Le Nom de l'Homme recueil poèmes 16:01:21.pdf


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Le Zinc

La nuit fond sur mon zinc de cendre et d’acier.
Tout autour, des rayons de lune caressent la froideur de mes os. Terminal sans
germe, matrice déglinguée, silence larvé étouffé de poèmes vains, j’attends que
passe l’éternité, et la mort ne vient toujours pas, longue au mal. Et au silence.
Bientôt ce sera demain, et déjà l’ennui me gagne car je suis un damné, et je bois la
vie, ivre, je meurs et je ressuscite en chaque instant.
C’est une nuit sans commencement et sans fin, et le jour, une ombre qui plane, et
les météorites, des coquelicots arrachés à leur virginale saison retombent en nuées
de pétales luisants, et se ramassent à la pelle aux heures précoces où les uns
naissent, et les autres n’en finissent plus d’embrasser l’horizon hésitant.
C’est un vaste territoire que celui de la mort, et plus encore, celui de la vie, lueur
démente qui vacille jusqu’au dernier souffle, tandis que l’asphyxie guette le fond de
mes tranchées et que l’air me parvient par des voies inconnues et impénétrables.
Je ne céderai pas, car mes songes d’argile dessinent les bas-reliefs d’un ailleurs
riverain, et je sais, malgré les plaintes douces que me font en écho les vallées de
chagrin, je sais oui, j’en suis même certain, que j’irai recueillir la rosée qui s’épanche
sur mon propre chemin.