[Dans l’ombre du loup. Approche géopolitique d'un prédateur transfrontalier].pdf


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Cette extension géographique, qui peut donner l’impression d’un loup
omniprésent, doit être relativisé, car il s’agit d’un animal rapide qui traverse
sans s’y arrêter différents territoires. Par ailleurs, « Le comptage national n’est
pas complètement pertinent dans la mesure où une partie des meutes sont
transfrontalières : les espaces considérés comme des marges ou des marches
pour l’homme sont parfois au cœur des territoires animaux.4 »
Les facteurs ayant facilité le repeuplement du loup sont multiples :
-Facteurs institutionnels : « Le loup est une espèce protégée par la convention
de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en
Europe de 1979, ratifiée par la France en 1989, ainsi que par la directive
européenne « Habitats » et par la Convention de Washington (Cites). Il figure
sur la liste des mammifères protégés sur l’ensemble du territoire national. À ces
divers titres, le loup fait l’objet d’une interdiction totale de détention, capture,
mise à mort intentionnelle et de perturbation intentionnelle. »
-Jean-Benoît Bouron, « Le Plan Loup, une réponse de l’État à un conflit socioenvironnemental », Géoconfluences, avril 2017. URL :
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/eclairage/plan-loup/
Cette intervention publique accrue doit être remplacée dans le contexte des
années 1980-1990, au cours desquels la gauche française a mis en œuvre une
stratégie élaborée dès les années 1960, afin d’arracher à la droite de nombreux
bastions dans les régions de montagnes : « Si la politique gaulliste a incarné une
vision « prométhéenne » du développement en montagne, la vision socialiste
serait davantage « icarienne », si l’on donne à ces termes le sens, défini par J.P. Bozonnet, de conquête, exploitation et maîtrise de la nature dans un cas, de
préservation et adaptation au milieu dans l’autre.5 »
-Facteurs socio-territoriaux et écologiques : Les zones de montagnes
françaises sont « les plus touchées par une diminution de l’usage et de la
modification du milieu par les activités humaines. Les plans de chasse et des
programmes de réintroduction d’espèces gibiers ont contribué à la
reconstitution des populations de proie nécessaires au loup (chamois, mouflons,
cervidés). La présence de nombreuses aires protégées alpines accroît le degré
de protection de l’espèce.6 »
4

Farid Benhammou, « Protéger l’ours et le loup en France », op. cité.

5

Céline Broggio, « La politique de la montagne en France. Représentations, discours et montagne »,
Hérodote, 2002/4 (N°107), p. 147-158. DOI : 10.3917/her.107.0147. URL : https://www.cairnint.info/revue-herodote-2002-4-page-147.htm
6
Farid Benhammou, « Protéger l’ours et le loup en France », op. cité.
4