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WYSTERIA COLLECTION
TOME #01

FAITH, 14 ans

Got a hole in my soul
Growing
Deeper and deeper

LE BRUIT DES CHAUSSURES CIRÉES FOULANT L’HERBE JAUNIE DE NOTRE JARDIN
ME PARAÎT ASSOURDISSANT. Cheveux bruns, roux, blonds. Faciès burinés, ronds, larges.
Voix aigües. Rires stridents. Un raz-de-marée d’adolescents et d’enfants inconnus courent
autour de la table au bout de laquelle je suis assise, droite, affublée d’un ridicule chapeau
d’anniversaire dont la ficelle écorche la peau de mon menton.

Je suffoque.
La robe trapèze que ma mère m’a forcée à enfiler pour l’occasion m’enserre le cou. Ma tresse
me dérange. Je la sens frapper la mesure dans mon dos, alors que la brise estivale hérisse les
poils de mes bras. J’observe le vacarme ambiant sans vraiment regarder, trop obnubilée par
le sentiment furieux qui grossit, encore et encore, dans ma poitrine, creusant le trou de mon
désarroi. Je vois rouge. Je vois noir. Un peu de sang au cœur, trop de douleur à l’âme.
Voilà pourquoi je ne voulais pas fêter mon anniversaire. Qu’est-ce que quatorze ans, au final ?
Juste une passade stupide, une année qui s’envole, un adieu éphémère qui se répètera au
bout des douze mois suivants comme une vieille rengaine que l’on se lasse d’énoncer. Je n’ai
pas besoin de tout ça, de ces artifices de princesse. Je ne suis pas une princesse, putain.

J’ai envie de m’enfuir.
La musique est insupportable. Trop pinky, trop pailletée. Elle résonne dans mes entrailles,
trace des sillons arc-en-ciel du bout de ses notes qui font enfler le vermeille de mes veines

enragées, alors que les banderoles bon-marché accrochées aux fenêtres fanfaronnent dans le
vide. Tout est trop. L’enfer en moi le hurle. La danse de sourires étrangers me donne le tournis.

Ce n’est pas ce que je voulais.
Je me lève brusquement de ma chaise. Ma couronne s’affaisse lentement. Je peux presque
entendre le fracas de sa chute imaginée sous la tulle mélodique qui tourne en boucle dans ma
tête. Ma cage thoracique se contracte comme un étau autour de mes battements anarchiques.
Mes yeux partent en quête d’un visage familier, d’une quelconque source d’amour par-delà la
brume grisâtre de mon angoisse, en vain. Je n’ai rien à quoi me raccrocher dans cette débâcle
de feu et de faux.
Je veux de l’air, quelque chose de tangible, n’importe quoi pour me sortir de ma colère, pour
faire taire le démon qui inonde mes poumons de souffre.
Le soleil décline à l’horizon. Je contemple la façade brunie de notre maison, une jolie bâtisse
de briques rougeâtres que les derniers rayons du jour échauffent. C’est un bel endroit, du
genre à figurer sur une carte postale. Un endroit neuf, qui nous coûte un bras tous les mois
et dans lequel se joue le mauvais spectacle de la petite famille parfaite. Un endroit de
mensonges fortifiés et de chimères en cavale.
Les griffes se resserrent autour de ma gorge. J’ai des désirs sombres, des désirs qui
s’invectivent dans la fente opaque de mes ténèbres. C’est la partie de moi que je hais, celle
qui serait prête à tout pour un peu d’attention, quitte à tout détruire sur son passage.

Cette vie me file la gerbe.
Le grincement de la bais vitrée claque dans l’atmosphère lourde. Ma mère apparaît dans
l’embrasure, aussi rayonnante qu’une bougie dans le noir, ses beaux cheveux d’or dessinant
des motifs dentelés sur les côtés de son faciès heureux. Son expression est aussi violente
qu’une gifle assénée contre ma joue meurtrie. Elle sourit, de ces sourires absolus qui font
chavirer une conscience. Mais ce n’est pas moi qu’elle voit. Ce n’est pas pour moi. Ça ne l’est
jamais.
La réalité alourdit mes paupières de milles maux. Je les presse, fort, au point de sentir mes
globes oculaires se renfoncer dans leur cachette, loin. Ma respiration n’est plus qu’un sifflement
éteint.

⎯⎯⎯⎯⎯⎯

Ma chérie, tu es là !

Va-t’en. Pitié.
Je n’allais quand même pas louper l’anniversaire de mon adorable petite
sœur.
⎯⎯⎯⎯⎯⎯

L’amertume émerge sur le bout de ma langue. C’est un touché coulé qui m’étripe les entrailles,
un raté qui perfore mon cœur marqué. Les pas précipités qui contournent ma silhouette
estompée finissent de déformer le mouvement amorphe de mes lèvres. Les larmes

s’agglutinent sous mes cils. Je n’ai pas besoin de voir pour savoir que l’audience est captivée.
C’est l’effet qu’Amber Callahan a sur tous. Tous sauf moi. Parce qu’elle a ce rictus ridiculement
sincère que personne ne semble remarquer. Ce rictus qui m’est adressé. Ce rictus qui en dit
tellement plus que ses mots d’ambroisie à la saveur de rouille.
J’inspire autant que se peut. Je dérobe l’oxygène pour tenter d’effacer la bosse qui obstrue ma
poitrine et affronte ses prunelles moqueuses. Mes orteils remuent à l’intérieur de mes
ballerines trop petites ; ses vieilles godasses vernis et ternes que l’on m’a refilé lorsqu’elle a
cessé de les porter. Mes doigts s’agrippent à la chaise. C’est un geste de faiblesse, un geste
désespéré, mais je n’ai pas le temps de m’attarder sur mes fêlures. Amber fend la masse, à
l’instar d’une épée sortie de son fourreau, et fond sur moi de sa démarche élégante, ses
mèches de miel coulant le long de son dos nu comme de la lumière liquide. Je m’apprête à
reculer, à m’éloigner le plus loin possible de cette mascarade, mais mon souffle se coupe. Je
suis prisonnière de son étreinte, captive de sa caresse qui dessine un chemin le long de mon
échine. Un putain de chemin direction le Néant.

⎯⎯⎯⎯⎯⎯

Désolée d’arriver si tard, j’espère que tu ne m’en veux pas trop.

Elle me tapote le haut du crâne. Le satin de sa robe de créateur frotte contre la peau de ma
jambe et j’ai envie de hurler. Tout ce joyeux petit peuple nous observe, aveugle, engoncé dans
ce qu’il pense être certain et ma fureur se plie, se tord. C’est si douloureux, si atroce que j’en
crève à chaque pensée. Et elle le sait. Dieu que ça l’amuse ! Parce que je ne peux rien faire.
Ni répliquer, ni frapper, ni disparaître. Je suis enchaînée à cette scène, à ce spectacle de
malheur, destinée à n’être jamais rien de plus qu’une poupée de chiffon entre les mains
parfaitement manucurées de ma si parfaite grande-sœur que l’on adule, que l’on prie, que l’on
glorifie à chaque instant de cette foutue existence.
Je suis destinée à être le monstre de la farce et ça me tue parce que c’est comme ça que j’ai
toujours vécu.

Dans l’ombre du Diable qui se vêt de Prada et de Dior.

FAITH, 27 ans

AND WHEN HER HALO BROKE
SHE CARVED THE TWO HALVES
INTO THORNS

Départ de Californie. Retour à New-York pour Faith. Découverte du penthouse où va
loger le groupe jusqu’à la fin de leur contrat.

FAITH, 27 ans

LEAVE ME ALONE
I’M COLD AND ROTTEN
AND INDIFFERENT

Faith se rend à la première réunion induite par le contrat qu’a signé sa maison de
disque afin de rencontrer le réalisateur avec lequel elle est supposée travailler pour la bandeson.

LUHA, 29 ans

YOUR EYES
STOLE ALL MY WORDS
AWAY

Introduction du personnage d’Hael (l’un des meilleurs amis de Luha) et vague mention
du frère de Faith, Ozmen (l’autre meilleur ami de Luha). Soirée dans un club branché.
Connection entre Hael et Faith.

FAITH, 27 ans

WE’LL NEVER BE
THOSE KIDS AGAIN

Introdution du personnage de Sunny (la meilleure amie de Faith depuis qu’elles sont
petites). Retrouvailles Sunny, Faith et Hero aux Merveilles, le café de Sunny.

LUHA, 17 ans

SHE WALKED IN MOON DUST
AND STARS WERE SPRINKLED
IN HER HAIR

Luha rencontre Faith pour la première fois (pour lui) dans la salle de bain des Callahan
lors d’une soirée organisée par Amber.


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