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REVUE

D'HISTOIRE DE LYON
Etudes,Documents, Bibliographie
r

fondée PAIt
SÉBASTIEN CHARLÉTY
Professeur

à la

Faculté des/Lettres de Lyon

Tome Neuvième — Année 1910

LYON
A. REY &

CIE,

4,

IMPRIMEURS-ÉDITEURS
RUE GENTIL, 4

1910



CAGLIOSTRO ET LA FRANC-MAÇONNERIE LYONNAISE

-

étrange personnage, que les uns ont pris pour un homme
de
genle et les autres
la fin du
banal
traversa
pour
escroc,
un
xy,'1 Slece,
remplissantlemondedubruit de ses prodiges Joseph
BalSaïïio,plus
connu sous le nom de comte de Cagliostro. Il s'entrait volontairement
de mystère et dissimulait les premières
G'
de sa jeunesse, médiocrement honorables.
ù à Palerme 1743, il était
entré à l'âge de treize ans dans
en
Un ordrede
religieux garde-malades, les Benfratelli, où il avait
Pr"* l'habit
de novi ce. Son inconduite luiayantattirébientôt les
les plus sévères, il avait dû, à la suite de diverses
leUles)quitter
le couvent et Palerme. Il commença à parcourir
gr:1l0nde,
étudia la chimie, la médecine, les sciences occultes, et,
grâce à
1 n'Illl- son intelligence, conquit en Europe la réputation d'un
tat' es'extraordinaire. Il alla de Rome à Barcelone, à Madrid, à
à Varsovie, à Saint-P étersb ourg,entouré d'une répupa: mystérieuse. Partout la curiosité s'éveillait à sujet
son
on
déaIt de
guérisons merveilleuses, d'évocations fantastiques, de
importantes, d'une puissance complète de divination.
et rrivarenommée le précédait lorsqu'il vint de Russie en France
ej.
à Strasbourg, au commencement de 1780.
ùne foule
énorme s'était portée à sa rencontre, et quand il parut,
Ilon?le acclamation s'éleva
son entrée fut un vrai triomphe.
guérissait
l'a1Uhon de toutes les maladies sans daigner accepter la moindre
ceux de ses clients qui étaient riches; il donnait de
ceux qui étaient pauvres1.
pretendait
posséder la science des anciens prêtres de l'Egypte.

:

es

e

andes

e

vertes

e

à

Il

1

Fllnck-Brentano,

;

l'Affaire du Collier. Ch. Cagliostro.

:

:

016
Sa conversation roulait d'ordinaire sur trois points
1° la
Maçonneri
cine universelle dont il connaissait les secrets; 20 la
égyptienne qu'il voulait restaurer en Europe 3° la pierre Pbijosor,
phale au moyen de laquelle il transmuait tous les métaux inip
médecla
faits en or fin1. Ainsi, il apportait à l'humanité par sa

;

universelle, la santé du corps; par la Maçonnerie égyptienne
m11
l'âme,
des
richesses
de
la
pierre
philosophale,
santé
et, par
C'étaient là ses gran d s secrets, car il en avait beaucoup dau
mais de moindre importance.
un
Sa réputation était immense, et il réussit à éclipser pou
peuplee
115
moment toutes les célébrités contemporaines. Dans le
la bourgeoisie, chez les grands et surtout à la Cour,
dles
le
alla pour lui jusqu'au fanatisme. On ne l'appelait que
ur
sur
Cagliostro. Son portrait était partout, sur les tabatières,
tir
rnérne
bagues et jusque sur les éventails des femmes. On posa
a
vajt
les murailles des affiches où l'on rappelait que Louis XVI
à
injur
déclaré coupable de lèse-majesté quiconque ferait
Cagliostro.
ansà.
trois
Nous avons dit qu'il vint en France en 1780. Il resta
Roet
de
cardinal
Strasbourg, où il fit la connaissance du prince
FlorencrÍ
Au milieu de 1783, il fit un voyage à Rome, Naples,
gULes
Antibes. Le ier décembre 1783, il s'installa à Bordeaux. Les
miraculeusessons qu'il fit dans cette ville passèrent pour
ser
malades affluèrent. La police fut obligée d'organiser unpardats
i la
d'ordre autour de sa maison pour éviter des désordres
Idats
foule qui s'y précipitait. Aux jours de consultation, 8 ou 10 50
montaient la garde à la porte et dans l'escalier2.
oil
Oil
Lyon
Après être resté dix mois à Bordeaux, il se dirigea vers
il fut reçu par les francs-maçons avec de grands honneurs.

1

*

pendant
d311t
Il arriva à Lyon le ier novembre 1784. Il y resta six mois 0jlis
médecIe,
lesquels
déclara
pas
vouloir
s'occuper
médecin
lesquels il déclara
vouloir
de
s'occuper
ne pas
'rieUr
suivant
de
réformer la franc-maçonnerie
entreprend re
* *

il

ne

de

le1in

tien dont il avait, disait-il, retrouvé les éléments dans
des Pyramides.
1

Id.,lococitalo.

2

Henri d'Alméras : Cagliostro, p. 202-203.

?

ePuls plusieurs années,

il s'était fait, en effet, le propagandiste
dune maçonnerie
nouvel le, dite Maçonnerie égyptienne, dont
avait trouvé l'organisation
et les détails non pas dans les Pyraldes,
il le disait, mais à Londres, dans les manuscrits
comme
d""
nommé Georges Couston, que le hasard lui avait mis entre les
Ces manuscrits exposaient un systèmemaçonnique mêlé de
magIe et de
superstition. Cagliostro résolut de créer sur le plan de
Ce Manuscrits
un nouveau rite, en écartant, disait-il, tout ce qu'il
JUgeat
impie ou superstitieux dans la doctrine qu'ils contenaient.
Déjà il
On but avait établi une première loge à Strasbourg, en 1780.
S
était, expliquait-il, de conduire ses disciples à la perfection
ar une double régénération physique et morale. Il obtenait la
l'ernière,
ternelle grâce à la découverte d'une matière donnant la santé et
jeunesse la seconde, par l'application du pentagone ou
vierge « sur laquelle les anges ont gravé leurs chiffres et
leurs
sceaux », et qui restituait à l'homme l'innocence primitive
par le péchéoriginel.
Ucune religion n'était exclue. Les seules conditions imposées
Adeptes étaient de croire Dieu, à l'immortalité de l'âme et
en
(poUr
les hommes) d'avoir été admis dans la Maçonnerie ordinaire.
s pratiques de son rite étaient un mélange de cérémonies relipo'
g'e'l'Is,
réunions mon d aines, d' opérations ca bal istiques et d'évoât'°ns par lesquelles il correspondait
avec les esprits et les anges.
Aahiérarchie
comprenait trois grades apprenti, compagnon et
rn
égyptien. Les maîtres égyptiens prenaient les noms des
Clens
prophètes et les femmes — car elles étaient admises —
ceu des sybilles.
Cagliostro était lui-même le Grand Maître du
1{lte
et appelait le Grand Kophte, mais le duc de LuxembourgOntrnorency
avait le titre de grand maître protecteur de la
l~açonnerie
égyptienne.
Nous
avons dit que le principal but du voyage de Cagliostro à
lyollétait
de chercher à y implanter son Rite égyptien. Dans ce
but
Il visita d'abord la loge du Parfait-Silence, mais n'y obtint
du rite succès de curiosité. Il en fut autrement à la loge la Sagessei,
de la Haute Observance, dans laquelle il fut
reçu avec de

e

1

;

aue

e

re
c

:

s

l

un

Us
1tLe
L

temple de la Sagesse était à droite de l'allée des Brotteaux,
un peu
de la place du Bassin (place Kléber).

grands honneurs, sous la voûte d'acier. Il monta sur le trône u"
Vénérable, et ayant invoqué l'assistance divine, il prononça u;
long discours sur l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme et
te1ol,
respect dû aux souverains. Plusieurs membres de la Sagesse
gnèrent le désir de connaître sa doctrine d'une façon plus app
fondie. A cet effet, Cagliostro leur enjoignit de préparer la lOg:
maltre
selon son cérémonial, pour le lendemain, de choisir douze
et une petite fille qu'il appelait une colombe.
leqae,
el
Le lendemain, il inaugura la séance par un discours dans
prcrS
il démontra que tout homme doit être un Apôtre de Dieu,
tOUJols
le bien et fuir le mal, et que, comme les apôtres avaient eux,
pratiqué cette maxime, de même, étant douze comme
devaient tenir la même conduite, être ses douze apôtres et Pr
mettre avec serment de se conformer à tout ce qu'il leur lIJl
sera i 1

Il leur fit alors prêter le serment prescrit par son
de la
« je leur prédis (ce sont ses propres paroles extraites
a,,,ilet,
dure) que, de même que parmi les douze Apôtres, il y en
aS
Par
aussi
un qui avait trahi Jésus-Christ, il s'en trouverait un Pouvaitpas
eux qui trahirait la Société ils déclarèrent que cela ne
arriver; mais je leur répétai deuxfoislamêmeprédiction,ajo
eilsulte
ite
Il passa
que ce traître serait puni par la main de Dieu
soIt deS
de la colombe, qui s'exécutèrent
aux « travaux
etdait
d'une carafe dans laquelle l'enfant apercevait des anges
ré-Pondai-t
scènes prophétiques, soit derrière un paravent d'où elle
de
questions
étaient
qui
lui
questions
posées,
connues
aux
seul qui l'interrogeait.
deStait
j~
Ces expériences eurent le plus grand succès; les anges preiSà
dirent et apparurent, en témoignage de l'assistance que Dieu
lyonnaore,
des maçons
au Grand Kophte. On juge de l'étonnement
surprise
augmenta
la vue de tels phénomènes
mais leur
metng
lorsque, le lendemain, ils constatèrent la désertion d'un des
de la loge.
ter'
Cet homme, affirma plus tard Cagliostro, au cours de son
Cagli°stoe*tr
trall

rite.
*

:

».

»

a

C

;

g

ln

1

VIE DE JOSEPH BALSAMO, connu sous le nom de comte de

C

daprurieuses

de la Procédure instruite contre lui à Rome, en 1790, traduite
ginal italien, imprimé à la Chambre apostolique, enrichie de notes
et ornée de son portrait, Paris, 1791.

r),

ilaIre, fut bientôt puni par la main de Dieu, car, quelques mois
es, on lui vola tout ce qu'il possédait, et de riche qu'il était, il
evint misérable.

:

:eux. qui
étaient restés fidèles prièrent Cagliostro de fonder à
L
LyOrl
Une Loge Mère du Rite égyptien
« J'instituai donc, dit-il,
et Je fondai
dans ce lieu uneloge du Rite égyptien, sous le nom de
Tlloge
Mère; elle fut appelée ainsi,
parce qu'elle devait avoir la prisur toutes les autres loges dont elle devait être la mère et la

ea

Pressei.»

n

Loge Mère du Rite égyptien fut appelée la Sagesse Triompante, Elle
fut installée très luxueusement, avec un local distinct
Pour chacun
des trois grades, d'apprenti, de compagnon et de

1'0

a.1tre.

l' inaugura lui-même avec un pompeux cérémonial Il
ensuite ses pouvoirs de grand maître à deux vénérables à
l'original de son Rituel de la Maçonnerieégyptienne
Ser Ill,
aU commencement et à la fin, de son sceau représentant un
flèche. Cesdéléguésreçurentégalement de lui:
la
une
Patente dinstitution
suivante que nous repro d uisons in extenso
déléella

baissa

percéd'

GLOIRE, UNION, SAGESSE,

<(

BIENFAISANCE, PROSPÉRITÉ.

Grand Kophte, fondateur et grand maître de la Haute
deIlOIlnerieégyptienne
dans toutes les parties orientales et occident
du globe,faisons savoir à tous ceux qui verront ces pretitr:b que, dans le séjour que nous avons fait à Lyon, beaucoup de
titre res de cet Orient, suivant le rite ordinaire et qui porte le
de SAGESSE,
avaient
d eut
ayant
GESSE, nous
ent désir
ayantmanifesté
esté l'ar
IlJ.l11"
de
qu
nous
eSlr qu'ils
1 s avalen
al'
mam
Se SOUmettre
à notre Gouvernement et de recevoir de nous les
et les pouvoirs nécessaires pour connaître et propager la
iïiaçonerie
dans sa vraie forme et dans sa primitive pureté, nous
SigIlS
sommes rendu à leurs
vœux, persuadé qu'en leur donnant des
notre bienveillance, nous aurons la douce satisfaction
l'hu.Olr
travaillé pour la gloire de l'Eternel et pour le bien de
Vanité

V

oUs,

reS

S
<(

t

Sur

ces motifs, après avoir suffisamment établi et vérifié auprès

Ure
Pr

d

contre Joseph Balsamo, instruite à Rome en 1790.

du Vénérable et de beaucoup de membres de ladite loge le pou,'DI!
et l'autorité que nous avons à cet effet, avec le secours de ces Illela
frères, nous fondons et créons, à perpétuité, à l'Orient de Lyon,
présente loge égyptienne, et nous la constituons Loge Mère
titre
Ie
l'Orient
l'Occident,
tout
lui attribuant pour toujours
et
ers
distinctif de SAGESSE TRIOMPHANTE et nommant pour ses
perpétuels et inamovibles

r

P

0

:

N. vénérable
et N. pour son substitut.
N. orateur
et N. pour son substitut.
N. garde des sceaux, archiviste et trésorier
et N. pour son substitut.
N. grand inspecteur et maître des cérémonies
et N. pour son substitut.

dro
fficiers le

Nous accord ons, une fois pour toutes, à ces o
le pouvoir de temrlogeégyptlenneaveclesfrèressoumIS 115
cornpa-CfIlotis
direction,defaire toutes les réceptions d'apprentis, de
tetre
de
et maîtres maçons égyptiens, d'expédier les attestations, de11
des relations et des correspondances avec tous les maçons
rite et avec les loges dont ceux-ci sont membres, en quelque lieil
aqui
et
la terre qu'elles soient situées, et d'adopter, après l'examen
ordinaIre,'né
les formalités prescrites par nous, les loges du rite
1
d'exerce
désireront embrasser notre institution; en un mot, appartiel,elit
ralement tous les droits qui peuvent appartenir et
une loge égyptienne juste et parfaite, qui a le titre, les preron
et l'autorité de maîtresse loge.
atl
« Nous ordonnons au vénérable, aux maîtres, aux
atteIltiorl
membres de la loge, d'avoir un soin continuel et une tioll5et
les récep
scrupuleuse toutes
de la loge,
afin quecol"foraléaleilt
généralement
lestravaux
autresfonctions
se
fassent
pour les
fonctions
conforeeIlt,
généralement toutes les autres
fassent
Ilieiit)
se
aux règlements et aux statuts que nous avons expédiéssépar
et munis de notre signature et du sceau de nos
marchercon
« Nous ordonnons encore à chacun des frères de
lalrbut
ment dans le sentier étroit de la vertu et de montrer, par e blt
larité de sa conduite, qu'ilaime et connaît les principes et
de notre ordre.
<(

a

v

officiers

armes.

Pour donner de l'authenticité
siJ«1608
aux présentes, nous les avons
S,
tnUs
de notre main, et
nous avons appliqué le grand sceau que
avons accordé à cette Loge Mère, de même que notre sceau
et notre cachet profane
(' Donné
à l'Orient de Lyon. »
la.nl'absence de Cagliostro, les deux vénérables devaient présider
la1006
Y faire des travaux avec les pupilles (jeunes garçons) et
les
coloinhes (jeunes filles). A cet effet, il leur communiqua
son
pouvoir
qu'il avait, disait-il, reçu de Dieu, et sans lequel ils
'l' Paient
pu réussir.
premier
banquier
S ~^°stardvénérable de la Sagesse Triomphante était le
qui,déjà, à plusieurs reprises, avait été vénérable de
la

:

nnIque

e
g

laSagessei.
Vant son

départ de Lyon,Cagliostro reçut des membres de la
Triomphante, pour lui et pour sa femme, des tabliers et
Svi-nboles de la maçonnerie, tous richement brodés et ornés
^»ent,dor et de pierreries.
consécration
de la loge, dont le principal ornement était une
't"t"" du
maître, eut lieu quelque temps après le départ de CagliosElle fut célébrée aussi solennellement
la consécration
d'u
que
une église. Cagliostroenvoya de Paris deux députés chargés de
présider saplaceetdedonnertouteslesinstruct
i ons nécessai res
ceremome.

c,
9essp

à

E

Elle fut

très longue. Les adeptes, vêtus de blanc, un voile noir
la tète,
devaient rester en adoration, en se reposant une heure
eÛt
Sept, Jusqu'à
ttlil'vu,
ce que la colombe, enfermée dans un tabernacle,
dans
une carafe, Moïse ou le Grand Kophte apparaître au
ïUiligU
d'un nuage bleu et déclarer
que le ciel était satisfait. A ce
Seentseulement, l'assistance pouvait rejeter les voiles de deuil et
sllp

V
eparer

dation dura cinquante-quatre heures.

t 1 leurs la lettre qu'un des
UVait

Se

OI'ci

l

aIOn
cOn.

a d eptesécrivit à Cagl iostro, qui

alors à Paris, pour lui donner quelques détails sur la
du nouveau local3:

t bn^°s'ard
3

était également président de la Grande Loge Provinciale.
juillet
1785.

CeVeVr27

aCettelettre

est citée en entier dans la Vie de Joseph Balsamo et

a

été

sl

« Monsieur et Maître, rien ne peut égaler vos bienfaits,
n'est la félicité qu'ils nous procurent. Vos représentants se sont serPortes
vis des clefs que vous leur avez confiées ils ont ouvert les
fai l'e
du grand temple, et nous ont donné la force nécessaire pour
briller votre grande puissance.
lus
de
P
et
augusteavoirde
« L'Europe n'a jamais vu une cérémonie plus pouvait
sainte mais nous osons le dire, Monsieur, elle ne
témoins plus pénétrés de la grandeur du dieu des dieux, plus
naissants de vos sublimes bontés.
reperS
el
« Vos maîtres ont développé leur zèle ordinaire, et ce
intérie,'J
religieux qu'ils portent toutes les semaines aux travaux une.iéle
opt
de notre loge. Nos compagnons ont montré une ferveur,
pt
qUI
noble et soutenue, et ont fait l'édification des deux frères
Ofit
travail
eu l'honneur de vous représenter. L'adoration et lescirconstanceg,
duré trois jours et, par un concours remarquable de
nous étions réunis au nombre de 27, dans le temple sad'aoratioll,
a été achevée le 27, et il y a eu cinquante-quatre heures
la trop
« Aujourd hui notre désir est de mettre à vos pieds
expression de notre reconnaissance. Nous n'entreprendrons
vous faire le récit de la cérémonie divine dont vous avez faire
faire
de vous
nous rendre l'instrument
nous avons l'espérance vous.
oUs
parvenir bientôt ce détail par un de nos frères, qui
nnOs
ou
tera lui-même. Nous vous dirons cependant qu'au moment qieIlos
avons demandé à l'Eternel un signe qui nous fît connaître JIlhilo
vœux et notre temple lui étaient agréables, tandis que notre Pterpé
était au milieu de l'air, a paru sans être appelé le premier
prosS'est
sophe du Nouveau Testament. Il nous a bénis après s'être
devant la nuée bleue dont nous avons obtenu
soUjrla
élevé sur cette nuée dont notre jeune colombe n'a pu
splendeur, dès l'instant qu'elle est descendue sur la terre.
olll
législateurd'Israël
obelSsarfaite
« Les deux grands prophètes et le
donné des signes sensibles de leur bonté et de leur
et
complète
l'opération
ordres
rendre
tout
à
vos
a concouru
touj•oUrsel
et
autant qu'en peut juger notre
11rs
protéger
« Vos fils seront heureux, si vous daignez les

;

;

re

;

;

béne

s

de

lest
l'apparition,

:

no
F
faiblesse.

reproduite en partie dans YHistoire philosophique de la
Kauffmann et Cherpin.

y

branc-w de

les couvrir de
vos ailes; ils sont encore pénétrés des
vous avez adressées du haut de l'air la colombe qui

paroles que
à
vous implorait
pour elle et
Dis leur que je les aime et les aimerai toupour
nous:
jours.
Ils vous jurent eux-mêmes
un respect, un amour, une reconéternels, et s'unissent à nous pour vous demander votre
enediction
qu'elle couronne les vœux de vos très soumis, très
respectueux filset disciples.
Le frère aîné: ALEXANDRE TER »

lsace
((

;

Nous

;

ne possédons pas le texte de la réponse que fit Cagliostro
au membres de la loge de Lyon
nous savons seulement qu'il leur
IrIlla
que, s'ils l'avaient vu en cette occasion dans les nuages,
s sa mort, ils le verraient de même
un jour dans sa gloirei.
*

**
l nous
reste maintenant à examiner le rôle joué dans la maçon11
françaisepar le Rite égyptien et principalement
sa Mèrepar
taDIsons
Sagesse Triomphante.
d'abord que le Rite égyptien ne fut pas reconnu par
IIIu les
autres Rites pratiqués en France. C'est ainsi que, quelques
HioiaPrès
la fondation de SagesseTriomphante, la Mère-Loge
Ecossaisphilosophique ou Mère-Loge écossaise de France
sousle-Ilornde
Saint-A lexandre-(TEcosse
Contrat-Socialréunis,
reta qu'elle reconnaissait le Rite du
égyptien et qu'il serait
ne
pas

lie

la

16

:

la

et

1
Leraron
de Liebisdorf, dans
Phat

av

une lettre au Marquis de Saint-Martin, datée
raconte, ainsi qu'il suit, la consécration de la loge la Sagesse Triom-

La
*7jsecraton

de la loge de Maçonnerie égyptienne à Lyon eut lieu le
5556, sui vant leur calcul qui
me paraît erroné.
S
^raVaux
dUI,èrent
«
U
il
heures ;
trois jours et les prières cinquante-trois heures;
avait.2
y
erriel,de membres assemblés. Dans le temps que les membres prièrent
était
r,nlheu
Manifester son approbation par un signe visible et que le maître
hfes(je
de ses cérémonies, le Réparateur parut et bénissait les memASsemblée.
V^icule
Il était descendu devant un nuage bleu qui servait de
a
^0lïlent cette apparition; peu à peu il s'éleva encore sur ce nuage, qui, du
de son
éblouissante
qu'une
jeunefille
abaissement
du ciel sur la terre, avait acquis une splendeur si
présente, n'en put soutenir l'éclat. Les
,
s'gHes
prophètes et le législateur d'Israël leur donnèrent aussi des
approbation et de bonté. (Correspondance de Saint-Martin avec
baron deLiehisdorf.
Paris, 1862.)

t

7

trois

a

S

e"gel',

C.

a



ph1
régime
d
chapitres
du
circu
l
aire
loges
ressé
et
aux
a
une
aux
sophique pour les inviter à se défier des novateurs en maçons
,

lesve

« lesquels sont d'autant plus dangereux qu'ils éloignent
bles maçons du but auquel doivent tendre les frères de l'Ordre»signa
été
avait
frère
l'un
membres,
le
Devismes,
lui
de
comme
ses
comme faisant partie de la loge la Sagesse Triomphante, deerea
à Lyon, sous le régime égyptien, la Mère-Loge écossaise
Sa
de
compte
Devismes
devrait
Paris
rendre
que
se rendre à
pour

travai

conduite1.
Il en fut tout autrement du rite des Elus-Coëns (rite de
dela
Pascalis) ainsi que du régime des Philalètes ou chercheurs
le5
Langes,
Savalette
vérité, nouveau rite fondé par
de
groUper
tallé à Paris la loge des Amisréunis dans le but de pasea15,
hauts maçons et illuminés, disciples de Swedenborg, de
de Saint-Martin
Le 24 août 1784, les Philalètes avaient décidé la réunion
tous
de
Gonventfraternel où se rencontreraient des représentants
les rites maçonniques, et qui aurait pour but principal
L^
rapports
l'origine et la nature de la science maçonnique, ses ousecrète
les sciences connues sous le nom de Sciences occultes me*^eU^
enfin, de décider lequel était des régimes actuels le
suivre, non comme coordination générale, mais pour faire faIre
disciples de prompts et utilesprogrès dans la vraie science
niquela
sée,
Le Convent devait avoir lieu en janvier1786. Mais, dans
Comitéd'organisationdécrétaqu'ilseraitavancéd'uneaI1

Mar

qui r

etdeWeishaupt.5

je

de

tien.

a
m

le

ait
pro

parce que le fameux Cagliostro étant en France, on en
Kite 0
pour lui demander de venir exposer le système de son
te5
une
On le voit, les Philalètes attachaient au Rite égyptien
plushau
grande importance, et voyaient dans Gagliostro une des
personnalités de la Franc-Maçonnerie.
parle
La proposition de convoquer Cagliostro avait été adoptée
Comité organisateur, le 10 février 1785. Ce fut Vélu-coèn DesgajI)tiIlt,
qui fut chargé de se rendre à Lyon, afin de savoir par
de,
Costard, vénérable de la Sagesse Triomphante, les

inten

1

Ragon. — Orthodoxie maçonnique.

Cagliostro. Il
en rapporta la promesse que Cagliostro se rendrait
au Souvent
y était invité.
Le Convent fut
ouvert le 19 février 1785, et le 10 mars le Comité
organisateur écrivit officiellement à Cagliostro,
l'intermédiaire
par
de de Beyerlé1,
pour l'inviter venir développer sa doctrine. Mais
eri dépit des
promesses de Saint-Costard, Cagliostro ne se rendit
Pas à cette convocation. Il
se contenta d'envoyer un manifeste
IhPhatique qui, daté du ier de l'an 5555, fut expédié le 6 avril
par
Sagesse
a
Triomphante. Ce manifeste était ainsi conçu
(c Le Grand Maître inconnu de la maçonnerie véritable
a jeté les
yeux.
sur les Philalètes.
Il Touché de leur piété, ému
par l'aveu sincère de leurs besoins,
il daIgne
étendre
la main sur eux et consent à porter un rayon de
uIhière
dans les ténèbres de leur temple.
(C Ce
des actes et des faits, ce sera par le témoignage
sera
par
d es
sens qu'ils connaîtront Dieu, l'homme et les intermédiaires
S Plrituels
l'autre, conna i ssance dont la vraie
p il"t,iel créésentrel'un
s créés entre l'un et l' autre, connaissance
vraie
açonnerie offre les symboles indique la route. Que les philaet
donc embrassent les dogmes de cette maçonnerie véritable,
qu'ils
se soumettent au régime de son chef suprême, qu'ils en
adoptent
les constitutions. Mais avant tout, le sanctuaire doit être
PUrifié; les
Philalètes doivent apprendre que la lumière peut desdans le temple de la foi, et non dans celui de l'incertitude.
vouent aux flammes ce vain amas de leurs archives Ce n'est
que surlesruines
de la tour de confusion que s'élèvera le temple
dela
Vérité.

s'il

à

:

et

fs

re
11

elav,

,

itant
emanifeste

!

»

fut suivi d'une lettre de la Sagesse Triomphante,
pour que le Convent se pliât aux exigences de Cagliostro
« Ah! bénissez, heureux Philalètes, le jour
où vous attirâtes sur
us les regards de
notre Maître, où il vous adressa les paroles de
joie
et de consolation contenues dans l'écrit ci-joint
que nous vous
llvoyons
de sa part. »
letj.n
Peu surpris par le ton du manifeste et par le lyrisme de la
t re, le Convent écrivit
retard (le 12 avril) aux frères de
sans
YOn
Pour leur demander une réponse plus précise et plus claire.

j

:

t

*IXllte
êlu-coën
'e

i C

de Beyerlé qui fut chargé de toute la correspondance que
organisateur et le Convent échangèrent avec la loge de Cagliostro.

1

La réponse ne se fit point attendre. Elle est datée du 13c jour
hiéroglyphe
l'an
mois
de
5555
la
signature
bas
et porte au

de Cagliostro, ainsi que les signatures véritables de l\fontmorenc)d
d
grafl
Laborde,
prince de Luxembourg, grand maître protecteur
d

;

inspecteur; Saint-James, grand chancelier; Devismes,gran
secrétaire.
Les signataires de cette lettre déclaraient
Nous
vérité.
Vous
l'avez
dédaignéeNous
vous avons offert la
«
donnons et vous avez voulu nous prescrire comment et à qui n OJIS
devons donner; vous avez voulu gouverner notre marche dans une
carrière où vous n'avez pas encore fait le premier pas.
scru,
les
Nous
retirons
donc
offres,
ainsi
tombent
et
tous
«
nos
pules et toutes les incertitudes que vous inspiraient vos formes."
Après avoir donné lecture de cette lettre au Convent, Convent
de Langes expliqua que Cagliostro avait demandé que le
adhérât à son rite et formât une loge de la Maçonnerie égyptienne
Cette demande avait été transmise à la loge des Amis réunis,
et r
droit,
du régime des Philalètes qui, seule, pouvait y faire
pou
Sagesse Triomphante avait été invitée à nommer des délégués
donner tous les éclaircissements compatibles avec ses devoirs.
de
Savalettlée
Cagliostro avait alors répondu par la lettre dont l'Assert1
Langes venait de donner lecture, déclarant que puisque
regl5
le
cherchait à établir une distinction entre le Convent etsauverjeS
des Philalètes pour arriver par une voie détournée à
archives, dont la destruction lui était demandée, toute
devait cesser entre elle et lui.
un
de
baron
Le Convent résolut de déléguer auprès de Cagliostro le
Gleichen, dans le but de lui faire observer que, formé pou er5
temps limité et pour une besogne spéciale de maçons de qi
rites, de pays différents, le Convent ne pouvait s'ériger en qel
permanente et que, d'autre part, il serait désirable que ceu
voudraientêtre initiés n'eussent pas besoin, pour obtenir leurs
de faire le voyage de Lyon.
Phialète;élé"
Cagliostro répondit qu'il daignait permettre
aux quIleavec
indispensable
conserver leurs archives, mais qu'il était
gation de trois frères allât prendre à Lyon « les constitution8
pouvoir etpuissance
Je
de
frères
Trois délégués du Convent partirent pour Lyon: les

:

Sava

ce

re
ra

».

zIa,
Raimond et
:urs

de Paul. P l usieurs entrevues eurent l ieu, au
desquelles le Grand Maîtredu Rite égyptien exposa sa doctrine
etson

rite.
Dans
un rapport adressé au Convent, à la suite de leur seconde
enstrevue, les
trois délégués se déclarèrent enchantés de Cagliostro.
doctrine, dirent-ils, doit être regardée
sublime et pure
comme
c sans avoir parfaitement l'usage de notre langue, il l'emploie
les prophètes s'en servaient autrefois. Après une troisième
»
evue, les délégués écrivirent de nouveau au
Convent une lettre
enfL las
Ils annoncèrent qu 'ilsavaient fait les premiers pas
sansla
carrière égyptienne, que Cagliostro leur avait communiqué,
SoUsle
gYPtiensceau de la parole d'honneur, les enseignements du Rite
et qu'ils avaient entrevu dans cette communication une
interprétation
sublime de la Maçonnerie.
v choses semblaient donc aller
pour le mieux, lorsque, conVaiCUSSans
de »lostro doute qu'ilsn'avaient qu'à or d onner pour être obéis,
et la loge la Sagesse Triomphante crurent de nouveau
dOlr exiger la destruction des archives des Philalètes l'adhésion
Convent
Rite égyptien.
l'esnlèmesauobjections
se reproduisirent. Irrité, Cagliostro envoya,
au Convent cette lettre qui est une véritable excommuCation

(
016

e.

es

et

avril,

;

A la gloire du Grand Dieu,
Pourquoi mensongeest-iltoujours
«

((

ed'eputés,

le

sur les lèvres de vos

tandis que le doute estconstammentdans vos cœurs? Ne vous
ocusez point,
car, je vous l'ai déjà écrit, vous ne m'avez point
offeUsé.
Dieu seul peul décider entre vous et moi.
v«\Tous dites
cherchez la vérité je vous la présentai et
que
vous
^s l avez
méprisée. Puisque vous préférez un amas de l ivres et
pa.ecrlts
durgerpuérils au bonheur que je vous destinais et que vous deviez
avec les élus puisque vous êtes sans foi dans les promesses
Dieu ou de son ministre sur la terre, je vous abandonne
,,:Ou.-Ihêmes
Y0^ nstruire. et, je vous le dis en vérité, ma mission n'est plus de
fepillerez Malheureux Philalètes, vous semez en vain, vous ne
que de l'ivraie.»
Après lecture
de cette lettre, le Convent, se jugeantsufifsamment
golre.
SUr les véritables intentions de Cagliostro, rompit toute nécIQhou.

;

rand

;

*
¥ •*

Le Convent clôtura ses séances le 26 mai 1785.
ParIS.0il
Cagliostro quitta Lyon le mois suivant. Il se rendit à
devait éclater, quelques mois plus tard, la fameuse affaireduCol
affaire qui fit le plus grand tort à sa réputation et, par là même, [l

Rite égyptien.
disparuret
Peu à peu, ses fidèles l'abandonnèrent, ses loges
égyptjet,
En 1789, la Sagesse Triomphante était la seule loge du Rite
qui existât encore. En effet, lorsque vers la fin du mois de 11131
arre
'té
l'année 1789, Cagliostro se rendait à Rome, où il devait être
par or d re de nqulsltIon, il fit en route la connaissance
jeunes Romains qui lui demandèrent de les initier dans ledevqil
égyptien. Il leur réclama cinquante écus pour la patente, qui
être expédiée de Lyon.
aU
Peu après l'arrestation de Cagliostro, son internement au olip
Saint-Ange et sa mort mystérieuse portèrent le dernier
Triomphantellls
déjà
bien
compromis.
Rite
égyptien
La
Sagesse
au
parut. Ses membres se rallièrent aux autres rites et il ne resta P
rien de l'œuvre maçonnique de Cagliostro.

deil

eu

J.-B.

BRlCAVD.


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