès à toutes les sources
d’informations, dont les données et les statistiques. Le journaliste a le droit de s’informer sur tous les faits
d’intérêt public ». Comme l’explique l’Observatoire des médias Ilontsera, « la démocratie n’est pas juste la
liberté d’expression et d’opinion. C’est, également, la liberté d’informer et d’être informé sur tout sujet d’utilité
publique, ce que les informations d’État ne représentent pas forcément ».
Mahery Lanto Manandafy, fils de feu Manandafy Rakotonirina, ancien poids lourd de la scène politique,
a été placé en détention préventive à la prison de Toamasina. Il est accusé de publication de fausse
information sur le décès présumé d’une personne, par le biais des réseaux sociaux. Cette publication concerne
le Dr Harisson Benesy, sénateur de la province de Toamasina. En réalité, c’est le père de ce dernier qui est
décédé. Le parlementaire a porté plainte contre Mahery Lanto Manandafy. Début juin, cet ancien conseiller
en communication du président Rajaonarimampianina avait publié sur sa page Facebook que le Dr Harison
Benesy était décédé des suites du coronavirus. Quelques heures plus tard, il avait démenti l’information et
apporté des précisions selon lesquelles c’est le père du médecin qui était décédé. Il indiquait même avoir
discuté avec le sénateur qui aurait précisé que son père n’était pas décédé du coronavirus mais d’une maladie
dont il souffrait depuis quelques temps. Mais dans la plainte déposée le sénateur aurait indiqué que Mahery
Lanto Manandafy avait souhaité sa mort.
13/06 - « 2Africa, l’inquiétant projet de Facebook d’encercler l’Afrique avec un câble Internet de 37 000
km », titre le site digitalbusiness. africa5. Après avoir échoué à connecter le continent africain via satellite, le
réseau social revient à la charge avec le même projet, mais cette fois par câble Internet. Le géant américain
va en effet déployer un câble sous-marin qui devra entourer le continent africain. D’après Facebook, il devra
permettre de fournir un accès Internet plus rapide à 16 pays, dont Madagascar. Une tentative de plus pour le
réseau social de mettre sa plateforme à la disposition de la jeune population africaine. Pour ce nouveau projet,
Facebook dit s’être associé avec d’autres entreprises de télécommunications. Pour le site, « il convient de
s’interroger sur l’enjeu de ce projet pour l’Afrique, notamment pour ce qui concerne l’utilisation des données
qui trafiqueront via ce canal. » Facebook répond que « le trafic de Facebook passera uniquement sur la fibre
optique de Facebook. Comme le trafic des autres opérateurs sera indépendant, il n’y a pas vraiment de risque
nouveau en termes de sécurité, d’autant que les données seront cryptées sur la fibre optique ». Une promesse
mise en doute par plusieurs organisations de défense des droits. Parmi elles, l’ONG Internet Sans Frontières
pour qui « ‘ce projet de câble pourrait être exploité à des fins d’intelligence économique ou même politique.
(…) Il faudrait pouvoir réguler ce bien commun que constituent les câbles sous-marins à fibre optique ».

ÉCONOMIE - SOCIAL
 Ressources naturelles
04/06 - Une forêt de 200 ha de mangroves transformée en charbon de bois. Douze charbonniers en
provenance du Sud ont été arrêtés dans le district d’Ambanja. Le constat avait été fait par l’ONG Crades,
accompagnée de l’équipe de la direction régionale de l’environnement et des forces de l’ordre. Plusieurs centaines de sacs de charbon de bois de mangroves ont été découverts. Les stocks de troncs coupés, empilés
pour alimenter les foyers, permettraient de produire près 2 000 sacs de charbon, selon l’ONG. Une centaine
de migrants avaient déjà menacé la population et l’association qui gère l’aire protégée marine et côtière dans
la localité. Certaines d’entre elles sont parmi les douze charbonniers interpelés. La direction régionale de
l’environnement a ordonné le démantèlement du réseau qui organise ce commerce illicite. Nosy-Be est la
principale destination de cette production.

5

https://www.digitalbusiness.africa/2africa-linquietant-projet-de-facebook-dencercler-lafrique-avec-un-cable-internet-de-37-000-km/
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10/06 - A l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, les autorités de la région Diana, dirigées par le préfet, ont brûlé l’habitat des destructeurs de mangroves qui ont occupé illicitement une
aire protégée dans le district d’Ambanja. L’opération a été organisée en coopération avec les forces de
l’ordre. 30 cases en matériaux locaux ont été incendiées. Pour éviter le renouvellement de ces infractions il a
été décidé de créer un poste avancé de la gendarmerie. Les 12 propriétaires de ces abris ont été appréhendés
par la gendarmerie lors d’une récente opération. Onze d’entre eux ont été placés sous mandat de dépôt, un
adolescent a été remis à ses parents à Nosy Be. Une superficie de 190 ha avait été exploitée par ces individus
au cours des sept dernières années. 75 fours ont été découverts, répartis sur dix hectares.
19/06 - Sur les 28 750 rondins de bois de rose saisis, 27 000 ont été recensés, inventoriés et marqués,
selon le ministère de l'environnement. La sécurisation de ces rondins reste l'une des priorités du ministère, a
affirmé la ministre.
Selon la ministre de l'environnement, 300 contrôles forestiers ont été réalisés depuis le début de l’année. 240 dossiers ont été traduits en justice. 350 trafics illicites ont été recensés ainsi que 1 200 délinquances
dans les aires protégées.
22/06 - La gendarmerie a intercepté un trafic illicite de 145 tortues à Betioky Atsimo. La pirogue transportant clandestinement ces tortues radiées a été interceptée par la direction régionale de l'environnement.
Cette action fait suite aux informations communiquées par les communautés locales et les gestionnaires du
parc de Tsimanapesotse. Trois individus, auteurs de ce braconnage ont été arrêtés et seront déférés à Toliara.
04/06 - Dans le cadre du face-à-face entre le gouvernement et les sénateurs a été abordée la nécessité
d’augmenter les redevances versées par les compagnies minières. Son montant actuel est de 2 % alors
qu’il est de 4 à 6 % dans d’autres pays. La compagnie minière Ambatovy, soumise à la loi sur les grands
investissements miniers, ne s’acquitte que d’une redevance de 1%. En réponse à la demande d’un sénateur
sur la situation de « Base Toliara », projet suspendu depuis novembre, le premier ministre a déclaré : « Il y a
beaucoup de paramètres à considérer. Nous cherchons à tirer plus de revenus dans ce type de projet. Combien Base Toliara est-elle prête à investir pour le social dans le Sud-Ouest de l’île ? Quels sont réellement les
impacts attendus du projet ? Quel est l’intérêt majeur pour le porteur du projet, pour la population locale, pour
l’État et pour le pays ? Tout ceci attend des réponses claires. » Le chef du gouvernement a reproché à certaines organisations de la société civile de « souffler sur le feu » sur certaines situations sans apporter de
réelles solutions. « Pourquoi les pays riches en produits miniers restent-ils éternellement des pays pauvres.
Pourquoi ? Cela mérite une réponse », a-t-il lancé. Le problème actuel de QMM a aussi été abordé. L’État
n’arrive pas à payer sa dette de 92 millions de dollars pour la recapitalisation de la société. « La compagnie
minière déclare ne pas obtenir de bénéfices après presque trente ans d’activité. L’État a ainsi maintes fois
augmenté sa part dans la recapitalisation de la compagnie. Mais celle-ci n’a pu être honorée et devient de la
dette » a-t-il expliqué. Une situation d’endettement qui, pour lui, n’est plus acceptable.
04/06 - Kraoma Brieville - Sept salariés trouvent la mort faute de soins. La compagnie malgache d’exploitation de chromite est à genoux. Hormis le problème politico-économique dans lequel elle se débat depuis
2017, la précarité touche les quelques 300 salariés de Brieville (district de Tsaratanàna). Sans salaire depuis
décembre, ils ne bénéficient plus d’aucune protection sociale. La localité, enclavée, n’est pas reliée au réseau
électrique et souffre des incursions de dahalo. « Sept de nos collègues de travail ont trouvé la mort faute de
disponibilité de médicaments dans notre dispensaire », explique un salarié. Ils ont pour la plupart été victimes
de paludisme et de forte fièvre. « Il n’a pas été possible de rapatrier les corps de certains défunts à leur lieu
d’origine faute de moyens financiers » explique un interlocuteur.
17/06 - Mise en œuvre des normes EITI dans le secteur minier - Madagascar a pleinement appliqué
sept mesures correctives sur les quinze recommandations émises, selon le conseil d’administration international. Ces sept mesures concernent la transparence dans des domaines d’intérêt public dont l’utilisation
des recettes perçues des industrie extractives. Le pays dispose de 18 mois pour procéder aux 8 dernières
mesures avant la troisième validation. « Nous poursuivons nos efforts pour accéder au statut de pays conforme
à l’ITIE », a indiqué le ministre des mines, Fidiniavo Ravokatra, qui a rappelé que début 2019, la candidature
de Madagascar avait été suspendue. « La levée de la suspension en avril 2019 et la publication du rapport de
réconciliation en décembre démontrent l’engagement pour la transparence dans la gouvernance du secteur
minier et pétrolier », a-t-il affirmé.
23/06 - 134 passagers sri-lankais à bord d’un vol spécial qui s’apprêtaient à quitter Madagascar ont fait
l’objet de fouilles minutieuses en présence des autorités gouvernementales suite à des soupçons de
trafic de ressources naturelles. Des pierres précieuses ont été découvertes sur plusieurs passagers. Des arrestations ont été opérées.
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 Environnement, aménagement
13/06 - Un rapport publié par WWF révèle pour la première fois le coût économique du déclin de la
nature pour 140 pays d'ici 2050. Madagascar est à la 1ere place des pays dont les économies seront
les plus durement touchées. La Grande Île perdra 4,2 % de son PIB d'ici 30 ans si l'environnement continue
de se détériorer au rythme actuel. Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques sont partis d'un premier
principe : la nature procure aux économies de nombreux bénéfices à travers des services écologiques. Parmi
eux : la pollinisation des cultures, l'approvisionnement en eau, les ressources maritimes et forestières ou encore la protection des côtes. Un environnement détérioré ne pourra pas rendre les mêmes services. Une
nature dégradée réduira la production des aliments et augmentera leurs prix.
04/06 - Des images satellites montrent une augmentation de 81 % des feux sauvages au sein des forêts
primaires et des aires protégées, selon une dépêche Orange.mg. Faute d'alternatives économiques des
communautés face à la crise sanitaire et à l'arrêt du secteur touristique, les feux ont débuté précocement cette
année, au mois de mars, si habituellement, ils commencent vers le mois de juillet.
18/06 - Les régions de l’Ouest de la Grande île ravagées par le feu. 19 784 points de feu avaient été
recensés en 2019. Cette année, on atteint le chiffre très préoccupant de 32 565 pour les régions Menabe,
Atsimo Andrefana, Betsiboka, Melaky, Sofia, Amoron’i Mania et Bongolava. « Il nous est difficile d’expliquer
l’écart. Toutefois, nous tenons à faire remarquer que les points de feux atteignent les zones non-forestières et
nous pouvons formuler quelques hypothèses que ce contexte a un lien avec l’existence du coronavirus. Le
confinement exaspère-t-il la population ? Les cas de vol de bovidés augmentent-ils et les dahalo profitent-ils
des feux pour effacer les traces des zébus ? Les patrouilleurs sont-ils aussi en confinement et ne parviennent
pas à éteindre les feux ? Est-ce le début de la saison sèche ? S’agit-il de feux pour la préparation des terrains
de pâturage ? », s’interroge Jean-Jacques Jaozandry, directeur du reboisement et de la gestion des paysages
et des forêts. La ministre de l’environnement, Vahinala Raharinirina Baomiavotse, s’indigne de cette situation.
22/06 - Les feux et les défrichements dans les noyaux durs de l’aire protégée de Menabe Antimena se
poursuivent et menacent directement sa survie. 54 ha de forêt sont partis en fumée cette semaine. 4 % de
la forêt disparaissent chaque année. Les autorités n’arrivent pas à gérer la pression migratoire des populations
venant notamment du Sud. Des milliers de migrants s’attaquent aux forêts pour cultiver de l’arachide et du
maïs. D’autres sont payés pour couper les bois précieux. « Les arachides sont vendues à des Chinois et le
maïs approvisionne l’industrie de la brasserie et de la provenderie », décrit le WWF qui affirme que si rien
n’est fait Menabe Antimena aura disparu en 2050. C’est pourtant l’un des plus importants blocs de forêts
sèches du pays avec une superficie totale de 210 312 ha dont 10 000 de forêts sèches et 24 000 ha de
mangroves, avec une biodiversité exceptionnelle.
30/06 - Des habitants du Grand Sud fuient la précarité et investissent les zones protégées du Menabe
Antimena et d’Ankarafantsika à la recherche de meilleures conditions de vie. « L’inexistence de politique
migratoire ainsi que l’absence de politique de développement du Grand Sud depuis des années ont des impacts néfastes sur la gestion des aires protégées du pays », a admis Vahinala Raharinirina, ministre de l’environnement, lors d’une rencontre avec les gestionnaires des aires protégées. Souvent rejetés par les populations locales, les migrants se réfugient dans les zones les plus sensibles où ils peuvent vivre des ressources
naturelles et pratiquer des cultures sur brulis. Avec la non-maîtrise des flux migratoires, des milliers d’hectares
de forêts partent en fumée un peu partout dans le pays.
24/06 - Reboisement : l’Etat va acquérir 10 drones planteurs pour intervenir dans les zones difficiles
d’accès. L’objectif est de reboiser 40 000 ha par an. 41 065 ha ont été reboisés en 2019 dont 38 609 de bois
ordinaires et 2 457 de mangroves. 60 millions de jeunes plants seront produits par an pour atteindre l’objectif
de reverdir Madagascar. Des travaux communautaires seront réalisés au niveau des districts et des communes pour le reboisement au niveau local, le suivi des plantations sera effectué systématiquement.
04/06 - Le vice-ministre en charge des nouvelles villes et de l’habitat, Angelo Michael Zasy, a révélé,
lors de sa rencontre avec les députés, que le projet « Tana Masoandro » ne pourra pas être réalisé à
Ambohitrimanjaka. Le ministère est à la recherche d’une solution alternative. Le projet se heurte à la présence de 9 000 propriétaires qu’il faudrait déloger et indemniser. Le coût du remblaiement constituerait également un obstacle. Le projet du gouvernement de construire une nouvelle ville sur les vastes rizières d’Ambohitrimanjaka a été au centre d’une vive contestation depuis le mois d’octobre 2019.
D'après La Gazette, c'est Imerintsiatosika qui remplacera Ambohitrimanjaka pour le projet « Tana Masoandro ». Des cabinets immobiliers ont été consultés depuis le mois de mars pour la réalisation du plan
directeur du projet. La question est de savoir si une consultation préalable des habitants a été engagée, contrairement à Ambohitrimanjaka. Cette commune dispose bien de grands espaces pouvant contenir la ville
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nouvelle. On y trouve notamment le terrain anciennement occupé par la Nasa où était installé sa station d’observation. Le choix de cette localité de 53 000 habitants située à 30 km à l’ouest de la capitale, sur la RN1,
avait déjà été évoqué. Moov évoque aussi la commune d’Arivonimamo, le chef-lieu de district comme possible
choix du pouvoir.
Le maire d’Imerintsiatosika souhaite que la mise en œuvre du projet soit élargie à toutes les parties prenantes.
« Une consultation publique devrait être priorisée pour éviter les malentendus et pour que le maire ne devienne
pas un bouc émissaire », a-t-il expliqué.
24/06 - Un incendie ravage 290 maisons dans un quartier populaire d’Antananarivo et fait 1 600 sinistrés. Il s’agit pour la plupart de maisons en bois. Des constructions en dur ont également été touchées. Les
responsables ont indiqué un premier chiffre de 3 décès. Les incendies pourraient avoir été provoqués par des
branchements électriques pirates. Beaucoup de biens ont en outre été dérobés par des voleurs. « C’est le
troisième incendie de cette ampleur dans la ville en quelques mois sans qu’aucune mesure préventive ou
dissuasive n’ait été prise », note L’Express. Pour le moment le confinement est impossible pour les sans-abris
plus que jamais exposés au coronavirus…

 Coopération, bailleurs de fonds
05/06 - L'UE fait un don de 3 millions d’euros à Madagascar pour appuyer la réponse sanitaire et sociale
à la pandémie. Cette enveloppe permettra de soutenir deux projets portés par des groupements d’ONG internationales et malgaches, en partenariat avec des associations locales. Les actions toucheront plusieurs
millions de personnes dans le cadre de la sensibilisation aux gestes barrières ainsi que plus de 1 700 membres
du personnel médical et non médical qui sont en première ligne pour faire face à l’épidémie. 76 350 personnes
bénéficieront d’un appui en protection sociale dans les villes particulièrement touchées par le confinement et
la crise. La société civile bénéficiera d’un soutien pour ses actions de plaidoyer.
18/06 - L’UE envisage un appui budgétaire de 21 millions d’euros dans le cadre de la lutte contre le
Covid-19. Une première tranche d’un montant de 10 millions d’euros est en cours de négociation pour être
déboursé dès 2020. La deuxième tranche devrait être versée courant 2021. S’agissant d’un appui budgétaire,
cette somme devrait intégrer le budget de l’Etat.
05/06 - La Corée du Sud a livré 4 tonnes d’équipements médicaux, les Emirats Arabes Unis 7 tonnes
en échange d’un don de Covid-Organics. La société Ambatovy indique qu’elle a pris en charge l’acheminement
de la totalité de l’aide d’urgence de la Corée du Sud.
10/06 - D’après un rapport provisoire du ministère de l’économie et des finances sur les financements
relatifs à la lutte contre la pandémie du Covid-19, le pays a reçu 598,7 millions de dollars. Le gouvernement négocie avec le FMI afin d'obtenir un crédit supplémentaire de 80 millions de dollars dans le cadre du
mécanisme « facilité de crédit rapide. »
06/06 - Kits pour tests, équipements de laboratoires, équipements de protection individuelle, désinfectants, matériels informatiques sont, entre autres, les appuis matériels remis par le Système des Nations unies à Madagascar, à travers l’OMS, l’OIT, le PAM, le Pnud et l’Unicef dans le cadre de la lutte contre
la pandémie. Une dotation destinée en particulier aux laboratoires. La dotation est d’une valeur totale de près
de 570 000 dollars. Madagascar disposera ainsi d’un nouveau procédé de diagnostic moléculaire du Covid19, les tests GeneXpert financés par l’Agence danoise de développement internationale et remis à l’Unicef.
15 laboratoires GeneXpert seront répartis dans 12 régions. Avec cet appui, la capacité de dépistage devrait
facilement tripler, répondant ainsi au souhait du gouvernement.
11/06 - Le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a mis en ligne
le 9 juin un document intitulé « Appel d’urgence Covid-19. Madagascar ». Charlotte Faty Ndiaye, coordonnatrice résidente par intérim du Système des Nations unies, a préfacé le document. Elle indique que la
Grande île a urgemment besoin de 82,26 millions de dollars pour faire éviter au pays une situation catastrophique.
05/06 - L’AFD a octroyé au gouvernement, à travers le ministère de la justice, un financement de 5
millions d’euros. Il entre dans le cadre du projet d’appui au secteur pénitentiaire. D’une durée de 5 ans,
il est destiné au financement des projets mis en œuvre par des organisations de la société civile après un
appel à projet à lancer par le ministère de la justice.
24/06 - Face aux risques inquiétants de propagation du Covid-19 dans les 82 établissements pénitentiaires, l’équipe du Système des Nations unies soutient le pays à travers des appuis techniques, financiers et logistiques. Les appuis des agences du Système des Nations Unies s’alignent aux besoins urgents
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identifiés au niveau des prisons dont l’amélioration de la nutrition, l’approvisionnement en médicaments essentiels, équipements de protection individuelle, kits de dépistage, kits de dignité pour les femmes et les filles,
et matériel de désinfection ; la réhabilitation des toilettes et points d’eau ; l’aménagement des salles d’isolement…
09/06 - Le gouvernement va lancer le projet de modernisation du réseau de télécommunications de
l’administration. Le chantier confié à Huawei sera financé à hauteur de 47,2 millions de dollars par
Exim Bank of China. Le contrat prévoit la mise à disposition d’un réseau moderne par fibre optique et LTE
doté d’infrastructures sécurisées. De nouvelles technologies seront déployées et mises aux services de l’administration (intelligence artificielle, data center, caméra de surveillance, visioconférence, e-mail, téléphonie
IP).
17/06 - Le début de construction de la centrale de Sahofika sur la rivière Onive attendra. Alors que le
projet d’aménagement du barrage hydroélectrique vient de recevoir son permis environnemental de l’ONE, un
désaccord subsiste sur le volet financier. Les négociations du prix du kilowattheure sont en cours avec le
consortium constitué il y a quatre ans, composé d’Eiffage, Eranove, Thémis et HIER sous l’appellation de
Nouvelle Energie Hydroélectrique de l’Onive (NEHO). La construction devrait s’étaler sur 5 ans pour une durée
d’exploitation de 35 ans, représentant la durée de la concession. Destiné à réduire les coûts de carburant de
la Jirama, à hauteur de 500 millions de dollars sur 3 ans, Sahofika est un projet titanesque, difficilement réalisable pour l’État, d’où le recours au partenariat public-privé. L’objectif est de fournir une énergie de base
d’origine renouvelable et bon marché au réseau interconnecté d’Antsirabe-Antananarivo de la Jirama, avec
une capacité installée de 192 MW. Les mesures de compensation destinées aux populations affectées par le
projet, prévues dans le permis environnemental, ne sont pas encore définies, ce qui constitue une autre incertitude pour le consortium.

 Economie - Social
03/06 - Le ministre de l’économie confirme une forte baisse du taux de croissance. Initialement prévu
à 5,5 % (loi de finances initiale 2020), il sera porté à 0,8 % (projet de loi de finances rectificative). Ce
sera le taux de croissance le plus bas que le pays ait connu depuis 2010 (0,62 %, selon la Banque mondiale),
une année après le début de la crise politique. Depuis ce trou d’air l’économie malgache n’avait cessé de
progresser. Les recettes fiscales et notamment les recettes douanières seront en forte baisse alors qu’elles
auraient dû connaître en 2020 une hausse notable (+ 27,3% pour les recettes fiscales intérieures, + 13.9 %
pour les recettes douanières). Des négociations sont en cours avec les investisseurs internationaux pour permettre d’effacer totalement les dettes de Madagascar, qui s’élèvent à 36 % du PIB, taux jugé faible par rapport
aux autres économies du continent. L’État a déjà bénéficié d’un allègement partiel de ses dettes auprès du
FMI il y a quelques mois. Pour l’heure, un report de l’échéance du paiement de la dette auprès du groupe du
G20 semble être acquis. Celle-ci est de 12 millions de DTS (16 millions de dollars) par mois.
06/06 - L’ariary continue de plonger. Selon les explications, d’Andrianantenaina Ramarifeno, coordonnateur
du Cercle des économistes de Madagascar, « avec la crise sanitaire la balance commerciale a enregistré des
gaps considérables. Les exportations ont subi d’importantes baisses de régime pour ne mentionner que le
secteur minier qui constitue un des piliers de ces mouvements. D’un autre côté, notre volume d’importation
reste quasi incompressible dans la mesure où la majeure partie des produits que nous consommons sont
d’origine étrangère. » Cette forte dépréciation de l’ariary aura des impacts considérables sur le taux d’inflation
et le pouvoir d’achat des consommateurs. La chute de l’ariary est l’une des premières conséquences économiques de la crise sanitaire. Pour la Banque de Madagascar, la baisse de l’ariary par rapport à l’euro qu’on
observe actuellement est en partie due à la remontée de l’euro par rapport au dollar sur les marchés internationaux. En règle générale la dépréciation de l’ariary par rapport à l’ensemble des devises fortes relève fondamentalement du fait que la balance des paiements malgache est structurellement déficitaire, nécessitant
l’achat de devises étrangères pour être à l’équilibre.
05/06 - L’appui au secteur privé formel est une priorité, estime André Beaumont, président de la CCI
France Madagascar (CCIFM). Pour lui, « l’absence d’aide de l’Etat pour le secteur privé formel tant pour les
entreprises que leurs employés est un signal négatif que Madagascar envoie aux autres pays ». Il suggère un
accompagnement financier d’urgence pour redresser l’économie et pour soulager le manque à gagner des
entreprises. La CCIFM déplore la diminution de 52 % des activités de ses membres au cours des trois mois
de confinement. De 6 000 à 7 000 employés ont été touchés par le chômage technique et 2 000 autres ont
été licenciés sur les 36 000 que comptent les entreprises membres de l’association.
18/06 - Andry Rajoelina a reçu les représentants du secteur privé. Les entreprises réclament depuis
plusieurs semaines un plan de soutien pour leur permettre de faire face à la crise engendrée par le
Covid-19. Une réunion très attendue qui a duré près de cinq heures. Des discussions et des débats mais
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encore peu de mesures concrètes, expliquent les représentants des entreprises. Le président du Groupement
des entreprises de Madagascar évoque un « certain décalage entre ce que les entreprises ont proposé et ce
que les autorités ont présenté ». Un soutien immédiat était très attendu mais seuls de grands axes ont été
présentés et les détails restent à préciser. Les discussions doivent se poursuivre dans les prochains jours.
19/06 - Le gouvernement s’apprête à lancer un plan de relance économique à destination de plus de
980 000 petites entreprises. Il s’agit d’un plan de près de 73 millions de dollars essentiellement constitué de
prêts ciblant les petits agriculteurs et distributeurs agricoles ainsi que les entreprises des secteurs du tourisme.
Les aides seront accordées via trois mécanismes qui s’appuieront sur les institutions de microfinance dont les
taux d’intérêt seront inférieurs à 10 % pour des périodes de remboursement de 6 à 24 mois. Les taux pratiqués
par les banques commerciales sont actuellement estimés entre 20 et 40 %.
20/06 - Plan multisectoriel d’urgence : le groupement du patronat (GEM) et les salariés insatisfaits des
solutions adoptées par l’Etat. « Nous trouvons qu’il s’agit plutôt d’un plan de relance, alors que nous avons
actuellement besoin d’un plan de soutien pour la survie des entreprises », a affirmé Thierry Rajaona, président
du GEM. « Après trois mois de crise, il est clair que les entreprises sont à sec », renchérit le syndicat FIVMPAMA. Le coordonnateur général de la Conférence des travailleurs de Madagascar (CTM) s’étonne que le
secteur informel ait été mieux traité par l’Etat. Selon les représentants du secteur privé, l’Etat devrait penser à
« sauver la vie des entreprises », avant de parler de relance et d’industrialisation. Absence de dialogue social
et inconscience des pertes de revenus et de recettes, tel est le constat unanime des représentants des employeurs et des travailleurs. Le GEM et la CTM considèrent que l’utilisation du financement de 166 millions de
dollars octroyé par le FMI pour lutter contre le Covid-19 et soutenir le secteur privé n’est pas transparente.
10/06 - 600 employés ont été mis au chômage, dont 60 % dans le secteur textile, selon les résultats de
l'enquête auprès des entreprises sur les impacts du Covid-19 menée par l'Economic Development Board de
Madagascar (EDBM) et rapportée devant les sénateurs. 216 entreprises ont répondu au questionnaire.
Des milliers de personnes qui vivaient des revenus touristiques dans le cadre des aires protégées
gérées par Madagascar National Parks (MNP) sont directement impactés par la crise sanitaire. Les
visites écotouristiques ont été suspendues. Des guides et accompagnateurs ont commencé à vendre leurs
biens pour survivre Cette absence de visiteurs constitue aussi un coup dur pour MNP qui avait enregistré l’an
passé 229 790 touristes, soit une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente.
15/06 - Un fonds de 40 millions de dollars sous forme de prêt à faible intérêt sera consacré au soutien
des PME. Lors de son allocation Andry Rajoelina a également annoncé le lancement d’un « Plan Marshall »
de 1 043 milliards Ar [250 millions d’euros] pour toutes les régions de Madagascar et pour la relance de l’économie. Ces crédits seront inclus dans la loi de finances rectificative. Ces crédits devraient permettre de réaliser
de nombreuses infrastructures routières, des infrastructures éducatives (8 campus universitaires régionaux et
1 100 salles de classe), administratives, sanitaires (33 centres hospitaliers) et sociales. Les appels d’offres
seront lancés au niveau de chaque district et non plus au niveau des ministères afin de favoriser l’emploi local.
Le chef de l’État a également évoqué des projets d’adduction d’eau dans plusieurs dizaines de districts. Tout
cela, dans le cadre de son projet Emergence de Madagascar, présenté lors de sa campagne électorale et qu’il
compte réaliser en dépit de la crise sanitaire et économique. La distribution des « Vatsy Tsinjo », « Tosika
Fameno », ainsi que l’ouverture des « Tsena Mora », se poursuivront. Ces aides sociales font partie des
mesures d’accompagnement mises en place depuis de début de l’épidémie. Un autre projet de distribution de
nourritures dénommé « Kaly Tsinjo » ou « Kaly Mora » débutera prochainement dans la capitale et une dizaine
de grandes villes.
17/06 - Le projet de loi de finances rectificative 2020 vient enfin d’être publié. Les orientations globales
consistent entre autres à endiguer la pandémie de Covid-19, à accomplir les projets phares des treize velirano
du président et à anticiper la politique budgétaire pour la relance post-pandémie. L’État envisage notamment
de renforcer la résilience de la population via ses programmes à caractère humanitaire. Une perte de l’ordre
de 700 millions de dollars est estimée en termes de PIB. En cause : les inondations du début de l’année
et de la pandémie de Covid-19. La chute des recettes fiscales et douanières de l’ordre serait de l’ordre
de 26 % par rapport à la prévision initiale a été constatée. Pour son adoption l’Assemblée nationale devrait
disposer de 30 jours en première lecture et le Sénat de 15 jours.
04/06 - La pandémie perturbe la production rizicole dans la région du lac Alaotra, vaste plaine rizicole
du Centre-Est, considérée comme le grenier à riz de l’île avec 520 000 tonnes en 2018. La récolte a été bonne
mais avec les mesures sanitaires en place pour limiter la propagation du coronavirus, qui a touché la zone
pour la première fois le 26 mai, la grande interrogation pour les cultivateurs est de savoir comment vendre et
faire sortir leur riz hors de la région. Bon nombre de collecteurs de riz n’auraient pas encore réussi à atteindre
Ambatondrazaka.
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10/06 - Les revenus des plus de 100.000 petits pêcheurs affectés par la pandémie. « Cette crise sanitaire
risque de coûter cher aux communautés des pêcheurs si des mesures de facilitation de l’écoulement des
produits de pêche, l’accès aux marchés, la transformation des produits, l’accès aux informations et l’acheminement des produits de première nécessité ne sont pas prises », affirme Lalaina Rakotonaivo du WWF. La
suspension des activités de pêche engendre des manques à gagner importants pour différents acteurs du
secteur, tels que pêcheurs, mareyeurs et collecteurs. Sans acheteurs, le prix des produits de la pêche est
tombé au dixième du prix normal dans certaines régions.
Un courrier relatant de manière très critique la gestion d’Air Madagascar par Air Austral du point de
vue malgache a été publié par La Gazette. Air Austral n’a pas réagi aux nombreuses accusations visant les
dirigeants de la compagnie. D’après les auteurs du courrier, Air Austral a utilisé le partenariat stratégique lui
donnant la direction de la compagnie malgache pour démembrer Air Madagascar au profit d’Air Austral, ce qui
a contribué à un déficit d’environ 25 millions d’euros avant la crise du coronavirus.
16/06 - Exportation de crabes - L’annulation des licences de cinq opérateurs chinois réclamée par les
plateformes nationales des acteurs œuvrant pour la pêche et l’aquaculture. Elles estiment que ces licences ont été octroyées « unilatéralement et inéquitablement » par le ministère de l’agriculture, de l’élevage
et de la pêche à cinq sociétés appartenant à un seul propriétaire, au détriment des opérateurs et consommateurs nationaux. « Cette situation compromet non seulement la survie des opérateurs nationaux, mais elle
risque également d’amplifier les problèmes d’insécurité alimentaire qui sévissent ans le pays. » Les pratiques
de surexploitation de la ressource de ces opérateurs s’opposeraient également aux directives de la FAO pour
une pêche durable et responsable.
Le ministère de l’environnement révèle des manquements aux normes sanitaires d’une autre société
chinoise évoluant dans cette filière à Mahajanga. Ses activités génèreraient des nuisances olfactives auprès de la population environnante. Cette dernière a déposé une plainte auprès des autorités. Le non-respect
des normes d’évacuations d’eau serait entre autres à l’origine de la situation. Le ministère indique que plusieurs sociétés de ce secteur ne disposent pas de permis environnementaux. La participation de ces exploitants au « développement durable et à la préservation de l’environnement devrait être mise en avant à travers
les Responsabilités sociétales des entreprises » a-t-il fait savoir.
15/06 - La Jirama provoque la colère de la population. Antananarivo et Antsirabe ont connu un black-out
causé par l’explosion d’un transformateur. Une panne qui survient au moment où la grogne se fait entendre à
propos des incompréhensions nées de l’envoi des factures aux ménages en cette période de confinement.
« Cette situation est devenue insupportable et inacceptable », estime Harry Laurent Rahajason alias Rolly
Mercia, ancien ministre de la communication HVM, qui appelle la population à réagir : « Ça suffit. L’ouverture
d’une enquête judiciaire sur la gestion de la Jirama est nécessaire. Nous, peuple malgache, il est temps de
nous lever » a-t-il lancé.
23/06 - Hausse anormale de factures de la Jirama : 50 agents suspectés d’acte de sabotage visant à
semer le trouble. « Les enquêtes approfondies ont révélé que ces erreurs ont été commises délibérément.
Une cinquantaine d’employés sont potentiellement impliqués dans cette affaire, profitant des réformes du processus de facturation pour créer le chaos. La Jirama a pris des mesures immédiates à l’encontre de 15 de ces
50 agents, dont deux directeurs. Les investigations ont également confirmé l’existence de velléités d’utilisation
des réformes entreprises pour porter atteinte à l’ordre public. Nous, dirigeants de la Jirama dénonçons fermement de tels actes, et refusons catégoriquement que la Jirama serve d’outil de déstabilisation, surtout que la
société est actuellement en plein redressement », ont déclaré les dirigeants de la société d’État. « On savait
la difficile cohabitation entre les membres de l’équipe dirigeante de la Jirama. On était cependant loin d’imaginer que leur guerre de leadership allait dégénérer au point qu’une partie des hauts responsables de cette
société allaient jusqu’à gonfler délibérément la facture de consommation des abonnés », écrit Malagasynews.
25/06 - Andry Rajoelina lance la nouvelle marque automobile GasyCar, considérée comme l’un des
projets phares du pouvoir. Midi écrit : « c’est la première fois depuis soixante ans d’indépendance que Madagascar dispose d’une usine produisant des types de véhicules comme des SUV, des pick-up et des berlines,
mais aussi des scooters et des motos. Le logo de GasyCar représente une tête de zébu, [marquant l’ambition]
de promouvoir le ‘Vita Malagasy’. » GasyCar serait une joint-venture composée d’entreprises allemandes et
chinoises, dans laquelle l’Etat resterait actionnaire majoritaire. Dans un premier temps et dès cette année, le
projet consiste en l’installation d’une unité de montage des pièces venant d’Allemagne et de Chine. L’usine de
fabrication proprement dite serait mise sur pied d’ici trois ans. Les députés seront les premiers bénéficiaires
du nouveau véhicule, la police des premières motos. 100 motos prototypes ont déjà été offertes aux agents
de la police nationale. Le président de la République a donné des ambitions internationales à l’écurie malgache. Il affirme que le marché africain, voire mondial est dans le viseur. Après Karenjy, dont la production est
plus que modeste (quelques dizaines d’exemplaires par an) ce sera la deuxième marque de voiture malgache.
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Derrière ces prototypes se cacheraient en réalité des voitures déjà commercialisées par une marque
chinoise et ghanéenne sous le nom de Guangdong Foday Automobile et Kantanka. La contribution
unique de GasyCar se limiterait au badge (un zébu). Si l’identité du partenaire allemand reste inconnue, celle
de l’entreprise chinoise qui soutient GasyCar semble être ce constructeur chinois, aussi appelé Fudi. « La
qualité se rapprochera de celle des marques reconnues mondialement comme Toyota » se targue Andry Rajoelina. « GasyCar est-elle une marque blanche ? », s’interroge Mada-actus-info. Une marque blanche est un
produit conçu par un constructeur, que d’autres entreprises (les « distributeurs ») reprennent à leur compte et
commercialisent sous leur propre marque. Il se peut donc que la marque GasyCar soit utilisée pour avoir accès
à une main-d’œuvre défiant toute concurrence et pour éviter les frais d’importation.

-------------------------------------------Taux de change au 30/06/20 : 1 euro = 4 357 Ariary
Sources : L’Express de Madagascar, Midi Madagasikara, Madagascar Tribune, Newsmada (Les Nouvelles),
La Vérité, La Gazette 2GI, Orange.mg, Madagate, Moov, 2424.mg, Justice Madagascar (Facebook), Agence
malagasy de presse.com, afriqueactudaily.com, Malagasynews

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