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L’ÉDITO
MERCREDI 26 MAI 2021 N° 28

Qui lancera l’appel au sursaut?
Mesdames, Messieurs, Chers Lecteurs,

Certaines Photos à titre illustratif et associatif -Aucune revente -Source Google nous n’avons aucun droits sur les photos

L

es émeutes au Sénégal du premier trimestre 2021 ont
donné l’occasion de mesurer les capacités d’entraînement
et de dissuasion des autorités religieuses. En effet, la Conférence épiscopale de la province ecclésiastique de Dakar
avait appelé à l’apaisement, dans une déclaration lue le lundi 8 mars par Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar,
suite à de violentes manifestations faisant suite à l’arrestation de l’opposant politique Ousmane Sonko. Dans la même
séquence, une chercheuse belge faisait remarquer que l’absence de réaction des imams et des marabouts qui n’avaient
pas lancé d’appels au calme, face à ce mouvement de soutien à Ousmane Sonko, fervent musulman. Ce silence des
imams laisse ainsi deviner combien leur recommandation
est importante dans ce pays comptant lui aussi plus de 90%
de musulmans. Mais posons tout de suite ici que le phénomène qui nous intéresse ici est moins le fait religieux que
l’Autorité morale qui en émane. L’Autorité morale entendue
au sens du socle de valeurs et de croyances pouvant déterminer un groupe ou un individu à agir ou pas, à s’indigner
ou pas. Cette Autorité morale peut être incarnée par une
personne physique, une institution, un organe communautaire, etc. du Nigéria dont il est issu. Neuf ans et un AVC plus

F

ort de ce qui précède, nous vous invitons cher(e) lecteur,
lectrice, à rechercher avec nous la personne ou l’institution
incarnant, au Gabon, de façon effective cette Autorité morale qui est capable d’enjoindre de protester ou de ce cesser
de revendiquer, comme ce fut le cas au Sénégal, au Mali et
sans doute encore ailleurs. Pour rappel, il n’est point question de chercher ici un « Leader », mais bien une Autorité
morale entendue dans les termes que nous avons posés
plus haut. Prenons donc notre « torche » et cherchons.

D

ans notre inventaire des groupes susceptibles d’incarner et de donner une injonction au titre de recouvrement de la dignité au nom de la Morale, nous écartons
d’emblée les partis politiques et les syndicats. Les premiers sont écartés car nous les tenons pour partie responsables de la dégradation des institutions et des mœurs du
fait de leur approbation, même passive, des agissements
du régime criminel et illégitime Bongo-PDG. Quant aux
syndicats, force est de reconnaître que ce sont les rares
groupements, bien que corporatistes, qui n’ont de cesse
de revendiquer et d’appeler à la justice et à l’équité face à
l’imposture du régime qui a pris en otage les institutions
gabonaises et dépravé nos mœurs.

C

ommençons notre recherche en scrutant l’offre religieuse au Gabon. Dans une étude de Mélanie Soiron Fallut
pour le Ministère de la Défense de la France – Délégation
aux Affaires stratégiques de juillet 2012, il est posé qu’au
Gabon, l’aspect matérialiste des églises précède les acceptions mystiques, même si celles-ci n’en sont pas moins signifiantes.

En cela, le Dieu des églises de réveil est un Dieu protecteur
qui délégitime l’autorité de la tradition. Face à des régimes
politiques vécus comme immuables, et sur lesquels les individus pensent ne pas avoir d’emprise (à travers des moyens
classiques tels que des élections ou la pression médiatique),
l’église de réveil devient un espace de liberté de parole (et
donc de critique). On peut donc supposer que les églises du
réveil ont un socle de valeurs susceptibles d’engendrer l’Autorité morale que nous recherchons. Cependant, depuis les
événements d’août 2016, il n’y a eu de la part de ces églises
ni invitation, ni injonction à s’indigner ou à protester. Et au
cas où il y en aurait eu, cette injonction-invitation a sans
doute manqué d’autorité et d’incarnation, puisqu’aucune
action de masse n’a suivi depuis lors.
Au lendemain des événements tragiques de 2016, le président de la conférence épiscopale du Gabon avait préconisé le recompte des voix pour départager les deux camps
politiques. Comme s’il ne s’agissait que d’un simple contentieux électoral.

A

vec la crise sanitaire liée au covid19, des tensions
étaient nées entre les chrétiens et le gouvernement gabonais autour de la date de réouverture des lieux de culte. Des
protestations pacifiques furent organisées par les congrégations catholiques du Gabon. Mais les espoirs suscités par
ces protestations s’évanouirent avec la même vitesse que
les sons de cloches des églises que l’on entend au loin.

E

t que dire du groupe musulman du Gabon ? Rien. Si ce
n’est rappelé que Ali Bongo est le raïs du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon (CSAIG). A ce titre, la
position officielle d’Ali Bongo est aussi celle du CSAIG.
Nous rappelons toutefois qu’une large part de la communauté musulmane du Gabon désapprouve le régime criminel du raïs Ali Bongo et même le combat. Mais à l’instar des
obédiences sœurs judéo-chrétiennes, l’Islam du Gabon
reste muet et n’offre pas, jusqu’ici, la réponse à notre quête
d’Autorité morale.

Cher(e) lecteur, lectrice
soyons justes et allons
également chercher du côté
de nos croyances dites
traditionnelles. Peut-être y
a-t-il un socle de référence
à même de faire montre
d’Autorité morale.

E

n 1506, João Ier meurt. Afonso et son demi-frère Mpanzu a Kitima, à la tête de la faction hostile au christianisme,
se disputent la succession. Bien que d’abord intronisé roi,
Mpanzu a Kitima est vaincu par Afonso lors de la bataille de
Mbanza Kongo. Afonso explique cette victoire par un événement miraculeux, à savoir l’apparition de saint Jacques
et de cavaliers célestes qui auraient fait fuir les troupes adverses et conduit à la mise à mort de Mpanzu a Kitima.

D

L

a bataille de Mbanza Kongo marque en notre sens,
peut-être à tort, la défaite définitive, quoique progressive,
du Bwiti et tous les rites et traditions apparentés face au
Christianisme. Nous posons donc que l’Ordre Moral qui a
présidé au destin politique et sociétal de l’enclos colonial
désigné sous le vocable « Gabon » est d’abord judéo-chrétien, à défaut d’être laïc. La raison en est que l’élite politique gabonaise appelée à diriger le Gabon au lendemain
de « l’indépendance » a dans sa majorité été formée par des
missionnaires judéo-chrétiens. En dehors de la Franc-maçonnerie, les valeurs morales émanant des sociétés traditionnelles (Bwiti, Mwiri, Ndjobi, Melan…) sont entrées dans
un mode de survivance-résistance et n’ont plus, jusqu’à ce
jour, eu l’occasion de conduire le destin politique du Gabon.
L’ordre moral Bwiti et apparenté a été vaincu 1506. Depuis
2016, les réminiscences de cet ordre dans l’espace politique
sont désormais entretenues par la Diaspora dite résistante.
Et d’ailleurs…

ans une note réalisée par Delphine Lecoutre pour l’Ifri au
profit de la Direction générale des relations internationales
et de la stratégie du ministère des Armées de l’Etat Français,
l’auteur indique que la Diaspora exerce une pression sur
Jean Ping afin que ce dernier continue de résister au régime.
Par référence au ngoze qui est une cérémonie cultuelle du
Bwiti un groupe de ngozistes, vêtus de tenues traditionnelles
(pagnes noirs et rouges) et arborant parfois des torches de
résine d’okoumé, a été créé dès septembre 2016 au sein
de la diaspora afin d’animer les sit-in et les marches au
Trocadéro. Autre réminiscence, le mot ntsam en langue fang
qui signifie « désordre, bagarre et révolte ». Les ntchameurs
agissent de manière déterminée et pacifique. Ils mènent, au
risque d’être interpellés par les services de police française,
des opérations « coup de poing », mais non violentes, qui
prennent généralement la forme de véhémentes interpellations de représentants de l’Etat gabonais signalés lors de
leur passage en France. Les ntchameurs ont pour objectif
de faire bouger les lignes du rapport de forces dans le sens
d’une désacralisation de ce qu’ils appellent « l’hyperpouvoir
» des autorités gabonaises.

L
…Il n’y a pas de raison que
la Diaspora échappe à notre
quête d’Autorité morale.

es actions innombrables de la Diaspora s’inscrivent dans
un contexte de « résistance » à un régime politique criminel
et illégitime. Mais ces actions et les appels qui les accompagnent ne procèdent d’aucune Autorité. Autrement dit, la
Diaspora ne peut pas délivrer des commandements moraux
pouvant déterminer un groupe précis de personnes à une
responsabilité morale ou mystique les obligeant à agir ou
pas.

Cher(e) lecteur, lectrice ne
nous arrêtons pas ici. Continuons notre inventaire dans
les groupes sociolinguistiques du Gabon, peut-être
ont-ils proposé cette Autorité
morale que nous cherchons,
presque comme le fit
Diogène en son temps.

L

orsque le 3 décembre 2019, l’ ex ministre de l’Eau et des
Ressources hydrauliques Tony Ondo Mba fut mis aux arrêts
par la Direction générale des recherches (DGR) et de la Direction des services de la contre ingérence et de la sécurité
nationale (B2), tous les deux au service du régime usurpateur, un groupe d’individus ressortissants de la commune
d’Oyem fit une déclaration en tant que « notables » et «
oncles » du détenu. Rien à voir donc avec l’Autorité morale
se préoccupant du bien-être de la collectivité nationale.
Nos « tontons du Grand Nord » sont les symptômes du vide
qui motive la présente quête.

R

evenons un temps dans l’Estuaire. Le 1er août 2019,
l’acteur Samuel L. Jackson reçut un passeport gabonais des mains d’Alain Claude Bilie-By-Nzé, le ministre
des Affaires étrangères. L’Américain, se réclamant du
groupe Benga, répondait ainsi à l’appel au retour lancé
par l’usurpateur Ali Bongo Ondimba en 2017, à l’adresse

des afro-descendants. L’acteur fut reçu par un cérémonial
digne d’un prince. Outre cette distribution de passeport,
nos frères du Cap n’ont rien dit, ni sur les drames de 2016
ni sur l’ensemble de l’imposture du régime Bongo-PDG
depuis 5 ans. L’Autorité morale que nous cherchons ne se
trouve donc pas du côté du Cap-Esterias. Souhaitons que
l’avenir nous fasse mentir !

C

omme s’il fallait absolument entretenir une certaine
réputation, nos frères du Sud du Gabon ont simplement
rajouté le comique au tragique. En effet, dans un article
en date du 27 avril 2021, le site gabonmediatime.com
rapportait qu’à la faveur d’une tournée de sensibilisation effectuée auprès des populations sur le respect des
gestes barrières, le maire de Tchibanga fut interpellé sur
une vague d’actes de sorcellerie. Ce fut pour Jean Charles
Yembit Yembit l’occasion de demander aux « chiens mystiques, fantômes et autres sorciers » d’arrêter de troubler la quiétude des populations. Des images de cette
rencontre circulent encore dans les différents groupes
WhatsApp. Même si c’est à ce groupe du Sud que nous
devons le célèbre pseudonyme « Ibubu » du zombie en
tournage de film d’horreur au 10 downing street London,
fort est de reconnaître qu’aucune Autorité morale n’est
pour le moment sortie des groupes du Sud. Nous nous
contenterons donc du Ikokou qui rend moins pénibles les
brimades de la bongocratie.

A l’image des 3 groupes sociolinguistiques impli-

citement cités à titre d’exemple dans les lignes qui
précèdent, aucun groupe autochtone du Gabon
n’a réussi à proposer un socle moral de référence
qui embrasse l’intérêt national et fasse montre
d’autorité. Jusqu’ici, seuls des intérêts partisans
avec des relents de népotisme ont eu des échos
médiatiques, très loin de l’Autorité morale autour
de laquelle les Gabonais seraient susceptibles de
se rassembler pour reprendre et reconstruire leur
pays, leur Nation. Pourtant, des exemples de protestations autochtones existent. Le 18 novembre
2019, les populations de Mimongo avaient lancé
un mouvement de grève occasionnant le blocage
de toutes les administrations du chef-lieu du département de l’Ogoulou, dans la province de la
Ngounié. A l’heure où nous rédigeons le présent
édito, les populations de Mékambo sont debout
pour les mêmes raisons. Comme le martelait encore Bob le fou, la reprise en main du pays ne doit
pas attendre la venue d’un messie, d’un leader ou
d’une Autorité morale. Chacun doit avoir à cœur
de défendre la dignité humaine, la dignité de tout
le Gabon. Abime té !
Le Service Communication & Relations Publiques
Nous contacter : tropctrop241@gmail.com


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