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Nom original: dictionnaire_languedocien_maximin_d_hombres.pdfTitre: Dictionnaire languedocien-français, contenant les définitions, radicaux et étymologies des mots; les idiotismes, dictions, maximes et proverbes, leurs origines et celles des coutumes, usages et institutions; les noms propres de personnes et de lieux, oAuteur: Hombres, Maximin d'

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DICTIONNAIRE

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS
CONTENANT

les définitions,

dictons,

radicaux et étyniologies des mots; les idiotismes,

maximes et proverbes, leurs origines et celles des coutumes, usages
les noms propres de personnes et de lieux;

et institutions;

origines, étymologies et significations; les termes d'agriculture, de métiers, d'arts, de professions,

d'industries; la flore et la faune méridionales; etc., etc.

l'AR

D'HOMBRES

Maximin
ANCIEN PRF.SinKNT DU TRIBUNAL

ANCIEN PRÉSIDENT

TIF.

I.A

CIVlI.

ALAFS,

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I,

ACAnEMIP.

I)K

NIMES,

SOCIÉTÉ SriENTIFIOUB ET MTTKnAIRE B'aI.AIS,

ET

Gratien
MEMBRE RE

I,

ACADÉMIE DE NIMES, DR
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I.A

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SOCIETE

.Mir.llF.OI.OlilnUE

DE MONTPKI.I.IEIl

SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE ET LITTÉRAIRE d'aLAIS,

l^ORRRSPONOANT nu MINISTÈRE

riE

l.'iNSTBDCTION PUBLIQUR FOUR I.BS

TRAVAUX

HI.STORI0UR5,

OFFICIRR n'ACADÉMIR.

ALAIS
Imprimerie

et

Lithographie \. BRUGUEIKULLI-.. (Jrand'rue.
1884

\)à.

DICTIONNAIRE

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS

DICTIONNAIRE

[LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS
CONTENANT

les définitions, radicaox et étymologies des mots; les idiotismes,

dictons,

maximes

et proverbes, leurs origines et celles des coutumes, usages et institution!;
les

noms propres de personnes

et de lieux,

origines, étymologies et significations; les termes d'agriculture, de métiers, d'arts, de professions,

d'industries; la flore et la faune méridionales; etc., etc.

PAR

D'HOMBRES

Maximin

ANCIEN PRÉSIDENT DU TRIBUNAL CIVIL d'aLAIS, MEMBRE DE

L' ACADÉMIE

DE NIMES,

ANCIEN PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ STaENTIFIQUE ET LITTÉRAIRE D'ALAIS,

ET

CHARVET

Gratien

MEMBRE DE l'aCADÉMIB DE NIMES, DE LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE MONTPELLIER
ET DE LA SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE KT LITTÉRAIRE d'aLAIS,

CORRESPONDANT DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES,
OFFICIER d'académie.

iSrO
5

ALAIS
Imprimerie

et

Lithographie A.

BRUGUEIROLLK.

1884

Grand'rue, 93.

-

?')

•«

^

MAXIMIN DHOMBRES

Deu agradal

e al pobol

uM.

Agréable à Dieu et utile au peuple.
Vieille Charte d'Alais.

On

l'a dit

bien souvent et avec juste raison

recherches studieuses;
ration

comme un

l'égard de

elles

:

certaines familles semblent être prédestinées au goût des

possèdent ce don naturellement et se

précieux héritage. Cette observation ne

s'est

le

transmettent de génération en géné-

jamais manifestée avec plus d'évidence qu'à

Maximin d'Hombres.

François-Louis-Maximin d'Hombres naquit,
famille des Cévennes.

Il

était le fils

le

14 août 1810, à Alais, d'une ancienne

de François-Régis d'Hombres dont

les

et

honorable

vertus charitables sont restées

légendaires, et de Marie-Antoinette-Eulalie Desroche, de Génolhac.
Petit neveu des deux célèbres Boissier de Sauvages, par sa grand'mère Marie-Augustine Boissier de
La Croix de Sauvages, et neveu du baron d'Hombres-Firmas, il voulut se rendre digne de ses devanciers
et suivre comme eux, avec honneur, la voie que leurs travaux lui avaient ouverte.
Doué d'une intelligence peu commune et d'une pénétration non moins remarquable, Maximin fit avec

succès ses études classiques à Forcalquier d'abord, à Aix ensuite, chez les Jésuites.

U

les poursuivit plus

tard au collège de sa ville natale, et alla les compléter à Paris par celles du Droit.

Ses débuts à Alais,
brillant avenir.

Il

prit,

comme avocat,

valurent les éloges les plus mérités, et firent présager pour

pendant trente-cinq ans, une part active à tous

produisirent devant le tribunal de celte
et,

lui

à neuf reprises différentes,

il

ville.

A

partir de 1840,

en fut élu bâtonnier.

sur sa tombe un de ses anciens confrères,

«

Caractère aimable et enjoué, esprit incisif
très spirituels, qui n'ont

livrent à des

jamais

Cœur

l'air

et

ils

était

appartiennent

éminemment

les

un

grands débats judiciaires qui se

toujours partie des Conseils de l'ordre;

noble,

Maximin d'Hombres

probité s'imposent et honorent les corps auxquels

hommes

«

il fit

lui

âme

généreuse, esprit cultivé,» a dit

un de ces hommes dont

le tjdent et la

(1). »

gaulois, Maxiniin avait l'aimable défaut des

de se prendre tout-à-fait au sérieux, lors

même

occupations fort sérieuses; contrairement aux esprits bornés ou superficiels, qui

se

qu'ils se

gardent

bien de douter d'eux-mêmes, et font consister leur principal mérite à s'occuper, avec une gravité affectée,

de choses parfaitement insignifiantes.

Un membre de

la société d'AIais a décrit avec finesse « celle figure originale et

sentant un singulier mélange de douceur et de malice, de bonhomie et de causticité
causeur,

prompt

Ce charmant

à la réplique, habile à lancer le trait, à la verve familière, aiguisée, piquante, ironique,

mais jamais blessante

Une

sympathique, pré-

(2). »

,

,

bienveillance constante, une bonté inaltérable, formait, en effet, le fond

(1)

Discours de M. Emile Pin, Mtonnier de l'Ordre des avocats.

(2)

V. ArpRAN.

— Compte-rendu des travaux de la Société scientifique et littéraire d'Alais,

du caractère de Maximin

pendant l'année 1873.

n
l'estime et lafTecfacile et plein d'aménité, lui attiraient
d'Hombres. Ses qualités charmantes, son abord
justement défin,
l'a
eux
d'entre
l'un
(1)
amis, ils ont pu apprécier combien
tion universelles. Quant à ses
ses afTections indissolubles.

cœur qui rendait
en signalant chez lui cette ténacité du
qui étaient peut-être
des précieuses qualités de notre ami, celles
parlant
en
Pourrions-nous oublier,
même temps les plus réelles ces vertus bienfaisantes, ces habitudes de
les moins apparentes, mais en
pourraient rendre témoignage tant de misères secourues, tant
charité, héréditaires dans sa famille, dont
:

ostentation?
d'infortunes soulagées en silence, sans faste et sans
avec autant d'honneur que de distinction,
parcourue
Aussi, lorsqu'à la fin de sa carrière d'avocat,
tous ses concitoyens, sans acception
[d'Alais,
fut appelé à la Présidence du Tribunal

Maximin d'Hombres

d'opinions, applaudirent avec enthousiame à

une nomination

bien justifiée.

si

*

Maximin d'Hombres avait épousé,

26 novembre 1844, M"" Victorine Farjon, de Montpellier, dont

le

moments, entouré des soins

l'inaltérable affection l'a, jusqu'à ses derniers

les

plus délicats et les plus

dévoués.

Durant de longues années, Maximin d'Hombres a
appelé la confiance et l'affection

fait partie

de ses concitoyens; et

il

du Conseil municipal

d'A.lais,

a rempli, pendant un certain temps,

où l'avaient

les

fonctions

d'adjoint à la mairie.
Il était

membre de VAcadémie du Gard, de

la Société des études

dont

la Société scientifique et littéraire d'Alais,

pour

langues romanes

les

et

de

a occupé la présidence pendant l'année 1872.

il

Maximin d'Hombres avait eu quatre frères, morts avant lui, et une sœur qui lui survit 1° Hippolyte,
2° Léonce, mort religieux
ancien élève de l'École polytechnique, mort en Afrique, capitaine du génie;
4° Paulin, mort enseigne de vaisseau
3° Ernest, mort garde-général des Eaux-et-Forêts
trappiste;
:






— 5° Pauline, religieuse de la Visitation à Tarascon,
;

devant Saint-Jean-d'UUoa;

Avec Maximin

s'est éteinte la

seule survivante.

descendance mâle de la branche cadette de la famille d'Hombres.
*

Doué d'une aptitude exceptionnelle pour
les

études littéraires, historiques

et

toutes sortes de travaux, mais principalement porté vers

archéologiques, Maximin savait faire marcher de front ces diverses

études avec celles de sa profession. Les premières avaient
lui, qu'elles

même

fournissaient à son esprit une agréable diversion

d'autant plus de charme et d'attrait pour

aux fatigues du barreau,

et lui servaient

en quelque sorte de délassement.

Le but constant

qu'il poursuivit toute sa vie fut

de mettre en lumière les principaux

qui se rattachent au passé de sa ville natale pour laquelle

prédilection intime et profonde, un culte ardent et passionné

A

comme tous
totus amor (2).

professait,

il
:

Soli

faits

historiques

ses devanciers,

une

part ses incontestables qualités littéraires, ce qui mérite surtout d'être signalé dans Maximin

d'Hombres,

c'est l'esprit

de suite et l'opiniâtreté dans

le travail qui,

chez l'historien et l'érudit, sont toujours

des qualités fécondes.
«
les

On

est en général tenté

de plaindre

curieux qui passent leur temps à

beaucoup moins malheureux qu'on ne
ces études pénibles et infinies,

il

les

savants qui consacrent leur vie à composer de gros livres et

les lire, dit

le

M. Gaston Boissier. Peut-être les uns et les autres sont-ils

suppose.

est rare,

quand

S'il

les

faut

un certain courage pour

se jeter

résolument dans

premières difficultés sont vaincues, qu'on n'éprouve pas

tl)

Éloge de Maximin d'Hombres, par M. d'Espinassous.

(î)

Épigraphe inscrite par Maximin d'Hombres en tête de son Étude sur Alais.

pour

un grand

elles

attrait

Les érudits, qui se sont

:

elles

ont ce privilège qu'elles donnent beaucoup plus qu'elles ne promettent.

un domaine restreint

fait

avec passion dans tous

et fermé, le fouillent

par y découvrir (]uelque coin de terre inconnu où ils sont
un des plus vifs qu'on puisse éprouver, et il n'est pas commun

premiers à poser

finissent toujours

les

Ce

(1). »

plaisir est

les sens, et
le

pied.

Maximin d'Hombres a laissé trois excellentes Études ou notices réunies dans le volume des Recherchée
historiques sur Alais, publié en 1860, en collaboration avec MM. Marette, Duclaux-Monteil et César Fabre.
La première de ces notices est un précis historique sur la Seigneurie d'Alais. C'est, sans contredit,
le travail le

La

plus complet qui ait jamais été publié sur cette matière.

seconde contient une étude archéologique

de Saint-Jean-Baptiste

et historique sur l'ancienne église

d'Alais, convertie plus tard en cathédrale.

La troisième

On

doit,

traite des anciens

en outre, à

noms

des rues et places de la ville avec l'indication de leur étymologie.

Maximin d'Hombres, de nombreux
dont

dont l'existence a duré onze années, de 1841 à 1852, et

On a

une notice biographique placée en

aussi de lui

recueil de poésies languedociennes

nom

les

travaux

érudition, sont

:

1*

les

tête de la

deuxième édition de Las Castagnados,
l'unissait

une

vieille et étroite amitié;

d'auteur, qui n'ont jamais été mises en vente

qu'un nombre très restreint d'exemplaires
Mais

il

dans l'Écho d'Alais, journal

fut l'un des principaux fondateurs.

du marquis de Lafare-Alais, à qui

ou quatre plaquettes, sans

et trois

articles publiés

il

:

n'en a été tiré

(2).

plus remarquables dus à ses longues et patientes recherches et à sa profonde

Une étude de longue

commune

sa langue, ses chartes, sa

et

haleine, sous forme de discours, intitulée ALAIS, ses origines,
son consulat; 2' Le nouveau Dictionnaire languedocien-français,
:

resté inachevé.
• «

Dans son étude sur
Il

Alais, l'auteur

expose d'abord l'ensemble de son œuvre.

a pris à tâche de faire ressortir

municipale de la

ville d'Alais

et celles

synchronisme qui existe entre

le

de la formation de son langage.

d'.Mais qui tient par ses racines à la langue celtique;
Ibères, les Ligures, les Celtes, les

Romains,

les

il

montre

Franks,

dans la langue indigène,

ment du christianisme dans
par les invasions, il montre
progressivement,

et,

sous

Abordant ensuite
d'Alais,

Raymond

les Yisigoths,

en 1118, et Alexandre

comme

la

III,

Il

et,

les

ordres de

nom
les

assimilant à son

et

de

l'établisse-

après l'apaisement des grandes secousses produites

mémo langage national, ainsi modifié, s'assujétissant à des
nom de langue romane, s'imposant à l'Europe occidentale.
prend part à

du

occupée par

signale l'introduction de la forme

ce

en 1093,

le

règles, se flxant

premier seigneur connu

première croisade, de concert avec Raymond-Décan d'Uzès et

la

Raymond IV

de Saint-Gilles.

Il fait

voir aussi les papes Gélase

en 1162, recevant à Alais l'hospitalité des Pelet;

aventures des troubadours de la contrée;

il

il

II,

décrit la vie seigneuriale,

dépeint enfin, au seuil du XIII' siècle, la ville d'Alais entrant

— Les provinces orientales de l'empire romain.

(1)

G. BoissiER.

(î)

Les Chartes d'Àlals

du Xtll*

siècle, traduites

du roman

et

da

latin

en rimes françaises, 40 pages in-8*;

Conseil municipal d'Alais sur la dénomination des rues et places de la ville;

Gardon, 80 pages

les Sarrasins, et

conséquence évidente de l'occupation romaine

Gaule méridionale;

la période féodale, l'auteur fait apparaître,

Pelet, qui

Guillaume de Sabran, sous

les

le

la

de l'organisation

établit l'étymologie

la contrée successivement

idiome des éléments divers empruntés au langage de ses envahisseurs.
latine,

les origines

Il

in-8°.

— Caup-â'œil sur l'alignement et

— Rapport au

les tgrulicats



«r

en possession d'elle-même et de la vie publique;
existence civile et son organisation communale.

» le

«

Parvenu à

peuple alaisien établissant ses droits; aflirmant son

de son Étude, l'auteur passe en revue les principaux articles de la charte
seigneurs aux habitants d'Alais, et si étrangement défigurée dans son texte et

cette partie

de 1200, octroyée par

les

dans sa date par MM. Beugnot

(1) et LafcrriC-re (2).

déposés aux archives municipales,

il

Rétablissant les textes d'après les documents originaux

présente une vue d'ensemble de l'organisation

faisant ressortir le profond sentiment religieux qui

domine dans

les institutions

communale

d'Alais, en

de la société naissante.

*

études

Le nouveau Dictiontiairc languedocien-français fut le but constant vers lequel convergèrent les
confrère a été conde Maximin d'Hombres, et la meilleure partie de l'existence de notre cher et regretté
pcrmi
d'achever.
pas
lui
ne
a
sacrée à cette œuvre capitale, qu'une mort prématurée
En publiant son Dictionnaire languedocien-français, l'abté de Sauvages s'était donné pour mission
principale d'enseigner à parler correctement

le

français à ceux de ses compatriotes qui, accoutumés dès

l'enfance à formuler leur pensée en languedocien, n'en donnaient, en se servant

duction vicieuse hérissée de gasconismes.

dont fourmillent

les

se proposait, en outre, d'expliquer les

tra-

mots du vieux langage

anciens documents écrits de l'époque féodale.

Cette préoccupation constante a

d'espérer de

Il

du français, qu'une

a

lui. Elle lui

fait

empêché

le

savant abbé d'atteindre le résultat qu'on était en droit

souvent négliger ou omettre

les

mots

les

plus usuels et

le

mieux employés

techniques. Ainsi restreint dans sa spécialité, on peut

pour s'attacher de préférence aux termes purement
manque d'unité et demeure incomplet, au grand préjudice du dialecte alaisien.
Le danger qu'avait voulu conjurer l'abbé de Sauvages n'existe d'ailleurs plus de nos jours. Ce n'est

dire que le plan de l'ouvrage

pas, en effet, l'altération de la langue française par le languedocien qui est à craindre à l'heure présente
l'influence contraire est bien plus à redouter, et

de notre belle
C'est

et vieille

langue d'Oc, qui tend à se per^'ertir et à se corrompre, en se francisant.

nombreuses lacunes du dictionnaire de l'abbé de Sauvages que l'auteur des
premier la pensée, il y a déjà plus de trente ans, de rendre sa physionomie vraie au

pour combler

Castagnados eut

le

:

nous assistons, chaque jour, à l'envahissement progressif

les

manier avec tant de grâce et d'esprit. Il associa à cette œuvre
considérable deux amis intimes, MM. J-M. Marette et Maximin d'Hombres, animés comme lui du feu sacré;
et, avec leur collaboration, il jeta les fondements de l'œuvre future, en commençant par recueillir la
dialecte alaisien, cet

ami d'enfance

onmenclature de tous
nomenclature

écrite

les

qu'il savait

mots qui devaient entrer dans

le

nouveau Dictionnaire languedocien-français,

en entier de la main du marquis de La FarL-, et destinée de servir de guide aux trois

collaborateurs. Cette classification devait être considérée

comme un

arrêt définitif, qu'il fallait religieu-

sement respecter.
Mais la mort vint successivement enrayer ou suspendre l'accomplissement de l'œuvre commencée.
M.

le

marquis de Lafare-Alais succomba
L'honneur

et le

le

premier en 1846; M. Marelle

qui, à son tour, devait disparaître

avant d'avoir pu mettre
«

A

le suivit vingt

ans plus tard, en 1866.

fardeau de l'entreprise devinrent alors l'héritage exclusif du dernier des survivants,

dater de sa nomination

comme

la dernière

main h ce monument patriotique.

«

président du Trilnnial civil d'Alais, l'existence de

Maximin d'Hombres

ne devait plus être qu'une longue agonie précédant une crise suprême.

(1)

Doaimenis inédUt sur

M. Ilengnot, membre de
(2)

l'histoire

de France. Les

2~

Oliié,

ou

partie, 131Î-1318.

registres des arrêts rendus par

la

Cour du

roi,

publiés par

Appendice; Anciennes coutumes d'Alais, pp. 1458-1501.
LAFKRRifcBK. Uisloire du Droit français, T. V, Coutumes de France, sect. 11; Anciennes Coutumes d'Alais, Paris 1858.
l'Institut. T. III,

le 27 décembre 1873, à la cruelle maladie dont il était atteint depuis plusieurs
mourut en chrétien convaincu et résigné, digne couronnement d'une aussi belle existence.
« DévoueM. K. de Roux-Larcy a résumé en trois mots, sur sa tombe, la noble devise de Maximin

Notre ami succomba,

mois.

II

:

ment, abnégation,

fidélité.

»



« Sa foi religieuse, a-t-il ajouté, sa mort la proclame
Sa foi politique fut de celles qui commandent le respect à leurs adversaires, et qu'aucune épreuve ne fait jamais défaillir (1). »
« Né dans le sein de l'Église romaine, élevé dans la foi et l'amour de ses dogmes, dans le respect de ses

décisions,

dans

la

soumission à sa discipline, a dit excellemment de

dans nos temps troublés, a
devoir

filial

obstination
pur, et

A

il

fait hésiter

— Catholique

ne pouvait que vivre

et légitimiste
et

Maximin d'Hombres

fut

par sentiment,

mourir dans

hommage aussi

M. d'Bspinassous, rien de ce qui,

cœur a

Dieu, roi, patrie, cité, famille, amis, tant que ce noble

ce splendide

les

il

battu,

aimées, un des derniers chroniqueurs de ses

mœurs

son

devait nécessairement en être le type le plus

mérité que noblement exprimé,

une perte irréparable pour sa famille

moment de

a tout aimé avec

il

bras de l'Église et en rêvant du trône

et ses

cette excellente population alaisienne, qui voyait s'éteindre en lui
les plus

lui

tant d'âmes, n'a eu la force de le faire dévier un seul

il

nous

nombreux amis,

et

une de ses figures

populaires,

(2). »

suffira d'ajouter

que

la

mort de

un deuil public pour

les

plus originales et

un des derniers représentants de

ses antiques traditions.
*

Après la mort de notre ami. Madame d'Hombres voulut bien nous confier le soin de terminer l'œuvre
honneur insigne et périlleux, qui nous revenait moins qu'à tout autre et que nous

inachevée de son mari

:

nous sommes efforcé de justifier, sans espérer d'y avoir réussi aussi complètement que nous l'aurions désiré.
Maximin d'Hombres avait, en mourant, laissé le Z)tWton/ïatre languedocien rédigé et imprimé jusqu'à
la lettre

M.

le

M, inclusivement.

Il

restait

marquis de La Fare-Alais, tous

donc à définir, sans autres jalons que la liste incomplète laissée par
les mots correspondant aux douze dernières lettres de l'alphabet.

L'orthographe introduite par M. de La Fare, dans ses poésies, est des plus défectueuses et se trouve en
complète opposition avec

les

origines et les traditions de la langue d'Oc. Maximin d'Hombres l'avait néan-

moins adoptée, par déférence pour

le

souvenir de son ami,

et,

bien que nos préférences soient en faveur

de l'orthographe rationnelle, reconstituée par la renaJssarice provençale, nous avons dû, à notre tour, nous
plier

aux mêmes exigences, pour conserver, à l'œuvre à moitié accomplie de nos prédécesseurs, sa physio-

nomie propre

et sa

complète unité.

Dix ans ont été consacrés à cette tâche laborieuse, dont l'accomplissement nous a été

par MM. Emile de Firmas-Périès

et

César Fabre, deux alaisiens de vieille-roche, pour qui

facilitée

surtout

le dialecte

Cévenol

Nous devons aussi de nombreux renseignements aux trois poètes d'Alais, successeurs
MM. Paul Félix, André Leyris et Albert Arnavieille et, d'autre part, M. Emile Reboul, a bien
voulu prêter à MM. Alfred Veirun, .\uguste Brugueirolle et Clodomir Castagnier, imprimeurs du Dictionn'a point de secrets.

de La Fare,

;

naire, le concours de son

remarquable talent de correcteur.

Nous nous estimons heureux de pouvoir consacrer

ici,

à ces bienveillants collaborateurs,

témoignages de notre sincère reconnaissance.
Alais, 27

décembre 1883.
G.

CHARVET.

(1)

Discours prononcé par M. E. de Roux-Larcy sur la tombe de M. Maximin d'Hombres.

(2)

Éloge de M. Maximin d'Hombres, par M. d'Cspinassous.

les meilleurs

EXPLICATION DES ABRÉVIATIONS

A

ou a
Ace
Adi

Adv
Allem
Anql
Art

Indicatif.

Actif.

Ind

Accusatif

Intehj

Interjection

Adjectif.

Irrég

Irrégulier.

Adverbe OU Adverbialemenl.

Ital

Italien.

Allemand.

Lang
Lat
LlM

Languedocien.

Anglais.
Article.

Latin.

Limousin.

Au FiG
AUGM
AO PHOP

Au

Bass. lat

Basse

M.

SIGN

Cant

Canton

N

PH

Cat..

Catalan.

Celt

Celte

Par EXT
Par kx

Par extension.
Par exemple.

CÉV

Cévenol.

Part, pass

Participe passé.

COMM

Commune.

PÉJ

CONJ

Conjonction.

Pers

Personne.

CONTH
CORB

Contraction.

Phr F ou FAITS
PlUR

Pluriel.

Augmentatif.

LiNN
Loc PRVfl

Au

M.

figuré.

.

propre.
latinité.

ou Celtique.

m

.

.

on MASC

ou PÈJOR

.

.

Corruption OU Corrompu.

Linnée, naturaliste.

Locution proverbiale.

Masculin.

Mime signification.
Nom propre.

Péjoratif.

Phrase

faite

Dat

Datif.

Démonstratif.

Port
Pop

Portugais.

DÉMONS

Dkr

Dérivation OU Dérivé.

Poss

Possessif.

DiAL
DiCT

Dialecte.

Pbép

Préposition.

Dictionnaire.

Prés

Présent.
Prétérit.

Populaire.

Dm

Diminutif,

DlPH

Dipklhongue.

Emp

Emprunt OU Emprunté.

Esp

Espagnol.

Etym
Exclam
Ex

Etymologie.

Exemple.

Prêt
Pron
Prov
Prvb
RÈDUP
RÉF
Bel

onf
Fam

Féminin.

SiNG

Famille ou Familier.

ScBS. ou S

Substantif.

Figuré.

Syn

Synonyme.

Français.

Thad

Traduit.

Fréquentatif.

Triphthongue.

Génitif.

Triph
V. G. M
V. ou V

Gr

Grec.

V

Imp

Impératif.

VOY

Exclamation.

F.

;

Fio

Fr
Fréq
Gasc
Gènit


=

Indique

Gascon.

le

.

1

Pronom.
Provençal.
Proverbe.
Réduplicatif.
Réfléchi.
Relatif.

Singulier.

Voyez ce mot.
Verbe.

Vieux langage
Voyez.

changement d'acceptions on de sens d'un mot; mais plus souvent les citations et remarques.
Ex. Àc : = ec, ac égale ec; angue
anègue,
anencke : angue égale anègue, égale anenche;

Signifie égale.

^

=

etc.

DICTIONNAIRE

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS

BOISSIER DB SAUVAGES! De LA FARE-ALAIS! Deux
noms radieux et sympathiques, que nous sommes heureux

empêché nne

de ce Uvre, et qui feront sa

excellente d'atteindre la portée que l'auteur pouvait
se promettre. Elle lui fait mettre de cdté les mots les plus

premier nous rattachent des liens de famille; an

usuels, pour ne s'attacher qu'à des techniques; tous les
termes, et souvent les mieux employés, ne se trouvent pas

en

d'inscrire

tête des colonnes

meilleure fortune.

Au

scientifique. Cette préoccupation toutefois a

œuvre

second est due

l'idée

première de notre nouveau Diction-

naire languedocien.

a vues naître, on

l'a dit

ment

aucune n'a

:

il

néglige pour en

les

hors de son domaine,

L'abbé de Sauvages, parmi
alaisienne

chez lui, et

les célébrités

avec raison, est
le

la

rateur ou lexicographe,

soit qu'il

y peut

poursuivre d'autres,
saisir

l'occasion d'un

que noire pays

redressement et matière à sa leçon de français. Restreint

plus complète-

ainsi

cachet du crû

sienne. Géologue, physicien, naturaliste,

s'il

comme

agronome,

la

litté-

consacre ses études à

même temps

dans une spécialité, et en

des dialectes étrangers

,

entraîné vers

son plan est incomplet et

manque

au grand détriment de notre dialecte. Quelle valeur,
en effet, était destiné à avoir, pour l'avenir Uttéraire de
d'unité,

un

l'agriculture, soit qu'il dirige ses recherches vers la linguis-

notre pays,

tique, tous les travaux d'une vie bien remplie et toujours

homme comme

appliquée, les connaissances variées qu'il

mer dans un traité de purisme français il nous eût donné
un vrai lexique languedocien, embrassant la langue daas sa

même

degré distingué, supérieur

possède à un

en quelques branches, son

expérience et son rare savoir semblent n'avoir quelque prix
à ses

yeux qu'autant

qu'il

périté et à l'illustration

Entre tous
parler

ici

,

le

peut

Içs faire

tourner à la pros-

de son pays natal.

ses ouvrages,

mieux connu

le

,

l'abbé de Sauvages,

si,

au

lieu

par on
de se renfer-

,

plénitude, ne sanctionnant que ce qu'il savait être de

pur

sang cévenol, mais légalisant tout notre avoir légitime! Sa
réserve trop timide est d'autant plus regrettable, que pear-

seul dont

peut-être

travail de cette importance, exécuté

nous ayons à

ne pouvait manquer

sonne encore n'avait, avec tant de profondeur, de sagacité
et d'érudition

,

pénétré dans

le

génie de notre idiome

,

ne

de porter l'empreliite de celle pensée de bien public. Dès le
titre même de son dictionnaire et dans sa préface , le but

plus impressionné de ses beautés, de sa limpidité, de
la sève de ses tours de ses images
de ses figures , de ses

du

idiotismes. Malgré ces lacunes, Saitvages restera

,

nioilestc

savant prend plaisir à s'avouer hautement.

Il

donne pour mission principale d'enseigner à parler correctement le français à ceux de ses compatriotes qui, accoutumés dès l'enfance à formuler leur pensée en languedocien,
se

n'en donnent, en se servant

du

français,

qu'une traduction

vicieuse et toute hérissée de gasconismes.
suite d'expliquer les

Il

se propose en-

mots du vieux langage dont founnil-

lent les titres et actes établissant d'anciens droits

ou leur

s'était

,

,

gloire la plus populaire

jours d'être considéré
rituel des initiateurs

Son recueil sera

comme

le

soin de sa

renommée

littéraire et

le

plus spi-

au

même

qu'il

degré.

le

sa

prendre

a voulu combattre

Ce

n'est pas l'alté^

ration de la langue française par le languedocien qui est
:

la

meilleur à consulter et le plus cu-

en tout pour modèle. Le danger

redouter

même le

plus savant et

donnée trop exclusive devait nous interdire de

être mais touchant, d'un noble patriotisme, qui sacrifie

désir d'être utile

comme

méritera tou-

rieux quand on voudra remonter aux sources; mais

n'existe plus d'ailleurs

au

le

il

du languedocien.

exemption. Une pareille conception a pu paraître étrange,
originale
il n'y faut voir que le sentiment exagéré peut:

de nos contrées, et

i

l'influence inverse est bien autrement à craindre,

et le péril sérieux est

au contraire de voir notre belle

et

8
langue d'Oc se pervertir et se corrompre en se franva et celles qui viennent,

vieille

cisant. Notre gi^ntVation qui s'en

sont vouées au français

elles

:

ne parlent

reste plus

ne

il

qu'une ombre, rien ne

que

Faudr»-t-il surtout

le fier et

doux

soit

à regretter?

parler de nos pères

pour avoir encore quelque charme
et une valeur, ne se façonne qu'aux belles manières
françaises et aux modes nouvelles, déserte son archaïsme,
énerve sa virile individualité, se renonce tout entier à
et de nos mères-grands,

la

nationalité méridionale s'est fondue dans la

grande nationalité française, notre terre classique des libertés communales, des franchises municipales, a-t-elle perdu
par

la

la centralisation

conquête et par

moments

encore par

pas de

serait-il

Ce
rir

ne prouve

en survit un souvenir? N'en

qu'il

même pour

la

langue d'Oc

,

qui a régné en

y

n'est pas qu'il

à

à armer en guerre pour reconqué-

ait

dans son rang politique

la restaurer

haut

;

mais

pas tombée

elle n'est

aura-t-elle bien

d'elle-même et de son génie, et qu'il lui soit permis, tant

même

bafouée et trahie,

besoins journaliers. Elle est partout, et son génie vivifie en-

core nos provinces

il

;

semble

les resserrer entre elles

par une

noble cœur, et que
qui l'abrite et

de sonner pour

elle

dûment

français, et

son

vieil

le

même
n'est

point parvenu à paralyser chez elle la fibre spiritualiste et

poétique

:

elle

vient de faire ses preuves éclatantes.

l'exclut des écoles

démies

elle se

:

,

On

de l'enseignement classique et des aca-

venge de

la

proscription en forçant son

vainqueur à applaudir, à envier



les

paysans et

les

laboureurs;

du grand monde

les

salons

et sur les théâtres des premières

villes.

matérialiste. Et c'est à ce

en France



pour y découvrir

le secret

,

,

,

duits et conserve dans son étymologie.

La renaissance des
s'est affirmée

méridionales a déjà pour elle

lettres

du

plus grande puissance

jour, le fait accompli. Elle

par des œuvres brillantes et vigoureuses; et

charme

et l'étonnement, l'attention publi-

comme on disait auxquels
on n'avait pas soupçonné tant d'harmonieuses ressources.
que

s'est fixée

sur ces patois

,

,

vulgaires

Grâces en soient rendues à la muse de

la

qu'on a pu voir

de son écrin

après avoir été dépouillée de sa part d'héritage par sa su-

voulu sonder

perbe sœur d'outre-Loire

fines pierreries

et noble

fille

du peuple,

mais

et elle

elle est restée

grande dame

ne veut pas que son blason

été entrepris

l'éclat et

:

les

avouer

aimer sa langue et

français

n'eût secoué son enveloppe tndesque et inculte. Elle n'a
point abdiqué, et se souvient; elle se refuse à recevoir l'au-

mône du

français, ce qui pour elle serait consentir à des-

cendre à l'humiliante condition de patois, et dégénérer de
langue savante et de haute extraction en un jargon grossier
et

barliare. I^s royautés

tombées,

comme

les

démocraties

asservies, ont leurs majestés et leurs fiertés, qui

dent encore

le respect, et

comman-

quelquefois de ces retours de sève

et

qui se

la

langue d'Oc

mine qui

travaux de recherche

avec ardeur.

mi-parti soit infecté de la barre ignominieuse de bâtardise.
le

la richesse

profondeurs de

les

Elle était littéraire, élégante et polie avant

que

la

de leur formation, de leur ori-

,

servante,

;

en

du langage la trace des vieilles mœurs des
usages des institutions du pays que souvent un mot a tragine, des lois

Modeste Cendrillon, on

la croit réduite aux plus
commune, condamnée au rôle de

de

les études

attirés vers

usages de

la vie

et

linguistique , se prennent à interroger nos anciens dialectes

aussitôt, sous le

parmi

niaises prédictions, à consoler

les meilleurs esprits,

érudits , doctes et lettrés ,

campagne, à

la ferme,

éloquente des pro-

historiens, savants, philologues, curieux et

la

échappe pour prendre ses entrées dans

la plus

avec une fraîcheur de poésie, une

du positivisme

même que

muse toujours fidèle. Vaincue par les armes
perfectionnées du français, on voudrait la reléguer à la

elle s'en

pédants, morte sous la férule

les

rer contre de fatidiques et

les merveilleuses inspira-

tions de sa

peu

langue

jeunesse de verve, une inspiration, une originalité, à rassu-

Allemagne,

fédératif. L'ostracisme français

la

litté-

si

ensevelie, que, de tout le Midi, dans

idiome national, s'élève

testations, s'exprimant

l'Auvergnat, le Gascon, le Béarnais; mais elle les rapproche

dans son principe unitaire, sous

la réhabilitation

mouvement

le

au moment où

portée vers la littérature. C'est

moment-là

et

à voir

,

en sa faveur à notre époque,

raire qui se produit

variété de dialectes, le Cévenol, le Provençal, le Limousin,

commun

et ses plus

un coin de foyer

feu sacré trouvera

le

Cependant on a pu croire que l'heure de
était près

des écœurements

symbole

les siens

conserve.

le

plus étroite solidarité. Elle est divisée en une nombreuse

et les fusionne tous

par

proches , d'espérer que son culte vit encore dans quelque

du

,

Au moins

vouloir rester en possession

droit de

le

d'Oc est proclamée, de par

leurs transactions, dans leurs

et

bas qu'elle se laisse dé-

si

figurer, travestir et outrager sans protestation.

Quinze millions d'habitants, dans vingt départements, l'emploient comme moyen de communication habituel comme

mieux compris dans

,

et inteniational

d'autrefois. Ses destinées sont changées, elle n'aspire pas si

souveraine des Alpes à l'Océan, des Pyrénées à la Loire?

l'agent le

des proscriptions

les relèvent

langue d'Oc sa couronne de souveraine déchue

la

{wur

son esprit d'indé-

et ses généreuses aspirations, qu'elle

pendance

!

soit-<?lle

lui-même?

Quand

de révolte, qui

ne pensent plus

et

qu'en français. Est-ce à dire cependant que, de notre passé,

dont

et leurs jours
et des dédains

faisait
le

on a

recelait ces

et les fouilles

ont

applaudir, a

commencé par

faire

vocabulaire qui en apprenait les déli-

autre que l'histoire de sa langue

venue explorer

Dès

!

Cette poésie, que l'on pouvait

catesses, le tour et l'expression. L'histoire

est

,

les

sources

,

;

les

et à

d'un peuple n'est

son tour,

formes

,

la science

les flexions, les

transformations du vieux langage néo-latin, roman, langue-

docien

;

demander aux dictionnaires du

peuple pensait et
la parle

encore et

comment
la

il

que

le

comme

il

jxîuple ce

parlait sa pensée

,

parlera longtemps, et étudier sur le vif

son génie, ses coutumes et ses traditions.

e
poésie refleurissait au berceau des premiers trouba-

La

dours; et par un inerveilicux eiitraiiu'inent de
tous

nombreux

les dialectes, aussi

dans l'ancienne Grèce,
charte particulière,

et aussi Mii''lodicux (jue

réveillaient

se

patriolisiiie,

jiour

publier leur

code local de leurs variétés. Les tra-

le

vaux des grammairiens

et des linguistes,

li?s

glossaires, les

lexiques, les vocabulaires se sont multipliés |K)ur attester

,

des congrts

,

Certes

,

les

Kous

répondu à

Provence, avec

fleurs et

les

joies

les

de

sous

la gaie

pour laquelle

où, par tout notre jwys, dans

les plus

plus humbles,

les toits les

le

patois, c'est-à-dire le langage de la patrie, conservait seul



l'antique droit d'asile,

du peuple pour

opiniâtre

à {lenser, qu'il

plus

facile, le

seul

il

était

admis dans

les rela-

tions privées et domestiques, dans les causeries intimes

salon du riche et de l'àtredu pauvre, où

du

la famille patriar-

quand

leur organisme

la

ce retour de faveur, cet empressement

du

remettre en honneur l'idiome méridional

preuve que

le

a appris

il

le

le

plus

plus actif de ses relations, de ses

flambeau

,

rallumé par des mains

habiles, n'a rien perdu de son éclat, et qu'il

lui

a

un rempart

fait

populations

les

leur dévelopiicment

quand

elles

les portait

mobile

;

avançaient;

climatériques,

naturellement à modi-

mieux

certains sons, à préférer certaines articulations

fier

appropriées
idées

à leurs facultés;

mesure des besouis

la

se

prêtant à formuler les

connaissances d'une civilisation plus riche,

et les

dans

et

des intérêts qu'elle était

appelée à servir, dans le cercle qu'elle embrassait, selon les

nature de son organisation, dont

lois et la

bien

secret et l'iastinct.

le

tenue dans ce milieu

de

donnent

le({uel

s'impressionnant avec elles des influences

languedocien. >'on; mais tout cela, ce réveil intellectuel de
,

,

tout ce cjui vit et marche,

temps, où

monde savant à

commode

attachées au sol, elle a suivi

cale ne s'entendait, ne s'entretenait, ne s'aimait qu'en pur

nos provinces

langage dans

le

donné conmie l'instrument

s'est

en pleine possession d'elle-même. Vivant par

comme

et des Déranger de

comme

grandes maisons

villes et des écoles, elle a

mœurs,

n'allons pas revenir à l'épmjue

écrivait Sauvac.es,

auprw des masses populaires, loin des
trouvé un refuge. L'attachement

injustes réi»rol)atit)ns,

elle la vraie patrie; elle est là

tout cela ne va pas faire renaître les temps des

cours d'amour, avec

science.

de

coupdecet

le

inexpugnable. Là est pour

une vie nouvelle.

Raymond de Toulouse

et elles l'ont bannie

nécessités d'habitudes et de

cet élan de l'esprit provincial, et tout le Midi a

.1

,

Des acadéniies,

des voix aimées et connues, qui l'appelaient dans sa langue
populaire

réussissant assez bien

y

leur conversation la plus fanjilière. Mais, sous

des jeux floraux ont encouragé

la vitalité rajeunie de l'idiome languedocien.

des sociétés

rature et

,

peuple a

pour

dont on ne l'arrachera pas de long-

innovations ont moins de prise et

presque

n'avoir

le

respect

langue à

de son caractère primitif,

[lerdu

rien

naturel qui distingue

comme une

jKirt,

son individualité , qui

la classe

vivant de sa vie propre.

Aussi, plus qu'un autre, l'idiome languedocien

y a mieux que

si

s'être

langue mateniellc plus de puissance, qu'elle doit de

la

du

les

le

C'est assurément

est-il

en

des cendres mortes à remuer au foyer de la langue d'Oc.

droit de se montrer jaloux et fier de rester et de paraître

N'est-ce pas déjà quelque chose de bien remarquable qu'une

lui-même.

langue, proscrite et dédaignée, qui revendique d'autorité sa

façon

place au soleil, qui s'impose par des chefs-d'œuvre et se
classe

de prime-saut au rang

(jui lui

a autrefois appartenu

et qui lui revient encore? N'est-ce pas faire acte de force,

sous

régime

le

le

plus centralisateur qu'on ait jamais inventé,

d'avoir su persévérer dans son

in lépendance, et si bien

Il

ne redoute rien tant que

ou à un calque

pastiche

l'alliage et la

suscciitibilités

;

il

est

dans sa nature d'avoir des

d'hermine, des délicatesses de sensilive, et

des raffinements de pruderie, qui auraient dû déconcerter
les

audaces d'attouchements profanes.

A

ce point que, pour

mouvement intellectuel et social, quand il est
d'emprunter un mot au français son voisin et son

vivre dans

le

garder intactes l'originalité et la pureté de son type natif?

forcé

Et quand

elle s'est

présentée ainsi, de quels artifices a-t-elle

rival

usé pour

se faire

reconnaître? Quelles habiletés a-t-elle

obligé de défigurer l'intrus par (|uolque métathèse

employées pour être adoptée
était là

et

recherchée? Son histoire

qui disait son passé, ses traditions, ses instincts.

Le charme de sa parole, de sa mélodie, de
suffi

:

elle n'a

ses

rythmes a

pas exercé d'autre séduction.

Gîpendanl, depuis

le

commencement de

tème des prohibitions ne

lui

Que de

et par arrêts, par lois et décrets,

de

défenses par

se [)roduire

!

Et en

les introductions
lisées!

belle

Au

non\

diction,

abandon ne

lui

l'ilits

de

même
la

a

i)as

temps,

comme

concurrence

du progrès

éjwrgné ses rigueurs.

sur son domaine

officielle étaient

léga-

et de l'unité, sous prétexte de

aucune trahison, aucune rupture, aucun
ont été ménagés. Elle a été écartée de

l'in-

struction primaire de l'enfance; les hautes classes de la
société n'ont plus consenti à la traiter

que comme une langue

de luxe, pouvant s'adonner avec quelque succès à

la litté-

,

,

a hâte de protester contre ce servage, et se croit

il

hardie

qui sauve jusfju'à l'apparence de l'imitation. Ainsi encore,
il

sent bien que le langage moderne de la politique, des

sciences et des arts, de la philosophie, lui échappe; mais,

dans

ce siècle, le sys-

contre-

réprouve avec horreur tout ce qui ressemble à un

il

:

la

besoin;

sphère où
il

l'a

retenu sa défaite,

il

n'en avait nul

repousse l'imjiortation étrangère ou

il

la

dénature

par des procède^ à lui propres, et peut-être aussi par
crainte d'introduire dans son
battologies,

s'il

lui fallait,

domaine

la

la

plus étrange des

à l'exemple du français, deman-

der des techniques à l'Angleterre pour

la politique, le

com-

pour la musique et la peinture, à la Grèce et à l'Allemagne pour la philosophie.
Le contactcontiimelet forcé du français n'autorise avec lui
ni assimilation, ni promiscuité. Le génie de la langue d'Ocest

merce ou

l'industrie,

en opposition avec

le

à

l'Italie

génie de la langue d'Oil.

La sonorité de

l'accentuation méridionale, l'euphonie et la cadence de ses

10
désinences et de ses formes, ses tours elliptiques et sa construction ne se plieront jamais au dialecte sourd du >'ord, à
sa précision exacte et compassée.

qu'une logomacliie sans

nom

,

Il

ne sortirait de

que

du

patois

français.

au moins contre

C'est

fois, inin-

mourir. Amis cl ennemis s'achariienl
un argot qui le rendra bientôt tout

fait

et faite

pour

apportées dans l'une

le latin avait à l'origine

ne sont-ils pas

jusqu'à professer que

allés

au pillage

les

Les empiriques, en infiltrant dans

C'étaient

deux

mécanisme, dans leur expression.

leur

une source commune, qui

fleuves, ayant

longtemps avaient suivi une marche parallèle, fécondant
le

pays dans leur cours ; mais que depuis des pentes oppo-

sées ont entraînés en sens contraire

peuvent plus

,

dont

et

fallait

surtout remarquer

elle

:

seule

elle

,

a

seule

;

de bonne compagnie; tout se

La langue d'Oc, à ses

sa nationalité
elle n'a

pu

se

,

elle est

de bon ton et

fait, s'enseigne, se régente,

se discute, se traite en français
testable.

,

:

la

amalgames,

s'ils

s'accomplissaient,

c'en

langue d'Oc, et de sa dignité, et de son génie.
les

veines de la pauvre

malade un sang étranger, n'obtiendraient que ce déplorable
résultat de

compromettre davantage son existence.

de mort qu'on n'ajoute donc pas un arrêt de

La

A l'arrêt

flétrissure.

réaction intelligente de l'esprit des provinces, dans le

qui a repris sa place dans la littérature de

la

Franco

,

fait

désormais partie de ses richesses, et sa conservation inté-

do se perfectionner, attire tout à

la parole

de

encourageante pour avorter en plein succès. La langue d'Oc,

à main-

Aujoui-d'hui la langue française, qui ne cesse de se pro,

serait fait

humi-

cl innocentés,

corrompre.

tenir la séparation qu'il importait de s'attacher.

diguer, de se répandre

monstrueux

ces

système

Midi, n'a pas été saluée partout avec tant de sympathie

c'était

:

vocabulaire

eaux ne

les

se mêler sans se troubler et se

C'est ce qu'il

le

dictionnaires français? Ces stériles et

d'inconciliable, d'antipathique dans leur nature, dans leur

l'autre,

caractère, dans

méconnaissable.

languedocien n'avait rien de mieux à faire que de mettre

liants larcins, s'ils étaient érigés en

dans

à le transformer en

:"i

on n'a pas assez tenu compte de leurs différences physiologiques, de tout ce que peut-être le climat,
leur position géographique, leurs tendances avaient mis

et

cette

condamné à

est

Certains puristes, et quelques-uns très-érudils vraiment,

Malheureusement ces incompatibilités entre les deux langues n'ont pas été toujours bien comprises. Pour quelques
affinités

un dos

s'il

plus savants philologues.

les

individualité distincte, et qu'il ne se refuse à être converti en

décomposition violente qu'il proleste,

aux habitants du pays eux-mêmes,

déconcerter les étrangers et

fusion

qui ne serait ni du langue-

docien ni du français, mais du vrai patois celle
telligible

la

gloires de la mère-patrie, qu'il no revendique justement son

sa prééminence est incon-

côtés, depuis qu'elle a

perdu

n'est plus qu'un parler de vaincus. Comme
mouvoir que dans un cercle restreint , sa

que

resse la gloire nationale, liais

vaincre les préjugés

,

encore pour

lui faut-il

pour avoir raison de tous

les partis-

mieux si elle consentait à
formules archaïques du roman des trouba-

pris? Elle n'y parviendrait pas

reprendre les

dours, avec lesquelles on ne s'entendrait plus, que
était contrainte

prmit, qui l'enlaidissent et la défigurent. Jlais tous
frages lui

si elle

à recourir à ces faux ajustements d'em-

quand

feront accueil

elle se

les suf-

montrera dans sa

puissance de développement s'est mesurée à des intérêts et

pureté première, dans sa simplicité vraie et naturelle. Elle

à des besoins bornés. Émule souvent heureuse du français,
dans la poésie, plus abondante et plus musicale que lui, on
l'a bien vue toucher sans efforts aux conceptions élevées de

ne doit être jugée que sur son tyi» natal sur un tableau
correct, complet, entier d'elle-même, telle que le progrès

la

pensée et de

active,

l'esprit

du monde des

;

mais rejetée de

afl'aires

,

vie publique

la

de la politique et des sciences

humaines, mise en quelque sorte au ban do la civilisation
moderne toute expansion lui devenait imiwssible. Elle est
:

restée, avec ses allures familières, vulgaires,

un peu

rusti-

,

modifiée, appropriée, avec les accroissements

l'a faite,

son génie lui a apportés et que l'usage consacre.
d'une épuration sévère,

elle

abaissement, et d'attirer

Au

que
prix

méritera de se relever de son

les

études sérieuses et la faveur

publique.

Sans rien répudier de son passé qui a jeté un vif éclat

ques, la langue du peuple, de la famille, des campagnes.
Elle a vécu néanmoins et elle vit encore de son propre
fonds, par la seule énergie de sa constitution.

dans

Mais tous rapports philologiques
deux idiomes. Leur co-exisl?nœ sur

aujourd'hui en elle? Toutes les langues arrivent nécossai-

ont
le

cessé

même

entre les

territoire

ne

autrefois do

les

l'un dans l'autre ne serait en effet

cela

plus faible, sans profit pour

Sans doute

il

le

plus fort.

peut arriver un jour,

si

Il

le

éloigné qu'on le

démonétisé,
qu'il n'ait

c'est

le

eu cours

Que
lot

le

le

paria, à

supplantera dans son modeste

empire, mais son pouvoir ne va pas jusqu'à
famille des langues.

le

rayer de la

languedocien soit supprimé et

des proscrits; mais rien ne fera

légal, qu'il

ne

soit

son

essence,

ne

avec

le

les

porte-t-elle

mœurs,

pas encore

l'esprit

public et

tendances des populations qu'elles représentent. Et de

que l'idiome méridional ne

s'est

pas

figé

dans l'immo-

bihté, qu'il a éprouvé des transformations, serait-

prévoie, où le vainqueur parviendra à étouffer
force de l'élreindre.

ne peut-elle avoir (juelque orgueil de sa

reiiient à se transfigurer

saurait fonder ni alliance, ni association.

La transfusion de
que l'anéantissement du

la littérature,

renaissanœ, qui n'est pas moins brillante? Ce qui était

encore une des

il

juste

de conclure qu'il doit être déclaré atteint et convaincu de

mort civile? Ce ne sont point les acquisitions nouvelles,
quand il les a marquées au titre légal qui {auvent dimi,

nuer son crédit; mais bien cette fausse monnaie, frappée

au coin d'une
c'est là

que

le

fantaisie ignorante, qui le déconsidère

:

et

remède doit être appliqué.

D'autre part, la langue d'Oc est morcelée en une

infinité-

11
de dialectes; mais

pour cela

s'en est-elle

affaiblie

dans son

principe? Tous ces rameaux se relient par mille radicules
à

nuances d'intonation

la souclie-mi^re; les

originelle,

dans nne

gamme commune.
du

d'espérer, à cause de l'Mendue
sité (les dialectes,

S'il n'est

territoire et

pas jiermis

de

la

altérations dont

les

ont

ils

qui les ramène au

vrai, ce résultat ne peut-il être

obtenu dans une

monographie, qni se rattache
raux, par

tous par des aperçus géné-

,'i

la fraternité d'origine et

de famille? Notre dia-

lecte cévenol, par sa position concentrique entre la plaine

et la

montagne, plus

abrit*^

que

les

autres contre les impor-

montré aussi plus

tations exotiques, ne s'est-il pas

fidèle

au

maître a prononcé. Pour nous, ces

le

sont les tables de

la loi

:

elles fixent

listes

de mots

notre dialecte, elles

sont notre langue vraie, actuelle, vivante. C'est l'arrêt au-

quel

il

n'y a rien à ajouter ni à retrancher

deniier qui sépare

diver-

l'atteinte, et

chacun plus ou moins subi

thème

de vocalisa-

rassembler tous dans une compo-

les

qui di'nonce

unique,

sition

de

et

dans l'harmonie

viennent confondre leurs accords

tion

nés;

y

Il

le

Ixm grain de

a plus de vingt-cinq ans

:

le

jugement

l'ivraie.

du jour où

fut écrite la pre-

mière ligne du Vocabulaire et où nous rec/'vions, avec un
ami, hélas! perdu aussi pour nous,

la

confidence du plan

d'une entreprise trop tôt interrompue. Alors, dans une col-

manquait son chef naturel,

lalxiration fraternelle, à la({uelle
le

travail

aurait pu être suivi; d'autres

nos études, sans jamais

arrêtèrent
faire perdre

préoccupations

cependant nous

les

entièrement de vue. Enfin, quand au dernier

survivant est revenu ce legs de l'amitié, pour en accepter
l'honneur et

les périls

il

a moins consulté ses forces que

vieux culte, n'a-t-il pas mieux conservé lessaines traditions?

son patriotisme. L'eeuvre avait été inspirée par un senti-

devrait-il pas être préféré pour ce travail d'épuration?
Ce sont ces études qui préoccupaient l'auteur des Castagnados, auxquelles il conviait un groupe d'intimes, animés

ses

comme

peu près remplie, que nous avons parcouru jusqu'au bout la

Ne

lui

du

feu sacré.

Il

rôvait de rendre à son dialecte

ment qui devait
difiiculti^

la faire

continuer

:

elle

pouvait être

risques et les écneils. Mais aujourd'hui que la tlche est à

bas-languedocien, cet ami d'enfance tant aimé, sa physio-

voie tracée par les jalons indicateurs, nous jetons

Dans cette pensée fut commencée la nomenclature du nouveau Dktinnnnire langnetlocien : elle nous est
parvenue écrite en entier de la main de M. le marquis db

en arrière, et nous doutons.

La Fare-Alais.

sommes

nomie

A

vraie.

cet

émiuent

esprit

l'idiome maternel
il

,

si

si

,

versé dans la connaissance de

familier avec

le

génie

du

gai-savoir,

appartenait, et lui seul avait autorité et compétence pour



cela, de dresser le nobiliaire complet de notre langue,

ne devaient

que

être inscrits,

les patriciens

de bon

ces légitimes. Poète,

il

comme sur le livre
aloi

,

d'or de Venise,

de pure origine ou d'allian-

il

joyeux

et goguenartl, ses allures franches et agrestes;

l'avait élevée

même

jusqu'à l'idéal qu'on lui croyait

au pathétique pour

inaccessible, jusqu'au sentiment et

quels on l'accusait de

Grammairien,

il

a-t-elle

nous

F.a

un regard

bonne volonté ne nous

pas égaré? L'esprit du maître ne souffle plus; ne

a-t-il

pas abandonné dans ce long trajet? Et nous en

à nous demander, en le regrettint peut-être,

s'il

n'eût pas été préférable que l'esquisse fût restée simplement

au

donnait tant de vie et d'animation;

trait qui seul lui

mieux valu que la toile eût été laissée vide
dans son cadre d'or. Puisse au moins la gangue abrupte
ne pas trop déparer le diamant que nous avons voulu
s'il

n'eût pas

mettre en lumière

!

avait rendu à cette langue populaire

sa grAce et son élégance, sa clarté et son énergie, son caractère

utile,

ne devaient pas empêcher d'en tenter les

manquer d'expression ou de

les-

souffle.

voulait lui garder son purisme natif et son

originalité technique; la sauver

du servilisme de l'imitation et

Tout d'abord nous devions dire comment était né le
nouveau Dictionnaire languedocien ; maintenant, que son
ordonnance, sa marche et son développement eussent dû
être moins imparfaits, plus conformes aux us et coutumes
aux règles académiques, nous l'avouons. H y aurait trop
mauvaise grAce A ne pas le reconnaître et trop de présomption à ne pas s'en excuser. Il va de soi que notre pré-

et

des pollutions de l'invasion étrangère; délivrer son domaine

tention n'a pas été de faire

des excroissances sauvages que

destiné à apprendre la langue à ceux qui la savent; mais

produites et se refusait
ses

champs

dont

pensée dans

parfum

que
il

importait de conserver l'acte de son état civil, nous l'avons
fidèlement enregistré. Nous avons mis toute sorte d'application et de désir à bien faire, pour rendre utiles et inté-

avait fait des cx)nquêtes.

ce labeur délicat

:

,

I^e

maître seul eût

malheureusement

donné de l'accomplir; mais

il

il

en a déposé

ne
la

l'a laissée

gnée de quelques notes trop rares et pieusement
qu'il sera facile de

rec(mnaitre,

Notre système d'orthographe et
s'y trouvent en

germe

:

,

accompa-

recueillies,

forme un tout complet.

les règles

de notre syntaxe

du
condam-

toutes les acquisitions nouvelles

légalisées, les

ressantes nos recherches, pour maintenirles saines traditions;
s'il

ne nous a pas été donné de faire mieux A nous seul
Mais que ne nous pardonnera-t-on pas et ne nous
,

la faute.

laissera-t-on point passer A la faveur des

nomenclature.

Cette classification, telle qu'il nous

Cévenol sont

livre savant, pas plus

sans proscrire

il

la

un

que sa culture ou son génie avaient natura-

pu mener à bien
lui a pas été

n'avait pas

féconder; conserver aux fleurs de

leur fraîcheur et leur

toutefois celles
lisées et

îi

le terroir natal

néologismes irréguliers

deux noms

si

sympathiques qui nous couvrent? Ce double
patronage de Sauvages et de f,A Fark-Alais. nous l'invoquons A chaque page. A plus d'un titre nous avions le droit
populaires et

si

de nous en réclamer ici le devoir qui nous tenait le plus
au cœur était de porter l'hommage du souvenir et de la
reconnaissance à ces deux mémoires vénérées et chères.
:

A
ABA
m. Premièreletuedel'alphabet. Cette lettre n'étant
jamais muette et n'ayant qu'une seule et môme prononciation, il n'y a pas lieu de lui donner un accent quelconque,
ni au commencement, ni à la fin, ni dans l'intérieur d'un

A,

j.

A

mot. Cejiendant

thongue

prend l'accent circonflexe dans

et

du

signe

Ici l'i n'est

comme substantif;

il

le

ciation

,

la vito;

pas considéré

donna dé

comme

lettre,

en

C

le français,

cela, et sur la

au contraire,

le fait

fortement sentir;

terminaison dont nous traitons, celui-ci se

en

Celtes, avaient

effet ce

avec son équivalent

cambrique

ec, ek,

les

le

appuyaient sans doute

rôle des préfixes et

des sufiSxes,

les

composés

et

différence, etc.; ceux-ci suivent le mot,

impriment

la racine

it

mode, d'action

deux

marquent un rap-

,

un sens

de substance

,

forment

les dérivés

particulier de qualité, de

d'appropriation

blance, de réunion, de collectivité et autres.

,

de ressem-

Le sulBxe

ac,

d'origine gauloise, servait à adjectiver le radical auquel
s'attachait, en lui apportant

propriété

ou do

une idte de descendance, de

quand

collectivité,

il

il

s'ajoutait à

un nom

propre.

En

arrivant dans les Gaules,

et son génie;

ciné et ses

même temps

Il

est facile

de compren-

mais

le

rameaux

Rome

leur imposa sa langue

vieux tronc celtique ne fut pas déra-

verdissaient dans le langage usuel au

sans parler des

,

organes vocaux et sur l'accent.

Tandis que, dans
ey, ay,

i,

y,

il

en variantes multipliées.

traduisent

Les résultats se
le

Nord

fléchit,

,

dans

le suffixe
le

ac se convertit eu

é,

Midi, en a simple, en ec, ex;

vers le Centre, en eu, euj;;un peu partout, en as et at; et

immobile

et

acus et acum, iacus

et

toujours
finales

le lalin

uniforme a

jxîrsistô

dans ses

iacum. Dans cette variété de

produits issus de l'union des formes latines avec les dési-

nencesgauloises, tantôt latinisées, tantôt seulement traduites

langue vulgaire et primitive, la combinaison de la

mouillure sur

et autres; et ils

mot, font

le

ou huit

(jui allait

langue d'Oc, prête à jeter

la

désignations apiwUatives

les

de

port de convenance, de lieu, de distince, de temps, de

et

durent passer

conservés encore dans l'armori-

sources qui fécondent et enrichissent les langues. Ceux-là

précèdent

en

la basse latinité, se faisait

tant d'éclat avec ses troubadours.

la

\'i

apparaît dans beaucoup do

amène encore comme équivalent
et,

connaît

les sept

décadence du régime romain,

la

de formation de

sufDxe ac, ak, qui se confondait

sur la finale.

On

dans

travail

le

renouvellement; et pendant

le

que dura

influences ethniques, qui agissent avec tant de puissance sur

le

rapproche davantage de l'ancienne forme. Kos aïeux,

cain, le

mais aussi
siècles

les

;

les flexions

en assius, assium, atius, atium. C'était déjà l'altération,

qui du reste ne modifie en rien sa pronon-

.

final

très-probablement les désinences en acius ou ocium,

dre, dans cette période, les transformations par lesquelles

A, 3'^' pers. ind. prés, du \erhe Avédre. il ou elle a.
A, désinence, qui est représentée dans quelques noms
propres d'homme et dans beaucoup de noms de lieu, en
fr. par ac, et en lat. par acus, acum.
Dans aucun mot notre dialecte n'admet ni ne prononce
le



par transposition iacus , iacum, et peut-être

Pour ledistinguer ainsi,
mot suivant, nous lui domions

est préposition.

confondre avec

l'accent grave

et

s'altérant

— Anan à

datif il.

pan à un pâoure.
ne pas

diph-

tndou, pâou, âoubé, etc.

:

A, prépos.

et

la

de

il

le suffixe

noms

;

elle

an, en et autres,

faut le reconnaître aussi, le g celtique mouillant l'n,

qui donne, pour ac et

acum ou iacum, dans

le

Nord, igné,

moins pittoresques que

igni. igny, ignies, qui ne sont pas

nos agnac, agnas, anègues, anigues, agnurgues, argue et

mêmes cléments primitifs
En commençant, il fallait

orgue, méridionaux, qui ont les
et

remontent à

la

même

source.

tenir note de ces transformations.

Argue, et

les

exemples sous



Voy.

les articles

noms de

les

lieu

An,

Aïmargue,

Massïargue, Cand'ia, Sdouvagna, Sdouvagnargue,

etc. , elc.

Abbaye; monastère d'hommes ou de femmes, gouverné par un ablié ou une abbesso.
Dôr. du latin Abbatia.
Il ne
se prend guère
Ahandoù, i. m. Abandon.
Abadiè,

s.

f.



qu'adverljialement. Laissa tout à l'ubandoù,
ses affaires.

Abandouna,

v.

Abandonner.

— Ce

il

mot

néglige toutes

d'origine toute

milieu des pousses latines. Les dénominations locales toutes
faites ne pouvaient s'effacer
elles furent latinisées le plus

devient lout-à-fait technique au particii» passé fém. uno

souvent par

abandounado, une femme décriée

:

la

simple addition de la syllabe romaine carac-

française est

peu employé dans son sens propre, mais

il

mansus ou
pagus, d'une villa ou mansio, d'un castrum om prœdium.
Pour les établissements nouveaux à créer et à nommer, le
contact persévérant des deux idiomes amena des modifica-

et que tout le monde fuit.
Nous remarquerons, en conmiençant et une fois jMur
toutes, que le plus grand nombre de verbes actifs, dans
notre idiome ainsi que dans le bas-breton se terminent en
A à l'infinitif et au part. pass. masc. Tous ces participes

tions de procédés et de formes.

font ado au féminin.

téristique us, a,

um,

génitif en i, signe

selon qu'il s'agissait d'un

Le

latin introduisit

son

de relation identique au suffixe ac;

et

,

Abàoucha

(s'),

v.

Tomber sur

la face, sur le nez.

ABE

ABE
Ahél ou Apiè,

Le radical semble pris de bueca. bass. latin., bouche.
Abàousa, i'. Uetounicr un vase sens dessus dessous.
Atiâousa

(s"),

Abâousoù
face à

Se coucher

t!.

A



barbe

laisse croître sa

Abartassi

dit

S<î

quemment

(s'),

de

Se couvrir de buissons; dégénérer en

d'un arbre qui a été brouté ou trop

fré-

Dér. de Barlas, buisson.
l'iidinitif est

naison au part. pass. masc.

en

ils

;

I

,

ont la

même

au fém. ido

font

termi:

règle

des cocons neufs

(s'),

devenir vieux, usé,

v. Se flétrir, se rider;

qui jjerd par

la gelée, et

Abastardi



niers cocons

mais

;

Abénaduros,
il

est parlé

à

commencée;

quelconques; jouer de

projectiles

avec

bataille, lancer des pierres

fronde, jouer à

la

fronde

la

la

abattre des fruits

;

à coups de pierre ou de gaule.

dedans

la famille des Conifères.

Dér. du

vulgarii, Linn.

— Voy. Sapin.

Grand arbre de

(àl'),

m. A-b-c, alwcédaire, alphabet.

Abéïano,

f.

Mélisse, citronnelle, Melissa ofpcinaliê,

les

Linn. Plante à odeur de citron. Ses feuilles prises en infusion sont un léger stomachique. C'est

le

les fleurs

mélisse, attirent les abeilles, dont le

Abéïè,

[jiiXi,

lat.

de cette plante, la

nom

grec est [iÈXmoa,

mel.

réunit sous la ganle d'un maitro-berger

conduire en été sur

Ce mot
a

la

est

même

les

Ce dernier

latin ovis,

comme

dans

le

dialecte

ovile,

s.

— Mèrdo
comme une

f.

Abeille,

d'abé'io,

abeille;

que

baile,



l'on

pour

Voy. Avé.

d'douèliê, qui

gascon ou plutôt

est dérivé d'àouèlio, brebis,

formé du

bergerie, étable à brebis. C'est la

origine que le français ouailte

Abéïo,

nommé

hautes montagnes.

évidemment une dégénérescence

signification

bordelais.

même

bestiaux

bord d'un précipice,

le

— Aquà's

biin

à l'abiou, cela

lat.

Labes, chute, ruine; mais alors

Labèou; peut-être du

il

Abytsun,

lat.

combuger un vaisseau en

;

lèro es

prou abéourado,

mouche à

miel.

ne se

ou

ovaille.

uikI. Apis mellifica, Linn.

Carya coumo uno abéïo, chargé
dit que de quelqu'un chargé de

butin ou d'objets utiles à soi-même.

la

bois, des futailles.

terre est assez

humectée,

Dér. de Béoure, boire.

cage.
il

On

».

m. Abreuvoir; auge à cochon; auget de

dit proverbialement

n'est pas nécessaire

seul,

plusieure troujwaux. de différents propriétaires, et

les

danger, sur

abreuvée.

thé des paysans.

m. Grand troupeau de moutons composé de

!!.

à

en danger.

être écrit

Abéouradoù,
que

abiio, parce

formé lui-même de



— 1m

Voy. Limounéto.

Etym. de

déjà

Abéotira, v. Abreuver; mener à l'abreuvoir, faire boire

s.



la flotte

et donnerait

à l'extérieur

abime, précipice.

A-bé-cé-dé,
s.

Eu

adv.

coup d'un accident.

le

aurait

Abies.

lat.

sa lin. Aussi

et passe ainsi inaperçue.

Abèou

Dér. peut-être du

lat. Abb'ts.

du ver arrivé à

mauvaise opinion de sa consistance. Pour y remédier
ou prend une roue nouvelle et l'on entreprend une autre
flotte ; alors la soie provcnuc des abénaduroi se trouve eu

est fort exposé, bien

m. Sapin, Abie»

Reste de cocons mi-<lévidés dont

précédent. La soie qui en provient a

paraîtrait

elle

rang et ses fonctions, jusqu'à celles d'évèque inclusivement.

*.



appelle Abénn.

(ju'on

et de nerf, car ce sont les filaments inté-

sous

Abé,

sur les cocons ainsi usés, et

neufs,

f. pi.

».

l'article

désignation générique de tout ecclésiastique, n'iuqx)rte son

Dér. du

y aurait inconvénient

il

le

l'œil

dim. Abéqué. Abbé. Ce mot n'est plus qu'une

». »».,

filés

lendemain à

le

pas prudent de dévider cette soie sur

faute d'assolement et de renouvellement des semences.

Attaquer, poursuivre quelqu'un avec des

de

rieurs et le dernier travail
n'est-il

v.

jour, à la fin

cocons à moitié

Voy. Avéna.

Se dit surtout des plantes et des céréales qui dégénèrent

Abataïa,

samedi

le

c'est ce travail

:

moins de force

son poids et sa dureté.

v. S'abâtardir, se rabougrir, dégénérer.

(s'),

Chaque

dimanche dans leur humidité. Pour y obvier, on travaille un |)eu plus longteinj» le
samedi, pour achever de filer ce qui reste de soie aux der-

nii-jwurri. Se dit quel<iuefois des persoimes, mais plus sou-

vent du bois do service qui a été pénétré par l'humidité et

un technique

C'est encore

les derniers

croupir ainsi tout

les laisser

sans en adjoindre

générale.

Abasani



travail.

d'une personne usée

fig.

qui restent dans la bassine, iiour les réunir

à

ravalé dans sa jeunesse.

Les verbes dont

Abè,

ou de

vieillesse

de la journée, on ramasse
v.

pla-

Se dit d'an

Finir, user, éliiuer.

t>.

d'un meuble; au

linge,

particulier jwnr les filatures de soie.

Dér. de Barbo.

buisson.

du

habit,

outre mesure.

où sont

d'abeilles; lieu

l'ensemble de toutes les ruches.

Voy. Apiè.

Abéna ou Avéna,

plat ventre,

ti'rrc.

Abarbassi, ido, adj. Barbu, qui

m. Rucher

(.

cées les ruches à miel;

plat ventre.

.'i

ou d'Abàousoùs, adv.

(d'),

19

de

le

:

l'aï tout

mener

en parlant d'un ivrogne.

tendre des

filets le

».

il

sait boire tout

Cassa à l'abéouradoit,

long d'un ruisseau où vont boire les

oiseaux.

Abéouraje,



soûl à l'abéouradoù,

boire,

m. Breuvage.



Il

se dit

de

la

pâtée

qu'on sert aux cochons; du b»euvage mêlé de son et de
farine qu'on donne aux chevaux et aux vaches; particuliè-

rement des breuvages médicaux qu'on

fait

avaler

aux

animau.x domestiques de toute sorte.

Abéoure,
mais dont

le

».

m. Toute

sorte de boisson étendue d'ean,

vin est la base, soit piquette, soit vin trempé;

abondance.

Abérlénquiè ou Amélan,

».

m. Amelanchier, Cratagus

amelanchier, Linn. Arbrisseau de la fam. des Rosacées. Son
fruit se

nomme

Abérlénquo.



Voy. Amélan.

ABR

ÂBL

14
Le nom propre Abérlén

de

tire

son origine



Ablasiduro,

et sa signi-

Ablasiga,

fication

Abérouni, v. Priver un mouton ou un agneau, lui
apprendre à manger dans la main, à suivre son maître,

ft

oiiéir à sa voix.

Al)érouni

est dér.

Il

nioutoii, le favori
(s'),

es.

v.

Se vermouler, se garnir de vers. Se

commence à

Être

Abéssi,

i'.

Émousser, tourner

— La ddio

s'abéssis

vermoulu, souvent à

Mémo

Ablasigaduro,

manger
ne

abesii

homme

Hébêter, abêtir.

ti.



la terre

Lou

trop

manja

rèii

un homme hébété, mais un

signifie point

Abima, v. Friper, salir, perdre,
As abima (a vèsto das diménohes,

me

il

me

je

;

lui.

le

suis

tu as fripé, sali ton habit

ail

roua de coups.



souï

moulu, tout déchiré en

Celui-ci n'a jamais qu'un sens

premier n'est jamais qu'au positif et
fournir des provisions de bouche.

Dér. de

Bita'io, victuaille.

Ablada,

v.

énd'un

Emblaver une



terre.

séstiè, cette terre reçoit

un

un

setier

v.

du

linge qui, pour avoir trop servi, pour

crudité.

Dér. de Blaso. bavure des cocons. Cette substance, émisouple et molasse, sert ici de terme de comparai-

nemment

son. C'est à tort, pensons-nous, que Sauvages veut donner

à cet adjectif une origine celtique, lorsque
dessus est

si

simple et

lui-môme,

il

ne saurait être

si

la

déduction

ci-

Quant au subs. blaso
celtique; car à coup sur les

naturelle.

Celles ne connaissaient ni les vers à soie, ni la nomenclature qui s'y rattache. D'ailleurs Sauvages ne cite pas le
radical qui pourrait à toute force
le

,

par une analogie quel-

mot à notre langue. Mais sans

haut, et ce sera encore une assez ancienne
descendance, Blaso ne \iendrait-il pas du grec ZXa^, qui
signifie

avec

si

mou,

Ablasi

Voy. Blasi.

m. .\bonnement.

dérivé

du

seulement de l'analogie

restreinte. C'est

me

non point abonder. Ce mot

français, quoique l'acception en

est rassasiant.





:

ce qui

souï abounda dé

i

suis lassé de lui dire.



un

patient, c. -à.-d. la torturer, la briser, la déformer,

l'abîmer.

ou

lui faire

v.

Éborgner, rendre borgne, crever un œil,

grand mal

;

éborgner l'œilleton d'une

greffe.

Abouri uno hisado, détruire
Abourl, V. Détruire.
une nichée. Abouri un caml, défricher un chemin. Uno
vigno abourido, une vigne abandonnée et en friche. Aquélo

modo s' ubourïs cet usage se perd. Uno fénno abourido, \m&
femme fanée, ridée, qui a perdu ses formes et sa fraîcheur.
,

Ce verbe parait formé de Boure, bourgeon, bouton,
de

remonter

au visage surtout.

Etym. du lat. ab, et de undo, regorger, déborder.
Aboundivou, adj. de tout genre. Rassasiant, qui gonfle
Yoy. Abounda.
l'estoinac, comme les mets trop gras.
Abouréla, v. Traiter une chose comme le tourreau

avoir été trop souvent blanchi, a perdu son apprêt, sa

conque, avoir fourni

sommes ensemble.



Rendre blanc, rendre propre, laver; passer

surtout

la repro-

Dér. de Borgne, borgne.

blanc.

le dit

dire, je

de semence.

Ablasi, ido, adj. Usé, devenu souple par usure, avachi.

On

été

Abourgna,
Aquélo lèro s'ablado

Dér. de Bla, blé.

Ablanqui,

que

Lassitude dans tous les membres,

f.

Rassasier, et

abonde par trop

traite

v. Ravitailler,

s.

s.

Abounda, i'.
évidemment

est

;

au physique.
Abitaïa,

n'est

il

ido, a<IJ. Barbouillé, sali,

Abounamén,

déchirer la peau.

gâter

Dér. du français Abîmer, quoiqu'il n'ait aucun rapport

figuré et elliptique

dont

Trad. du français.

tombant.

de signification avec

moulu de fatigue,

Abouminable, blo, adj. Abominable.
Tra;l. du français.
Abouna, v. Abonner.
ïrad. du français.

d'une tau-

grossier, brutal, sans mesure, sans convenance.

abima en toumban,

harassé,

Dér. do Bouchur.

Dér. de BèsUo, bète.



q\i' Ablasi,

Joindre plusieurs

II.

Abouchardi,

Uloupinièiro,

abêtit.

des dimanches. M'abimè,

:

est inusité.

Dér. de Blà, bloc.

morfil d'un instrument

le

faux émousse son morfil en coupant
Abésti,

dérivation

il

courbature.

fruit.

quan arapo uno

pinière.

abésti, trop

employé

pass. seul

j)arl.

Ablouta,

du

Dér. de Béroii, le ver blanc

tranchant.

Au

duction dans un sens figuré.

berger.

force de maturité.



Étal du linge ablasi.

f.

Meurtrir; accabler de lassitude; briser les

courbaturé. .Vctivomcnt

de Béroù, agneau privé, llobin-

du

dit d'un fruit qui

la

s.

i'.

.

paresseux? Sa parenté étymologique
nous parait au moins aussi certaine.
lAclie,



l'a privatif.

On

ravale

un arbre

et

une plante en

et
lui

enlevant ses boutons à mesure qu'ils paraissent. Les autres
acceptions ne sont qu'une extension de celle-là, primitive-

ment tirée de l'agriculture.
Abouscassi (s'), v. Dégénérer,
ratatiner, se négliger

s'abâtardir; au

fig.

se

dans sa tenue et dans son allure.

Dér. de Bouscas, bAlard, sauvageon.

Abraqua,

v.

Braquer un canon, une lunette,

môme

les

yeux.
Trad. du français. L'a à'abraqua est purement explétif.

Abrasa,
braise sur

v. Braser du fer ou du cuivre; mettre de la
un potager, dans un réchaud, dans les sabots.

Cette chaussure, ainsi échauffée quelques secondes, con-

serve longtemps sa chaleur, quoiqu'on aille dans la boue

ou

la neige.

Cet usage est fort suivi chez

Dér. de Braso, braise.

les

Cévenols.

ACA

ACA
Abrasaïre ou Estabrasa,
s'aiiaouçant par ce cri

ésiama

O'Ue phrase

.'

du languedocien

m. Chaudrontiirratiibalant,

et

le

vieux cuivre A domicile, en

crescendo progressif.

costume

le

Abrasqua,
arbro en

dans

du

bus.

arbres rorii|)ent sous

les

le

vail.

rompre les branches d'un
Imus frurhèt l'abrasquoù,

Elirancher;

v.

Dér. de Acaba.

Acabassi

et

conique des lazzaroni.



poids de leurs fruits.

et

de tout

genre. Cassant, fragile, qui s'éliranche facilement.

Le châ-

au moindre

effort

de l'homme

ou du vent.
Abri, 1. m. Abri. Ne

:

Mar

Àou mis

orgueilleux.

le

paysan

Acagnarda,

,

qui te plait, et je ne sais trop encore... Bon

deux mois

justifient



souvent.

Etym. du
Abriva,

Abrouqul

d'avril, attraper.

Se ralwugrir, végéter maigrement, se

v.

(s'),

dessécher. Se dit d'un arbre brouté ou trop souvent ravalé,

qui pousse faiblement.



Voy. t'Abarlassi.

Dér. de Cagnar, abri ex|)osé au
Échauffer,

v.

Acamina,
train

;

Abusa,

même

significat.

français.

Ce mot ne

Abortus, part. pass. lï'Aboriri,
V.

Abuser

de... Traduit

du

s'emploie jantais vis-à-vis d'un régime direct
dit pas

:

; ainsi on ne
Abusa quàouquùs, pour tromper, duper quelqu'un
;

mais abusas dé ïiou, vous abusez do moi.

— Açà véguén,

Açal inierj. Oh çà! Or çà!
Açà vénès? oh çà! venez-vous?
Acaba, v. Achever, finir; se

voyons.

çà,

— Es acaba,

il

est

il

ruiné. Aquél co l'acabé, ce fut

dernier coup

un honinio
([ui

ne peut plus vivre longtemps;

Acaba que

l'acheva.

siègue, sitôt fini,

pas plus tôt terminé, une fois ceci achevé.

Acabado,

».

Fin, terme.

/.

Cri des revendeurs de rue

de marchandise.
de soie à
et poussé

pendant

la fin

A

de

de toute

,

— Al'acabado!

lorsqu'il

la force

de

s'acala fai-

soleil.

réchauffer.



Aquéste lén

Mettre sur

v.

voie; mettre une affaire en

la

v. r.

Se mettre

Dér. de Cami, chemin.

Acampa
Acampa

Ramasser, cueillir; prendre, gagner; au

v.

a



travaille,

fig.

Al)cédcr, alMutir, en parlant d'un

qui

se

forme, qui suppure.



dé forças, reprendre des forces après une maladie.
d'apéti,

dre de la raison.

gagner de

l'appétit.

Acampa

dé sén, pren-

— }Ioun dé acampo, mon doigt apostume,

un mal d'aventure.

Acampaïre,

s.

f.

:

champ.

Mal d'aventure, aixMtume.

ro, adj. Ilamiisseur; au

sauriseur. Le proverbe dit

:

A

llg.

économe, thé-

bon acampaïre bon escam-

païre, à père avare enfant prodigue.

Acampaje,

s.

m. Action de ramasser, de

cueillir;

cueil-

s. m. .\cccnt, accentuation.
La première forme Açan est admise par l'usage elle se
justifie par son étyin. du lat. ad cantus, que rappelle sa
consonnance. La seconde Acén a reçu ses lettres de naturalisation do Sauvages, et dérive aussi du lat. accintr»,
chanter, qui a donné acctntus. Les deux mots sont régu-

Açan ou Acén,

liers et

à

mon

la filature.

des

reste!

ne leur reste que peu

Vacabadol Cri de victoire des

la saison

fig.

dans

:

ruiner.

ou bien

c'est

Au

ciel.

vivre

lette.

achevé; sa santé est usée;
:

du

mettre en fuite, chasser. S'acamina,

Acampaduro,

lat.

ibns un

en route, se diriger vers, s'avancer.

il

Avorter. Se dit en parlant des animaux.

le soleil

Dér. de Caloù, chaleur.

Abrouta

v.

une

s'aculouno pas gaïre, ce tciiq» ne se radoucit guère.

Dér. de Camp, vieux mot

(s'),

fig.,

font les vieillards et les mendiants,

Dér. de Broquo, bûche, branche sèche.

Du

le

comme

apostume qui

manger un poisson

apjwllo cabas, au

— S'acagnarda, prendre

économiser, entisser.

Aprilis.

lat.

V. Faire

On

Abriter une plante, l'exposer au soleil,

v.

Acalouna,

Acampa,

poisson d'avril, attra|)e.

leur fraîcheur,

néantise.

d' abriou

Péïssofi

le tra-

femmes

des

mal fagotée.

gnarder, s'acotjuiner, s'accoutumer à

conseil hygiénique, (jue les variations de température dans

ces

surt<^iut

la toilette.

qui n'ont pas d'autre feu que celui

U'abriou t'alâoujeïras pas d'un fiou,

dou mes dé mai faï ce que té plaï, amaï éncaro noun sa'i,
au mois d'avril tu ne t'allégeras pas d'un fd au mois de
fais ce

goût de

et

à l'abri de la bise.

douroùs, abriou pléjoiis, rènJou lou peisan our-

gutoùs. mars venteux., avril pluvieux, rendent

mai

femme malpropre

angle de mur,

se dit que d'une exposition à l'abri
du vent ou des gelées, et non au figuré.
Dér. du lat. Apricut.
Abriou, a. m. Avril, i"""" mois de l'aimée. Le proverbe
dit

le

Dér. de Cabas, cabas.

m.

ailj.

par l'Age et

flétrir

un allaitement trop prolongé ont enlevé

leur agrément et

f.,

taignier principalement casse

Se biser, se

v.

(s'),

ne se dit quo des personnes, et

Il

à qui quelques aimées de mariage, des couches fréquentes

Dér. de Branquo, branche.

Abrasque, quo, ou Abrasquou,

produire par un

se

tout.

plupart de

la

des Napolitains

l'origine

et le clia|ieau

tirant

les

car

l'italien c-dahrais;

ces industriels étaient

avaient

doute un mélange corrompu

recommence à

il

Acabaïre, ro, adj. Prodigue, dissifuteur; un mange-

l'eïroulérou-éstubrasa.' Cassérolo

est sans

de

et

;

à chaque refrain

s.

qui va souder, raccommoder



poumons

Ce

cri

fileuses

multiple

se fait entendre

les trois derniers jours de la campagne. Il est
accompagné d'une chanson de circonstance fort ancienne,

également employés.



Yoy. Acén.

Acanala, f. Diriger l'eau par un canal ou un bief. Une
rivière, un cours d'eau quelconque sont acanala», soit
quand on les canalise, soit même lor8<iu'ils se sont tracés

un

lit

profond et droit.

Dér. du mot suivant.

Acanâou,

s.

f.

Chéneau de

toiture

;

toute sorte de con-

duit d'eau en bois, en fer ou en poterie, pourvu que ce soit

ACE

ACA

16
à ciel ouvert

terrains,

on

Vacanàou,

ou en forme de tulie
Bournèou, bounieau.

lorsqu'ils sont

;

nomme

les

prvb. pour dire

loc.

,

on sou-



comme

s'entendre

:

Faire
lar-

rons en foire, tricher au jeu en s'entendant frauduleusement avec l'un de ses adversaires pour duper son partner;
signifie

encore

deux eaux;
promettre

:

ménager

la cliùvre et le

tour vive

crier tour à

à

tromper au moins l'un des deux
qui Ironiiw tout

roi, vive la ligue;

le

car c'est

;

le rôle

de celui

monde, et à qui, par conséquent, per-

le

sonne ne peut se

nous venons de

nager entre

;

qu'on a promis à celui-ci, et

ce

celui-là

chou

pavé, avant que

qui

,

,

par de plus petits

gargouilles, tombait do là sur

règlements de la police

les

des maisons pour amener l'eau

C'est par ces gouttières assez multijiliées

provision sur tous

sans faire de jaloux.

urbaine

murs
jusqu'au niveau du sol.

eussent prescrit des descentes appliquées contre

versait sa

que

les

le

chéneau

passants, également et

les

Dispensateur généreux d'une chose

qui ne lui coûtait rien et ne valait pas davantage,

devenu

,

testations,

que de
être

homme

type de notre

le

comme V Acandou en

même

qui

fait

est-il

VAcandou, ou

prodiguant ses promesses, ses pro-

même

marchandise de

— Tout

l'eau claire?

valeur,

qui n'est aussi

cela n'est pas certain, peut-

mais, à coup sur, ce

n'est pas très-probable;

n'est pas impossible.

Acances,

m.

s.

lisières

la

charrue.

A

extrémiti'S de la ligne des sillons,



du labour, on reprend toutes

ces

la fin

par une nouvelle diiection perpendiculaire à

des sillons

:

c'est la dernière

naison d'une foule de choses.

vi, je suis

la fin

au fond do

du

Serait-il dérivé

un champ.

même nom

à la termi-

fig.

ce

— Sèn as acances ddou carémo,

du carême. Souï as acances dé moun

mon
lat.

tonneau.

pierre angulaire d'encoignure.
se blottir

au fond?

pieds,

à l'écart, l'acculer dans

placer

un

écoinson, la

— S'acantouna,

au coin du

se réfugier



sans argile, acide carbonique et chaux; elle foisonne par
l'immersion dans l'eau. Le mortier à chaux grasse se
lessive et se détruit

dans

siliceuse,

l'eau.

La seconde

est la

qui foisonne peu ou

pas.

chaux
Celle

qu'on appelle chaux hydraulique, qui est une variété de la
chaux maigre, contenant de 8 à 20 pour »/„ d'argile, fait
prise dans l'eau

:

seules, sans besoin de
le

nom de ciment

romain.

La chaux de
renommée.

Blaquière, aux environs d'Alais,

la

est

Celles des Tavernes, de Vézenolires et de Ncrs

ont aussi des qualités remarquables.

— Déstrémpa d'acdou,

éteindre et détremper de la chaux. Pasta d'acdou, corroyer

Dér. du
initial

,

mêler avec du sable, à l'aide du rabot,

la

lat.

Caix, Calcis. Notre dialecte a ajouté un o

purement explétif

euphonique. C'est ce qui

et

sans doute que dans ce pays

ment au
les

fait

bien des personnes, en par-

,

lant français, on qui s'en piquent

du moins,

disent

couram-

comme elles font pour les acôlés,
Aucuns vont même jusqu'à les apilaslres, les

plur. les

cùtés.

achéneaux,

uchaux,

amuriers,

les

les pilastres,

les

chéneaux,

les

mûriers, etc.

Acapara, «. Accaparer, monopoliser.
Trad. du français.

Acaparur, urdo, adj. m.
Trad. du français.
Acarcavéli, ido, adJ. m.
de vieillesse ou de

Accapareur.

et f.

Cassé, ratatiné, branlant

et f.

maigreur.

Il

se dit principalement

du

bois desséché et d'un meuble branlant dans ses jointures.

le

mortier

fait

Caseavèl, par terme de comparaison avec le brandillement

bruyant de cet instrument.
Acarnassl,

— Voy.

ïLibituer à

v.

Caseavèl.

manger de

la

chair, rendre

carnassier.

Dér. de Car, chair.

Acata,

V.

Couvrir; joncher.

Au

fig.

Acata, part, pass.,

caché, dissimulé, sournois.

Acatage, s. m. Toute sorte de couvertures de lit.
Acén ou Açan, s. m. Accent accent tonique, flexion
accentuation. Se dit aussi pour accent grammatical, signe

graphique qui affecte certaines voyelles.
Notre langue n'a qu'un substantif pour exprimer

deux acceptions

feu.

Acâou, J. m. Chaux; pierre calcaire cuite ou calcinée
dans un four à chaux. En chimie, protoxide de calcium.
On la distingue en Acdou grasso, chaux grasse, et Acdou
maigro, chaux maigre. La première est la chaux pure,

ou

elles

hydraulique connu sous

de la voix sur certaine syllabe des mots; prononciation,

Dér. de Canloii, coin.

argileuse

forment à

elles

°/o

:

ad cakes, aux

Acantouna, v. Tirer quelqu'un
un coin; écoinsonncr un mur, y
dans un coin,

la ligne

opération que subit

Par extension, on donne au

nous sommes à

de 6 ou

Dér. de Carcavèl, qu'on dit en certaines localités pour

Espace qui reste sans être labouré dans

pi.

un cliamp, aux deux
tourne

26 pour

sable, le mortier

de la chaux,

chéneau,

;

8 à 20 pour "/« d'argile, elles sont hydrauliques; de 20 à

paslo-mourliè

le

bois et ensuite en fer-blanc, placé horizontalement au bord

le

C pour "/o d'argile, sont non hydrauliques

il

comme

des toits pour en recevoir l'eau

tuyaux appelés gouttières ou

consistance lorsqu'il est immergé. Les chaux maigres

la

do

conduit, primitivement en

VAcandou,

fier.

le définir, est le

de

avec cette chaux prend

désigne la

du mot Acén, dont
prononciation elle-même, et l'autre un

accidentel

et

très-différentes

variable

destiné

à

modifier

le

les

l'une

signe

son d'une

voyelle. Elle n'a pas accordé droit de cité à ces qualificatifs, inventés par les

grammairiens, d'accent rationnel,

oratoire, logique, pathéli(iue et autres.

tout cela

sans

comme

le

le savoir, elle

Mais, pour faire de

bourgeois-gentilhomme de

ne

se reconnaît pas

moins

à l'accent tonique et à l'accent grammatical,

pouvons nous dispenser de leur ouvrir un

si

la

prose,

redevable

que nous ne

crédit particulier

proportionné à leur importanoe.

Ce qu'on

doit entendre par accent tonique,

notre défini-

tion, peut-être trop concise, a essayé de l'exprimer en

un

ACE

ACE

mot. Qu'on nous pprmptte d'emprunter à

Caslajnados un cotiiinenlaire qui

préfaœ de»

la

complote.

la

harmoniques;

motifs

triphthongues

fréquentes,

si

,

accentuation,

son

si

et ses diphthongues, ses

une viVitahIe gamme,

variée, est

multiples,

si

forment des

syncopes chromatisécs d'une mélodieuse expression.
cette

langue a

aussi,

et

larynx limpide

le

par-dessus tout,

Si

métallique, elle a

et

chatouilleuse; et sa

l'oreille

sybarite que

susccptihilité à cet égard rappelle ce

le pli

ne saurait mieux

cette prosodie

dire. C'est bien là,

en

effet, l'origi-

dominant de notre langue d'Oc, que

nalité et le caractère

musicale des mots et des syllabes, qui ne

l'abandonne jamais, qu'elle garde en parlant

les

autres

Et cela n'est autre

langues, et qui est dans sa nature.

chose que son accent propre et l'accent tonique, que ce
culte de la modulation

,

même

dans

redoublement des con-

la

plus

humble

prose, le

choc de deux sons pareils; que ce sentifnent natif de
l'euphonie

d'où

,

de construction

viennent ses délicatesses exquises

lui

et

de vocalisation. L'accent tonique, ainsi
les langues ; mais il est, au plus haut

compris, est de toutes

degré, l'essence, l'ftme et

relèvent plutôt du

génie particulier des idiomes

le

méridionaux. Pour eux,

qui

chantent

que de

solfège

la

qui

d'instinct,

grammaire,

l'har-

La langue d'Oc, comme l'italien et l'espagnol, ses sœurs du même lit, en reconnaissent
si bien la puissance, que la prononciation est devenue la
monie

est la loi souveraine.

raison logique de leur orthographe.

sens d'un

exemples,
écrire

— de

la

manière dont

comme on prononce

et

11

le fallait

— on va

mot dépend souvent,

il

est

le

accentué

comme on

bien.

ï^

voir par des
:

dés lors,

entend, et par

voie de conséquence, ne prononcer que conune on écrit et

que ce qui

est écrit, c'est-à-dire

est

parole,

moyen de

una

fuit

si

conformer l'écriture à

la

une nécessité de nos dialectes; car l'unique

leur conserver la clarté, la grftce, l'intelligence,

quod offendit aul rur aul in quo offenrial inlelligit. »
La langue d'Oc a hérité de sa mère latine d'une sensibilité
pour le moins aussi vive. Dans sa vocalisation, qu'une
illud

ronde soit sulratituée à une noire, elle se sent froissée;
qu'une note qui doit être éclatante soit convertie en un
son sourd, qu'une voyelle forte s'échappe comme une
muette, elle

de

s'irrite

la transposition

cadence fausse; pour

la

se dénature aussitôt.

n'y a pas

Il

de

voix; notre parler est ainsi

la

devant être articulées avec

le

son qu'elles expri-

n'est besoin de représenter à l'œil

que ce qui doit

faire comprendre. C'est

et les Latins avaient la quantité,

la

durt^ des sons

les

:

langues

qui mesurait

modernes ont l'accent

tonique, c'est-à-dire l'élévation ou la flexion de la voix

sur chaque mot, presque sur chaque syllabe.
rapporte Cicéron,
l'observation de

la

le

(Kîuple

mesure.

«

Tout
une

soulève et pousse des cris,

si

ou trop longue, bien que

la foule

ni

rhythme

,

et qu'elle

A Rome,

se montrait très-sensible à
le théâtre,

dit-il, se

syllalM! est trop

brève

ne connaisse ni pieds

ne sache point ce qui blesse son

est

il

fait.

Il

dans

l'air et

faut l'accepter

de celle accentuation que nous

essayons de donner une idée et de poser
Il

les principes.

n'existe pas de langue qui n'ait son système propre,

de consonnanccs, di'pendant de la
combinaison, du rapprochement et de la sonorité de ses
individuel d'intonations,

voyelles. Pour notre langue d'Oc, rien
que de connaître la clef de sa notation.
Le premier point et le plus délicat,

n'est plus essentiel

de déterminer

,

ment de

la

en doit

être de

les

Dans une

mots sont séparés par un

même

dans

la

intervalle;

phrase parlée. Chaque mot

a sa syllalje tonique, et n'en a qu'iuie,

sur laquelle, par une sorte d'insistance,

la

syllabe finale,

se fait

il

d'arrêt imperceptible, cependant appréciable,
lation distincte,

l'in-

degré d'élévation ou d'abaisse-

voix, qui constitue l'accent tonique.

phrase écrite, tous
il

le

de préciser

est

,

flexion

un temps

une modu-

qui peut être classée dans l'échelle de»

sons, insensible presque, mais qui, en appuyant, est mise

en

saillie, l'ne seule

condition est imposée à celle dernière

syllalK», c'est qu'elle soit

de force à supporter l'accent, ce

qui n'arrive jamais avec une muette, une féminine, une
faible

quoi

,

la

voix ne s'arrête point. C'est pour-

sur laquelle

la

tenue ne se

fait

que sur

pénultième, quand

la

la finale

des mots

consonnance pleine

cette syllabe est masculine, à

le

mot

:

une

du

lan-

la justesse

représenté

voyelle. Noire idiome, pour s'écrire avec le

que

le

français, qui

cependant à toutes
latin,

son

fut

même

l'alphabet latin, ne

les lettres

le

quand

se termine par

son corollaire se trouve dans
syllabe,

,

et grave;

Cette règle est le fondement de la prononciation

guedocien

du son attaché à chaque

être entendu par l'oreille.

Les Grecs

m auribus

quel, se soumettre à ses exigences, on renoncer à se

tel

féminine, faible ou muette.

il

cependant non plus

ici

sans théorie et sans grammaire;

soi,

dans

ou sur

ment,

de

nosiris eollocavit, dit toujours Cicéron; mais l'accent va

consiste à rapprocher l'orthographe de la pensée, à lier la

lettres

e|le est blessée

;

sens se déplace, se dérobe,

elle le

forme des mots avec leur signification. Dès

lors, toutes les

Theaira

:

aul longior, nec

tylUibii brevior

verà mulliluJo peilei novil nec ulloi numéros tenet, née

qui lui est inspiré par l'éclat de

ses voyelles, qui lui fait éviter le

sonnes et condamner,

,

d'autre juge que l'oreille. Judicium ipsa nalura

d'une rose em[Wicliait de dormir. »

On

ni pourquoi ni en quoi elle est offensée

,

extlnmant

tota

La Faro-.\lais dit de la langue d'Oc « qu'elle est une
musique comme l'italien, plus que lui i)eut-ètr6; c'est du
moins une mi^lopée. Ses syllabes sont des notes, ses
phrases des

oreille

17

exacte

une

par

alphabet

donne pas

son qu'elles avaient en

non plus que celui qu'elles ont en français. A chacun
La langue d'Oc a des sons qui lui appartiennent

lot.

en propre

,

des alliances de lettres qu'elle affectionne des
elle ne veut pas en être dépos,

cadences qu'elle recherche;

sédée, et elle ne se livre qu'à ceux qui lui sont fidèles

eux

seuls elle consent à révéler sa grâce

,

;

à

sa douceur, sa

ACB

ACB

le

souplesse, soa énergie, ses beautés entières.

La

variôtÉ do

sa proses intonations, la sonorité de ses voyelles rendent
diffère
elle
et
surtout
accentuée;
vivement
nonciation

du

essentiellement

consonnances

fraufais, qui cultive les

sonnent à

méthode ancienne de l'alphabet ou suivant-

la

l'accent graphique

qu'elles portent

:

d'un mot polysyllabique,

l'intérieur

syllabe muette, ressemblant à

l'e

pourquoi

c'est
il

muet

français moderne,

muettes et sourdes, et qui arrive à de grands effet* par des
procédés tout contraires. Aussi, sur ce chapitre do l'accent,

A

pas d'accord à établir; point de rapprochement entre deux
pôles opposés. Quand les puristes d'Outre Loire auront

ception de l'a et de \'u, est faible, sourde, féminine,

dédaigneusement de gascons nos dialectes méridio-

traité

mots seulement se trouvent

des

fin

la

muettes; et

ou

est suivie

si elle

que

pluriel; ce qui signifie

syllabe précédente, la pénultième,

encore qu'une transposition de l'une à l'autre est impos-

sèti,

La part

sible.

faite

à chacune,

garderont chacune leur

elles

mérite, et leur accent, et leur caractère, et leur génie; et

réduire le languedocien à la vocalisation française, de le

prononcer à

ne serait que l'assourdir, l'énerver,

la française,

à la cacophonie la plus ridicule et

le défigurer, et arriver

la plus inintelligible. L'emploi d'un alphabet

commun,

les

habitudes d'épellation inculquées par l'enseignement scolaire

peuvent être des causes fréquentes d'erreur et d'hési-

tation à la lecture

ou à

l'écriture; les plus familiarisés

avec

pi

quou,

pi,

Dans notre

dialecte

jamais muettes

cela

l'accentuation, qui fait comprendre son
facilite l'étude

que nous résumons

de sa grammaire. C'est pour

môme

,

en nous exposant à quel-

ques,

le

L'accent tonique, avons-nous dit

de

voix;

la

il

nière syllabe

mot

,

est

,

n'a qu'une place dans chaque mot, la der-

masculine

si elle est

une féminine.

est terminé par

l'avant-dernière

;

C'est

,

si le

une pure nuance

cà»-'

o

et

u ne sont

peuvent donc supjwrter l'économie

que leur position

rend tonir

les

d'un quart de ton. Cette nuance méritait d'être

notée; elle est sensible mêxue dans les polysyllabes

comme

posés de lettres similaires,

com-

acaba, davala, etc., dont

un peu plus éclatant que les premiers. La
du Gradus ad Parnassum classerait ces
mots parmi les anapestes, deux brèves et une longue de
même qu'elle aurait fait des iambes de marna ou de chvdernier a est

;

chu, une brève et une longue.

Dans plusieurs

localités de l'Hérault et

sans dépasser cependant

une simple flexion

;

basségou, pi. bas-

repos de la voix, qui se fait alors sur elles, semble

les élever

ques répétitions, nos remarques générales sur la valeur
spécifique dos voyelles et sur la prononciation.

chàrit,:.,

pi.

éscdlos

.

les voyelles finales

,

elles

:

nisées. Cependant, par cela

prosodie latine

de

pi. flàscous;

pi

de l'accent grammatical, sans en être appauvries ni fémir

le

essentiel

bàchos ; éscèlo,

.

ciUquoui; flàsçou,

languedocien ne peut donc trop insister sur ce chapitre

orthographe et

diménches; chàri,

pi.

bàcho, pi

nos idiomes n'y échapperont pas toujours. L'n Dictionnaire

si

lat

que nous axxentugosL

ràbe, pi. ràbes; image, pi. images; ràbUh

:

diménche,

sètis ;

.

si ella-

formant le

s

ségouf.

chefs-d'œuvre n'y perdront rien. Mais essayer de

lemrs

Ex.

ici.

rèbles;

d'un

voix doit appuyer sur

la

naux, et que ceux-ci auront répliqué par l'épithète correspondante de franchiman, la séparation de» deux langues
n'en restera que plus accusée, et il en sera mieux prouvé

pi.

syllabes;

les

règle générale, toute voyelle finale, à l'ex.-

là,

n'est pas accentuée,

exprès

dajoa)

no peut exister de

au midi d'Alais,

canton de Vézénobres,

le

r(/ final

du féininia
des substantifs et adjectifs, comme ro»a, musa, bona,
nova, etc. On le prononce comme un a adouci, d'un son
est

muet dans

terminaisons caractéristiques

les

intermédiaire entre

et

l'e

Cette variété dialectique est

l'o.

euphonique, une modulation musicale, indépendante de
tout signe qui l'exprime, mais qui se fait toujours sentir.

une réminiscence très-rapprochée du latin. Nous ne pouvons l'adopter ici car pour la même désinence nous enten-

Ce qu'on

dons

appelle l'accent grammatical est

au contraire un

signe apparent, visible, posé sur une voyelle et destiné

seulement à en modifier

quer

Comme

le son.

la qualité particulière

d'un son,

il

il

se

borne à indi-

se place partout

rencontre la voyelle à accentuer, et peut par suite se
trouver indifféremment au commencement, au milieu ou à

mot; mais à

tonique
Il

est

la

quand

il

rend

voyelle qu'il touche, en piquant sa consonnance.

de trois sortes

:

aigu, grave et circonflexe,

Ce dernier ne

français.

celte dernière position,

elles

se place

que sur

comme en

les voyelles a,

i,

o,

comi)osent des diph. ou des triph., pour mar-

quer seulement

la

voix dominante.

Le languedocien a cinq voyelles simples, a, e, i, o. u> et
nne voyelle composée, ou, qui regrette toujours d'être
obhgée d'employer deux lettres pour un son unique et

o,. nous avons du écrire partout o
nous no pensons pas que l'étymologie en

nous prononçons

naturel;

et

souffre.



il

la fin d'un

;

o,

L'e languedocien a
l'accent aigu,

dans

été,

il

bonté

;

se

la

de

l'e

muet

leUres et

les

voyelles

sa

pronoacent et

mais

comme

l'e

final italien

,

:

dina, dijicinle, n.\cc une légère insistance quiiml
pas l'accent

les

il no se présente qu'à
muet, naturel, non point à.

La pix^nonciation do Vi ne varie que du fort au faible,
du sonore au doux, du long au bref; mais une certaine
aouité se fait toujours plus oil moins sentir. La voyellot
est sonore naturelle entre deux consonnes
dindo, roun-

dans

suWivisions et distinctions de classes.

est

français,

tonique à la pénultième

les

il

rose, dare.

simple. Cette indication sudït à notre sujet, sans entrer

Toute»

comme l'é fermé français
grave, comme l'e ouvert dans

de tout accent,

d'un mot, et alors

manière de

Surmonté de

sons distincts.

avec l'accent

accès, succès; privé
la fin

trois

prononce

:

;

elle est

cependant nous ne lui accordons^

c'est affaire

de quantité.

Nous

le

Lui rései>

vons, au contraire, pcwir les cas où U pourrait y aroic

ACE
confusion,
Éêeupl

In

ti

L'accent grave
ifue

lA

:

iiHli()nc alors

non accentué

firwl

l'i

ilimini

,

comme

dos mots par exemple,

fin

énilévéni

,

ACB

Voix appuyant sur

que

son se renforce

le

loupi.

Clair et

w» A'-taoliR

il

net.

tAiidis

;

tnunnnro faiblement,

glisse et

Ëx.

la prôc<HlAntc syllabe.

:

la

ehàH. HH,

téméntrri, jmrgatori.

Ùli,

Mmb employons l'acceiit circonflexe pour
iou, et

de

inari|ue l'insistance

il

la

diphthongue

voix se prolongeant

la

:

ealiou, arpiou, réligiou.

Le tréma sur

dans

hième c.idonce.

la

doux son»;
deux,

19

français

I>e

m

contente de tfwAt

languedoiieu raweiiiblo dans une «ylhlJS

le

trois et jn.s(iu'à

quatre sons distincte. Ses diphthoh-

(dparéM, au commencement, dans rintèrienr ou k la fia
d«i mots. Ses triphthongues si originales suivent la mftme

marche

el sont

presque aussi fré(]nentes

gues apparaissent dans

tètraphlboh-

les

:

vocables les plus asiiels. 0>pe«-

les

daiit l'orlhograithe, l'accentuation et la prononciation

un

M

gae« se multiitlient à profusion et se présentent unies

dm

signe particulier de notre accen-

toyelles ne changent point parce qu'elles se rencontreiH

tuation orthographique. Sa fonction est des plus impor-

doubles, triples ou quadruples à former, dans un mot, rsm

Quand

tantes.

tréma sur

le

l'ï

il

une consonne

suit

a pour but de

l'ï

ment, et d'en

est

et précède

une voyelle,

sentir plus longue-

le faire

une syllabe séparée de la voyelle subséquente, comme dans fïo, Tno, m'io, en deux syllabes. Alors
faire

qu'il est placé après

on à

forme

il

la

près en certains cas

à

diphthongue. Ex.

//

et

;

toujours

il

le

remplace à peu

il

communiquer

mais seulement en la

empèclie

la

sion de voix. Si

naison,
est

cohésion avec la

de ne



nn

voyelle précédente, ainsi dans païo, ddio, jdio, Bluïo, pulo;

pas

de

sorte qu'il devient le siège d'une séparation de

ne

ou ce qui revient au même,

sonner

telle

syllalx^s,

s'oppose à la

qu'il

formation d'une diphthongue ou d'une triphthouguc, que,
sans

lui, le

dans

les

vidouU,

comme

rapprochement des voyelles amènerait,

mots presque exclusivement composés de voyelles,
aie,

parvenir à

la

euUiri, rouïdoume. Pour scander ces mots et
prononciation juste, le concours de

l'ï

tréma,

nous refusons à ranger parmi

formes un, ué,

les

consonnes g et q,

l'unité.

de touche de cette sorte de tyllabw.

pourquoi nous

diphthongues

c'est

dans

la pluralité

:

comme

aquà

eha, quiclia,

parait

de consonnance;

se fait p.as entendre

apuia

:

,

«uW ,

les

sollicitées i)ar les

ahra$qua, cargné. Manqué, guin-

Vu ne

ici

:

uo

uï,

que comme explétif;

parasite dont l'emploi rend le g

dualit)^

combi-

la

plus essentiel de leurs caractèwe

le

jamais qu'un temps, un pied, dirait-OB 0B

faire

est la pierre

C'est

une seule énd»-

compliquée que puisse être

pren)ier et

le

versification

plus
tout,

l'eïr», foire,

mouillés' français, sans

celle qui le suit la flexion labiale,

mouillant

:

pantaï. Entre deux voyelles,

réï, galo'i,

d'une consonne,

et suivi

d'un mot, Tï trématé est doux et faible ;

la fin

souvent

une voyelle,

seule syllalie compow'-e d'autant de sons en

dur

deux

après ces

:

précédé de tonte autre

:

on

etc^,

Uen

n'y a

il

lettres,

l'ï»

doit

il

tn diphthon(«e,

,

ittui,jvèt, etc.

Par ces exemples on a pu voir qu'une voyelle suivie
d'une autre voyelle ne

avec

En dehors

elle.

le tableau,

pas nécessairement

fait

alliance

des éléments dont nous allons donner

nous ne connaissons pas d'assemblages

deletlrr*»

qui est séparatif entre voyelles ou diphthongues dans le

qui puissent en réalité former des dipbthongiies ou des

mot, est un des signes

tripbthongues. Mais

à bien observer.

les plus essentiels

Nous reviendrons sur son

r61e très-important.

L'o et You, voyelles, sont soumises aux

Le défaut d'accent
qu'elles

doi\ent

jouent dans

le

quand

,

s'échapixT

sont

elles

sans

mot à peu près

le

mêmes

finales

,

articulation,

même

rôle

que

règles.

manado,

fangn,

bèlo,

fait

earosso,

escld,

cachd, grétd,

vértigi);

et oii

;

donne sonun sens trop diB^rents,

pour n'avoir pas une notation qui réponde à ce besoin, qui

muet

que

le
:

cagnoto,
ttitou.

soiment clairement

:

lavadofi, agassoù, loubatoù;

méchoiis, vérinoùs.

deux consonnes ou près

et

représente exactement son euphonie, ses accords, le

rhylhme

de ses gammes syllabiques.

Le
qui

français se préoccupe

rend

le

poésie ont des
les

moins d'éviter one confusion

A bien prononcer

diflicile

si

différences de quantité

sans

ces.se et

avec une

sa prose et sa

:

inexj)licables

terminaisons en ion, ieur, iêux, par ex,

(pii

dans

reviennent

qui font tintôt des monosyllabes diphthongues,

tantôt doivent se scander en

Réi)élons encore que ou entre

nuancer de tons divers des

sa vocalisation seule

qu'elles
l'e

fguro, dai^alou, révènou, basségou, manipoit, donou,

Surmontés do l'accent grave, ô

combinaisons identiques

vent à ses mots un caractère

sur la pénultième. Ex.
babino,

eénténo,

langue d'Oc aime trop k rapprocher

indique

français, caractérisant le féminin des sultstantifs, et

point d'appui de la voix se

la

ses voyelles, à les multiplier, a

infinité d'antres

deux temps

mots,

fier,

:

de ce nombre,

adj. d'un seul jet,

d'une voyelle, avec ou sans accent, ne compte jamais que

et fier,

n'avertit de

cm

pour une voyelle, comme

changements. Notre orthographe au contraire a voulu

les

s'il

n'y avait qu'une seule

l'agencement et ^

la liaison

de ses voyelles, la langue

d'Oc semble avoir mis avec complaisance tous

ments do son génie mélodique. Parmi
rope,

moyen de

indiquer au

lettre.

A

vcrl)c, dissyllalw.

elle

trilles

comme

est

les

les raffine-

langues de l'Eu-

seule h possiSler dans sa vocalisation ces

brillants qui
trois cordes

ne produisent qu'un accord unique,
de harpe touchées i

la fois, \'ibrant

comme

fXo,

fille,

et

l'ï

Ceixindant rien

tréma, qui disjoint

les syllabes,

fd, feu, mio, amie, mid, mnid, pio,

pillage, pid, dindon, etc.

Un

signe spécial étiit indisi^nsaltle; car le langtiedocien

n'a pas le droit de prendre les licences
ni grammaire, ni académie

anomalies.

Il

du

français.

jMur commenter

n'admet pas de

lettres

Il

n'a

et justifier ses

inutiles,

non

arti-

ACE

ACE

'iO

autrement qu'elles ne sont

culées, 9C prononçant

lîotées

w

tuation de toutes

de

se

langue d'Oc, les complications les
accents
plus ardues deviennent simples et faciles avec les
grammaticaux et les ï tréma.
L'accent modifie

la

son

le

:

ou

l'affaiblit

il

renforce

le

;

ne transforme pas la voyelle. Le tréma réservé à
r« ne lui fait rien perdre de sa qualité naturelle ; mais il
entre deux
l'isole en quelque sorte quand il est placé

mais

il

comme pa-ïo, ma-ïo, pu-ïo,
comme fait à peu près ill en

et

la suit,

français.

Par sou interposition

il

signale,

il

dans l'intérieur d'un mot,

de deux diphthongues, et adoucit un choc
et il est remarquable que l'ï se trouve au com-

la séparation

trop rude

;

tripiithongues

mencement de

toutes

les

semble

de

délicatesse

l'indice

langue,

et

la

étudié. Ainsi,

la

fait

qui nous

ce

de notre

d'acoustique

preuve d'un sentiment

quand Vi ne

:

que

harmonique
se lier

très-

aux autres

U garde sa forme naturelle,
midou, monosyllabe, sidoume, deux syllabes; mais
alors qu'il suit une voyelle ou une diphthongue, ou
qu'il termine une diphthongue ou triphthongue, il prend
tréma

rou-ïdumé, cadiéïro,

:

rapidement
réunissant

risoit-ïeiro

vidou-ïè,

,

dans les diphthongues féminines, la voix, en
double son, égalise les voyelles sans appuyer
première que sur la seconde.
:

DIPHTHONGUES.

ai.



-

ciles

de

l'ï

exemples des positions

des

Esclaïre, éclair.

Mai, plus

— Nàou, auge
—— Rèi, roi

âou

Lâouso, dalle.

èï.

Pèïro, pierre.

éï.— Créï,

Véïre, verre.

croissance

— Lèou, poumon

Cisèou, ciseaux.

èou.-

éou.-— Béou,

Téoule,

boit

il

ié.

—— Diable, diable
—— Vélldie, que je
—— Miè, moitié
—— Aïé, ail

io.

—— Glorio

iô.

-—

ia.
ie.
iè.

iou.

iou.

,

Moïe, que Je mouille.

vende.

Ariè, arrière.
Bèstiéto, petite bêle.

Bèstio, bite.

gloire

Cafîo, chenet.

feu

Fiô",

— Béstiu,

iu. -

-—

Coï,

il

Enténdiou, qu'ils entendent.

Miougrano, grenade.

bestial

Méssius, messieurs.

cuit

Galoï, gai.

— Coua, eouué
ouè. — Voué, holà
oué. — Foué, fouet
— Bouï, buis
ôou. — Dôou, deuil
— Gnuè, nuit
— Frui,

Couacho, calandre.

oua.

Espouèr, espoir.
Couéto, queue.

Douïre, jarre.

ouï.

Cévénôou, cévenol.
Juèl, ivraie.

uè.

Estui, étui.

fruit

les plus diffi-

démontrent le fonctionnement de Vi simple et
tréma dans l'agglutination et dans la division des

et

syllabes.

TRIPHTHONGUES.

— Biaï, adresse
— Siâou,

six
moi
iéou. — léou,
iôou. — Miôou, mulet
— Hiuè, huit

Répapiaïre, radoteur.

iaï.

possède trois diphthongues qu'on peut

Notre dialecte

appeler féminines, et qui pour cela sont dénuées de tout

précèdent

le

:

d'ailleurs se

tréma, quand

il

conforme aux règles qui

est nécessaire,

ne change

Cadiéïro, chaise.

Sièï,

ièï.

accent. Cette variété a son importance dans la versification.

Viâouloun, violon.

coi

iftou.

Leur prononciation

tuile.

Aparia, accoupler.

— Maïou, mati
— Diou, Dieu

ui.

viè-ïé, offrent

dans toutes

le

plus sur la



voyelles dans la triphthongue

le

luasculiiic, et

une voyelle domiles tripiithongues, se trouve toujours
nante, celle qui est le pivot de l'intonation sur laquelle se
entendre, mais coulent
fait la tenue; les coagulées se font

mouille celle qui

voyelles,

diphlhongue

la

trouvent

la plus
surtout des voyelles avec des diphthongucs. Par
sentidu
perfection
la
dénote
qui
disposition,
ingénieuse

ment mélodique de

Dans

accculuées.

et

identiques,

lettres

membres d'un même mot où

des

la séparation

lettres et

les

mêmes diphthongues

alphabétiques, avec ceux donnés par les

;

que sa prononciation est toujours
il professe en principe
qui
des voyelles;
vraie, réglée sur la valeur propre
accords
les
volontiers
d'accumuler
pas
ne l'enipùche
et ses tripiithongues
sonores, de mêler ses diplithonguos
est imposé plus
lui
il
lors
Dès
dans le même mot.
système d'orthostriclcmeul qu'au français d'avoir un
d'accengraphe qui mette en pleine lumière la dilïèrence

Liéourèïo, livrée.

je,

Faviôou, haricot.
Endiuèl, andouille.

iuè.

rien à leur nature.

Exemples

:

en

te,

vindie, rendis, moïe , ouïe ; en io,

glorio, bè$tio, joïo, fuio ;

en iou, énténdiou, maïou,

moiou, ouïou.

La

iuèï.

finale diplithonguée

muette, et

comme

elle

de ces mots s'écoule

n'est

comme une

sur la

pénultième.

Ces différences de

trouveront indiquées à leur place.

Voy.

lettre

sons

I

et

se

Iou,

il

— Hiuèï, aujourd'hui.
— Cuièïsso,
cuisse.

.

.

Cadiuèïsso, cosse,

Cuièïssàou, molaire.

Ce tableau doit
graphe

;

faire

et répétons ce

comprendre

la raison

que nous avons

de notre ortho-

dit ailleurs

l'effet

que produisent

l'oreille les

les accents,

sons muets, purement

:

«

On

ne saurait assez recommander l'observation minutieuse de
l'accent; elle est d'une importance radicale.

diph.

Pour bien comprendre
ia'y a qu'à comparer à

uièï.

comptée que pour une syllabe

qui est féminine, l'insistance de la voix s'établit par l'accent
tonique

TÈTRÀPHTHONGUES.

tu'iou,

ligence de l'idiome est là

eau dans l'amphibologie.

>

;

et

sans

elle,

Toute

l'intel-

on nage à pleine

I

ACE

ACE

91

de

mots parfaitement

Tourné, rouet

Tourne, je reviens.

homographes .présentera un curieux

intérêt à ce point

Tràouqué,

TrAftuque, je perce

Une

à

lisUî

près complète

jxîu

,

Nous avons négligé les homonymies dans les différents
temps dos verbes, qui seraient irop ncjmhrcuses, comme
rénilie, il reniLiit, et çué réndie, que je rende, etc., etc.,
et quelques autres

sur

tique

mots dans lesquels l'accent

finale

la

mais qu'innuence

,

naturel, soit pour les divistîr en
faire des monosyllalx?s,

l'ï

est

tréma ou

deux temps,

soit

comme pï^, pilier, etpi^,

sera ainsi facile de se rendre

l'accent graphique,

une voyelle

fait

et

varier

le

sens et

Ë FERMÉ ET È OUVERT, (MUVB.

\'i

Après, appris

Après, après.

Arésto, arrête

Arèslo, halte là

Espésso, épaisse

Espéço, espèce.

Espéro, attente, affût

Espère, attends.

Lachén, pourceau

Lachén, nous tachâmes.

pied, Pucch,

inflexion sur

la signification

d'un mot.

t FERMÉ ET E NATUREL.
soufflet

,

Boumbé, bout-d'homme
brun

fioaré

,

poire

,

lY*

valaient

Péro, père.
Fè, fuit.

Se, soif

Se, sept.

Boufe, je touffle.

Sén, saint

Séu, nous sommes.

Boumbe, je cogne.

Vén, vent

Vèn,

il

vient.

Boure, bourgeon
Bourges, lu creuset.

Bouté

Boute, je mets.

brin

Vaïèn,

Vaïén, actif

Fé, foin; foi

Bourges, bourgeoù
,

t

Jasén, nouvelle accouchée... Jaséu, nous gisons.

Péro

Boufé

Uïe, je sers ce tonneau.

pour en

compte de ce que peut

comment une simple

Triste, triste.

œillet

l'ïé,

iden-

cuïi, cuiller, et cuié, cuit, bie, je serre, et bïé, billet.
Il

soupente

Triste,

de vue, et complétera ces ex[)Hcations.

petit trou

k GRAVE ET E NATUREL.

Bravé, gentil

Brave, robuste.

Cadè, cadet

Cade, genévrier.

Cargué, étui

Cargue, je charge.

Counséiè, conseiller

Counséïo, je conseille.

Césé, n. pr. dim. François.

Céae, pois-chiche.

Entré,

Chaîné, chat sauvage

Chaîne, chine.

GÂouche, gauche.

Coublé, solive

Couble, couple.

Gàouchè, gaucher
Lachè, il lâcha, laitier

Coulé, petite colline

Coule, je décuve.

Mouïè

épouse

Mouïe, je mouille.

Courdouné, ganse

Récaté,

devoir

Courdoune, je cordonne.
Déve, je dois.

Révélé, aubade

Révéïe, je réveille.

Déstré, pressoir à vin

Désire, perche (mesure).

Roudiè , charron

Roudie, je regarde.

Estré ,

Estre, être

Vigè, n. pr., Viger

Vije,

Dévé

,

"

étroit.

Furé, souris

Fure, je fouille.

Gourgué, petite mare
Grané, petit grain

Gourgue, je trempe.

Lipé,

gourmand

,

Entre, entre.

entra

«7

il

Lâche, mal serré.

Récate, provision

serra

i

GRAVE ET

I

osier.

NATUREL OU TRÈILA.

Grane, je grène.
Lipe, je lèche.

Courl, courir

Manqué, manchot

Manque, je mianqtte.

Fasti (faire), faire horreur

Mèrlé, créneau

Mèrlo, merle.

Garl, guérir

Gari, rat.

Miné, minon

Mine, je mine.

Péis , pays

Péis, poissons

Mouïssé, épervier

Mouïsse, écourlé.

Sal,

Pare, je pare.

Trai, trahir

Traï,

Pénô, petit pied

Pêne, je peine.

Véri, poison, venin

Véri, porc.

Piqué, pieu

Pique, je frappe.

Poudé, serpette

Poudo, je

Paré,

paroi

Pougiiô

Quiche

,

,

Couri, n. pr., Courrtf.

panne de porc

.

Fasti, aversion.

Saï,

l'et

il

dedans.
jette.

NATUREL ET Ô GRAVE

taille.

poing

Pougne, je pique.

targette

Quiche, je presse.

AoQSéro, Lozère

Aousérù, Loxérien.

Quinque, je

Babo

Babô, chrysalide

Quinqué, quinquel
Rèssé, scie à

main

Salle, science

Sâousé, n. pr.

,

Sauzet

souffle.

bave

,

Rèsse, je scie.

Balo, balle

Balô, ballot.

Sabe, je tanne.

Bardo, bât

Bardô, bardot.

Sâouse, saule.

Bigo, bigue

Big6, hoyau

Bïo, biUe

Bio, triciA.

Séré, petite colline

Sère,

Siblé,

montagne.

Sible, je siffle.

Bousso, bourse

Bonssù, gousset

Tapé, petit bouchon

Tape, je bouche.

Cacho

Cachô, cachot.

Télé, sein

Tête, je

Cagno, dégoût, paresse

sifflet

tète.

,

cachette

Cagnô, niais.

ACI

ACE

fS
Capo

manteau

,

Casso, cheute

Capô, attrapé.

Sablon,

Cassô, ladre.

Sabon,

Cato, chatte

Catô, catin

Sénglou,

Enquo, canelle

Enc6, chez.

Sénton,

Farô, élégant.

Sermon,

Finô, finaud.

Snsou,

Fïo,

Fiô, feu

Téchon,

Galô, galop.

Tourtïou,

CJalo, gale

Séngloù, petite torde.

Sôntoù, odeur.

sentent

trempent d'eau. Sérnioù, sermon.

ils

ils

sablon.

Sabon, savon.

sanglent

ils

Faro, mine, visage

du saUe. Sabloù,

tannent

ils

Fino, rusée
fille

mettent

ils

t7j

suent

Susoù, sueur.

Téchoù,

dégoûtent

ils

tordent

«7s

petite gotttte.

Tourtïoù, craquelin.

broient

Gigô, gigot.

Trissou,

Grélo, grelot.

Valon,

Léngadô, Languedoc.

Véïrou,

Mancho, manche

Manoliô, manchot.

Viron,

Mïo, amie

Miô, tnuiJ.

Palo, pelle

Palô, lourdaud.

Pato, patte

Patô, brique.

sens de tous ces mots correspondants à

Pégo, savetier.

est produite

cuisse de IxBuf.

Gigo,

Grélo

grêle

,

Léngndo, coup de langue.

Pégo

..

.

poix

,

La

t7s

Valon, valeur.

menu

Vèïroù,

tournent

i7s
i7s

Trissoù, piton.

valent

î7s

Viroù,

tournent

poisson.

vrille.

différence à l'oreille, qni, en définitive, détermine le

par

les

nn mot semblable,
Dans ceux où la finale est

accents.

Pérô, mouton.

accentuée, elle est tonique; c'est sur elle que la voix s'arrête

Pilô, pilote.

et pèse

Pïo, pillage

Piô, dindon.

la fin, la

Rabo, rave

Rai», rabot.

elle.

Péro, poire
tas

Pilo, pile,

au contraire, pour ceux qui n'ont pas d'accent à

:

tonique est la pénultième et

Par exemple,

le

Ribo, rive, bord

Ribô, n. pr., Ribot.

virou,

Salo, salon

Sala, malpropre.

brève; l'inverse a lieu pour

Ciro, cire

Siro,

plur., tantes

Tantos,

s.

Trapo

trappe

,

sirop.

la quantité,

Trapô, trapu.

musicale est

Acérti,

ajoutent

Apialou,

ils

Bïou,

Ajustoù, ajoulage.
Apialoù,

étaient

i7j

Caladou,
Calou,

C&oussou,

Coulou,

réglées par les accents

:

toute notre langtje

là.

V.

Certifier, assurer,

du lat. Certus.
Acéta , prép. Excepté.

rendre certain, aflirmer.

Dér.

est visiblement

Il

Achas

I

interj.

Voyez donc

!

Voyez un peu

Caladoù, pavé.

Voy. Agacha.

Caloù, chaleur.

Cantoù, coin.

chatissent

coulent



Achata on Acheta,
Trad. du français.

v. Acheter.

Câoussoù, chausson.

Achétur, nrdo, adj. Acheteur, euse.

Couloù, couleur.

Trad. du français.

ils

grimpent

Escaloù, échelon.

Aciè,

Espèrou,

ils

attendent

Espéroù, éperon.

Trad. du français.

Espirou,

f7j

suintent

Espiroù, soupirail.

Acièïra,

Furoù, fureur.

Acimérla, ado, adj. Perché, juché haut.

Gardoii, Cardon.

Dér. de Cimo, hauteur, extrémité.

Gardou,
Jètou,

furètent

gardent

ils

vomissent

ils

Lardon,

i7j

Liquon,

»7j

Lardoù, lardon.

lèchent

Liquoù, liqueur.

ils

Paslou,

pétrissent

Passèrou,

Jètoù, jeton.

lardent

Mascarou,
i7«

i7s

noircissent.

.

.

«7»

Plounjon,
Prison,

Révéïon,

frappent

i7j

i7j

.

passèrent

Pélassou, ih raccommodent

Piquou,

!

Boutoù, bouton.

t7j

ils

corrompu du

mais fort de mise.

français,

Escalou,

Furou,

qui est formé

pavent

chantent

ils

vrille,

virait,

placent

lâchent

ils

sur

Dér. i'Agacha, voir devant soi. C'est" la contraction de
ce verbe à la 2"" pers. plur. de l'impér. Agachas.

ils

ils

Canton,

état.

Bïoù, trique.

ils billent

Boutou,

fait

d'une brève et d'une longue, et ainsi des autres. La mesure,

Tantos, tantôt.

on MUET ET où GRAVE,
i7j

tenue se

Tricô, gilet de laine.

Triquo, trique

Ajnstoa,

tournent, est

ils

la

mot de cette longue liste,
composé d'une longue et d'nne

dernier

plongent

prisent

(7* réveillent

.

Mascaroù, barbouillé.

Acîou,

m. Acier.
v.

s.

f.

Aciérer, chausser d'acier la pointe d'un outil

Action.

Il

ne se prend qu'en mauvaise part.

— Quinlo aciou m'as fa! quel tour tu m'as jOUé

!

Trad. du français.

Acipa,

Pastoù, tas de mortier.

— Nous

Passéroù, moineau.

clé.

Pétassoù, petite pièce.

s.

V.

Prendre

acipè, et

par surprise,

sa! dédin,

il

nous

saisir,

surprendre.

surprit, et crac!

sons

Plounjoù, plongeon.

Dér. du lat. Accipere, recevoir.
Acipa (s'), V. Se heurter, broncher, se rencontrer tète à
tète, chopper.
Nous acipèn, nous nous rencontrâmes nez

Prison, prison.

à nez.

Piqnoù, pic.

Rôvéïoù, réveillon.



Étym. du

celt.

Assoupa, dit Honnorat.

I

ACO

iiOO
Acivada,

Donner de

v.

l'avoine. Au. Sg. et pat ironie,

,

v.

Couvrir de meane pierraille;

lat. ad collnm.
Acouloubri, ido, adj. Eflarouché,

recouvrir, le» sillons d'une terre oiublavée, soit à la pioche,

comme une

à la herse, et briser les mottes pour mieux enterrer la
semenca ou le futnior.
Dér. de Cla ou Clap, pierraille.
Aclapassa v. Entasser des pierres en nioucean antoD'-

lille

soit

;

,

Adata,

courber; accal)ler sons

Baisser,

v.

le

poids;

Dét. de Cla,

Au

flg. éveillé,

Di>r.

envenimé-

irriié,

déluré

;

ss dit

d'une

de CotUobr*.

Acoumada, v. Raccommoder, radouber;
Au fig. concilier, convenir.

en pierre sèche.
Acol,
Acor, s. des deux genres, ou Acordi, ». toujours
Eëtre
m. Accord, réconciliation, bonne ijitelligence.
Acor est masculin ou
dlae»rdi, être cœur a cuMir.
soutiineinenl





féminin à peu près ad libitum.

On

dit

Lacor

:

et facho,

et dé bon acor.

Dér. du

L-it.

Acoto

» ( Une

,

assaisoimer.

cale qu'on

met sons

le

pied d'une table

pour l'einpècher

cbanceL-itile, sous la i-oue d'une charrette

de marcher.

du lat. Co$, eoti».
Aconassa (s'), v. Se coucher comme
Dér.

Au

fig.

les poules

qui

se pelotonner, se tapir, s'accroupir,

mettre dans toute sorte de posture qui rappelle une

V. Accoupler, joindre

par couple; joindre des



bœufs ou des chevaux pour le labour.
Àquélo miolo
acoublariè bien la mtou , cette mule s'appareillerait bien
la

mienne.

Acoucara

qu'ajouter l'o

(s'),

S'encanailler, fréquenter la

v.

se prend dans

,

s.

mauvaise

Aconmouda,

v.

Acoomouda

(s').

Que t'acoumode
Acoomoula,

Commencement d'une

/".

histoire,

livre.

Accommoder, arranger, apprêter.
S'accomiinxier, se

contenter de.



qu'il s'arrange.

,

Kcmplir

v.

par dessus

les

bords, faii«

Dér. de Coumoul.
«.

Accompagner,

Dieu vous accompagne, et

de compagnie.

aller

et té

plôou que vous bagne.

pleut soyez trempé.

s'il

du lat. Cornes, compagnon.
Acouqnina (s"), v. S'acoquiner, prendre des habitudes
de fainéantise et de débauche; s'accoutumer en un lieu, en
Étyni.

certaine compagnie.

Il

est toujours pris

Acourcha, v. Raccourcir,
Acourcha (s'), v. Prendre

en mauvaise part.

rapetisser.
le

chemin

le

plus court.

Dér. de Courcho.

On

Accouchée.

f.

Acouchardo ou Aconchuso

dit

Acourcoussouni

Jasén en langue-

lang. Lévandièiro,

,

».



Accoucheuse, sage-

f.

V. C.

v. a. Faire

vieillesse

(s'),

tomber quelqu'un sur

le

der-

v.

Se ratatiner, se recroqueviller

ou de rachitisme.

Dér. de Courconstoit, charançon. Cet animal est plié en

courbe dans l'alvéole on

n>.

Trad. du français.

il

se blottit

;

de

là la

comparaison

du vieillard qui a à peu près la même posture.
Acourda, v. Réconcilier, accorder ensemble.
Dér. i'Aeordi.

rière.

Acougassa



Y.

c.

v.

(s'),

r.

Le

même que

»'ileo«a»»a, s'aceron-

m.

Aconssa

(s'),

c.

presser de courir

;

Dér. de Couga, couver. M. sign. que Coua.

Dér. de Cousso.

Acoogooncha

Acousséîa,

(s'),

verbe précédent et

il

Chine que

le

visiUes. cheminées.

un explétif du
La posture qu'il

v. S'accroupir. C'est

a la raôrae racine.

désigne est encore plus grotesque
la

m. Commence-

grasse mesure; accumuler, combler.

de

Acougassa,

».

Dér. de Cougui.

docien.

femme. En

».

,

d'un conte, d'ujie leçon, d'un

Trad. du français.

Acoucbado

initiare.

ment. Le premier se dit plus particulièrement du commencement d'un livre, d'une histoire.

Accoucher.

v.

Cum.

latin

le

Acouménçamén ou Couménçamén,

Dér. de Coucarou.
(s'),



français commencer, et l'italien eomineiare. Cette origine

compagnie, s'engueuser.

Acoucha

Commencer. Au fig. cherclier noise,
Ce mot, auquel on n'a fait
explétif, a une origine commune avec le

Lou bon Viou vmi$ acoumpagne,

Dér. de Coua ou Couga, couver.
,

,

v.

Acoumpagna,

poule couveuse.

Acoubla

». m. Accommodement, accord, transmezio termine d'un différend.

Acouménçanço

Cor, ccenc.

veulent couver.

action, le

être le premier à attaquer.

amas, monceau.

las,

m. Mur de

s.



bras autour

garçxtmiière et hardie.

Aconménça,

lapider; recouvrir, enfouir sous...

pir.

couleuvre.

Acoumadamén

Dét. de Clajiat, tas de pierres.

avec

les

Dér. de Covnxod».

celer.

se

embrassement

Accf)lade,

». (.

cou.

Ëtym. du

Dér. do Civado, avoine.

Aclapa oa Bésaègre

Acoulado,

du

régaler d'une volte de coups, rosser.

XVni«

siècle

:

c'est celle des

magots

nous a légués avec ses

v.

Se diriger vers, au pas de course; s'empoursuivre.

Conseiller,

donner an

Coussêia

Dér. de Contsél.

Acousta, t). Accoster, aborder.
Trad. du français.

conseil.



Voi/.

ADR

ADE

a*.

Acoustuma,

Adijà, adv. Déjà.

Accoutumer, habituer.

v.

TraJ. du français.

Acoustumado

adv. Selon la coutume, l'habitude;

(à 1'),

Dér. de

la bas. latin.

Adîou

Adioussias

!



Adieu.

interj.

égaux

s'adresse qu'("ntrc

à l'accoulumée.

Dejam.
!

Le premier ne

ou de sui)érieur à

,

inférieur.

Le

pied d'un banc,

second, plus respectueux, s'adresse aux suj)érieurs, ou aux

d'une table pour remi)êcher de brandiller, sous une roue

égaux, à(}ui l'on veut nioiitror des égards. C'est une phrase

Acouta,

Caler, mettre

t>.

une .cale sous

le

de voiture pour l'einpi^cber de rouler seule

un

Au

étai.

ôtayer, mettre

;

arrêter.

fig.

Dér. û'Acoto.

Acouti, ido, adj. Tassé, épais, compacte.
du pain trop peu manipulé ou trop

— Se

dit très-

qui est

levé,

bien

— Ce mot,

ridicule et surchargée d'ornements.

du

rain

même

une

français Accoutrer, a

«d, augment., et cuUuram, culture, soin

Ce

donc un superlatif de

serait

toilette

contempo-

origine latine

du

ce qui la

;

:

corps, parure.

rend

ridicule et grotesque.

Acoutra

S'enivrer,

v.

(s'),

Cette dernière

se griser.

acception n'est que l'extension de la première signification
active

;

ne dit-on pas, en

fr.

familier

:

se

pomponner, pour

Acro,

,

s.

m. Accoutrement, costume

crochu.

Dér. de Cro.

Acrocbi,

m. Embarras, difTiculté, pierre d'achoppement.

s.

Acrouchouni, ido,
Acrouchouni (s'),
le corps.

adj. Courbé, ratatiné de vieillesse.
v. S'accroupir,

se blottir

— Voy. s'Amouchouna.

un

,

vieillard,

ressemble par sa masse informe , par sa couleur

bise et la rugosité de sa peau.

Acrouqua,
Acrousti

v.

des

et

Accrocher, suspendre à

un

,

du pain qui a beaucoup de
pustules , où il se forme des

adj. Se dit

plaies

et

Acosa,
dér.

V.

comme

Ade,

— Mot tout
approprié
emploie
Accuser. — Contemporain du

m. Accueil.

languedocien

et qu'il

du

lat.

les

que notre

français,

et

Aceutare.

n. p. Agde, ville (Hérault)

:

X^otOii,

douves sont déjointes par

Agaiha.

comme un tonneau

la sécheresse.

Au

fig.

sec, amaigri, exténué.

Étym. du lat. Deligare.
Adéré, adv. De suite, pied à pied; un à un; sans rien
laisser en arrière.

même

sens

Dér. de

:

— On

disait

en vieux français dans

à la rangetle.

l'esp.

le

raffiné sur

peuple a abandonné

prénoms de Jean, Jacques, Pierre, etc., il a bien fallu
les noms nouveaux-venus et qu'il
les appropriât à son génie. Depuis lors, Adouar et son
diminutif Douaré sont devenus familiers et très -usuels
dans

la langue.

Adouba,

v.

Accommoder, apprêter, assaisonner; tanner;

raccommoder, radouber; émonder; bistourner; renouer un
;

relier des

tonneaux

;

rosser, écliiner.

— Adouba

pot au feu. Adouba dé souïés,

raccommoder des souliers. Adouba dé boutos, relier des
tonneaux. Adouba dé pèls, apprêter, tanner des cuirs. L'an
pas mâou adouba, on l'a bien ajusté. Té vôou adouba, je
vais te battre, te rosser.

même primitif, et
môme pensée.

représentent directement ou par extension la

Le verbe
qui

est dérivé

signifiait

Adob

de Adoù, terme ancien, hors d'usage,

lessive

:

pour

latin.,

de tanneur, qui a formé Adobare, de

conservé

s'est

Adouber

comme

quand

est

du vieux

Arreo,

même

gine et rentre dans

Adoubaïre,

racine

d'une pièce ou d'une

du
dame dérangée

prêter

le

lard

le

môme

môme

ori-

sens.

m. Tanneur; mégissicr; tonnelier; save-

s.

renoueur; chàtreur.

;

s.

m. Raccommodage; apprêt; manière

réduction d'un

membre

m. Assaisonnement,

s.

d'ap-

luxé.
qu'il soit huile, beurre,

ou saindoux.

Adoun, adv. Alors, pour
Dér. du lat. ad tune.
Adoura, v. Adorer.
Trad. du français.

lors;

Adraïa,

un chemin,

Adraïa

v. Fouler, battre
(s'),

v.

en ce temps-là.

le

rendre viable.

Se mettre en route, s'acheminer.

Au

fig.

se mettre en train, se dégourdir les jambes.

Dér. de Draïo.

Adraqua
signification.

la

français, qui

technique au jeu des échecs et

s'agit

il

dont

ajuster, armer, préparer,

serait celtique.

Adoubun,

très-bien.

Adéli, ido, adj. Déjoint, baillant

dont

Depuis qu'on a

que son idiome adoptât

Adoubaje,

français,

s'est

lui



les

tier;

Dér. de Crousto.
*.

s'en

à remettre en place; mais radouber, radoubeur, sont restés.

croc.

croules, des gales, des escares.

Acnl,

En languedocien, on

L'ancien Dauber ou Dober appartient aussi à la

ido

,

n. p. Edouard.

,

est plus

et après la rencontre, indistinctement.

choix des noms propres, et que

tric-trac,

Dér. de Cro.

croûte ,

Adouar
le

il

n'emploie qu'en prenant congé d'une

l'on

pendant

même

deux mots comme du fran-

personne, jamais en l'abordant.

la bas.

Dér. de Crouclutù, quignon de pain, auquel
ainsi fait

dans un

en peloton ; se ratatiner, se ramasser tout

se mettre

;

Adieu, que

phrase, et par cela

Toutes ces acceptions procèdent du

Dér. de Cro.

coin

çais

11

la soupo, assaisonner le

bizarre.

m. Accroc, déchirure occasionnée par un corps

s.

môme

la

n'en est pas de ces

membre

se griser?

Acoutramén

Diou-siasl soyez à Dieu! Le mot Adiou est la

cavalier.

Accoutrer, parer, habiller d'une manière

v.

A

:

syncope de

sert avant,

massif et compacte.

Acoutra,

faite

(s'),

v.

Sécher à demi se ressuyer.

séména que noun la

;

tèro siègue

— On po pat

adraquado, on ne peut pas

semer avant que

ressuyée de

la terre soit

la pluie.

Linge adra-

qua, linge essoré; [roumaje adrai/ua, fromage à moitié sec.

m.

5.

vers

dérivé que

Avês

le Iwin c6té.

est dér.

c'est-à-dire

de Adversus. contre, con-

Adréchamén, adv. Adroitement, avec

dextérité, avec

Adressa,

v. Adresser,

envoyer i quelqu'un.
lui

— S'adressa

demander des

Dér. de

la bass.

Addirectiare, envoyer directement

lat.

à quelcju'un, dont l'csp. a fait Enderezar, et

Addi-

l'ital.

rizzare.

Adresse,

Adresse, habileté.

s. f.

Adrèsso,

en vannant

le

dans notre vieux
le

dialecte gascon

bas-limousin Affachadoù,

le

chapeaux

l'on foule les

dans

et

;

et

,

et Affachadïs

.

criblures

blé? Certaines ressemblance»

v.

(s'),

Se cabrer; se redresser.

tirez trop la bride,

— Adrissa-^mut,

«a» s'adriua,

vous

si

portée ordinaire.

Y

puis y atteindre.

— ty pode pas

adnsara pas,

du renard do

élevée,

adusa, je ne

n'y parviendra pas.

il

la fable,

sous

les raisins.

le

sommeil.

Vn

,

Sauvages, qui est parfois admirable dans ses étymologies,

s'amuse sans doute dans

que

dit-il,

dans

celle qu'il

A/faciato,

l'ital.

les

Dans

sans

chMaignes qu'on
compagnies.

les meilleures

Cette plaisanterie accuse

donne à ce mot.

effronté,

du

ses notes,

Il

le

pudeur,

ou

fait rôtir
»

Même

pensait

que ce

tenait probablement à quelque circonstance, à quelque

anecdote locale, qui n'étaient pas venues jusqu'à nous

qui sont spéciales aux Cévenncs d'Alais; car, dans

desCévennes, on

dit

Brasucado

,

que

origine

petit outil,

un

Aiama,

le

mot

français.

Affamer, causer

v.

le

faim.

la

petit ingrédient;

nom



propre.

En termes

d'agriculture on dit s'afama, en parlant des racines des

arbres arrachés depuis longtemps, exposées à

qui

l'air, et

peine à reprendre,

la

ces arbres sont trop

,

et

le reste

dér. de Brato, et c'est

anciennement arrachés,

trancher un Iwut do racine.

S'il

c'est

sort par l'incision

de
une

sève glutineuse de couleur de lait, on est assuré que les
arbres pousseront.
il

Du

reste le

mûrier

est

ne pousse pas

est rare qu'il

une plante

même

très-

après

long éventement de ses racines. Le châtaignier et

on

les frui-

tiers sont bien plus délicats.

Dér. du

lat. Famés.
Afara, ado, adj. Effaré, qui a la figure farouche et
décomiwséc par la surprise, la peur ou la colère.

Dér.

du

lat.

qui est

le

Fera.

Dégoûter,

v.

Dér. sans doute du

Afasquoùs

Du

lat.

rassasier jusqu'au dégoût, ce

propre des mets trop gras.

,

ouso

,

lat.

ai/y.

Fastidium.
Rassasiant jusqu'au dégoût.

Fastidire, Fastidiosus.

Afatiga,

reste la difficulté d'extraire

La Fare-AIais

m. dim. Un

s.

Atasqua,

percilh'*.

plus naturel.

m'ôtent

objet dont on ne trouve pas de suite

vivacc, et

,

griller, [lètent

Affaires;

vendre pendant longtemps. Le meilleur moyen de connaître



cette racine.

ces diables de procès

Afaïroù,

si

Dér du lat. Adiré, Adeo.
Afacha, v. Dépouiller les chStaignes rôties de leur coque
Celte opération se fait d'ordià demi brûlée, les éplucher.
naire en les agitant dans un paillon ou panneton, appelé en
languedocien Païussoù où on les recouvre d'un torchon.
Afachado, s. f. Châtaigne rôtie au moyen d'une poêle

D'autant,

Afaïroù.

— Aquéles afairasses m'émpachou

home d'afaïres, intendant, homme d'affaires; un avocat,
un avoué. Aqud's pa'n afaïre, ce n'est qu'une bagatelle.
Din l'afaïre d'un an dans un an dans l'espace d'un an.

ont de

Adu, ucho, part. pass. de Adure.
Adure, v. Amener, conduire, apporter.
Dér. du lat. Adducere.
Adusa ou Adésa, v. Atteindre à une chose

dériver de

Afaïras, dim.

Péj.

quand elles sont mises en
terre. C'est ce qui arrive souvent aux mûriers de pépinière
qu'on transporte d'un marché à l'autre et qui restent sans

va se cabrer.

il

Dér. de a explétif, et Dré, droit.

C'est la position

m.

».

Aquà's un doutre afaïre, je ne l'entends pas ainsi.

placer debout; rendre droit; faire

levez-vous. Se tiras tro la brido,

la

Afaïre,

particulièrement procès.

un

tenir droit; relever.

Adrissa

re;su^toutcelui qui a de mauvaist^saffaires, qui a des dettes.

Adresse, suscription d'une lettre-missive.

s. f.

v. Dresser,

Adrissa,

mot

tuerie

,

Dér. do Adressa.

c

une

,

ce qui a donné

[«rer,

Aïei d'afaïres, voici bien des difficultés.

Dér. de Adré.

fait



l'on enlève

dé dourmi,

renseignements.

hors de

orner,

Afaïra, ado, adj. Qui a beaucoup d'affaires; quiest enaflaidér.

à ijudouquus, s'adresser à quelqu'un,

1-

du roman
lat. Affte-

sont souvent de grandes présomptions de parenté.

adresse.

Même

Afeyiar,

Affaych, préparation; dans
atelier

racine ne se trouve-

raccommoder, dér. du

Affaitamen, Affackador, A/fachamén,

que

traire, op|)osé.

la

pas simplement dans Affait, Affach, pris

langage Afachomén

ad rectum,

précédent,

le

du à nos maîtres,

le resj)ect

tare: d'où l'esp.

montagne, opposée

ExiKisition sud d'une

à Vavèa, exposition nord.

Même

Sauf
rait-elle

Afaiter, préjwrer, séprer,

Adré, écho, adj. Adroit, habile.
Di't. iIu lat. Dexter ou ad rectum.
Adré,

»

AFA

AFA

v. Lasser, fatiguer;

empressé; emlwrrassé.

— Es

coumo un pàoure home qui coula sa trémpo, empêtré
comme un homme pauvre qui coule sa piquette il y v*

afatiga

:

de cul

et

de tête,

comme une

corneille qui abat des noix.

Dér. de Fatigo.

Afatoonl, ido, adj. Mou, lâche, usé, avachi,
linge qui a perdu son apprêt par l'usage.
Dér. de Fato.

comme

le

AGA

AFO

515

Afatrassi

ido

,

nn degré de

adj. Péjoratif

,

plus.

est dérivé

Il

de Fato. Mais Afatrassi se

dit,

c'est
du mot précédent
pi'jor. lui-môme
:

de Tatras,

en outre, des personnes qui

ont perdu leurs forces, et particulièrement des jambes qui
flageolent do faiblesse maladive.

Afécîou,

s.

Zèle, ardeur, application

f.

apport* à un ouvrage.



tout cœur.



Y ana

n'a rien de

Il

vif intérêt qu'on

;

d'aféciou, travailler de

commun

avec Vaffeciion en

Dér. du

lat. Àfflcere,



intcrj.

communément

expression n'est

Afénadoù,

jette le foin

du

le foin, le tourner, l'apprêter

au

m. Trappe par

».

on

laquelle

le

Faner

v.

mettre en meule

quand

cette récolte

elle est

;

faire tout le travail

qu'exige

On

le dit

lorsqu'un enfant pleure ou qu'il fait

,

foin; sorte de pension.

,

— Métré soun

chival à V afénaje,

mettre son cheval en pension, fourrage à discrétion.

Dér. du

lat.

Afraïra

(s'),

Ensemencer un champ en

y semer de

pré,

v. S'associer;

mari

S'affecter,

i'.

Afiança,

i'.

prendre un air

Afiancè uno

tèlo,

Ce verbe
il

est actif

en languedocien.

s'engagea avec une

lat.

Aficha,

V. Afficher.

Fidentia, confiance,



Afina,

v.

;

mettre toute

y

un

affi-

objet, faire la pointe.

v. S'affaiblir, se relâcher, s'amollir;

(s'),

devenir

flasque.

(s'),

,

v. Assurer, affirmer

Dér. de For.



la curée.

soun

alléché, la gueule enfafrés, frais. T. c.

vivement;

Es

afrl

dou traval,

il

m.

se hâter.
;

ardent,

est affectionné

à

l'ouvrage.

Apricus, ardent.

lat.

s.

Afrique, partie du monde.

f.

— Depuis

la

et réveille

d'autres intérêts que ceux de sa géographie.

Dér. du

Apricus, chaud, ardent

lat.

».

m.

;

ou selon Roquefort,

Injure, outrage, affront.

A/fronto, ou

l'ital.

une injure en

du

lat.

ad frontem.

préâfcnce de celui qui la subit

v. Affronter,

tout injurier, donner

Afrountur,

:

L'affront

ad fron-

s.

rencontrer de front; mais sur-

un démenti.

m. Affronteur, insolent, trompeur.

Afroùs, ouso, adj. Affreux, horrible, épouvantable.
ippi;,

frayeur.




Agaboun, s. m.
Voy. Agôou.
Agacha, v. Regarder devant soi regarder avec attention,
considérer, admirer.
Agachas! Voyez donc! V. Achas.
Dér. du grec àyéS^w, admirer, regarder avec surprise,
Agaci,

V. S'affoler, s'engouer, se

passionner.

Dér. de Fol.

Afonrti

Souï

viéls

Lous

;

être frappé d'étonnement.

Dér. de Fia.

Afoola

froid.

Afri, ido ou iquo, adj. Avide, empressé, affriandé

Dér. du grec

fin, rusé, attentif.

Dér. de F), adj.

mou,

v. S'apprêter

(s'),

Afrounta,
avec zèle

Ruser, cajoler dans l'intention de duper;

ner, polir, rendre plus fin

Aflaqui

devenu bien

mot

a son origine dans le

Il

Afrésqua

est

à.

son attention, toute son intelligence à quelque chose;
appliquer sa finesse et sa vue.
Dér. de FI, adj.,

est

tem ejus.

w. S'appliquer à...

(s'),



Dér. de

Trad. du français.

Afincha

rinée.

Afronn,

foi.

Affiche, placard.

f.

temps

de l'arabe Aphrah, séparer.

telle.

Trad. du français. Dér. de Àfflgere, attacher
s.

dona-

— Lou

Se refroidir, tourner au froid.

ti.

conquête d'Alger, l'Afrique est devenue populaire

Dér. du

Aiicho,

faire des

femme, entre parents ou

et

tout afréjouli, je suis tout transi de froid.

Afrique,

affecté.

Se promettre en mariage, passer des pactes



(s'),

tén s'és bien afréjouli, le

Dér. du

Trad. du français.

de mariage.

proprement se

Afriquèn, èno, adj. Africain, d'Afrique.

Dér. de Fé, foin.
Aféta(s'),

indif-

Fortuna.

Dér. de Fràire.

âpre à

de la graine de foin; vendre du foin en botte.

la fénasse,

un

férent.

Afrésqua, ado, adj. Empressé,

m. Nourriture en fourrage donnée au bétail,
dans une écurie soit dans un herbage sans peser le
s.

v.

lorsqu'on

;

à

Dér. de Fré.

l'air.

Afénaïraïre, aïro, adj. Faneur, faneuse.

Afénassa,

même

veut souhaiter bon voyage à un ami ou

afréjoulis, les vieillards sont frileux.

fauchée.

Dér. de Fé, foin, et Ènaïra. donner de

Afénaje,

sans que la

,

qu'une chose dérange ou importune

,

Afréjouli

grenier dans l'écurie.

Afénaïra,

qu'explétive

circonstance soit assez importante pour nécessiter une pieuse

amis.

Dér. de Fé, foin.

faible,

v. Ce verbe n'est employé que dans cette
Diou m'afourtune.' Diou vous afourtune!
Que Dieu m'assiste! Que Dieu vous soit en aide! Cette

phrase

tions réciproques entre

Portes.

soit

Fortuna.

lat.

Afourtuna,

du tapage

exciter, émouvoir.

Afénadoù, s. m. n. pr. Petite hôtellerie de route
Ce mot a vieilli et
où l'on ne fournit que du foin.
n'est connu que par le nom d'une maison, ou d'un quartier
par extension, sur la route de Nimes à Moulins, près de

,

Dér. du

éjaculation.

franfais.

soleil

Afourtuna, ado, adj. Qui a de la fortune; bien partagé
la fortune; favorisé du sort.

des biens de

Agafa
opiniâtrement.

s.

m. Cor, durillon, calus; excroissance dure

et

douloureuse qui vient aux pieds.
,

v.

Prendre à

la volée; saisir

avec

la

main ou

avec un chapeau, un tablier, ce que l'on jette de loin;
attrapper.

AGN

AGI
Étym. du vieux mot
Agalanciè,
ginosa,

qu'on

m. Eglantier,

*.

— Sa

I.iiin.

Eglantine. Son

dérable dans

la petite ville

Nodier dit que

grec ifî-avToî, arbre

Agalavardl,

ou

ou

venir ce

mot du

accoutumer à

la friandise.



Agalavardl, se dit surtout du bétail

accoutumé

mal gardé et qui a trop
les blés

fait

fleur épineuse.

v. Afl'riander,

particiix; passé,

consi-

d'aller brouter

dans

biais,

en biseau, en

talus,

s.

m. plur.



Au

Dér. de

l'ital.

s. f.

lat.

Agiana,

v.

ingannare, tromper, frustrer. Son étym.

Moix de

galle. Elle est fournie

Agnano,

».

f. n-,

le

chêne

mes de



:

;

;

Un

vieux dicton languedocien dit

:

L'étym. du mot, selon

commune dans

les uns, se

les blés.

trouve dans

le celt.

selon d'autres, dans l'arabe, et aussi, par cor-

ruption, dans le lat. aculeata, aculeota.

laisser

Les habitants de
mettent dans

s.

d' Agnano.

Inoucén

le

même

les

fait

Sologne passent pour avoir d'autant

la

qu'ils en

paraître moins, et

font

les affaires qu'ils traitent

On

tourner à leur avantage.

toujours

ils

une habileté secrète
a

trouver dans nos contrées que, tout en contrefaisant

et alerte sur ce qui regarde ses intérêts


le

laissés

en

;

de

la le

dicton,

y eût des détenus à Aniane,
d'inoucén, même en commettant

naturalisé bien avant qu'il

qu'on ne

jieut

pas traiter

un jeu de motsà la française car il s'applique à tout individu
de l'acabit du niais dont il est question, en sous-cntendant
;

la dernière partie

Agnèl,

».

de

la

phrase qui complète

le sens.

m. Augm. Agnètas, dim. Agnilé on Agnèhù.

petit agneau.



ils

alors

ils

deviennent bédigas. L'an d'après, A

la

la fin

agneau de

lait,

qui n'a été nourri que de

d'août ;

même époque,

— Agnil di

sont doublén, ensuite tèrnén, et ainsi de suite.

la,

Agnél dé

lait.

can, agneau qui a mangé aux champs. Es un agnél.

doux comme un agneau.

m. Erable, arbre; Acer, Linn.

agneau, quel Iwn diable

même

!

nom

Les moutons changent de

sont d'abord agnél depuis leur

naissance jus<iu'au retour de l'amountagnajé, à

ils

Donner une œuvre aux champs
reposer une terre.

Dér. de Gara, guôret.

Agas,

:

Niais de Sologne, qui ne se trompe qu'à son profit.

Agneau,

;

du temps de

fut fondée

Quelle est son origine? Le français dit bien dans

en changeant d'Age;

famille des Légumineuses,

jachère

y

Les bâtiments qui restent encore ont été

èf^

t>.

— Une célèbre ablaye d'hom-

l'ordre de Saint-Benoit

arrètc-bœuf épineux; Ononit tpinota, Linn., plan te ligneuse

Agaracha,

glandée; don-

la

simple, l'habitant d'Aniane était aussi extrêmement adroit

Étym. du lat. G alla.
On dit égaleAganta, i'. Prendre, saisir, empoigner.
ment té vôou aganta, je vais l'agripper; té t'agant», si je
te prends, et aganlo aqud, attrape ceci aganlé un tapas,
ce qui est prendre.
il reçut un soufllet
Dér. do Gan, de l'allem. tcand, ou du lat. vagina, gaine.
Agàousses, s. m. plur. ou Agalousses. Ouonix ou

;

qui est tou-

le |)euple,

pr. de lieu, .\niane, i)etite ville, chef-

de canton de l'Hérault.

lieu

qui

par

des teinturiers.

aga, bois

plus souvent

Clans, glandis.

plus d'intelligence

Og., chétif, exténué, rachitique.

remonterait-elle au sanscrit aghan, exténué?

Aganlo,

Dér. du

sens

Voy. Agdoutset.

Aganl, ido, adj. Retrait, mal-venu, mal nourri, par
vice d'origine.

le

Ramasser des glands, faire
ner, distribuer du gland aux pourceaux.

en diagonale.

aval, par le cbangement du v en g, qui est fréquent

Agalousses,

mais

et sans issue;

jours hyperbolique, l'emploie pour une simple contrariété.

transformés en maison de correction.

Dér. de Galavar.

(le

:

Charlemagne.

les vignes.

Agalls (en), adv. En
Dér.



Aglan, >. m. Gland, fruit du chêne.
Voudrifi istrt
un aglan, qu'un /«orm^ man^^iM, je voudrais Mrc un gland
et être mangé par un porc
c'est une expression d'angoisse quand on se trouve dans une situation malheureow

de Meyrueis (Lozère).

savant Périon

le

fruit,

conserves de cynor-

un commerce d'exportation

se fait

il

Rota rubi-

rosier sauvage;

nomme

fleur se

app»>lle gratte-cul, sert à faire les

rliodon, dont

Au

lang. Gaff. qui signifie Croc, dont

conservé gaffe, gaffer.

le fr. a tiré et

3T

il

est

grand

Quinte agnélas! Quel

Aquà's la sournéto dé l'agnél blan,

Ce proverbe

à un

Ce mot parait d'origine ligurienne.

c'est toujours la

Agasso,

usage des conteurs de sornettes. Lorsqu'ils sont ennuyés des

oiseau

de

».

f.

Pie; en v. it.agatte; Corvut pica, Linn.,

l'ordre

des Passereaux,

commun

— Au

climats et connu par son caquet.

fig.,

dans nos

se dit

d'une

personne au babil étourdissant.

Du

tient

demandes qu'on leur adresse pour en conter une nouvelle,
Ah/
Vôou vous dire la sournéto dé l'agnél blan.
ils disent
Se vouUi
voui, diga-la, s'écrie l'assemblée; et le conteur



:

:

bas-br. Agac, dit Sauvages.



Agassoù, t. m. dim. Le petit de la pie.
Tramblo
coumo lou quiou d'un agassoù, il tremble comme la feuille.
Agérbassi (s'), ou Agérbl (s'), «. Se gazonner, devenir
herbeux, se couvrir de graminées; se
Dér. de Girbo.

taller.

Aginouïa (s'), v. S'agenouiller se mettre à genoux.
Aginouïa, v. Terme de vigneron couder, coucher un
sarment dans la fosse pour le provigner.
,

:

Dér. de Ginoul.

répétition.

que vous la digue, vous la dirai.
insiste-t-on de plus telle.

dans son éternel

:

Mais



Voui ! voui

le

conteur se

d'auditeurs passe enfin condamnation.
la

même

renferme

Se voulis que vous la digue, vous la dirai,

jusqu'à ce que, fatigué de cette vaine répétition,

pour

diga-la,

!

chose

:

c'est la

On

dit

le cercle

en français,

chanson du ricochet.

Agnèl, agnèlé , agnéloù sont des termes de cajolerie
enfantine, de tendresse mignarde.
Dér. du

du grec

lat.

Agnus,

din). Agnellus,

i-pii, pur, chaste.

qui vient lui-même

AGN

AGN

28
Agnèla,

Agneler, raellre bas, en parlant des brebis.
i.
Le croit d'un troupeau, sa portée

v.

Agnèlado,

d'où sont issues nos langues modernes, n'est en définitive

que

la différence

de prononciation. Les rapports sont sou-

f.

d'at;uoau\ dans l'année.

vent cachés, inappréciables à l'analyse, mais

Agneau femelle.— Se dit parliouliùreinent
d'une brebis qui commence à porter avant d'être à l'état

Ils se

Agnèlo,

».

f-

de béUiyasso. Cet animal

de cette précocité;

souffre

ne peut se développer, vit dans un état rachitique,
tefois

il

tou-

si

ne meurt pas en mettant bas. Les éducateurs ont

il

plusieurs

plante de

jwur prévenir cette nubilité trop

])roc<:tlés

Agnèlo,

li

famille des

blé rend le pain noir et

Dér. du

Agno,

liàlive.

des blés; Agrostema githagn, Linu.,

s.f. Nielle

désinence, en

points de contact vérifiés laissent voir leur rapprtichement.

Chaque groupe de population

les dia-

;

naissent de ces convenances

lectes

manière se

cette

portent

le

à rechercher certains sons et à en éviter d'autres

lie

toutes locales, et de
décompose l'ensemble général,

et se

sans perdre ses affinités, mais en les laissant s'oblitérer et

en

fr.

les

écartant plus ou moins de la source comnnuie. C'est

pourquoi, dans ces recherches qui remontent quelquefois à

Agne.

des origines lointaines,

premier d'une série

est le

y a à tenir compte de

il

de notre langue, de surprendre

des particularités curieuses dans l'bistoire de la formation

originelle

noms
nombre

Ces finales entrent en composition de

connnuns, substantifs ou

d'un certain

adjectifs, et

des

l'état

idiomes voisins et de la philologie comparée. C'est faire

de suffixes, qui se sont formés sur toutes les voyelles en
igno, égno, igno, ogno, ougno, ugno, qui tous présentent

la langue.

des tendances de

cft'et,

amer.

Par ordre alpliabétique, Agno

de

en

a,

langage qui lui sont propres, des habitudes qui

Cary ophy liées. Son grain mêlé au

Migellas, noirâtre.

lat.

existent.

ils

sont dénaturés par des raisons inconnues, mais des

une tentative dans

;

que d'essayer, sur

cette voie

le secret

les

mots

de leur formation

de savoir par quel instinct naturel ou quel tra-

prémédité, la pensée et son expression s'est plue à

vail

revêtir certaines formes plutôt

que d'autres

,

et de

démêler

de noms propres d'Iiommes et de lieux, avec un caractère

sous l'empire de quelles propensions et de quelles antipa-

été d'ailleurs soumises à tant d'altéra-

thies particulières quelques-unes de ces expressions sont

spécial. Elles ont

tions diverses,

qu'il

connaissance avec

n'est pas

sans intérêt de faire

un môme

en leur consacrant

elles,

ici

arrivées jusqu'à nous, etontété adoptées.

Dans

toutes les langues, les

noms

se

forment en quelque

sorte par des procédés systématiques. L'élément

à peu près invariable, et c'est au

laire reste

rudimen-

moyen des

à une langue son type individuel, son cachet et son caractère.

que

Chaque pays, par une disposiobéissant aux influences de son orga-

est destiné à s'appliquer.

tion particulière,

nisme vocal, adopte de préférence

formule qui convient

la

le

mieux à

et

dans ses vocables appellatifs surtout, parce qu'ils sont

ses facultés d'articulation et de vocalisation

;

Du

petit

au grand,

soit sa part,

De

suffixes qu'il se modifie suivant les acceptions auxquelles

la

Gaules,

langue

le dialecte

ou

grecs, et à quelques

il

n'a été recueilli

ont été conservés, avec

Ainsi

,

radical,

le

sens

;

plus faciles

est nécessaire

il

imprimer une certaine forme stable
étendre

les

les

donné un

étant

combinaisons

et

de lui

commode pour en

faut ajouter une désinence caractéris-

il

tique pour lui faire signifier que l'objet désigné par lui doit
s'unir à

un autre

objet

ou

qu'il n'en

est

qu'une partie,

en dérive, qu'il en provient ou qu'il doit s'incorporer
à lui, pour préciser sa descendance, le qualifier plus expressément, et pour déterminer ses dimensions, son étendue,
qu'il

ses propriétés.
ficatif joint

C'est l'adjectif tiré

au

venant mixlifler

Cette

significatif;
le

le

du

substantif; le quali-

est universelle:

partout

que mécaniques, en ce sens que,

les

la signification

idiomes à base

du

radical.

nos langues modernes à l'idiome primitif, et de
toiles

commune comme

le

formes, telles locutions,

l'on
il

telles

lui attribuer

ne se

racines qui,

retrouvant pas ailleurs, n'ont pu lui servir de modèle et

remontent nécessairement à cette source. Cet élément primordial mérite d'être relevé avec prudence, sans

doute,

mais avec un soin minutieux.
Les colonies grecques, établies sur

civilisation plus avanciie, elles

les

fait la variété

si

a été possible de discerner sûrement ce qui appartient dans

proa''dés pres-

Ce qui

naturelle de leur signi-

parvenu à composer un vocabulaire complet,

mêmes

les

l'air

mots qui nous

de leur structure a protégés davantage,

néen, eurent des rapports de

mots représentant

les

appellations géographiques et

la dérivation:

idées, l'accessoire suit le principal, la désinence supplétive

étend

les

la stabilité

nomme

fonctionnement des sulfixes.
loi

n'est point

diminutif ou l'augmentatif

simple, ce qu'on

noms d'hommes, que

fication et

lambeaux

aucun monu-

d'une sérieuse portée. Kien n'est resté dans

rapproche les lettres
pour lui à prononcer.

et les

les

à quelques centaines d'expressions éparses

de son accentuation. Cependant, avec

il

modeste

anciennement parlée dans

plus

d'inscriptions lapidaires;
écrit

si

nous n'avons que des notions impar-

les écrivains latins

ment

a sa valeur;

a droit de se présenter au concours.

la

le celtique,

faites, réduites

dans

il

sujets à se répéter plus souvent et doivent être plus fixes,

c'est le

cela, l'étude

sont ces syllabes, insignifiantes en apparence, qui donnent

article.

il

Pour

des désinences est d'une importance considérable; car ce

le

populations voisines

;

le

commerce

littoral

et

méditerra-

d'échange avec

mais bien que florissantes

et

d'une

ne se mêlèrent jamais avec

corps gaulois au point d'exercer une influence, qui n'eut

pas

le

temps d'ailleurs d'être bien profonde. Les mots grecs

des

que nous avons retenus nous ont

celtique et le latin,

par l'intertnédiaire des Romains.

été apportés presque tous

AGN

AGN
comme

latin doit être considéré

Le

nos idiomes.

le vrai

générateur de

avait pénétni dans la Gaule et dans

Il

bonaiso, avant l'arrivée de César. Après la conquête,
naturalisa avec une absorbante énergie, et tout

à favoriser sa prétloiiiinana; et

en prolonger



Nar-

la

s'y

il

durée

la

:

même

Le cliristianisme vint encore seconder son
inflttena'. Les invasions germaniques des Francs et des
Visigoths, loin do comprimer cet essor, accrurent sa popul'esprit national.

barbares l'adoptèrent, et leur conversion à la

les

:

religion cbrétienne, leur orthodoxie

à

le

maintenir, bien

veau dans
dire

|)ar

leur prononciation.

Mais

midi de

France

la

par

Mais

nous n'en avons que plus tard

et

;

faut

cicéronien

à

pas

le latin

langage déformé de

Gaule

la

classique et

Rome,

familier

au bas peuple, hérissé de barbarismes. La

soldats et

latinité gauloise se

forma d'abord sur ce modèle; et encore

nouvelle langue, pour se répandre dans

pays con-

le

quis mais toujours indompté, dut-elle se soumettre à une
foule d'altérations néologi(]ue$ ,

dont

masse

la

de

plier à des exigences

se

nation puisait

la

indépendance. Qir, tout en

principe dans

le

un langage

acceptant

son

qu'ils

n'avaient pas appris dans leur enfance, les indigènes ne

renoncèrent pas à leurs
firent violence

au

latin

habitudes de

prononciation, et

pour l'approprier aux formes natu-

gaulois, en pleine

au VIII"

Xni«

siècle,

siècle,

les

plus certains attestent que

le

possession de son territoire au

se maintint

longtemps encore;

vieux

VU"

et

môme au

son extinction n'était pas complète. Mais déjà

tous ces ferments de celte

commencé à

Un

qui avaient

le

moins dans

étaient

cachet romain, d'almrd parc; qu'elles
les

,

se fusionner.

Puis,

mêmes, n'affectaient qu'accessoirement la substance du
mot, que le changement ne voulait pas atteindre. Le génie
national reprenait les coneessions arrachées par les vain-

queurs

qu'une dégénérescence

tanla pas à prévaloir

les signes

promptitude de

est la rapidité
la

conception

comme

d'idiomes

si

elle

corrompus;

elle est

:

appelée

Romqn

;

et c'est

le

:

grandeur romaine, qui mit du temps à mourir. Dans
inconsciente, irréfléchie, ignorant sa

le priiiciiw, elle était

mais entrevoyant un but;

elle s'inspirait et se gui-

mi vague souvenir, qui

n'avait jamais piVi et qui

le

peuple,

lui

qui

fait la

langue, vers

des inflexions qui lui avaient été familières. En acceptant

niqi'c,

il

de

la parole

répondant à

et la contraction des mots,

:

des modes et des cas marquent des écarts

d'indéjiendancc qui protestent contre l'ampleur et
larité latines. L'accentuation se

la

régu-

reprend à des cadences et i

des agencements de syllabes qu'une bouche et une oreille

romaines n'avaient pas inventés

de combiner autrement
le voit

un

:

si

les

édifice plus

:

et

il

s'ensuivit la nécessité

forme d'une foule de mots.

la

fondements latins restaient encore

On

solides,

jeune s'élevait sur eux.

Les éléments de cette révolution du langage se trouvent

dans

le

changement de formes, dans

les

modifications des

désinences, qui obligent l'appareil phonétique à prendre

ses habitudes natives. C'est ce qu'il faut constater par des

applications et des exemples. Qu'on en juge à l'œuvre.

Chez nos ancêtres gaulois

EC; nous

l'avait soumis, par

aux aptitudes

les

la

forme du sullîxe

l'avons déjà signalé.



était

AC

=

Voy. A, tuff. Son accen-

tuation, forte sans doute, à cause de la lettre ûnale, devait



le latin,

formes du langage.

les

de cette réaction se manifestent clairement.

Le premier besoin
la simplification

Co

coïncidences

cependant être adoucie ou assourdie jwr un son guttural,

roman qui a donné naissance à la langue d'Oïl et à la
langue d'Oc, ces deux fdies si glorieusement régénérées.
Fby. Léngadà, Patouès, Rouman.
L'œuvre de recomposition fut lente elle suivit les phases

ramenait peu à peu

s'annonçait.

l'ancien esprit gaulois offrirait des

qui vont plus loin que

la

qui

l'affranchissement

c'était

:

retour à

de tudescjue avaient

,

mais une dénomination plus juste, qui est un souvenir, ne

voie,

la

qu.ind ce pêle-mêle se

de latin

Elle fut d'abord qualifiée de ruttique,

dait par

organiques de

prédisjnsilions

voix, puis (urce que ces finales, sans signification par elles-

sion

la

sont

((ui

volontiers sur les désinences. Elles s'adressèrent surtout à
celles

ressemblant à celui du

de

qui

anti|ia(hie8

les

modifications s'accomplirent donc plus

les

:

réorganisa sous le souille d'mi esprit différent, après de

été

ne cherchait qu'à porter dans

traditionnel entourait les racines,

resi)ect

longues élaborations , une langue véritable était créée.

n'eût

il

prédilections ou

les

d'autres flexions plus en harmonie avec ses tendances et

rellesde leur pensée.

Ces témoignages

transformant,

l'âme des mots

Mais

vainqueurs de

les

la suite n'était

c'était le

:

res-

le

étaient dans sa nature.

français d'Outre-Loire.

le

langue im{X)rtée jwr

la

et par les colons

la

il

que ces altérations furent plus sensibles au nord qu'au

senti les effets

aux

eussent versé un élément nou-

(ju'ils

langage

le

ne contribua pas peu

en

;

prononciation

la

œncourut

les lois, l'administration, la civilisation, la religion,

larité

vocal



une sorte d'instinct méca-

plus conformes à son organisme

X

grec, qui

dans l'écriture: et ce qui

lui servait

prouve,

le

variantes dialectales, conservées dans

ach-^

iac

= aue =

oeh

=eeh;

la

d'expres-

ce sont

les

néo-celtiqnc en

nuances ménagées pour

estomper des tons trop durs. Les permutations opérf-es plus
tard en

S doux, en J ou G doux, comme
un indice de quelque valeur.

é({uisonnants,

seraient aussi

Ces désinences étaient employées à ailjectiver les mots,
à former des termes ethniques, patronymiques, géographiques, à marquer la possession, la filiation, l'appartenance, la collectivité. En voici quelques exemples Bron,
tristesse, bronach, triste; bod, touffe, boilec, touffu; karad,
:

amitié, karadee, aimable; «ut/, œil, tuilech, qui ades

«(an,' salut, steinech

,

salutaire;

yeux;

plum ou plwm, plume,

p/umauc ou p/umaujc,emplumé,dial.corniqueoucambrique.
En gaélique Albanach. Écossais; Erionnach, Irlandais;
:

Sacsanach, Anglais; en bas-breton

derv^, lannec,

lien planté

:

derv, tann, chêne,

de chênes, abondant en chênes;

AGN

AGN

30

ounn, frêne, ounnek frênaie, etc.,
Gram. celt.; Le Goilidec, DM. brel.
,

etc.



Voy. Zeuss,

Mais, arrive la domination étrangère, et les mots celtiques n'entrent plus dans le langage usuel qu'à la condition de revêtir la forme romaine. Le latin avait sa terminaison caractéristique générale en tts, a, «m; partout où
un ternie gaulois se rapprochait d'un des siens par le sens

ou

consotmance, dans

la

les

noms propres
dans

point par politique à défigurer,

mot

et se contentait d'adjoindre sa

ne tenait

qu'il

dénominations

les

locales qu'il importail de ne pas débaptiser,
le

il

s'appropriait

formule propre à

la

désinence vaincue. Maisàpartsa finale en acus, aca, acum,
la plus proche, qui a été la plus durable et qui donne en-

noms

core à bien des

anus, a,

«m ;

mus ;

de

la

tions

adjectives,

aneus, a,

même

avait aussi ses suffixes en

il

um ;

enus, inus,

anius, assius,

ou

jwssessives

Les Gallo-

collectives.

ces désinences dictées

par

vain-

le

vulgarisèrent en les étendant en anicus.

ils les

enicus, inicus, onicus, a,
plur. fém.

,

latinité,

catégorie, et exerçant de pareilles fonc-

Romains adoptèrent
queur, et

moyenne

propres, dans la

une physionomie gauloise

um, employées généralement au

anicœ, enieœ, inicœ, onicœ. Suivons la gradation

:

noms d'hommes et de lieux. On trouve dans César
Divitiacus, Dumnacus, Valetiacus, Aa.ns TàCile Galgacus,
Caractacus; Sidoine- Apollinaire cite AvUacum, prcedium
Avili, Prutianut; Grégoire de Tours, Brennacum; l'Itinésur les

:

:

raire d'Antonin, Juliacum, Tiberiacum,

chartes, Flaviacum, Aureliacum,
et

même temps

en

Martiniacum

,

Solimariacum ;

les

Pompeiacum, Pauliacum;

à cette dernière période, on rencontre

Martinhanicœ ,

et

Colonia et

Colonicœ

:

Brenn, primitif celtique, donne directement Brenn m; puis
Brennac, Brennacus, œlto-latin, fils ou descendant du

Brenn

;

dans

et

les

noms communs, devenus noms de

tassanut, casnus, forme latine

romaine,

etc.,

etc.

lieu,

forme celtique; cassacus,
;

Cassanicœ,

forme gallo-

Les transformations se firent sur ce

modèle; inutile d'en détailler l'interminable nomenclature.
Tel était

produit

du mélange du

=

ac

latine

um,

ocus,

le

j

g doux

et



appellatifs,

il

ne se

il

même

disparaît

il

;

jamais sentir.

fait

permute avec

A

part quelques

forme de vingt manières différentes, selon
auxquelles

garde ses

que

Tandis

obéit.

il

le

entièrement de nos

qui localisent une dénomination,

exceptions,

par

représentée

d'abord sa finale

perd-elle

puis le c s'amoindrit et coule;

;

ch ou

forme première,

la

ec,

icus,

trans-

se

il

les

influences

géographie ancienne

la

acum ou anum immuables, à

tous les points de

l'horizon, les terminaisons nominales se sont changées en
a, as, at,

dans

ei, ie, ier, ière,

é,

comparer,

encore

ies,

le suffixe

les

faut

II

ou

nominative, collective

variantes qui paraissent autant formées sur

que sur

celtique

comme

latinisation,

eux, ieux, etc.

y,

métamorphoses du ac =ec,

pour ces

la signification adjeotivée,

diminutive,

édo,

le

iè,

correspondant latin ou sa

ou

ièïro, et leurs dérivations

leurs analogies sur les différentes voyelles, et les affinités
et les

permutations de

lettres.

— Voy.

lettres C,

G,

Èdo,

et

Iè, etc.

Dans

anus,

les finales

enus, inus, onus; aneus,

au neutre, d'importation

et

marquée peut-^tre ou du moins plus éloile roman, pour les traduire,

plus

latine

anum;

au masc.

enius, inius, onius,

gnée des suffixes celtiques,

supprime également
efface le
lecte,

la caractéristique latine;

on, avec ou sans

en, in,

n dans

il

an,

garde

même

antécédent, et souvent

i

noms communs, au moins de notre

les

comme bo, cousi,

persiste, elle prend,

il

dia-

matï, etc.; et dans ceux où la consonne

dans

Midi surtout, une expression

le

si

fortement nasalisée qu'elle devient un caractère typique de
notre idiome.

Condacum et Condusonicœ, Salvanum et Salvanicae, Alsonum
et Alsonicœ. Veranum et Verananicœ, et ainsi d'une foule
d'autres. De sorte que la progression pourrait être celle-ci

collectifs, cass, cass-ac, cass-ec,

Aussi,

acus, ecus,

— Voy.

An,

suff.

Les désinences féminines ana, ena, ina, ona, una, et
surtout ania,

enia, inia,

onia, unia; anea,

inea,

unea, se reproduisent plus particulièrement dans
languedocien

et

dans

le

moderne par nos

ègno, igno, ogno, ugno, qu'emploie
rentes formes transmises
eigne, oigne, ogne.

Gascougno,
Et encore

par

le

le

onea,

vieux

finales agno, égno,

français sous diffé-

roman, en agne, aigne,

le

— Voy. aux mots

:

Cassagno, Gamégno,

etc., etc.

sur tous ces suffixes, à peu près indifférem-

ment, tant sur ceux où

le c est la

consonne dominante que

du

latin,

sur ceux où l'n se

parlés simultanément, à côté l'un de l'autre sur le

même

une autre combinaison

très-répétée en aje, éje, èje, ije, oje,

en ach, aue, ech,

uje, le J remplaçant le

G

sol.

le

Les désinences ac

=

ec affaiblies

gaulois et

furent donc soumises à la prononciation romaine, qui donnait

même

toujours

le

son dur au C, semblable au

sur les voyelles douces

e,

i,

et

K

rude,

qui articulait forte-

ment le N, dont il ignorait le son mouillé. Les GailoRomains avaient surenchéri en redoublant les deux sons
de CCS consonnes dans anicœ, enicœ, inicœ, onicœ.
C'est contre la dureté et la sécheresse de ces intonations

•que devait protester la langue
le firent tous les idiomes

dans

romane en France, comme
pays où les Celtes avaient

les

séjourné, une fois que la puissance

peser sur

le

langage.

romaine eut cessé de

éncho, icho, ocho,

rencontre,

doux,

intervient

il



qui dérivent du

et

fréquemment

en acho, écho,

même

écho,

principe et qui

vont reparaître sous un autre aspect.
Les Gallo-Romains avaient, disons-nous, représenté
désinences principalement en icus, a,

um, en

plus durement, par anicœ, enicœ, inicœ, onicœ,

prochaient
C'était

les

deux consonnances



fortes de l'N et

se rap-

du

C.

une transformation qui voulait peut-être rappeler

le suffixe

primitif des aïeux et le mettre en contact avec

ceux des vainqueurs
nité,

les

les latinisant

;

mais cette

finf.le

de

la

moyenne

lati-

à dur redoublement, devint particulièrement antipa-

thique au roman et aux autres langues néo-latines qui se

AGN

AGN
La malheureuse terminaison en

recomposaient.

nieum, quelque voyelle qui
tous

d'horripiler

cause

roman en

le

le

don

idiomes en voie de rénovation, et

les

de prononciation

les écarts

En France,

flexions de la plus incontestable

nicuj, nica,

serve de véhicule, a

lui

fait

anègues, enègues, inègues,

Le languedocien emploie là-dessus sa voyelle féminine propre
0, mais la forme en est conservée. Dans l'espagnol et l'ita-

comme dans

lien,

dés

identi(]ues

la

et

;

langue d'Oc, se retrouvent des procéil

est

remanjuahle

cien sur ces désinences anigues, onègues,

à

Espagne,

({u'en

propos de l'altération apportée plus tard par

des exemples sont



la flexion forte

du g

français

n'est ici

exigence orthographique, quand
0, u,

nous

la vérité

il

;

mais nous présutnons

que

le

est

d'une

résultat

précède les voyelles a,
induction

dans nos dialectes. L'exactitude de cette

démontrée par ce qui existe de pareil en français,
dans

et aussi

la

atone ou muet, sur lequel elle tombe

comme eu

en languedocien

que

l'o

la prononciation

le

que végno, et dans

:

lat.

ventât,

la plaine

que vèttgue. Le preipier est plus pur

\'n

est

il

du

que tous ces

radical,

égaux entre eux,
passant par

suffixes de

le latin,

;

mais

cette diUé:

au lieu do

dans nos idiomes

modernes,

au premier aspect. La singularité de physionomie qu'affectent parfois certaines désinences n'est pas,
au

reste, sans

plus frappant

avantages
le

pour arriver par
radical.

Dans

lequel

un mot

ainsi surchargé,

même

terminaisons de

étendue

:

car

si elle

formule ré-

suppression de la voyelle e inter-

médiaire, à cella des romanes anègues, enègues, onègues,

au nord, où

l'influence

germanique se

fait

le

roman

et

plus sentir, on

trouve,

comme

âge

dunge, dogner et duner, doner et dogner ; aviegne,

:

fi

formes analogues dans la langue du

noms, des analogies

(jui les

font équivalents les uns

moyen

dit

congruentcs k notre sujet.
cette généalogie

à retenir,

ments

c'est

toul-à-fait

latin

;

le

l'introduction dans l'accentuation

d'élé-

nouveaux et inconnus au latin. Le G
doux se substitue au C toujours dur

Cil chuintant,

qui est celtique, aspire aussi à

reprendre ses droits; enfin, dans les suffixes qui font le
sujet

de notre article

et

pins

latin

le

ressemble par
le

par exemple, une
sa

physionomie,

produit d'une

combi-

en passant pour notre

Argue, à laquelle nous

finale

de concordance, d'égalité de valeur dans

la loi d'affinité,
les

et

désinences supplétives, ce résultat obtenu sera fécond

nous tenions à en consolider

mot

sous chaque

Notre but
était

feront

bases.

;

Les citations

mieux comprendre son impor-

— Yoy. Argue,

ici,

les

suff.,

Canounje, Cassagno,

etc.

au moyen de ces observations générales,
moins une partie de

encore de démontrer qu'au

l'ancienne prononciation s'était conservée dans les Gaules,

de désinences, ce qui est essentiel

guttural et souvent

du

le

renvoyons. Mais que de ceci surtout ressorte clairement

advenir, prendre, venir, tenir; sans compter encore d'au-

ne laissent pas d'être frappantes et fort

pro-

naison régulière ou d'une altération successive. Ceci soit

Sdouvagnargue,

donner,

aux

ils

souvent de confondre, avec un mot qui parait dérivé d'une

et viengne, tiengne, dongne, qui sont aujourd'hui

:

quand

cèdent d'une racine unique, elle empêche encore et

tance majeure.

Dans

an
bon

dont on peut da

autres, malgré la différence de leurs formes,

avegne, avienent ; espreigne, preigne ; et venge, lenge, donge;

tres variantes qui

est

une portée bien plus
les mots et les

catégorie a

mais qui n'est en définitive que

ne sort pas d'une autre provenance. Dans

il

permet d'établir entre

nences agne, aigne, eigne, igné, ogne, en ange, inge, onge,

la

relief

c'est-à-dire

recherche des ëtymologies,

comme

soit, la

met dans un

faut d'abord opérer

il

la dissection jusqu'à l'os,

la

d'avoir affaire à

elle signale et

:

membre sur

lui

dénominations. Quoi qu'il en

usitée

l'expression

simple désinence, qui

et

^ EC en

originale qu'en paraisse

si

langue de formation,

pond exactement, par

famille sont

AC

peuvent être ramenés, par une

ils

qui l'ont démontré en changeant prescjue toujours nos dési-

les

même

et que, depuis les primitifs

d'avance. Mais la parité significative ou l'équipollence des

:

:

dans

de ne pas recon-

diOicile

nos monta-

ou prononce

peut-être

a

du g suivant

cipes et dans ses causes,

premier coup-d'œil dégager l'appendice à tournure connue

amené une autre combinaison celle
la précéder. La mouillure est
moijis sensible cependant ng n'est qu'un équivalent. C'est
une imnortation du germain par les Francs ou les Visigoths, qui n'avaient aucune facilité à articuler notre gn, et
rence

suit à la trace ces transformations,

qu'on étudie leur dégénérescence graduelle dans ses prin-

llautes-

du languedocien des

Cévcnnes. Ainsi, pour traduire

gnards disent

En résumé, quand on

équation logique et rigoureuse, jusqu'à la forme

cités.

ou

représent*' vargli,

l'ital.

près

Voy. Argue, Canounje, OÙ

désinence d'une certaine rudesse, qu'amortit à
l'e

le fr. et l'esp.

notre dialecte parl'ï tréma, (ïo, bata\o.

figlia, bataglia, et

et

se renouvel-

ils

mouillé, que

venant de

Cette variété anègues, enègues, etc., ne débarrasse pas la

présence de

moment où

U

à

naître, à voir leur identité d'emploi et de destination au-

anica, enicœ, onica, se montre une articulation conforme

à nos argues, ergues, orgues.

même

lent. Elles s'étendent

languedo-

le

etc.,

U

reproduction de ces mouillures gutturales et nasales dans

adoptent, baiaitle, baialta, etc., que

onge.

onègues, et aniches, anénches, anges, enget, ingei,

gauloise. El ce

origine

mi phénomène des moins rentarquables que

n'est pas

tous les idiomes celto-latius au

plus étranges.

les

81

dans beaucoup de leurs variantes,

sur toutes les voyelles s'articule

le

GIS mouillé, une des

et

qu'au moment de

notre idiome roman,

qui ne

faisait

la

rénovation de la langue qui devint
tout imprégné de celte et de latin,

encore que se parler et se pa^parait à s'écrire

en devenant la langue d'Oc, cette tradition était assez
intense, assez enracinée pour constituer un de ses attributs
essentiels,

l'espagnol.

comme

il

arriva pour

La prononciation

biner autrement, avec la

le

français,

l'italien et

obligea l'alpltabet à se

même

énergie

que

com-

la contractioa

qui resserrait

de

AGR

AGR

3-2

l'esprit

les

mots

;

furent les premières tendances

ce

nouveau. Cependant,

le

plus souvent, l'expression

dépendance respectée du radical, se maintint,

significative,

comme en

persista,

et l'accent lonicjue

fruit

en grappes est aigrelet et rafraîchissant. Agradèlo est

évidemment

corruption à'Aïgradèlo, qui n'est qu'un dimi-

la

nutif A'uïgre; c'est

comme

Agrâoutouni

v.

latin, sur la der-

{s'),

si

Se

l'on disait

:

l'Aigrelette.

recroqueviller, se

ratatiner,

comme

des cretons ou graisillons, connus en languedocien

sentiment mélodiiiue représenté par la mesure et la quantité, garda même dans la langue d'Oc de ces réminiscences

sous

nom de

qui en ont perpétué l'euphonie presque matérielle en longues

inondation.

et en brèves, dont nos dialectes ne se sont jamais séparés.

les prés

pénultième. L'intonation, ce

nière syllal» forte ou sur la

Sans doute,

est difficile

il

de bien apprécier

ces diverses modifications à la distance

la

mouvement intellectuel et euphonique de notre
quand les changements peuvent être le résultat de
ou de

rons de

les

tant d'influences ignorées

;

Nos

indications,

si

mais nous

Agrévou,

m. IIoux, arbre toujours

s.

essaie-

dont

seconde écorce sert à

la

ches flexibles on

insuffisantes qu'elles soient, ne servi-

— Ilex

Frangulacées

assez

d'extrac-

;

Étym. du grec

Trad. du franc.

n'est pas

un des

patois

corrompus du français

que de plus habiles compléteront,
jeter

une lueur bien

toire,

;

ces études,

ii'arriveraient-elles qu'à

sur nos origines et notre his-

faible

qu'à sauver leur aridité technique par quelque uti-

lité et

un peu

d'intérêt et de nouveauté,

rions encore à les suivre,

et

que nous

on

disait

:

Dér. du

Cette nuit, ce soir.

français,

anuit.
lat.

Agnuècha

ad noctem.
(s'),

En

se mettre en

— Kous agnuèchan,

chemin

la

la nuit se fait,

v. fr. s'anuister.

Son nom

n'en est qu'une contraction.

Agrïoto,

ses manières

approuvez

faut les marier. Safaçoun m'agrado,

me conviennent.

S'aquù vous agrado,

si

vous

cela.

s.

f.

s.

f.

liibes

du goût

grossularia,L[nn.

aigre de ses fruits.

Groseille à maquereau, fruit de l'ar-

variété de ce qu'on appelle à

Griotte;

f.

— Aquà's vrai coumo manjan

comme

d'agrïolos, cela

Badinan ou manjan
d'agfioios ? Mot à mot
plaisantons-nous ou mangeonsnous des griottes? Est-ce pour rire ou tout de bon ? Tel
est le sens. Dans notre dicton, les griottes se trouvent mêpar

la

neige des boudins.

il

raison que leur goût âpre et acide fait faire à

une

mange une grimace qui

Épine-vinette; Berberis vulgaris, Linn.

Arbrisseau épineux dont on forme des haies vives. Son

au

"ressemble

rire,

sorte de rire aigre-doux, sardonique, laissant le choix

entre

ou

le rire

la grimace.

Agroumandi,

v. AfTriander,

— V.

que Agalavardi.

C.

apâter, affrioler.

Le même

m.

Dér. de Grouman.
(s'),

ou Agroumouli

(s'),

v.

Se blottir; s'ac-

croupir; se mettre en peloton; se tapir dans

ramasser

comme pour

tnèl,

du

se

grumus, grumeau, qui a donné aussi grugrum, grain, d'où grumo, etc.

lat.

Agroutiè,



un coin;

rentrer en soi-même.

primitif

m.

s.

Griottier,

arbre qui porte la griotte.

Voy. Grïoto.

Agruméli,

v.

en grumeaux.

Dér. de Gra, gré.

Agradèlo,

s.

est fort aigre.

Dér. du

au gré; agréer, apAqaéles éfans sagradou, fôou tous marida,
Plaire, convenir, être

il

sans doute

lui vient

Agroumïa

Agoustén, quo, adj. Du mois d'août, d'arrière-saison.
Dér. du lat. Augustut, qui lui-même a formé août, qui



arbris-

Paris la cerise, à laquelle notre griotte ressemble beau-

Dér. de Gourin.

ces enfants s'aiment,

bois.

nom du même

m. Groseiller à maquereau, arbuste épisont assez gros, mais moins doux que

s.

Agrimouïo,

paresse et d'ivrognerie; fréquenter mauvaise compagnie.

prouver.

le

les fruits

celui qui les

Agôon, s. m. plur. Agôousses. Le petit chêne-vert épineux; Quercus coccifera, Linn. Plante ligneuse sur laquelle
on cueille le kermès animal ou vermillon.
Agourini (s'), t>. S'acoquiner; prendre des habitudes de

t>.

dans nos

qui est

brisseau précédent.

lées

Dér. de Gnuè.

Agrada,

àfflu,

:

v. S'anuiter,

nous gagne.

aquifolium, Linn., de la famille des

commun

ceux du groseillersauvage ordinaire;

est vrai

nuit, voyager de nuit.
la nuit

— En vieux

ses bran-

coup, au goût prés. La cerise est fort douce et la griotte

labeur perdu.

Agnuè, adv.

neux, dont

persiste-

nous ne croirions pas notre

De

Agriable, blo, adj. Agréable.

Agrimouïè,

que jamais,

faire la glu.

nes longues et fortes de ses feuilles^

poranéité de formation et de progrès, à montrer que celle-ci,
littéraire

mo-

de iypioç, sauvage, farouche, à cause des épi-

tion de la langue d'Oil et de la langue d'Oc, leur contem-

déchue politiquement, mais aussi

vert, à fleurs

des baguettes, qu'on appelle pour cela

fait

des houssines.

seau, dér.

communauté

Gardon couvre

et

lumières et d'enseignements.

raient<lles qu'à faire entrevoir la

le

circon-

tout ce que nous pourrons recueillir de

de

agravo tous pras,

nopétalos en rosette, hérissées de piquants, à baies rouges,

distinguer et de les débrouiller avec patience,

et à l'aide

— Gardoii

de gravier.

langue,

stances fortuites ou de particularités d'origine, de sol, de
climat,

grdoutoù.

Couvrir un champ de sable, de gravier, par

v.

Dér. de Gravo.

nature de

où nous sommes de

ce

le

Agrava,



Pelotonner, former des caillots,

mettre

Se dit des choses, jamais des personnes,

pour lesquelles on

se sert de

Agroumouli.

Dér. de Grume/.

Agninas,

s.

m. Prunellier ou prunier sauvage

;

Prunus

AGU

AIA

tpinosa, Linn., arbrisseau de la famille des Rosacées. Son

On



d'une acidité et d'une âpreté reinanjuables.
Yoy. Bouïtioù.
dit également Agrugnè et Agrunéiè.

fruit

est



;

Étym. do

champêtre;

sauvage,

i^pio;,

avait

celt.

le

Aguîo,

[

s.

Prunelle, fruit de

d'un

dont on

X'agrunai,

le

Aux

aguets, à la piste.

Aiguillée de

a. f.

bout pointu sert à piquer

armée d'une

fil

il

ne ment

pu

qui sert à racler

du

la terre

».

pour Alais des Alpes piémontaises.
bien loin du latin Aquilo au



langued.

dant on ne peut méconnnaitre entre

les

Il

souffle

Il

deux mots un

air

de famille. Le 9 du premier se change souvent en g par
c'est ici le cas. Quant à la terminaison, elle
:

le franc,

guigner.

».

f.

Pierre à aiguiser.



Voy. Chafrt.

!

I

1"

Aï,

!

pour

coup
du v. Avidre; yû.

le

pers. sing. ind. prés,

!

Aï, interj. Aïe, cri de souffrance, de plainte, de sur-

y a sans doute

Aguialas, cepen-

regarderda coin de l'œil,

l'esp. <;uinar,

même communauté de sens avec

I

vent du nord-est.

,

régulari.ser la ligne

de loucher. Peut-être encore ce verbe

Ah interj. Ah
Ah bé interj. Ah
1

m. Aquilon

l'air

Agusadooïro,

Dér. ii'Aguïo.

Aguialas,

prendre pour point de

v. Viser,

Agnsa, v. Aiguiser, rendre aigu; pointu, tranchant.
Étym. du Int. Acuo; acus, aculut.

:

bœufs, l'autre extrémité

les

[jctile pelle,

on a

son origine de

eta-t-il la

du laboureur

aiguillon

;

visuelle, et

soc et qui s'appelle Bourboussado.

euphonie

pouneho d'uno aguio,

on ferme un œil pour mieux

ainsi,

tire-t-il

grec i-^iw, considérer attentivement.

Agoi'ado,

est

de

Dér. de GuincKe ou guineh», louche, parce qu'en visant

V), adv.

(i.

du

aiguille

vignes ou le» saules.

les

iota.

Aguincba ou Guincha,

Môme étym.
Agu, part. pas», du v. Avédre, avoir; eu, possédé.
Agnè, 3' pers. iing. du prêt, du v. Avédre. Il ouelleeut.
Dér.

la

pour planter

mire.

l'eau-de-vie.

Agnè

fer

Dér. de Acus, ûs, aiguille.

Agrunèlo,
de

Aiguille à coudre, à tricoter;

f.

— Mentis pas dé

aigr, aigre.

fait

(.

montre; pièce de

— At! dé ma dén! Ah

prise.

Aïe

!

tu

me

fais

!

dent! Ai!

la

mal. Ai! çnï ses

Ah

?



fat

màou!

vous voilà?

!

réunion de deux voyelles

Aï, diphthongue, c'est-it-diro

produisant un double son par une seule émission de voix.

exprime évidemment un péjoratif caractéristique, car on

L'articulation de cette syllabe, dans la langue d'Oc, se fait

grec alyiaX6^,

en appuyant sur la première voyelle, tandis que la seconde

ne parle de ce vent qu'avec aversion.

I.«

rivage, bord de la

a peul-ètru aussi

mer, veut de

terre,

reste laiblc: la voix
cit et s'efface

Agniè, s. m. Porte-aiguille; pelotte, sorte de coussinet
ou de bourrelet destiné à piquer les épingles et les aiguilles,
recouvert et barriolé de morceaux de drap ou de velours.

et se font sentir,

AutrefSS'Ies femmes de noblesse ou de bourgeoisie en

jws

saient

un ajustement de

fai-

suspendu

toilette qu'elles portaient

à leur ceinture à côté de l'aumônière ou du claviè.

(

K. c. m.)

Aujourd'hui des breloques remplacent ces deux symboles du
travail et

de

la charité

la pelotte

:

a aussi perdu sa place.

Le mot lui-même commence à être hors d'usage
mode, trait de mœurs, signe du temps.

affaire

:

«

do

1378,

comme

décrit

Aguillier est à dire

vn

petit peloton

suit

leurs cspiiigles,
est possible

ieune
est

ce petit bijou:
les

le portent,

car

ficlient

ioly, et s'il

principalement quand de iennes
il

n'est guicre

femme de prendre vn
dans quelque

mettre quelque

vieil

beau

vieil Aguillier,

belle

et séant

non plus

vieille sabatie,

; et

ou

pantoufle, toute ncufue, ou

de Tolose disant ainsin

hœc

:

tint dicta

du

porte sur

ici

:

ils

ie

mettray
cesto

A bourçn nauuo non cal
nemine nominando. >

s'adou-

l'a, elle

final.

principe que toutes les lettres se prononcent

nous aurions pu éviter de marquer

d'un signe particulier. L'italien et

le

l'ï

grec n'en emploient

écrivent simplement farni, veirai; ÇXait^ç,

>lix«i,

tous les infinitifs passifs; et leur diphthongue ai a la

xa(, et

même consonnance que

la nôtre.

Cependant

le

tréma nous

a paru nécessaire, d'abord pour marquer une différence

dans

la

prononciation de

l't

entre ses variétés d'inflexion

une exa'plion que nous

(K. la lettre /); puis, pour sauver

:

le fraiiçiis

thongue simple, sorte de voyelle, formée des deux
qu'il
è

a

la

diph-

lettres at,

prononce tantôt comme «fermé, j'aïmai, tantôt

comme

grave, j'aimais; or dans notre dialecte se rencontrent

certains mots d'origine toute française, mais

impa Ironises et

consacrés depuis longtemps parmi nous, (juoique en assez
petit

nombre, notamment,

air, Alais, mais, conjonc.

pour

les

citer presque tous

:

Pour ceux-là nous demandons,

en faveur des 4ecteurs habitués à lire à la française, de leur
conserver leur physionomie orthographique à la française.
Certes,

qu'il

petas et pièce de drap vsée sur de belles

icy en auant ce nouueau et assez vsité prouerbe en

aguillier vieil

à vne

groulte,

chausses toutes neufues. Et jx)ur preuue décela,

ville

fem-

leur ceinture, en-

mettent et

tousiours beau,

et doit estre

beau de chausser quelque

escarpin

elles

langue

neuf et la bource semblablement, autrement

cela n'a point de nez,

femmes

auquel

la

de drap que

mes coustumicrement tiennent pendu en
semble auec leur bource,

vertu

l'i

étions forcé d'admettre. Voici le cas

Odde, de Triors, dans ses Joyeuses Recherches de
tolosaine,

de

En

dominante

presque sur

contribué à sa formation.

ils

prononcent:

ne perdraient rien à être écrits comme ils se
ér, Aies, mé; cep*>ndant le moindre trouble

à la lecture résulterait-il de cette configuration puriste, et
il

reviendrait

exception
sur

r«'

souvent, ce serait assez pour justifier une

peu exigeante

d'ailleurs.

après o devient ainsi tout à

se trouve
et

si

fait

L'emploi

mieux confirmée, en rendant sensible

en maintenant invariablement

le

du tréma

logique, et la règle
la distinction

son diphlliongué sur

m.

m

AIG

AIG

.yado,
avec de

l

t.

Sauce à

f.

ail,

du

du paysan, fait
En Provence, cette

Aigarado,

aillade; coulis

l'ail,

du

persil et

poivre.

mesure

Dér. de Aïé.

Di'^r.

du

deçi»,

de ce côté,

aïçaï, passez

do

niais

un peu plus

Aïgardén,

loin.

ardiente; en

Conip. de Aïci et alin.

'i

Aïçamonn, adv. Cà-haut.

la

d'eau-de-vie;

Aiigasso,

place occuikVj par l'interlocuteur.

même

Conip. de Aïci et amounddou.

et

Aïçaval, adv. Çà-bas.

gnent

est

presque synon. de Aiçalin.

et aval.

Aïçi, adv.

dans cet endroit.

navant. D'atci-'n-foro, en sortant

— D'mei-'n-laï,

agua

m.

».

Marchand,

particuliorenu'nt

débitant,

distillateur

marchands ambulants

les

une

de ce pas, doréna-

d'ici,

s. f.,

loin des agents de la régie.

péjor. d'Aïgo.

Eau

de mauvais goût,

sale,

ivrognes.

les

».

Aigle, oiseau de proie, de l'ordre des Ra-

f.

Le

français fait

distinction de genre lorsqu'il s'agit de l'oiseau, animal,

féminin

Hic.

lat.

Aïçà, pron. démomt. Ceci.

rara mdou,
Dér.

du

— Que sera

Ail, plante

la famille

nomme

Aquarium.

lat.

de

en plusieurs gousses

s.

Aïgadino,

une

que

».

f.

Ondée, pluie subite d'orage peu vio-

ou plutôt l'inondation d'un

l'hunms
la

vapeur exhalée de

tomba d'ùïgagndou.

comme

si la

physique,

on

dit

le

en

da larotée,

serein tombe; et personne ne s'en émeut.

effet

».

m.

plus docte, dit à

Aigaie,
il

s.

n. pr. de lieu. .Vigaliers,
d'L'zàs.

m. Ce mot



même

le

merveille

:

il

AquH
il

vièl

le

pla-

Escampa

l'enfant.

Las aïgos

sons

;
:

en franc, du

Esve

li

XV'

vènou

siècle,

cité

par Le

Roux de

a éncaro bono aïgo, ce vieillard

a bonne mine.

Donna


l'aïgo

,

on

ne porte

{eau] qui court

est en-

ondoyer un

mérlusso,

un pauvre chrétien.
Aïgo-boulido, s. f. Eau bouillie, potage à

à

l'ail

il

est

mal

l'eau,

au

sel,

et à l'huile.

Aïgo-ddou-méïnage,

tonU>er

s.

f.

Eau de

vaisselle, lavure.

Aïyo-courén, eau courante, rivière ou ruisseau.
reste

AquUerium, com-

au masculin, comme dans

le

— L'adj.

mot suivant, seulement

pour l'euphonie.

Voy. Aïgoùs, et liïro, suff.
a le même sens que aïgagndou,

est plus générique;

des prés, du

lui

.1

baptisé, c'est

Dér. de Aïgo et d" gnui, eau de nuit.

Aïgaïè,

dans

larmes

enfant. L'an batéja émbé d'aïgo

:

français, qui doit

être et qui est

mune du cantjn

pas mdou dou moure

rosée tombait d'en haut.

Le languedocien, passe encore; mais
li

faï

les

core vert,

terrestre et condensée par le contact de l'air froid

nuit. Malgré la démonstration

l'eau

viennent aux yeux. Aïgo que coure

ièls,

Lincy).
serein,

:

ne faut jurer

qui veut bon conseil,

;

point d'ordures {Prov. Gall., ms.

m. Rosée,

il

Faire las aïgos, se dit des eaux

conseiller.

as

disait

Dér. ai Aïgo.
».

bon

d'atgo, verser de l'eau, uriner, pisser.

la contrac-

petit torrent, d'un ravin.

Aïgagnâou,

:

ne vaut pas

il

centa s'entr'ouvre pour laisser passage
n'est

ne faut pas dire

qu'une femme prête à accoucher rend aussitôt que

égoùt

conduit,

bonne source

faut aller à la

il

s'adresse à

— Aïèïro

faible inondation,

Yôou pas iaïgo que béou,

rien.

eau,

Evier,

il

— F6oa

Eau.

péj. Aïgasso.

un homme de peu de valeur. Aï pantaïsa
d'a:igos trébous, j'ai fait un mauvais rêve. Pér avédre dé
bono aïgo, fôou ana à la bono fon, pour avoir de bonne

le lit.

f.

m., dim. Aïguéto;

».

L'un et

d'origine française.

qu'il boit; c'est

tion euphonique de aïjuïJïro.

lente;

mot sont

romaine ou napoléo-

fontaine, je ne boirai pas de ton eau, pour

bouisèlo.

ou Aïguïèïro,

s. (.

AlHum

des eaux de cuisine.

Dér. dn

francise tout à fait et prononce èglo.

il

pas dire d'aquél' aïgo noun béouraï,

et des mais.

des Liliacées,

se divise

Etym. du lat. Allium.
Aïècha (s'), v. Saliter, garder
Dér. de U.
Aïèïro,

nienne,
l'autre

L'assemblage de ces cai<;ux forme une

beségno.

qu'on

de

— Son oignon

taiivum, Linn.

nommées

lorsqu'il parle de l'aigle

Aiigo,
si

n'admet pas cette différence;

languedocien

le

;

seulement,

Hoc.

lat.

m.

s.

vi-

peur que ceci tournera mal.

j'ai

Aïçii-Aïlj, pkr. faitt. Ceci-cela, des

Aïé,

tout aïçd? qu'ar-

que sera-ce que tout ceci? Aï pôou quaiçà

rivera-t-il?

mais

esp.,

qui est masculin, ou de l'emblème, insigne, qui est alors

Dér. du

de

En

ardens, brûlant.

paccs; Falco fulvus, Linn. Aquila fusca.

doré-

vant.

tète

lat.

do l'eau pure, eu égard au mépris que lui témoi-

Aïglo,

Comp. de Aïci
Ici,

du

anc. acqua ardente.

hameaux,

lages et

plus haut encore

Çii-haut, mais

Il

liqueur plus ou

alcool,

d'eau-de-vie, qui la débitent i)ar contrebande dans les vil-

amoun.

Coinp. de Aïcî et

Aïçainoundàoa, adv.

et

ital.

Aïgardéntiè,

<ii

Eau-de-vie,

et incolore.

Formé de Aïgo

//de.

lat.

m.

».

moins spiritueuse

çà, dfi Ce côté.

Aïçalin, adv. Ici-bas, ci-dedans.

que

du vin trempe outrç

l'eau rougie,

selle.

Aïçaï, aiiv. Çà,

— Tira-vous

De

f.

çure, de l'abondance. C'est aussi une ondée d'eau de vais-

y entre aussi de l'huile.

sauc*! s'ap|)elliî aïoli, parce qu'il

».

qui n'a conservé qu'une teinte rosée; de la rin-

et

Aïgo-for,

désigne seulement l'humidité



Eau forte.
On donne cette qualification a
ou sulfurique, àcause de sa force dissolvante.

s. f.

l'acide nitrique

Aïgo dé sardos, saumure de sardines. La saumure s'exprime

terrain, de la feuille de mûriers, trempés de

roeéc.
j

aussi par Aïgo-sdou,

composé de digo

et de sdou,

pression de l'article,

comme dans

deux mots suivant%.

les

avec sup-

AIM

Ate
Aïgo-nafo, ean de fleurs d'oran^r, eau de naffe. Dulat.

m?me

'Aqua napklha,

de

Aïffo-roan, eau-rose,

Aïgre, gro, adj. Aifre, acide, piquant an goût

de rosier.

fleurs

Aigréja,

du signe de

AVgo-iignado, eau bénile. Signado, marquée

Aigréja,

Étym. du lat. Aqua; du rad. celt. Aa, ae, ag, eau.
Aïgo-Morto, j. f. n. pr. Aigues-Mortes, ville, arrondiscomposé avec

est

du

représentant languedocien

formé par

le

variantes.

Il

roman
est

l'adjectif qualificatif

le

aa, aq, aqua, eau, trans-

celt.

Aïgo-pouncho,

s.

Frangulacées, dont

prun

même

sous

le

nom

Bourge-épine, espèce de nerprun

Arbrisseau de

I.inn.



tous les

la

celt.

Aa,

ae, ag,

soit entré

dans

la

formés ; mais nous

les

noms propres

rcnt-(r^gouze (Ganl),

i.

f.

;

mettre en mouvement,

démène

Un enfanl t'ai'grijo
commence 'à

et qu'il

Rumex atetota, Bumex

le

il

l'appui de ce

du

icutalus,

linge à l'eau simple.

». f.

De



Evier.

Voy. AïHro.

— IMetai

ce côté-là, de l'autre côté.

donc cela; brisez-là; n'en parlez plu.
Voy. D'aïlaï, En4aï.



aïlaï,

laissez

Formé du lat. Ad et illà, ou illàe.
Ailamonn, adv. Là-haut, au-<lessn8, amont.
Formé du lat. tllà, et ad montem, vers la montagne, do
côté d'en haut.

Aïlamoandàca, adv. Bien plus haut.

C'est

an augmen-

dâou, haut, qui est on

d'Aïtamoun, en y ajoutant
réduplicatif de amoun.

tatif

Aïlaval, adv. Là-bas, aval.

locaux. Ainsi Aïgouso, Saint-Lau-

Formé du

Aiguèze (Gard), ASgaiè,

et Aiguéso,

l'aigre.

Laver souvent; arroser, mouiller, baigner;

v.

adv.

Aîlaï,

signalons

que nous

devenir aigre, passer à

(s), v. S'aigrir,

Dér. de Aïgo.

com-

plus rapprochées, pour constater

certaines analogies étymologiques

disons des

Oseille

aqud

de radical qui

lieu qu'il a

dans quelques localités

t.

ASgrétO,

passer

nature de l'eau, qui

un dictionnaire géograpbique, pour le relever dans

ici

noms de

flg.,

m.

Dér. de Aigre,

Aigri

position de plus de mots, avec plus de variantes. !Nons ne fai-

sons pas

Au

pesée.

se réveille, qu'il se

Aïgnlèïro,

Aquosus, formé du rad.

n'est pas peut-fttre

il

Aïgaéja,

ayg, eau.
Il

prop. secouer fortement, soulever avec oh

une

Dér. de Aïgre, adj.

;

de vert de vessie.

lat.

l'aigre.

pleurer.

famille des

la

Contient de l'eau, alwndant en eau.

du

Au

t:.

faire

quand

l'écorce et surtout les baies

la feuille,

Aïgoùs, ouso, adj. Aqueux, de
Dér.

tourner k

sentir l'aigre,

mettre en route, décider. S'nigrèja, commencer à se remuer,

dans Aïgo-Vivo, Aigues-

Avec le suc épaissi des baies de nerun peu d'alun, on prépare la couleur verte connue

et

flg.,

Linn. Plante champêtre et potagère à saveur très-acide.

f.

caiharticus,

sont purgatives.

levier,

nombreuses

eve, ave, ive, euve, et ses

entré de

et

Vives (dard), et autres.

Kamnus

Aigrir,

v.

se secouer, s'aviver, se mettre en train.

Mrrips.

(If

Ce nom

au

Vog. A'igre, adj.

la croix.

sement

;

piquant, fAcheux, mordant.

sens.

Ittà et de

lat.

ad vallem, vers

la vallée,

ven

bas.

Aquiterium, Aigaliers (Gard), identiques entre en», léseront

le

encore avec Agusargues, Agusanicœ, -Agusargues (Hérault),

Aima, v. Aimer, prendre plaisir à, se plaire à, désirer.
Dér. du lat. Amare.
Aimable, blo, adj. Dim. Aïmablo^, aïmabléto; péjor.
A'imablas, sa. Aimable.
Le péj. aXmablae ne se dit qoe

communede Conqueirac (Gard) avec Aguessac
(Aveyron), Aguillan (Drôme), comme avec Eyguières, Aquaria, et Eygaliéres, Aquaria (Bouches-du-Rhône) et de même
avec Aguzan,

;

;

avec Guzargues Hérault),
(

Tous

l'a initial.

ces

noms

et

Gnzan

(Hérault), par apocope de

sont dérivés de la

même

source,

de leurs désinences n'ôte rien à leur communauté d'origine et de signiflcation.
Voy. Argue.

et la différence

Aïgo-vès,

s.



m. Ean-versant,

montagne, terme de cadastre
prisme de

montagne ou de

la

:

les

eaux-versantes d'une

l'arête,

l'angle supérieur

du

».

m. Coin de

fer, outil

même une pierre

— Ses aïmablas

/

vous êtes gentil! repro-

à quelqu'un qui fait ou dit quelque

che-t-on

quelconque faisant

Aimargne,
vait aussi

».

m.

n. pr. de lieu. Aimargues. qni s'écri-

Aymargues, commune

et petite ville

dans

le

can-

ton de Vauvert (Gard).

finale, se prête

levier,

chose de

désagréable, de mauvais goût.

Le nom A'A'imargue, parmi ceux qni portent

la colline.

Dér. de Aïgo et de vès, en bass.-lat. Aqui-vergium.

Aïgre,



par contre-vérité.

taisiste

moins qu'aucun autre à

la

la

même

combinaison fan-

qui voulait que toutes ces dénominationsdésignassent

plus dure que les autres, qu'on

des maisons de campagne ayant appartenu dans l'origine aok

donne pourpoint d'appui au piod-de-biche d'un levier, quand
on veut soulever une masse, ou débiter un banc de pierre,
on faire une pesée. C'est ce qu'on nomme en français

à leurs riches affranchis établis autour de la métropole db

orgueil.

d'homme ^miliut,

quelquefois

:

et

les

— Ce mot, qui n'est guère usité que chez

chauffonrniers, a donné naissance à

les carriers

un verbe

fort

employé, aïgréja, et dont l'acception figurée est classique
et multipliée

dans ses applications.

Dér. do Aigre, à étym.

lat.

aeer, aerU.

pins nobles familles patriciennes de Rome, ou tout an moins

Nimes. Dans

Pour

la

composition du mot,
ni

même

s'en convaincre,

il

le latin

suffit

désinence adjective argue, sur
quelle nous nous expliquons.

corp du mot

;

et

remarquons

le



il

n'entre ni le

nom

ager, domaine.

de dégager d'abord

la

sens et l'origine de la-

Voy.

Argue. Reste

h

qu'il a subi bien des trankfor-

AIS

AIN

3C
mations, et quo sa

Or,

ria.

on

premier

le

restre;

qui mentionne cette localité,

titre latin

y est apiwlée Armasanica in littoraEn 961, ni dans les actes publics depuis celte époque,

de

est

l'an 81 3

elle

;

Armasianici, Armatianicœ, lanlèt

écrit tantàl

Armada-

Armazanicoe, qui se fixent enfin en Armasanicœ

nicar,

Dans

le

môme

comme pour

temps,

tous les

noms à

finale

identique, la langue vulgaire disait Armasanigues, qui se

trouve dans

chartes,

les vieilles

Air ou Èr,

plus rôœntc n'a pas pu d'évi-

lortiic la

dence autoriser sa plus ancienne dérivation.

et

plus tard Emargues,

situation d'Aiinargues, encore in littoraria

au IX'

siècle,



a un air de ressemblance avec son père,

il

N'a pas l'air,
chantez une chanson.

portrait de son père.

En

air,

Dér.

du

m.

s.

Airelle

ou myrtille, Vaccinium myrtillus,

Linn.; petit arbuste de la fam. des Bruyères ou Ericacées.



croit sur les hautes

Il

une tournure charmante
mieux.

de l'Armas. Ce qui est modeste,

villa

que

flatteur peut-être

la

descendance romaine ou

Yoy. Agno,

est vrai (jue,

Il

sur

suff.

la

Aire ou Ère,

dans

la

forme nouvelle,

la substitution,

à la consonne r est

t

étrange; mais le fait n'est pas isolé, on le dirait

tématique dans

la

En

notre pays.

Goudargues,

même

sys-

composition de noms de ce genre dans

effet,

pour

le

représenté par

Gard seulement, on trouve
Gordanicus

le lat.

et

Gorda-

nica; Boussargues, par Brossanicœ; Bassargues, par Bar-

sanica; Goussargues, par

Gorsanicm

;

Massargues,

par

^arsanica.
Malgré

de désinences qui se sont attachées

convient de rapprocher

il

diquent et que justifient

les

les analogies qu'in-

changements eux-mêmes du

nom ù!Aimargue que nous
trouverons
nées)

;

venons de signaler. Ainsi nous
mômes mots dans
Arman (Basses-Pyré-

les

:

Armeau (Isère); Armens (Gironde); Armons et
Armagnac (Gers) Herm (Landes et Basses-PyréL'IIerm (Gironde) L'Herm (Ariége, Haute-Garonne,
Hermaux (Lozère); Armes (Isère); Arinissan, Arrael-

peut-être
nées)

;

Lot);

;

;

Armilhac (Lot-et-Garonne). Que ces dénominations ethniques viennent de notre armas, langued., ou du
lan (Aude);

gr. ?pri(io«,

qui a

Aïna, ado,
;

par ext.

eremus, leur identité est inconnotre système du formation des noms.

fait le lat.

testable, et justifie

fants

et adj. Aîné, ée le premier né des enpersonne plus âgée qu'une autre.
Dans

s.

,



les familles villageoises,

il

est d'usage de distinguer le fils

aine en l'appelant l'aïna, le puiné cadé,
leurs prénoms.
les

— Faïre

un

avantages que permet la

et les

aïna, faire à son
loi.

Ses

fils

moun aïna

ans, vous êtes plus Sgé que moi de quatre ans.

Dér. du

Aïréto,

s.

lat.

antè natus, né avant.

autres, de

aine tous

dé quatre

s.

Un

m. dim. de Air.

aire

Petite

f.

Petit air; air,

rharman que noun
et

un

saï,

mine,

petit air,

comme on ne

gentille

peut

enclume de faucheur pour rabattre

faux, pour étirer son morfil.
Aïriè,

m. Chef d'une

s.

aire à battre le blé; celui qui en

dirige les opérations.

Dér. de Aïro.
Aïro,
blé

Dim.

s. f.

Aïréio. Aire, plate-forme pour battre le

plate-forme pour les tuiliers,

;

Dérivé du

Aïrôou,

lat.

m.

s.

les potiers.

Area.

Dim. Airoulé.

gerbes qu'on foule à la fois sur
rentes choses

les variétés

à la racine,



tournure.

la

première syllabe, de la lettre

montagnes, et ses fruits sont assez

Dér. du gr. AîÇ, ai^iç, de chèvre, plante de chèvre.

gallo-romaine de jEmilius, mais plus certain et plus naturel.



en haut.

l'air,

domaine, propriété,

moins

c'est tout le

ne parait pas. Canta-

il

Aër.

lat.

Aïradé,

En

adv.

l'air,

agréables au goût.

et

ter-

manière, physionomie,

d'air,

quand l'appellation dut lui être appliquée. Armasanica ou Armasanègues supposent le primitif Armas-ac ou Armas-ec, ayant passé par Armas-ana
ou Armas-aca, latin, et n'ont pas d'autre sens que, champ,
et à plus forte raison

mine,

Anas préne l'air; allez prendre
un pdou d'air, il fait de l'air, il fait un
peu de vent. A prés un air, un co d'air, il a pris froid, il
a une fluxion, une transpiration arrêtée. Prén un air, il
prend des airs de fierté. A un air dé se ficha dé ièou, il
semble vouloir se moquer de moi. Dono d'air à soun pèro,
Faï

l'air.

En latin, comme en roman, on le voit, le radical est le
même; et il s'est conservé en languedocien. Armas ou
Ermas, qui signifie, dans notre vieil idiome, marais, terrain marécageux, vague, inculte, s'approprie très-bien à la

fluide qui entoure le globe

vent-coulis;

façon, allure; chant.

nous un

Morgues, Aimargues.

m. Air,

s.

vent,

répandues sur la

turo à bêles aïrôous, ramasser

Airée,

l'aire

terre.

;

quantité de

la

jonchée de

— Ramassa

du fourrage

diffé-

ta pas-

trop clair-semô

par jonchées de quelques pouces d'épaisseur.
Dér. de Aïro.
Aïsa, do, adj. Aisé; mais

que

Appliqué aux personnes,

aime ses

aises,

n'emprunte à cet

adj. franc,

signifie

il

:

douillet, délicat, qui

qui plaint sa peine. Dans ce sens,

cm.

rapproche de Coumode. V.

Iwme

il

acception relative à l'aisance de fortune.

cette seule

aïsa, voilà

— Aquà po

un homme qu'on peut

il

se dire

se

un

dire jouir d'une

honnête aisance.
Dér. de Aise.
s.
Commodité, faculté, convenance. Par
f.
au mot précédent, aisanço n'est jamais employé
pour aisance do fortune.
Aquà's une bèlo aisanço, cela

Aiisanço,

ojjposition



est fort

commode,

cela évite de

la

peine,

des corvées.

L'aïsanço d'un ousldou, la bonne distribution, les facultés

d'une maison, un arrangement

commode où chaque chose

esta portée.
Dér. de Aise.

Aïse,

s.

m. Dim.

Aïsé,

augm.

iron.

Aisas. Aise, con-

tentement, commodité, repos heureux, satisfaction, sans-

AJU

Aïs



m

aïie dé vaut viUre, je suis charmé, bien
Soui
de vous voir. Aquél home é$ à toun aise, cet homme
jouit d'une lionnfttJî aisance. Faraï aquà à moun aUe, je

gène.
aise

ferai

cela à loisir,

me

sans trop

Y-ana

aUe, marcher à pas lents, au pas de promenade.

doucement, avec précaution, sans se presser.

d'aïse, aller

Préne tout
nieitte

se dorlotter

se prélasser,

a'iseï,

mon

Étym. du

c'est

:

le

far-

moun home, ne

des Italiens. Vaï à toun a'uai,

gène pas,

soun

presser. JUarcha à

Aïses,

Sa tout
il

Aïsséto,

m.

pt.

Êtres d'une maison, d'une contrée.

perdra pat,

aïscs, se

il

connaît

la

maison,

le



pays,

fois

mœurs,

remises

les

Commode,

Aïsl, ido, adj.

facile;

Aquét oustdou

et bien aïti, cette

Aquélo piolo

et bien

main. Sa fénno

et

du

gibier.

bien

maison

à

main.

la

bien à

a'itido, sa

femme

est

Aïsino,

(.

Nom

raine.

une autre

t.

f.

Ilautes-Cévennes et dans

les

un manche

le

Vivarais,

môme

manche en

Alais et dans les environs,

manche, qui s'y joint

le

forme

de Lor-

est long,

un angle de 45 degrés avec son
un anneau ou oeil et non par
pelle. Vaïtiado ou trénquo jardi-

comme

la

|>ar

gnUro est plus large de lame; l'angle de la lame et du
manche est plus aigu que dans le précédent outil. Celui-ci
sert particulièrement aux jardiniers pour faire les semis ou
plantations à raies dans un terrain meuble, et à creuser les
canaux d'irrigation.
VAïstadéto est ime serfouette,

Aïsséja,

lat.
t.

à lame pointue

Ajassa

Aï/

— Ces

un des

même

et

Il

formation des

caractères particuliers de

les dira.,

ordre d'idées.

un verbe,

sortes de

est

les péjor.

appartien-

peu de mots dont on

peu de verbes qui ne puissent

ou renforce

même

le

sens primitif.

ou sur un

Se coucher, s'étendre.

v.

signifie

il

:

lit.

coucher sur

— Lou» magnat couménçou dé t'ajaua;

tou à lat quatre, les vers commencent à entrer en
sont à

la

—Bla

— En parlant des

entrer en mue, se

la

t'ajat-

mue

;

ils

quatrième maladie.

Dér. de Jat.



Il semble une simple traduction
m. Age.
C'est un de ces roots qui, manquant à la
langue, ont dû être empruntés à leur voisin. En bon
languedocien, on l'évite autant que possible.
On dit
Un home d'aje, un vieillard. Et
très-bien cependant

Aje,

du

t.

franc.



:

d'un

éncaro

bon aje,

Se faï adija din

l'aje,

il

n'est

pas

commence

il

encore

trop

igé.

à être d'un Age assez

avancé.
Jucher, percher, accrocher en haut.

Ajouqna,

v.

Ajouqaa

(s'},

v. S'accroupir, s'assoupir, s'endormir

en parlant des perdrix, se raser, quand

aperçoivent l'oiseau de proie.

recevoir et admettre la désinence éja, qui amoindrit, adoucit

(s'),

m. dim. Le môme que le précédent Atuadéto.

l'interj.

faire

terre,

sa

langue d'Oc. Les augm.,

ne puisse

Coucher par

Atcia.

verbes fréquentatifs sont

nent à un

de commandement d'un charretier pour

son attelage à gauche.

v.

litière {jat).

pour gratter

Se plaindre, geindre, soupirer.

t'.

Formé de
la

petit outil

l'usage dos jardiniers et fleuristes,

Aïssadoù,

S'éloigner, s'écarter d'un lien, d'une

blé versé.

vers à soie,

autour des plantes jeunes et délicates.

Dér. du

v.

(s'),

interj. Cri

Ajassa,

ajaua,

face est plate; elle décrit

la terre



fois autant.

Trad. du franc.

assez court, sa lame est triangulaire

recourbée en-dedans; c'est la

A

du bout, à

aussi

Aja, ado, adj. Agé, qui est avancé en ige.

Aïttadéio. Marre, houe, outil de

Diin.

et la chèvre

une douille

— Aquil

Dér. de luên.

A-jal

lame large en cari"é-long et tranchant au bout; sa sur-

la

la fièvre.

Formés de Tan ou aïtan, autant, et de bé, bien.
t. m. Autant, tant.
Vn âoutre aïtan,

Aïtan, adv. et

générique que l'on donne à tout

ny)M« ou maiglc de Bourgogne

la

particulièrement à

que Auséja.
Tabé, Aïtambé, També, adv. Aussi,

faire obliquer

— Dans

légèrement

que

Plainte faible; soupir continu d'un enfant

propre

Aïuèncha

Dér. de Atii.

et

quelque-

bien, à cause de cela.

un tonneau, sont tout autant d'aïtmoi.

cet outil a

et

personne.

(.

Alssado,

un marteau,

rac.

Aîtabé,

ou meuble, ou vase, qui sert à contenir soit un
soit un solide. Ainsi, un panier, un plat, on seau,

jardinier.

qui a d'un calé un large tranchant

fer

Atcia, hache.

lat.
t. f.

soufl're,

Môme

ustensile,

liquide,

aisseau, petite hache de tonmanche, d'environ six ponces

augure.

revôche et peu facile à vivre.
Dér. à'AXt».

le

enfant a une manière de se plaindre qui n'est pas de bon

la

d'humeur

ou

dont

éfan méno uno aïtiéto que dévigno pat rit di bo, ce pauvre

commode.

est fort

aitido, cette cognt^> est

patgaïre



plaindre,

une douille simple.

Étym. du
qui

m

malade imaginaire.

recourbé, et de l'autre une panne,

ne s'égarera pas. Un chasseur doit connaître iou$ aïtei,

les allures, les

;

Aissettc

de long, porte un

te

aîato;,

m.

I.

nelier et de sabotier,

Aïsséto,

convenance, bienséance, d'où

gr. ATsa,

».

Aïsséiaïre, ro, adj. Douillet, qui aime à
qui ne cesse de gémir

garçon.

heureux, favorable.

37

chaise

;

Etym. du

lat.

Ajougne,

v.

Jugum,

sur
elles

perche, juchoir, ou tïeJacere.

Atteindre, attraper, joindre quelqu'un qui

marchait devant.
Dér.

du

Ajuda,

lat.

V.

Adjungere.

Aider, secourir, venir en aide.

— Les

villa-

un ami, ne manquent
jamais de lui annoncer le mets principal du repas. Ainsi
on lui dit Vendra» m'ajuda à manja uno ttpanléto, lu
geois,

lorsqu'ils invitent à diner

:

mA

38
viendras prendre

Dieu n)0

Ajudo,

lat.
i.

Diou m'ainde,

jwrt d'une éclanclie.

Ui

Arljuvare.

Aide, secours, assistance, protection

f.

— As «no

qui aide dans un travail.

celui

;

bono ajudo émbé ta

fénno, tu as un bon associé avec ta femme. Siès dé jAouro

Un pdou d'ajudo faï
grand bien. On dit alter-

ajudo, tu es d'un faible secours.

gran

nativement
le

un peu d'aide

bé, l'rvh,

bon droit a ou n'a pas

est rassurant;

fait

dré a besoun ou n'a pas besoun d'ajudo,

Bon

:

Le premier sens
fier an second.

Ijcsoin d'aide.

ne faut pas toujours se

il

quelque chose de plus
tirant.

ajuster, additionner, mettre

V. Ajouter, joindre,

— Les

un but en

viser pour atteindre

;

premières acceptions dérivent de adjungere,

joindre ensemble

la

;

du

dernière est formée

ad-justum,

lat.

Ajustoù,

s.

m.

ou

Petite pièce de bois

ajoutée

d'étoffe,

par assemblage ou par couture à une autre trop courte ou

Dér. du

lat.

;

inu-

aujourd'hui dans notre dialecte, mais encore employé

dans

la région

montagneuse des Cévennes,

une partie de l'Hérault.
« lou, qui a donné
Al est aussi

mots lang.

11

dot».

l'article

est formé par

— Voy.

arabe qui

même

et

dans

la contraction

de

incorporé à quelques

».

que alambi, etc.
m. Alaterno sauvage; Hhamnus alaternus,

Linn. Arbrisseau de la famille des Frangulacées, toujours
vert, qui croit sur nos collines et surtout

nom

Son

il

se trouve

à soie

les vers

lat.

;

parmi

les

bruyères,

môle quand on s'en sert pour ramer

sa feuille ressemble à celle de l'olivier.

alaternus est probablement une altération de

altemus, parce que

les feuilles

de Yaladèr, alateme, sont

alternées sur leurs branches

Alafan,

i.

m. Eléphant; Elephai maximui, Linn. Mam-

— Alafan

une pure corruption du français ou plutôt un purisme

languedocien, dont

le

génie tend à s'éloigner

çais, alors qu'il est obligé

Étym. du

lat.

exercé bien des

».

m.

lui faire

n. pr.,

sa configuration et

môme

les

que

le

la

son

nom

science

fil

des

— Ce

la ville,

puis par

par son orientation. L'écusson

cette aile lui fut donnée,

du blason eut

été

mise en honneur,

la

existaient, et n'ost-il pas naturel de penser

naître l'idée de prendre

une

aile

comme armes

parlantes, au lieu d'imaginer que les armoiries inspirèrent
le

nom?

11

le

nom

ron avant l'ère chrétienne, les Celtes, sous

Arécomiques, qui occupaient
la

Gaule, eurent

Tyr

pour trouver
à'

Alesia

aux

nom de Voloes

une invasion de naviga-

lutter contre

.'t

,

le

méditerranéen de

littoral

le

descendus sur leurs rivages. La colonie de

venait explorer ces contrées inconnues et

apporter

y

sa civilisation et le commerce. Son but était d'exploiter les

rencontraient

l'or et l'argent se

à fleur de terre, et de faire l'échange

produits. Elle établit

deux

de ses

stations commerciales, à proxi-

mité l'une de l'autre, pour se prêter un mutuel secours. La

Kamauz, de

première, plus voisine de la mer, s'appela

Nama, en

ou de Neimheish, gaélique,

celtique, fontaine,

du

tion et

fait IS'emausus,

La seconde, plus haut, au

et filmes.

trafic, fut

nommée

Kismet

centre de l'exploita-

Alesia.

Nimes; les plus graves
non plus en doute pour Alais.
serait au moins singulier de

L'attribution est certaine pour
historiens ne la mettent pas
S'il

en

autrement,

était

il

deux noms s'appliquant

trouver, après tant de siècles, les

aux deux

localités désignées

mêmes

dans

même

raison appellative, et

les

par

les

anciens géographes

conditions topographiques, avec la

grecs,

une

pareille

communautéd'orî-

Au

parait tout aussi difficile d'admettre les antres

systèmes. La rose des vents n'était pas inventée avec ses

primitive, malgré l'opinion de

reste, cette Alesia

M. de Mandajors aujourd'hui abandonnée, n'a rien de com-

mun

avec V Alesia àQ Vercingétorix,

de son nom,

tiré

semblable.

tion

un demi-vol d'argent sur champ de gueules;

nom

s'adresser

remonter

fait

Ages les plus reculés. Elle raconte que, treize siècles envi-

du même

marche
et ce

et

la

que la ressemblance
exprimant une posi-

d'Hercule dans

voyages ne sont que

le

Gaules,

les

symbole de

la

des progrés de l'antique civilisation phénicienne,

n'est

que par une

pour honorer

que

radical et

L'invasion

ses conquêtes et ses

nom a
étymologistes. On

armoiries de

mais avant l'époque incertaine où
ville et

fran-

un emprunt.

Alais, ville.

fois les investigations

a prétendu l'expliquer par
porte, en effet,

de

du type

Elephantus, dér. du grec EXé^aç.

Alais ou Aies,

avant que

Or, l'histoire

Une autre

vraies.

gine et d'existence.

mifère onguiculé de la fam. des Pachydermes.
est

C'est

que

plus ingénieuses

du problème se présente.
au mot lui-môme qu'il faut

qui se prononce Nemese, d'où on a

Aou.
s'est

et fr., tels

Aladèr,

auxquelles

solution

alors presque

Adjungere.

Al, artic. mase. sing. dat. Au, roman-languedocien
sité

ces découvertes,

mines de nos Cévennes, où

trop étroite.

dessinée

nommer, pour

déterminer l'allusion V Le mot de l'énigme n'est pas dails

teurs phéniciens

juste, droit.

assez nettement

cette figure d'aile aurait-elle été

dès sa première phirne, alors qu'il fallut la

sa racine.

Dér. de Adjuvar».

Ajusta,

quand le baptême se fit. D'ailAhst dérivait de Alestum, traduction latirte
à l'usage des tabellions, du nom roman Aies, de beaucoup
plus ancien. Enfin, comme la ville ne s'était pas improvisée d'un seul jet dans un moule tout tracé, comment
indications d'Kï( et A'Ouest,
leurs la forme

en aide.

soit

Dér. du

ÂLA

la

flatterie

imaginée sous Auguste,

mémoire de César, vainqueur

fondation de

la

grande

d'Alesia,

cité gauloise fut rattachée

aux aventures du demi-dieu mythologique. Mais la confusion n'est pas jwssible; car les commerçants de Tyr n'auraient

pu pénétrer

si

avant dans

les

terres,

ni

s'éloigner

des Cévennes, où leur exploitation de l'or les avait attirés
et les retenait.

Campement

fixe, station

peu; rien n'est resté que
inductions historiques.

commerciale on
les

ville,

il

importe

deux noms. Voilà pour

!el


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