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Anne BIZEAU et les débuts du syndicalisme confédéré chez les instituteurs .pdf



Nom original: Anne BIZEAU et les débuts du syndicalisme confédéré chez les instituteurs.pdf

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Edités par "l'Association laïque des Amis d'Anne et Eugène Bizeau "
chez Nicole CHARL'ÀINE.me Pierre et Marie Curie -15200 MAURIAC.

Centenaire de la C G. T.

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ANNE BSZEÂUlET LE DEBUTS
DU
GH ËZÏEESIliSlifUTEU RS
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Conférence à Massiac (Cantal), le 15 octobre 1995
lors du Ve Hommage à Anne et Eugène BIZEA U

par Nicole CHARLAINE,
au nom de l'Association laïque des amis d'Anne et Eugène BIZEAU

°
J U I N 1996
Prix: 20 F

Comité de parrainage.
L'Association Laïque des : Arriïs' ": d'Anne; "et
Eugène BIZEAU a été déclarée le 26 mai
1394.
Son assemblée générale constitutive a eu lieu
le 16 octobre 1994 à St Beauzire (HauteLoire).
Elle a pour but:
de perpétuer les actions des BIZEAU contre la
guerre
et
les
obscurantismes,
pour
l'émancipation
sociale
et
la
fraternité
in terna tionalis te.
Pour cela, elle organise chaque année, à
Massiac (Cantal), un hommage suivi d'un
banquet fraternel, ou l'Assemblée Générale
élira les instances et décidera des orientations
de /'Association.

Elle est adhérent de la fédération nationale des
associations
des
amis
des
monuments
pacifistes,
républicains
et
anticléricaux,
constituée le 14/07/1994 et dont on trouvera
les buts, ci-dessous.

j e u n e association présente ici son cornue dt
oarramage provisoire, i l ?';igu d ' a m i s , d e m i l i t a n t s , di
oersonnalités q u i ont décidé de s o u t e n i r notre action
."ju'ils en s o i e n t remerciés.
Claire LECLERC. née BIZEAU fille d'Anne et Eugène,
BIZEAU. (VERETZ)
Max BIZEAU, fils d'Anne et Eugène BIZEAU
'St CLOL'D) '
Bernard BAISSAT Artiste Auteur du film "Ecoute'
BIZEAU" . (NOISY Le Grand)
Alain MEILLAND Chanteur (Cher)
Christian PIROT (Tours) Editeur d"Eugène BIZEAU \
Micheline et Pierre ACIER (Dordogne)
Alphonse VIN ATI E MASSIAC (Cantal)
Paulette MALARTRE Fédération de la LIBRE PENSEE
\de Haute-Loire
Odette MAMBERT Fédération de la LIBRE PENSEE du
Cantal.
Christian EYSCHEN
Secrétaire Général de 1;\
~^édération Nationale de la LIBRE PENSEE.

FEDERATION NATIONALE LAÏQUE
DES ASSOCIATIONS DES AMIS DES MONUMENTS
PACIFISTES, REPUBLICAINS ET ANTICLERICAUX
" Maudite soit la guerre qui m'a rendu orphelin "
(Monument de Gentioux dans la Creuse)

En se réclamant du Chevalier de la Barre, victime
du cléricalisme et de la monarchie Finissante ;
d'Eugène BIZEAU, poète libertaire et pacifiste, en
butte toute sa_ vie à la réaction ; la Fédération
Nationale Laïque entend construire une chaîne
d'union à travers le temps, qui a pour noms : Paix,
Liberté", République et Laïcité.
Les Associations parties prenantes ont voulu que la
Fédération Nationale soit laïque, car c'est au nom de
dogmes, de croyances, de religions, de superstition et
de fanatisme que l'on dresse des peuples contre
d'autres peuples pour des intérêts économiques
soigneusement occultés. A l'approche du 90ème
anniversaire de la grande Loi de Séparation des
Eglises et de l'Etat, promulguée le 9 Décembre
1905, la Laïcité c'est la volonté de la paix civile ,
de la concorde universelle. C'est la République
rendue au sentiment de sa dignité, c'est la liberté
de conscience assurée pour tous.

(Extraits du Manifeste)

La Fédération N a t i o n a l e Laïque des .Associations
des Amis des Monuments Pacifistes, Républicains et
Anticléricaux appelle toutes les associations et
citoyens qui se reconnaissent dans les mêmes idéaux
à la rejoindre et a soutenir son action.

MASSIAC, le 15 octobre 1995.

Chers amis, chers camarades,
Rendre hommage à Anne et Eugène BIZEAU, c'est respecter la mémoire de ces hommes
et de ces femmes qui ont servi par leurs luttes, leurs engagements, le combat des travailleurs
pour leur émancipation.
C'est pourquoi, en ce V° hommage, en tant que femme, institutrice et syndiquée, j'ai
souhaité me pencher plus particulièrement sur les rapports d'Anne BIZEAU et du
syndicalisme confédéré.
Rappelons nous que cette année 1995 est l'année du centenaire de la fondation de la
Confédération Générale du Travail.
Cet hommage, c'est aussi grâce aux leçons du passé, l'occasion de proposer des
perspectives de luttes pour le présent.
Et l'une de ces luttes à venir est bien celle de l'exigence du rétablissement de la loi de
"Séparation des Eglises et de l'Etat", loi du 9 décembre 1905, loi conquise grâce aux luttes
ouvrières.
Je commencerai donc par un détour historique qui est la toile de fond des combats
menés par les BIZEAU.
"La Commune fut bien, selon l'expression de Karl MARX, le glorieux fourrier d'une société
nouvelle. "
Ainsi les revendications fondamentales se font jour dans le mouvement ouvrier:
1) L'établissement de l'instruction gratuite, laïque et obligatoire
2) L'exigence de la séparation des églises et de l'Etat (décret du 3 avril
1871).
C'est bien la IIP République qui, dix ans après la Commune, apportera les lois
fondamentales:
-Laïcité de l'Ecole Publique
-Séparation des Eglises et de l'Etat (9 déc.1905).
En effet, la repression de la Commune fut terrible: "c'est la curée froide" ainsi que l'a
qualifiée Louise MICHEL.
Massacres, exécutions, prison, déportations, l'Internationnale disparaît, les instituteurs
sont persécutés: on signale des déplacements d'office, des tracasseries, des révocations...
C'est la circulaire de Jules FERRY (10 août 1880) qui va permettre aux enseignants de
retrouver la voie de l'action. Avec le vote des lois FERRY, l'enseignement s'affirme comme
pilier. Les effectifs augmentent et les femmes représentent plus de la moitié. L'image de
l'institutrice s'affirme de plus en plus.
Dans le même moment, éclate la renaissance du mouvement ouvrier. Il est héritier de la
1° Internationale, riche du passé des luttes de 1848 et 1870.
La fondation de la Confédération Générale du Travail (CGT) en 1895, marque le terme
de cette renaissance.
En effet, après 1884, la loi du 21 mars 1884 autorise les syndicats professionnels, les
chambres syndicales se développent. Les premières fédérations nationales de métiers
apparaissent. Elles ont un rôle de défense des intérêts de la corporation, elles affirment leur
autonomie en se démarquant des politiques: un syndicat des membres de l'enseignement se
constitue. Ce qui fait progresser l'autonomie syndicale, c'est la création des Bourses du
Travail. Celles-ci sont des lieux de débats, de rencontres. Elles jouent un rôle éducatif et un
rôle culturel (universités populaires, bibliothèques...)

En 1892 est créée la Fédération Nationale des Bourses du Travail dont Fernand
PELLOUTIER est élu secrétaire-adjoint. En 1895, du 23 au 28 septembre se tient à Limoges
le congrès où naît la C.G.T.
Le texte fondateur, adopté par les 75 délégués, contient deux éléments essentiels:
1) "Les éléments constituant la CGT devront se tenir en dehors de toutes
les écoles politiques".
2) La CGT a exclusivement pour objet d'unir sur le terrain économique et
dans les liens d'étroite solidarité les travailleurs en lutte pour leur émancipation totale."
Quatre points forts constituent donc la C.G.T.:
1) Indépendance de l'organisation syndicale par rapport aux partis politiques
2) Objectifs révolutionnaires
3) Le terrain économique est le lieu de l'Unité et du Combat
4) La grève générale est le moyen de parvenir à l'émancipation
La CGT est alors un syndicat de type révolutionnaire. Cette nature révolutionnaire est
exprimée par la Charte d'Amiens en 1906:
"Le syndicalisme révolutionnaire rejette toute intervention des partis, toute action politique,
toute médiation étatique ou législative. Ce syndicalisme est aussi antimilitariste et
anticlérical.

C'est de cette CGT là, qu'il s'agit quand les instituteurs et institutrices se proposent de
quitter les amicales pour fonder un vrai syndicat. En effet, les instituteurs syndicalistes de la
l ère heure, tels Louis BOUËT, DOMMANGER ou SERRET, désirent se libérer du triple joug
de l'Eglise, des politiciens et de l'Administration.
Qu'était-ce donc que ces amicales?
"Ce fut un sentiment d'amitié" qui rapprocha à l'origine les Instituteurs et les
Institutrices. Le doux nom d'Amicales qu'ils donnèrent à leurs associations en montre le
caractère primitif". (Murgier- 20 mai 1907).
Ces Amicales rassemblaient également l'administration toute entière. "Ce premier
congrès National aura des conséquences d'une Haute Portée dit MURGIER lors de son
discours au congrès constitutif des Amicales en 1900; il scelle à jamais l'union morale des
instituteurs et des institutrices de France, leur Union entre eux et leurs chefs... "
Les Amicales sont donc constituées d'après la loi de 1901 qui permet à tout citoyen de
fonder un groupement. En fait, elles ne situent pas sur un terrain de lutte de classes et ne
rejoignent absolument pas le mouvement ouvrier.
Voici le jugement de LAURIN (dans "Pages Libres" du 10 Octobre 1903):
" Le congrès des Amicales qui a envoyé les adresses que l'on sait, assurant les représentants
de la Classe bourgeoise du dévouement des Instituteurs, a paru ignorer qu'il existait des
organisations ouvrières qui luttent pour leur affranchissement
et dont la devise
est:L'émancipation des Travailleurs se fera par les travailleurs eux-mêmes.
Il est certain que la plupart des instituteurs, même beuacoup de ceux qui se réclament du
socialisme, ignorent ou méconnaissent la loi historique de la Lutte des Classes. "
L'enjeu était donc soit de collaborer avec l'administration au sein des Amicales, soit de
se mettre du côté des intérêts des travailleurs et non de la bourgeoisie. C'està dire retrouver
les revendications fondamentales du mouvement ouvrier: enseignement laïque, indépendance.

Communication de Nicole CHARLAINE
au Verne hommage à Anne et Eugène BIZEAU
Massiac (Cantal), le 15 octobre 1995

Chers amis, chers camarades,

Avant d'intervenir sur le thème du centenaire de la C.G.T.:"'Anne BIZEAU et les débuts du
Syndicalisme confédéré chez les instituteurs", je tiens à vous transmettre le salut et les excuses de
Max BIZEAU et de sa soeur Claire BIZEAU LECLERC, empêchés.
J'ai eu le plaisir de recevoir le courrier de Max, et Claire nous assure elle aussi de son plein soutien
m'annonçant par téléphone que sa fille Mme Françoise GIRAULT adhérait à l'association, en
hommage à ses grands parents.
Je désire d'autre part, remercier Pierre DURIF qui fut instituteur et un des animateurs de la
Résistance à Massiac qui nous a reçu si chaleureusement, en août dernier avec son épouse Marie,
Christine CHALIER et moi même.
L'espace d'une après midi, Marie et Pierre DURIF nous ont fait revivre le couple d'amis qu'étaient
pour eux Anne et Eugène BIZEAU; nous confiant de précieux documents concernant les poèmes
d'Eugène.
Remerciements également à Guy THONNAT, président de notre association, qui a mis à ma
disposition les fascicules du "Syndicalisme dans l'Enseignement" de BOUET, DOMMANGET et
SERRET; à Paul BARBIER d'Angers, qui en tant qu'instituteur et syndicaliste confédéré, m'a
fourni le texte du "Manifeste des Instituteurs syndicalistes de 1905", à Serge MAZEERES d'Aunllac
qui a eu la gentillesse de me confier les publications de l'époque de l'Union départementale CGT du
Cantal, "Le Réveil Syndical" et du premier Syndicat des Instituteurs CGT "L'Emancipateur".
Salut fraternel aux fédérations départementales de la Libre Pensée présentes:
Haute Loire, Cantal, Lozère, Loire, Allier et plus particulièrement à notre camarade
Georges BARDIN, président de la Fédération du Puy de Dôme et l'un des organisateurs du meeting
contre les "Croisades d'hier et d'aujourd'hui".

En exergue à cette conférence, je voudrais vous lire un poème de Max BIZEAU en hommage
à sa mère. Ce poème est extrait du recueil "La mère inachevée"
M A X O L I V I E R BIZEAU

LA MERE INACHEVÉE
préface de Paul Guth
. 'dessin de Léonor Fini-

SON ECOLE
(Maternelle 1930)

EDITIONS SAINT-GERMAIN-DES-PRES

Le tableau noir était toujours
Avivé de traits de couleur
Les fenêtres toujours ouvertes
Sur la récréation prochaine
Son école : une salle basse
Voûtée comme une cave ou comme une arche
De cette courbe sombre elle avait fait un ciel
Constellé d'étoiles de papier...
Dans le chariot rosé de la grande ourse
Une comète dénouait ses cheveux d'or
En reine fainéanteSur leurs rugueux bancs de chêne
Polis comme stalles d'église
Ses petits écoliers devinrent astrologues
Et se laissèrent tomber
Dans un puits de rêves...
D'autres se firent poètes
Et quand elle eut enfin sa boîte aux lettres
Cadeau du bout de l'an de sa commune
L'un des plus effrontés s'enquit : oh ! Demoiselle
Quel oiseau vas-tu mettre dans cette cage ?...

En fin de compte, un texte est voté dans l'enthousiasme lors du congrès de la
Fédération Nationale des syndicats d'instituteurs.

« Le Congres de la Fédération INatîonalr
« des Syndicats d'Instituteurs :
« Considérant que In C.G.T. est l'cxpres« siou vivante et agissante de la solidarité
« prolétarienne :
« Qu'elle est actuellement le trait d'u« nion indispensable entre toutes les or« ganisations syndicales ;
< Qu'nurunc organisation consciente de ses
« devoirs do solidarité ne doit rester en
c dehors de la C.G.T. ;
t Considérant, d'autre part, que Its insti« tuteurs salariés de l'Etat ont, comme tous
c les autres salariés, des revendications à
< présenter à leur employeur, l'Etat-Patron ;
« Qu'ils ne sauraient confirmer la thèse jjou« vcrneinentale qui dresse une barrière entre
< le prolétariat administratif et le salariat
« de l'industrie privé* ;
« Qu'en adhérant à la C.G.T. ils accomplis« sent leur devoir de solidarité ouvrière et
t restent libres de leurs méthodes et de leur
< tactique ;
« Que les syndicats ouvriers ont, en toute
< occasion, appuyé et encouragé les reven« dications des salariés de l'Etat ;
« Considérant enfin que les Syndicats d'Ins« tifuteurs sont déjà rattachés à la C.G.T.
« par leur adhésion à leurs unions de syndi< cals ou Bourses du Travail ;
< DécUre adhérer à 1» Confédération Gff néralr du Travail. »

P.60 N°II

Adélaïde - Françoise - Anne CHAMBONNIERE, née à Trémouille (Cantal) le 22 mars 1882,
après avoir suivi ses études en Ecole Primaire Supérieure et après avoir obtenu brillament son
Brevet Supérieur, devient institutrice à MENET (15).
Comme la plupart des instituteurs, elle fait partie d'une amicale: elle devient en 1912,
secrétaire adjointe de l'Association Amicale des membres de l'enseignement primaire public du
Cantal et des anciens élèves des deux Ecoles Normales d'AURILLAC comme entémoigne le
bulletin d'Octobre-Novembre-Décembre 1912.

.

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I/Associalion Amical
; **j ttmtnt it ftiuifMME! hl«ln"hUt <i CnUI L I

i.-*'.-.''"?:'^'**«'iKh« toi»". .:
• ';_,..' '-*« lin tctlu iK-niln fUrtlût-

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J

Dès 1905, le Manifeste des I n s t i t u t e u r s Syndicalistes affirme:
. le corps des instituteurs a besoin ae toute son autonomie, et les instituteurs eux même.
de la plus large indépendance. Or, cette autonomie du corps enseignant primaire et cette
indépendance de ses membres ne peuvent être pleinement réalisées que par la constitution er.
syndicat des associations professionnelles d'instituteurs.... Les instituteurs sont, en effet,
décidés à substituer à l'autorité administrative, qui avoue son impuissance devant les
ingérences politiques, et aux influences politiques auxquels ils ont été, jusqu'ici, obligé,
d'avoir recours pour corriger les injustices adminsitratives, la force syndicale... C'est enfin
por des raisons morales de l'ordre le plus élevé que les instituteurs réclament le droit de se
constituer en syndicats: ils veulent entrer dans les bourses du travail. Ils veulent appartenir à
la Confédération Générale du Travail. Par leurs origines, par la simplicité de leur vie, les
instituteurs appartiennent au peuple. Ils lui appartiennent aussi parce que c'est au fils di
peuple qu'ils sont chargés d'enseigner.... Nous voulons entrer dans les Bourses du TravaL
pour y prendre de belles leçons de vertu corporative, et y donner l'exemple de notre
conscience professionnelle.... Les syndicats doivent se préparer à constituer les cadres des
futures organisations autonomes auxquelles l'Etat remettra le soin d'assurer sous son
contrôle et sous leur contrôle réciproque les services progressivement socialisés.
Telle est la conception syndicale que nous voulons pour les Bourses du Travail
Er
attendant, nous engageons tous les instituteurs syndicalistes à adhérer aux syndicats déjà
Distants. "

L'adhésion de la Fédération Nationale des Instituteurs et Institutrices à la CGT eu lieu
lors du congrès de Nantes (28, 29 et 30 mars 1907). Cela ne se fit pas sans lutte comme en
témoigne l'appel de Georges YVETOT secrétaire de la CGT le 20 janvier 1907.
APPEL DU LA SECTION CONFEDERALE
DES BOURSES DU TRAVAIL

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A u \ Secrétaires des Bourses du Travail
« LC.S m i l i t a n t s suidicalistes en particulier,
et les t r a v a i l l e u r s syndiqués conscients en
général, tic sont pas ignorants des mesures
a r b i t r a i r e s dont sont menacées les organisaticm.i sNndicales d'instituteurs et d'mstitu( r i i e ï , par le Ministre n c t u e ! de l ' I n s t r u c t i o n
Publique.
c Au nom des principes bourgeois qu'il
a p o u r fonction de d é f e n d r e et de protégcr. le G o u v e r n e m e n t veut i n t e r d i r e aux
S y n d i c a t s d ' I n s t i t u t e u r s l'accès aux Boursut du Travail et à la C.G.T. II veut
mr'mc d é t r u i r e et empêcher l'organisation
syndicale des instituteurs.
«" LK LAISSERONS-NOUS FAIRE- V
« Depuis longtemps déjà, les Bourses du
Travail o n t e n c o u r a g é et aidé les instituleurs et institutrices à transformer leurs
anodines associations amicales en groupci i u i i i > do défense et d'émancipation soci.ile,
en Syndicats.
• Le dernier congres de la Fédération
des Rourscs qui se tint ù Alger, en 1902,
décidait déjà l'entrée des Amicales dans
les Bourses du Travail et i n v i t a i t instamnient celles-ci ù les admettre au mime
thrc que les Syndicats ouvriers dans leurs
Unions locales.
« Naturellement, le comité des Bourse»
favorisa de son m i e u x la poussée syndicale
< Depuis, les instituteurs ont courageusement répondu ù l'appel des t r a v a i l l e u r » en
se syndiquant eux-mêmes.
< C'est pourquoi il est de notre devoir de
seconder partout leur action, au moment
surtout où ils se préparent à résister aux
menaces ministérielles, après avoir résisté
à ces basses tentatives de déviation «vndicale.

« Où échouèrent antérieurement les ministres réputés réactionnaires, doit échouer
aujourd'hui le ministre prétendu socialiste.
« Si le BLOC syndicaliste des instituteur*
ne suffit pas, c'est au BLOC des travailleurs de toutes les corporations, réunis
dans leurs Bourses du Travail, que devra
s'attaquer la force de réaction gouvernementale.
< Nous comptons sur les Bourses du Tf»^
vail confédérées pour seconder de leurs efforts et de leur initiative solidaire l'sction énergique des instituteujtfj syndiques.
Plusieurs d entre elles n'ont pas attendu
notre invitation pour protester. Nous comptons sur l'unanimité des Bourses du Travail
pour agir en faveur des instituteurs.
< L'émancipation sociale, les revendications
de bien-être et de liberté qu'ont soum-ses
à leur Patron-Etat les instituteurs nous
sont aussi chères que les nôtres . La
solidarité nous fait un devoir de nous uuir
à eux pour qu'ils triomphent de l'arbitraire gouvernemental : Nous n'y faillirons
pas i
« Plu-; que jamais le Prolétariat manuel df
I : industrie priver ne fera qu'un avec le
Prolétariat de l'Enseignement, exploité par
l'Etat et opprimé par ses représentants t
< Plus que jamais les Bourses du Travail
abriteront Kî Syndicats d'Instituteurs et
d'Institutrices !
< Pour le Comité de la Section des Boursesr
< Le Secrétaire : Georg'.s l'VETOT. i

LE SYNDICALISME DANS L'ENSEIGNEMENT

C'est en tant que représentante du canton de RIOM es-Montagnes qu'elle est élue par
34 voix sur 40 lors du conseil d'administration au poste de Secrétaire.
Par ailleurs et cela la distingue déjà de ses collègues, elle est secrétaire du "Groupe
féministe Cantalien" comme en témoigne un article signée Anne CHAMBONNIERE du 1°
juillet 1916. On y découvre le travail de solidarité mené par Anne et ses collègues, ainsi que
sa volonté de construire un Groupe structuré et organisé.

l'honneur d'une CjUlion Jiol lu tribune de « l'Action Fé-

Groupe Féministe Cantalien "".? •'-""
veillanl concours et que le* lulrt* itou, réitèrent Gdèles. '
Nous eip^rons que toute*, dnns la meiuro des possibilités.

' S i t u a t i o n Financière «~u 1" Juillet 1916"

. .

.

.

En Caiiie'ao 17 juillet 19 U. '. ' r".'7 ."' '.'\7.T'2S5 35
Cotisations I9U-I9IS et ISI5-I916.'::'. . . ' ]'_ lw .

_
Caisse f é d é r a l e . ' /
;

. . .

: : . . . . ' /'.

Pour le, r é f u g i é .
. ' . . . .
P o u r kl veuves et'orpnelia
Pour lea omara.lea belges. . . - . . . .
Tncol du ïolilat. . .
F rail g é n é r a u x (imprime», envoi» d'argent, propiginde)'
Toul. . . . . .

Tol.l d
Toul d

102 50 "'

U Scmlain : A. C H A M D O N N I Ê R E .

1 0 0 .«?•
50 .
50 >
50 .

Conseil d'Administration
5ïonc« du 27 juiltel 1916

13 85

Le j e u d i 27 j u i l l e t I9Î6, à 13 heures, le C. d'A. de
l'A. ï'esl réuni i l'école, it Mlle Divines, sou» I»
présidence de M. Coudy, v i c e - p r é s i d e n t de l ' A . '
Présenta : Jlmes Paulard (Mur.1), Ucan, Boyer,'
Caïaud. Bergantière. Roussel. Laroque, HosLaniol.

3G6 35

effectuée*.
a effectuées

449 35
360 35

En U i u e tu 1-juillel 1916
La Trcion'ii-t fv-ooitoin.
J. TEULADE.

n'aille s'améliorant : elle comprend dejA quelques It-nrei,Iwadeptes-

Davines.
MM. Coudy, Bassel. Conie, L.rousjinie el Mey-

83 •
La Stcrélairt,
" A. CHAMBO.NN1ÊHE.

mel. ' . . ' ,''.,

.''..

' '

" ExciTsés': 'Mmes P a u U r d (Sl-Bonnel-de-Condat),
Grannet, N i c o n l e a u , Vaiuiere et H. Poinspn.
^ ,Le c a m a r a d e M e y o i e l a dû remplacer M. Poinson,
•ecréUirc provisoire, ejtcusé. i,-;-: : :,.., ..... -'.
-" r; 'An moment où beaucoup de camarades s o n t mobilisés chacun devrai! avoir a cœur de r e m p l i r conscie'ncieu'aemeiit la mission qui -lui est confiée, pour
assurer le ronctionoèrhVnl régulier de ' l'Amicale.
^L'ilat'de'gùerre nous'e'nja l !l une obligaUon, et chacun a l ' a v e n i r fera lout.soii'pôssible pour
réparer les
r

c u i e n t cnirt Ici adherentea du G. F. G. IU comprennent :

personnelle*) ?• sur l'einpioî dei fonda disponible». El unt
C'rruiairt frdtrau (npport de* U ^ T t u x d e l'ijiaée. quel-

ce qu'elle» ont dé]* p u " f.irfl p«r !• lecture du j o u n u l —
q u ' i l importa I T â n t Loul q u i I* F W é r i t i o û »iro I En ce qui
concerne ooLrê groupe oout » T O D » obLeoc lu point d» Tue

"

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Et, c'est déjà en 1915 qu'elle adhère au syndicat des instituteurs, ainsi qu'en atteste la
signature d'un article du N°l (décembre 1919) de L'Emancipateur. Elle signe Anne BIZEAU
syndiquée de 1915.

SOUDAIUTE l'HOi-'ICSSlOiNNliLLlî
- • I.e b u r e a u du G r o u p e Kc'muiisle c a n t n l i e n (A. B i z e a u , J . - T c u I a d c ,
C . M a u r y ) , p r e s c r i t e l'orili'C t l u j o u r s u i v a n t : '
' , • ' " - •
• • • • . L e Conseil d ' A d m i n i s t r a t i o n t i c I j V i n i c a l e , c o n s i d é r a n t q u e . l e s
c a m a r a d e s M a y o u x ont été p o u r s u i v i s , condamnes ' cl révoqués p o u r
délit d'opinion, décide .
.
.',•<''
' • d e s'associer a u x g r o u p e m e n t s ( A m i c a l e s et S y n d i c a t s ) rpii m è n e n t
' U r c c a m p a g n e en f a v e u r t i c s c a m a r a d e s f r a p p é s — <[tii s e r o n t l i b é r é s
par l ' A m n i s t i e ^ é n é r a i c , p r o m i s e i l y a d e u x mois p a r le g o u v e r n e ment ; —
.
. . . . . . • ' . " . : '' •
- de s ' a t t a c h e r t o u t p a r l i c u l i é r o m c n t à l e u r r é i n t é g r a t i o n - d a n s ' les
cs'dres de l ' e n s e i g n e m e n t ;
. .._'-: •
de s a i s i r de c e t t e q u e s t i o n l a ' F n i l é r a t i o n des A m i c a l e s , en •j'invi. tant à i n t e r v e n i r é i i c r g i ( | u c i i i e n t d a n s le m ê m e s e n s - » .
. s—-'\.'
.' • Sur la p r o t e s t a t i o n s u i v a n t e adressée au P r é s i d e n t de l ' A m i c a l e :
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M o n s i e u r le P r é s i t l e n l , •

' •!.,'

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V-,

••:,':ï~:'. .';,

" . ' « j N o u s s o m m e s é t o n n é s que la c e n s u r e 'sévisse j u s q u e - d a n s ' nos
groupement!; et de n e p o i n t t r o u v e r , îracc au ' « B u l l e t i n » d e l à m o t i o n '

« s o l i d a r i t é p r o f e s s i o n n e l l e • p r é s e n t é e par le b u r e a u du g r o u p e f é m i
hisl"é~en Wên1é"ieïiips q u e celle des " I n t é r i m a i r e s -. Est-ce un o u b l i
de p r é s e n t a t i o n Ou de c o m p t e - r e n d u , et à qui faut-il l ' a t t r i b u e r ? N o u s
, espérons, en ce cas. une rectification dans le prochain n u m é r o . - Si
. l'omission est v o l o n t a i r e , n o u s p r o t e s t o n s é n e r g i q u e m c n t c o n t r e le
huis-clos... Q u e l que soit à ce sujet l ' o p i i v i o n de l ' A m i c a l e , il n o u s
s e m b l e , e n . e j T c l , .qu'une t e l l e q u e s t i o n ne doit pas être e s c a m o t é e
p u r e m e n t et s i m p l e m e n t ! X o u s ne c o m p r e n o n s pas que de « r ulurs
'syndiqués » se r e f u s e n t à défendre nos m i l i t a n t s s y n d i c a l i s t e s , cliosc
d ' a u t a n t plus facile q u ' i l s ont été frappés pour îles f a i t s « n,>n scolaires • el é t a i e n t d a n s l e u r classe des m a î i r e s irréD'^ch.ables ».
L ' o u b l i f u t r é p a r é p l u s tard, o u b l i d o n t l e secrétaire l u i - m ê m e r e v e n d i q u a i l toute la responsabilité. Et c'est ici le p o i n t d é l i c a t . Je n'ai
•jamais c o m p r i s c o m m e n t il p o u v a i t se f a i r e que de d e u x p r o p o s i t i o n s
présentées sur une f e u i l l e u n i q u e , une s e u l e ait été retenue : Je n'ai
j a m a i s compris q u ' u n e proposition à laquelle nous attachions une
très g r a n d e i m p o r t a n c e , parce q u ' i l s'agissaU de d é f e n d r e deux' de
nos m e i l l e u r s m i l i t a n t s , ait été ainsi « o u b l i é e • !
La m o r a l e de celle h i s t o i r e ? M. M a u r i e la c o n n a î t bien : C'est
nous qui a v i o n s 6 n o u s p l a i n d r e , el... c'est lui qui n ' e s t pas c o n t e n t !
A. BIZEAU.

En 1915, Anne est nommée à MASSIAC et en 1916, elle démissionne de l'Amicale pour
raison de santé (bulletin de janvier à mars 1916). Son parcours de féministe et de pacifiste
l'entraîne vers une radicalisation de ia lutte. Elle a rencontré, entre temps Eugène BIZEAU.
Le bulletin de l'Amicale (juillet à décembre 1916) annonce le mariage d'Anne et Eugène.
Mariage

Mademoiselle C h a m b o n m e r e , directrice d école
mDte.-nclic i Massiac, r.,- f a i t p a r t de son m a r i a g e ,
célébré le 2Soclobre 19 K> à Mass.cic, avec M o n s i e u r
Eugène Bizcou.
L'Amicale adresse a u x n o u v e a u x époux l e . m c i l
leurs s o u h a i t s de b o n h e u r .

Pacifiste, antimilitariste, féministe, Anne BIZEAU affirme sa volonté de développer la
solidarité fondement de tout syndicat.
~7onsi, s'insurge t-elle pour que les Instituteurs du Cantal défendent Marie et François
MAYOUX.'
En effet, les MAYOUX, instituteurs pacifistes ont fait imprtmer, sans le visa de la
censure une petite brochure intitulée: "Les instituteurs syndicalistes et la guerre"., dans
laquelle ils font part de leurs efforts personnels en faveur de la paix.
"...c'est sur notre initiative que la fédération a adhéré à ZIMMERWALD;
d'être représentée effectivement à KIENTHAL... "
"Les masses p o u r t a n t commencent à
s'agiter, aux armées comme à l'arrière.
M a i - J u i n 1917. C'est la période des grèves et des m u t i n e r i e s .
M. et F. M a y o u x croient devoir alors
f a i r e i m p r i m e r sans le visa de la censure
une petite brochure intitulée «' les instit u t e u r s syndicalistes et la guerre » dans
l a q u e l l e ils n o t e n t complaisamment leurs
e f f o r t s personnels en f a v e u r de la paix
et précisent leur position dans le conflit
oui nous d i v i s e au sujet de la rédaction
de « itcole > :
« C'est sur notre i n i t i a t i v e que la F.
a adhéré à Z i m m e r w a l d ; qu'elle t e n t a
d'être
représentée
effectivement
à
Kienthal et qu'elle a adressé des félicitions au Président Wilson pour ses déclarations
pacifistes,
avant
qu'elles
soient démenties par les faits... »
Ils terminent ainsi :
« Une g r a n d e p a c i f i s t e , la Misère, va
nous p r ê t e r m a i n forte. Avec tristesse
nous envisageons cette a i d e prévue et
Cette petite brochure va être le point
de départ d ' u n e série de perquisitions, de
poursuites, d ' a r r e s t a t i o n s , de condamnations v i s a n t les instituteurs et institutrices syndicalistes qualifiés de « défaitistes ». "
La m a n i è r e individualiste de M. et F.
M a y o u x de comprendre l'action ne pouvait être approuvée de tous les camarades. E, Bazot, entre autres, nous écrit dès
q u ' i l a connaissance de leur nouveau
geste :
i
«
«
i
«
t
,
[
«
*

«
«
c
«
«
«
«
«

« ...Leur a t t i t u d e est assurément très
crâne, mais je crois qu'il eût été préférâble, si besoin était de préciser la pensée de la Fédération, de le faire à l'aid-2
d'un texte rédigé en commun. L'initiative de la Charente est donc plutôt regrettable, et cela d ' a u t a n t plus qu'elle
f a i t état de nos polémiques intérieures... s

Les persécutions seraient probablement
venues q u a n d même un peu plus tard
contre les instituteurs pacifistes. Malvy.
â p r e m e n t combattu par la presse de
droite, a v a i t d é j à f a i t arrêter des libert a i r e s comme R u f f , Lecoin, C o n t e n t , et

qu'elle tenta

«
«
«
«
«
«
>
«
«

f a t a l e . Ce cri la p a i x ! que t a n t de
deuils, tant de souffrances morales et
physiques endurées par les combattants, tant de crimes, t a n t de sang rép a n d u , n'ont pu arracher des lèvres Je
la f o u l e , ce cri si simple, si éloquent,
si h u m a i n , j a i l l i r a demain de toutes les
poitrines populaires parce que le pain
sera noir et que le charbon manquera l
t Nous aurons au moins la satisfac« tion de n'avoir pas a t t e n d u cette som« m a t i o n brutale pour exposer notre dé« sir, n o t r e volonté de paix.
« Nous accueillerons fraternellement,
« avec la pitié à l a q u e l l e ils ont droit,
t les pacifistes de la misère ; tout notre
« mépris sera réservé aux bourgeois fé« roces, aux gros fonctionnaires domesti« qués, aux gouvernants ; à tous les gou« v e r n a n t s responsables de la tuerie infâ« me, que les peuples ont déjà commencé
« à c h â t i e r selon la formule prédite par
« Jaurès, à la veille de sa mort pour la
« p a i x : « Allez-vous-en et que Dieu vous
« pardonne 1 »
ces mesures ne s u f f i s a i e n t pas à l'innocenter aux yeux des Daudet, Maurras, et
autres. Lucie Colliard et Morel (HauteSavoie) étaient menacés de déplacement
d'office, celui-ci par suite de démêlés
avec un tyranneau local, celle-là à cause
de ses propos socialistes et internationalistes « incompatibles avec le rôle d'institutrice », « son pacifisme outrancier
contraire aux intérêts de la France et- de
ses alliés ».
L« C. D. du Jura venait, de voter la
peine de la censure contre notre camarade Léon Cille pour <t pacifisme antipatriotique et germanophilie > à la suite
d'une demande de poursuites du ministre
de la guerre.
,
Fin juillet, M. et F. Mayoux sont perquisitionnes ; un stock de leur brochure
e-st saisi avec divers autres imprimés pacifistes et l e u r correspondance ; ils sont
inculpés, puis suspendus de leurs fonctions. Hélène Brion est perquisitionnée
aussi et menacée également de poursuites.
A la veille du troisième congrès fédéral
du temps de guerre, une ère de répression se t r o u v e donc ainsi ouverte.

Fin Juillet 1917, Marie et François MAYOUX sont perquisitionnes, un stock de leur brochure
est saisi avec divers autres imprimés pacifistes et leur correspondance.
Ils sont inculpés, puis suspendus de leurs fonctions.
C'est le temps de la répression contre les pacifistes. Anne élève la voix pour les défendre:
".... Nous ne comprenons pas que de futurs syndiqués se refusent à défendre nos militants
syndicalistes... " Elle réclame se devoir de solidarité qui est le fondement du syndicalisme
ouvrier.
Un beau poème d'Eugène BIZEAU illustre cette répression de manière éclatante.

PACIFISTE

C'est un i n d i v i d u suspect à la police...
Donc il f a u t e n q u ê t e r sur ce q u ' i l pense et dit,
Et p u i s q u ' i l v e u t la p a i x , l ' a m o u r et la justice
Le s u r v e i l l e r comme un b a n d i t !
On va m o n t e r la g a r d e a u t o u r de sa d e m e u r e
P o u r m o u c h a r d e r sa f e m m e et les gens q u ' i l reçoit.
Et les j o u r s de c h a g r i n , s'il arrive qu'il p l e u r e ,
Découvrir à p r o p o s de quoi...

On a c c u m u l e r a les pires calomnies.
On p r ê t e r a l'oreille à mille a b s u r d i t é s ,
Et sans plus de mystère et de c é r é m o n i e s
On en f e r a des « vérités » !

Les l e t t r e s q u ' i l a t t e n d seront décachetées
Pour v o i r ce q u ' i l s u g g è r e à la raison d ' a u t r u i ,
Et l ' o n f a l s i f i e r a le sens de ses idées
Pour les r e t o u r n e r contre lui.

On j e t t e r a l ' i n s u l t e au cœur de sa d é t r e s s e
En disant q u ' i l émarge aux f o n d s de l ' é t r a n g e r ,
Et que c'est b i e n la f a u t e aux gens de son espèce
Si la p a t r i e est en d a n g e r .
On lui f e r a s e n t i r c o m m e n t la g u e r r e assomme
Les d r o i t s les plus sacrés du p a u v r e citoyen...
Et cet h o m m e e x p i e r a le crime d ' ê t r e un h o m m e
Q u a n d la consigne est d ' ê t r e un c h i e n !
29 / u n i 1.91!)

Dans le même temps, Hélène BRION, institutrice pacifiste, est perquisitionnée aussi et
menacée de poursuite.

)§)
La Fédération Féministe Universitaire,
en effet, a voté une protestation et fait
tdopter par le1* congrès des A. réuni le 8
août des ordres du j o u r protestant :
c 1" Contre la récente circulaire minis
térielîe
interdisant
aux
instituteurs
toute participation à des réunions ou
conférences sans l'autorisation de leurs
chefs » ; 2° contre l'interdiction par le
m i n i s t r e de l ' I n t é r i e u r du congrès des
syndicats d ' i n s t i t u t e u r s ' ; 3° contre les
poursuites judiciaires et les déplacements d'office dont sont menacés plusieurs i n s t i t u t e u r s coupables de délit
d'opinion. T>
Les c a m a r a d e s qui ont f a i t , à l ' i n t é r i e u r
de l'organisation, des réserves sur le contenu de la brochure M a y o u x et sur l'opportunité de cette p u b l i c a t i o n sent pourtant les p r e m i e r s à v o u l o i r exercer la
solidarité effective à l'égard des oamaradcs frappés. « D ' u n e façon ou d'une autre, écrit Ba?.ot le 7 août, il f a u t protester et a i d e r les v i c t i m e s ». Et dès le 20
du même moU un ordre du j o u r du S. c'e
M.-et-L. est c o m m u n i q u é à la presse, exp r i m a n t In p l u s v i v e s y m p a t h i e à J u l i n
B e r t r a n d , révoquée, Lucie C o l l î a r d et Mo-

rel, censurés et déplacés d'office, M a r i e et
François Mayoux, suspendus de leurs fonctions et poursuivis judiciairement,.
Hélène Brion, secrétaire fédérale, également poursuivie devant les tribunaux...

Eugène BIZEAU, présent à sa manière dans la lutte écrit le poème "Pour Hélène BRION" dont
voici un extrait:
Vous disiez avec foi: "la guerre est un fléau"
Désarmons la rancoeur humaine
Au lieu d'entretenir Ime culte de la Haine
Donnons à la jeunesse un idéal plus beau.
De même, Anne apporte son soutien à Gabrielle BOUËT. Pour elle, nous sommes loin de la
notion d'Amicale. Nous sommes au coeur des luttes de classes, sur les positions du
mouvement ouvrier.
La chasse aux instituteurs et institutrices pacifistes est lancée. Au cours de l'année 1918,
alors que les poursuites judiciaires et les révocations font rage, l'organisation syndicale des
instituteurs reste attachée à ZIMMERWALD et à KIENTHAL.

Le S y n d i c a t d e s Membre:» c i
ment laïque <iu Cantal, réuni en
n e r a l e , le 2 a v r i l 1920, à la B o u r _ , e ilu T r a v a i l
cl'Aurillac,
J u s t e m e n t c'inu des p o u r s u i t e s a d m i m s t r a U ves exercées c o n t r e G a b r i e l l e bouct ;
•Considérant, c l ' u n e p a r t , q u e la compagne
du secrétaire fédérai est' une de nos m i l i t a n t e s
les plus dévouées et u n e i n s t i t u t r i c e d ' é l i t e (ses
notes d'inspections antérieures, connue ses judicieux et captivants articles de pédagogie et
de psychologie e n f a n t i n e , parus (fans la MCTC
éd\icatr\ce et-aiileurs, ervfont f o i ) ;
Considérant, d ' a u t r e part, q u e l ' A d u i n i s t r a t i o n ne désire r i e n moins q u ' a t t e i n d r e la Fédération des Syndicats de l'Enseignement en la
p e r s o n n e de ses r e p r é s e n t a n t s les p l u s a u t o risés ;
•Qu'elle a été- a u t e u r et complice de manoeuvres q u e . nous laissons à oliacun le som de
qualifier:
N o m i n a t i o n de- Gabrielk- Bcuiêt — après
deux.semaines de séjour dans u n e école de garçons, où tout se passa bien — dans une école
de filles dont la directrice est t r i s t e m e n t cé3èbre ctons le- d é p a r t e m e n t ' p a r sa bêtise, sa méchanceté, sa tyrannie de vieille fiHc; ofdrc
donnc;à\cc' personnage, ï p a f . l'inspecteur 1 d'académie lui-même, <lc « tenir son a d j o i n t e à
l'oeil )) ; mesquinerios^'pro'vocations. tracasseries de toutes sortes .de l ' i r a s c i b l e d i r e c t r i c e ;
foi. ajoutôc à ses, dires et, f a i t sans précédent,
rapport de l'inspecteur primaire, établi, après
une v i s i t e d a n s . Tj, classe de l ' i n t é r e s s é e penduint son absence; répriniande i n d i c é e le lend e m a i n du j o u r où notre c a m a r a d e p u t connaissance de soit dossier, c'cst-à-dirc a,vant
qu'elle ait eu le temps'de se j u s t i f i e r ; rapport
tendancieux de l'inspecteur .d'académie f a i s a n t
allusion'à une chose v i e i l l e de q u i n z e ans ( !) ;
communication, partielle seulement, de nouv e a u x rapports de la « s u p é r i e u r e » t r o p zelcc,
Proteste avec véhémence c o n t r e de pareils
f a i t s et c o n t r e la menace, d<_'.déplacement d ' o f fice, dont la m i s e à e x é c u t i o n s e r a i t la négation
des droits, les plus élémenUiires nc'|tus jusqu'à
ce j o u r , ' e t la plu.s stupidc injustice i|u'ou puisse
comme.ttrc à l'égard' d ' u n e ' i n s t i t u t r i c e dont la
valeur. 1 profcssiqniu.'lle fut r e c o n n u e par l'A'tlnist'ration .elle-même;"
V
D e m a n d e à l'Union des 1 S y n d i c a t s d u - d é p a r tement,.à ia Fê\lération d e s S v n v h c a l s d e l ' I C n s e i g n c i n e i H et à J a C.G.T. d ' i n u - r v e n i r sans
q u e cet:e mesure mii|u<- s u i t r : i p -

Anne BIZEAU a f f i r m e cette volonté. Au sein de l'Amicale du Cantal, le problème de
l'affiliation à la CGT se pose. Anne vit ces moments de grands débats.

Deux thèses s'affrontent:
Contre l'affiliation immédiate.
Il semble en ce moment qu'une force irrésisitible atire vers la C.G.T.,
tous les hommes qui peinent et tous les hommes qui pensent.(..).
Chacun sent que nous vivons dans un monde périmé, que l'étatisme a
fait faillite, qu'un ordre nouveau s'élabore et que, préparant l'avènement
inéluctable des compétences, le syndicalisme, fruit de l'expérience,
apporte aux graves problèmes de l'heure, une solution salutaire et
fatale. ( . . . )
Pour rénover la société, conquérir la Liberté et le bien être, la foi dans
l'action politique et la sollicitude des patronats ou du Gouvernement a
disparu. Elle a fait place aux vastes groupements de solidarité capables
d'entreprendre par eux-mêmes une action d'organisation.(....)
Il y a donc sur ce sujet unité complète de pensée et d'aspirations entre
fonctionnaires et ouvriers, intellectuels et manuels; les uns et les autres
pénétrés de la grandeur de leur fonction créatrice, ne se bornent plus à
réclamer l'amélioration de leur situation matérielle, mais aussi, leur part
de gestion de la Nation.(...)
Mais cette communauté de pensées et de sentiments supérieurs, suffitelle à justifier une ahésion d'emblée à l'organisme actuel de la C.G.T.?
Nous ne le croyons pas; elle nous semble,non impossible, non inutile,
mais peu opportune. Certes, il n'est pas douteux que les professeurs
fassent réellement partie du monde des travailleurs; ils ne sont ni
rentiers, ni employeurs. Il est certain qu'à l'égard de l'Etat-Patron, le
contrat de fonction n'offre aucune différence avec l'embauche vis à vis
du maître-exploitant.(....)
La CGT n'est en fait qu'une CGTM (manuelle NDLR), pour elle le
travail ou le capital pensée n'a pas de sens. Au reste, est-il utile de
démontrer que sa "fraction minoritaire" portée aux excès démagogiques,
mal contenue par des chefs aux tendances encore ambiguës, a souvent
dé~-:ss les limites des concevrions et des possibilités d'action de?
travailleurs manuels eux-mêmes? Le grand mouvement ouvrier a besoin
d'être dirigé, contenu, discipliné.
Pour nous affilier à son grand organisme, du moins, désirons nous
connaître et approuver ses buts. Lorsque nous pourrons lire dans
l'oeuvre des manuels, alors, mais alors seulement nous pourrons joindre
nos raisonnements à leur bon sens et leur tendre une main loyale...
Organisons-nous d'abord! Libérons nous. Que tous les intellectuels se
libèrent dans une vaste C.G.T.I. (intellectuelle NDLR), groupant avec
les fonctionnaires, les techniciens de tous ordres, du commerce et de
l'industrie, du journalisme, des professions libérales, des hommes de
lettres, tous ceux pour qui l'idée d'une prééminence de l'esprit signifie
une forme spéciale de progrès.

Pour l'affiliation à la C.G.T.
La CGT a fan ses preuves. Elle n'est pas une entreprise politique. Nous
pouvons tout attendre d'une adhésion qui nous apportera des avantages
très réels.(...)
Craindrait-on sérieusement qu'en entrant dans les Bourses, le corps
enseignant subisse la contagion des idées subversives. N'est-il pas
préservé par la solidité de son jugement?.(....)
L'oeuvre de la CGT-est un bloc. Il ne serait pas juste d'oublier les belles
leçons de vertu corporative que nous offres les Bourse du Travail. Les
services de placement, de chômage, de secours de route et d'accidents
du travail, les installations de bibliothèques et de cours pratiques
constituant à coup sûr l'un des monuments les plus impressionnants de
l'esprit de mutualité et de solidarité professionnelle.(...)
L'Organisation ouvrière a nettement proclamé l'originalité de ses
méthodes et son entière indépendance "à l'égard des partis et des
sectes".(...) En réalité, la CGT a indiqué aux fonctionnaires le chemin
des Bourses et des Fédérations Ouvrières dans l'espoir de les délivrer
des formes politiciennes qu'a revêtues l'Etat démocratique moderne. La
CGT crée une nouvelle solidarité qui donnera satifaction à ceux qui dans
les difficultés présentes, ne cherchent que le moyen de mettre les
fonctionnaires, les ouvriers, dans les meilleures conditions pour remplir
techniquement une tâche qui doit-être organisée techniquement.(...)
Quels seraient les avantages de notre adhésion?
Tout d'abord cette adhésion accroîtra notre puissance, elle marquera
notre attachement envers la grande idée solidariste dont la CGT est
l'épanouissement logique et à laquelle nous devons les quelques
réformes dont nous profitons.(...)
Au contact des travailleurs, les professeurs auront en outre à faire
bonne justice des légendes dont ils sont victimes.(...) Il est temps que
le prolétariat sache que le corps enseignant vaut mieux par le caractère
et par le coeur, que la réputation qu'on lui a faite.(...)
A nos yeux le travail, trop longtemps opprimé et méprisé doit être
désormais réhabilité, respecté et honoré.(...) Nous concevons d'autre
part l'instruction comme le meilleur outil d'émancipation et nous
assignons pour but à la science d'adoucir la vie des travailleurs, de
grandir l'homme, de diminuer ainsi les forces de tyrannie et de
privilège. (..)
Au contact des fonctionnaires, les ouvrietrs aussi gagneront quelque
chose.(...) Refuser l'affiliation projetée, c'est faire injure à la classe
ouvrière; c'est accomplir un acte politique détestable, en nous rangeant
délibérément de l'autre côté de la barricade.(...)
La CGT vient de mettre à l'ordre du jour de ses prochaines assises, la
réforme de notre enseignement national. Il sera urgent d'apporter notre
contribution à cette étude, afin que les conclusions ne nous soient pas
dé favorables. (...)
L'alliance du travail et du savoir, la réconciliation des abeilles et des
fourmis, constitueront le plus grand fait social de notre époque: l'effort
conjugué des manuels , des inetllectuels et des administratifs aura pour
effet d'instaurer enfin dans la Société, l'ordre, le bien-être, Je droit, la
justice et la liberté.
Qui donc, parmi nous refuserait de collaborer à la réalisation d'un tel
idéal?
Dans le supplément au bulletin de l'Amicale des Instituteurs du Cantal de Janvier 1920, on
peut lire l'intervention de GLAY lors de la scéance du 24 septembre 1919.
Les Amicales n'ont qu'un geste à faire pour passer de la loi de 1901 (qui

n'était pas pour elles et dont elles ont forcé la limite) pour atteindre la loi
de 1884 qui les range dans l'ensemble des citoyens français. (...)
....seule la CGT, dit-il, a résolument pris position à nos côtés et a
engagé ses fédérations de métiers, ses unions départementales à faire
l'effort de propagande nécessaire. Al 'heure actuelle, encore, c'est elle qui
prend la tête d'un vaste mouvement d'opposition en faveur de la réforme
scolaire et c'est pour nous une réelle satisfaction, de voir sur ce point,
un bloc compact de 2 millions d'hommes actifs venir nous aider à
réformer une institution que la bureaucratie ne peut pas modifier et dont
le Parlement ajourne sans cesse l'amélioration. (...)
...La CGT, groupant tous les salariés, en la rejoignant, nous faisons
tomber tous les préjugés qui faisaient considérer le fonctionnaire comme
un être d'une essence particulière.
...Nous rentrons dans la grande famille des salariés pour y combattre
aussi cette vieille conception de l'organisation du travail par laquelle le
travailleur est une marchandise que l'on paie plus ou moins
arbitrairement. (...)
...La CGT a un autre but plus élevé encore. En dehors des formules
politiques, au dessus des partis, elle veut réorganiser la vie économique
du pays sur d'autres bases (...) Je quitte les Amicales si elles sont
syndicats sans affiliation. Je continuerai de militer dans la seule
organisation qui me permettra de mettre mes actes en accords avec mes
idée, c'est à dire, je reste au syndicat confédéré. (...)
Grâce à l'action continue d'un certain nombre de militants qui n'ont pas
hésité à recevoir les corps du pouvoir, c'est à dire sdes peines
disciplinaires et judiciaires, grâce à la CGT, grâce à l'effort de tous les
fonctionnaires unis dans une lutte commune, le Parlement et le
Gouvernement ont fini par nous reconnaître la légalité et le droit de nous
confédéré. . . "
En 1919, Anne BIZEAU impulse la création du syndicat des Institutrices et Instituteurs du
cantal dont le siège est situé à la Bourse du Travail d'AURILLAC. Elle en est la secrétaire.
Le conseil syndical est constitué comme suit:
Secrétaire: Anne BIZEAU (Massiac)
Secrétaire - adjoint: L. SOUBEYRE (Vic/Cère)
Trésorier: P.JOURNIAC (Audelat)
Trésorier - Adjoint: C. MAURY ( Montchamp)
Au conseil fédéral :

Secrétaire Général: Louis BOUËT (Maine et Loire)
Archiviste:

BAZOT (Bourse du travail d'ANGERS)

Anne écrit des articles dans "L'Emancipateur" bulletin trimestriel de syndicat des membres de
l'enseignement public du Cantal ainsi que dans le bulletin de l'Union Départementale CGT qui
à cette époque^s'appelle "Le Réveil Syndical".
Dans le bulletin de "L'Emancipateur" de décembre 1919 est relatée la réunion du 29 mai
durant laquelle s'est constitué le syndicat.
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R é u n i o n du 29 Mai
v.sr/Ti;nn.v ni; S
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On y trouve aussi un appel important, signé Anne BIZEAU qui retrace les différents
événements qui donnèrent le jour au syndicat des Institutrices et Instituteurs Publics du
Cantal
circonstances, menaçant de s'éterniser, nous
Un syndicat vien de se constituer entre les
résolûmes l'année suivante....ceux qui
instituteurs et les institutrices du Cantal.
restaient s'entend... de nous syndiquer
Dans sa dernière circulaire, la Fédération
malgré tout sans attendre la fin des
Nationale des Syndicats d'Instituteurs lui
hostilités....
attribue le N°43 sur la liste des 45 dont
Camarades,
l'existence est déjà reconnue.
Le syndicat des Instituteurs publics du
"La Fédération Nationale existe elle-même
cantal s'est affirmé de lui même, dès qu'il l'a
depuis 1905. Elle fut en 1907, reconnue
pu, non sur un mot d'ordre, non sur une
poar Mr CLEMENCEAU qui polémiqua avec
permission donnée. Il ne porte donc aucune
le secrétaire fédéral NEGRE, avant de le
tache originelle. Ses partisans demeurent
révoquer pour acte d'indiscipline. Elle ne fut
plus que jamais à la recherche de leurs
inquiétée qu'en 1912, après le congrès de
semblables, et si dès la première heure, ils
CHAMBERY. Inquiétée mais non dissoute.
ne sont pas tous reconnus, c'est la faute de
leur isolement.(...)
Le 7 mai 1914, le secrétaire fédéral
COTTET était reçu avec un délégation du
Camarades,
conseil fédéral
par le Ministre
de
A nous , tous ceux qui ont la vaillance
l'Instruction Publique, M. VIVIANI, alors
d'affirmer des idées neuves, d'affronter la
président du Conseil. Le Congrès Fédéral de
tradition, de tenir contre toutes réactions
LILLE, qui devait se tenir le 6 septembre
coalisées,
contre
toutes
les
forces
1914, avait rallié près de 80 groupements
d'oppression et d'exploitation.
départementaux. La reconnaissance officielle
Tous debout pour la Défense de l'Ecole et
pour une organisation sociale plus moderne
aurait alors probablement consacré l'état de
fait. "
et plus juste.
C'est à ce moment que nous commencions à
suivre de près le mouvement corporatif
Pour le Conseil Syndical:
d'esprit syndicaliste, et entre camarades,
Anne BIZEAU
nous caressions l'espoir de former le plus
Syndiquée de 1915.
tôt possible une section syndicale, afin
d'obtenir par une action nouvelle, plus
vigoureuse
que
celle
des
anciens
groupements, autre chose que de vagues
promesses, et réaliser mieux que des "voeux
en souffrances.
Mais la guerre éclata et la dispersion
s'ensuivit. Et, notre rêve, par suite des
Lors de l'Assemblée Générale du 14 juillet 1919, sont affirmées les positions sur lesquelles se
fondent le syndicat:
- préoccupation des questions professionnelles
- réorganisation de l'enseignement
- sauvegarde de l'esprit syndicaliste face à l'envahissement des Amicales
- volonté de prendre part le plus possible à la vie ouvrière.
"Notre syndicat est solidement organisé et rattaché à la grande famille ouvrière" affirme Anne
BIZEAU. Et elle en appelle aux jeunes instituteurs pour venir gonfler les rangs et apporter du
sang neuf dans la lutte.
"Apportez nous le concours de vos jeunes énergies, et pénétrés bientôt de la Beauté et de la
force de notre idéal, vous ne regretterez jamais, nous l'espérons du moins, d'être d'être
venus parmi nous... " dit elle.
De son côté la C.G.T. qui tient un congrès à LYON du 15 au 21 septembre 1919, a fait
sienne les conclusions concernant la réforme de l'enseignement qui ont été présentées par
ZORETTI au nom de la Fédération Nationale de l'Enseignement.

Un travail commun et étroit est enclenché.
L'Assemblée Générale du 1 er novembre 1919 qui setient à la Bourse du Travail, à
AURILLAC, affirme cette étroite coopération entre le syndicat ouvrier et le syndicat des
Instituteurs.
"..BAZOT (Maine et Loire) qui nous a représenté au congrès de LYON nous rend compte de
son mandat. Il a voté avec les minoritaires Cégétistes, selon nos indications. Le syndicat est
obligatoirement abonné à la "Voix du Peuple" organe officiel de la C.G.T. "
l'Emanapateur Décembre 1919

A cette assemblée est aussi présentée la modification du nom du syndicat:
" Le syndicat des Institutrices et Instituteurs du Cantal " devient " Le syndicat des membres
de l'enseignement laïque du Cantal. "
On y affirme aussi l'engagement de suivre les décisions de la C.G.T. (prposition
SOUBEYRE):
"... Cette proposition est adoptée, moins la restriction qui concerne la grève. La secrétaire fait
remarquer que la question de la grève a été tranchée à TOURS... °
L'Assemblée Générale décide également de son adhésion à la IIP Internationale.
La question de l'entrée des Amicales dans le syndicat est tranchée par le Conseil fédéral du 2
janvier 1919 (cf: L'Emancipateur )

Le Conflit entre RmicaUs et Syndicats
Conseil Fédérât lui 2 Janvier

Le Syndicat Confédéré est alors totalement constitué.

A l'issue d'une, longue séance au cours ae
laquelle les déléguas des Amicales furent
entendus, le Conseil fédéral des Syndicats
a remis sa réponse sous la forme d'uu ordre,
du jour adopté par 35 voix contre 7.
« Le Conseil fédéral, ayant enregistré la
volonté des Amicales de pénétrer en bloc
dans nos syndicats, juge nécessaire, pour
éviter toute fausse interprétation, de donner 1rs éclaircissements suivants :
« I.c Conseil fédéral comprend ainsi la
décision du Congrès de Tours : attirer à
la fédénitiou des syndicats .de l'Enseignement laie tous les éléments syndicalistes
des Amicales, et ne pas laisser entrer dans_
noire organisation les instituteurs hostiles
ù la C. C. T. et au but qu'elle vise.
« I,« « lusion globale », proposée par la
Fédération des A., ne nous donne pas les
garanties indispensables à ce point de vue.
C'est pourquoi la Fédération des S. de l'Eusrigiu'incnt. conformément aux décisions
du Congrès de Tours, se refuse h toutes fus i o n . " a t o u t e admission en bloc qui, d'ailleurs, p o r t e r a i t a t t e i n t e aux principes de
liberté f( de responsabilité i n d i v i d u e l l e s .
a Toutefois, le C. "F. engage vivement les
membres de l'Enseignement oui acceptent
le programme de la C. G. 1.' à donner,
quelle que soit leur tendance, leur adbésion
au Syndical confédéré existant ou à en coust i l u r r un, là où il n'ru existe pas encore. »
('.'est en quelque sorte la solution que
nous avions préconisée. Il est bien évident
que la Fédération fies Membres de l'Enseignement ne peu!, accepter ces éléments « iadtsir-ibi'-s « qui se refusent à l ' a l l i l i a t i o n à
la ';. Ci. T.

Ainsi impulsé par des femmes comme Anne BIZEAU, Hélène BRION, Marie BAYOUX,
Gabrielle BOUET et des hommes comme Louis BOUET, BAZOT, DOMMANGER, SERRET,
dont l'idéal laïque et révolutionnaire rejoint la cause du mouvement ouvrier, le syndicat des
instituteurs s'aligne alors sur les positions de la Lutte de Classes.

Le poème d'Eugène BIZEAU "Lutter" illustre à sa façon cette lutte.

LUTTER
Lutter, puisque la vie est une
Où l'on se bat sans fin contre
Et marcher le f r o n t haut sous
Sans se décourager des coups

âpre mêlée
plus fort que soi,
la voûte étoilée
que l'on reçoit.

Lutter de tout son cœur et de toute son âme.

Sur tous les points du globe, et par tous les moyens,
Contre la renaissance et le retour de flamme
De ce qui reste en nous des préjugés anciens.
Lutter
Contre
Contre
Contre

contre la peur, contre la maladie,
la profondeur de l'égoïsme humain.
la pauvreté d'un peuple qui mendie.
le désespoir, la misère et la faim.

Lutter contre le joug des maîtres de la terre
Masquant leur dictature en tapageurs discours ;
Contre les trublions, les criminels de guerre,
Aigles noirs de haut vol et répugnants vautours..
Lutter contre les fous qui jouent à pigeon-voie
En jetant vers le ciel d'affreux engins de mort...
Et, sans cesse assoiffés de gloire et d'auréoles,
Enchaînent l'avenir au culte du Veau d'or.
Lutter pour le succès des causes généreuses.
Pour l'idéal de paix dont on a la fierté,
Pour le destin meilleur des plèbes douloureuses,
Pour le bonheur du monde et pour la liberté.

Lutter jusqu'à la fin du rêve ou du poème
Qui soutient notre cœur et l'enflamme en secret...
Et quand on n'est plus rien que l'ombre de soi-même,
Sourire à la jeunesse et partir sans regret !

Ce poème très d'actualité encore, ne peut que nous encourager dans nos luttes présentes.
Nicole CHARLAINE.

Le coin des amis d'Anne et Eugène
Nous avons eu le plaisir de recevoir encore de nombreux courriers qui témoignent de
l'intérêt que suscite notre Association.
Ces lettres proviennent de la France entière.
C'est avec joie que nous avons reçu plusieurs messages de Max Bizeau; l'un d'eux
nous exprime l'intérêt qu'il a pris à la lecture du Cahier n°l:

"(...) je l'ai lu avec beaucoup d'intérêt et d'émotion, et vous demande de
transmettre mes compliments les plus chaleureux à Guy Thonnat, et de
me rappeler au bon souvenir des amis du Comité de parrainage, lorsqu'il
vous sera donné de les rencontrer". Un autre message nous est parvenu
avant le cinquième hommage à Massiac: "il ne me sera pas possible cette
année d'être à Massiac le quinze Octobre. Croyez bien que je le regrette
vivement (...) je serai donc de coeur avec vous lors de votre réunion".
Max Bizeau nous a en outre offert son premier recueil de poèmes, qui s'intitule
"Lu marc inachevée".Merci de tout coeur pour son soutien.

Alain Meilland (Cher), qui fut l'un des organisateurs du spectacle donné en 1985 lors
du "Printemps de Bourges", et qui a participé à l'hommage de 1993, nous écrit:
"des obligations professionnelles m'empêcheront cette année de me
rendre à ces manifestations (...) veuillez m'en excuser auprès de tous les
amis qui seront présents lors de cet hommage et lors du banquet.
Concernant l'Assemblée Générale, je suis sûr par avance que vous
prendrez les meilleures décisions quant à la façon de perpétuer l'action
des BIZEA U, et je vous apporte toute ma confiance et mon soutien quant
aux orientations de l'association. Ne manquez pas de me tenir informé de
la suite de vos actions, car, même loin des y eux, je vous assure que je
reste, avec vous, très près du coeur. Je vous prie de croire et de
transmettre mon fraternel salut laïque et donc républicain à tous".
D'autre part, Claire Leclerc, fille de Anne et Eugène Bizeau, nous a envoyé une
touchante lettre dont voici un extrait:

"je vous adresse sous ce pli ma cotisation et l'adhésion de ma fille pour
1996. J'espère avoir un jour l'occasion de vous rencontrer afin de vous
remercier pour maintenir le souvenir de mes chers parents".
De son côté, Paul Barbier (Maine et Loire) nous a fait parvenir le Manifeste des
instituteurs syndicalistes de 1905 en y joignant ce petit mot:
"c'est bien volontiers que je le fais. J'aurais souhaité être parmi vous
dimanche prochain, mais des obligations me retiennent à Angers".

Pierre Durif (Aurillac), ancien responsable dans la Résistance du Cantal, s'exprime
en ces termes:

"je suis heureux d'apprendre qu'exisle une association des anus d'Anne
et Eugène Bizeau. J'ai été enseignant à Massiac de 1938 à 1945. Nous
nous sommes vus presque tous les jours (...). Les Bizeau symbolisaient la
bonté. Eugène m'a envoyé sa dernière carte à l'âge de 105 ans. Je
possède tous ses Uvres dédicacés: Paternité, Croquis de la rue. Les
sanglots étouffés. Les grapillons d'arrière-saison, ainsi que l'ouvrage
Eugène Bizeau a cent ans".
De Lafeuillade en Vézie (Cantal), M. et Mme Boutrin nous écrivent ces quelques
mots:

"ma femme a été institutrice un an avec Mme Bize.au a Massiac vers
1933. Veuillez nous adresser le premier numéro des Cahiers".
Bernard Baissât (Noisy le Grand), réalisateur du film "Ecoulez Bizeau". nous
communique son émotion, et nous remercie

"de contribuer à maintenir sa mémoire et sa parole, le monde en a bien
besoin. De tout coeur avec vous pour tout ce que vous entreprendrez en
faveur d'Anne et Eugène Bizeau".
Georges, initiateur de "Poétic Sept" (association poétique implantée à Reze,
Loire-Atlantique), nous signale qu'il a publié dans cette revue, qu'il anime avec sa
compagne, des poèmes d'Eugène Bizeau, et qu'il possède tout ce qui fut publié sur
lui.
Quant à André Pages, qui écrit fréquemment dans "L'Idée libre",revue de la
Libre Pensée, c'est en ces termes qu'il s'exprime:

"j'ai, comme beaucoup, aimé et admiré ce qu'écrivait le cher Eugène, et
je dois dire qu'il m'a beaucoup appris".
Il nous a joint un de ses poèmes, paru dans L'Idée Libre n° 181 :

Eugène Bizeau, poète-vigneron,
Toi aussi, comme May, tu étais réfractaire,
Réfractaire aux menteurs et aux pompeux discours,
Réfractaire aux tenants de Vanti-liber taire,
Et pendant cent six ans, réfractaire toujours!
Et pendant tout ce temps, toi forçat de la terre,
Tu n'as jamais des dieux imploré de recours;
Tu es parti ce soir sans espoir de retour,
Te sachant un passant seulement "sursitaire ".

Modeste paysan jamais désenchanté,

Ton idéal humain fut la fraternité,
Faisan! fi de la peur comme de la souffrance.

Pour la première fois tu es passé devant,
Poète tourangeau que ton chant d'espérance
Soit flamme-souvenir et pour toujours vivant.
(André Pages, 22 Avril 1989)

Nos peines
Max Bizeau nous a fait part de la disparition accidentelle de son fils Maximilien, à
l'âge de 28 ans .Maximilien était animateur de classes de découverte et Directeur de
centres de vacances pour la ville de Saint-Cloud (Hauts de Seine).Estimé de tous,
« (... ) il abordait une vie d'homme, heureuse et utile ,vouée aux enfants. »
Ses obsèques civiles ont eu lieu au cimetière de Véretz, en terre tourangelle, si chère
à son grand-père. . ..v^,^:,. • •
^-^/-v&^R-:1; • • • • • - .--^.x^ v.-;Au nom de tous les adhérents et amis de l'Association, nous renouvelons à Max
Bizeau et à sa famille nos condoléances et les assurons de notre profonde sympathie.
« (...)Mon fils part, n'ayant pas vécu le tiers de la vie de son grand-père. Ainsi va le destin, mais
la mort d'un, enfant n'est pas dans l'ordre naturel. »

Max Bizeau.

DES AMIS D'ANNE ET EUGENE BIZEAU
Nom, Prénom :

J'adhère à l'association:

Adresse.

J'accepte de parrainer l'association:

Cotisation a n n u e l l e de 50 F à r e t o u r n e r à la trésorière chez Mme Nicole C H A R L A I N H
rue Pierre et Marie Curie 15 200 MAURIAC (chèque à l'ordre de l'association)


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