2020 Environnement Développement Durable; Regard Multiple Tunisie Samir Meddeb.pdf


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Présentation synthétique de l’état de
l’environnement de Tunisie
Située, au Nord de l’Afrique en bordure de la mer Méditerranée avec une façade maritime d’environ
1 300 km, la Tunisie couvre une superficie de 163.610 km2 ; elle est découpée en 24 gouvernorats, et
plus de 270 municipalités ou agglomérations urbaines et six régions de planification. La population
totale de la Tunisie avoisine 11,6 millions d’habitants, concentrée autour de 70% sur le littoral.

Le capital naturel tunisien est limité et fragile
Pour ce qui est de son capital naturel, et du fait de sa position géographique marquée par une
aridité presque généralisée, les ressources naturelles en Tunisie et plus particulièrement les eaux,
les sols et la biodiversité sont limitées et inégalement réparties sur le territoire national.
A ce titre, il y a lieu à mentionner que le tunisien dispose en moyenne de 400 m3/an d’eaux
mobilisées pour l’ensemble des usages, soit en dessous du seuil de stress hydrique de 500 m3/an
admis à l’échelle internationale. Au niveau des ressources en sol, la Tunisie dispose d’environ 4.5
Millions d’hectares de terres arables, soit moins d’un demi-hectare par habitant ; pour ce qui est des
forêts, celles-ci couvrent un peu plus d’un million d’hectares, soit environ 1 000 m²/habitant et
environ 7 % de la surface nationale. Enfin pour ce qui est des ressources halieutiques, les mers
tunisiennes offrent annuellement et en moyenne autour de 150 000T de ressources exploitables, soit
autour de 15 kg/hab.

Le capital naturel tunisien est souvent surexploité
Cependant et bien que ce capital naturel soit limité, il subit aujourd’hui et depuis quelques
décennies une surexploitation qui s’amplifie et se généralise de plus en plus.
Les ressources en eau sont de plus en plus sollicitées avec apparition de graves phénomènes de
surexploitation des nappes souterraines. Les sols subissent sur plus de 75% de la surface nationale
différentes formes de désertification, hydrique, éolienne, ensablement, salinisation, urbanisation et
artificialisation d’une manière générale engendrant annuellement la perte de l’équivalent de 25 000
hectares de terres arables.
Le stock halieutique, quant à lui, fait apparaitre, en Tunisie, des signes sérieux de surexploitation ; les
captures se déclinent et les espèces mises sur le marché offrent souvent des dimensions inférieures à
celles autorisées. Les forêts, de leur côté, subissent certaines formes de dégradation et plus
particulièrement dans les zones convoitées par l’urbanisation et le tourisme ; un Million d’habitants
vit dans les forêts tunisiennes, entrainant de plus en plus et particulièrement depuis la révolution de
multiples formes de nuisances.
Enfin le littoral tunisien, zone considérée fragile et vulnérable, connait un phénomène de
littoralisation intense, conséquence d’une concentration exagérée de la population et de la majorité
des activités de développement ; plus de 70% de la population tunisienne y vit et environ les ¾ des
infrastructures routières, industrielles et touristiques y sont concentrées.
Au-delà des limites du capital naturel et de son niveau de surexploitation, celui-ci se trouve encore
aujourd’hui et malgré les grands efforts consentis, sous la pression de multiples formes de pollution
qui contribuent à sa dégradation et par conséquent à la détérioration de la santé humaine, et ceci à
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