Un vécu marocain réfractaire (1972) par Kacem BASFAO


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Ce bref écrit inédit, édité en fac-similé (25 pages), date de 1972. Un jeune étudiant marocain poursuivant ses études en France cherche à y penser à distance, et en franc-tireur, les paramètres de base de son itinéraire intellectuel. Un texte de résistance individuelle singulière contre la forme, le formatage et les discours de cette décennie marquée par Mai 68 et par la lutte contre les systèmes établis et la croyance encore vive en des lendemains qui chantent. Il révèle, à une époque où s’exprimer est inévitablement prendre position et dévoiler sa vision du monde, un état d’esprit réfractaire au prêt à penser alors en vogue.

Nom original: Un vécu marocain réfractaire__Kacem-BASFAO_PDF-Archivable.pdf
Titre: Un vécu marocain réfractaire (1972)
Auteur: Kacem BASFAO
Éditeur: Le Trimard
Mots-clés: Récit de vie, Texte, Maroc, Position, Histoire, Maghreb, Mai 68, Littérature

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Kacem BASFAO

Un vécu marocain réfractaire
(1972)

Collection Archives n° 1

EDITIONS LE TRIMARD
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Editions LE TRIMARD
Collection Archives n° 1 / Série Documents
© Kacem BASFAO (1972, 2022)
(Tapuscrit original : 1972 ; fac-similé numérique : août 2022)
ISNI : 0000 0000 3972 9721

Partage du fichier autorisé aux conditions suivantes : Attribution, pas d’utilisation
commerciale, pas de modification.
Composition Editions Le Trimard
Aix-en-Provence
PDF mis en ligne : août 2022. 39 pages
Dépôt légal : août 2022
ISBN : 978-2-38505-000-9

C

Présentation

e bref écrit, édité en fac-similé, date de 1972. Un jeune étudiant

marocain poursuivant ses études en France cherche à y penser à distance,
et en franc-tireur, les paramètres de base de son itinéraire intellectuel. Un
texte de résistance individuelle singulière contre la forme, le formatage et
les discours de cette décennie marquée par Mai 68 et par la lutte contre
les systèmes établis et la croyance encore vive en des lendemains qui
chantent. Il révèle, à une époque où s’exprimer est inévitablement
prendre position et dévoiler sa vision du monde, un état d’esprit
réfractaire au prêt à penser alors en vogue.

Sommaire

Avant-propos …………………………………………………..……………..… 4
Un vécu marocain réfractaire (1972) …………………………………. 10
Biobibliographie succincte ….…………………….…………………..…... 37

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Avant-propos
Ce petit fascicule numérique est la première brique d’une entreprise qui projette de
collecter et classer quelques documents clefs de mon parcours intellectuel et
artistique. Cet écrit date de 1972. Il fut donc pensé et rédigé voici un demi-siècle.
Parti pris d’archivage pour donner sa chance à la durée et à la mémoire. Dans une
aire où la transmission a toujours été, depuis la nuit des temps, question de survie
pour l’amazighité, matérialiser cette mémoire est résistance irréductible et
réfractaire.
Sérier et publier des documents bruts de décoffrage, sans retouche. En fac-similé
pour assurer l’incontestable authenticité des pièces. Si je choisis l’édition numérique
ouverte pour les éditer, c’est que je pense que c’est le support et la modalité idoines
pour mener à bon terme pareil programme, sans se soucier de coût, de masse
critique de lectorat, de marché, de rendement ou de retour. Utiliser au mieux l’outil
électronique pour produire de manière indépendante et en dehors du canal
marchand. Et ce sans sacrifier l’exigence éditoriale et la qualité de la présentation.
C’est le moins que l’on puisse attendre de quelqu’un qui a fondé, et dirigé dix années
durant, par passion bibliophile, une filière universitaire « Métiers du livre ».
Décider de la publication, sans appareillage critique, de cette première trace
retrouvée de mon itinéraire intellectuel est l’assumer comme texte fondateur d’un
parcours toujours en cheminement. A sa lecture, je suis saisi par sa cohérence avec
mon approche actuelle des mêmes thématiques. Le contexte a évolué et la forme a
certes changé, mais l’essentiel de la vision et de l’analyse demeure. Rien à relativiser
ou à contextualiser pour faire passer une vision que l’histoire aurait démentie : La
veste me sied telle quelle, aucun besoin de la retourner comme nombre de mes
condisciples de l’époque.
Rendre mes premiers textes publics est aussi un effet du désir d’en éprouver la
cohérence et la tenue sur le long terme. S’inaugure ici un travail de longue haleine :
retrouver pierre à pierre, mettre au jour et en perspective les traces disséminées d’un
itinéraire intellectuel et créatif pour en édifier les étapes et les interroger. Les
morceaux d’une mosaïque à recomposer et sur laquelle je m’interroge au seuil d’un
retrait qui a opté pour couper le cordon ombilical avec l’enseignement universitaire
mais qui se refuse à baisser avant terme le rideau de la vie et de l’activité
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intellectuelle. Tenter de mettre à plat mon parcours est façon de me retrouver et de
ranger une part passée que j’ai la faiblesse de croire significative et représentative
d’une époque. Et ce d’autant plus que nous n’étions pas si nombreux, début des
années 70, de Marocains, à poursuivre des études supérieures. Qui plus est de
littérature. Une manière aussi de connecter à ses prémisses le nouveau projet de
réflexion et de création dans lequel je me lance.
Je dois avouer qu’à observer a posteriori ces positions prises en 1972, la précocité, la
détermination de l’hétérodoxie et la maturité des analyses m’étonnent : La résistance
aux lieux communs et aux postures idéologiques alors dominantes ou en vogue
comme révolutionnaires, et la marque d’une distanciation qui semble venir de loin,
me troublent. Que ce soit sur la question des langues, de la culture « nationale » ou
sur la perception du système de reproduction politique du pouvoir, l’évolution
historique des choses démontre que la vision était pour le moins pertinente. Dans
l’ombre d’un questionnement préliminaire au mémoire de maîtrise soutenu la même
année, ce travail de clarification et d’analyse de la situation d’où il part et d’où il parle
joue une musique différente de celle dont la revue Souffles se faisait au même
moment le chantre, si ce n’est le propagandiste. Là réside aussi son intérêt, s’il en est
un, en matière d’histoire des idées.
Le positivisme des théories littéraires à la mode et l’esthétique de l’écriture des
nouveaux romanciers, alors à l’apogée de leur reconnaissance par l’université
française où je poursuivais mes études, ne trouvent pas non plus d’écho dans ce texte
pourtant adossé à un travail académique qui se voulait pleinement de son temps
mais rétif à toute pression de domination modale.
J’évoque dès l’entrée en matière de ce texte mon intérêt, qui remonte aux années
soixante, pour l’étude de l’œuvre de Driss Chraïbi, écrivain marocain de taille oublié
et mis à l’écart par les politiques et les intellectuels du système. Ce n’est qu’en 1967,
dans son numéro 5, que les jeunes écrivains révoltés de la revue Souffles vont
prendre sa défense et le revendiquer comme précurseur. Il va sans dire que je ne me
sentais nulle affinité avec Ahmed Sefrioui et sa représentation du Maroc. La
sensibilité de Driss Chraïbi et son œuvre, commençante (le septième titre venait
d’être publié) mais déjà marquante, a retenu mon attention de lecteur et de
chercheur. Cet intérêt d’analyste durera des décennies durant. Cette focalisation, à
un moment où l’écrivain était très loin d’avoir la reconnaissance d’aujourd’hui, a fait
le lit, trois ans après, dès 1975 donc, à l’occasion d’un entretien-fleuve, à une amitié
avec l’auteur qui a duré plus de trente ans. Des échanges qui fourniront matière à un
ouvrage à venir aux mêmes éditions. Outre l’annonce de ce champ d’investigation
doctoral, je retrouve aussi dans ce premier texte une fidélité jamais démentie à
l’interrogation de mes attaches (le Maghreb, et tout particulièrement le Maroc :
histoire, identité et culture, langue, rapport au monde, etc.).

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Divergence d’étudiant qui n’avait pas de support de publication à sa disposition ni
bien entendu l’outrecuidance, ou la témérité, de se proclamer urbi et orbi mais qui
néanmoins s’activait, s’écrivait et s’endossait à contre courant.
La résistance seule assure la survie de la culture amazighe qui m’irrigue (elle est
déployée depuis des millénaires). Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été
ressenti comme un électron libre. Roseau ployant pour laisser passer la tempête,
résistant de l’ombre têtu, je me pose et m’impose encore comme tel, là, comme
l’arrondi des rochers granitiques de Tafraout travaillés d’éternité par des éléments
climatiques contraires. Afin de mieux déployer mes ailes de terrien, je revendique
dans cet opuscule mes tenants et mes aboutissants envers et contre les forces qui
cherchent à laminer ces vives différences.
Mon aménité (je pense être un faux gentil) est peur de blesser l’autre et détestation
de l’agressivité et du conflit ouvert. Sauf à me retrouver acculé. En ce sens, je suis
d’ordinaire un adepte de la pensée du peintre Henri Moret : « On ne peut jamais être
neutre. Le silence est une opinion ». Mais, sur ce point, je me soigne. De même,
contrairement aux apparences d’une vie culturelle et sociale active, je suis un vrai
introverti.
Ce premier texte, succinct (il s’agit d’un document de 25 pages), ambitionnait dès sa
mise sur le métier de trouver son style propre pour dire la complexité et l’exigence
d’une pensée qui s’y développait le plus sérieusement du monde. Cet esprit de
sérieux est marque de jeunesse. Le programme était, excusez du peu, de remettre en
cause et subvertir le conformisme des normes académiques de formulation et de
ponctuation. Sa forme singulière, recherchée, jusqu’à en être apprêtée à l’envi, se
voulait avant-gardiste. L’écriture et la tournure d’esprit qui le sous-tendent sont
consubstantiels au propos : aux positions défendues et à la radicalité des remises en
question. L’utilisation dérégulée des signes de ponctuation et des espaces, la
complexité de la syntaxe, l’agglomération ou la déliaison, même si elles compliquent
la lisibilité, cherchent à rendre le désir fou de cerner une vérité toute, y compris dans
le paradoxe de la contradiction et dans la volonté d’intégrer le jeu des nuances.
Manière aussi d’étayer l’inflexibilité d’une conception qui se vivait rebelle et
novatrice.
Kacem BASFAO
Casablanca, le 24 juillet 2022

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En route pour le Sud, arrêt sur un terrain aride envahi de doum et d’alfa. © K.B.
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Kacem BASFAO

BIOBIBLIOGRAPHIE SUCCINCTE
Né en 1950, à Tafraout. Enfance exclusivement amazighophone partagée entre la
vallée des Amelns (avec, en discontinuité durant la petite enfance, l’apprentissage
par cœur, phonétiquement et sans y comprendre goutte, d’une partie du Coran à la
médersa du village) et Casablanca (Ancienne médina, Derb Soltane et quartier Mers
Sultan). Apprentissage du français à l’école primaire Bugeaud (actuellement Louis
Massignon). Adolescence au Lycée Lyautey de Casablanca puis Descartes de Rabat où
se fait un apprentissage rudimentaire de l’arabe classique avant une pratique de la
darija avec les condisciples et amis marocains de rencontre (histoire spécifique d’un
pan générationnel du vécu linguistique à raconter aussi un jour). Formation universitaire et premières années de formateur et d’enseignant à Aix-en-Provence et
Marseille. Licence, Maîtrise et Doctorats à la Faculté des Lettres de l’Université de
Provence (1969-1989). Acteur culturel engagé, passionné de littérature, de cinéma et
d’arts plastiques durant ces années estudiantines. Fondateur à la cité des Gazelles et
animateur pendant près d’une décennie du ciné-club universitaire d’Aix-en-Provence.
Décision de retour au Maroc et choix d’enseigner à la toute nouvelle Faculté des
Lettres de l’Université Hassan II de Casablanca, de 1982 à 2017. D’abord comme
enseignant-chercheur au Département de Langue et Littérature françaises, puis
comme Chef de Département durant trois mandatures, et enfin comme fondateur et
responsable de la filière universitaire Métiers du livre de 2007 à 2017.
Durant cette vie professionnelle, assomption de diverses responsabilités pédagogiques et scientifiques aux niveaux de ladite Faculté, de l’Université et du Ministère
de l’enseignement supérieur.
Parallèlement à cela, Kacem BASFAO a fondé et dirigé, de 1985 à 1994, l’Equipe Pluridisciplinaire de Recherche sur l’Imaginaire (EPRI). Chercheur associé au CNRS (Institut
de Recherche et d’Etude sur le Monde Arabe et Musulman, Aix-en-Provence), critique
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littéraire, conférencier (au Maroc et à l’international) et expert auprès de divers
ministères (ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;
ministère des Ressortissants Marocains à l’étranger et ministère de la culture) et
d’instances institutionnelles diplomatiques et associatives s’occupant de promotion
du livre et de culture.
Commissaire scientifique de l’exposition itinérante Ecritures du Maroc montée dans
le cadre du “Temps du Maroc en France”. Présentée à Aix-en-Provence en 1999, et en
2001 à l’Institut du Monde Arabe à Paris, elle a fait le tour des Instituts Français du
Maroc en 2002. Commissaire scientifique de la partie « Le Maghreb des écrivains : 50
ans d’écriture en français » de la célébration du cinquantenaire d’expression littéraire
par le ministère de la culture (Salon International de l’Edition et du Livre de
Casablanca, 2006) ; animateur des deux éditions du Hub de cession des droits (Salon
International de l’Edition et du Livre de Casablanca, 2016 et 2017) ; membre de la
Commission Nationale pour le Livre et la Lecture publique (Ministère de la Culture,
Rabat, 2008) ; membre de Commissions d’examen des projets soumis pour le Soutien
à l’édition et au livre (Direction du livre, Ambassade de France au Maroc, 2007 à
2011 et 2021; et Ministère de la Culture et de la Communication, Rabat, 2019).
Membre ou président de plusieurs jurys littéraires.
Doctorats de IIIe cycle et d’Etat consacrés à l’étude de l’œuvre romanesque de Driss
Chraïbi (Université de Provence, 1981 et 1989). Publication d’une cinquantaine
d’articles et direction d’ouvrages collectifs sur les littératures du Maghreb et les
systèmes de représentation identitaire et interculturelle, dont :
- Imaginaire de l’espace / Espaces imaginaires, ouvrage collectif, Equipe Pluridisciplinaire de Recherche sur l’Imaginaire, Casablanca, Publications de la Faculté des
Lettres Aïn Chock. 1988.
- Le Maghreb, la France et l’Europe, ouvrage collectif en collaboration avec J.R.
HENRY, Paris, Editions du CNRS. 1992. 2 rééditions dont une au Maroc aux éditions Al
Kalam.
- L’Annuaire de l’émigration, ouvrage collectif en collaboration avec Hinde TAARJI,
Rabat, EDDIF / Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger. 1994.
- Epreuves d’écritures maghrébines, numéro spécial de la Revue du Monde
Musulman et de la Méditerranée, Aix-en-Provence, Edisud. 1994.
- Ecritures du Maroc (partie Histoire littéraire du Maroc), Album d’exposition,
Marseille, Edition Images en Manœuvres. Parution en 2000, réédité en 2001.

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