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Auteur: CAB MAZARS

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Les primaires, la panacée
pour notre démocratie?

Les primaires constituent une nouvelle réalité démocratique en France ; introduites par la gauche pour
les présidentielles, envisagées par la droite, elles semblent vouloir être déclinées pour les élections
locales. Les primaires s’inspirent directement du processus électoral américain. Cette adoption des
règles du jeu de la démocratie U.S. paraît paradoxale pour la gauche dont de nombreuses déclarations
laissaient penser à un certain anti-américanisme et, pour le moins, à une aversion envers les régimes
présidentiels.
Les U.S.A. sont une union fédérale composée de cinquante états sur un espace géographique
représentant dix-sept fois la France. En raison des contraintes d’éloignement, les candidats à
l’investiture d’un parti font campagne successivement dans les différents états.
Chaque état organise des primaires pour désigner les délégués à la convention de chaque parti qui
investira un candidat à la présidence. C’est un processus long avec des modalités très différentes d’un
état à l’autre : primaires ouvertes à l'ensemble des électeurs qui le souhaitent, semi-ouvertes (vote pour
un seul parti) ou fermées, réservées aux membres du parti.
Le vote « ouvert » permet, curieusement, à un électeur républicain de voter pour la désignation du
candidat démocrate (et vice-versa), mais interdit de participer à l’une et à l’autre. Sans oublier les
caucus, particularité de plusieurs états, notamment l’IOWA qui ouvre le processus électoral.
Les primaires américaines sont une longue course d’obstacles de plusieurs mois, nécessitant pour
chaque candidat la capacité de mobiliser de très nombreux supporters et de très importants moyens,
notamment financiers ; obstacles provoquant l’abandon et le ralliement de nombreux candidats. Ces
primaires sont donc un formidable et redoutable moyen de sélection.
Les premières expériences françaises méritent une brève analyse. Europe Ecologie Les Verts, si
critique envers la démocratie aux U.S.A., a organisé ses premières primaires à l’occasion des dernières
présidentielles. Deux tours de scrutins en juin et juillet 2011, réservés aux militants avec une
participation financière de 10 €, consultations par correspondance ou par internet. Quatre candidats se
sont inscrits au premier tour. Le second opposa deux personnalités controversées : Nicolas HULOT,
homme de télévision enrichi, et Eva JOLY, ancien juge d’instruction, célèbre pour sa célérité à
incarcérer les mis en examen (présumés innocents) tant que ceux-ci ne lui avaient pas confessé ce
qu’elle voulait entendre ; drôle de droit de l’hommiste ! Cette dernière l’emporta mais fit un score
minable à l’élection présidentielle, ses petits camarades de parti ayant plié l’affaire en s’entendant par
ailleurs avec le Parti Socialiste pour les législatives qui suivaient.
Le Parti Socialiste possède la plus grande expérience dans ce domaine puisqu’il a ainsi désigné à trois
reprises ses candidats en 1995, 2006 et 2011. En 2006, le scrutin, précédé de six débats dont trois
télévisés, fut réservé aux seuls adhérents ; il n’y eu qu’un seul tour, Ségolène ROYALE l’emportant
très largement avec soixante pour cent des suffrages. Les deux autres challengers, Dominique
STRAUSS-KHAN et Laurent FABIUS, poids lourds du parti, que dis-je des éléphants, furent balayés
par une passionaria qui venait régler là ses déboires de couple avec le premier secrétaire du parti qui,
lui, n’osa pas se lancer dans la course. Mais çà, nous ne le découvrirons qu’après la défaite à la
présidentielle de la compagne bafouée.
En 2011, les « primaires citoyennes » furent un scrutin ouvert sous réserves pour les votants de signer
une déclaration d’adhésion aux valeurs de gauche, d’une participation financière d’un euro au

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minimum, entre autres. Succès populaire incontestable dont il faut relever la bonne organisation, mais
quel résultat ! Après la désintégration de la prévisible candidature de Dominique STRAUSS-KHAN,
six challengers, un du Parti Radical de Gauche et cinq du Parti Socialiste, débattirent lors de trois
débats télévisés. Après deux tours de scrutin, en sorti vainqueur celui que ses collaborateurs appellent
aujourd’hui Pépère ; vous savez celui qui n’osa pas se présenter la fois précédente en raison de ses
embrouillements concubinaires.
L’UMP envisage d’organiser des primaires pour 2017, cependant ses militants ont voté l’automne
dernier pour désigner leur président. Scrutin catastrophique quand à ses résultats et par le manque de
professionnalisme des protagonistes. N’y avait-il pas une confusion dans l’esprit des candidats et des
militants avec des primaires avant la lettre ?
Des primaires pour désigner le candidat à la présidentielle, la solution est imparfaite car cette élection
peut être inopportune, notre constitution prévoyant de procéder à un scrutin dans deux hypothèses.
La première, le décès du président. Non ! Ce n’est pas correct de tabler sur la mort de quelqu’un…
même de Pépère ! Passons donc immédiatement à la seconde hypothèse : la démission, on est autorisé
à l’escompter.
Dans cette supposition, comment les partis notamment d’opposition désigneront-ils un candidat s’ils
ont mis à leur tête un intendant et non leur chef ?
Dans la culture politique européenne, les partis d’opposition sont emmenés par des leaders appelés à
diriger l’exécutif en cas de victoire électorale, c’est un des principes de nos régimes parlementaires
auquel la gauche française clame son attachement.
Les Etats-Unis ont un régime présidentiel dont les échéances électorales ont une périodicité régulière,
s’expliquant historiquement par la difficulté à organiser des élections au gré des dissolutions ou des
démissions. Pour pallier la vacance éventuelle de la présidence, la constitution américaine a prévu un
vice-président, élu sur le même «ticket» que le président, et qui prête serment immédiatement le cas
échéant.
Les chefs d’exécutif doivent affirmer un véritable leadership. Les différentes primaires ont-elles
permis de mettre en évidence cette qualité chez les candidats qui les ont emportées ?
Quelques débats télévisés et deux tours de scrutin constituent-ils une compétition suffisamment
exigeante aux regards des responsabilités et des pouvoirs du Président de la République ? Cela
ressemble à un exercice convenu qui conduit les candidats à formuler des propositions désarmantes
pour n’irriter personne et pour éviter tout véritable débat doctrinal ou programmatique.
L’organisation politique française, combinant régime parlementaire et présidentiel, vise à faire émerger
une double majorité, celle du scrutin universel et celle du personnel politique. C’est en les faisant
concorder que s’affirme le leadership du chef de l’Etat.
Avons-nous le sentiment que notre Président, le vainqueur des primaires citoyennes, y parvienne ?
Ségolène ROYALE n’a-t-elle pas été battue car elle ne réunissait qu’une majorité insuffisante d’élus
socialistes malgré une forte adhésion populaire ? A l’inverse, Nicolas SARKOZY y était parvenu dans
son camp.
Les primaires, plus particulièrement celles ouvertes, renforcent le caractère présidentiel de la
Cinquième République grâce à un double adoubement par les citoyens. C’est le programme du
président qui s’impose aux parlementaires de la majorité et non celui du parti, donc un risque de
dissidence si le président n’a ni les résultats de sa politique, ni l’autorité, ni le prestige nécessaires pour
conduire le pays.
La désignation du candidat à la fonction suprême par des primaires ouvertes est ambigüe pour la
gauche qui pense avoir trouvé là le remède universel aux défauts de notre démocratie. Nous ferions
bien de prendre garde à ce qu’elles ne soient pas en fait une contamination insidieuse par le modèle
américain.
François BELIN
Le 30 avril 2013

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