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Nom original: 48 - Journal de Déconfinement n°8.pdfAuteur: Chris

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Journal de dé-confinement ( en date du mardi 14 juillet 2020 ) trouvé par l'agent de régulation sanitaire N19
Paul Wildren le 24 décembre 2043 – Top secret authentification n° 29875 – Demande d'autorisation via
numéro de matricule pour autres informations sensibles à la sureté du Block-Etat.



« WAAOOOOUUUUUH ! Regarde maman ! C'est joli, hein ?! »

Mon Cher Marcel,
Lilli est extasiée par le spectacle.
Fort heureusement, sa mère et elle ne remarquent rien...
L'androïde surveille, impassible, dans la pénombre...
Le message est clair, va pas falloir jouer les malins !
En attendant, on peut dire ce qu'on veut mais niveau feu d'artifice, les gars ont mis le paquet ! Ça a
dû couter un pognon de dingue...
Nous sommes dans un dôme immense, genre planétarium mais de la taille d'un aéroport. Impossible
de trop savoir les dimensions du truc vu que les festivités ont débuté dans le noir complet.
En parlant d'aéroport, je me demande ce que sont devenus Mau-Mau et les autres... J'espère qu'il ne
leur ait rien arrivé... Rien que d'y penser, ça me met le bide en vrac !
Pour l'instant, je suis plus inquiet de savoir à quelle sauce nous allons être mangés !
Mais laisse-moi t'expliquer plus en détail.
Après la petite nouba dans ma chambre d'hôpital, on m'a installé dans un fauteuil roulant et sa
Majesté Macron, himself, me pousse vers la sortie de l'aile médicalisée. Il va sans dire que sa garde
rapprochée est de la partie ! D'ailleurs, le robot à proximité de William est très différent de ceux que
nous avons croisés.
Tout de noir vêtu, son regard est en perpétuel mouvement sur le moindre de nos faits et gestes.
C'est flippant. Il est parfaitement immobile mais ses yeux sont en roue libre comme s'il cherchait un
insecte à gober !
Un peu comme un caméléon sous stéroïde.


« Je vous sens tourmenter, très cher !... Ne vous inquiétez pas, je vous garantis que nous
allons passer un excellent moment ! Je vous promets que ma garde personnelle ne vous
importunera pas. »

Il se tourne vers Willy :


« N'est-ce pas mon brave ? »

Ce dernier acquiesce sans la moindre expression du visage.
Manu l'embrouille continue sa logorrhée :


« J'ai expressément demandé à mes subalternes de nous émerveiller ce soir ! Vous allez
assister au plus grand et merveilleux feu d'artifice jamais vu sur cette planète !... J'ai un peu
abusé de mes prérogatives présidentielles pour assouvir un léger petit caprice mais, que
voulez-vous, j'ai gardé une âme d'enfant ! Et puis, si ça peut aider les millions de personnes,
installées ici, à oublier qu'elles vivent sous terre, je ne vois pas où est le mal. Vous n'êtes pas
d'accord ? »

Des millions de personnes ?... Je ne réponds rien. Je m'attends, à tout moment, à un coup fourré.
Sans déconner, le type m'a enfermé dans un cachot où je pataugeais dans ma pisse donc, faut pas
qu'il s'attende à ce que je danse la gigue !
Olivia, Lilli, Paul, et moi embarquons dans l'ascenseur personnel du pestilent. Le machin est
capitonné d'une épaisse moquette rose bonbon. Je suis sûr que même Hello Kitty en aurait une crise
d'épilepsie et n'hésiterait pas à y foutre le feu !
Non mais là, c'est dégueu. Faut vraiment lutter pour ne pas perdre la vue !
Notre hôte, sentant le malaise ambiant, se baisse et me glisse à l'oreille :


« Désolé pour le désagrément visuel. C'est ma femme qui a insisté pour faire la décoration.
Je ne vous cache pas que je n'étais pas super emballé par cette idée ! Mais que voulez-vous,
je ne peux rien lui refuser, à ma blanche colombe ! »

Je marmonne dans ma barbe et sans prendre de gants ( j'aurais préféré des lunettes de soleil ! ) :


« Ouais, bah ta colombe, elle mériterait de prendre du plomb dans l'aile ! »

Il ne relève pas. Serait-il d'accord avec moi ?...
...


« DING !... Vous êtes arrivés à l'étage Espace Détente. »

Encore ?... Bon, si Schiappa nous attend, je fais un malheur !
L'ascenseur ouvre à peine ses portes et j'entends déjà sa voix insupportable :


« Bienvenue Maître ! Tout est prêt selon vos désirs ! »

Elle en profite pour me lancer son regard le plus noir.
Bouh, j'ai peur...
En guise de réponse, je lui fais mon plus beau sourire en lui exposant mon majeur !
Message reçu ! La voilà qui détalle dans le dôme du tonnerre ! Je crois que je l'ai calmée la Tina
Turner low cost !
Nous entrons donc dans cette salle plongée dans le noir.
Nous entendons les rumeurs de millions de voix dans tout le bâtiment, puis un spot se braque sur le
roi des lieux, sur Paul et sur ma trogne, par la même occasion.
On repassera pour la discrétion.
Des applaudissements et des cris de joie se font entendre en écho.
Eh ben, si c'est nous le clou du pestacle, ils vont pas être déçus quand je vais pousser la
chansonnette ! Je m'en vais leur faire une cover Metal du p'tit bonhomme en mousse, ça va pas
trainer. J'appelle ça du Thrash-Musette, j'innove !
Un type s'approche de nous. Je crois reconnaître le premier sinistre !
Mais oui, c'est bien lui avec sa barbe en demi-teinte et sa gueule de constipé !
Merde ! Sacré croque-mort d'Edouard Philippe !
Avec le projecteur braqué sur sa tronche, on dirait qu'il vient de se prendre une faciale dans la
bebar !

Ouais je sais, c'est pas très subtil mais le traité de dalmatien aurait été trop facile et beaucoup trop
insultant à l'égard de ces pauvres bêtes !
La direction vous présente ses plus plates excuses pour la gêne occasionnée !
Bref, le bouffon tend un micro à son gourou et s'efface rapidement pour retourner dans l'ombre qu'il
n'aurait jamais dû quitter ! Je ne le supporte pas non plus, le Rocky Balboa du confinement !
Paraîtrait qu'il aurait fait de la boxe. Laisse-moi rire ! Imagine-le sur un ring avec un protège-dents
et un tutu !
Ne remercie pas, c'est cadeau !
Macron tapote sur la bonnette du micro et entame un discours digne des plus dangereux
psychopathes :


« Mesdames et Messieurs !... A une soirée exceptionnelle, invités exceptionnels !... Je ne
vous parlerais pas de poudre de perlimpinpin, non ! »
Rire fournit de l'assemblée.



« Je ne vous dirais pas, non plus, de penser printemps car dorénavant, à partir de ce soir, je
vous assure que nous en aurons des printemps qui chantent et nous prendrons le contrôle de
ce monde !... Le nouvel ordre mondial, tant espéré par mes prédécesseurs, est enfin à notre
portée !... Grâce à mes amis ici présent, nous l'établirons sans trop de difficulté, gardez
éternellement nos privilèges et vivre ainsi en harmonie !... Je vous prie de faire un triomphe
à notre binôme de futurs supersoldats : l'ancien Colonel Paul Wildren et le sujet test
BE56 ! »

La salle s'allume soudainement pour faire place à un monticule de gradin rempli d'un publique en
transe ! Hystérie totale ! J'ai cru apercevoir soutifs, gaines et bas de contention voler dans
l'assistance ! On se serait cru un dimanche après-midi chez Drucker ! La vache, ça beugle de
partout ! Y a même une Ola qui débute dans une des tribunes du stade.
Eh ouais, mon Marcel. Ce que nous pensions être un planétarium est en fait un énorme stade de foot
indoor deux fois plus grand que le stade de France !
Toutes ces personnalités influentes sous la surface de la Terre : artistes, politiciens, journalistes, j'en
passe et des meilleurs, hurlant comme un seul homme ! C'est du pur délire !...
Le président se prenant sans doute pour Philippe Risoli me tend le micro, m'invite à dire quelques
mots et tout ce que je trouve à baver, c'est :


« Euh... Je vois que votre monde est rempli de certitude, alors allez tous vous faire... »

Mon présentateur du Juste Prix me reprend le crachoir, me coupe la parole et annonce telle une
rock-star :


« Merci beaucoup pour ces mots empreints de cette poésie si délicieuse qui vous
caractérisent mais maintenant, place aux réjouissances ! Que le spectacle commence ! »

La lumière s'éteint brusquement et un orchestre démarre une mélopée lancinante alors que danse,
tout autour de nous, de nombreux faisceaux colorés d'un rouge sang. Tout n'est qu'hologramme et
c'est d'une logique implacable. Va-t-en lancer un feu d'artifice en intérieur ! C'est comme si tu
faisais un feu de camp dans une chambre à coucher, ça n'a pas de sens !

Macron m'aide à me lever de mon fauteuil et ajoute :


« Profitez du moment !... Dommage que votre ami le hacker ne soit pas des nôtres... Eliott,
si je me souviens bien ?... Il aurait, sans nul doute, adoré tous nos gadgets... Comme vous
l'avez si gentiment suggéré pour ma compagne, il me semble qu'il aurait pris du plomb dans
l'aile, non ?... Vous m'en voyez navré et j'espère que le souvenir de ce terrible événement ne
vous gâchera pas la fête ?! »

Le salopard d'enculeur de mouche ! Tu vas me payer ça !
Je lui réponds du tac au tac :


« En parlant de nos amis respectifs, je ne vois pas Monsieur Castaner !... Rassurez-moi, il ne
lui est rien arrivé de fâcheux, j'espère ?... Oh pardon, suis-je bête ! J'avais oublié qu'Elli
l'avait refroidi avec l'aide d'un de vos Robocops !... »

Il posa la main sur mon épaule et la serra de plus en plus.


« Ne jouez pas trop au con avec moi. Je vous laisse avec vos amis mais pas sans
surveillance, cela va de soi !... En parlant de Robocop, regardez discrètement derrière
vous. »

Je me retourne et je vois l'autre androïde tout en noir se plaçant derrière Olivia et Lilli. Il tient dans
une de ses mains un katana qu'il place doucement près de la nuque de la petite fille.


« Vous voyez ? Il suffit d'un faux pas de votre part et ces deux charmantes jeunes femmes
ne verront pas la fin du spectacle... J'espère avoir été parfaitement clair !... Je vous souhaite
une très bonne soirée mes très chers amis ! »
...

Je te raconte pas comment ça bouillonne à l'intérieur !
Je me fais violence pour ne pas exploser tout ce ramassis de connards mais si je me loupe, j'en
connais deux qui risquent une décapitation rapide et bien dégagée derrière les oreilles.
Paul qui sentait que je ruminais, profita de notre semi-liberté :


« Bon, faut que je te parle... Pendant que tu t'occupais de ton élevage de cafards dans ton
hôtel cinq-étoiles, j'en ai profité pour aller faire le tour du propriétaire. J'ai demandé à la
mère Schiappa qu'elle me fasse une visite guidée des lieux... J'ai prétexté un intérêt soudain
pour leur projet et qu'étant nostalgique de mon ancien travail, j'aurais aimé revoir mes
anciens collègues... C'est pas possible d'être conne à ce point, elle m'a cru la dame pipi !
Bref, elle était toute contente que je la suive. On est passé dans différents étages de la base,
des trucs que je ne soupçonnais même pas l'existence et d'autres qui ont changé ou plutôt
évolué. »



« Vas-y, accouche ! »



« Premièrement, pour utiliser les ascenseurs, c'est le parcours du combattant. Toutes les
touches changent aléatoirement toutes les fins de semaine ! D'après l'autre neuneu, c'est une
sécurité supplémentaire en cas d'intrusion. De plus, l'engin vérifie l'empreinte digitale de
l'individu dès qu'il presse un bouton... Si la machine ne t'identifie pas, tu peux gueuler tout

ce que tu veux, l'ascenseur ne bougera pas d'un poil ! »
Il s'interrompt deux secondes, pour laisser passer un type qui cherchait une meilleure place pour
admirer le feu d'artifice.
J'ouvre grand les yeux !


« Mec ! T'as vu qui vient de passer devant nous, là ? C'est Hanouna, non ?... Attends, je vais
lui cracher dessus. Dans le noir, il ne verra pas d'où ça vient ! »

J'allais préparer un mollard style Père Ducrasse quand Paul me stoppa net :


« Arrête un peu ! On n'a pas le temps pour ces conneries ! Tu m'écoutes ou c'est moi qui t'en
balance un dans la tronche ? »



« Oh c'est bon, si on peut plus s'amuser... »

Il lève les yeux au ciel et reprend :


« Après plusieurs heures à entendre les questionnements philosophiques de Marlène sur les
Anges de la télé réalité et la reproduction des moules à marée basse, nous arrivions enfin à
l'étage scientifique !... Et là, accroches-toi !... Tout ce que je connaissais à totalement
changé !... D'abord, le personnel, qui était sous mes ordres, a été remplacé et devine qui le
nouveau Docteur ?... Le Professeur Raoult ! »

Si j'avais eu un dentier, il se serait enfui tellement j'ai ouvert la bouche de stupéfaction !


« Quoi ? Mister Chlorouquine ?... Je croyais que ce type était cloitré dans son institut à
Marseille !... Qu'est-ce qu'il fout là Gandalf ?... »



« J'en sais foutre rien mon con !... En tout cas, il n'a pas l'air d'être ici de gaieté de cœur... Ça
gueulait tellement de partout dans le labo que j'ai pas eu la permission de rentrer pour lui
poser quelques questions. Mais attend, le meilleur reste à venir ! Alors que je m'approchais
de la porte pour les saluer, un des scientifiques m'ayant sans doute reconnu, me la tout de
suite claquée au nez. Par contre, un truc de barjot : allongé sur une plaque d'autopsie, j'ai
clairement vu un être humain sauf qu'à la place de sa tête, c'était celle d'un pangolin !! »

Je te promets, Marcel, que ce fut très difficile de ne pas éclater de rire !


« Allez, arrête de te foutre de ma gueule, c'est pas le moment ! Dis plutôt que toi et Marlène
vous en avez profité pour picoler loin des regards indiscrets !... Je vois que pendant que je
moisissais comme un champignon dans ma cellule, Monsieur prenait du bon temps avec son
guide touristique !... Tu savais qu'elle avait écrit des bouquins d'cul toi ? »



« Putain ! Je plaisante pas connard !... Je suis, à deux cents pour cent, sûr de ce que j'ai
vu !... En plus, le machin était vivant, il gigotait sur la table !... Tu veux mon point de
vue ? »



« Bah, après tout, au point où on en est ! »



« Je pense que les gars essaient de reproduire ce qui a tellement bien marché pour nous deux
mais qu'avec le manque de cobaye fiable, ils font tout et n'importe quoi... Faut vraiment
qu'on fasse péter cet endroit le plus vite possible ! »



« Et t'as une idée, je suppose ? »



« Pas vraiment... J'ai juste pu récupérer sur le bureau de l'autre coconne, une copie des codes
de l'ascenseur. mais si on tente un truc, faut que ça soit obligatoirement cette semaine !
Après c'est foutu mon pote ! »



Yes !... C'est déjà un bon début ! Faut s'occuper de mettre à l'abri Olivia et la petite, on peut
rien tenter tant que ces saloperies de robots sont dans le coin. »

La soirée touche à sa fin. On nous fait sortir en priorité du stade, sans doute pour nous éviter une
séance de dédicace et nous nous retrouvons dans un appartement avec une chambre chacun. Ah ça,
ils savent recevoir et puis ça me changera de mon cachot...
Je crois que je vais passer la nuit à gamberger...
Je sais pas comment on va se sortir de ce merdier...
Y a des caméras partout dans l'appart', des androïdes ras la gueule et des dingues se baladant
librement dans tout le complexe...
J'ai cru entendre que demain, nous allions subir, Paul et moi, tout une batterie de tests et ça ne me
rassure nullement...
C'est pas gagné et encore, le mot est faible...
Pour la première fois de ma vie, je flippe, Marcel...


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