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Etude FES L'emploi des jeunes en Algérie Final .pdf



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L’Emploi des jeunes en
Algérie
Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place

Mouloud MOHAMED-MEZIANI
Avec la collaboration
du Professeur Hocine Labdelaoui

Publication

Projet Cercles d’Analyses Politiques

L’Emploi des jeunes en Algérie
Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place

Mouloud MOHAMED-MEZIANI
Avec la collaboration

du Professeur Hocine Labdelaoui
Décembre 2011

Fondation Friedrich Ebert

© Tous droits réservés, Friedrich Ebert Stiftung, 2012
Dépot legal: 3684-2012
ISBN 978-9961-9885-4-1
Toute demande d’information, d’autorisation de reproduction ou de diffusion peut être
adressée à : info@fes-alger.org

ACRONYMES
ADS

Agence de Développement Social

AFS

Allocation Forfaitaire de Solidarité

ANDI

Agence Nationale de Développement de l’Investissement

ANGEM

Agence Nationale de Gestion du Microcrédit

ANSEJ

Agence Nationale pour le Soutien de l’Emploi des Jeunes

ANEM

Agence Nationale de l’Emploi

ALEM

Agence Locale de l’Emploi

AWEM

Agence de Wilaya de l’Emploi

BIT

Bureau International du Travail

CFPA

Centre de Formation Professionnelle et de l’Apprentissage

CDD

Contrat à Durée Déterminée

CDI

Contrat à Durée Indeterminée

CID

Contrat d’Insertion des Diplômés

CIP

Contrat d’Insertion Professionnelle

CFI

Contrat Formation/Insertion

CNAC

Caisse Nationale d’Assurance Chômage

CNAS

Caisse Nationale d’Assurance Sociale

CPE

Contra de Pré Emploi

CREAD

Centre de Recherche en Economie Appliquée pour le Développement

CTA

Contrat de Travail Aidé

DAIP

Dispositif d’Aide à l’Insertion Professionnelle

DAS

Direction de l’Action Sociale (wilaya)

DAIS

Dispositif d’Activités d’Insertion Sociale

DIP

Dispositif d’Insertion sociale des jeunes diplômés

DIPJ

Dispositif d’Insertion Professionnelle des Jeunes

ESIL

Emploi Salarié d’Initiative Locale

FES

Fondation Friedrich Ebert Stiftung

IAIG

Indemnité d’Activité d’Intérêt Général

IAP

Institutions et Administrations Publiques

MIPI

Ministère de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’Investissement

MTESS

Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale

MSNF

Ministère de la Solidarité Nationale et de la Famille

ONS

Office National des Statistiques

PAS

Programme d’Ajustement Structurel

PNR

Prêts Non Rémunérés

RGPH

Recensement Général de la Population et de l’Habitat

TUPHIMO

Travaux d’Utilité Publique à Haute Intensité de Main d’œuvre

TS

Technicien Supérieur

Table des Matières
Acronymes
Préambule.................................................................................................................................................................................................8

1. Présentation succincte des dispositifs d’aide publique .............................................................................................................10
ANEM ............................................................................................................................................................................................11
ANSEJ ............................................................................................................................................................................................11
ANGEM ..........................................................................................................................................................................................11
ADS ...............................................................................................................................................................................................12
Les Dispositifs de soutien à l’Emploi des Jeunes mis en place à partir de 2008 ..............................................................13
AUTRES mesures en faveur de l’emploi des jeunes ...............................................................................................................14
2. Résultats enregistrés et suivi d’évaluation effectué par l’administration………………………………………......................................15
Principaux résultats enregistrés ..........................................................................................................................................16
ANEM ………………………………………………………………………………………………………………………………….…………...................................................16
ANSEJ………………………………………………………………………………………………………………………….…………………….................................................17
ANGEM………………………………………………………………………………………………………………………………….…………..................................................17
ADS………………………………………………………………………………………………………………………………………….………..................................................19
3. Présentation des résultats de l’enquête ...................................................................................................................................... 20
Les idées directrices du “discours” des jeunes enquêtés……………………………………………………………..……................................ 20
L’interprétation du discours des jeunes enquêtés…………………………………………………………………………..….................................. 23
Quelques éléments essentiels de conclusions à retenir……………………………………………………………………................................ 26
4. Bref rappel de la situation de l’emploi en 2010……………………………………………………………………………….............................................. 27
Conclusions et recommandations ..........................................................................................................................................29
Références bibliographiques ................................................................................................................................................. 33
Annexes..................................... ................................................................................................................................................. 34

Préambule

L

’Algérie connait une croissance du PIB qui se maintien autour de 6%, ce qui est exceptionnel
pour la plupart des pays du monde. Le gouvernement s’est engagé dans un grand programme
d’investissement public, dont « le développement extraordinaire des infrastructures », en
créant des fonds spécifiques à cet effet. Au niveau national un fonds de 150 milliards de dollars des Etats-Unis a été mis en place pour les prochains cinq ans.

Le gouvernement algérien consacre des ressources importantes à la promotion de l’emploi, soit
directement par le canal des programmes de Ministères (Ministère de l’Emploi, Ministère de la
Solidarité Nationale) et des agences comme l’ANEM1 et l’ADS2 (emplois dits « d’attente »), soit
la création d’activités pour propre compte (micro entreprises avec l’ANSEJ3 et micro crédit avec
l’ANGEM4), soit indirectement par un important programme d’investissement public.
Il existe également des dispositifs spécifiques (exonérations, subsides divers, etc.…), au niveau des
agences spécialisées concernées par la promotion de l’emploi salarié et de la PME pour favoriser
la création de l’emploi.
Il faut signaler en outre que les entreprises et institutions disposent des ressources humaines
avec de l’expérience multi-institutionnelle et intersectorielle. Ceci veut dire qu’il existe une capacité
d’analyser les problèmes sur plusieurs perspectives et points de vue.
Mais l’emploi est toujours supposé être un effet induit plutôt qu’un objectif explicite de différents
dispositifs d’appui à la création d’emplois. Par ailleurs, Il est à mentionner un manque de collaboration
entre les institutions et un manque de passerelles entre les différents dispositifs. Cet isolement relatif
des différents acteurs se traduit par une sous-exploitation des ressources et potentialités de chacun
d’entre eux.
Par ailleurs, et bien que plusieurs dispositifs pour la promotion de l’emploi existent, ces dispositifs
n’ont pas encore été évalués quant à leur impact socio-économique sur les populations-cibles. De
nouvelles approches quant à la création d’emploi ne pourront s’élaborer qu’à partir d’études d’impact
des dispositifs existants ; cela demeure une nécessité pour la pérennité des politiques publiques
d’emploi.

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

L’objectif global du projet sera le conseil et l’aide à la création de l’emploi productif et décent en
faveur des jeunes. A partir de cet objectif, la composante emploi-jeunes travaillera selon quatre
grands axes :

8

1
2
3
4



Comment améliorer l’employabilité des jeunes : préparer les jeunes pour les PME ;



Comment augmenter la demande pour l’emploi des jeunes : préparer les PME
pour les jeunes ;



Comment améliorer l’accès des jeunes aux opportunités d’emploi salarié ;



Comment renforcer l’entreprenariat jeunes via la société civile.

Agence
Agence
Agence
Agence

Nationale de l’Emploi
de Développement Social
Nationale de Soutien à l’Emploi des Jeunes
Nationale de Gestion du Micro crédit

Artisans dans leur ateliers: Artisans ayant bénéficié d’un micro crédit après les inondations de Ghardaïa en 2008
Crédit photo: Copyright Salim Gora 2011

1. Présentation succincte des dispositifs d’aide publique

L

e marché du travail aurait connu une évolution positive ces dernières années. Le taux de
chômage estimé à 23,7% en 2003 est descendu à 10,2% en 20105. L’effectif des chômeurs a
été divisé par deux. Une telle performance, en un laps de temps aussi court, est exceptionnelle
dans le monde6. Mais cette baisse a plus profité aux adultes qu’aux jeunes, ce qui traduit le
maintien du clivage entre jeunes et les adultes quant à l’accès à l’emploi. Le marché du travail reste
anti-jeune quelle que soit la conjoncture économique7.
Pour lutter contre le chômage en général et le chômage des jeunes en particulier, l’Etat Algérien a
mis en place depuis 1988 des dispositifs spécifiques de lutte contre le chômage des jeunes et la
précarité sociale. Bien qu’aucune évaluation scientifique précise n’ait été fait et qu’aucune étude
d’impact n’ait été réalisée pour connaitre l’effet socio-économique des différents dispositifs mis en
place, sur la situation socio-économique des populations ciblées (y a-t-il eu changements dans les
conditions de vie ?) et sur le marché du travail (ces dispositifs ont-ils contribués à baisser le taux
de chômage ?), il reste évident que ces dispositifs ont contribué à la baisse tendancielle du taux
de chômage observée ces cinq dernières années ou tout au moins, à assurer une certaine stabilité
sociale générale.
Mais il n’en reste pas moins que le chômage des jeunes est encore endémique dans la société
algérienne, à l’instar de beaucoup d’autre pays d’ailleurs, et que les dispositifs d’aides publiques à
l’emploi des jeunes devraient encore perdurer pendant longtemps si des mesures audacieuses et
innovantes ne sont pas engagées pour libérer l’initiative privée dans la sphère économique.

Schéma des dispositifs publics d’emploi
MTESS

Micro entreprise

Emploi Salarié

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

ANDI

10

ANEM

ANSEJ

Micro entreprise
19-35 ans

DAIP

CID

CIP

MSNF

CIE

CNAC

Emploi Salarié

Micro crédit

ADS

ANGEM

Micro crédit

Micro entreprise
30-50 ans

CTA
DIP

IAIG

DAIS

Guichet unique

5 Résultats des enquêtes Emploi (ONS) de 2003 à 2010. Alger.
6 Achy (2010) tente une explication, à la suite du duo Bouklia-Talahite (2009) : la baisse du taux du chômage s’est
faite par une hausse de l’informel.
7 Cf. Musette S.et al. (2009), L’emploi des jeunes en Algérie, BIT Genève.

ANEM
Le Dispositif d’Aide à l’Insertion Professionnelle (DAIP) du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la
Sécurité Sociale (MTESS) se compose de quatre nouveaux contrats d’insertion « ciblés » et est mis
en œuvre sur le terrain par l’ANEM :







le Contrat d’Insertion des Diplômés (CID), destiné aux primo demandeurs d’emploi,
diplômés de l’enseignement supérieur ou techniciens supérieurs qui bénéficient d’un
accompagnement pour leur recrutement.
le Contrat d’Insertion Professionnelle (CIP) est destiné aux jeunes primo demandeurs
d’emploi sortant de l’enseignement secondaire ou d’un CFPA (y compris les apprentis).
le Contrat Formation/Insertion (CFI) est destiné aux jeunes demandeurs d’emploi sans
formation ni qualification, qui représente 22 % du total des chômeurs selon les estimations
de l’ONS.
le Contrat de Travail Aidé (CTA), si l’ANEM estime que le jeune diplômé nécessite un
contrat de ce type.

Ces contrats, destinés aux jeunes primo demandeurs d’emploi diplômés de l’enseignement supérieur
et les techniciens supérieurs des établissements de formation professionnelle, sont en cours
d’exécution depuis 2008. Ainsi, il est prévu de prendre en charge 400.000 jeunes primo demandeurs
d’emploi chaque année, dont :




110.000 dans le cadre des CID (70.000 universitaires et 40.000 TS),
200.000 dans le cadre des CIP (60 % secteur économique et 40 % IAP),
90.000 dans le cadre des CFI (soit 22.500 postes de travail équivalent/permanent).

ANGEM
Le programme du micro crédit, géré par l’ANGEM, s’inscrit dans le cadre du développement social ;
il a pour objectif de promouvoir les capacités des populations à s’auto prendre en charge, en créant
des activités génératrices de revenus, afin de s’assurer un niveau de vie décent.
Orienté vers la promotion de l’auto emploi, il reste un instrument de lutte contre le chômage et la
précarité, dans le cadre du travail à domicile, des petits métiers et de l’artisanat et d’une manière
générale, des activités de production de biens et de service, à la limite de la micro entreprise.
Les femmes au foyer détenant un savoir-faire, les diplômés des universités et des instituts et centres
de formation professionnelle, les petits artisans et agriculteurs constituent le public-cible du dispositif.
Pour ces populations qui sont en quête d’insertion économique et sociale, le micro crédit a été conçu

L’Emploi des jeunes en Algérie

Le dispositif de création de micro-entreprises, géré par l’Agence Nationale de Soutien à l’Emploi des
Jeunes (ANSEJ) est destiné aux jeunes chômeurs qualifiés (âgés de 19 à 35 ans), ce programme
consiste à fournir un certain nombre d’incitations à même de favoriser l’entreprenariat et la réalisation
d’investissements : bonification du taux d’intérêt bancaire, crédit sans intérêt, création d’un fonds
garantie, accompagnement du jeune investisseur, octroi d’avantages fiscaux et parafiscaux. Les
réticences, souvent en décalage avec la politique gouvernementale, des banques à financer ces
projets et les difficultés d’obtention de locaux professionnels sont les deux principaux facteurs
bloquants du développement de ces micro-entreprises.

11

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

ANSEJ

comme un traitement à la fois social et économique pour ces populations. Le dispositif sensibilise les
populations sans ressources ni moyens, à la culture du « compter sur soi », par la création de leurs
propres emplois et les fait bénéficier de l’assistance technique, du conseil, de l’accompagnement et
du suivi de leurs projets.
Le micro crédit contribue de ce fait, au même titre que les autres dispositifs, à l’amélioration des
conditions de vie aussi bien dans les zones rurales et urbaines, que dans les hauts plateaux et le
grand sud, de même qu’il vise à stabiliser les populations rurales dans leurs zones d’origines par
l’émergence d’activités économiques de production de biens et services, génératrices de revenus.

ADS
Le dispositif d’insertion sociale des jeunes diplômés (PID) développé par le Ministère chargé de la
solidarité nationale, est un instrument de lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes ; il est
orienté vers un traitement social du chômage et est géré par l’Agence de Développement Social (au
niveau national) et exécuté au niveau local par les Directions de l’Action Sociale de wilayas (DAS).
Ce dispositif a pour objectifs :




l’insertion sociale des jeunes diplômés,
la promotion des activités de développement d’intérêt local, notamment dans les régions et
domaines insuffisamment couverts ou inexploités,
la lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation.

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Le PID est destiné aux jeunes diplômés universitaires et techniciens supérieurs sans revenu, en
situation de précarité ou présentant un handicap. Ce dispositif concerne les jeunes de 19 à 35 ans,
sans revenu, est exclusif des dispositifs et une commission de wilaya est chargée d’examiner et de
statuer sur l’éligibilité des candidats. La durée d’insertion est fixée à un an renouvelable une seule
fois et une « prime d’insertion» leur est attribuée

12

Les Dispositifs de soutien à l’Emploi des Jeunes mis en place à partir de 2008
Dispositif

Nature

Durée

Rémunération

Observations

DAIP (Dispositif d’Aide à l’Insertion Professionnelle) du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale (MTESS) se
compose de trois nouveaux contrats d’insertion « ciblés »

Contrat d’Insertion des
Diplômés (CID)

Contrat
d’Insertion
Professionnelle (CIP)

destiné aux primo demandeurs
d’emploi,
diplômés
de
l’enseignement
supérieur
ou
techniciens
supérieurs
qui
bénéficient d’un accompagnement
pour leur recrutement durable
en priorité au sein d’entreprises
économiques publiques et privées

destiné
aux
jeunes
primo
demandeurs d’emploi sortant de
l’enseignement secondaire ou d’un
CFPA (y compris les apprentis)

Contrat
Formation/
Insertion (CFI)

destiné aux jeunes demandeurs
d’emploi
sans
formation
ni
qualification. Ces jeunes sont placés,
soit dans des chantiers de travaux
divers initiés par les collectivités
locales ou par les différents secteurs
d’activités pour la durée du chantier,
soit en formation auprès des maîtres
artisans

Contrats de Travail Aidé
(CTA)

Est proposé après fin de l’un des
contrats cités ci-dessus (et parfois
avant si l’employeur est d’accord)

Entreprises
économiques :
une année
Administration :
une année et
demie

Entreprises
:
une année non
renouvelable
Administration :
une
année
renouvelable

Universitaires : 12 300
DA/ mois
Tech Sup: 10 100 DA/
mois
Part patronale de
cotisation à la SS à la
charge de l’Etat
En entreprises : 8 000
DA/mois
En IAP : 6 100 DA/
mois
Part patronale de
cotisation à la SS à la
charge de l’Etat

Une année non
renouvelable

bourse de 4.000 DA/
mois pendant leur
formation auprès des
maîtres artisans et
la rémunération du
poste occupé s’ils sont
placés en chantier
(les lois et règlement
en vigueur leur sont
applicables dans ce
cas d’espèce.

Trois années

Partage des coûts
salariaux de postes
entre
l’Etat
et
l’employeur

Ce dispositif vient
remplacer le CPE –
Contrat Pré-Emploi.

A la fin du contrat
CIP, l’ANEM peut
proposer un Contrat
de Travail Aidé
(CTA) en entreprise
et si l’intéressé
refuse, il perd le
droit au maintien en
CIP.

IAIG ou Indemnité pour
Activité d’Intérêt Général

Il a pour objectif l’insertion sociale
des personnes défavorisées d’âge
actif et aptes au travail. Il s’adresse à
des catégories sociales ne disposant
d’aucun revenu.

DAIS
ou
Dispositif
d’Activités
d’Insertion
Sociale (remplace les
ESIL ou Emplois Salariés
d’Initiative Locale)

Ce dispositif consiste à placer des
jeunes chômeurs sans qualification
dans
des
postes
d’emploi
temporaires en travaux ou services
d’utilité publique demandés par
toute entreprise ou administration
publique.

un
an
renouvelable
une seule fois

Universitaires : 10 000
DA/mois
TS : 8 000 DA/mois
+ couverture sociale
prise en charge par
l’Etat.

Une
année
renouvelable
m
a
i
s
Indéterminée
dans la réalité
du terrain

3 000 DA/mois
+ couverture sociale
prise en charge par
l’Etat.

Une
année
renouvelable
une seule fois

3 000 DA/mois
+ couverture sociale
prise en charge par
l’Etat.

L’Emploi des jeunes en Algérie

PID
(Programme d’Insertion
des Diplômés)

Destiné aux jeunes diplômés
universitaires
et
techniciens
supérieurs sans revenu, en situation
de précarité ou présentant un
handicap. Ce dispositif concerne les
jeunes de 19 à 35 ans, sans revenu,
est exclusif des autres dispositifs

13

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

Dispositif d’Insertion sociale des jeunes Diplômés (PID) développé par le Ministère chargé de la solidarité nationale, est un
instrument de lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes ; il est orienté vers un traitement social du chômage et est géré par
l’Agence de Développement Social (au niveau national) et exécuté au niveau local par les Directions de l’Action Sociale de wilaya
(DAS).

Autres mesures en faveur de l’emploi des jeunes
D’autres mesures ont été mise en place pour encourager le recrutement de jeunes chômeurs, telles
que:











Une prime d’encouragement à la formation qualifiante de 2.500 DA/mois peut être octroyée
pour une durée maximale de six mois. La gestion de ce dispositif, financé exclusivement sur
le budget de l’Etat à l’indicatif du Ministère de la Solidarité Nationale, est assurée par l’ADS
en relation avec les Directions de l’Action Sociale (DAS) des wilayas ;
bénéfice de nombreuses autres mesures d’appui : abattement de la part patronale et des
cotisations de Sécurité Sociale au titre des non-salariés, subvention à l’emploi, incitations à
la création d’emploi édictées à l’axe 3 du Plan d’Action de 2008, réduction de l’IRG et de l’IBS
pendant quatre ans et pour les maîtres artisans taux symbolique… ;
Un soutien aux employeurs pour la maîtrise des coûts de la création d’emploi ;
Des incitations fiscales et parafiscales sont octroyées aux employeurs procédant au
recrutement de jeunes demandeurs d’emploi ;
Une incitation au recrutement par un partage des coûts salariaux à l’issue de la période
d’insertion ;
La prise en charge d’actions de formation qualifiantes et de perfectionnement durant la
période d’insertion, à la demande de l’employeur (15 % du budget alloué au dispositif des
contrats d’insertion sont affectés au financement de ces formations) ;
Introduction d’un système de contrats emploi/formation devant déboucher sur le recrutement
durable du jeune (60 % des frais de formation sont supportés par le budget de l’Etat dans la
limite de six mois maximum) ;

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

D’autres mesures d’appui sont également prises en charge par l’Etat pour faciliter le plus d’insertions
et de recrutements possibles de jeunes promoteurs potentiels et de jeunes à la recherche d’un
emploi salariés, notamment :
• l’octroi prioritairement des chantiers de travaux communaux dans différents secteurs aux
micro- entreprises issues des dispositifs existants ;
• l’incitation à la recherche de formation par l’octroi d’une prime d’encouragement (3.000 DA/
mois) aux bénéficiaires du dispositif inscrits à un stage de formation qualifiante dans des
filières ou spécialités en déficit sur le marché du travail.
• Pour les jeunes des quartiers défavorisés, des mesures spécifiques sont prises, notamment
à travers des facilitations au recrutement dans les travaux et activités d’utilité publique ;

14

2. Résultats enregistrés et suivi d’évaluation effectué
par l’administration
Aucune évaluation de l’impact et des résultats enregistrés n’a encore été réalisée à ce jour par les
administrations concernées.
Comme l’a si bien montré Mohamed-Saib Musette8, maître de recherche au CREAD, une lecture
rétrospective des mesures adoptées pour la promotion de l’emploi des jeunes donne l’enchevêtrement
de trois générations de dispositifs.
Comme par hasard, chaque génération aura vécu une décennie ou presque.
La première génération (1989-1997), lancée dans le sillage de la révolte d’Octobre 1988, a donné
naissance à une série de mesures visant, au mieux, à atténuer les effets négatifs du Programme
d’Ajustement Structurel de l’époque sur le marché du travail, avec des pertes d’emploi importantes.
Les dispositifs, non testés, ont été lancés dans la précipitation sans effets sur le marché de l’emploi.
Ce n’est qu’en 1994 avec la création des institutions nouvelles, tels la CNAC pour l’assurance
chômage, l’ADS pour le filet social, et l’ANSEJ pour la promotion des micro-entreprises que cette
première génération a contribué positivement à réduire les effets négatifs des réformes économique
engagées sur l’emploi.
La deuxième génération (1998-2007) a consisté en la maturation de certaines mesures et ce n’est,
en fait, qu’à partir de 1998 qu’on assiste à un redéploiement des agences, avec un marché de
l’emploi encore fragilisé. L’ensemble des dispositifs est revu et corrigé. Le niveau du chômage des
jeunes reste encore important, malgré la baisse de la moyenne nationale.

8 M.S. Musette et Mouloud M. Meziani : Emploi et employabilité en Algérie, rapport Banque Mondiale, Alger, juillet

L’Emploi des jeunes en Algérie

Cependant, il reste que tous les changements opérés et toutes les « nouvelles mesures » adoptées
ne l’ont pas été sur la base d’études d’évaluation et d’impact des mesures mises en œuvre. C’est
en ce sens que tous les dispositifs prêchent par imperfection et souffrent donc d’insuffisances de
réponse non seulement aux préoccupations des jeunes mais également à la promotion de l’appareil
économique : les opportunités offertes sont généralement circonscrites dans des créneaux d’activités
peu productifs et à peu de valeur ajoutée.

2011

15

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

La troisième génération des dispositifs date de 2008 à ce jour. Elle est marqué par une première
tentative de mettre en place une politique nationale de l’emploi. Les mesures préconisées s’inscrivent
par une rupture partielle avec les emplois d’attente sans incidence sur l’insertion économique et
durable des jeunes. Le passage par les dispositifs antérieurs ne constituait pas « un expérience
professionnelle », constate M. Musette, car il ne reposait pas sur un « contrat de travail ». La nouvelle
génération fait du « contrat », un must pour les insérables. A la suite de la révolte de janvier 2011,
cette dernière génération est encore renforcée.

ANSEJ
Les résultats cumulés enregistrés par l’ANSEJ et la CNAC se présentent comme suit :
170.783 – ANSEJ
32.912 – CNAC
Soit 203.495 projets financés générant
534.027 Emplois
Dont 22.864 micros entreprises ont été créées par des promotrices.

Evolution du financement des projets
ANSEJ - CNAC
90 000

Emplois créés
80 000

Projets financés
70 000
60 000
50 000

91 978
42 353

40 000
75 936
30 000

67 386
39 260
14 725

20 000
10 000

24 121

30 106

24 869
28 735
10 359

7 279

20 152

19 631

7 279

7 087

14 771
5 664

35 535
12 450
19 111

30578

29 634

10881

10 676

37 199
13 063

6 704

0

Source : ANSEJ, 2011

Le nombre total d’emplois créés est de : 253 184
La répartition de ces prêts accordés, par genre se présente comme suit :


Femmes : 99 397 soit 59% du total des promoteurs



Hommes : 69 392 soit 41% du total des promoteurs

Les prêts accordés par les 5 banques partenaires ont atteint le chiffre de : 6548.

17

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

Depuis sa création en 2004, l’ANGEM a accordé 168 789 prêts, à fin mai 2010. La part des PNR –
achat de matières premières représente la part prépondérante, elle est de l’ordre de 152 609 prêts,
soit 90,41%, tandis que le nombre de PNR-Projet est de 16 180, soit 9,59% du total des activités
financées.

L’Emploi des jeunes en Algérie

ANGEM

Evolution cumulée des prêts (PNR) accordés par l'Angem
200 000

197 060

PNR-Matière première
PNR-Projet
Total PNR

180 000
160 000

145 614

178 876

140 000
120 000

131 791

84 880

100 000
80 000

25 550

40 000
20 000
0

80 127

42 781

60 000

3 329
0
2005

25 394
3 329 156
2006

40 980
1 801
2007

4 753
2008

13 823

18 184

2009

2010

Evolution cumulée des emplois créés
295 587

300 000
250 000

218 421

200 000

127 320

150 000
100 000
50 000

0

4 994
2005

38 325

64 171

2006

2007

2008

2009

2010

Répartition des bénéficiaires par tranche d'âge

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

90000,0

80000,0

78512
40%
62992
32%

70000,0

60000,0

50000,0

32 4492
16%

40000,0

16 897
9%

30000,0

20000,0

10000,0

0,0

18-29 ans

18

6 209
3%

30-39 ans

40-49 ans

50-59 ans

60 et plus

3. Présentation des résultats de l’enquete
a pour finalité de présenter une analyse qualitative des comportements des jeunes insérés ou
non dans ces dispositifs, d’évaluer leur impact en matière d’insertion professionnelle des jeunes
chômeurs mais aussi de mesurer la portée sociale et économique des dispositifs spécifiques mis en
place par l’Etat algérien.
La méthodologie suivie et les conditions de réalisation de l’enquête sur le terrain seront expliquées
dans le détail en annexe.
Trois points essentiels retiendront l’attention :

-

Les idées énoncées et recueillies auprès des enquêtés pour jauger de l’état d’esprit des
jeunes concernés,

-

Les résultats de l’analyse de leur interprétation pour leur donner un sens,

-

Les éléments essentiels de conclusions à retenir.

3.1 Les idées directrices du « discours » des jeunes enquêtés :
Le guide d’entretien a délibérément retenu les cinq rubriques suivantes :

-

Trajectoires amenant à l’insertion professionnelle dans le cadre des dispositifs publics d’aide
à l’emploi des jeunes ;

-

Les raisons, les motivations et les objectifs poussant les jeunes à bénéficier de ces dispositifs ;

-

Les difficultés et obstacles d’insertion dans les dispositifs ;

-

Les changements et les projets après l’insertion professionnelle ;

-

Perspectives, sentiments, opinions ou attitudes sur les dispositifs publics d’aide à l’emploi
des jeunes.

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

3.1.1. Une lecture des trajectoires amenant à l’insertion dans le cadre des dispositifs publics
d’aide à l’emploi des jeunes montre que les bénéficiaires des dispositifs ont emprunté, en majorité,
des trajectoires marquées par un cursus scolaire inachevé, des conditions sociales fragiles, une
marginalité un vide culturel, une précarité professionnelle et absence de perspectives, ce qui
développe chez eux des sentiments de frustration et de consternation exacerbée.

Bien que le cursus scolaire soit différent selon les enquêtés, il n’en demeure pas moins que les
trajectoires scolaires apparaissent comme étant le produit d’un même passif culturel et social.
Les parents des bénéficiaires ayant emprunté ce cursus scolaire se distinguent par la possession
d’un faible capital culturel et un capital social moyen.
La lecture des réponses des enquêtés confirme cette hypothèse. Il ressort, en effet, que les jeunes
qui ont pu réussir dans leurs études ont bénéficié du soutien de leurs parents et des membres
de leur famille d’une manière générale. En revanche, ceux qui ont été contraints d’interrompre
leur scolarité, non seulement, ils n’ont pas bénéficié de ce soutien, mais ils sont les victimes de la
dégradation des moyens financiers de leur famille et des mauvaises conditions d’habitat.
Il apparaît ainsi que la vie des jeunes à la fin de leur scolarisation ou de leur formation pose une
problématique d’insertion sociale dans la mesure où leur mode de vie pousse plus vers l’exclusion
et la marginalisation, qui sont autant de facteurs de développement de sentiments de frustration et
de consternation.
Cette tendance au développement de ces sentiments se renforce davantage devant l’absence des

20

possibilités d’accès au marché de l’emploi.
Etant privés des possibilités d’accéder au marché de travail, ils étaient contraints d’accepter des
emplois de circonstances peu valorisant et sous rémunéré, situation que les enquêtés décrivent
en employant un vocable symbolique construit autour de mots tel que « N’bricoli 9» ou « N’ssalek
Rassi 10» ou encore « N’navigui 11».
Les difficultés de leur insertion sociale se trouvent ainsi accentuées par les effets d’une « insertion
professionnelle forcée ». Le rapport au marché de travail s’inscrit plutôt dans une situation subie et
non dans le cadre de mise en œuvre de stratégies individuelles.
Les jeunes n’ayant pas bénéficié des dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes ont également subi les
effets de phénomène de déperdition scolaire et de l’inadéquation des diplômes avec le marché de
l’emploi. Ils vivent une situation de marginalité sociale et de déconnexion de la société.
Dans leurs réponses ils décrivent leur situation actuelle avec autant de consternation que de regrets,
regret pour avoir laissé passer la chance de réussir dans les études et de commettre des actes de
transgression des normes sociales.

3.1.2. Les raisons, motivations et les objectifs qui poussent les jeunes à bénéficier des dispositifs
publics d’aide à l’insertion professionnelle et l’acceptation de « postes de travail » sans rapport avec
leur compétences est, pour la majorité des bénéficiaires, une source de préparation de stratégies
d’adaptation au marché de travail. Ce passage de la situation subie à la mise en œuvre de
stratégies de gestion de projets professionnels détermine la configuration des rapports entre les
raisons, les motivations et les objectifs poussant les bénéficiaires à accepter l’insertion dans la vie
professionnelle à travers les dispositifs offerts.
En général, la majorité des bénéficiaires ne possèdent pas d’informations précises sur ces dispositifs.
Tout ce qu’ils connaissent de cette politique d’insertion professionnelle relève plus de la rumeur que
de l’information vérifiée. Ils sont victimes des stéréotypes et de clichés véhiculés à tort ou à raison
pour mettre en évidence des aspects négatifs de la politique de mise en œuvre, ce qui crée chez
eux une certaine perte de confiance à l’égard de cette politique.

- il y a ceux qui ont échoué dans la réalisation de projets professionnels, dans la majorité des cas,
dans le secteur du commerce. Ils imputent cet échec à l’absence de soutien de l’entourage et de la
société dans son ensemble.
- Enfin, il y a ceux qui ont lancé des projets personnels et gardent l’espoir de réussir dans leur
entreprise, et préfèrent, de ce fait, se concentrer sur leurs projet au lieu de se lancer dans l’aventure
de nouvelles expériences dans le cadre des dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes.
9 Je bricole, je fais des choses par ci, par là
10 Je me débrouille
11 « Je navigue » sens équivalent en fait aux 2 autres expressions

21

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

- il y a ceux qui n’osent pas faire le premier pas pour aller vers les services chargés de cette
politique. Ils peuvent être classés sous deux sous-catégories (ceux qui sont prisonniers de l’idée
que ces dispositifs sont réservés à ceux qui ont de des relations dans l’administration et il y a les
femmes qui considèrent que leurs époux sont les dépositaires du droit de réussite sociale et, par
conséquent, il leur revient l’exclusivité de bénéficier des avantages et aides pour réaliser les projets
de la famille) ;

L’Emploi des jeunes en Algérie

Quant aux jeunes n’ayant pu accéder aux dispositifs d’aide à l’emploi, ils appartiennent à trois
catégories :

3.1.3. Les difficultés et obstacles rencontrés par les bénéficiaires dépendent de la nature et
du type de dispositif dans lequel ils sont insérés. C’est surtout dans les dispositifs de créations
d’activités que le gros des difficultés et des obstacles se concentrent. Les difficultés rencontrées
par les candidats au soutien de l’ANSEJ et aux microcrédits de l’ANGEM portent sur la lourdeur
des procédures administratives, sur les comportements de certains agents ou responsables et sur
la pratique du clientélisme et de passe droits dans l’octroi des crédits.
Par ailleurs, beaucoup de jeunes porteurs de projets déclarent qu’ils éprouvent des difficultés à
obtenir des marchés à cause des pratiques douteuses de traitement des soumissions.
En outre, l’absence d’une politique de mobilisation des dispositifs de soutien à la création des
activités dans une stratégie de développement local a créé une situation de saturation dans certains
secteurs poussant, ainsi, les activités des porteurs de projets à l’asphyxie.
Cette situation contraignante n’apparaît pas dans l’insertion des jeunes chômeurs dans les
placements dans des activités salariales. Mais dans bien de cas cette disponibilité de personnels est
devenue une source de tensions et de méfiance. Certains jeunes enquêtés pensent que certains de
leurs collègues permanents se montrent peu coopérants pour leur transmettre le savoir et les aider
à l’apprentissage des métiers et des fonctions sous prétexte qu’ils sont contractuels. D’autres se
plaignent de non-respect de la législation de travail relative aux conditions d’emploi des contractuels
en particulier en ce qui concerne la durée du travail journalier.
3. 1.4. Forcés d’accepter un travail pour lequel ils ne sont pas préparés et ne répondant pas à leurs
prédispositions, les jeunes enquêtés reconnaissent, néanmoins, que leur insertion professionnelle
apporte des changements à leur vie professionnelle, individuelle, familiale et sociale. Ils admettent
qu’ils sont en train d’apprendre un nouveau métier ou d’exercer une nouvelle fonction.
Ils accumulent une expérience professionnelle et surtout ils découvrent les différences entre le
monde des études et de la formation et celui du travail. S’ils estiment que les études et les formations
qu’ils ont suivies ne sont pas d’une grande utilité dans leur vie professionnelle actuelle, ils pensent,
en revanche, qu’ils sont en train d’apprendre ce qui leur servira pour capitaliser leurs diplômes dans
leur future vie professionnelle.

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

En agissant ainsi, ils prennent conscience qu’ils sont en train de se donner les moyens leur permettant
de se prendre en charge et occasionnellement d’aider leur famille. Cette évolution apparaît plus
importante chez les jeunes filles qui trouvent dans le travail un moyen de se libérer de la pesanteur
des traditions et des contraintes familiales et de l’autorité du système patriarcal.

22

C’est à travers cette disponibilité à mobiliser cette insertion professionnelle dans la capitalisation des
acquis des études et de la formation que les jeunes enquêtés construisent leurs projets. En effet,
la majorité préfère se concentrer sur la mise en œuvre d’un projet professionnel pour envisager,
ensuite, la réalisation de projets d’insertion sociale .La mise en œuvre de ce projet professionnel
passe par un changement de leur situation professionnelle soit dans l’établissement d’accueil ou
dans un autre milieu de travail.
Dans leur esprit ce changement peut se réaliser par l’intégration définitive dans l’établissement
d’accueil mais aussi par des bénéficiaires, mais par l’acquisition d’un capital d’expérience pour
pouvoir capitaliser les diplômes dans la gestion de la carrière sous forme d’une mobilité vers d’autres
établissements...
3.1.5. Les perceptions, sentiments, opinions ou attitudes des jeunes vis-à-vis des dispositifs
publics d’aide à l’emploi apparaissent à travers les réponses des enquêtés qui, indépendamment
des différences sociales et professionnelles, reconnaissent unanimement que les dispositifs d’aide
à l’emploi des jeunes comportent des aspects positifs. Ils permettent aux jeunes chômeurs d’avoir

une source de revenus, de se libérer de la situation d’assisté et des contraintes familiales et d’éviter
les chemins de la marginalisation et la déviance.
Cette unanimité n’empêche pas pour autant l’apparition d’interprétations divergentes sur les autres
aspects. Certains considèrent que ces dispositifs sont insuffisants puisqu’ils ne garantissent pas
l’insertion définitive. D’autres estiment que les salaires versés aux bénéficiaires sont très faibles et
ne permettent pas de subvenir aux dépenses personnelles. Une autre partie d’enquêtés pensent
que cette insertion est dépourvue de l’utilité économique dans la mesure où les bénéficiaires sont
affectés pour occuper des postes de travail pour lesquels ils ne disposent d’aucune formation et
aptitude et deviennent, du coup, non rentables.
Ils sont rejoints dans cette position par ceux qui considèrent que la mise en œuvre de ces dispositifs
réponde à une nécessité politique et non pas économique.
A leurs yeux, l’Etat veut « acheter » la paix sociale et éviter les mouvements de contestation sociale
et politique, ce qui explique le recrutement tout azimut de contingents de jeunes chômeurs pour les
affecter dans des établissements qui n’avaient pour eux ni de postes de travail et ni d’espaces pour
les accueillir.
Cette inéquation entre la dimension politique et sociale et l’utilité économique des dispositifs est
fortement perçue par les bénéficiaires des dispositifs de création d’activités. L’argumentation qu’ils
utilisent a une forte connotation économique. Une partie de ces bénéficiaires pensent que l’octroi
des crédits et des aides sans une maîtrise de la répartition des projets entre les secteurs a crée une
situation de blocage et de saturation des activités dans certains secteurs, comme le secteur des
transports.
Les porteurs de projets sont menacés non seulement de faillite mais également d’incapacité à
rembourser le crédit de la banque, ce qui fait dite à un enquêté que le bénéficiaire « était avant un
chômeur et il devient maintenant un chômeur endetté ».
Comme les bénéficiaires d’emplois salariés, les porteurs de projets sont unanimes à reconnaître
que cette politique est une solution à la situation actuelle de jeunes et que son application donne
lieu à des pratiques qui lui font perdre tout effet social et économique et la rendre un instrument de
discrimination sociale.

Pour appliquer cette approche à l’interprétation des réponses des enquêtés au sujet de leur insertion
professionnelle via les dispositifs mis en œuvre par l’Etat, le professeur Labdelaoui a fait une
lecture des idées énoncées comme l’expression d’un processus de formation, d’une « réflexibilité »
et d’une reconstitution de prédispositions à l’action organisée.
Partant de là, il en tire quatre phases primordiales :
- La première phase est une phase de décontextualisation des dispositifs d’aide à l’emploi des
jeunes par reflet de la réalité vécue :

L’Emploi des jeunes en Algérie

L’interprétation des réponses des enquêtés a nécessité la construction d’une grille d’analyse
sur la base de regroupement des thèmes de l’enquête de terrain dans deux grandes
catégories, celle de la formation des opinions et celle des indicateurs de changement vers
des comportements et des pratiques.

La décision de mettre en œuvre des dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes intervient dans un contexte

23

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

3.2. L’interprétation du discours des jeunes enquêtés

marqué non seulement par l’ampleur du phénomène de chômage des jeunes mais également par la
non-maîtrise de la problématique de la jeunesse.
C’est ainsi que la réflexion sur la question de l’insertion professionnelle des jeunes devient une
réflexion sur l’insertion sociale de cette catégorie. Cette imbrication de l’économique et du sociétal
apparait clairement dans la formation des perceptions et des opinions des jeunes enquêtés.
La mise en œuvre des dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes n’intervient pas seulement dans un
contexte de fermeture du marché de l’emploi mais également de marginalisation et d’exclusion
sociales de cette catégorie de la société.
L’ampleur de ce dernier phénomène a fait naître chez les jeunes des sentiments de frustration, de
repli sur soi, d’agressivité et de violence et pousse vers des comportements de rupture avec la
société.
Dans le cas des jeunes n’ayant pas accédé à cette politique, l’enquête a révélé que le rapport entre
les sentiments et les perceptions fonctionne plutôt comme un rapport de méfiance à l’égard des
institutions. Contrairement aux bénéficiaires des dispositifs de cette politique, ils ne développent
pas des stratégies de mobilisation de solutions institutionnelles pour mettre en œuvre des projets
de repositionnement social. Ils acceptent le déclassement dont ils sont victimes pour l’utiliser dans
leur rapport à la société.
- La seconde phase consiste en la quête de l’autonomie comme référent et comme tremplin pour se
construire un projet de vie :
Le déphasage entre l’état d’esprit, le mental des bénéficiaires et le contenu des dispositifs mis en
œuvre n’empêche pas que les avis et les opinions exprimés par les enquêtés, reflètent une volonté
de mobiliser une solution imposée pour acquérir les instruments et les réflexes de gestion d’une
insertion professionnelle propre.

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Il est clairement apparu à travers l’enquête que les diplômés de l’enseignement supérieur ou de la
formation professionnelle ou bien même les exclus du système scolaire sans diplôme, bénéficiaires
des dispositifs d’aide à l’emploi, vivent une insertion professionnelle imposée. En outre, qu’il s’agisse
de l’insertion dans une activité salariale ou de la création d’activités, leur marge de liberté est
quasiment inexistante dans le premier cas et très limitée dans le second.

24

Cependant, leurs perceptions de ces dispositifs sont déterminées par une volonté de se soustraire
à un vécu lourd et contraignant et non par un processus de cognition de son contenu. Ceci explique
que les avis à l’égard de la politique d’insertion des jeunes sont divergents et traduisent la diversité
des positions de référence.
Ces avis s’accordent pour reconnaître que les dispositifs de cette politique permettent aux jeunes
d’accéder au monde du travail, mais leur porté et impact reste limité et insuffisant à cause d’une
sous-estimation des effets de la question des salaires et celle de la régularisation des bénéficiaires.
En revanche les divergences apparaissent lorsqu’il est question d’expliquer les raisons de cette
insuffisance.
Il y tout d’abord ceux qui croient qu’il s’agit d’une période de transition et provisoire et s’attendent
à ce que des correctifs soient apportés aux dispositifs en vigueur. Il y aussi ceux qui épousent des
analyses politiques pour affirmer que ces dispositifs sont des instruments d’achat de la paix sociale.
Enfin, il y a ceux qui refusent d’exprimer un point de vue clair en se contentant d’insister sur les
ouvertures d’accès au monde de travail apportées par ces dispositifs.

La quête de l’autonomie est également exprimée par les jeunes n’ayant pas accédé à la politique
d’aide à l’emploi des jeunes. Ces derniers considèrent que cette autonomie est à rechercher dans
des espaces non institutionnalisés compte tenu qu’ils estiment que les solutions proposées par l’Etat
sont plus discriminantes qu’intégratives.
- La troisième phase est un passage à l’action qui va orienter les attitudes des jeunes vers des
comportements et des conduites et qui faire d’une insertion imposée, un processus d’apprentissage
de la rationalité :
Contraints d’accepter cette insertion, les jeunes enquêtés vivent une expérience d’apprentissage de
la rationalité. Ils reconnaissent que l’insertion dans le monde de travail leur permet, non seulement,
de se libérer d’une situation aliénante, mais également de vivre des changements qualitatifs leur
permettant d’évoluer de la situation de l’intériorisation des normes, des valeurs et des connaissances
à celle l’opérationnalisation du capital acquis.
Si les emplois qui leur sont offerts ne correspondent pas à leur formation, aptitudes et prédispositions,
ils reconnaissent, néanmoins, qu’ils sont en train d’acquérir une expérience, un savoir-faire, un
capital qui leur servira dans la gestion de leur carrière professionnelle aussi bien sous la forme de
projets de régularisation dans l’établissement d’accueil, que d’une mobilité vers d’autres secteurs.
En réponse aux questions relatives aux objectifs recherchés à travers la poursuite de l’insertion
professionnelle, ils déclarent que cette insertion leur permet de préparer une future carrière
professionnelle. Au fond d’eux-mêmes, ils admettent que la situation provisoire dans laquelle ils se
trouvent, constitue un contexte qui leur permet de construire des projets professionnels permanents.
- Enfin, la quatrième phase est un stade où les indicateurs de développement de conduites vont
prendre naissance et où l’insertion apparaît comme un processus de passage de la situation d’agent
social au statut d’acteur social.
Les indicateurs de cet apprentissage de la rationalité sont perceptibles dans le développement
des stratégies de mobilisation de l’insertion professionnelle actuelle pour la construction de projets
professionnels.

Cet investissement dans l’insertion professionnelle est perçu par une partie des jeunes enquêtés,
comme une stratégie pour préparer et entretenir des projets de mobilité vers d’autres secteurs. Les
enquêtés reconnaissent que depuis qu’ils ont accédé au monde de travail, ils sont devenus plus
disposés à chercher de nouveaux emplois plus valorisants parce qu’ils estiment qu’ils ont acquis les
moyens leur permettant de s’adapter avec le processus de changement et de gérer l’entrée dans de
nouvelles situations professionnelles.
Ils reconnaissent également qu’à la différence de leur situation antérieure, ils possèdent maintenant
les moyens leur permettant de prendre en charge les frais de participation aux concours de
recrutement.

25

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

Au sujet de leur adaptation à leur nouvelle situation professionnelle, les enquêtés déclarent qu’ils
apprennent rapidement leur travail et qu’ils accomplissent les tâches qu’on leur assigne avec autant
de compétence que leurs collègues permanents. Ils expliquent ce dévouement et cet engagement
par la quête de l’expérience et du savoir-faire qu’ils considèrent comme un instrument pour exprimer
des revendications professionnelles.

L’Emploi des jeunes en Algérie

Ces stratégies s’expriment dans les comportements d’accomplissement des tâches au niveau des
établissements d’accueil et à travers les acquis procurés par l’insertion, dans la préparation d’une
nouvelle entrée au marché de travail.

Enfin, l’investissement dans l’insertion professionnelle constitue pour les enquêtés un processus
stratégique leur permettant de gérer la mise en œuvre de projets personnels sans subir les effets de
la contribution de la famille. La construction de ces projets n’est pas reléguée au second plan, mais
sa réalisation est conditionnée à la réussite du projet professionnel.
Cette stratégie d’évolution vers le statut d’acteur social n’est pas absente, non plus, dans le discours
des jeunes n’ayant pas bénéficié des dispositifs d’aide à l’emploi des jeunes. Mais ces derniers
optent pour une stratégie de distanciation à l’égard des processus institutionnels gérés par l’Etat et
préfèrent prendre le risque de subir les effets la marginalisation et de la fragilité sociale.
On voit donc que c’est à travers la succession de ces phases que les jeunes évoluent des perceptions
aux projets en passant par les opinions, les attitudes, les motivations, les objectifs et changements.
On peut donc affirmer, sans trop se tromper, que les dispositifs publics d’aide à l’insertion
socioprofessionnelle des jeunes, bien qu’insuffisant et mal perçus, constituent en tout état de cause
un tremplin et un espace où s’affirment les velléités des jeunes de s’en sortir et de se construire un
projet de vie et d’avenir conforme à leurs opinions et leurs espoirs.

3.3. Quelques éléments essentiels de conclusions à retenir
En plus de la catégorisation des perceptions et des opinions des jeunes à l’égard des dispositifs
d’aide à l’emploi des jeunes, l’enquête du professeur Labdelaoui a fait ressortir le développement
au sein des jeunes de deux processus de formation d’opinions et de comportements à l’égard des
politiques d’insertion professionnelle mises en œuvre par l’Etat :
- Un processus de mobilisation de ces politiques dans la mise en œuvre de stratégies de
décontextualisation : dépassant la posture d’un rapport de rupture avec les solutions institutionnelles,
les acteurs de ce processus se sont engagés carrément dans la mise en œuvre de stratégies
d’évolution vers un statut d’acteurs sociaux.

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Ce projet, qui n’est rien d’autre qu’un projet personnel ou projet de vie, est fortement perceptible dans
le discours des jeunes bénéficiaires de la politique d’aide à l’emploi des jeunes, discours construit
autour du couple : critique de la situation vécue - mobilisation à partir des solutions imposées ;

26

- Un processus de gestion des projets personnels par une attitude de distanciation par
rapport aux solutions institutionnelles. Les acteurs de ce processus acceptent le déclassement pour
le mobiliser et l’utiliser comme une stratégie de rupture avec le fonctionnement institutionnel. Ce
sont les jeunes n’ayant pas accédé à la politique d’aide à l’emploi des jeunes qui développent ce
repositionnement social.
Les deux processus expriment deux stratégies d’insertion sociale. La première consiste à mobiliser
l’insertion professionnelle assistée pour gérer l’insertion sociale. En revanche, la seconde stratégie
exprime une volonté de ses acteurs à maîtriser la gestion de leur insertion sociale pour réaliser leur
insertion professionnelle.
Ce ne sont là que les premières conclusions qui nécessitent et méritent un approfondissement de
l’analyse de ces deux processus et une réflexion plus approfondie sur la mise en œuvre de la politique
d’insertion professionnelle des jeunes, ce qui permettra d’évoluer d’une phase d’expérimentation
des dispositifs de cette politique, dans un contexte sociale et politique fortement marqué par la
préférence donnée à la gestion de crise, à une phase de mobilisation de la gestion professionnelle

4. bref rappel de la situation de l’emploi des jeunes en 2010
des besoins des jeunes, avec leur implication, pour réaliser une stratégie de leur insertion sociale et
professionnelle réussies.

4.1. Taux d’activité
Masculin Féminin Total
Taux de participation à la force de travail (taux d’activité) 2010
15 ans et plus
15-24 ans
25-54 ans
25-34 ans
35-54 ans
15-60 ans
60 ans et +
Ratio emploi population
15 ans et +
15-24 ans
25 ans et plus

68.9

14.2

41.7

46.5

8.9

28.2

91.7

19.9

55.5

90.8

23.9

57.5

92.4

16.8

53.9

75.0

15.7

45.9

17.5

2.0

9.7

63.3

11.5

37.6

37.8

5.6

22.1

74.3

13.8

44.0

Source: Arab youth unemployment, the case of Algeria, Nacer-Eddine Hammouda, Cread, 2011

4.2. Taux de chômage

Jeunes (16-24 ans)
Adultes (25 ans et +)
% des jeunes 15-24 ans qui ne sont ni dans la force de
travail, ni scolarisés

8.1

19.1

10.0

18.6

37.4

21.5

5.4

15.0

7.1

11.3

40.0

25.3

Source: Arab youth unemployment, the case of Algeria, Nacer-Eddine Hammouda, Cread, 2011

Caractéristiques principales du marché de l’emploi en général et l’emploi des jeunes en particulier :
-

Une population de plus en plus importante qui arrive sur le marché de l’emploi ;

-

Les 15-24 ans représentaient 15,6 % de la population en 1966 (1.845.000) et 21,7 % en
2008

(7.399.000) ;

27

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

Ensemble

L’Emploi des jeunes en Algérie

Masculin Féminin Total

-

L’accroissement de l’emploi féminin et une perception plus positive à l’égard de l’emploi des
femmes par la société (le nombre des chômeuses est passé de 21.000 à 348.000 femmes
entre 1977 et 2010) ;

-

Un système productif qui crée de moins en moins d’emplois qualifiés ;

-

Une plus grande inadéquation formation-emploi ;

-

Une population de plus en plus formée ;

-

Mais Persistance de l’analphabétisme et importantes déperditions scolaires ;

-

D’où une forte déqualification de la main d’œuvre.

Au plan économique, les réformes engagées et le passage d’une économie administrée vers une
économie de marché ont engendré un déploiement du secteur économique privé et un recul de
l’emploi public : l’emploi dans le secteur public qui absorbait 88,9 % de la main d’œuvre en 1987,
n’en absorbe plus que 34,4 % en 2010.

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Nacer-Eddine Hammouda conclue que : « les conditions actuelles d’encadrement du marché du
travail risquent de mener (entre autre) à :

28

-

Un marché du travail qui versera de plus en plus dans l’informel ;

-

Un système de protection sociale menacé d’effondrement avec la tendance à la régression
du salariat qui constitue son socle fondateur ;

-

Un droit du travail qui deviendra caduc puisqu’il ne concernera à terme qu’une proportion
bien réduite des occupés ;

-

Une dévalorisation de l’enseignement ;

-

Un fort désir de migration qui poussera les jeunes vers la migration irrégulière (harragas)».

5. Conclusions et recommandations
5. Conclusions et recommandations
Des caractéristiques communes émergent de l’analyse de l’ensemble des dispositifs de soutien à
l’emploi mis en place. Plusieurs points peuvent être soulignés comme autant de leçons apprises et
de recommandations formulées.

Amélioration de qualité des données statistiques produites sur le marché du travail.
Malgré a disponibilité des données, il n’y a aucun mécanisme d’observation permanente de l’emploi.
Une plus grande transparence dans la régulation du marché du travail, une diffusion régulière des
informations sur l’emploi et les salaires contribuerait à réduire les tensions sociales. En exploitant
les données existantes et en investissant sur les données manquantes et inconnues, une économie
de coûts serait possible.

Diffusion régulière des données sur l’emploi et les salaires
Maintenir l’opacité autour de la question de l’emploi ne contribue pas à la paix sociale. La diffusion
des données impose la mise en place d’une stratégie de communication qui a existé dans le passé
et qui est rompue actuellement.

Flexibilisation de l’emploi
Le processus actuel de la flexibilisation de l’emploi a engendré des situations de précarité sur le
marché du travail : le CDD est devenu la règle d’or pour le secteur privé, notamment. Ce processus
de libéralisation de l’économie algérienne est encore au stade primaire de l’économie de marché.

Favoriser initiative locale, créativité et capacité d’adaptation

De par le monde, il a été clairement démontré que les partenariats noués entre société civile,
secteur public et privé ont permis d’apporter à des dispositifs ou des projets, des contributions et des
compétences variées. Cette synergie des efforts de tous a clairement contribué au succès des projets
mis en œuvre sur le terrain. Des initiatives très locales peuvent mobiliser les ressources locales
(publiques ou privées), mais aussi mobiliser l’aide internationale et celle de grandes entreprises
nationales.

Veiller à la pérennité des dispositifs
En Algérie, le secteur public est le premier financeur des initiatives, notamment pour les aspects de
formation et d’aide à la recherche d’emploi. Étant donné les résultats enregistrés, notamment pour
les jeunes défavorisés, une telle implication du secteur public est justifiable, si les perspectives de

L’Emploi des jeunes en Algérie

Mettre en place des partenariats public-privé (PPP)

29

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

Tous les exemples de dispositifs, aussi variés soient-ils en taille, activité ou capacité de financement,
ont un point commun : ils illustrent la volonté de l’Etat de soutenir l’accès des jeunes à l’emploi et/ou
à une source de revenu. Cependant, les groupes locaux (collectivités locales, mouvement associatif,
communautés universitaires ou de population, etc.…) ne sont pas ou prou impliqués alors qu’ils
recèlent de grandes capacités à innover et à soutenir les jeunes pour obtenir un emploi. Ceci montre
qu’il est nécessaire à la fois de s’adapter aux besoins locaux, mais aussi de mobiliser les ressources
et opportunités locales.

maintien à long terme des projets et dispositifs sont assurées. Toutefois, ce type de soutien ne peut
pas être assuré sur la durée dans la plupart des pays en développement et le recours à des formes
de financement alternatives doit être exploré. Les initiatives d’appui à l’emploi des jeunes doivent
avoir pour objectif de couvrir leurs coûts et de se pérenniser.

Offrir aux jeunes défavorisés l’accès à des services variés, complets et intégrés
Pour accéder au marché du travail, la plupart des jeunes se heurtent à des contraintes variées:
niveau éducatif insuffisant, manque d’expérience, absence de réseaux sociaux, ressources
financières insuffisantes, parfois manque de motivation et de confiance en eux.
Les aider à trouver un emploi suppose donc de s’attaquer à de multiples fronts et il faut pour cela
offrir des services d’appui aux jeunes qui aillent au-delà de la simple formation professionnelle,
pour intégrer aussi des systèmes plus innovants de tutorat ou d’éducation financière ainsi qu’une
combinaison de services : des formations professionnelles dans le secteur des technologies de
l’information et de communication (TIC) par exemple, mais aussi des formations à la recherche
d’emploi, développement personnel, organisation de stages, appui à l’intégration en entreprise.
La plupart des spécialistes reconnaissent que pour permettre aux jeunes défavorisés d’accéder à
un emploi, il est nécessaire de s’attaquer aussi aux contraintes sociales qu’ils rencontrent (drogues,
absence de logement, lacunes scolaires par exemple).

Partager l’expérience acquise au niveau régional et international
Beaucoup de dispositifs et/ou de projets ont pu bénéficier d’une expérience et de connaissances
acquises au niveau international. Cependant, il est clair que l’on ne peut pas « répliquer » telle
quelle une expérience, mais qu’à partir d’une expérience donnée, il est possible de tirer des leçons
pour mieux innover et s’adapter à son propre environnement, en tenant compte d’opportunités et de
spécificités locales.

Prendre en compte aussi bien la demande que l’offre, dans un secteur donné

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Certains secteurs économiques ont un potentiel de création d’emplois important pour les jeunes et
sont attractifs pour les jeunes demandeurs d’emploi. Mais une intervention est nécessaire, même
dans ces secteurs, pour s’assurer que l’offre est bien adaptée à la demande des employeurs et pour
permettre que la rencontre offre/demande d’emploi puisse se réaliser dans de bonnes conditions.
C’est le cas, par exemple des secteurs des TIC, de l’environnement ou du tourisme/ de l’hôtellerie
qui recèlent d’importants gisements d’emploi pour les jeunes et qu’il faut investir au double plan de
la formation professionnelle et de l’encouragement à la promotion des investissements publics et
privés.

Recourir à toutes les sources de contribution possibles du secteur privé
Le secteur privé a un rôle évident à jouer dans la lutte contre la pauvreté et le chômage : il peut
fournir l’essentiel des créations d’emplois et il peut être au cœur de la croissance économique.
Les entreprises (et leur personnel) peuvent s’impliquer à plusieurs niveaux dans la lutte contre le
chômage des jeunes et encourager l’auto-emploi des jeunes, en proposant :






30

des services de tutorat ou de coaching professionnel ;
du conseil dans des domaines précis ;
des financements pour la création d’activités de sous-traitance ou pour le démarrage
d’entreprises (création de clusters);
de participer à des comités de crédit de banques ;
de mettre à disposition du matériel, des locaux ou des services à tarifs préférentiels



(couveuses/incubateurs d’entreprises) ;
de présenter les jeunes entrepreneurs à leur réseau de contacts professionnels.

S’adresser à la fois aux jeunes sans emploi et aux employeurs
Tous les spécialistes reconnaissent qu’il faut s’adresser aussi bien aux jeunes qu’aux employeurs, en
proposant des services adaptés à ces deux groupes. D’une part, les jeunes sans emploi manquent
souvent de formation, de compétences et d’une compréhension du marché du travail ; d’autre part,
les employeurs eux-mêmes peuvent mal comprendre ces demandeurs d’emploi et ont des besoins
spécifiques à remplir. Cette mise en relation demande des efforts soutenus de part et d’autre, mais
en particulier des pouvoirs publics.

Prendre d’abord en compte les atouts des jeunes
Le message clé à retenir en général, est que les jeunes ont certes des besoins et des lacunes, mais
qu’ils sont aussi capables d’apports et de créativité extraordinaires. Prendre en compte ce « verre à
moitié plein », plutôt que le « verre à moitié vide » est un choix presque stratégique dans la plupart
des projets et des dispositifs. Autrement dit, il faut s’appuyer d’abord sur ce que chaque jeune
apporte et veille à venir seulement en soutien des initiatives des jeunes, pour les renforcer.

Investir sur le suivi-évaluation et la mesure d’impact
De façon générale, il manque à la plupart des dispositifs et projets d’appui à l’emploi des jeunes
un système de suivi qualité systématique. Lorsque des évaluations sont réalisées, la preuve
pourrait être faite que les initiatives concernées peuvent devenir beaucoup plus réactives et
efficaces ou pas du tout et donc changer d’orientation. La mesure de l’impact, en particulier, mène
à l’amélioration des actions, mais aussi à leur expansion ou permet le de revoir et de recentrer les
actions (par ex. recours à de nouvelles sources de financement) pour assurer leur viabilité.

Structuration de l’économie informelle
La lutte contre l’économie informelle reste une des préoccupations principales de l’Etat et l’ensemble
des dispositifs relatifs à la création des micro-entreprises vise, d’une manière ou d’une autre, à
structurer le secteur informel. C’est cette approche qu’il y a lieu d’approfondir à terme par la mise en
place d’un code de conduite.

Autres mesures à encourager :
-

Assurer une scolarité de base universelle ;

-

Assurer une formation professionnelle initiale à intégrer dans le secondaire ;

-

Promouvoir une formation continue tout au long de la vie active ;

-

Adapter la législation à l’économie réelle ;

-

Relier salaire et productivité ;

31

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

Cette proposition n’impose en aucune façon des investissements nouveaux. Elle s’inscrit dans la
logique d’un service public puissant avec la transformation des agences locales en une « maison de
l’emploi », avec une seule direction, un seul espace de travail regroupant les conseillers et avec le
pouvoir de décision, représentant les différentes agences intervenant dans la promotion de l’emploi
et la lutte contre le chômage.
La « maison de l’emploi » disposerait aussi d’un système d’information nationale sur l’emploi.

L’Emploi des jeunes en Algérie

Création d’une maison de l’emploi

-

Adapter l’enseignement supérieur et la formation professionnelle aux exigences du marché
de travail ;

-

Évaluations objectives et périodiques des dispositifs d’aides à l’emploi mis en place depuis
les années 90, pour la mise en place de dispositifs nouveaux permettant la création d’emploi
et la richesse nationale ;

-

Encourager l’emploi productif ;

-

Dissocier entre le social (les aides sociales sous toute forme) et l’économique ;

-

Œuvrer à la mise en place de politiques permettant l’impulsion de l’économie nationale ;

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Œuvrer vers la formalisation du secteur informel à travers la revue des taxes et charges
patronales, la prise en charge partielle ou totale par l’Etat de ces taxes.

32

Réferences Bibliographiques

-

33

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

-

Office National des Statistiques. Résultats Enquêtes Emploi in Collections Statistiques de
2003 à 2009, Alger
Musette S. et al. (2003), Politique de l’emploi et du travail en Algérie, BIT, Alger.
Musette S. & Charmes J. (2006), Informalisation des économies maghrébines, CREAD, Alger.
Résultats des enquêtes Emploi (ONS) de 2003 à 2010. Alger. Cf. Tableau No 1 – Annexe.
Musette S. & Hammouda N.E (2009), Inclusion du marché du travail, BIT- Genève. Non-publié
Musette S. Hammouda N.E, & Meziani M. (2009), Emploi des jeunes en Algérie, BIT, Genève.
Non-publié
Achy (2010) tente une explication, à la suite du duo Bouklia-Talahite (2009) : la baisse du taux
du chômage s’est faite par une hausse de l’informel.
Arab youth unemployment the case of Algeria, données statistiques, PPS, Nacer-Eddine
Hammoud, CREAD – 2011
Musette M.S. et Mouloud M. Meziani : Emploi et employabilité en Algérie, rapport Banque
Mondiale, Alger, juillet 2011
Rapports d’activités ANEM, ANSEJ, ANGEM, ADS, années 2010/2011

L’Emploi des jeunes en Algérie

-

Annexes
DOSSIER THEMATIQUE SUR L’EMPLOI DES JEUNES
ENQUETE DE TERRAIN

-

Conformément aux TdRs du consultant (art. 5), « l’enquête de terrain portera sur l’évaluation
des dispositifs d’aide à l’emploi avec :

-

La détermination exacte des dispositifs étudiés

-

Choix de l’échantillon et localités

-

Objectifs et méthodologie détaillés définies au préalable et soumis à l’approbation de la FES

-

La méthodologie utilisée dans l’enquête de terrain serait l’entretien semi directif (Interviews) et
devra être détaillé par le consultant dans le cadre d’un concept présenté et à approuver par le/
la chargée de projet FES.

-

Le consultant pourra proposer et contacter le cas échéant un expert en mesure de mener
l’enquête selon les modalités définies ».

1. Objet de l’enquête
L’objectif global de l’enquête est d’obtenir un feed back de la mise en œuvre des différents dispositifs
d’emploi mis en œuvre par l’Etat, emploi salarié (DAIP, PID) et création de micros entreprises (Ansej,
Angem).
Il s’agira de faire une enquête auprès des bénéficiaires et des non bénéficiaires des dispositifs pour
en évaluer la portée sociale et économique, l’impact économique en termes d’insertion et d’accès à
une source de revenu, de plus value économique et sociale pour le bénéficiaire et pour la société,
de pérennité des modes d’insertion (salariés-création d’activités pour propre compte ou auto-emploi)
mais aussi de gap et de « manque à gagner » par les non bénéficiaires de ces dispositifs.

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Les dispositifs existants sont :

34

Le DAIP ou Dispositif d’Aide à l’Insertion Professionnelle (censé être une réponse économique au
chômage des jeunes). Il est géré par l’ANEM et il se décline en :


Contrat d’Insertion des Diplômés (CID), destiné aux primo demandeurs d’emploi,
diplômés de l’enseignement supérieur ou techniciens supérieurs ;



Contrat d’Insertion Professionnelle (CIP), est destiné aux jeunes primo demandeurs
d’emploi sortant de l’enseignement secondaire ou d’un CFPA (y compris les apprentis) ;



Contrat Formation/Insertion (CFI), est destiné aux jeunes demandeurs d’emploi sans
formation ni qualification ;



Contrat de Travail Aidé (CTA) vient en complément aux trois formules du DAIP.

Le PID ou Programme d’Insertion des Diplômés ainsi que les autres programmes d’aide à l’insertion
sociale (IAIG, DAIS, TUP-HIMO), géré par l’ADS au niveau central et mis en œuvre sur le terrain par
les Directeurs de l’Action Sociale des wilayas.

2. Choix de l’échantillon et lieux
-

L’échantillon doit tout d’abord cibler les deux catégories de jeunes chômeurs :

-

ceux et celles qui ont bénéficié d’un des dispositifs d’aide à l’emploi soit salarié, soit pour création
d’une activité pour propre compte (80 % de l’effectif à enquêter) ;

-

ceux et celles qui n’ont pas eu accès à ces dispositifs (20 % de l’effectif à enquêter).

-

L’importance de l’échantillon étant en liaison directe avec les fonds pouvant être mobilisés par
la Fondation Friedrich Ebert pour réaliser l’enquête, il sera laissé le soin à l’expert qui mènera
l’enquête sur le terrain de déterminer et de proposer un échantillon représentatif des personnes
à interviewer.

-

Il sera cependant demandé à l’expert de proposer 3 variantes d’échantillons avec valorisation
des coûts inhérents à chaque variante ainsi que les résultats à atteindre en termes de qualité
d’analyse.

-

En tout état de cause, des enquêtes devraient être menées sur les deux catégories de jeunes
citées ci-dessus et au moins dans trois wilayas ou zones homogènes (grande ville, haut plateaux,
sud).

L’objectif étant d’évaluer les impacts des dispositifs sur le terrain et en tirer les leçons, la
méthodologie utilisée dans l’enquête de terrain sera l’entretien semi directif (Interviews).

-

L’entretien semi-directif portera sur un certain nombre de thèmes qui sont identifiés dans un
guide d’entretien préparé par l’enquêteur.

-

Il s’agira d’initialiser une démarche participative et interactive sur l’emploi des jeunes,

-

Obtenir des informations, perceptions, sentiments, attitudes ou opinions de la part de l’enquêté,

-

Comprendre ce que les personnes pensent ou peuvent penser des différents dispositifs d’emploi,

-

Approfondir des points importants du dispositif qui les a accueillis,

-

Tracer la trajectoire professionnelle des bénéficiaires,

-

Savoir s’il y a reconnaissance (ou non) des bienfaits du dispositif dans lequel la personne est
insérée ou non,

-

Evaluer l’aboutissement et/ou épanouissement du (de la) jeune dans le dispositif choisi.

4. Résultats de l’enquête
Il s’agira de :

Faire un résumé et une analyse thématique transversale d’évaluation du dispositif d’emploi dans
lequel est insérée (ou non) la personne,
Elaborer une grille d’analyse globale des dispositifs d’emploi,

35

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

-

L’Emploi des jeunes en Algérie

3. Méthodologie proposée

Analyser, interpréter, comparer les informations recueillies.
L’enquête devra déboucher sur une analyse de l’impact des différents dispositifs de soutien à
l’emploi des jeunes « offerts » par l’Etat et d’en évaluer la portée sur :
la personne concernant son statut au niveau du ménage et de la communauté (douar, village,
quartier), son degré d’autonomie et d’émancipation pour le genre féminin ;
le ménage concernant :
L’évolution des conditions de logement et d’accès au confort : eau potable,
réseau d’assainissement, électricité, gaz de ville et niveau d’équipements
électro-ménagers ;
L’évolution du revenu et des dépenses du ménage en terme notamment
d’alimentation, de soins, et d’éducation des enfants ;

les points forts et les points faibles de chaque dispositif ou nature du dispositif (emploi salarié et
création d’activité pour propre compte) ;
les propositions d’amélioration comme perçues par les jeunes.

Le Consultant

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Mouloud Med Meziani

36

Propositions pour la réalisation du volet
« Enquête de terrain » de l’étude sut l’emploi de jeunes
La lecture de la note méthodologique rédigée par le consultant en charge de l’étude sur l’emploi
des jeunes, nous amène à proposer un dispositif de réalisation de l’enquête de terrain comportant
trois scénarios à étudier avec l’accord du consultant et de la chargée des projets de la Fondation
Friedrich Ebert.

Scénario 1 : Une enquête par entretien semi directif pour explorer les tendances qui se dégagent
après l’insertion dans les dispositifs
Le but recherché n’est pas d’analyser le discours produit sur les dispositifs, mais de repérer des
indicateurs caractérisant les situations d’insertion professionnelle dans le cadre de ces dispositifs.
Les axes de discussion sont ceux proposés par l’expert, à savoir : la portée sociale et économique
et l’impact économique. Le guide d’entretien portera principalement sur deux catégories : - les
opinions construites et les tendances de formation des représentations sur les dispositifs pour
le volet « la portée sociale et économique » - les changements induits par l’insertion dans les
dispositifs au niveau individuel pour cerner les stratégies professionnelles et au niveau familial ou
social pour repérer l’évolution du statut et de la situation économique.
En donnant à l’enquête cette dimension exploratrice, nous avons volontairement évité de centrer
l’organisation de la collecte de l’information sur les attitudes, les perceptions, les sentiments qui
nécessitent une batterie de techniques que la réalisation de la présente étude ne prévoit pas. De
même nous avons évité d’envisager l’étude de l’impact des dispositifs sous l’angle d’évaluation dont
la mise en œuvre fait appel à des techniques dépassant le cadre de la présente étude.
L’analyse de l’information récoltée portera sur les idées relevées de la lecture des entretiens et non
le contenu des discours.

Scénario 2 : Une enquête par entretien approfondi pour explorer les discours sur les dispositifs

Les bénéficiaires sont ainsi approchés non pas comme un groupe homogène mais comme un
somme d’individus porteurs de projets différenciés et ayant emprunté des trajectoires diversifiées.
Il ne s’agit pas d’analyser les perceptions, les opinions , les attitudes et les tendances de formation
des représentations à travers un discours de groupe , mais à travers des discours produits par
des individus vivant une situation d’insertion professionnelle dans le cadre des dispositifs mis en
oeuvre.

Scénario 3 : Une enquête par focus group pour étudier la formation d’un rapport collectif aux
dispositifs
L’option pour l’organisation des focus group offre l’opportunité d’approcher les bénéficiaires en tant
que groupe et non en tant qu’individus. L’objectif recherché est d’analyser les perceptions, les
opinons, les attitudes et les tendances de formation des représentations comme le produit d’une
discussion de groupe

L’Emploi des jeunes en Algérie

L’analyse portera sur le contenu des entretiens pour étudier les catégories des discours produits.

37

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

A la différence du premier scénario, le centre d’intérêt est d’analyser les discours produits par
les bénéficiaires sur la portée et sur l’impact des dispositifs. Ce discours sera analysé à travers
les catégories relatives aux perceptions, opinions, attitudes et le repérage de la formation des
représentations.

Population ciblée :
Les bénéficiaires de quatre dispositifs des deux sexes.

Le choix des enquêtés :
Un choix raisonné pour garantir la représentativité par sexe et par durée d’insertion et par non
insertion.

Nombres d’entretiens
Scénario1 :
La catégorie « bénéficiaires » : 10 à 12 entretiens pour chaque dispositif au niveau de chaque point
d’enquête
La catégorie « non bénéficiaires » : 4 à 6 entretiens pour chaque dispositif au niveau de chaque
point d’enquête

Scénario 2 :
La catégorie « bénéficiaires » : 8 à 10 entretiens pour chaque dispositif au niveau de chaque point
d’enquête
La catégorie « non bénéficiaires » : 2 à 4 entretiens pour chaque dispositif au niveau de chaque
point d’enquête

Scénario 3 :
La catégorie « bénéficiaires » : 2 à 4 focus group pour chaque dispositif au niveau de chaque point
d’enquête
La catégorie « non bénéficiaires » : 2 focus group pour chaque dispositif au niveau de chaque point
d’enquête

Points d’enquête :
Trois strates :

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Une grande ville côtière : Alger

38

Une ville des Hauts plateaux : Sétif ou M’sila
Une vile du sud : Ghardaïa ou Ouargla

Le consultant pour la réalisation
de l’enquête de terrain
Hocine Labdelaoui

Dossier thématique « Emploi des jeunes »
Guide d’entretien semi directif avec les bénéficiaires des dispositifs d’insertion professionnelles des
jeunes
Présentation de l’entretien
Comme son nom l’indique, l’entretien semi directif n’est pas un outil de collecte de données
quantitatives ou de discours structurés produits par les enquêtés, mais un instrument d’exploration et
de ciblage des catégories relatives aux opinions, avis, attitudes, comportements et aux représentations
collectives à l’égard d’une question donnée. Inscrite dans ce cadrage épistémologique, la construction
des thèmes de ce présent guide vise à recueillir des informations pour tester la validité de l’idée
que la formations des réactions collectives des jeunes à l’égard des dispositifs mis en place par le
gouvernement pour accompagner l’insertion des jeunes dans la vie professionnelle est déterminée
par des facteurs relevant des situations vécues avant l’insertion et par l’expérience de l’insertion
elle – même.

Le guide ainsi élaboré, comporte cinq thèmes :

Thème1 : Reconstitution des trajectoires amenant à l’insertion professionnelle par les dispositifs
Dans le cadre de ce premier thème, il s’agit de reconstituer les trajectoires menant les jeunes
bénéficiaires à l’insertion professionnelle par les dispositifs mis en place par le gouvernement. Les
questions autour desquelles les avis des interviewés seront sollicités, portent sur le cursus scolaire
ou universitaire, la situation après la fin des études, la situation sociale, économique et familiale.

Thème 2 : Les raisons, les motivations et les objectifs poussant les jeunes à bénéficier des dispositifs :
Les interviewés seront invités à parler des raisons qui les ont poussées à bénéficier des dispositifs
mis en place par le gouvernement. Ils seront également invités à parler des objectifs qu’ils recherchent
et à exposer les facteurs qui les motivent dans leur travail.
La connaissance de ces trois aspects est d’une grande utilité pour voir dans quelle mesure l’adhésion
des jeunes aux dispositifs mis en place par le gouvernement est déterminée par les situations vécues
par ces jeunes au moment de l’entrée en vigueur de ces dispositifs.

Thème 4 : Les changements et les projets de l’insertion professionnelle
L’objectif recherché dans le cadre de ce thème est d’évaluer les changements induits par l’insertion
professionnelle dans le cadre des dispositifs mis en place par le gouvernement dans la vie
professionnelle, individuelle, familiale et sociale. Cette évaluation sera complétée par l’observation
de la formation des stratégies de gestion de cette insertion professionnelle en termes de formation
et de réalisation d’objectifs professionnels et sociaux.

Thème 5 : Opinions et attitudes
Le dernier thème du guide porte sur la question des opinions et attitudes des jeunes bénéficiaires à
l’égard des dispositifs mis en place par le gouvernement. L’objectif recherché est de voir dans quelle

L’Emploi des jeunes en Algérie

Les points ciblés à ce moment de l’entretien portent sur des informations permettant est de voir
dans quelle mesure l’expérience vécue par les jeunes dans leur insertion professionnelle détermine
la formation de leurs réactions à l’égard des dispositifs mis en place par le gouvernement. La
connaissance des difficultés et des obstacles qu’ils rencontrent sera d’une grande utilité pour
analyser ce rapport entre l’expérience vécue et la formation des réactions enregistrées.

39

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

Thème 3 : Difficultés et obstacles de l’insertion dans les dispositifs

mesure l’expérience d’insertion professionnelle fonctionne comme une situation de formation de
réactions collectives, de modification des idées reçues ou comme un vécu renforçant des attitudes
constituées.

Les questions du guide
Avant de commencer l’entretien, il est demandé aux enquêteurs d’expliquer aux interviewés les
objectifs de l’enquête, leur préciser ce qui est attendu de leur participation tout en insistant sur
l’importance des idées et des informations apportées par leurs réponses. Ils doivent également
les rassurer que leurs réponses resteront confidentielles. Enfin, avant de commencer, ils doivent
demander l’autorisation des interviewés pour l’enregistrement sonore de leurs réponses.
Les termes de cette présentation doivent être adaptés aux circonstances dans lesquelles se déroule
chaque entretien, en l’occurrence : le niveau d’instruction de l’interviewé, son capital culturel et la
langue couramment utilisée.
Dans tous les cas de figure, il est demandé aux enquêteurs de se référer au texte suivant pour
démarrer l’entretien.
« Tout d’abord, je tiens à vous remercier vivement pour avoir accepté de consacrer une partie
de votre temps pour l’entretenir avec nous sur une question qui vous intéresse en tant que jeune
algérien ayant bénéficié des dispositifs mis en place par le gouvernement algérien pour faciliter
l’insertion professionnelle des jeunes.
Nous souhaiterons que vous nous parliez de votre expérience d’insertion professionnelle dans le
cadre de ces dispositifs. Dans cette perspective, nous voudrions connaître les raisons qui vous
ont poussé à bénéficier de ces dispositifs, les motivations qui vous guident dans votre travail, les
objectifs que vous recherchez. Nous voudrions également connaître vos sentiments, vos opinions,
vos avis sur les effets de la mise en place de ces dispositifs sur votre vie personnelle, familiale
et sociale, ce qui a changé dans votre vie, les difficultés vous avez rencontrées, ce que vous
envisagez de faire dans le futur.

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Si vous permettez, nous allons commencer l’entretien ».

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Thème1 : Reconstitution des trajectoires amenant à l’insertion professionnelle par les dispositifs
d’emploi
Nous allons commencer notre entretien par le volet relatif à votre vie avant votre insertion
professionnelle dans le cadre de ces dispositifs. Commençons par votre parcours scolaire. Parlez
nous de vos études, la dernière classe, le dernier diplôme, est ce que vos études vont servi à
quelque chose.
Pouvez vous nous parler à présent de votre vie personnelle après la fin de vos études, qu’avez-vous
fait depuis, que faites vous pour subvenir à vos dépenses ? Votre famille vous vient- elle en aide,
quelle est sa situation économique ?
Parlez nous de votre vie quotidienne avant votre insertion professionnelle, que faisiez-vous de vos
journées, vos rapports avec vos amis ?
Avez-vous suivi une formation professionnelle, avez-vous déjà travaillé ?

Thème 2 : Les raisons, les motivations et les objectifs :
Comment avez pris l’existence des dispositifs mis en place par le gouvernement pour aider les
jeunes à entrer dans la vie active, est ce par la presse, les copains, la famille, la mairie et les
autorités locales, les agences de l’emploi ou par quel autre moyen, nous souhaiterons que vous
disiez comment vous êtes venu à bénéficier de ces dispositifs ?
Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à demander à bénéficier des dispositifs mis en place
par le gouvernement en matière d’insertion des jeunes, est ce parce vous avez un besoin urgent
d’argent ou parce votre famille a besoin de vous ou parce que vouliez être comme vos proches,
vos copains et vos amis qui travaillent ou, enfin, parce que vos parents ou membres de votre famille
vous ont demandé d’accepter ce qu’on vous offre dans le cadre de ces dispositifs ? Parlez nous un
peu des raisons et des causes qui vous ont amené à demander à bénéficier des de ces dispositifs ?
Si vous avez acceptez de garder le travail qu’on vous a offert, est-ce parce qu’il y a certainement
des facteurs qui vous motivent ? parce que vous ne voulez pas resté inactif ? le travail qu’on vous
a proposé est-il adéquat avec votre formation ? êtes-vous en train d’apprendre votre profession ou
métier ? avez vous rencontré de nouveaux amis ? vos supérieurs vous motivent-ils ? parlez nous de
ce qui vous motivent dans votre travail actuel ?

Parlons, à présent, de votre vie professionnelle depuis votre insertion dans le cadre des dispositifs
mis en place par le gouvernement. Nous souhaiterons savoir si vous avez rencontré des difficultés
d’adaptation à votre travail, comment vous vous adapterez à votre milieu professionnel, comment
vos collègues et vos supérieurs vous traitent- ils, racontez nous votre nouvelle vie professionnelle,
ce qui vous dérange, ce que vous faites, êtes vous satisfaits de votre travail, sentez vous que vous
êtes en train de vous améliorer, d’apprendre, sentez vous utile à l’entreprise, parlez nous de tout
cela ? que faites vous pour résoudre les difficultés et surmonter les obstacles ?

Thème 4 : Les changements et les projets
Depuis que vous travaillez , dites nous ce qui a changé dans votre vie personnelle, , êtes vous en
train d’apprendre des choses, vous avez des revenus, vous pouvez subvenir à vos besoins, vous
aidez votre famille, vous vous sentez utile, dites nous ce que s’est produit dans votre vie personnelle,
professionnelle, familiale et dans vos relations sociales, vous avez plus d’amis, vous sortez avec
vos copains, vous pratiquez des activités sportives, ou, au contraire rien a changé dans votre vie ?

L’Emploi des jeunes en Algérie

Thème 3 : Difficultés et obstacles rencontrées

41

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

En acceptant d’entrer dans la vie active dans le cadre des dispositifs mis en place, est-ce parce que
vous considérez qu’il faut acquérir une expérience avant d’être plus exigeant ? parce que vous
voulez prouvé que vous êtes utile pour votre famille et pour la société ou parce que vous voulez
avoir votre autonomie et décidez de votre vie ? parlez-nous des objectifs que vous recherchez à
atteindre en acceptant de bénéficier de ces dispositifs ?

Maintenant que vous avez un travail que vous voulez faire : vous marier, acheter un véhicule,
voyager, apprendre votre métier, rechercher un autre travail, travailler pour votre compte, monter
une affaire avec les copains ou, au contraire, attendre de jours meilleurs, parlez nous de ce que vous
envisagez de faire au niveau professionnel, personnel, familial et social ?

Thème 5 : Opinions et attitudes
Grâce aux dispositifs mis en place par le gouvernement, vous avez un travail, une source de revenus,
vous venez de nous parlez de votre nouvelle vie, de vous objectifs aux niveaux professionnel,
personnel, familial, et social, ce qui nous amène à penser que vous vous êtes fait une opinion et
vous développez une attitude à l’égard de ces dispositifs. Que diriez vous de ces dispositifs, quels
sont leurs avantages pour les jeunes, qu’apportent – ils à ces jeunes ?

Quels sont leurs points forts et leurs lacunes et les points négatifs, dites nous ce que vous pensez
de ces dispositifs, que faut – il améliorer ou y changer ?
Que diriez vous aux jeunes qui n’ont pas encore bénéficié de ces dispositifs ?
Que diriez vous aux responsables au sujet de ces dispositifs ?
Avez autre chose à ajouter su l’insertion des jeunes ?

Avant de terminer cet entretien, nous tenons à vous remercier pour votre précieuse participation et
pour la qualité des informations que vous nous avez données sur votre expérience qui sera d’une
grande utilité pour l’étude. Merci à vous

Le consultant pour la réalisation
de l’enquête de terrain

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

Hocine Labdelaoui

42

Echantillon des bénéficiaires
Dispositif
CID
CIP
PID
I AIG
ANSEJ
ANGEM
Total

Alger
H
F
2
2
2
2
2
2
2
2
2
2
2
2
12 12

T
4
4
4
4
4
4
24

Laghouat
H
F
2
2
2
2
2
2
2
2
2
2
2
2
12
12

T
4

Batna
H
F
2
2

T
4

Laghouat
H
F
2
2

T
4

Total
H
6

4

2

2

4

2

2

4

6

6

12

4
12

2
6

2
6

4
12

2
6

2
6

4
12

6
18

6
18

12
36

T
4
4
4
4
4
4
24

Batna
H
2
2
2
2
2
2
12

F
2
2
2
2
2
2
12

T
4
4
4
4
4
4
24

Total
H
6
6
6
6
6
6
36

F
6
6
6
6
6
6
36

T
12
12
12
12
12
12
72

F
6

T
12

Echantillon des non bénéficiaires
Catégorie Alger
H
F
Dip. Sup./ 2
2
TS
Sortant du 2
2
sec. /F.P.
Autre
2
2
Total
6
6

Objet de l’intervention
Test du guide « Bénéficiaires » à Alger
Test du guide «Non bénéficiaires » à Alger
Finalisation des deux guides
Adoption des deux guides
Formation des enquêteurs à Alger
Début des entretiens à Alger
Formation des enquêteurs à Laghouat
Début des entretiens à Laghouat
Formation des enquêteurs à Batna
Début des entretiens à Batna
Analyse des entretiens

Intervenants
Le consultant
Le consultant
Le consultant
Chargée de projet de la Fondation
Le consultant
Le consultant et les enquêteurs
Le consultant
les enquêteurs
Le consultant
les enquêteurs
Le consultant

Rédaction du rapport

Le consultant

Correction et finalisation du rapport

Le consultant

Remise du rapport

Le consultant/ Chargée de projet de
la Fondation

43

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

Dates
30/10/2011
31/10/2011
01/11/2011
02/11/2011
3/11/2011
4/11/2011
9/11/2011
10/11/2011
10/11/2011
11/11/2011
20/11/2011 au
22/11/2011
23/11/2011 au
26/11/2011
27/11/2011 au
30/11/2011
01/12/2011

L’Emploi des jeunes en Algérie

Calendrier de réalisation de l’enquête par entretien semi directif

Echantillon des bénéficiaires à interviewer
Dispositif

Évaluation des dispositifs publics d’emploi mis en place
Mouloud MOHAMED-MEZIANI

L’Emploi des jeunes en Algérie

CID
CIP
PID
I AIG
ANSEJ
ANGEM
Total

44

Alger
H
5
5
5
5
5
5
30

F
3
3
3
3
3
3
18

T
8
8
8
8
8
8
48

Batna
H
5
5
5
5
5
5
30

F
3
3
3
3
3
3
18

T
8
8
8
8
8
8
48

Laghouat
H
5
5
5
5
5
5
30

F
3
3
3
3
3
3
18

T
8
8
8
8
8
8
48

Total
H
15
15
15
15
15
15
90

F
9
9
9
9
9
9
54

T
24
24
24
24
24
24
144

Fondation Friedrich Ebert
49, rue Bachir Ibrahimi (ex chemin Poirson)
16030 El Biar / Alger.
Tél:+213 21 92 68 95. Fax: +213 21 92 12 49
info@fes-alger.org


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