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Louis-Marie SALAÜN

“LE BINIOU AUX ARMÉES”

Le couple biniou-bombarde dans l’Armée
française pendant la Grande-Guerre
Octobre 2016

Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

TABLE DES MATIÈRES
Avant-Propos
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.

Le couple biniou-bombarde en Bretagne
Les bretons engagés dans la Guerre
L’origine des instruments bretons dans les rangs de l’Armée
Les sonneurs-soldats à la une d’un journal
Les instruments conservés des soldats bretons
Les régiments bretons avec couple biniou-bombarde
Références et bibliographie

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(image extraite du film”le printemps de la victoire” de 1916 montrant un soldat breton jouant du biniou.On notera le
levriad (tuyau mélodique) bricolé avec un morceau de bois mais jouable)

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

Avant-propos​:
Ce document n’a pas pour but de retracer ce que fut la présence et l’engagement des
bretons dans le sanglant conflit de la Grande-Guerre.
Des ouvrages publiés sur le sujet seront proposés au lecteur à la fin.
Il a en revanche pour objectif de présenter brièvement au grand public (et notement
bien sûr à ceux qui passionnés par l’Histoire de France s’intéressent de près à cette
époque) un facette populaire sans doute moins connue du conflit armée le plus
sanglant du XXème siècle.
En tant que breton et musicien (sonneur de bombarde) il m’a paru intéressant
d’effectuer des recherches sur l’activité musicale des sonneurs bretons engagés dans
l’Armée pendant la Grande-Guerre et d’en faire profiter mon entourage en
transmettant le plus fidèlement et simplement possible ce que j’ai appris par ces
recherches.
Puisse ces quelques pages venir combler ce souhait!

Biniou ayant appartenu à l’un des soldats du 73ème RIT de Guingamp (photos: Mucem)

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

1. Le couple biniou-bombarde en Bretagne
Avant d’entrer dans le vif du sujet il est nécessaire de présenter brièvement au
lecteur l’aspect le plus évident le plus représentatif (aujourd’hui encore) de la
musique traditionnelle bretonne.
Cet aspect incontournable, présent dans l’iconographie comme dans le langage
populaire français(quit à confondre la bombarde en lui donnant le nom de biniou!)
c’est bien le couple biniou-bombarde, instruments indissociables de la musique
bretonne.
Sous cette appellation quelque peu déroutante se cache un duo et l’association du
hautbois breton: la bombarde avec la cornemuse bretonne: le biniou(également
appelé “​biniou-koz” c​ ’est à dire “​ vielle cornemuse”).
Le couple biniou-bombarde est hier comme aujourd’hui l’emblème de la musique
instrumentale bretonne.
D’après les recherches et les traces laissées par l’iconographie on pense que le couple
biniou-bombarde existe depuis le XVIIIème siècle.Au par avant il s’agirait plus d’un
couple hautbois-veuze (la veuze étant la cornemuse du pays Nantais et Vendéen.Elle
sonne une octave en dessous du biniou, donc bien moins aigue)

(un couple de sonneur biniou-bombarde)

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

2. ​Les Bretons engagés dans la Guerre
Aujourd’hui encore le nombre de bretons engagés dans la Guerre de 14-18 reste
incertains: certains évoquent ​240 000 morts tandis que Yann Lagadec(maître de
conférences en histoire à l’Université Rennes 2), estime que le total se situe plutôt
aux alentours de ​130 000 (sources: France 24, article de Stéphanie Trouillard du 30
Décembre 2014 ​“Grande guerre: l’image du breton était celle du plouc arriéré”​).
Quoi qu’il en soit la Bretagne a payée, à l’image d’autres régions françaises un lourd
tribu et ses 130 000 morts (si l’on s’en tient à ce décompte) font que la Bretagne
représente un pourcentages de morts supérieur à l’ensemble de la France.
Voici ce que dit Patrick DAUM dans son ouvrage ​“Les bretons dans la Guerre de
1914-1918”:
“Les Bretons, dont la ténacité était bien connue du haut commandement, ont souvent été utilisés
pour « tenir » des positions là où d’autres régiments lâchaient prise. Cette population, fortement
rurale, d’un naturel assez discipliné, peu revendicative, constituait une « chair à canons »
idéale, renouvelée par une forte natalité”.

(vitrail breton exposé au musée de Saint-Connan dans les Côtes-d’Armor)

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

3. ​L’origine des instruments bretons dans les
rangs de l’Armée
On doit à un colonel d’origine bretonne la présence de ces deux instruments civils
dans les rangs de l’Armée française et plus exactement du 73ème régiment
d’Infanterie Territoriale de Guingamp( Côtes-d’Armor).
Mathurin Oliviero (1866-1943), pharmacien à Paris mais d’origine pontyvienne,
(Pontivy en Morbihan)lance en 1915 une souscription nommée: ​“le biniou aux armées”
dans le but d’offrir aux soldats bretons des instruments dont ils joueraient pour
agrémenter leurs temps libre.
On signale également qu’en Avril 1916, ​deux galas sont organisés par la presse lorientaise
et la Société Philharmonique au bénéfice des soldats nécessiteux des régiments de la ville. Cette
collecte servira à l’achat d’un couple biniou et bombarde et d’instruments de musique pour le
262e RI.
Lisons Kristian Morvan qui nous parle de la présence du biniou et de la bombarde
dans un régiment breton:
“On remarque la présence de binious dans les rangs de ce régiment dès le début de l’année 1915.
Le 73e RIT est composé de militaires originaires de la partie bretonnante des Côtes d’Armor. Les
Territoriaux sont des militaires âgés entre 34 et 49 ans, plus âgés que les régiments de premières
lignes.
Le 29 juin 1915, le lieutenant Aymar du Quengo de Tonquédec (1867-1943), qui intègre le
régiment en avril 1915, officialise la création d’une fanfare qui comprend binious, bombardes,
tambours et clairons”.

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

Lieutenant de Tonquédec (photo: blog musik-e-Breizh)

Le Journal de route du régiment indique à la date du 14 juillet 1915 :
« Le 14 juillet, pour la fête nationale les hommes reçoivent des rations supplémentaires. le
lieutenant-colonel passe en revue le matin une section par Cie pour la remise des premières
croix de guerre, le défilé s’exécute au son des binious et des bombardes. les punitions de prison
sont suspendues. »
Et voici le témoignage donné dans l’article du journal “l’Illustration” du 3 Juin 1915
dont la Une fera -nous le verrons plus loin- le tour de la Bretagne:
“Désormais, comme les Ecossais suivent leurs biges-pipes, c’est au son de la bombarde et du
biniou parés de rubans où le tricolore s’enlace au vent à l’hermine héraldique de Bretagne que le
régiment marche au feu” (...) En faisant entendre chaque jour à ses Bretons les musiques qui
leur sont chères, qui leur rappellent leur commune origine, le colonel qui eut cette intelligente
initiative tend à renforcer en leurs coeurs cette idée qu'en luttant pour la grande France,c'est
encore la quiétude et le bonheur de leur lointaine petite patrie qu'ils défendent ; il rattache plus
intimement la fidèle et pensive Bretagne à la commune mère, dont elle partagera la gloire
triomphale après avoir partagé ses dures épreuves.

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

Le 18 septembre 1921, à Huelgoat est organisée un fête par la Fédération des Syndicats
d’Initiative de Bretagne, à cette occasion les instruments du 73e RIT sont « rassemblée en
panoplie derrière la table d’honneur« , en présence du Maréchal Foch. La presse locale relate
l'événement et les discours notamment celui de Mr Bahon-Rault qui se termine ainsi :
« … ce n’est pas sans une émotion profonde que j’écoutais ce matin les accents entraînants des
binious, en cette manifestation de paix, en songeant au courage stoïque des héros de l’Yser
allant au feu, à la mort, à la gloire, aux accents des binious de « chez nous » que vous voyez ici.
… Salut, Messieurs, aux binious de l’Yser, salut à la race bretonne ! »

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

4. ​Les sonneurs-soldats à la Une d’un journal
Le 3 Juin 1915 paraissait à la Une du journal “L’Illustration” une photo devenue
célèbre en Bretagne: celle de deux Poilus sonnant respectivement de la bombarde et
du biniou.
Les pages suivantes présentent au lecteur un article faisant mention des
instruments bretons présents dans certains régiments notement le célèbre 73ème
RIT de Guingamp.
On ne connait ni le nom des sonneurs, ni le nom de celui ou ceux qui ont fabriqués
leurs instruments.Aujourd’hui encore on s'interroge…néanmoins, une piste sérieuse
pourrait nous renseigner sur le nom et le métier du sonneur de biniou: il s’agit
(d’après K.Morvan) de Jean-Marie le Goff de St Péran en Glomel.

(à droite au biniou J-M le Goff le sonneur en photo sur la une de l’Illustration de 1915)

Né à Paule en 1872, il fait la campagne de Madagascar en 1895. Son carnet militaire indique
qu’il arrive au 73e RIT de Guingamp le 8 novembre 1915, il y reste jusqu’au 27 décembre 1915. Il
peut donc être le sonneur en photo sur la couverture du magazine L’Illustration de juillet 1915.
Je n’ai que peu d’information de ce sonneur, surnommé « Gov ar C’hoat« , il est décédé en 1959 à
Glomel. Il était cultivateur, Gildas Jaffrenou et Polig Monjarret le donne aussi comme tourneur
sur bois, qui aurait réalisé des binious et bombardes.

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

5. ​Les instruments conservés des soldats bretons
C’est au Capitaine Léopold Moreau de Bellaing que l’on doit la conservation des
instruments du 73ème RIT de Guingamp.
En 1919, la guerre terminée, le 73e RIT est dissout. Léopold De Bellaing hérite des précieux
binious, qu’il conserve avec l’espoir de voir un jour la création à Guingamp d’un musée où les
instruments seraient exposés en la mémoire du 73e RIT.​(source: blog de Kristian Morvan
“musik-e-Breizh”)

source :​ M
​ ucem​.Deux médailles accrochées aux binious dont parle De Bellaing, indiquant le nom des donateurs.
« ​Don de M le lieutenant de la Motte Rouge​ » et « ​Don de M le lieutenant-colonel de Quengo de Tonquédec​ »

Un peu plus tard en 1952, Yves De Bellaing donne l’ensemble des instruments (une clarinette,
deux binious et sept bombardes) avec plusieurs photos et partitions au musée des Arts et
Traditions Populaires de Paris. Un couple biniou et bombarde est alors exposé dans les vitrines
du musée. A la fermeture des ATP, en 2005, l’ensemble est transféré au MuCEM à Marseille
et… est remis en caisse !
Aujourd’hui on peut voir ces instruments, véritables témoins des événements de
l’époque au MuCEM de Marseille, exposées en vitrine.Leur état varie d’un
instruments à l’autre certains apparaissent en meilleure conservation.
Quand aux extraits sonores nous ne pouvons en fournir, il faudrait pouvoir utiliser
ces instruments pour avoir un aperçu de leur sonorité et déterminer avec des anches

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

adéquates (le grattage des anches d’aujourd’hui n’était pas le même qu’au début du
20ème siècle) leur tonalité.

Les 3 bombardes présentées sont de factures différentes (on a à l’heure actuelle des pistes sur les facteurs de ces
bombardes mais pas de certitudes).La bombarde de gauche est en ébène avec des bagues en os (comme les 2 autres) et
des incrustations d’étain.La bombarde de droite est en buis teinté.Il semble qu’il manque la clé sur la bombarde de
gauche.

Ne sont présentées ici que 3 des 7 bombardes conservées et donné en un premier
temps au Musée des arts populaires de Paris avant que celui-ci ne déménage à
Marseille et devienne le MuCEM.La facture de qualité des instruments montre tout
l’art des tourneurs et facteurs de bombarde de l’époque! Il est à noter qu’on pourrait
aujourd’hui réaliser de parfaites copies de ces instruments.

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

La particularité de ce biniou réside dans ses souches en buis tandis que les éléments de jeu (sutell, lévriad et bourdon)
semblent être en ébène.Le biniou comme la bombarde présentée plus haut possède des incrustations d’étain

(lévriad du biniou: on remarque bien la souche en buis)

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6. ​Les régiments bretons avec couple
biniou-bombarde
Les documents de l’époque font mentions d’au moins 3 régiments bretons comptant
dans ses rangs des sonneurs.
Nous avons établis une liste de quelques régiments bretons où l’on retrouve la
présence du couple biniou-bombarde:
-73 ème Régiment d’Infanterie territorial de Guingamp (Côtes-d’Armor)
-318ème Régiment d’Infanterie de Quimper (Finistère)
-262ème Régiment d’Infanterie de Lorient (Morbihan)
Voici le témoignage d’un sonneur ancien soldat du 26ème RI.Il évoque les
distractions musicales au son du couple biniou-bombarde pendant les moments de
repos de son régiment:
« ​Dans l’Oise, au repos, je me souviens d’une fête dans une cour de ferme, la ferme Gamet,
précis-t-il ; on était monté sur des barriques et ce fut comme au pays ! Le lieutenant-colonel
Poblet présidait au premier rang avec le capitaine Baudet, natif d’Hennebont, animateur
emballé de nos fêtes bretonnes » Et l’ancien poilu raconte avec quel plaisir la population et les
soldats exécutèrent tant bien que mal gavottes et ridées​ » .
La présence des instruments bretons dans les régiments va se populariser grâce à la
création d’un petit journal publié entre 1916 et 1917 par les poilus du 248e Régiment
d’Infanterie, caserné à Guingamp. Il avait pour nom “le biniou à poil”.On trouve
dans ce journal des tranchées quelques textes en breton, signé « Jules ar Breizad ».
Ce journal des tranchés donnera d’ailleurs son nom à un air du 248ème RI de
Guingamp.La mélodie a été collectée par Alain Salaün en 1964 dans la région
parisienne, auprès de Jean-François Nicot ancien sonneur de la Kenvreuriez Ar
Viniouerien (Confrérie des Sonneurs de Binious).
On peut écouter cet air sonné en couple biniou-bombarde ici:
https://musikebreizh.wordpress.com/2014/07/15/lair-du-248e-regiment-dinfanterie
-de-guingamp/

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

(un couple de sonneur du 318ème RI de Quimper)

(la même photo mais agrandie présentant les danseurs et à gauche le couple de sonneur)

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Le biniou aux armées: le couple biniou-bombarde dans l’Armée française pendant la Grande-Guerre

7. R
​ éférences et bibliographie
Ce document a été élaboré et mis en forme à partir des éléments scripturaires et
photographiques suivants:
-”Musik-e-Breizh” blog sur la musique bretonne de Kristian Morvan
- site internet du MuCEM de Marseille
-site internet du cercle celtique de Boulogne-sur-Mer

Quelques ouvrages à lire sur les bretons dans la Guerre de 14-18:
-Soudagne, Jean-Pascal, L​ es Bretons dans la guerre de 14-18​, Ouest-France, 2006
-​Michaël Bourlet, Yann Lagadec, Erwan Le Gall(​Petite patrie dans la grande guerre)
PUR, 2013

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