Le Temps n°23 du 18 Avril 2013 .pdf



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N°23 DU JEUDI 18 AVRIL 2013

"II ne faut pas dire toute la vérité, mais il faut dire que la vérité" -

Gestion
.(tZ:)
.'

/

Charité bien
ordonnée
commence
par soimême ...

C'EST
un lieu commun de dire
que notre pays est devenu ces
dernières années particulièrement
dépendant de la générosité extérieure. Les médias publics rapportent quotidiennement des exemples
concrets de cette assistance étrangère
devenue la panacée ou presque. A
côté des dons en nature, vivres, kits
scolaires, médicaments, équipements
divers, il y a aussi le fmancement de
petits ateliers, séminaires etc ...
Mais ce que l'on ignore en revanche, c'est le nouveau rôle de donateur-mécène de notre pays à
l'extérieur. Est-ce un nouvel élan de
solidarité envers des plus démunis
que nous, ou une réelle opulence qui
s'exporte? On connaissait le don de
groupes électrogènes en pleine pénurie électrique dans notre capitale
ou la fourniture d'un important lot de
livres à une université, mais cette
fois il s'agit ni plus ni moins d'une
aide fmancière conséquente à une
fondation censée promouvoir les
idéaux d'un grand leader régional
aujourd'hui disparu.
D'autres pays ont contribué à
cette œuvre bienfaitrice, mais vu sa
taille et ses difficultés internes, notre
pays a tenu à paraitre le plus généreux.
Il ne reste plus qu'à former le
vœu de voir ce nouvel esprit mécène
se traduire aussi par des réalisations
concrètes sur le plan national aussi.
Et
là.,
les
besoins
sont
immenses ... n'en déplaise aux malvoyants de vision Djibouti 2035.

des

mosquees

,

Le gouvernement
jette
le masque

,



Jules Renard -1864·

EDITION DU JEUDI 18 AVRIL 2013

COOPÉRATION MILITAIRE AVEC LA SOMALIE

Le paradoxe

d'une

générosité

1


Le Conseil de sécurité a décidé que l'embargo sur les armes décrété en 1992 ne s'appliquerait pas aux
ventes ou aux livraisons d'armes ou de matériel militaire auxfins de développement desforces de sécurité
du gouvernement, mais que les restrictions concernant les armes lourdes, comme les missiles sol-air, restaient en vigueur, indique la Résolution 2093 du Conseil de sécurité, adoptée le 6 mars dernier. En février, le
Heritage lnstitutefor Policy Studies (HIPS), un groupe de réflexion basé à Mogadiscio, a exhorté les ÉtatsUnis à «faire pression pour un assouplissement progressif de l'embargo sur les armes en Somalie ... afin
d'assurer au gouvernementfédéral un monopole qualitatif sur les instruments de violence légitime ».

LE

Conseil indique dans un communiqué avoir adopté à l'unanimité la résolution proposée par le
Royaume-Uni
qui a également renouvelé pour un an le mandat d'une
force de maintien de la paix de
l'Union africaine de 17.600 hommes
et reconfiguré la mission de l'ONU
dans ce pays de la Corne de l'Afrique.
Le Communiqué a indiqué que cette
résolution permettait la vente à la Somalie d'armes légères comme les fusils d'assaut automatiques
et les
lance-roquettes,
mais elle maintient
l'embargo sur les missiles sol-air, les
mortiers, les engins guidés anti-chars,
les mines, les obus et les viseurs nocturnes. Par ailleurs la résolution stipule que le gouvernement somalien
ou le pays qui apporte son assistance
en informe le Conseil de sécurité de
l'ONU, 'au moins cinq jours avant
toute livraison d'armes et d'équipement militaire en détaillant ces livraisons et le lieu où elles se feront en
Somalie'.
Les organisations de défense des
droits de l'Homme présents avaient
demandé lundi 3 Mars à l'ONU de ne
pas lever cet embargo, car considérant cette mesure comme prématurée
en avertissant que cette levée pourrait
'exposer les civils somaliens à un
risque encore plus grand et aggraver
la situation humanitaire'.
Gemma
Davies, spécialiste de la Somalie à
Amnesty International, dans une déclaration a souligné les risques de «
supprimer les mécanismes favorisant

la transparence et l'obligation de rendre des comptes» avant de rajouter
que «l'embargo sur les armes décrété
contre la Somalie a été continuellement violé pendant des années, et des
armes ont été livrées à des groupes
armés de tous bords. Les flux d'armes
à destination de ce pays ont alimenté
de graves violations des droits de
l'homme». Et enfin a insisté sur le

que ces armes ne se retrouvent pas
entre les mains d'AI-Shabab et d'autres forces déstabilisatrices
semblables et qu'il faut avancer lentement et
avec précaution. »
Les somaliens à travers un intellectuel Kainan Abdullahi Mohamed
auteur d'un article d'opinion publié
récemment sur le site Garowe Online
estime « À ce stade-ci, alors que le
gouvernement fédéral somalien en est
encore à ses premiers balbutiements,
la priorité devrait être le désarmement à l'échelle national plutôt que
l'armement»
affirmant que «dans la
capitale l'on trouve des armes aussi
facilement
que d'autres
produits
comme du savon et des provisions. »
Dans une déclaration, le président
Hassan Sheikh Mohamud a accueilli
la décision
de lever l'embargo
comme le reflet d'une « nouvelle situation
politique
qui s'améliore
fait que « Sans garanties adéquates,
constamment en Somalie ».
les transferts d'armes pourraient faire
« Des milliers de recrues de l'arcourir des risques encore plus élevés
mée nationale somalienne sont reveà des civils somaliens et aggraver la nues en Somalie après avoir été
situation humanitaire ».
formées par nos partenaires internaSelon M. Aynte, du HIPS, l'AMItionaux, mais elles n'ont pas pu s'acSOM le gouvernement
doit apaiser
quitter
efficacement
de
leurs
ces craintes en réformant l'armée
fonctions sécuritaires aux côtés des
pour la rendre plus compétente, plus troupes de l'AMISOM parce que le
crédible, plus inclusive et, par-dessus
gouvernement n'avait pas accès aux
tout, pour l'obliger
à rendre des équipements dont il avait besoin », acomptes face à un système judiciaire
t-il ajouté.
fort et transparent. Les experts et les
« La levée de l'embargo sur les
analystes quant à eux recommandent
armes était l'élément manquant, et
que «les forces de l'UA pourront, en cette lacune est maintenant comblée.
plus d'assurer la sécurité, s'assurer
»

EDITION DU JEUDI 18 AVRIL 2013

ministre somalien, M. Abdi
Farah Chirdone a reçu de notre
gouvernement 15 véhicules
militaires blindés qui font partie d'un don de 25 engins blindés et de 25 camions militaires
octroyés par la République de
Djibouti au profit de l'armée
somalienne.
Ces véhicules
militaires d'occasion auraient déjà
servi en Irlande du
Nord puis offerts à
notre pays par la
Grande- Bretagne.
Même
s'il
s'agit de la Somalie, cette générosité sans fin reste
mal comprise par
l .••••
~-,
les
djiboutiens
"'-----:----:-'
IIII]II!~~ plus
préocc
upés
Un véhicule militaire en panne sur la voie publique.
par la pauvreté amarmes pour assurer la sécurité biante et la montée du chôdes citoyens. Quand bien mage.
même la force de maintien de
Comme s'il suffisait de réla paix de l'UA, la Mission de trocéder des dons pour jouer
l'Union africaine en Somalie dans la cour des grands.
(AMI SOM) combat les miliQuand on cherche à jouer
tants shababs sur plusieurs un rôle au- dessus de ses
fronts en Somalie et les a forces, non seulement on le
obligé à se replier dans le Sud joue mal, mais cela se fait touet le centre du pays.
jours au dépens de celui plus
Dans le cadre de sa visite de utile qu'on aurait dûjouer nortravail à Djibouti, le Premier malement.

~

En réalité la résolution
prend en compte
les
préoccupations des uns et des
autres: ceux qui croient qu'il
y a encore trop d'armes dans le
pays et qu'il est trop tôt pour
lever l'embargo et ceux qui
considèrent que le gouvernement doit pouvoir acheter des

Sommaire
Djibouti / Somalie
Coopération militaire

Pages 2 et 3

EditoriaL

Page 3

Entretien avec Alexis Mohamed,
président du MRS

_

Pages 4,5 et 6

A propos des élections
législatives du 22 février 2013

Pages 7, 8 et 9

Courrier
des lecteurs

Page 10

Journée mondiale de la Terre

Page Il

1er anniversaire

Page 12

du journal Le Temps

EDITORIAL

Entre bilan
et nouvelle orientation

A PRÈs

1

une année d'intense activité nous cherchons humblement à poser l'éternel problème de la conciliation du droit
de l'individu avec celui de la société, de la conciliation de l'ordre
avec la liberté. Il s'agit en fait de mettre en pratique une notion
communément comprise de part le monde consistant à vérifier où
se situe ses limites !
De cette notion, le gouvernement ne retient pour sa part que
la sécurité et la préservation du pouvoir à travers la tranquillité
publique. Pour ce faire, il continue de privilégier la prévention
des atteintes à l'ordre public avant la sauvegarde de droits de valeur constitutionnelle à savoir le respect de la libre expression et
la dignité de la personne.
Cest tout le sens de l'article Il de la Déclaration de 1789 : «
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses,
pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi
par la loi », Mais la« raison d'être» de cet ordre public c'est bien
le principe de la « sûreté» garantie par la Déclaration de 1789 et
repris par les articles 10 et suivant de notre constitution <ciln'est pas
de liberté possible dans une société où les individus craignent pour
la sécurité de leur personne». Par conséquent, le maintien de l'ordre public est une nécessité pour l'exercice des libertés et pas le
contraire, car ce n'est pas en étouffant les libertés que l'on préserve l'ordre. Nous avons, autant que possible évité dans nos calonnes de céder aux critiques faciles et encore moins aux attaques
frontales blessantes et contreproductives. Préférant à chaque fois
mettre la balle dans le camp du pouvoir et lui rappeler de manière
intelligente ses obligations en matière de droits constitutionnellement garantis. Pour preuve, nos textes autorisent pleinement la liberté d'expression, prévoyant même la création de radios libres,
droit reconnu, admis sous presque tous les cieux et curieusement
refusée chez nous.
En cette période de crise post-électorale, d'alliances nouvelles,
voire circonstancielles, Le Temps tente de décrypter à travers des
interviews, les préoccupations des acteurs politiques, surtout ceux
qui n'ont pas accès aux médias officiels pour faire passer leur
message. Le vrai visage de l'Opposition? Il n'est pas interdit de
penser que c'est le nouvel objectif du joumal. D'abord, parce que
le systeme s'évertue à empêcher dans l'espace public l'émergence
de toute classe politique alternative en dehors de ceux cooptés,
dont les rodomontades contribuent à décrédibiliser la politique. Il
faut le reconnaître, entre désert idéologique, secrets des mabraz et
personnel politique peu qualifié, l'espace est vide et ne demande
qu'à être occupé.
Depuis un peu plus d'une décennie, le système a mis en œuvre
une politique d'asséchement du réservoir de cadres politiques
compétents. Paradoxalement, on entend ici-et là des explications
étonnantes et peu convaincantes au sujet d'un manque de véritables collaborateurs sur lesquels ce dernier doit s'appuyer pour
conduire sa politique.
C'est peut-être oublier un peu trop vite l'exercice solitaire du
pouvoir qui impose que le chef de l'Etat est seul à pouvoir parler
de son agenda politique, plus ou moins, caché. Quoi qu'il en soit,
le parti présidentiel, cette coquille vide, décriée par les militants
reste cependant une organisation sclérosée survivant grâce aux
fraudes électorales mais ayant ouvert cette fois une période d'incertitudes avec la crise post-électorale sans précédent dont elle est
largement responsable. L'ancien Prernier ministre du RoyaumeUni Sir Winston Churchill disait "La principale leçon de l'Histoire est que l'espèce humaine est incapable d'apprendre."

EDmON

DU JEUDI 18 AVRIL 2013

ENTRETIEN AVEC ALÉXIS MOHAMED. PRÉSIDENT DU MRS

«Je dirais tout simplement qu'il aurait dû accepter le verdit des urnes et
respecter pour une fois, le choix des électeurs djiboutiens. Une issue digne
pour une sortie honorable. Si le régime a échoué sa gouvernance durant
quatorze années, qu'il réussisse au moins, la sortie de fin de son règne»
Alexis Mohamed, président du MRS
Alexis Mohamed, Franco-Djiboutien établi en France depuis de longues années et leader d'un mouvement
d'opposition en exil nous a accordé une interview exclusive.
Le Temps: Bonjour Alexis Mohamed, le régime voit en vous un francodjiboutien de plus, un empêcheur de
tourner en rond ayant une situation en
France et qui s'occupe des choses qui
ne le concernent pas. Que répondezvous à ce dernier qui tente de vous exclure des débats politiques?
AM : Dans une situation où les carences sont multiples, où l'anarchie et
le chaos qui résultent de l'absence
d'une gouvernance et créent une forte
appréhension de l'avenir, la morale et la
responsabilité politique nous imposent
qu'il nous faut élever désormais, le
débat politique, au niveau de l' espérance de nos compatriotes et rétablir la
politique dans sa juste valeur. Pensezvous que ma double nationalité intéresse vraiment les djiboutiens, plus
préoccupés par leur situation ô combien
regrettable? Il faudrait peut-être s'offusquer sur les causes réelles qui
contraignent les djiboutiens à l'exil, que
de se délecter en les calomniant de
conspirateurs.
En outre, je ne me détermine pas en
fonction de ce que le régime pense de
moi ou de l'idée que le régime peut se
faire de moi. Comme natif, je me saisie
de l'occasion de m'exprimer à chaque
fois où cela me semble nécessaire.
De mon point de vue, le plus important pour nous, l'opposition, est de créer
un lien fort avec le peuple, qui a perdu
toute confiance en la politique afin qu'il

puisse renouer avec l'essées en France vous parlez
peu?
pérance.
Ce qui m'importe,
AM. : Vous savez, l' enc'est la République pour
gagement politique se fait à
tous et non celle du clan
toutes les échelles dans une
au mépris des règles et au
société. Quand un citoyen
détriment de la majorité,
mène des actions au sein
car il y va de l'héritage
d'une structure associative,
que nous voulons concéiljoue forcement un rôle poder aux générations fulitique, car il devient un aptures.
port dans cette synergie pour
Mes valeurs sont simle construire ensemble.
ples: l'équité, l'ordre, le
Pour ce qui me concerne,
mérite, le travail et la soje joue déjà un rôle politique
lidarité envers nos comà mon niveau, en prenant
Alexis Mohamed,
patriotes qui sont dans
position quand il le faut sur
une souffrance sociale, mais elles sont ce qui se passe dans mon pays. Simpleaussi l'innovation, la création, la lutte ment, je regrette que la politique à Djicontre les injustices. Pensez-vous que je bouti soit réduite à une forme de
dois m'en excuser?
sectarisme encore très palpable.
Ce qui m'importe, dans la RépuUne tendance que réfute désormais
blique, c'est la place qui revient à notre la nouvelle génération plus instruite. Le
jeunesse, à nos forces armées, nos en- RADD, est un exemple très révélateur
seignants, nos syndicats, nos magistrats,
d'une société émergeante, où les liberles personnels de la santé publique, la tés des citoyens ont été spoliées durant
société civile un relai indispensable
des années.
entre les pouvoirs publics et les ciAyant été militant depuis des années
toyens.
dans une grande formation politique en
Et tout ça, forcement me concerne
France, avant d'être élu délégué régiocomme elle concerne chaque citoyen
nale chargé de questions, de la citoyenépris des valeurs démocratiques et hu- neté,
de
l'intégration
et
du
maines.
développement économique et social
des quartiers dits « sensibles », je ne
Le Temps: Comment comptez-vous m'étais jamais reconnu dans cette
jouer un rôle politique, car en dehors conception que nous avions toujours eu
de votre blog et des apparitions télévi- de la politique à Djibouti.
-7

EDITION DU JEUDI 18 AVRIL 2013

-7

Je me suis toujours placé au
dessus de petites gué guerre des
clans. Ce décalage fait que parfois, des
échanges m'exaspèrent. Pour autant, le
MRS dont je suis le Président fait un
travail en permanence auprès des diplomaties étrangères sur la situation à
Djibouti, parce que je me suis toujours
refusé à l'idée de la démocratie à géométrie variable. Le changement arrivera
plus vite que nous le pensons, car nous
avons rendez-vous avec l'histoire à
condition que nous arrivions par la
suite, à la transcrire dignement et sans
oublier personne.
Pour revenir à mon rôle politique à
Djibouti, celui-ci avait déjà commencé
en 2008, par la création du CNDES
(Collectif National pour le Développement Economique et Social). Révolté
de voir les carences criantes en matière
des politiques économiques et sociales,
nous avions élaboré et suggéré certaines
pistes pertinentes de politiques économiques et sociales, par exemple: l'idée
de pôle de compétitivité au port de Djibouti, de la création du CES (Conseil
Economique et Social) pourtant une urgence, la mise en place des zones
d'éducation prioritaires, la suppression
de la carte scolaire, pour plus de justice
et mixité sociale, le POP (Parcours
Obligatoire de Professionnalisation)
pour les jeunes après leur cursus universitaire, les politiques solidaires, la
formation, l'insertion et j'en passe.

communautarisme clanique qui gangrène notre société, il faut se l'avouer,
et réduit le djiboutien à sa seule appartenance ethnique. Je combats la loi des
tribus parce que de toute évidence, elle
est un cancer et frein à notre émancipation comme à notre progrès social. Il
nous faut sortir de cette tragédie qui n'a
pour tendance que la régression.
Il ne s'agit pour personne d'oublier
sa propre histoire, mais la République
est notre histoire à tous, pour pouvoir
mieux vivre une destinée commune.
Pensez-vous que l'on pourra un jour
vous faire aimer ce que l'on aura appris
à vous faire détester? C'est-à-dire l'autre.
Nous devons avoir pour seul but de
vaincre l'injustice, de permettre à celui
qui n'a rien d'être considéré, à celui qui
travaille d'user du fruit de sa labeur, à
celui qui commence tout en bas de
l'échelle sociale de la gravir aussi haut
que ses capacités le lui permettent,
d'instaurer une vraie égalité de chance
pour tous, que l'enfant soit éduqué, le
malade soigné, le vieillard arraché à sa
solitude, le travailleur respecté, la misère vaincue.
Si dans des pays pseudo démocratiques l'ascenseur social est grippé, il
reste toujours la solution de l'escalier,
mais à Djibouti, même celui-ci est
inexistant. Voilà les réalités que le régime fuit toujours.

Le Temps : Vous aviez des accoinLe Temps: Votre opposition au ré- tances avec le président Ismael Omar
et vous êtes même proche de lui sur le
gime remonte à quelle année?
AM. : Mon opposition face aux in- plan familial, pourquoi ce divorce pojustices remonte à mon plus jeune âge. litique?
Quand vous avez connu vous-mêmes,
la pauvreté, la misère et l'injustice sociale, vous avez pour droit moral de ne
pas être passif devant cette réalité macabre. Et je m'insurge, aujourd'hui
comme hier, contre celles et ceux qui
n'ont eu ou ont pour seule ambition,
celle d'agiter et balloter cette République au grè de leurs absurdités afin de
continuer à duper le peuple.
Mon opposition est aussi celle du

AM. : Des accointances? Non, vous
n'êtes pas sérieux j'espère. Regardez
autour de vous, et vous comprendrez ce
que génère comme avantage la soumission et l'appartenance à une basse cour
très représentative. Si je résume bien la
question, appartenir à un même sous
clan relève forcement d'accointance
avec le régime, qui n'est d'ailleurs pas
dans sa composition, que d'un seul sous
clan. Vous êtes vous-même proche sur

le plan familiale, pour autant, vous êtes
aussi une victime, parce que tout
comme moi, vous allez à contre sens
d'un mensonge. Donc, nous nous trouvons face à une vérité ou le régime ne
représente que lui-même.
Quand on aime son pays et qu'on a
du respect pour ses compatriotes, on ne
peut pas se montrer complaisants avec
la monstruosité d'un régime qui sape
les fondements d'une nation.
Pour ce qui est d'un divorce politique, il faudrait d'abord qu'il y ait eu
mariage, et ça, chacun le sait. Si je puis
avoir du respect pour l'homme,
puisqu'on a tendance à résumer le régime à un seul homme, je n'approuverai jamais la dérision politique qu'il
sème.

Le Temps : Quel bilan faites-vous
de la gouvernance du président de la
république durant les treize années
écoulées?
AM. : Je dirais plutôt que le Président a échoué sur tous les plans: politique, économique et social et même du
bon voisinage avec les pays limitrophes. Il a manqué une chance de laisser
dans
l'histoire
nationale,
l'empreinte d'une gouvernance juste et
responsable, pour le peuple et par le
peuple.
Nous vivons depuis 1999, un véritable déni de démocratie qui a fait place à
une anarchie jamais égalée, doublée
d'un chao sociétal. Et c'est le peuple
qui trinque, parce qu'il subit les conséquences d'un « néantisme » absolu. Jamais il n'a été au centre de tous les
débats politiques. Il en a toujours été
absent.

Le Temps : Quelle solution préconisez-vous donc pour que notre pays
s'en sorte?
AM. : Sur ce point, la solution n'appartient pas qu'à moi, elle est ouverte à
l'ensemble des djiboutiens, politiques
ou pas. Il faut que la République de Djibouti devienne un Etat démocratique,
un Etat de droit.

EDITION DU JEUDI 18 AVRIL 20\3

~

Les solutions exigent au préalable, des questions sincères auxquelles nous devons nous poser.
Cherchons nous une démocratie acceptable par tous, ou celle de la connivence
et des amitiés où l'impartialité de l'Etat
serait mise au placard. Cherchons-nous
une démocratie où l'exécutif est tout, et
le Parlement rien, ou celle où le Parlement contrôle l'exécutifet a les moyens
de le faire. Voulons-nous une démocratie où l'indépendance de la justice soit
reconnue ou celle d'une démocratie où
la justice est complaisante.
Nous avons besoin de mesurer
d'abord la pertinence de ces quelques
questions pour l'instant, pour mieux
être disposé à aborder le reste avec honnêteté. Mais qu'est ce qu'également la
démocratie, s'il n' y a point place à tous
les sujets qui ont attraits à la réconciliation nationale pour arriver à fermer les
plaies béantes dans notre histoire nationale. Aucune alternance aussi ne sera
possible, si l'idée de la mémoire ne
nous effleure point. Tout cela imbriqué,
donnera naissance à une nation dont les
fondements seront solides. C'est ce qui
nous permettra de voir l'avenir avec
beaucoup de sérénité.
Le Temps: Vous aviez soutenu le
groupement des partis de l'opposition,
regrettez-vous ce choix ou vous en êtes
satisfait?
AM. : Il est vrai que je me réjouis de
la formation de l'USN, même si je regrette qu'elle ne soit pas encore une coalition politique comme l'exige le
contexte politique actuel. Certes, elle a
participé à des élections dont elle savait
pertinemment l'issue, parce qu'aucune
dictature ne rend jamais les armes par
la voie démocratique. Malgré le refus
du régime à procéder à un processus
électoral libre et transparent, elle en a
tout de même fait fi pour l'affronter
avec si peu des moyens, et si peu de liberté. L'USN a réussi à braver à main
nu l'UMP à l'image de la confrontation
qui a opposé David et Goliath, le résultat dépasse toutes les espérances. Mon

soutien s'inscrit donc, dans la même
énergie que l'ensemble des djiboutiens.
Cependant, il ne faut pas réduire
l'opposition uniquement à celle de l'intérieur. Il y a aussi l'opposition de l'extérieur. Il y a également la Diaspora qui
fait un travail remarquable,
dont je
salue le courage et l'énergie dont-elle
déploie pour cette cause qui nous unie.
Si l'une se fait l'écho du peuple à l'intérieur du pays, l'autre se fait du même
écho à l'extérieur. Le résultat de cette
synergie nous le voyons bien, a permis
d'interpeller l'opinion publique internationale qui a poussé les diplomaties
étrangères à prendre position sur la situation de la République de Djibouti.
Le Temps: Notre pays vit depuis le
23 février 2013 une crise post-électorale sans précèdent, quelle est votre
lecture de la situation, pensez-vous
que l'USN a gagné les élections?
AM. : C'est sans conteste que je
dirai oui, sinon le conseil constitutionnel n'aurait pas mis autant de temps
pour proclamer les résultats de ses élections. Sa démocratie à 20%, l'a mis
dans une situation de l'arroseur arrosé,
parce qu'à aucun moment, il ne s'attendait à ce que l'opposition prenne part à
ces élections, mais également à ce
qu'elle puisse se regrouper dans une coalition électorale.
Le peuple s'en était saisi pour inviter le régime à son départ. Ce qui suscite malheureusement,
cette logique
répressive dans laquelle il continue à
s'enfermer.

Le Temps: L'homme de rue pense
que pour des raisons géostratégiques
le président est soutenu par les puissances occidentales militairement présentes à Djibouti, êtes-vous de cet avis
?
AM. : On ne peut pas à chaque fois
où nous échouons nous même dans
l'idée de notre combat pour la démocratie, pointer du doigt la communauté
internationale. Il ne faut pas oublier
qu'un pays est d'abord un Etat souverain.
Certes, la communauté internationale, notamment la France et les EtatsUnis présents à Dj ibouti, peuvent
contribuer davantage à notre émancipation face au régime, mais nous devons
également nous pencher de façon cohérente sur l'alternance que nous proposons comme gage de garantie à l'égard
de nos futurs partenaires.
Nous sommes seuls décideurs de
notre destiné rien de plus. Et je pense
que le message est bien compris par la
nouvelle coalition de l'opposition.

Le Temps: A la veille des dernières
législatives, le chef de l'Etat avait déclaré qu'il ne se représenterait
en
2016, et préparerait discrètement un
successeur. Pensez-vous qu'il envisage
de partir ou est-ce une manœuvre de
plus pour endormir les djiboutiens et
la communauté internationale ?
AM. : Cette interview ne s'inscrit
plus dans ce nouvel contexte politique.
La donne a changé et l'appel au changement du peuple et de la communauté
Le Temps: Dans ce cas quel conseil
internationale est pressante. Et puis, la
donneriez-vous au chef de l'Etat?
République de Djibouti n'est pas une
AM. :. Je n'aurais jamais la « pré- principauté des Emirats où l'on nomme
tention » de le conseiller. Je dirais tout son successeur, il y a une constitution
simplement qu'il aurait du accepter le qui nous est propre, et le peuple la fera
verdit des urnes et respecter pour une valoir à tout moment.
fois, le choix des électeurs djiboutiens.
Une issue digne pour une sortie honoLe Temps : Quelques mots pour
rable. Si le régime a échoué sa gouver- conclure?
nance durant quatorze années, qu'il
AM. : Soyons les bâtisseurs de la
réussisse au moins, la sortie de fin de grandeur de notre Nation.
son règne.

EDITION DU JEUDI 18 AVRJL2013

LÉGISLATIVES DU 22 FÉVRIER

2013

Autopsie
de la crise
post-électorale
Le 23 mars dernier les mouvements de l'opposition nationale regroupés sous le sigle USN « Union pour le salut national» a introduit auprès du Conseil constitutionnel un recours électoral contre la décision de proclamation des résultaJs
du scrutin du 22février 2013 de ce même Conseil en date du 13 mars 2013.
STATUANT
sur ce recours et par dé- sonnel sur la gestion de ce
cision n007/2013 du 27 mars 2013, contentieux électoral en
partie à l'origine de la
le Conseil constitutionnel l'a purement
et simplement rejeté au motif qu'il a été grave crise politique naformé hors délai.
tionale
qui
perdure
Nous avons pu nous procurer copies jusqu'à ce jour.
de cette décision, qui est en attente de
Ces extraits portent expublication au Journal officiel, et de la c1usivement sur la seule Lrequête de l'USN.
question juridique tranAvant même l'examen du contenu de chée par le Conseil dans sa décision du
ces actes nous avons relevé que, dans 27 mars 2013 c'est à dire la recevabilité
notre pays, et contrairement à la pra- du recours électoral de l'USN.
tique en vigueur dans la quasi-majorité
Ils sont rédigés formulés en ces
des États, la publication de la décision termes:
du Conseil au Journal officiel n'est pas
Extraits de la requête de l'USN du
accompagnée de celle de la requête et 23 mars 2013.
des éventuels mémoires produits à son
Sur la question de la recevabilité de
appui par les auteurs de la saisine de son recours, les moyens soumis par
cette institution.
l'USN au Conseil ont été formulés
Il en résulte que les citoyens restent comme suit:
maintenus dans l'ignorance absolue du
contenu de ces actes procéduraux et ne
" 1 - SUR LA RECEVABILITÉ
peuvent par conséquent se faire leur DU RECOURS
propre opinion éclairés par une confronLe vendredi 22 février 2013 aeu lieu
tation des resultats susvisés avec la dé- le scrutin pour l'élection des 65 memcision du conseil constitutionnel.
bres de l'Assemblée nationale.
Cette situation est d'autant plus déC'est le scrutin qui est mis en cause.
plorable lorsque, comme dans le cas
Avant même l'introduction de leur
d'espèce, il s'agit d'une décision portant présent recours électoral, les requérants
sur un scrutin national.
n'ont cessé de s'entendre dire que ce
Aussi, et dans notre souci permanent
dernier serait sûrement jugé irrecevable
de fournir une information complète et par le Conseil constitutionnel et ce, au
objective à nos lecteurs mais également
prétendu motif qu'il aura été déposé
satisfaire aux exigences de transparence
hors délai.
et d'objectivité qui font cruellement déCes rumeurs insidieuses qui sont infaut en la matière, nous avons jugé es- tentionnellement propagées par les plus
sentiel de soumettre à vôtre lecture et hauts dirigeants actuels de l'Etat sont
appréciation des extraits de la requête tout simplement des messages codés à
déposée par l'USN et de la décision
l'intention du Conseil constitutionnel.
concernée.
Elles constituent en fait des nouAinsi serez vous à même de vous velles pressions illégales et odieuses
former une opinion et un jugement per- pressions exercées sur cette institution.

Elles sont la suite
logique des déclarations publiques desdits dirigeants faites
aux
mêmes
fins
avant, pendant
et
après la tenue du
~
scrutin du 22 février
2013 et dont découlent successivement l'annonce et la proc1amation des résultats globaux inventés
de ce scrutin.
Notre indignation face à de telles
manœuvres de l'appareil d'Etat est
d'autant
plus grande aujourd'hui
qu'elles ont été corroborées par des récentes déclarations du Président du
Conseil constitutionnel.
Ces déclarations ont été rapportées
dans le journal gouvernemental « La
Nation» en son édition n053 du jeudi 14
mars 2013 (page 3).
Ces déclarations ont également été
publiées dans la version numérique de
cet organe gouvernemental.
Par courrier adressé au président du
Conseil, les requérants leur ont fait part
de leur profonde indignation et de leur
vigoureuse condamnation de ces déclarations intempestives.
Par ailleurs, nous relevons que nos
réclamations
déposées
au Conseil
constitutionnel avant la proclamation
des résultats globaux contestés, comme
nos demandes
de communication
d'actes adressées au président de cette
institution après ladite proclamation
(Cf. Pièces n04 à 8) restent à ce jour
sans réponse.
Ces réclamations et demandes répétées ont été formulées dans les actes suivants:

USN

EDITION DU JEUDI 18 AVRIL 2013

- L'article 70 de la loi organique n"I
Au regard de l'ensemble de ces élé- statue sur les réclamations, proclame les
ments inquiétants nous craignons natu- résultats du scrutin » (élection présiden- qui dispose: « - Tout candidat peut intenter un recours sur la régularité des
tielle).
rellement que le Conseil constitutionnel
- Article 54, alinéa 5 de la Loi orga- opérations électorales dans les dix jours
cède, une fois de plus et de trop, aux
qui suivent la proclamation des résultats
pressions politiques d'un autre âge ci- nique n l : « Le Conseil constitutionnel
proclame solennellement les résultats
du scrutin ».
dessus rappelées.
- L'article 1er, alinéa 2 du Règlement
A. Sur l'institution chargée de la après avoir effectué les vérifications ».
applicable à la procédure suivie devant
proclamation des résultats des scru- (élection législative)
le Conseil constitutionnel
pour le
tins.
B. Sur l'objet du recours électo- contentieux des élections lequel dispose
A ce propos, il nous apparaît indis: « Le délai prévu à l'alinéa précédent
pensable de rappeler des notions élé- ral.
court à compter du jour qui suit celui de
Il y a lieu de rappeler que c'est
mentaires en la matière.
- Le premier rappel porte sur la défi- contre la proclamation des résultats de la proclamation officielle du résultat du
l'élection qu'est dirigé le recours élec- scrutin et expire le dernier jour à vingtnition juridique du terme « proclamatoral.
quatre heures ».
tion ».
En effet, la notion de recours donne
- La « proclamation» des résultats
D. Sur la jurisprudence
du
immédiatement
accès au droit du
est l'acte qui rend définitifs les résultats
de l'élection sous réserve des recours contentieux électoral qui a pour objet de Conseil constitutionnel
Les développements juridiques civérifier la régularité des actes et la valicontentieux qui peuvent être dirigés
dessus exposés par les requérants
contre ceux-ci.
r------------------------------------,
sont totalement attestés par toutes
- La proclamation n'est pas une
les décisions antérieurement rendues
simple authentification des résultats.
par le Conseil constitutionnel en ma- Le second rappel concerne la
tière de contentieux électoral par une
détermination de l'autorité compéstricte application des textes ci-destente pour proclamer les résultats du
sus cités. Ces décisions sont l'objet
scrutin.
.

.•••.•.••.••
des
pièces n09 à 14 produits par les
Contrairement à d'autres pays où
~;j.:i:j
requérants.
l'autorité compétente pour proclaLe déroulement des différentes
mer les résultats varie suivant la naétapes des recours électoraux objets
ture de l'élection, en République de
Djibouti la proclamation des résuldesdites décisions (Voir le tableau à
tats de toutes les élections incombe Conseil Constitutionnel proclamant les résultat des élections. la page 9).
Il ressort de ce qui précède que
au juge électoral c'est-à-dire le
Conseil constitutionnel.
la proclamation des résultats contestés
dité des résultats de l'élection.
Cela ressort explicitement des dispoCe contentieux relève de la compé- étant intervenue le mercredi 13 mars
sitions de la Constitution et des lois or- tence du Conseil constitutionnel comme 2013, le délai légal de recours à comle prévoit l'article 69, alinéa 1er de la mencé à courir le jeudi 14 mars 2013
ganiques suivantes:
(dies a quo) et expire le samedi 23 mars
- Article 77, al inéa 1er de la Consti- loi organique n l qui dispose:
- Article 69. « - Le contentieux de 2013 à vingt quatre heures (dies a
tution : « Le Conseil constitutionnel
veille à la régularité de toutes les élec- toutes les élections relève de la compé- quem).
Par conséquent, le recours introduit
tions et des opérations de référendum et tence du conseil constitutionnel ».
en proclame les résultats ».
L'objet du recours et l'auteur de la par les requérants suivant requête du 21
- Article 37 de la Loi organique n04 proclamation des résultats étant ainsi mars 2013, comme celui qui fait l'objet
de la présente requête, sont tous deux
: « - Le Conseil Constitutionnel pro- définis, reste à déterminer le délai d'inclame les résultats des élections. En cas troduction de ce recours et le point de parfaitement recevables en la forme.
Il appartient en conséquence au
départ dudit délai.
de référendum mention de la proclamaConseil constitutionnel de les juger tels
tion est faite dans le décret portant proC. Sur le délai du recours électo- en assurant ainsi pleinement la préémimulgation de la loi adoptée par le
nence des règles de droit sur toute autre
ral.
peuple ».
Le délai d'introduction de ce recours volonté et plus particulièrement celle du
- Article 27, alinéa 7 de la Constitution : « Le Conseil constitutionnel
et le point de départ dudit délai sont président de la République en exercice
contrôle la régularité de ces opérations,
clairement énoncés à :
».
O

O

EDITION DU JEUDI 18 AVRIL 2013

-7

Cette appréhension
justifie
pleinement que nous nous fassions un devoir de placer le Conseil
constitutionnel,
et ses membres actuels, devant leur responsabilité historique présente dans la gestion de ce
contentieux électoral.
C'est pourquoi nous jugeons indispensable de leur rappeler les règles de
droit qui déterminent l'institution chargée de la proclamation des résultats
des scrutins (A), l'objet (8) et le délai
du recours électoral (C)

pas à compter de la proclamation solonelle des résultats par le Conseil
constitutionnel mais de la proclamation officielle des résultats ; Que, aux
termes de l'article
14 du décret
n 2012-216/PRIMI
du 31 décembre
2012 fixant les modalités d' organisation du scrutin du 22 février 2013 pour
les élections des membres de l' Assemblée nationale pris sur le fondement de
la loi organique du 20 octobre 1992 relative aux élections, « les résultats officiels des élections seront proclamés
par le Ministre de l'Intérieur au plus
tard à minuit le jour qui suit la fin du
scrutin» ; Qu'il y a lieu de relever, en
l'espèce, que les résultats ont été proclamés officiellement par le ministre
de l'intérieur le 23 février 2013 ; Que
0

Extraits de la décision du Conseil
constitutionnel
n007/2013 du 27
mars 2013.
Le Conseil constitutionnel a rejeté
la requête de l'USN « pour être hors
délai» en motivant sa décision comme suit:
Date du Scrutin
«
Qu'il convient
de souligner que, eu égard à
la disposition du règlement
19.12.1997
précité (Règlement de procédure du 10.07.1993), le 09.04.1999
délai de dix jours court non 10.0l.2003

Date de la
proclamation
des résultats

dans ces conditions, la présente requête déposée le 23 Mars 2013, soit un
mois après la proclamation des résultats officiels, étant manifestement hors
délai eu égard aux dispositions suscitées, il y a lieu de la déclarer irrecevable ».
En attendant de vous livrer notre
analyse et nos commentaires sur cette
décision dans notre prochaine édition,
nous vous laissons le temps et le soin
d'apprécier les motivations comme le
bien fondé et les conséquences de cette
décision inédite.
Il va sans dire que votre journal
reste disponible pour publier vos avis
sur ce sujet.
A suivre

Date du dépôt
du recours
électoral

N° et date de la décision
de la décision du Conseil
constitutionnel
98-00 lICC du 24.01.1998

23.12.1997

30.12.1997

12.04.1999

12.04.1999

Sans na du03.06.1999

14.0l.2003

23.01.2003

02/2003/CC du 20.02.2003

DERNIÈRE MINUTE

28ème anniversaire de l'Intronisation
du sultan de Tadjourah
Tous les regards seront tournés ce week-end vers la ville blanche de l'autre
côté du golfe de Tadjourah. «Le Temps» se réjouit de la mise à l'honneur de
nos traditions et coutumes et souhaite longue vie au Sultan Abdoulkader
Houmed et à nos traditions!

1 Ln'

en demeure
pas
moins que cette commémoration suscite de légitimes interrogations ...
D'abord,
parce
que
cette commémoration
est
un précédent
historique.
Pourquoi fêter le vingthuitième et pas le premier
anniversaire, le dixième ou
le quart de siècle?

--~------------------~

Parce qu'elle intervient
dans le contexte
d'une
grave crise politique postélectorale.
Sans oublier le mouvement d'indignation
à Tadjourah l'été dernier suivi
d'une répression contre la
jeunesse contestataire
de
cette ville.
Tout cela, ressemble à

une tentative de neutralisation de ce district et de ses
habitants.
Quoiqu'il en soit,
Le Temps suit cet évènement de près et tiendra
ses lecteurs informés des
dessous et des retombées
de ce 28e anniversaire
dans une prochaine
édition.

EDITION DU JEUDI 18 AVRIL 2013

COURRIER DES LECTEURS
Je suis, depuis votre premier numéro
un fidèle lecteur du « temps» et voudrais saisir l'occasion de ce premier anniversaire pour faire les vœux d'usage
de vous voir souffler d'autres bougies
et surtout de vous faire part d'une appréciation critique, formuler un reproche et exprimer un point de vue.
Depuis sa première parution « Le temps
» a étanché ma soif d'une information
indépendante. Le ton est mesuré et parfois acerbe, le regard toujours perçant,
la critique constructive, l'humour caustique, les analyses profondes et le
contenu est responsable .. .I1 gagnerait
cependant pour être plus complet, à
solliciter les avis d'experts ou des différents acteurs impliqués à commencer
par le témoignage des usagers, dans le
traitement des différents dossiers qui
tiennent à cœur des djiboutiens (eau,
emploi, santé ... ) et les interviews ne devraient pas se limiter, même si la
conjoncture et la nature politique du
journal s'y prêtent, aux seuls hommes
politiques ... Vous gagnez chaque quinzaine un grand nombre de lecteurs qui
se détourne de la désinformation officielle et vous encourage sincèrement à
aller de l'avant.
Je remarque que depuis un trimestre et c'est le reproche que je vous
fais que « Le Temps» s'est quelque peu

Réponse Le Temps
- Dont acte pour l'appréciation critique
et Merci pour les vœux! Nous nous efforcerons d'être à la hauteur des attentes de
nos lecteurs que nous prions de nous excuser de ne pouvoir publier l'abondant courrier. Leurs nombreuses suggestions et
critiques sont cependant toujours prises en
compte par la rédaction.
- S'agissant du reproche, il nous permet
de nous clarifier en le réfutant. Nous avons
déjà traité le sujet sur le complot imaginaire
islamiste et les tirades religieuses dont vous
parlez sont compréhensibles dans une atmosphère politique délétère où l'impunité
de la prédation et l'ostentation du bien mal
acquis côtoie la misère la plus criante. Nous
ne sommes donc en aucun cas offusqués
que des versets coraniques ou des hadiths

départi de son regard critique et distant
qu'il portait jusque-là sur les évènements. Je ne vous reprocherais pas
d'avoir, lors d'une élection qui n'a
laissé personne indifférent, appelé à
voter pour l'USN. J'ai moi-même voté
pour cette coalition où je n'ai pas loin
s'en faut, que des amis, pour sanctionner la politique et le bilan d'une union
présidentielle qui n'a de majoritaire que
le nom. Je vous reproche de n'avoir pas
su (ou voulu ?) corriger à temps justement, les dérives d'une campagne qui
s'annonçait pourtant glorieuse. Car elle
a malheureusement été prise en otage
par une campagne dans la campagne
avec les ambitions présidentielles prématurées et affichées des uns et les
prêches et les tirades religieuses des autres : ce qui a transformé ce qui promettait d'être un raz-de-marée électoral
en une néanmoins, compte-tenu du rasle-bol, incontestable victoire. L'engouement populaire suscité par l'espoir
d'un changement et l'exposé d'un programme politique ambitieux et bien ficelé en a, et c'est regrettable, beaucoup
pâti. D'autre part, je vous trouve dans
le traitement de la crise post-électorale,
peu critique et presque bienveillant visà-vis des puissances militaires présentes
chez nous dont le silence complaisant
pousse ce régime aux pires excès et

l'opinion publique nationale à remettre
en cause leur présence sur notre sol...
La participation médiatisée à une manifestation antimilitariste de notre célèbre
écrivain Abdourahman Waberi à Washington donne déjà le ton de la tournure
que risque de prendre la campagne de
protestation populaire, ce qui est dommageable tant pour les intérêts des puissances
occidentales
que
pour
l'aboutissement d'une légitime contestation du verdict officiel des urnes ...
- Je voudrais pour finir, exprimer
mon point de vue sur une sortie de crise
honorable pour les deux parties. Je suis
d'accord avec la décision du chef de
l'Etat de partir à la fin de son « mandat
», mais pas en nous laissant un dauphin
car nous ne sommes pas en monarchie.
Chaque jour qui passe aggrave la crise
post-électorale et ouvre avant l'heure,
le champ à une compétition qui ne sera
pas électorale pour le fauteuil présidentiel.
Le chef de l'Etat serait donc avisé de
rapidement mettre un terme au cirque
actuel en tirant les leçons qui s'imposent des réels résultats en formant un
gouvernement nouveau que dirigerait
une figure politique de l'USN pour appliquer un programme qui fait consensus
et
assurer
une
transition
démocratique pacifique. M.E.K

viennent émailler un discours et un programme essentiellement politique. Pour ce
qui est des ambitions présidentielles affichées ou masquées des uns et des autres,
nous n'appellerons pas cela des dérives
mais des couacs sans conséquences sur la
nature de la campagne qui est restée Législative. Par contre et vous avez raison de
vous en inquiéter, c'est la politique de l'autruche et la fuite en avant du gouvernement
qui crée une dangereuse instabilité politique.
Il suffit de consulter nos écrits pour voir
que nous ne nous sommes jamais départis
de notre indépendance et esprit critique vis
à vis des puissances occidentales qu'il est
pour le moment prématuré d'accabler: aucune démocratie occidentale n'a à ce jour
adressé de félicitations au gouvernement et

à l'assemblée. Vous aurez aussi observé
comme nous que le quai d'Orsay a.,au lendemain des pluies diluviennes qui se sont
abattues sur le territoire, adressé ses condoléances au « peuple Djiboutien », ce qui est
une nouveauté protocolaire qui en dit long
sur les dispositions de notre principal partenaire à l'égard d'un peuple dont il sait
qu'il est l' « hôte ». Ce ne sont ni les américains ni les français qui ont chassé ben Ali
et Moubarak, épuisons donc nos propres et
énormes ressources avant d'interpeller ou
accabler qui que ce soit!
- Quant à votre point de vue sur la sortie de crise, vous avez exprimé la pressante
attente des communautés nationale et internationale et il appartient à l'intéréssé d'y
donner suite ou pas et à nous d'agir en
conséquence !

llll

Journée

mondiale

Le saviezvous

Le système
Soleil- TerreLune
le Saviez-Vous?
L'Univers
fonctionne
selon un ordre
minutieux tel
'-----------'
une horloge
bien réglée. Depuis des millions d'années, tous ces corps célestes se déplacent dans des orbites calculées avec la
plus grande précision, chacun d'eux
"vogue" sur sa propre orbite, en parfaite harmonie avec tous les autres. La
Terre tourne à 1.670 km/h et effectue
une rotation autour du Soleil, en suivant une orbite bien précise, de manière à ce que tous les 30 km environ,
elle ne dévie que de 2,8 mm. La moindre petite déviation de son orbite peut
avoir des conséquences graves sur la
vie sur terre (on gèlerait ou on brûlerait
selon le sens des petites déviations).
Une déviation importante entraînerait
ipso facto la fin du Système Solaire. De
même que la Terre gèlerait si le Soleil
était une étoile plus petite et elle brûlerait si le Soleil était plus grand.
La distance entre la Terre et le Soleil

"

pour

EDITION DU JEUDI 18 AVRIL 2013

de la Terre - 22 avril 2013

est de 149 600 000 km. La température
superficielle du soleil est de quelques
5727°et reste stable. Si elle variait seulement de 10°, il n'y aurait pas de vie
sur terre. Un désastre similaire surviendrait si le soleil se trouvait à une
distance différente. Selon les calculs
des astronomes, le Soleil voyage à la
vitesse extraordinaire de 720.000 km à
l'heure dans la direction (Ouest en Est)
et parcourt environ 17.280.000 km par
jour. Les planètes et les satellites de son
système gravitationnel parcourent aussi
la même distance.
La Lune ne suit pas une orbite classique telle que les satellites des autres
planètes. Comme elle est en orbite autour de la Terre, elle vogue parfois derrière elle et d'autres fois devant elle à
une vitesse de 3 681 km/jour, ou encore
1,023 km/seconde. La distance entre la
Terre et la lune est de 384400 km. La
Lune est environ quatre fois plus petite
que la Terre et sa gravité ne représente
de le 1I6ème que la force de gravité terrestre : un homme de 60 kg sur Terre
ne pèse que 10 kg sur la Lune. La température régnant sur la Lune est, de par
l'absence d'une couche atmosphérique
protectrice, toujours extrême, en zones
d'obscurité la température se situe

entre -170°c et -185°c dans les zones
exposées au Soleil, elle grimpe à
130°c.
Autour du Soleil, la Lune et la Terre
tournent autour d'un centre de gravité
commun. Ce centre de gravité, situé à
4670 km du centre de la Terre (donc à
l'intérieur de notre planète tout de
même) est appelé barycentre. Ce faisant la lune suit un schéma constant
dans l'espace ressemblant à la lettre
"S". La Lune tournant autour de la
Terre, chaque jour ou chaque nuit sa
partie visible, éclairée par le Soleil,
présente une forme différente: la Lune
présente différentes phases. Toutes ces
phases se succèdent dans le même
ordre et reviennent régulièrement
toutes les 4 semaines environ. La Terre
ralentit sous l'influence gravitationnelle de la lune mais exerce à son tour
une plus force d'attraction sur la lune.
La marée est le mouvement montant puis descendant des eaux des mers
et des océans est causée par l'effet
conjugué des forces de gravitation de
la Lune et du Soleil. L'air étant lui aussi
un fluide, il subit lui aussi de grosses
influences lunaires. La croyance populaire veut aussi que toutes vies sur terre
soient sensibles aux phases lunaires.

Belles
p ensées
le coeur
et l'esprit

«Que la stratégie soit belle est un fait, mais n'oubliez pas de regarder le résultat».
« Construire

,.
Winston Churchill.

peut être le fruit d'un travail long et acharné. Détruire peut être l'oeuvre d'une seule journée ».

Winston Churchill.
«II n'y a pas de meilleur placement pour un pays que de mettre du lait dans des enfants », Winston Churchill
"II ne sert à rien de dire: « Nous avons fait de notre mieux ». Il faut réussir à faire ce qui est nécessaire». Winston Churchill.
« La principale leçon de l'Histoire est que l'espèce humaine est incapable d'apprendre

». Winston Churchill.

EDITION DU JEUDI 18 AVRIL 20I3

18 AVRIL 2012/18

AVRIL

2013

un

a n

.

,

d e J a"

1•

Sans jeu de mots, le temps qui passe n'a pas le même impact sur les gens, les choses ou les événements.
Un an, c'est à peu près ce qu'ilfaut pour qu'un enfant apprenne à marcher. Pour un journal, c'est à la
{ois bien peu et bien assez pour mesurer son impact, son utilité. Avec le présent numéro, « Le Temps» a
un an. Merci de votre soutien et de la crédibilité que vous nous témoignez à chaque livraison, chers lectrices et lecteurs. Ensemble, continuons notre chemin en faisant aujourd'hui une halte pour jeter un
coup d'œil rétrospectif.
NORMALEMENT,
un organe de
presse est une entreprise qui est
en concurrence avec d'autres pour
augmenter son audience au détriment
des rivaux. Dans le cas djiboutien,
force est de regretter qu' « à vaincre
sans péril, on triomphe sans gloire ».
Sans nullement remettre en cause la
compétence professionnelle des médias publics, leur insistance à glorifier les pouvoirs publics et leur refus
de tolérer des opinions contraires les
a durablement disqualifiés aux yeux
de notre opinion publique.
Un an, notre journal pense sans
modestie avoir démontré l'indépendance de sa ligne éditoriale, malgré
toute la propagande tentant vainement de lui imputer un directeur de
conscience.
Car, il y a effectivement un problème : dans notre culture et considérant les multiples formes de
monopole, le dit est plus imposant
que l'écrit; d'où l'impact démesuré
des ragots colportés des mabraz ou
encore des cafés.
Or, rappelons qu'en même temps
que le lancement de nos deux bimensuels (Le Temps et sa version arabe
Al Wakht), notre société Mediapress
avait demandé l'agrément pour une
radio libre: c'était le 15 février 2012
et aucune réponse ne nous a été fournie depuis cette date. Pourtant, la Loi
relative à la Communication nous y

autorisait,
dont
l'article 47 exige
,
simplement du directeur d'une radio
libre d'être de nationalité
djiboutienne, d'avoir au
moins 40 ans et de
jouir de ses droits
civiques et civils.
Le hic, c'est
que la licence
d'émission est délivrée par une
Commission nationale de la Communication (article 5) 1....qui n'a jamais été
créée : donc les pouvoirs publics
n'ont jamais eu l'intention de tolérer
un média audiovisuel: c'en serait
fini de son monopole. Et chacun a pu
mesurer l'impact décisif de l'audiovisuel lors des dernières législatives,
lorsque le chef de l'Etat s'est invité
intempestivement dans la campagne,
au cours d'une allocution en forme
de fermeture de l'horizon politique.
Nul n'ignore quelle aurait été l'audience d'une simple radio émettant
dans toutes les langues nationales et
proposant à ses auditeurs, non seulement des informations fiables et diverses, mais aussi des programmes
d'éducation civique les restaurant véritablement dans leurs droits inalié-

Siège Social Djibouti:

Boulevard

Adresse Web : www.journalletemps.com
Adresse Facebook : facebook.comlletemps.mediapress

de Gaulle --- Téléphone:

--- Email:

--- Dépôt légal:

III

77 76 63 00 --- BP. : 337

letemps.dj@gmail.com
n' 23 --- Tirage·

nables de consommateur, d'usager des services
publics,
de
justiciable, d'électeur,
d'étudiant,
de chômeur, etc ....
Bref, loin de la propagande soporifique et
lénifiante
transformant le chef en gourou charismatique et
l' auditeur-téléspectateur en adepte fanatisé.
Nous sommes persuadés que les condi---' tions dans lesquelles
se sont déroulées les
dernières législatives ont plus que jamais démontré l'urgence de soutenir
une presse à la fois indépendante des
pouvoirs publics et rigoureuse à
l'égard de l'opposition.
Parce que, la pensée unique doit
être combattue partout, à commencer
chez ceux qui prétendent lutter pour
la démocratie et la liberté d'opinion.
Enfin, toute l'équipe se félicite du
travail accompli, vous remercie de la
confiance renouvelée à chaque livraison et souhaite vous associer à
l'hommage qu'elle rend à ses collaborateurs contraints d'abord à l'exil
et aujourd'hui privés de liberté. C'est
aussi pour leur libération que nous
nous battons!

--- Adresse Twitter:

500 ex. --- Directeur

@LeTemps2

de Publication:

Amin Mohamed Robleh


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