La trilogie des Syyrs T1 Chap14 .pdf



Nom original: La trilogie des Syyrs_ T1_Chap14.pdf
Titre: Untitled
Auteur: Le Presbytère

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La trilogie des Syyrs - Tome 1 : la prophétie de Nokomis
Chapitre 14

Chapitre 14

Les villageois se dispersèrent finalement et l'ancêtre ne les garda pas plus longtemps. Lianne se
demandait comment elle allait pouvoir expliquer la situation aux Syyrs qui l'attendaient à quelques
mètres et elle n'osait pas imaginer la tête qu'ils feraient en apprenant qu'elle devait déménager. Elle
n'avait pas le choix, c'était certain, et elle en voulut à Arutha de l'avoir mise dans cette situation.
Avant qu'elle ait pu affronter le prince, les créatures entraînèrent à nouveau les hommes vers la
case qui était la leur, puis leur offrirent à chacun des tuniques brunes et les aidèrent à les passer pour
ensuite les abandonner sans plus de cérémonie.
Lianne les rejoignit tandis u elles partaient en courant, émettant un son de crécerelle
ressemblant à un rire. Elio tirait sur so ha it sa s v ai e t pe se . Le p i e avait pas à ougi
de son corps, mais il se sentait vulnérable aussi peu vêtu. Oubliant son inconfort, il appela le groupe à
lui et ils s'assirent à nouveau autour de la table basse qui avait été débarrassée entre temps. De l'eau
fraîche et des fleurs chatoyantes y étaient déposées, Lianne y passa les doigts, attendant que l'un
d'eux prenne la parole sans oser les regarder. Le fils du roi la rappela à l'ordre.
 Explique-nous ce qui s'est passé là-bas.
Lianne balbutia, tête baissée.
 L'a t e… la vieille de la t i u, elle voulait off i sa fille à Arutha, et il a dit que j'étais sa
compagne pour ne pas les vexer.
Elle jeta un coup d'oeil au Syyr en face d'elle mais baissa aussitôt les yeux face au regard qu'il lui
lançait. Il était furieux comme elle s'y attendait. Il devait bien voir pourtant que les raisons d'Arutha
étaient charitables - elle-même les comprenait même si elle n'appréciait pas le résultat - mais il
devait s'inquiéter pour sa sécurité. Elle n'osa pas continuer avant qu'il ne se soit calmé.
 Quoi d'autre ?
La jeune femme prit son courage à deux mains.
 Je dois aller dormir dans sa case.
Lubéon explosa, soutenu par Gaal.
 Hors de question !

Auteur : Myriam LEMOINE

La trilogie des Syyrs - Tome 1 : la prophétie de Nokomis
Chapitre 14
Elio tendit une main vers lui sans quitter Lianne des yeux, elle n'avait pas l'air de s'en faire. Il
décida de faire confiance à son instinct. Après tout, si elle était l'Enfant elle rencontrerait des dangers
ie plus g a ds. Auta t u elle s fasse d s à p se t.
 Qu'en penses-tu, Lianne ?
Elle se redressa et prit une grande inspiration. Il avait digéré la nouvelle et essayait de relativiser.
L'assassin n'était pas une menace immédiate et la jeune femme pourrait peut-être profiter de la
situation. Mais il était tendu, il n'aimait pas la mettre dans une position risquée. Elle devait le
rassurer.
 J'étais... énervée au début. Mais ensuite il s'est excusé. Je crois que je ne crains rien à y aller.
Et puis 'est u geste plutôt o le de sa pa t, je ois u'il
ite …
L'arrivée du Syyr noir dans l'embrasure de la porte interrompit la conversation et Elio se
demanda ce u il avait e te du.
 Puis-je entrer ?
Le prince inclina la tête.
 Je t'en prie.
Arutha entra dans la cahute et se tint debout à côté d'eux, légèrement à l'écart du groupe.
 La maison est-elle à votre goût ? Une autre est disponible dans un arbre si vous préférez.
Le chef de la garde eut une moue facile à interpréter. Il préférait garder les deux pieds sur le sol,
ce qui offrait plus de possibilités de retraite. Et puis ils en avaient assez soupé de la forêt.
 C'est très bien comme ça, merci.
L homme acquiesça, il avait anticipé la réaction du garde.
 Les vêtements vous vont ? J'ai préféré vous donner l'habit de la forêt plutôt que celui de
l'eau. Je craignais qu'il ne soit trop court pour vous. Mais vous pourrez changer si vous le
souhaitez.
Elio ajusta spontanément le pagne qui recouvrait ses jambes et contempla celui d'Arutha, bien
plus court, et qui ne semblait pou ta t pas le g e . Si l ho
e le portait avec une élégance née
d u e longue pratique, il doutait de se sentir à l'aise à moitié nu en territoire inconnu. Le pagne le
ramena à l'étrange population qu'ils avaient découverte ici.
 Qui sont ces gens ?
 Les Valands, le peuple de cette planète. Il n'existe qu'un clan, réuni autour de cette mer.
Deux tribus distinctes se partagent la plage et la forêt : les chasseurs et les pêcheurs.
Gaal hocha la tête.
 Les verts et les bleus ?
Alors qu'Arutha acquiesçait, Zari demanda :
 Et les gris ?
 Les enfants choisissent en grandissant la vie qu'ils souhaitent, leur peau s'adapte par la suite
à leur activité.
 Et la vieille peau ? demanda Lubéon.
Le Syyr noir fronça les sourcils au surnom peu flatteur.
 L'ancêtre du village, elle est respectée pour son jugement.
Elio l'interrogea :
 C'est elle qui dirige la communauté ?
 Non, elle se borne à les conseiller.
 Il n'y a aucun chef ?

Auteur : Myriam LEMOINE

La trilogie des Syyrs - Tome 1 : la prophétie de Nokomis
Chapitre 14
 Ils n'en ont pas besoin.
 Qui gère les conflits ?
 Il y en a peu, ils se gèrent tout seuls. Vous vous en rendrez vite compte.
Au u d e t e eu
tait o vai u pa les e pli atio s.
 Ton bracelet, c'est d'ici qu'il vient n'est-ce pas.
Arutha hocha la tête.
 Pourquoi blanc ?
 La couleur du heikan dépend de la famille à laquelle vous appartenez. On peut retracer les
o igi es de ha u , e ui pe et d' vite u e t op g a de o sa gui it . Je e suis pas d i i.
Zari acquiesça et expliqua aux autres.
 La consanguinité est le premier facteur de dégénérescence dans les petites tribus isolées.
Une jeune femme entra sans frapper, interrompant la discussion, et se dirigea vers Lianne dont
elle saisit la main.
Co
e elle sistait, e voula t pas pa ti alo s u elle e app e ait ta t, l assassi lui e pli ua :
- Suis-la, elle veut t'emmener te changer.
Peu assurée, la jeune femme se leva et se laissa entraîner vers la sortie où plusieurs autres
atu es atte daie t. Ava t u elle e s e aille, A utha p isa :
- Ne sois pas su p ise si elles e p ofite t pou jete u œil, elles so t t s u ieuses.
Lianne rougit et disparut en leur faisant un petit signe de la main :
- A tout à l heu e.
L assassi se etou a ve s les S s assis deva t lui. So to se fit plus sérieux :
 Quelques règles pendant votre séjour. Ne criez pas, ne vous énervez pas. Ces gens ignorent
la violence et je vous demanderais de ne pas leur donner le mauvais exemple.
L i o ie de es pa oles da s la ou he d u assassi
happa à pe so e. Lu o e put s e
empêcher :
 J'ai pourtant une furieuse envie de taper quelqu'un en ce moment.
Devant son regard mi- to
, Elio s agaça lui aussi de la auvaise foi vide te de leu guide :
 Je 'app ie pas ue tu t i pli ues ave u e de es l ves sa s 'avertir.
Son visage se fit plus grave.
 Croyez-moi, si j'avais pu éviter de la mettre dans cette situation délicate, je l'aurais fait.
L'ancêtre est compréhensive mais sa fille est encore jeune et un peu bornée.
La oue s ieuse d A utha fit eto e sa ol e aussi vite u elle tait appa ue. Cu ieuse e t,
il le croyait. Il rajouta tout de même pour la forme :
 Si tu souhaites que nous restions calmes, tu seras assez intelligent pour ne pas la toucher.
Avec un petit rire suffisant, le soldat tenta de rassurer le chef du groupe :
 Lianne est bien plus capable de se défendre que vous ne le pensez mais dormez tranquille, je
e lui fe ai ie uoi u il e soit.
Elio savait u il dev ait s e o te te , et pour le moment l homme avait tenu toutes ses
promesses.
 Et ensuite ?
 Nous sommes invités ce soir à un banquet en notre honneur. Après quoi une grande chasse
et une grande pêche seront organisées, puis nous partirons avec deux guides chercher la
pièce qu'il nous manque.

Auteur : Myriam LEMOINE

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Chapitre 14
La surprise transparut dans la voix d Elio :
 Tu as besoin de guides ?
Il semblait pourtant connaître le coin.
 Je ne suis pas venu depuis un moment. Les choses ont changé, les arbres ont poussé. Nous
'avo s pas p is le he i le plus ou t pou ve i jus u'i i ais est le seul ue je
reconnaissais encore. Et nous avons déjà perdu assez de temps.
Le prince devait bien se rendre à ses raisons, ils avaient disparu depuis trop longtemps déjà. Les
e he hes de l Empire devaient avoir conclu à leur explosion, sinon la planète grouillerait déjà de
soldats. C tait plutôt u e pe s e o sola te. Qua t à Ozalle, elle devait être morte d i ui tude,
sans parler du roi. Un détail le titilla soudainement.
 Depuis combien de temps n'es-tu pas venu exactement ?
La réponse se fit évasive.
 Longtemps.
 Et combien de temps es-tu resté ici ?
Arutha soupira, se remémorant sans doute des souvenirs de son premier passage sur la planète.
 Très longtemps.
Il se leva et salua les Syyrs encore assis.
 On viendra vous chercher ce soir. En attendant, reposez-vous. La nuit sera longue.
***
Quand ils arrivèrent au milieu de la place, de grands feux avaient été allumés un peu partout,
répandant une odeu dou e et sauvage appela t vague e t l e e s. La f te attait d jà so plei
et les villageois dansaient et chantaient autour des flammes et au son des instruments de musique.
Ces derniers ressemblaient à des tambours et des flûtes faits de bois et de peaux mais un autre,
cependant, sortait du lot tant il était long, taillé dans un tronc e tie et vid d u e seule pi e. Il était
si grand que deux hommes auraient pu tenir dedans. Des hommes et des femmes le tapaient de
toute pa t, à la ai ou à l aide d u âto , et ha ue oup e dait u so diff e t,
a tu e
mélodie aux accords uniques. Etonnamment, peu de nourriture circulait. Seuls quelques plateaux de
f uits et des gou des d eau au goût su passaie t ici et là de main en main.
Lianne remettait o sta
e t so ha it e pla e. Elle e s ha ituait pas aux ouvertures
situées sur les côtés qui dévoilaient trop ses jambes et sa poitrine à son goût. Les Valandes ne
portaient pas de sous-vêtements, ais elle avait ussi à ga de les sie s alg l i sista e de elles
ui l avaie t ha ill e. So ha it tait plus i t
ue elui des ho
es, toutefois u e a de passa t
sous la poitrine empêchait celle- i de s happe à ha u de ses ouve e ts.
Elle était encore entourée de ses nouvelles amies quand elle avisa ses compagnons debout
deva t u feu,
l s à la foule ass e à et e d oit. Lo s u elle les ejoignit, elle comprit ce qui les
aptivaie t ai si et fut à so tou s duite pa le spe ta le u elle se p o it de g ave dans sa
mémoire : autou d u e fla
e plus l g e da saie t des
atu es du la des p heu s. L u
d e t e eu po tait u
as ue t a ge, ta dis ue les aut es tou aie t autou da s u tou illo
effréné aux gestes précis, le harpon à la main.
En regardant de plus près, o disti guait A utha ui da sait et ha tait pa i eu , s i t g a t
parfaitement au ballet mûrement préparé. So o ps tait e ti e e t e ouve t d u e pei tu e
bleue, ce qui lui permettait de se fondre totalement parmis les autre acteurs.

Auteur : Myriam LEMOINE

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Chapitre 14
Lo s ue l ho
e au as ue fut tou h pa la la e du S
oi , la da se s a ta soudai e e t
et le sile e se fit su la plage de galets ue l o s u it disputait au fla
es. L a t e appa ut p s
des a teu s et p o o ça uel ues ots puis, à l aide d u e la e fi e, elle entailla le bras tendu
d A utha et olta uel ues gouttes de so sa g da s u ol ava t de dispa aît e.
Le grand tambour reprit lentement sa musique mais le reste des instruments était aussi
silencieux que les villageois qui attendaient. La vieille femme revint et leva le bol en bois en
psal odia t ava t de le te d e à l ho
e te du à te e. Celui-ci but une gorgée à travers son
as ue et se eleva sous les applaudisse e ts de la foule ui s ga a e tous se s lo s ue la
musique reprit, laissant l assassi et les S s fa e à fa e.
- Jolie danse.
Le chef de la garde était sincère et Arutha sembla apprécier le compliment, son allure étrange lui
do a t u ai e o e plus sauvage u à l ha itude.
-

Merci.

-

Qu est- e ue

tait ?

- Une chasse ancestrale, où la bête des profondeurs fut tuée.
Deva t le ega d i te ogateu de l ho
e, il p isa :
- Un gros poisson carnivore qui faisait des ravages chez les pêcheurs.
Zari demanda :
- Et le sang ?
Arutha soupira, sans doute agacé de devoir tout expliquer et ne ressentir que méfiance en retour.
-

Prendre une vie est un acte grave chez les Valands. On ne le fait que pour nourrir sa famille
ou se d fe d e, et o e e ie l a i al pou so sa ifi e.
Le médecin hocha la tête.

-

C est u e p ati ue ou a te hez e tai s peuples, proches de la terre.

Tout à fait. I i, le sa g du p heu
paix.
Lu o s i dig a :

-

ui a tu la

te est offe t à so esp it pou

u il pa te e

- Il a pas v ai e t u to sa g ?
Le regard énigmatique du soldat laissa planer le doute. Sous la lumière du feu, ses yeux saphir
avaient des reflets violacés et Lianne f isso a lo s u ils se pos e t su elle. Elle souti t so ega d,
se demandant encore qui il était vraiment et vit apparaître à nouveau cette lueur ironique dans les
pupilles intrigantes soumises à son examen.
Elio se d ida à o p e le sile e ui s tait i stall .
- Quelle est la suite des réjouissances ?
Le Syyr décrocha son regard de la jeune femme et le reporta sur le prince qui attendait, les mains
sur les hanches.
- Suivez-moi.
Les danses avaie t ep is autou d u aut e feu. Cette fois s joig aie t eu ui le souhaitaie t,
et a es taie t les Vala ds e o e i
o iles. L a ia e jo euse ui g ait gag ait petit à petit
l uipage du a go et lo s ue les plus t
ai es o
e
e t à bondir par-dessus les flammes
d u aut e fo e plus petit, Lu o s
ia avant de rejoindre les sauteurs :
-

C est pou

oi, ça !

Auteur : Myriam LEMOINE

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Chapitre 14
Gaal rigola et rejoignit son compagnon, sautant et criant avec le reste des Valands. Elio hésita un
instant à les retenir, puis décida que de se détendre un peu ne leur ferait pas de mal. Il damanda à
Astre de garder toutefois u œil su eu au as où.
A chaque saut au-dessus du feu, celui-ci était ravivé et du bois nouveau rajouté pour bientôt
dépasser le mètre cinquante. Tous les sauteurs avaient abandonné petit à petit et seuls restaient
trois hommes : deux créatures mâles impressionnantes pas leur taille dépassant les deux mètres, et
Lubéon. Gaal restait debout, tapant dans ses mains et observant les derniers concurrents. La
usi ue s a l a et les spe tateu s se positio
e t e
e le autou d eu , da sa t,
tourbillonnant et frappant du pied en rythme.
Qua d les fla
es l h e t la peau du ga de d u peu t op p s, elui-ci abandonna à son tour,
laissant les deux géants bleus se mesurer, au g a d soulage e t d Ast e ui se vo ait d jà a e e
u
ûl au vaisseau. L i sta t d ap s, u e des
atu es eut moins de chance que Lubéon et se
brûla la jambe à la chaleur du feu. Tandis u il était calmement amené à l a t, les villageois
reprirent place autour des flammes.
Zari suivit avec intérêt le jeune Valand u il voulait p opose de soig e , ais o stata ue elui
ui s o upait de la lessu e o aissait so affai e. Il esta o se ve la p o du e, puis suivit le
méde i da s l espoi d e app e d e u peu plus su les médecines de ce singulier endroit.
Lianne eut pas l o asio d ad i e les sauts de Lu o , car elle s tait d jà tou e vers un
g oupe de da seu s situ s plus à l a t et do t les gestes fluides et les poses lascives mimaient une
fo t à t ave s les saiso s, s agita t sous le ve t ou se ou a t sous le soleil. La s e tait d u e
telle g â e, d u tel alis e dû à la peau ve t u des da seu s et leu s ostu es ue l app e tie
ne pouvait en détacher le regard.
Une des jeunes femmes qui avait habillé Lianne l e t aî a da s la da se sa s u elle ait le te ps
de refuser. Suivant ses pas au milieu de la foule et se laissant porter par le rythme, elle oublia un
instant Arutha et la prophétie pour ne plus t e u u a e au ilieu de la fo t. C tait u e
expérience fascinante qui la laissa épuisée et un peu perdue. Lo s u elle so tit du ois viva t, la t te
lui tou ait et elle s assit pour reprendre ses esprits. Lianne remarqua un instant une valande, u elle
reco ut sa s t op savoi o
e t pou la fille de l a t e. So visage t a ge la fixait au milieu de
la foule et Lianne tourna la tête aussitôt.
Lo s u elle jeta de ouveau u oup d œil, elle
tait plus là. So jeu e voisi lui sou it et elle
répondit par un petit geste de la main. La jeune femme regarda les doigts élégants se lever dans un
salut maladroit et éclata de rire. Elle se sentait étonnamment bien, détendue.
Elio regardait Arutha qui dansait au milieu de la foule. Il au ait jamais imaginé voir un jour
le Syyr noir aussi insouciant, lui qui semblait toujours si grave. Lui aussi se sentait heureux, détendu,
trop peut- t e. Sa t te tait si l g e ue ses sou is lui pa aissaie t d a ie s auchemars. Il se serait
lui aussi mis à da se si Lu o avait t apa le de te i de out. L a douille s tait puis à saute
e tous se s. Ast e tait pa ti jete u œil su Lia e et le p i e, ui o aissait le te p a e t de
son subordonné, ne voulait pas le laisser sans surveillance.
Il hu a la fu e à l odeu dou e ui aig ait ai te a t la plage et laissa un instant son
compagnon, bien en vue p s d u plateau de f uits, puis se dirigea ve s l assassi . Vo a t le fils du
oi s ava e, l ho
e s a ta u i sta t et l atte dit. Elio h sita pas :
- Qu a-t-il dans la fumée, Arutha ?
Le Syyr noir eut un sourire en coin face à la perspicacité du prince.
-

U e d ogue dou e, l Oofa.
Auteur : Myriam LEMOINE

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Chapitre 14
Au regard horrifié de son interlocuteur, il reprit :
Détendez-vous, cela signifie « l ph
e ». Les effets ne sont pas bien méchants et se
se o t dissip s au ati . Il
a pas u e d oit su ette plage où vous se iez pa g et je
vous d o seille d alle vous alade seul e fo t. Alo s, puis ue vous
pouvez ie ,
profitez de la nuit.
Elio s loig a du asie à ôt du uel A utha s tait e is à da se et he ha des eu les S s
dont il avait la charge. A côté de Lubéon, Gaal était étendu dans un coin. Le mécanicien semblait
s t e e do i, et les ronflements qui parvinrent à l o eille du prince confirmèrent son jugement.
Astre contemplait un groupe de créatures à quelques pas de Lianne qui, assise par terre, tentait de
discuter avec un jeune garçon brun.
Qua t à Za i, il s tait pe du da s la foule à la suite du soig eu Valand. Inquiet, Elio partit à la
recherche de son médecin, espérant que celui- i sau ait e u il o ve ait de faire.
-

Lianne tait fas i e pa le visage u elle o templait sans se lasser. Les Valands étaient les
p e ie s hu a oïdes u elle e o t ait. Les t aits fi s du ga ço essemblaient en beaucoup de
poi ts à eu d u ga ço o al, si e est la ouleu de sa peau d a o d, d u
u ti a t sur
l a ajou da s la lueu du feu ave des ua es ve t fo
se fo da t ha o ieuse e t à l e se le,
puis ses grands yeux presque entièrement noirs u u e deu i e paupi e p ot geait effi a e e t
des moustiques qui abondaient dans les bois, ou de la fumée du feu sur la plage.
Son nez et sa bouche étaient fins. Ils paraissaient encore plus effacés comparé aux yeux sombres
comme la nuit qui la dévisageaient. Les doigts délicatement ciselés se levèrent doucement, comme
aig a t de l eff a e , pou alle a esse ses heveu o dul s et elative e t so eu
alg so
séjour en forêt. Elle toucha de la paume de sa main les siens, épais mais doux, et sentit un frisson
agiter la masse capillaire. Lianne sou it à ouveau ava t de s a te dou e e t ta dis ue so
ega d s a ta su les e oissa es poussa t su les ava t-bras du Valand. Remarquant son intérêt,
il tendit le bras et elle put effleu e l appe di e e fo e de feuilles. A so tou , il hatouilla so
oude et
it le gazouilli u elle i te p tait ai te a t o
e leu i e.
La fête continua toute la nuit e t e ha ts et da ses, jus u à e ue les feu se o su ent en un
tas de braises rougeoyantes et laissaient la lumière du petit matin reprendre ses droits. Elio avait
pu et ouve le
de i pa i la foule et s tait sig à atte d e, loig a t les o pag o s u il
avait réuni des fu e oles ui s levaie t e o e.
Seuls Lubéon, Astre et Gaal se reposaient avec lui loin des cendres fumantes. Lianne s tait
loig e ave la
atu e u e et Za i devait s t e e do i da s u oi . A utha et les villageois
s app taie t à aller se coucher et, baillant, le prince do a l o d e au aut es de fai e de
e et de
p ofite de uel ues heu es de so
eil ta t u ils le pouvaie t e o e. Il jeta u de ie oup d œil
vers les deux silhouettes assises près du rivage puis rejoignit sa cahute.
Lianne avait vu partir Arutha et les Valands. Elle avait aperçu une dernière fois la fille de
l a t e, puis ses compagnons étaient également rentrés se coucher et elle soupira. Il lui fallait aussi
y aller. Elle voulut se lever quand le garçon la retint par la main.
Gentiment, il glissa de ouveau la ai da s ses heveu et ava t u elle ait pu fai e u geste, lui
pla ua u aise su les l v es. Elle e ula d u o d et se d essa su ses pieds, i it e pa le ga ço
ui avait l ai ouleve s . Da s so dos, u e o
e fila ve s le village, mais la jeune femme ne put
rien distinguer.

Auteur : Myriam LEMOINE

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Chapitre 14
Comme le Valand ne tentait pas de la retenir encore, elle se ressaisit et lui dit au revoir de la
main avant de se diriger vers la case où Arutha était entré. Il la suivit en silence, penaud, et malgré
les gestes de Lianne essa a t de lui fai e o p e d e u il fallait u il s e aille, il tait toujou s
derrière elle à son arrivée devant la cahute.
Dou e e t, elle e t ouv it le voile ui a hait l e t e et o te pla u i sta t le visage du S
noir endormi, pour une fois paisible et libre de tout cauchemar. Il était allongé sur la partie gauche
d u e large paillasse au matelas fin ga i d he es sauvages ui e au aie t la pi e, et recouvert
d u e l g e ouve tu e. Les ousti uai es situ es au e t es de la ase te aie t les i t us à l a t
tout e laissa t passe l ai f ais du petit matin.
L assassi s agita l g e e t et u e fo e se glissa sous la ouve tu e ui le e ouv ait, puis le
jeune homme gémit légèrement avant de se redresser, les yeu g a ds ouve ts. D u e voi ho u e,
il souleva le drap :
- Lianne ?!
Lorsque la frimousse brune de son ex-promise émergea, il se laissa retomber sur le lit et
s ad essa à elle d u e voi lasse. Boudeuse, la jeu e fe
e po dit e d sig a t le ouple ui se
te ait à la po te. Qua d A utha vit l app e tie S , il e put s empêcher de rougir, ce qui la satisfit
i t ieu e e t ap s le ho u elle avait eu à l e te d e p o o e so o .
Revancharde, elle le regarda sans broncher, les bras croisés. Il soupira à la nouvelle tirade du
petit bout de femme assise à califourchon sur son torse qui entreprenait à nouveau de glisser sous la
ouve tu e. D u e ai , il la eti t pe da t u il de a dait al e e t à la jeu e l ve :
- Lia e, u as-tu fait exactement avec ce garçon ?
Ce fut son tour de rougir. Gênée, elle bafouilla légèrement :
- Il a e
ass . C est tout.
Il laissa échapper un léger soupir de soulagement et répondit à la valande qui le surplombait, les
mains baladeuses. Elle se figea, mécontente, et Arutha posa une question au compagnon de soirée
de la jeune femme. Celui-ci dit uel ues ots d u to eut e ui aga e t la fille de l a t e,
jus u à e ue le S
ajoute uel ue hose e se ed essa t su so lit. Le visage à uel ues
centimètres du sien, il saisit délicatement son mento et se pe ha pou l e
asse .
La jalousie prit Lianne par surprise, elle ne savait plus où se mettre et n'appréciait pas de voir la
vala de si p s du jeu e ho
e, e o e oi s de le voi l e
asse . Alo s u elle s app tait à
tou e les talo s pou ejoi d e l uipage du a go, A utha lâcha la créature brune, et celle-ci se
décollant à regret quitta la paillasse pour disparaître par la porte, jetant au passage un regard curieux
à la jeune élève. Quand ils furent de nouveaux seuls, l ho
e se rallongea dans le lit et soupira
longuement en fermant les yeux. Lianne toujou s de out à l e t e de la ahute, il lui e pli ua e ui
venait de se passer :
- Le garçon que tu as embrassé était le compagnon de Suria, son Etoile.
Deva t le ega d ho u de la jeu e fe
e, il se ed essa pou s e cuser :
-

Pardonne- oi, j au ais dû t e pli ue ava t. Les vala ds so t u peuple de ouples. Ils vive t
pa deu et e se uitte t plus de leu u io à leu o t. Pa o t e, leu elatio
est pas
e lusive. Si u vala d souhaite pa tage le lit d u aut e et ue so Etoile est d a o d, ils
ha ge o t de pa te ai e le te ps u'il faut. Su ia, la fille de l a t e, e voulait et a
de a d à so o pag o s il souhaitait t'avoi . E t e
assa t, il t a de a d to a o d.
Tu as efus , ela s a te là.

Auteur : Myriam LEMOINE

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Chapitre 14
Lianne crut percevoir une note de soulagement dans sa voix. Elle décroisa les bras et passa une
ai da s ses heveu , te ta t de dissipe la fatigue ui s e pa ait d elle. Elle aiso a :
- Su ia a vu ue le aise et a a ou u i i.
Le soldat acquiesça et ferma les yeux. Elle hésita un instant puis se dirigea vers la paillasse,
s i stalla à côté de lui et murmura :
- Bonne nuit.
Déjà presque de retour au pays des rêves, le jeune homme roula sur le côté pour laisser à Lianne
la pla e de s i stalle . Elle pouvait sentir son souffle chaud et régulier dans sa nuque. Il s tait d jà
rendormi.

Auteur : Myriam LEMOINE




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