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Réponses pour «bizeau»:



Total: 12 résultats - 0.088 secondes


Eugène Bizeau et Gaston Couté n°2 95%

1 Eugène BIZEAU et Gaston COUTÉ, deux poètes paysans anarchistes à la fin ème du 19 siècle.

https://www.fichier-pdf.fr/2012/02/12/eugene-bizeau-et-gaston-coute-n-2/

12/02/2012 www.fichier-pdf.fr

calendrier 2019 78%

Léa Bizeau 06.74.66.11.50 Régis Bonneau 06.30.76.00.12 Jacky Terrochaire 06.84.54.69.72 Jean Jacques Raud 06.72.16.23.81 Léa Bizeau 06.74.66.11.50 Marie Claude Laurent 06.33.18.84.76 Régis Bonneau 06.30.76.00.12 Jacky Terrochaire 06.84.54.69.72 Marie Claude Laurent 06.33.18.84.76 Régis Bonneau 06.30.76.00.12 Marie Claude Laurent 06.33.18.84.76 Marie Claude Laurent 06.33.18.84.76 Jean Jacques Raud 06.72.16.23.81 Régis Bonneau 06.30.76.00.12 Rand’Orientation SANS BALISAGE Brocante 21 avril 22 avril Saint-Aigulin 17360 Pas et Galop 28 avril Forêt de la Braconne 17560 Chadurie 16250 EquiLiberté des 2 Charentes Les Sabots Verts Saint-Quantin-deRançanne 17800 Champagnolles 17240 Jarnac-Champagne 17520 Les amis des chevaux de Saint Léger C.H.E.V.A.L.

https://www.fichier-pdf.fr/2019/02/12/calendrier2019/

12/02/2019 www.fichier-pdf.fr

Cahiers Vallès 70%

Les Cahiers Anne et Eugène Bizeau Édités par « l’Association Laïque des Amis d’Anne et Eugène Bizeau » Siège social :

https://www.fichier-pdf.fr/2012/03/08/cahiers-valles/

08/03/2012 www.fichier-pdf.fr

Conférence Gaetano Manfredonia 64%

Histoire de la chanson anarchiste Autour de la conférence de Gaetano Manfredonia Docteur en histoire, auteur de recherches et travaux sur l'histoire des courants anarchistes en Italie et en France (19 ème hommage à Anne et Eugène Bizeau, Massiac le 11 octobre 2009) « Sur un plan politique, nous sommes sous la 3ème République, avec 3 étapes importantes :

https://www.fichier-pdf.fr/2012/02/12/conference-gaetano-manfredonia/

12/02/2012 www.fichier-pdf.fr

Invitation groupe 7 62%

L’atelier du Square vous invite au vernissage de sa nouvelle exposition JEUDI 19 MAI 2016 dès 18 heures 4 rue François Bonivard 1201 Genève +41 (0) 22 900 02 51 - www.atelierdusquare.ch - info@atelierdusquare.ch FRANCOISE BIZEAU - VANESSA GARCIA ROY - JACQUELINE PONTE ADRIANNA WOJCIK - JEANNE DUTILLEUL - CHRISTINE LAUCAGNE - SOPHIE BG

https://www.fichier-pdf.fr/2016/05/10/invitation-groupe-7/

10/05/2016 www.fichier-pdf.fr

Conférence Gaetano Manfredonia 61%

Histoire de la chanson anarchiste  Autour de la conférence de Gaetano Manfredonia  Docteur en histoire, auteur de recherches et travaux sur l'histoire des courants  anarchistes en Italie et en France  (19 ème hommage à Anne et Eugène Bizeau, Massiac le 11 octobre 2009)        « Sur un plan politique, nous sommes sous la 3ème République, avec 3 étapes importantes :  - 1871  à  1879,  fondation  et  consolidation  de  la  République  face  aux  tentatives  de  restauration  de  la  Monarchie.  C'est  la  période  qui  suit    l’échec  de  la  Commune  (mai  1871)  et  celle  de  l’A.I.T.,  la  1ère  Internationale  (fondée en 1864, dissoute en 1876).  - 1879  à  1898,  Crise  du  régime  avec  le  « Boulangisme »,  affaire  DREYFUS,  essor  du  mouvement  syndical  avec  la  fondation  de  la  1ère  C.G.T.,  lois  syndicales  et  sociales,    apparition  du  socialisme  parlementaire.  Cette période, en particulier de 1880 à 1894, est celle des années marquées par « la propagande par le  fait »  (attentats  anarchistes  des  années  1892  à  1894).  Ce  sont  ces  années  1880  qui  voient  naître  Bizeau et Couté.  - 1898 à 1914, évolution vers la Gauche, questions des « rapports de l’Eglise et de l’Etat », et questions  sociales (agraires, ouvrières, fonction publique) »              C'est la période dite de la « belle époque » (années 1900 à la 1ère guerre mondiale (1914),              avec de très nombreux conflits sociaux, période d’écriture de COUTE et BIZEAU.  « L’Histoire moderne » MALLET et ISAAC    Généralités sur la chanson politique :    - « La  chanson  se  prête  admirablement  à  la  transmission  et  à  la  vulgarisation  des  idées  et  mots  d’ordre…Et le 19ème siècle, en  particulier la deuxième moitié, est  riche par sa puissance mobilisatrice  sur les plans sociaux, politiques et idéologiques.    - Des  générations  de  chansonniers  professionnels  « engagés »  ou  de  simples  amateurs  militants  vont  ainsi  se  succéder,  en  donnant  corps,  enrichissant  et  renouvelant  le  répertoire  de  la  chanson  révolutionnaire en général, anarchiste en particulier, en créant, ce faisant, un répertoire spécifique du  mouvement libertaire    - Moyen d’agitation et d’éducation populaire,  la chanson sera au 19ème siècle un canal  d’expression et  de communication privilégié compte tenu de l’illettrisme important, de la rareté des journaux, et bien  sûr de l’absence de médias tels que nous les connaissons aujourd’hui (radios, télévisions).    - Ainsi  la  chanson,  tour  à  tour,  va  remplir  des  fonctions  « exhortatives »,  « pédagogiques »,   « didactiques » ou « louangeuses ». Elle jouera le rôle de tract diffusé entre compagnons de travail,  d’idées.  Ce  sont  avant  tout  des   « ouvriers  qui  s’adressent  à  d’autres  ouvriers »,  perpétuant  ainsi  la  tradition orale, ce qui explique d’ailleurs l’utilisation de patois locaux (cf. Gaston COUTE).  - Par  ailleurs  l’utilisation  de  la  chanson  comme  moyen  de  propagande,  correspond  à  un  besoin  de  mobilisation  des  masses,  propre  aux  idéologies  modernes.  Elle  s’adresse  plus  aux  sentiments  des  foules  qu’à  la  raison  des  individus,  ceci  dans  la  logique  de  la  rupture  introduite  par  la  Révolution  Française,  avec  l’émergence  d’un  espace  public  où  c’est  le  peuple  tout  entier  qui  est  source  de  légitimité, qu’il faut convaincre ou rassurer.      Cette relation chanson/arme de la révolution sociale, est bien résumée par Emile Pouget (1860/1931),  auteur  de  « L’action  directe »,  signataire  de  la  « Chartes    d’AMIENS »  (1906),  lorsqu’il  écrit  dans  le  Père Peinard :           « La chanson sert à décrasser les boyaux de la tête ».    - Vis‐à‐vis  de  ses  liens  avec  la  politique,  la  chanson  révolutionnaire,  anarchiste,  revêt  un  caractère  fondamentalement  réfractaire  à  toute  forme  de  récupération  de  type  étatique,  institutionnel.  C’est  son caractère oppositionnel, sa capacité au détournement, à la parodie, qui  va faire son succès, ces  aspects la rendant incontrôlable, d’où les multiples  tentatives de  répression de la  part des  pouvoirs  publics.    - La  chanson  politique  renforce  le  sentiment  d’appartenance  à  un  groupe,  à  son  système  de  valeurs.  C’est un signe de reconnaissance, de ralliement, plus rapide qu’un discours militant. Quel que soit leur  contenu, les chansons racontent  toutes la société de leur temps, et les chansons politiques racontent  les  mouvements  politiques  dont  elles  sont  l’émanation.  Elles  sont  plus  ou  moins  représentatives  de  l’idéologie  dont  elles  se  veulent  l’expression,  en  particulier  par  la  réappropriation  dont  elles  font  l’objet : ouvriers en grève, manifestants, militants en fin de congrès etc.  Gaetano Manfredonia    « La chanson, bien évidemment, n’est jamais en reste sur l’actualité de son temps et participe, à sa manière, à  ce formidable mouvement d’idées qui, à travers les flambées révolutionnaires de 1848 et de la Commune de  1871, aboutira finalement à l’instauration définitive de la République. Une République, la 3ème du nom, née au  lendemain de l’écrasement de la Commune de Paris par les troupes versaillaises d’Adolphe THIERS et de Mac  MAHON, et qui disparaîtrait à son tour dans la débâcle de juin 1940, pour être remplacée, provisoirement par  l’éphémère Etat français de Vichy. Jusqu’à la 1ère guerre mondiale, l’histoire de cette 3ème République peut se  scinder  schématiquement  en  deux  grandes  périodes  distinctes,  s’articulant  grosso  modo  autour  de  la  date  symbolique du changement de siècle. De sa naissance en 1871, jusqu’aux élections législatives  de 1898 et à  la formation du « Bloc des gauches » en juin 1899, la majorité monarchiste qui contrôle l’Assemblée s’efforce  d’empêcher l’installation du régime républicain et freine le fonctionnement de ses institutions en provoquant  une grande instabilité ministérielle, assortie de quelques scandales retentissants, tels que l’affaire de Panama,  celle du Tonkin, ou la fameuse affaire DREYFUS (1894), à travers laquelle, au prix d’une presque guerre civile,  la droite monarchiste, nationaliste et cléricale cherche à récupérer un pouvoir qui a commencé à lui échapper  depuis les élections de 1893…Un climat de haine est entretenu par les anti‐dreyfusards au lendemain de la  publication du « J’accuse » de ZOLA…Malgré tout, l’évolution de la majorité politique vers la gauche devient  plus  nette  à  partir  de  1899…Emile  LOUBET  succède  à  Félix  FAURE  et  Waldeck  ROUSSEAU    forme  un  gouvernement au sein duquel, pour la 1ère fois, siègera un socialiste : Alexandre MILLERAND, lui‐même futur  président  de  la  République  en  1920…Les  nouveaux  élus  s’orientent  vers  une  radicalisation  de  l’idéal  républicain,    se  traduisant  par  un  vigoureux  programme  social  (l’école)  et  par  un  inévitable  conflit  avec  l’Eglise… A  l’heure  d’entrer  dans  le  20ème  siècle,    la  société  française  est  traversée  par  des  clivages  - idéologiques d’une rare dureté…».  Marc Robine dans « Anthologie de la chanson française ».  La  chanson  libertaire  se  construit  essentiellement  tout  au  long  du  19ème  siècle,  avec  les  révoltes  des  Canuts,  les  ouvriers  tisserands,  à  LYON  en1831  et  1834,  « Le  printemps  des  peuples »  (Révolution  de  1848),  et  essentiellement  après  la  commune  de  1871  et  l’essor  du  syndicalisme  révolutionnaire.  Ces  évènements forts vont fortifier la pensée politique anarchiste, avec le désir pour les libertaires d’être  reconnus comme une force politique représentative ».    Qu'est‐ce que la chanson anarchiste ?  Chanson  socialiste  ?  C'est  difficile  à  définir,  le  message  n'a  quelquefois  rien  à  voir  avec  ce  que  les  mots  veulent dire explicitement. C'est le cas avec la chanson de Jean‐Baptiste CLEMENT « Le temps des cerises »,  qui a été écrite avant la Commune, et qui n'a rien de politique, c'est une chanson d'amour. Cette chanson  deviendra pourtant le symbole de la Commune.  La chanson anarchiste a été considérée comme telle par les gens de l'époque. Pour Gaetano Manfredonia :  « Considérer que telle ou telle chanson est anarchiste,c'est que tout simplement les anarchistes la chante ! ».    La  chanson  anarchiste,  avec  sa  spécificité  libertaire,  fait  tout  simplement  partie  de  la  chanson  politique  dans le  mouvement socialiste et  ouvrier du 19ème siècle. Les espoirs déçus  de la Commune  amènent  des  choix  idéologiques  nouveaux,  débattus  dans  la  1ère  Internationale  (Association  Internationale  des  Travailleurs,  A.I.T.),  jusqu’à  l’exclusion  des  Bakouninistes,  des  choix  qui  vont  amener  à  une  radicalisation  progressive  des  actions  anarchistes  (« Propagande  par  le  fait »)  n’hésitant  pas  à  l’utilisation  de  moyens  violents pour hâter la révolution sociale (années 1890).  Cette période s’estompera avec le tournant syndicaliste de la fin du 19ème siècle.      1 – Emergence de la chanson anarchiste avec l’échec de la Commune, son développement au sein de la 1ère  Internationale (A.I.T.) de 1871 à 1880    « Sur  le  plan  politique,  le  Gouvernement  de  THIERS  essaie  d’installer  la  République  bourgeoise,  face  aux  tentatives de récupération du pouvoir par les monarchistes conduits par le Duc De BROGLIE et MAC MAHON.  Malgré  une  déstabilisation  du  Régime  (démission  de  THIERS),  le  projet  de  restauration  de  la  royauté  va  échouer,  et  les  élections  municipales  de  1874  voient  la  victoire  des  républicains,  du  fait,  en  particulier,  du  ralliement  de  « monarchistes  de  Centre  droit »  aux  républicains  conservateurs  du  « Centre  gauche ».  La  République s’installe avec le vote établissant la « Constitution de 1875 », qui régira la France jusqu’en 1940.  Aux  élections  législatives  de  1876,  la  victoire  républicaine  est  éclatante,  avec  340  élus  contre  150  monarchistes. MAC MAHON démissionne en 1879, remplacé par Jules GREVY, les républicains sont désormais  maîtres de tous les pouvoirs. ».  MALET et ISAAC,  « L’histoire moderne ».    Le 28 mai 1871, la dernière barricade de la rue Ramponneau cesse toute résistance, la commune s’achève  dans le sang pour répondre aux ordres des Versaillais :  « On n’en tuera jamais assez ! ».  Durant  72  journées  (18  mars  au  28  mai),  la  Commune  aura  été  une  révolution  se  voulant  rationnelle,  scientifique et économique :  « Malgré ce désastre, un résultat est acquis : l’idée révolutionnaire socialiste est sortie des abstractions de la  théorie,  les  socialistes  sont  passés  de  l’idée  à  l’action,  et   La  Commune  va,  au  moins  jusqu’à  la  Révolution  d’Octobre marquer le mouvement ouvrier et socialiste, en ayant préfiguré la lutte décisive entre le Capital et  le Travail, 1er épisode de la guerre sociale moderne ».  Gaetano Manfredonia    Des générations entières de poètes, chansonniers vont y puiser la source de leurs aspirations et de leurs  cris  de  révolte.  Les  plus  connus,  et  toujours  chantés  à  notre  époque  par  des  militants  révolutionnaires  sont :  ‐ Eugène VERMERSH  avec le très anticlérical « Père Duchesne », dont le vrai titre est « L'bon dieu dans la  merde », chanté par Ravachol lors de sa montée à la guillotine :     « Né en nonante deux,  Nom de dieu !,  Mon nom est Père Duchesne (bis)  Marat fut un soyeux,  Nom de dieu !  A qui lui porta haine,  Sang‐dieu !  Je veux parler sans gêne,    Coquins, filous peureux,   Nom de dieu !  Vous m’appelez Canaille !  Dès que j'ouvre les yeux,  Nom de dieu !  Jusqu'au soir je travaille,  Sang‐dieu !  Et j'couche sur la paille,  Nom de dieu ! ...    Si tu veux être heureux,   Nom de dieu !  Pends ton propriétaire !  Coupe les curés en deux,   Nom de dieu…  Et, le bon dieu dans la merde… »  (…)    C’est  bien  sûr  et  surtout  les  deux  grandes  figures  Eugène  POTTIER  et  Jean  Baptiste  –  CLEMENT,  qui  marquent durablement cette période.  ‐  Eugène  POTTIER  (1814/1887),  qui  écrit  ses  1ers  poèmes  à  16  ans,  durant  la  révolution  de  1830,  sous  le  règne de Louis PHILIPPE. Il fréquentera activement les goguettes où il interprète ses poèmes et chansons.  En  1848,  il  participe  aux  émeutes  et  échappe  aux  tueries  de  juin,  et  en  avril  1870,    il  adhère  à  la  1ère  Internationale (A.I.T.).  Qui ne connaît l'  « Internationale » ?  Le succès de « l’Internationale »  tient autant au texte qu’à la musique. Contrairement à « la Marseillaise »,  cet hymne libertaire clame les revendications des démunis et leur misère, tout en dénonçant l’oppression  du  pouvoir.  Le  chant  inspire,  encore  aujourd’hui,  une  ferveur  qui  dépasse  l’effet  d’une  simple  chanson  politique ou contestataire, car elle traduit à la fois l’espoir dans l’avenir et la force du peuple. Son influence  sur de nombreuses générations est comparable à celle du Manifeste communiste de MARX (1818/1883) et  d’ ENGELS (1820/1895), probablement parce que « l’Internationale »  n’est pas tant une dénonciation de ce  qui existe qu’une possibilité de changer une réalité sociale inacceptable. Malgré un immense succès jamais  démenti,  « l’Internationale »    a  parfois  été  tronquée.  Des  six  strophes,  la  cinquième,  libertaire  par  son  antimilitarisme, est en général « oubliée :     «… Les rois nous saoulaient de fumées  S’ils s’obstinent ces cannibales  A faire de nous des héros  Paix entre nous, guerre aux tyrans  Ils sauront bientôt que nos balles  Appliquons la grève aux armées  Sont pour nos propres généraux ! ».

https://www.fichier-pdf.fr/2012/03/27/conference-gaetano-manfredonia/

27/03/2012 www.fichier-pdf.fr

conférence cathala 60%

Chers camarades, chers amis, Je tiens avant tout à vous remercier d’être présents à cette conférence, en fait mot bien pompeux pour nommer ma modeste contribution à cet hommage annuel que vous rendez à Anne et Eugène BIZEAU.

https://www.fichier-pdf.fr/2012/03/08/conference-cathala/

08/03/2012 www.fichier-pdf.fr

flyer Papiers-10 52%

Le composant monté en image, d’Alain Bizeau (coproduction IUT de Rennes) / Éditions Incertain Sens :

https://www.fichier-pdf.fr/2013/11/29/flyer-papiers-10/

29/11/2013 www.fichier-pdf.fr

Gaston Couté octobre 2011 47%

» Michel DI NOCERA En exergue, poème d'Eugène Bizeau 1 - PREFECTURE DE POLICE DIRECTION GENERALE DES RECHERCHES Paris le 5 octobre 1901 RAPPORT Le Commissaire de Police, Chef de la 3ème Brigade, à Monsieur le Directeur Général des Recherches.

https://www.fichier-pdf.fr/2012/02/12/gaston-coute-octobre-2011/

12/02/2012 www.fichier-pdf.fr

conférence Pierre Roy 29%

ce n’est pas à l’association de Massiac qui perpétue si activement la mémoire et l’action d’ Eugène Bizeau que je vais l’apprendre !

https://www.fichier-pdf.fr/2012/03/08/conference-pierre-roy/

08/03/2012 www.fichier-pdf.fr

conférence centenaire de l'Ecole Emancipée 28%

Texte de la Conférence donnée par Loïc LEBARS    Tout d'abord je voudrais remercier les responsables de l'Association des Amis d’Anne et Eugène BIZEAU  de m'avoir invité à l'occasion de cette conférence.  Je suis professeur d'histoire ‐ géographie à la retraite et j'ai écrit une thèse sur l'histoire de la Fédération  Unitaire de l'Enseignement de 1919 à 1935.  Je  continue  à  travailler  pour  le  MAITRON :  je  prépare  des  notices  sur  les  syndicalistes  enseignants  de   l’École Émancipée pour la période 1940 à 1968.  Il y a cent ans, jour pour jour, quelques centaines d'instituteurs et surtout d'institutrices avaient entre les  mains les deux premiers numéros d'une revue pédagogique : « l'École Émancipée ».  Elle  avait  pour  sous‐titre  :  «  Revue  pédagogique  hebdomadaire  des  instituteurs  et  institutrices  de  la  Fédération des syndicats d'instituteurs publics de France et des colonies » appelée plus communément   F. N. S. I.  Cette revue continue de paraître aujourd'hui mais elle a cessé d'avoir ce caractère pédagogique, elle est  aujourd'hui l'expression d'une tendance du syndicalisme enseignant et plus particulièrement de la   F. S. U.  Je dois dire que je suis encore syndiqué à la F. S. U., j'ai été syndiqué au S. N. I. puis au S. N. E. S.    Quelques repères historiques :  L' École Émancipée recoupe plusieurs choses, c'est pourquoi je vais donner quelques repères historiques   afin de mieux faire comprendre la situation lors sa création en 1910.  1910 : c'est la création de la revue de la Fédération Nationale des syndicats d'instituteurs qui appartient  à la CGT.  1914 : la censure et les tracasseries administratives l'amènent à changer de titre. Elle devient : « l'Ecole  de  la  Fédération  ».  Ce  n'est  qu'en  1919  qu'elle  reprendra  son  titre  original.  Elle  est  publiée  par  la  Fédération des Syndicats des membres de l'Enseignement Laïque qui est simplement l'élargissement des  syndicats d'instituteurs à tous les enseignants. C'est une décision qui a été prise lors du congrès de 1919.  On  l'appelle  plus  communément  Fédération  Unitaire  de  l'Enseignement.  Elle  adhérera  à  la  CGT‐  U  en  1922.  Ces  syndicats  sont  ouverts  à  tous  les  enseignants  mais  en  réalité  il  y  a  à  peu  près  90  %  d'instituteurs.  Je  rappelle  qu'en  1919  les  Amicales  se  transformèrent  en  syndicats  et  que  ce  sont  les  Amicales syndicalisées qui vont former le Syndicat National des Instituteurs (S. N. I.)  La F. N. M. E. L. va adhérer à la CGT ‐U  et le S. N. I à la C. G. T.  1924 :  c'est  l'année  où  la  Fédération  unitaire  se  structure  en  tendances  avec  une  majorité  fédérale  composée  de  militants  adhérant  au  Parti  Communiste  ou  sympathisants.  Une  autre  tendance  est  composée de militants qui refusent la colonisation du syndicat par les communistes. On les appelle les  syndicalistes  purs.  L'  École  Émancipée  devient  à  la  fois  la  revue  de  la  Fédération  unitaire  mais  aussi  l'organe de la majorité fédérale.  1929 : c'est la rupture des  dirigeants  de la  majorité  fédérale avec le  Parti Communiste. La situation se  complique  :  trois  tendances  existent  maintenant.  Les  enseignants  restés  fidèles  au  Parti  Communiste  décident  de  créer  leur  propre  tendance  que  leurs  adversaires  appellent  la  M.O.R.  (Minorité  Oppositionnelle Révolutionnaire). Eux évidemment s'appellent "Majorité Confédérale".  1935‐1936 : c'est la réunification syndicale. La Fédération unitaire de l'enseignement est absorbée dans  le SNI et la Fédération Générale de l’Enseignement de la CGT mais l'École Émancipée continue à paraître,  publiée  non  par  une  organisation,  mais  par  une  tendance  syndicaliste  révolutionnaire  non  reconnue  puisque  le  S.  N.  I.  ne  reconnaissait  pas  les  tendances.  Elle  est  éditée  par  la  Coopérative  des  Amis  de  l'École Émancipée. La tendance commence à se structurer : on les appelle les Amis de l' École Émancipée  puis l'École Émancipée tout court.  À partir de 1935 : l’École Émancipée est le nom de la revue et de la tendance.  1939‐1940  l'  École  Émancipée  disparaît  avec  les  événements  de  la  deuxième  guerre  mondiale.  Elle  ne  sera remise sur pied qu'en 1945.  Depuis 1945 la revue paraît même si aujourd'hui l' Ecole Emancipée est scindée en deux. Deux revues se  revendiquent de l'École Émancipée : «  l’École Émancipée » et « Émancipation »  C’est à partir de1970  qu’elle cesse d'être une revue vraiment pédagogique.    Les origines :    Il  existait  déjà  de  nombreuses  revues  pédagogiques et les instituteurs sont couramment  abonnés  à  une,  voire  trois  revues  pédagogiques.  D'où venait cet engouement des instituteurs pour  les  revues  pédagogiques ?  Je  crois  qu'ils  avaient  un certain complexe envers les professeurs. Face à  ceux  qu’ils    considéraient  comme  détenant  le  savoir,  les instituteurs se présentaient comme des  professionnels  de  la  Pédagogie.  Une  des  plus  vieilles  revues  est  "  Le  Manuel  Général  "qui  date  de 1833 et qui appartient à la maison HACHETTE .   Il y a aussi « l' École Nouvelle » qui appartient à la  maison  DELAGRAVE.  Ce  sont,  en  fait,  des  entreprises commerciales.   Il  en  existe  une  qui  se  rapproche  des  idées  des  fondateurs  de  l'École  Émancipée  c'est  la  « Revue  de   l'  Enseignement  primaire  et  primaire  supérieur ».  C'est  une  revue  ouvertement  de  gauche,  socialisante,  assez  favorable  au  syndicalisme  enseignant.  Des  personnalités  comme  Jean   JAURÈS,  comme  Gustave  HERVÉ,  collaborent  à  cette  revue  mais  c'est  aussi  une  entreprise  commerciale.  Quand  des  rédacteurs  comme  Gustave  HERVÉ  sont  trop  virulents  contre  la  guerre, par exemple, ils sont remplacés.   Les  instituteurs  ont  donc  considéré  comme  indispensable  d'avoir  une  revue  syndicale  bien  que  la  Fédération  des  Syndicats  d'instituteurs  disposait déjà d'un organe : « l'émancipation ».      A la question de savoir pourquoi ils ont créé cette  revue,  il    nous  faut  remonter  aux  origines  du  syndicalisme  et  à  la  forme  originale  du  syndicalisme  révolutionnaire  qu'ils  ont  créé  au  contact  des  militants  ouvriers.  Dans  cette  démarche, il y a une volonté de perfectionnement  professionnel  qui  a  fait  évoluer  la  revue  vers  une  revue pédagogique.   Je  reviendrai  ensuite  sur  les  principales  caractéristiques  de  ce  syndicalisme  révolutionnaire  tel  qu'il  était  à  la  naissance  de  l'École Émancipée.   Dans  une  dernière  partie  nous  pourrons  revenir  sur  un  certain  nombre  de  moments  clés  de  l’histoire de  l'École  Émancipée où  la revue a joué  un rôle très important.   D'abord  en  1914  pendant  la  guerre,  l'École  Émancipée est le seul organe syndical à être resté  fidèle  à  une  orientation  pacifiste  durant  toute  la  guerre.   Ensuite nous verrons la période de 1919 ‐ 1920 où  s'est  posé  le  problème  de  la  fusion  des  anciens  syndicats et des nouveaux issus des Amicales.  Enfin,  la  périodes  1930  ‐  1935  ou  l'École  Émancipée  a  été  une  des  rares  revues  à  lutter  contre  le  stalinisme  et  contre  la  nouvelle  Union  Sacrée qui se profilait à l'horizon.   Je  reviendrai  également  sur  le  rôle  qu'a  pu  tenir  l'École Émancipée dans le passage de la F. E. N. et  du S. N. I. à l'autonomie.  Précocité et originalité du syndicalisme dans l’enseignement :    D'  abord,  ce  syndicalisme  dans  l'enseignement  primaire  se  caractérise  par  sa  précocité.  Dans  le  reste  de  la  Fonction  Publique  les  premières  structures  sont  des  Amicales  placées  sous  l'égide  de  la  loi  de  1901.  Ces  associations  ne  se  transforment en syndicats qu'après la guerre dans  la période 1919 ‐1925 et rejoignent  pour un très  grand  nombre  d'entre  elles  la  CGT  entre  1925  et  1936.   Les  instituteurs  se  comportent  comme  les  autres  fonctionnaires.  Nous  sommes  en  pleine  période  de  l'affaire  DREYFUS.  Ils  profitent  de  la  COMBES.  C'est  donc  une  consécration  officielle,  de  fait,  des  Amicales.  Ce  qui  est  spécifique  aux  instituteurs  c'est  que,  moins  d'un  an  après,  en  1904,  un  certain  nombre  d'entre  eux,  certes  très  minoritaires,  pensent  que  les  Amicales  sont  déjà  une  forme  d'organisation  dépassée.  Ils  créent  donc leurs propres syndicats.   bienveillance  et  même  des  encouragements  du  gouvernement  de  WALDECK  ROUSSEAU  pour  créer à partir de 1898 leurs Amicales. Des 1900 il y  a  une  Fédération  des  Amicales  qui  se  réunit  en  Congrès National  et  en  1903    c’est  une  sorte  d'apothéose  pour  ces  Amicales  car  le  Congrès  de  la  Fédération  des  Amicales  est  placé  sous  la  présidence  du  Président  du  Conseil,  Emile    De « l’Amicalisme » au « Syndicalisme »  En  1904  quelques    amicales  se  transforment  donc  en  syndicats  et  l'année  suivante,    donnent  naissance  à  la  Fédération  des  syndicats  d'instituteurs.  Tout  de  suite ces syndicats rejoignent les  Bourses  du  Travail  et  annoncent  leur adhésion à la CGT. Ils savent  ce  qu'ils  encourent  car,  à  cette  époque,  le  droit  syndical  n'est  pas  reconnu  aux  Fonctionnaires.  Je  rappelle  que  les  syndicats  vont être tolérés à partir de 1924  mais  le  droit  syndical  ne  sera  accordé  qu'après  la  guerre  avec  le  Statut  Général  de  la  Fonction  Publique.  Donc,  créer  des  syndicats  malgré  la  loi  était  quelque chose de risqué.  Qu'est‐ce  qui  fait  que  les  instituteurs se soient lancés dans  cette aventure du syndicalisme ?  Tout  d'abord  c’est  une  génération  qui  a  été  formée  pendant l'affaire DREYFUS. Cette  affaire  a  eu  une  énorme  importance  pour  eux.  Louis  BOUËT,  un  des  précurseurs,  rappelle  quelques  années  plus  tard  qu'il  notait  sur  un  cahier  toutes  les  péripéties  de  l'affaire  et  il  écrit  qu'à  l'  École  Normale  d'Angers où il était à l'époque, le  Directeur  réunissait  chaque  matin  les  Normaliens  pour  les  informer  de  ce  qui  se  passait,  donner son opinion et même en    discuter avec eux. Ce syndicaliste  explique comment la réflexion et  l'analyse  s’étendaient  pour  la  première  fois  sur  des  domaines  interdits  comme  l'armée  et  la  religion  etc.  Il  y  a  dans  cette  génération  un  rejet  du  militarisme,  du  chauvinisme  et  une  prise  de  conscience  sur  la  religion.  Les  instituteurs  deviennent  socialistes,  on  pourrait  dire  socialistes  assez  sentimentaux.  Les  Écoles  Normales  ont  joué  un  rôle  très  important  qui  a  affermi,  sans  doute,  l'homogénéité  de  cette  génération  d'enseignants.  Il  faut  dire  aussi  qu'il  y  a  des  fonctionnaires  qui  se  sont  tournés aussi vers le mouvement  syndical mais les instituteurs ont  été les seuls à faire leurs propres  syndicats. Pourquoi?  Il  faut  revenir  sur  un  certain  nombre de spécificités du milieu.  Tout  d'abord  les  Amicales  d'instituteurs  se  sont  sclérosées.  Ils  avaient  obtenu  une  grande  victoire  au  tout  début  du  XXe  siècle à savoir le relèvement des  traitements.  Après  avoir  obtenu  ce  succès  les  Amicales  auront  tendance  à  s'assoupir.  Elles  sont  dirigées  de  manière  peu  démocratique  par  un  personnel  souvent  rattaché  à  la  Franc  ‐  Maçonnerie  et  au  Parti  Radical.  Elles  se  montrent  donc  incapables  de  lutter  contre  une  des plaies les plus dénoncées par  les  instituteurs  à  savoir  l'ingérence  des  hommes  politiques locaux. En effet, ceux‐ ci n'hésitaient pas à demander la  mutation  d'office  d'instituteurs  qui ne leur plaisaient pas auprès  de l'Inspecteur d'Académie et en  général,  ils  l'obtenaient.  Ce  n'était pas considéré comme une  véritable  sanction,    on  n'avait  pas besoin d'en discuter dans les  commissions  départementales.  C'était  une  pratique  courante,  l'Inspecteur  d'Académie  se  débarrassait  de  ces  syndicalistes  en  les  mutant  dans  des  coins  reculés  des  départements.  Ces  commissions  comprenaient,  membres  parmi  leurs  honoraires,  des  Conseillers  Généraux,  des  Inspecteurs  d'Académie,  des  élus  politiques.  D'ailleurs  les  Inspecteurs  de  l’école  primaire  étaient  parfois  membres  des  bureaux  des  Amicales  et  ils  n'étaient  pas  pressés  de  lutter  contre  l'arbitraire  administratif.  En  plus  d'avoir  sur  le  dos  les  hommes  politiques et leur administration,  les  instituteurs  avait  en  plus  le  problème des Directeurs. À cette  époque  les  Directeurs  et  Directrice  exerçaient  des  fonctions  très  larges.  Ils  exerçaient  une  surveillance  pédagogique  sur  les  adjoints.  Ils  avaient  également  mis  en  place  des  règlements  de  vie  très  tatillons.  À  cette  époque  les  enseignants  étaient  logés  dans  les  écoles  et  ces  mesures  se  traduisaient  par  une  véritable  ingérence  dans  la  vie  privée  des  adjoints.  Il  n'était  pas  question  pour  les  enseignants  de  demander  l'intervention  de  l'administration  qui  donnait  systématiquement  raison  aux    Directeurs,  les  Amicales  n'intervenaient  pas  non  plus  car  elles étaient souvent dirigées par  les Directeurs eux‐mêmes. Ceci a  eu  pour  conséquence  que  les  instituteurs jeunes ont créé leurs  propres Amicales c'est ce qu'on a  appelé  les  « Émancipations »  tout  en  restant  adhérents  des  Amicales généralistes.  Le  programme  de  ces  Émancipations était relativement  simple,  il  n'était  pas  révolutionnaire.  Elles  vont  rencontrer un écho en particulier  chez  les  jeunes  enseignants  particulièrement  touchés  par  la  médiocrité  des  traitements,  les  plus  sensibles  aux  injustices  et  elles  vont  les  former  politiquement.  L'idée  de  créer  des  Syndicats  se  développe  assez  rapidement  dans ces Émancipations.  En  1905  l'Émancipation  du  Morbihan  se  transforme  en  d'autres  suivent  Syndicat,  comme celui de la Seine qui avait  été  à  l'origine  de  la  formation  des  Amicales  « Émancipations  »  et  en  1905  se  crée  donc  la  Fédération  Nationale  des  Syndicats  d'Instituteurs.  La  création    des  syndicats  d'instituteurs  est  donc  liée  à  la  rupture  de  l'unité  corporatiste.  La  preuve  que  ce  sont  ces  éléments  jeunes  et  dynamiques  qui sont à l'origine  des syndicats  est  que    très  peu  d'Amicales  généralistes  se  sont  transformées en syndicats.  Du syndicalisme corporatif au syndicalisme ouvrier :    La  deuxième  caractéristique  de  ce  syndicalisme  est, que dès le départ, il se veut lié au mouvement  ouvrier.  Dès  leur  constitution  les  Syndicats  d'instituteurs  demandent  leur  adhésion  aux  Bourses  du  Travail :  ils  affirment  ainsi  leur  intention  de  rejoindre  le  mouvement  ouvrier  organisé dans la C. G. T.  Ils doivent à l'intérieur même des Syndicats lutter  contre un certain nombre de réticences. La C. G. T.  est  à  cette  époque  dominée  par  le  Syndicalisme  Révolutionnaire.   Ce  n'était  donc  pas  une  démarche  très  facile  pour  un  instituteur :  lorsqu’on  lisait  dans  la presse de l'époque que la C. G.  T. était un repaire de brigands, il  n'était donc pas évident pour un  fonctionnaire de la rejoindre. Il a  fallu  un  certain  temps  pour  que  cette adhésion soit effective : le principe en a été  voté en 1906 et il a eu une réalité en 1909, année  où la Fédération rentre effectivement à la C. G. T.  Les  animateurs  du  syndicalisme  enseignant  ont  expliqué  sur  quels  principes  ils  voulaient  absolument  intégrer  la  CGT.  Il  l'on  fait  dans  un   document  qui  s'appelle  « le  Manifeste  des  Instituteurs Syndicalistes » parus en 1905. Ils l'ont   fait  également  en  réaction  à  la  campagne  de  presse orchestrée par les Députés de droite. Ils se  sont  donc  expliqués  dans  ce  manifeste  qui  a  été  repris par une partie de la presse et en particulier   le  journal  l’  "HUMANTÉ".  Dans  ce  manifeste  ils  expliquent  d'abord  qu'ils  agissent  pour  l'indépendance  de  l'instituteur,  et  que  son  enseignement doit être uniquement basé sur  des  vérités  scientifiques.  Ils  affirment  également,  que  par  leur  origine,  la  simplicité  de  leur  vie,  les  instituteurs  appartiennent  au  peuple.  Ils  lui  appartiennent  aussi  car  'ils  sont  chargés  d'enseigner aux fils du peuple. Par conséquent ils  veulent  rentrer  dans  les  Bourses  du  Travail,  ils  veulent  adhérer  à  la  C.  G.  T.  Pour  éviter  tout  malentendu avec les militants ouvriers ils ont tenu  à préciser qu'il n'était pas question pour eux  de se  comporter  en  donneurs  de  leçons,  mais  au  contraire  "d'y  prendre  de  belles  leçons  de  vertu  corporatives  qui  donnaient  ainsi  un  exemple  de  conscience professionnelle"  Le  problème  était  de  savoir  comment  il  serait  accueilli dans la C. G .T.    Certains dirigeants de la C G. T. ayant déjà, par le  passé,  manifesté  leur  opposition  à  l'adhésion  des  Syndicats de Fonctionnaires  En  effet,  ils  pensaient  que  ces  organisations  petites  bourgeoises  allaient    contaminer  les  organisations  de  la  C.  G  T.  En  montrant  leur  courage à résister à la répression, les syndicalistes  enseignants  ont  démontré  aux  militants  ouvriers  que ceux‐ci  n'avaient rien à craindre d'eux.  La  principale  difficulté  pour  le  pouvoir  est  bien  l'adhésion des enseignants à  la C. G. T. D'ailleurs plusieurs  projets  de  loi  entre  1905  et  1914  prévoyaient  d'autoriser  les  Syndicats  à  deux  conditions  :  qu'ils  renoncent au droit de grève  et  à  l'adhésion  à  la  C.  G.  T.  Aucun  des  projets  n'a  pu  aboutir  en  particulier  à  cause  de  l'instabilité  ministérielle.  Si  parfois  le  gouvernement hésitait à réprimer les syndicalistes  en raison de discussions sur ces projets de loi, en  revanche  la  répression  dans  d'autres  périodes  a  été franche.   La  période  du  gouvernement  CLÉMENCEAU  a  été  particulièrement  difficile  entre  1906  et  1909 :  les  syndicats  ont  été  sommés  de  se  dissoudre.  Le    Secrétaire Général de la Fédération Marius NÈGRE  a été révoqué.   Il  sera  réintégré  par  le  gouvernement  BRIAND  en  1909.  La  seconde  période  de  répression  est  celle  qui a suivi le congrès de CHAMBÉRY en 1912. Les  Syndicalistes enseignants avaient instauré le « Sou  du soldat » :  Il  s'agissait  de verser un secours aux  instituteurs  qui  étaient  à  l'armée  pour  3  ans  et  maintenir  ainsi    le  lien  avec  le  Syndicat.  Lorsque  cela  s'est  su,  ce  fut  un  véritable  tollé  dans  la  presse  de  droite  et  extrême  droite:  "Ses  syndicalistes  enseignants  veulent  faire  la  peau  de  l'armée".   Les  Députés  de  droite  et  même  une  partie  de  la  gauche  ont  indiqué  que  c'était  intolérable.  Des  poursuites ont été engagées contre les Syndicats,  on  leur  a  demandé  de  se  dissoudre,  ceux‐ci  ont  fait  le  gros  dos  et  résisté.  Ils  ont  d'ailleurs  été  conseillés par un avocat du nom de Pierre LAVAL.  Les  poursuites  se  sont  arrêtées  en  1913  avec  l'élection  de  POINCARÉ.  La  Fédération  a  continué  d'exister  même  si  il  y  a  eu  quelques  défections.  Elle  a  fait  la  preuve  de  sa  capacité  à  résister  à  la  répression et a été soutenue dans ce combat par  la C. G. T.  Au  contact  de  ses  militants  ouvriers  acquis  au  Syndicalisme  Révolutionnaire,  ces  instituteurs  socialisants  ou  libertaires  ont  pris  en  charge  ce  syndicalisme révolutionnaire en l'adaptant à leurs  conditions de Fonctionnaires.  Qu'ont‐ils retenu du Syndicalisme Révolutionnaire ?    Ils  ont  une  conception  très  élevée du Syndicat : pour eux, ce  n’est  pas  seulement  un  organe  de  défense  des  intérêts  matériels  et  moraux  des  travailleurs.  Le Syndicat vise à  la  disparition  du  patronat  et  du  salariat. En plus le syndicat devra  être la cellule de base à partir de  laquelle  la  société,  débarrassée  de l'oppression capitaliste, devra  s'organiser.  Ces  idées  sont  contenues dans le Manifeste des  Instituteurs  Syndicalistes.  Avec  une conception aussi ambitieuse  du  Syndicat  ils  ont  conscience  que  seule  une  partie  des  instituteurs  peut  rejoindre  les  Syndicats ainsi constitués.   D'ailleurs,  lorsqu'on  lit « l’École  Émancipée » de l'époque on voit  qu'ils  avaient  une  opinion  assez  peu  favorable  de  la  masse  de  leurs  collègues  qu'ils  qualifiaient  de  « petits  bourgeois ».  On  peut  lire  par  exemple  dans  "Le  Syndicalisme  dans  l'Enseignement"  c'est  à  dire   l'histoire  de  la  Fédération  Unitaire de l'Enseignement : « la  masse  était  profondément   rétrograde"  sous  la  plume  de  François BERNARD.   En conclusion, le Syndicat est un  groupement  d'avant‐garde  avec  une  équipe  d'éclaireurs  qui  soutient  la  confrontation  avec  les  pouvoirs  publics.  Ils  reprennent  à  leur  compte  une  formulation  d'Emile  POUGET,  anarchiste  et  un  des  fondateurs  du  Syndicalisme  Révolutionnaire  :  «  la  masse  refuse  de  vouloir  seules  et  seuls  ceux  qui  ont  la  conscience sont aptes à diriger et 

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