Interview Danika Frédéric L .pdf


Nom original: Interview-Danika Frédéric L.pdfAuteur: Frédéric LIVYNS

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Ecrivais- tu dans ton enfance ? Si oui, étais-ce déjà dans le genre dans lequel tu sévis
actuellement ? Si non, à quel âge as-tu commencé ?
Oui j’écrivais déjà dans mon enfance. J’ai commencé vers l’âge de 12 ans et mon premier
texte n’avait absolument rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui vu que c’était un poème qui
s’appelait « Ode au canal ». Près de la maison de mon enfance, il y avait un vieux canal près
duquel j’aimais me balader et / ou lire un bouquin allongé dans l’herbe et cela m’avait inspiré ☺
Avant de te lancer dans l'écriture d'un livre, es-tu plutôt architecte avec un plan structuré
ou freestyle donnant la part belle à l'improvisation ?
Alors, je suis plutôt ce qu’on appelle un écrivain instinctif ☺ Tout démarre d’une idée, d’un
flash, et ensuite toute l’histoire s’enchaîne dans mon esprit. Les personnages apparaissent,
interagissent entre eux et le récit se façonne petit à petit. Il m’est par contre arrivé de faire
exception à cette règle dans le cadre de l’écriture de ma trilogie des Grisommes. Comme il
s’agissait de tomes multiples, le plan de travail a été obligatoire afin d’éviter les incohérences.
Quelle est ton ambiance de travail, animée ou silencieuse, solitaire ou compagnie acceptée,
thé ou café ...?
Pour écrire, je mets toujours de la musique ☺ Au casque si je suis entouré afin de ne pas
déranger les autres. Mais toujours avec le volume à fond la caisse lol. Une bonne dose de métal,
rien de tel pour se laisser porter ;-) Par contre, pour les phases de correction, qui sont
rigoureuses, c’est le silence total afin que je puisse me concentrer.
J’ai malheureusement tendance à abuser du café et des cigarettes lorsque je suis en phase de
création.
Es-tu prêt à effectuer des changements dans tes habitudes d'écriture ? Changer de genre,
écrire en collaboration avec d'autres auteurs ?
Alors, j’ai déjà fait tous les changements possibles et imaginables ou presque lol. Comme je
n’écris qu’au gré de mes envies, même dans le cadre de projets commandés, j’ai touché un peu
à tout.
Mes premiers ouvrages n’étaient pas dans le registre fantastique et étaient écrits sous
pseudonyme (je n’avais aucune confiance en moi à l’époque) ☺
Mon premier roman était une chronique sociale désabusée avec l’alcoolisme et le suicide en
toile de fond. Mon second ouvrage était un roman noir dans lequel on suivait une femme dont
la vie bascule du jour au lendemain après le décès de sa mère. Mon troisième ouvrage était un
recueil de poésie ☺ Je me suis ensuite dirigé vers le fantastique tout naturellement car c’est
mon genre de lecture de prédilection avec la SF ☺
J’ai donc écrit 17 ouvrages de fantastique et remporté 4 prix littéraires (Prix Masterton en 2012
avec Les contes d’Amy, en 2015 avec Sutures et en 2018 avec The dark gates of terror et, en
2020, j’ai été élu par le jury du Prix Masterton Meilleur auteur francophone de fantastique de
la décennie 2010-2020).

J’ai également écrit des nouvelles pour enfants dans 3 recueils différents. L’un de ces recueils
présente la particularité d’avoir été écrit en collaboration avec des classes de 20 élèves environ
à travers la Belgique. J’ai également écrit 2 histoires avec ma fille aînée qui a une imagination
débordante.
Et, après avoir fait un roman de SF post apo paru l’année passée, une autre maison d’édition
m’a commandé un roman fantasy jeunesse se passant dans l’Egypte antique sur fond de
nécromancie.
Voilà pour la variation des genres jusqu’à présent.
J’ai également fait l’exercice du 4 mains car j’ai écrit en collaboration avec d’autres auteurs. Le
miroir du damné est coécrit avec JB Leblanc et les Initiés avec Sébastien Prudhomme-Asnar. J’ai
eu le privilège de publier un recueil de nouvelles avec Graham Masterton également : The dark
gates of madness. Deux autres romans sont en cours avec d’autres auteurs. C’est intéressant
et différent à chaque collaboration et ça vous pousse à sortir de votre zone de confort.
J’ai également participé à Collapsus temporis, une histoire de SF éditée chez L’ivre Book et
écrite avec 17 auteurs dont chacun prenait la suite de l’autre. Très difficile comme exercice de
style mais aussi amusant. Dans le même esprit, je viens de terminer le dernier tome d’une série
dont chaque volume est écrit par un auteur différent pour former une histoire complète. J’ai
eu la joie de participer au projet Uraeus (paru chez Nutty Sheep) qui reprenait des bases
identiques car il s’agit d’une histoire complète écrite avec 6 autres auteurs.
J’ai également scénarisé un long-métrage dont la bande-annonce (réalisée sous forme de court
métrage) a déjà remporté 7 prix internationaux (Angleterre, Italie, Allemagne, Etats-Unis…). Le
projet suit son cours même si tout est un peu en veille avec le Covid.
Je participe également à l’élaboration d’une bande dessinée tirée d’une de mes histoires et
également d’un jeu de rôle inspiré de mes univers. Ces deux derniers projets n’en sont qu’aux
premiers stades de développement mais c’est, une fois encore, très amusant.
Y a -t-il un sujet tabou que tu n'aborderas jamais dans tes écrits ?
Non, absolument aucun. J’ai déjà traité de sujets tels que le viol, la pédophilie, l’inceste
maternel… Je pars du principe qu’un personnage peut être raciste, homophobe ou tout ce que
vous voulez. Ils sont le reflet de la réalité et évoluent au milieu de personnes tout à fait
normales.
Je pars du principe qu’il faut instruire et éduquer, ce qui est la base pour résoudre les problèmes
de société. La censure n’en a jamais résolu aucun.
Suite à un retour de lecture qui "spoil " ton intrigue, comment réagis- tu ? Es-tu plutôt
tolérant ou intransigeant ?
Je dirais que je suis tolérant la première fois. Tout le monde peut faire des erreurs et se
laisser emporter par sa verve. Maintenant, il est clair que c’est dommageable. Cela m’est arrivé
une fois et j’ai gentiment contacté le chroniqueur en lui demandant de faire attention la

prochaine fois car ce n’était pas sympa pour les autres qui auraient envie de découvrir le roman.
Tout s’est très bien passé ☺
Quel est ton état d'esprit face au piratage ? Es-tu plutôt philosophe, c'est le jeu ou plutôt
révolté, c'est intolérable ?
Je suis plutôt philosophe. Je suis bien conscient que le piratage est une chose contre laquelle
on ne peut pas lutter de toute manière. Mais soyons sérieux deux minutes, cela existait bien
avant l’arrivée d’Internet. Qui n’a, à cette époque lointaine, jamais enregistré sur une K7 ou un
CD les morceaux d’un album loué à la médiathèque ? Qui n’a jamais prêté une VHS ou un DVD
à un pote ? C’était purement et simplement les prémices du piratage car c’était interdit par la
loi. C’est noté clairement avant chaque film. Il est vrai que à cette époque, le domaine du livre
était relativement épargné car les techniques de numérisation n’étaient pas ce qu’elle sont
aujourd’hui. Mais voilà, le secteur littéraire est à présent touché.
Certains lecteurs m’ont déjà avoué avoir découvert mon univers par le biais du téléchargement
illégal et, comme ils avaient aimé, ils ont décidé d’acheter plusieurs de mes ouvrages.
Bien sûr il y a la catégorie de personnes qui téléchargent tout (films, musique, livres…) et
n’achètent jamais rien. Et, en ce qui me concerne, j’ai autre chose à faire qu’à perdre en vain
mon énergie à les vilipender.
Je pourrais aussi rentrer dans le débat de certains éditeurs qui tendent le bâton pour se faire
battre car comment peut-on oser vendre des pdf ou epubs à 15 euros ? Il est clair que le prix
est un facteur de piratage. C’est un problème complexe qu’on ne résoudra pas d’un coup de
baguette magique.
Pour la question surprise : Puisque que je te fais peur....avec ce que tu sais de moi, ton
ressenti. Si je devais incarner un des personnages de tes livres, qui serais-je? et pourquoi ?
Puisque tu aimes bien poser des questions et que tu as l’air de t’intéresser aux autres, cela
démontre une ouverture d’esprit. Je te transposerai donc dans le Moyen-âge, à l’époque de
l’Inquisition. Je ferai de toi une héroïne adepte de la magie blanche qui, pour les regards obtus,
serait reléguée au rang de sorcière. La soif d’apprendre, à l’époque, était mal perçue lorsqu’on
touchait à certaines pratiques. Et, comme tu te passionnes pour ce qu’on appelle
communément la littérature noire, cela fait de toi une adepte des mauvais genres. Tu aurais
donc, au gré de mes envies littéraires, soit le sort funeste de finir en barbecue sur un bûcher
soit d’être sauvée in extremis… mais comme je suis rarement porté sur les fins heureuses,
prépare-toi à avoir littéralement le feu aux fesses lol.

C’est le moment où Frédéric devient bourreau….
Voici ma question: toi qui fait l'interview de nombreux auteurs quel regard portes-tu sur le
monde de l'édition en général?
De mon point de vue de lectrice, le mot qui me vient tout de suite à l’esprit est…prudence.

Chaque auteur choisit le type d’édition qu’il lui convient, l’important est d’abord de bien se
renseigner, de connaître ses besoins et ses capacités et ceux de son partenaire commercial.
Malheureusement, ce n’est pas toujours évident et certaines mésaventures nous le rappelle.
Beaucoup d’auteurs mériteraient leur chance mais les impératifs commerciaux donnent
gagnants les noms déjà connus.
Quant à la distribution…tout le monde n'a pas un libraire disponible et compréhensif. J’ai eu de
bonnes surprises, notamment de la part d’une accueillante bibliothécaire qui essaie de
satisfaire ses visiteurs. J’achète le plus souvent possible aux auteurs directement, dans
certaines librairies quand j’en ai l’occasion mais j’ai souvent recours à une plateforme décriée
par certains mais qui me livre sans poser de question.
Dans la rubrique « Balance ton auteur… », je dois dire que je n’ai pas à me plaindre. Je côtoie
des auteures et auteurs sympathiques. Le courant passe bien. (De toute façon vous n’avez pas
le choix ! ) Je ne pense pas être une intervieweuse tyrannique…faites gaffe, j’ai les noms…
Il existe deux raisons pour lesquelles je n’aborde pas un(e) auteur(e), je ne lis pas le genre dans
lequel il ou elle écrit et je ne lui fais pas perdre son temps ou j’ai déjà décidé quels seraient mes
achats. Ce n’est en aucun cas du dédain.
Je précise toutefois que je déteste les personnes dédaigneuses, qui jugent les autres et se
croient supérieures. Si vous appartenez à cette catégorie, vous ne me reverrez pas qui que
vous soyez!


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