La trilogie des Syyrs T1 Chap7 .pdf



Nom original: La trilogie des Syyrs_ T1_Chap7.pdfTitre: UntitledAuteur: Le Presbytère

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Chapitre 7

L’atta ue se p oduisit peu ap s le etou d’Ast e. Affa s, les E a ts avaie t fi i pa su o te
leur peur des Syyrs et chargèrent en masse le campement de fortune. La porte du marché avait été
fe
e et a i ad e, ais les E a ts p i e t d’assaut les hauts u s de pie e ui les e tou aie t,
sautant les uns par-dessus les autres dans une frénésie assourdissante.
Leu s effo ts a ha s fi i e t pa pa e lo s ue e tai s d’e t e eu
ussi e t à p e d e pied
sur le sommet de pierre. Ils furent tout de suite pris pour cible par trois Syyrs du mouvement qui
envoyèrent des bourrasques de vent les faire chuter sur leurs semblables massés au pied du mur.
Lianne avait récupéré un sabre mais restait en retrait comme les autres Syyrs, attendant les
o d es d’Ast e. Elle ega da ave fas i atio S la s’aide de sa f a e da s sa aît ise des l e ts,
la balaçant dans des grands e les ui se laie t do e aissa e au vagues d’ai ui ve aie t se
fracasser sur leurs assaillants. Des hurlements leur apprirent que certaines des bêtes étaient mal
retombées.
Les a ha ds oi s su pla e s’ taie t is à ie , he ha t à se acher derrière ce qui
restait de leurs étals alors que de nouveaux monstres prenaient la place laissée libre. Après quelques
a œuv es du
e st le, les E a ts se laie t o te de plus e plus fa ile e t su le e pa t
de pierre et Astre comprit que les o ps de eu ui avaie t hut fa ilitaie t l’es alade des aut es.
D’u geste, il i di ua à plusieu s S s de s’i stalle au pied du u , puis il fit sig e à S la et à ses
deux compagnons de faire tomber les grands monstres de leur côté. Ce fut le début d’u e ou he ie
sa s o . Les is des E a ts à l’ago ie se
laie t à eu , ageu s, de leu s se la les oi s de
l’aut e ôt du u . Les ou as ues des S s du ouve e t se faisaie t de oi s e
oi s fo tes
à esu es u’ils fai lissaie t. Lia e pouvait voir le bras de Syla trembler, ses jambes ne la tenant
plus ue pa i a le. Malg sa lessu e, Edi se te ait à ses ôt s et la jeu e app e tie o p it u’il
essayait de puiser dans son Don pour soutenir la guerrière.
La situation en bas du mur n'était guère plus reluisante. Les gardes fatigaient, assaillis par un
ennemi de plus en plus nombreux qui leur donnait du fil à retordre malgré la chute de plusieurs
mètres qui les expédiait à leurs pieds. Les cadavres d'Errants s'amoncelaient, formant un tapis qui
accueillait les nouveaux venus avec plus de douceur. Astre avait rejoint le combat, essayant

d'épargner deux des plus jeunes Syyrs qui semblaient au bord de l'évanouissement. L'odeur du sang
et des entrailles emplissait l'air de la cour renfermée, donnant des haut-le- œu au plus se si les.
Soudain, six Errants prirent d'un coup appui sur le sommet du rempart. Vidés, Syla et ses
compagnons ne réussirent pas à les déstabiliser et les monstres sautèrent avec agilité, attaquant sans
tarder. Les Syyrs déjà épuisés peinèrent à contenir l'assaut, blessant leurs assaillants plus souvent
qu'ils ne les tuaient. Même à l'agonie, les énormes bêtes continuaient à griffer ou mordre tout ce qui
passait à leur portée. L'un d'eux manqua d'arracher la jambe d'un des guerriers. Sans hésiter, Lianne
se jeta dans la mêlée.
Elle ne pouvait pas tenir tête à un Errant, mais au moins pouvait-elle aider en achevant les bêtes
blessées. Mêmes mourantes, elles restaient un challenge pour la jeune apprentie, et il lui fallait user
de toute sa concentration pour ne pas se faire atteindre. Elle n'aurait su dire combien de temps elle
se battit. Le sang des monstres lui giclait au visage tandis que ses pieds glissaient sans cesse sur les
entrailles encore chaudes qui inondaient le sol. L’odeu de la o t l’e tou ait. Les is des ho
es et
des tes so aie t à ses o eilles, l’e plissa t jus u’au fo d de so â e. La peu , le d goût, la
ol e ouillaie t e elle sa s vouloi s’ tei d e et, da s sa age, elle abattait son sabre, encore et
encore.
Soudain, une main lui saisit le bras, arrêtant son geste en pleine course. Epuisée, elle leva les
eu pou voi Ast e, le visage ouve t de sa g oi . Le hef de la ga de la eti t alo s u’elle a ua
de s’effo d e , vid e. Sa fu eu l’avait a a do
e et plus ie e la soute ait. Elle pa vi t ta t ie
ue al à este de out. Autou d’eu , le a age s’ tait a t .
Trois patrouilles avaie t ejoi t les S s lo u s à l’ast opo t, prenant en tenaille les Errants qui
s’ taie t e fuits dans les bois sans attendre. Astre envoya immédiatement une petite équipe à la
pou suite de l’assassi
ais il e se faisait pas d’illusio ua t à leur réussite. Le Syyr noir avait
maintenant trop d’ava e su eu et il avait d jà p ouv ave
io u’il aît isait l’a t du a ouflage.
Le este du g oupe ejoig it l’a ad ie où l’i fi e ie p it e ha ge les less s les plus
graves. Lianne fut o duite à l’ a t pa u jeu e
de i ui, ap s l’avoi
i ve e t e a i e,
l’a e a jus u’à Ast e.
- Viens avec moi.
Le ega d d’a ie ui se posa sur elle lui glaça le sang. Sale et puis e, l’apprentie suivit le chef de
la ga de jus u’à la
e petite salle da s la uelle elle avait t o vo u e ap s sa de i e so tie
nocturne. Cette fois, elle était seule avec le Syyr.
- Assieds-toi.
Elle prit place sur la chaise qui lui était indiquée. Astre contourna la petite table de bois devant
elle. Il d daig a les si ges su lev s pla s o t e le u et s’i stalla e fa e de Lia e. L’ho
e
était lui aussi en mauvais état, son uniforme blanc maculé de sang séché. Une longue estafilade lui
a ait la joue, là où u E a t avait a u de lui e po te la oiti du visage. Ta dis u’il la fi ait,
un profond soupir lui échappa. Le chef de la garde se passa une main sur le visage, laissant
transparaître son épuisement.
- Tu me poses un souci Lianne.
Encore tremblante, elle ne alisait toujou s pas e ui ve ait de se passe . Qu’avait-elle fait ?
- E us…
- Tais-toi.
Le to ’ tait pas
ha t, juste solu.

Après ton escapade de l’aut e fois, ous t’avio s ave tie. Et ai te a t A utha, to a i, est
l’espio ue ous he hio s pa tout. Et à ui tu as sauv la vie. Cela fait eau oup de
coïncidences, tu ne trouves pas ?
Lui, l’espio . C’ tait v ai. Elle fe a les eu u i sta t, rassemblant ses forces.
- Maît e, je vous ju e ue…
- Silence.
De résolu, le ton devenait agacé. La jeune femme se recula sur sa chaise, voulant montrer au Syyr
sa bonne volonté.
- Je e pe se pas ue tu aies su u i sta t ui tait v ai e t A utha. J’ose oi e que tu aurais
été assez intelligente pour nous prévenir. La question est : que cherchait-il en venant ici ? Je
veu ue tu fl hisses à tout e u’il a pu di e ou fai e ui te pa aisse t a ge,
e la
chose la plus anodine, et que tu me dises tout. Tu as compris ?
Lianne hocha la tête, doucement.
- Bien.
Lo s u’Ast e se ala da s so si ge, les as ois s su la poit i e, elle o p it u’il voulait
u’elle o
e e ai te a t. Elle tâ ha de fl hi u e i ute.
- Je e l’avais vu ue t s peu de fois ava t d’e t e à l’a ad ie. Peut-être trois ou quatre.
Il…Il e pa lait ja ais de lui, ou de sa fa ille.
Le sile e l’e ou agea à o ti ue .
- Il e pa lait pas eau oup d’ailleu s. Toujou s pou di e le i i u . Mais il savait t s ie
écouter.
Les idées venaient toutes seules à présent, formant dans sa tête un canevas lumineux.
- On lui racontait facilement des choses. Nos soucis, une rumeur.
Elle secoua la tête. Comment avait-elle pu être aussi stupide. Un autre souvenir lui revint et la
jeune femme jeta un œil e di e tio du hef de la ga de, h sita t à o ti ue . Il l’e ou agea d’u
léger hochement.
- Le g a d jeu e t e app e tis, ’est d’e te d e vos o ve satio s à la ta le des S s.
Elle guetta u geste d’aga e e t de la pa t du S , ais il ’e fit aucun.
A utha ’e te dait ja ais ie . Ou il e disait ja ais e u’il avait e te du, o igea-t-elle
pensivement. Mais nous on racontait toujours tout. Une fois, on parlait du prince et de la
u eu ui disait u’il he hait l’E fa t su Pi a.
Dieu tout puissa t, ils avaie t is l’E pi e su la piste de l’E fa t ! Lianne pâlit à cette idée, mais
Ast e e la laissa pas s’appesa ti dessus. Il savait ue l’empereur connaissait déjà bien avant la
véritable mission du prince.
- Continue.
Elle secoua encore la t te ais ses pe s es s’e
ouillaie t sous le oup de l’ otio .
- Je e sais pas. Il se lavait, il a geait. Il tait le oi s dou d’e t e ous au a ie e t du
Don. Je suppose que cela faisait partie de son rôle, ajouta-t-elle aigrement.
Puis elle se rappela ses s a es d’e t aî e e t ave A utha et le hag i l’e vahit à ouveau.
- Il…Il ’a aid , plusieu s fois. A o p e d e le Do , à savoi o
e t l’utilise . Je t ouvais
i juste u’il a ive aussi al alo s u’il le o p e ait aussi ie … Il ’a toujou s aid e. Rie
e l’ o ligeait. Pou uoi ?
Cela faisait-il aussi partie du jeu ? U jeu uel o sista t à lui do e l’illusio d’u e a iti ?
-

Il avait tu i ho
es sa s sou ille . C’ tait u assassi . Pou la p e i e fois depuis u’elle
avait vu le chef de la garde, la jeune femme surprit un éclair de pitié au fond de ses yeux
habituellement glacés.
- Je ne sais pas.
Sa voi avait p is u e i to atio dou e ui to a l’app e tie plus ue tout e ui s’ tait pass
ces dernières heures. Il décroisa les bras et se pencha gentiment vers elle.
- C’est tout ?
Lia e ho ha la t te. L’i age fuga e d’u f o lui t ave sa l’esp it ava t de dispa aît e aussi vite
ue l’a i al luie. La go ge toujou s ou e pa l’ otio , elle d glutit ava t de pouvoir de
nouveau parler.
- Oui.
Ast e s’adossa à ouveau au dossier de son siège, une expression lasse sur son visage. Il était
lai u’il atte dait plus de la jeu e fe
e. Pou ta t, elle se lait avoi fait de so
ieu . Mais les
motivations de l’espio lui restaient toujours obscures et ela ’ tait pas o sig e. Il soupi a, le
regard levé vers le plafond, puis se cala dans son fauteuil et fit un geste de la main pour la congédier.
- Allez, va te reposer. Tu t’es ie attue.
Le compliment la cueillit par surprise. Ne sachant pas quoi répondre, elle se leva et se dirigea
ve s la po te. Alo s u’elle se etou ait pou salue le S , elui-ci reprit la parole, le visage grave.
- Et, Lia e, e he he pas à le evoi . Tu t’atti e ais de g aves e uis.
Prenant ote de l’ave tisse e t, elle s’i li a l g e e t e ava t et so tit de la salle, refermant
la porte sur le Syyr à la mine préoccupée.
Pou uoi ’avait-elle rien dit ?
***
Tout e t availla t la te e au pied d’u pla t de lune de miel, l’app e tie epassait en boucle
son entretien avec le chef de la garde. Tout so o ps lui appelait le o at d’hie , ais elle hoisit
d’ig o e ses us les doulou eu . Pou uoi ’avait-elle rien dit sur le féron ? Elle avait beau se dire
ue e ’ tait ue suppositions et u’elle ’ tait sû e de ie , Lianne e pouvait s’e p he de se
sentir coupable. Elle avait caché des informations qui pouvaient être déterminantes. Mais à quoi
pensait-elle ?
La jeune femme remua encore la terre, aérant les racines de la plante à la floraison délicate,
appelée lune de miel car la couleur de ses fleurs évoquait la douceur du nectar sucré. En colère
contre ellee, elle a ua d’a a he d’u oup u peu us ue u e pa tie du plant. Ses
cheveux bruns luisants dans le soleil de fin d’ap s-midi lui tombaient dans les yeux. Elle les ramassa
d’u geste apide et les oua à la hâte da s u e ueue de heval app o i ative. Ce i fait, elle evi t
sur la plante.
Les d gâts ’ taie t pas i pa a les et elle s’e plo a à ed esse u e fleu légèrement
a î e. Ce ’ tait pas so oup ui avait is la o olle do e da s et tat. Lianne se pencha un peu
plus sur la plante et remarqua des traces de brûlures aux extrémités des pétales. La pauvre avait été
arrosée en plein soleil, causant les dommages u’elle pouvait voi à p se t su ha u e des fleu s
du massif. Certaines feuilles avaient également roussi. La jeune femme soupira face au gâchis. Elle
était désolée que cette plante si d li ate ait à souff i d’u e glige e idiote.
Se rappelant le médecin qui avait soigné maître Edin, elle posa délicatement un doigt sur le
pétale bruni par les rayons. Après tout, éraflure ou brûlure, tout était question de régénérescence
des cellules. Et ça, le Don savait le faire. Sous son doigt, elle sentit bientôt la pulsation de la fleur,

papillonnante et rayonnante, rien à voir avec le faible battement des pierres. Là où la fleur était
brûlée, la pulsation était différente, comme dénaturée.
Lianne se concentra. Tout était question de sensation. Elle pouvait sentir sa propre vibration
au fo d d’elle, elle de la pla te ui a o ait à t ave s la e
a e de sa ai . Le te e t, o
e
o
odifie ait des lapotis à la su fa e de l’eau e plo gea t le doigt, elle fi it pa a o
ode la
pulsation défaillante.
Lo s u’elle ouv it les eu , le petit out de p tale su le uel tait pos so doigt illait d’u
éclat neuf et il en était de même pour chacune des fleurs et feuilles de la lune de miel.
- Superbe.
La jeu e app e tie su sauta, a ua t d’ ase la fleu encore sous ses doigts. Elle écarta
précautionneusement la main, contemplant le massif floral. Superbe en effet. Elle se retourna vers la
fe
e ui s’ tait app o h e.
- Maître Evyyt.
De ses yeux pétillants, la Syyr observait avec atte tio l’ tudia te a oupie dans la terre. Le
t avail u’elle ve ait de alise su la lu e de iel tait i p essio a t. Lianne ne devait pas encore
s’e e d e o pte, ais elle avait dû eau oup puise e elle pou soig e ette pla te. Plus encore
’ tait la a i e do t la jeu e fe
e s’ tait p ise qui surprenait Evyyt. Personne ne lui avait
appris cette technique.
- Puis ue tu se les avoi la ai ve te, de ai j’ai e ais ue tu soig es le palavie du ja di
ouest. Ses branches perdent leur écorce.
Lianne se leva précipita
e t, ou lia t d’ poussete so pa talo do t le eige dispa aissait
sous le oi de la te e g asse u’elle avait e u e.
- Maît e, ais je…
D’u sig e de la ai , la fe
e l’a ta.
- Et tu en profiteras pour nettoyer les plates- a des ale tou s. Edi t’attend. Je te reverrai
demain.
Dissi ula t u soupi , elle s’i li a apide e t deva t la aît e S et ou ut ejoi d e so
uipe.
La décision de la laisser pat ouille alg la p se e d’A utha en liberté dans les parages en
avait su p is plus d’u , Lianne la première. Heureusement pour elle, Edin comme Astre ne croyaient
pas u i sta t u’elle ait pu o aît e la v ita le ide tit de l’assassi , sans quoi la jeune femme
serait déjà à mi-chemin entre Pira et Nui. Le roi aimait interroger les espions lui-même disait-on.
Et l’atta ue d’hie o t ait ue les E a ts taie t affa s. Ils avaie t esoi de toutes les
lames disponibles.
Elle f isso a e se di igea t ve s le âti e t la du hall d’e t e. Arutha s’ tait-il douté
une seconde des ennuis qu’il lui ause ait ? Y avait-il seulement songé ? Elle préférait ne pas y
réfléchir.
Lorsque la jeune femme rejoignit le groupe, il ne manquait plus que Revers, son nouveau
partenaire. Elle ’ tait pas e ha t e pa l’id e, ais le hef de la ga de e lui avait pas vraiment
laissé le choix. Le jeune garçon arriva en courant, luttant pour attacher son sabre en même temps. Il
se présenta devant Edin, essoufflé. Le maître le regarda légèrement agacé.
- Bien, puisque nous sommes au complet, allons-y.
L’ uipe se it e
a he da s le soleil fai lissa t de fi de jou e. Saaj se lait fatigu e soi .
Ses do s de so deu taie t
uisitio
s pou t a ue A utha, e ui l’ puisait et laissait leu
uipe plus vul a le u’à l’a outu e. U e l g e rise se leva, faisant frissonner le dernier
arrivé.

- Brrr, pourquoi est- e u’ils ous fo t toujou s pat ouille la uit ?
Lianne leva les yeux au ciel. Comme Revers se etou ait pou p te sa uestio , elle s’o ligea
à répondre en tâchant de dissimuler l’i o ie da s sa voi .
- Pa e u’o est e ou s toute la jou e ? Et les Errants sont bien plus actifs la nuit.
Le garçon se rembrunit et reporta son regard sur le sol devant lui. Ils avaient quitté la route
principale et progressaient à présent sur les chemins de patrouille aux abords de la zone infestée.
- Pfff, les cours.
La jeu e fe
e s’effo ça d’ t e ai a le ave so ouvel uipie . Si elle s’i t ressait à lui, peut
être arrêterait-il un moment de râler.
- Tu ’as pas e o e pu fai e ta de a de ?
Rever tait l’a ie pa te ai e de Lulla a, il s’ tait et ouv seul lo s ue elle-ci avait fait sa
de a de à Gaal. D s so a iv e da s leu g oupe il ’avait ess de he he so p op e aît e.
Hie , il lui avait avou l’avoi t ouv .
Malg l’i sista e de Lianne, le jeune homme avait refusé de lui donner son nom, arguant
u’elle le sau ait e
e te ps ue les aut es ua d il vie d ait le he he . Elle s uta la i e
sombre du garçon, se demandant ce qui avait bien pu se passer.
- Il a refusé.
La jeune femme fut choquée par cette pensée. Pourquoi un maître refuserait-il la suppli ue d’u
élève ? Avait-il demandé à un Syyr ? Ava t u’elle ait pu fai e le tou de la uestio , so a a ade
continua.
- Il dit que je ne veux pas de lui pour maître. Que tout ce que je veu ’est u
aît e, peu
i po te ui, et u’il faut ue j’atte de.
Que répondre à cela ? Lianne ’avait pas la oi d e id e de la a i e do t o e o aissait so
maître. Etait-ce seulement réciproque ? A bien y penser, la jeune femme ne croyait pas qu’u seul
des aît es ou S s de l’a ad ie a epte ait de la prendre pour élève. Arutha lui collait à la peau
malgré son absence.
L’assassi ’avait pas t ep
depuis l’a ide t à l’ast opo t et les patrouilles ne savaient plus
où chercher. Astre supposait ue le S
oi s’ tait fugi e plei e zo e i fest e. Si ’ tait le as, il
tait peu p o a le u’il este lo gte ps. Le hef de la ga de avait do i te sifi les o t ôles à la
f o ti e, esp a t p e d e l’espio alo s u’il te te ait de sortir.
- Moi je sais ue ’est lui o
aît e.
La voix geignarde de son camarade sortit Lianne de ses pensées. Elle se concentra à nouveau sur
le dos du garçon qui progressait devant elle, tentant de fixer son esprit sur la patrouille.
Le parcours lui était depuis longtemps familier, même si chaque sortie avait ses variantes. Elle
’avait plus à se fo alise su le he i , vita t i sti tive e t les eu et osses. Sa vue s’ tait
aussi accommodée au fil des patrouilles, lui laissant voir plus de détails à présent à la clarté du
quartier de lune. Les bois paraissaient moins sombres et elle pe evait ieu les fo es ui s’
mouvaie t. Ce ’ tait pas des E a ts heu euse e t. Les i
e ses a i au ’ taie t pas les seuls à
peupler la forêt. Certains, assez agiles pour échapper aux monstres, continuaient à vivre dans les
terres infestées.
Rever trébucha, ce qui rappela à la jeu e fe
e ue e ’ tait plus A utha qui l’a o pag ait. Il
lui manquait, avec so allu e i pe tu a le u’elle avait eu ta t de fois l’o asio d’o se ve . A
p se t ue Lia e s’ tait faite à l’id e u’A utha et le pilote e faisaie t u’u , la u iosit la
o geait plus ue la a œu . Que faisait-il ici ?

Devant elle, le jeune garçon vacillait au gré du terrain accidenté. Soudain, Edin leva le poing et
tous s’a t e t. Le ega d a u su u poi t u’elle e pouvait voi , le S
tait au aguets.
Discrètement, Lianne se d plaça pou disti gue e u’il avait ape çu. Elle aurait reconnu la
silhouette entre mille. Immense, elle battait l’ai de sa queue épaisse. Ses deux yeux rouges, luisant
comme deux charbons ardents dans la nuit, surplombaient la plaine comme une promesse de mort.
Plus haut u’u ho
e, l’E a t ’ tait pas pou auta t le t. Il se d plaçait avec agilité à la
lisière des arbres, cherchant une proie à tuer. La patrouille arrivait derrière lui. Edin consulta le vent
qui leur était heureusement favorable. La bestiole continuait à progresser et s’ loig ait du groupe
sa s l’avoi ep .
Ils avancèrent précautionneusement su l’o d e de leu hef, esta t da s l’a gle o t de
l’a i al. Co
e tout hasseu , il se eposait ie plus su so ouïe ue su sa vue et ha ue
a ue e t de feuille leu faisait ai d e le pi e. Mais L’E a t e se etou a pas.
Depuis sa mésaventure nocturne, Lianne avait app is u’ils e chassaient que rarement seuls
aussi gardait-elle u œil su sa d oite, s uta t le ouve t des a es e aça ts. S’il avait d’aut es
monstres dans le coin, chaque seconde gagnée leur serait essentielle. Mais si l’a i al tait seul, les
o d es taie t de l’a att e.
Ce fut Ba e ui do a l’ale te lo s u’u deu i e E a t se p ipita su eu pa l’a i e. Le i
du garde alerta le premier monstre qui se retourna soudain pour foncer sur le groupe. Pris en tenaille,
les S s se pa ti e t su deu f o ts, Edi et t ois aut es S s p ot gea t l’ava t, Ba e et Ka le
l’a i e ave les app e tis.
E fa e d’eu , deu eu ouges luisaie t o
e des braises ardentes fonçant sur eux dans un
bruit de tonnerre. Plus rie ’e istait, i le vent, ni les arbres, seules ces braises et le souffle du
monstre. Profond. Puissa t. Il sauta, visa t Ka le ui ’eut ue le temps de rouler sur le côté tandis
ue l’ p e de Ba e s’a attait su l’ hi e de l’a i al, ’e tailla t u’à pei e la peau d’u oi fo .
L’E a t jeta sa t te ve s la d oite, te ta t d’attei d e l’ho
e ui e ula p este e t. Les
mâchoires claquèrent à quelques centimètres de son bras tendu. Un filet de bave projeté par la
respiration titanesque a ua de peu so visage, l’aveugla t u i sta t. Lo s u’il ouv it les eu ,
l’E a t s’ tait etou . La gueule g a de ouve te p te à lui a a he la t te, il ha gea. Su p is, le
Syyr leva fébrilement son épée. Lianne cria, impuissante. Un coup venu de la droite lui coupa le
souffle et l’e vo a rouler sur le sol humide tandis que la bestiole passait au-dessus de lui. Kayle se
eleva, li a t Ba e u’il avait pla u juste à te ps. Mais d jà, l’E a t eve ait à l’atta ue.
Cette fois, la bestiole visa les deux apprentis. Vo a t l’ o e t te se tou e ve s lui, Reve s
glapit, lâcha son arme et tomba à terre, ses jambes incapables de le supporter. Tremblante de peur,
Lianne tendit sa lame en avant, face à la bête. Hie , elle ’avait eu u’à a att e son sabre pour
fau he des E a ts d jà ou a ts. Ce soi , elle ’avait pas le
e ava tage. Elle se glissa
p og essive e t su la d oite, se plaça t ai si e t e le o st e et le ga ço . Pa al s pa l’eff oi,
celui- i s’ tait recroquevillé sur lui-même et hurla alo s ue l’a i al ha gea.
Lianne ut sa de i e heu e ve ue. Elle pouvait se ti l’halei e f tide du o st e à p se t.
Toutes les leço s app ises e ou s avaie t dispa u, effa es pa l’ho eu de la situatio . Que fai e ?
Le temps lui manquait, tout se précipitait.
Ses g iffes la ou a t la te e, la o t se jeta su eu . Fa e à l’assaut, la jeu e fe
e fe a les
eu , tâ ha t d’ou lie les o s ui d hi e aie t ie tôt ses hai s. Elle f
it, ais e ougea pas.
Pourquoi faire ? Des gouttelettes de boue aspergèrent son visage ta dis ue le uit d’u e asse
o e s’ asa t e plit utale e t l’at osph e. A t ave s ses paupi es e t ouve tes, elle
contempla la forme sombre immobile à ses pieds, ses crocs étincelants dans la nuit.

Bayer dégagea son épée du flanc du monstre. Il avait réussi à faire pénétrer la lame dans le creux
e t e le e
e a t ieu et le o ps de la te. Elle s’ tait effo d e, pe etta t ai si à Ka le
d’e fo e so a e da s l’œil jus ue à la ga de, la tua t su le coup. Un rugissement de colère jaillit
derrière eux. Aux prises avec le second Errant, Edin fatiguait et ses trois compagnons peinaient à
aît ise l’a i al.
Rendu fou de rage par la mort de son compagnon, il se jeta en avant pour atteindre Revers,
encore recroquevillé au sol. Profitant de la diversion, les quatre hommes enfoncèrent de toutes parts
leurs la es da s le o ps de l’a i al ui s’ oula à so tou , te ass . Da s le sile e ui suivit,
Lianne vit le aît e S t a he d’u oup net la tête au eu tei ts pou s’assu e ue l’E a t ne
bougerait plus, puis se diriger vers le garçon prostré et le relever d’u geste us ue. Sa voi ete tit
dans la nuit, tintant étrangement.
- On y va.
Le temps pressait. La conscience collective des Errants avait alerté la meute de la mort de deux
des leurs. Leur patrouille ’ tait pas assez uip e pou aff o te u g oupe plus o
eu . Ils
devaient rentrer. Edin g i aça ta dis u’il se elevait e s’appu a t su sa ja e. Il déclencha le
communicateur à sa ceinture.
- Astre, ici Edin. Deux Errants tués. Envoie deux équipes ocre sur notre position actuelle, ça ne
devrait pas tarder à grouiller.
C’ tait tout e u’ils pouvaie t fai e. Les E a ts avaie t se ti leu puise e t et d’aut es
seraient bientôt là pour achever le travail. Il était bien trop dangereux pour eux de rester là. Leur rôle
tait de su veille , pas d’e gage seuls le o at. Le g oupe suiva t a ive ait su pla e da s
quelques minutes, en nombre et armés de canons lasers aux coups dévastateurs. Une trop grosse
puissa e de feu faisait toujou s e ule les E a ts, ils taie t loi d’ t e idiots.
De etou à l’a ad ie, Edi dispe sa le g oupe, o do a t à Reve s et Lianne d’alle se ou he .
Les jeunes étaient épuisés. Ils ne savaient pas encore utiliser le Don à bon escient et se fatiguaient
encore vite.
Le maître se gratta la tête en regardant partir ses deux apprentis clopin-clopant. Revers semblait
s’ t e fait al au pied. Il haussa les paules, ils s’ha itue aie t. La vie d’u ga de ’ tait pas de tout
repos et Edin était en accord avec Astre sur ce point : ieu valait u’ils o
e e t tôt. Le S alla
s’asseoi dans un fauteuil de la salle de repos, soulageant sa jambe qui le faisait de nouveau souffrir.
Il saisit un verre que lui tendait Saaj.
La salle était spacieuse, aménagée avec soin pour la détente. De larges fauteuils étaient répartis
autour de tables basses, des coussins étaient à disposition de ceux qui souhaitaie t s’asseoi pa
terre. Une petite fontaine apportait un peu de fraîcheur au lieu, remplissant la pièce du clapotis de
son eau.
Deux grandes baies vitrées s’ouv aie t su l’e t ieu , pe etta t au S s d’ad i e les ja di s
ouest qui donnaient à l’oppos de la zo e i fest e. Edi si ota la oisso su e, jeta t u œil à la
salle presque vide à cette heure. Bayer et Kayle étaient repartis s’e t aî e à l’ p e. Seule S la s’ tait
assise en tailleur dans un coin pour méditer.
- Arrête ça.
Le maître Syyr tourna la tête vers Saaj, étonné.
- Quoi ?
- Tu culpabilises.

Il eut un sourire amer. Son partenaire le connaissait bien. Combien de temps cela faisait-il
ai te a t u’ils pat ouillaie t e se le ? Saaj lui tapa sur la main comme on punit un enfant
désobéissant.
- Tu e pouvais pas savoi ue l’aut e tait là. Pe so e e le pouvait. D’ailleu s pe so e e
l’a se ti, pas
e oi.
L’ho
e ut u e go g e ava t de o ti ue .
- Et tu ne devrais pas patrouiller si tôt après une telle blessure.
Le Syyr baissa la t te, l’ai g ave. Il tait tou h pa la a tio de so a i ais ela e ha geait ie .
- Je suis responsable, Saaj. Pas vous.
Celui-ci eut une moue de dépit.
- Ça ne sert à rien de parler avec toi.
Il se renversa dans son fauteuil et porta à ses lèvres sa oisso d’u o a ge do .
- Tu es un peu borné parfois, tu sais.
Edin ne releva pas la remarque, préférant plonger son regard dans les massifs aux couleurs
effacées sous la lumière diffuse de la lune. Il finit par reprendre la conversation en changeant
radicalement de sujet.
- Qu’est-ce que tu penses du nouveau ?
- Revers ?
Saaj haussa les épaules.
- Que veux-tu que je te dise ? Il est fa fa o , t ouilla d, ais pas plus auvais u’u aut e. Pa
o t e la petite Lia e e s’est pas al d ouill e. Elle a du a la gamine.
Edin hocha la tête, le regard dans le vague. Il se rappelait de la jeune femme refusant de le lâcher,
le traînant de toutes ses forces sur le sol.
- Yia u est so ti de h salie tout à l’heu e.
Son compagnon leva son verre et trinqua avec lui. Enfin une bonne nouvelle.
***
D s u’ils fu e t li
s, les deu app e tis ejoig i e t le do toi . Lianne se laissa tomber sur
son lit tandis que Revers continua jus u’au sie , situ ve s le fo d de la longue salle. Sans y penser,
sa tête se tourna vers la couchette à sa droite où aurait dû se trouver Arutha. Alo s u’elle
contemplait avec morosité les draps impeccablement pliés, Espérion et Ubio surgirent à ses côtés. Ils
s’i stall e t de pa t et d’aut e de so lit, o ligea t la jeu e fe
e à se ed esser sur ses coudes
pour leur parler. Face aux regards inquiets de ses deux amis, elle grogna et répéta pour la énième
fois :
- Je vais bien !
Esp io la ega da, l’ai du itatif.
- Ben on ne dirait pas.
Les yeux cernés par le manque de sommeil, la jeune femme ’ tait pas t s o vai a te.
- Ça va mieux maintenant.
Elle disait vrai e u se s. Les pat ouilles lui vidaie t la t te et ap s elle pouvait s’e do i .
- Qu’est- e u’o a o
e ou s de ai ?
Le ega d ui passa e t e les deu ga ço s ’ happa pas à l’œil a
de leu a ie. Elle se
redressa totalement, manquant de faire basculer ses camarades.
- Quoi ? Qu’est- e u’il a ?

Ta dis ue le plus ti ide des deu ega dait pa te e, la t te ûl e ui l’a o pag ait
expliqua :
- Ubio a trouvé son maître, il quitte le cours en fin de semaine.
- C’est supe , U io !
La jeune femme était sincèrement heureuse pour son ami.
- Qui est-ce ?
- Maitre Evyyt.
Elle sou it e epe sa t à l’e p esse e t ouveau ue ettait le jeu e ho
e à pa ti e
patrouille ces de ie s te ps. Pe so e e s’ tait dout de ie .
- Elle est très gentille, tu as fait le bon choix.
- Je sais.
Le ton étonna Lianne, o
e si le ga ço ’avait au u doute. Elle se demanda encore comment
ceux qui choisissaient étaient aussi profondément persuadés de prendre la bonne décision. Sans
doute le saurait-elle le o e t ve u… Si ela lui a ivait u jou .
- Et toi Espérion ? Tu as une idée de qui tu pourrais choisir ?
Le jeu e olosse jo glait ave u e alle d’e t aî e e t. Ces alles lisses et ouges leur servaient
p i ipale e t à p ati ue leu la e et leu se s de la p ofo deu . L’app e ti a iait la sie e
ave u e de t it
e d’u i te se t avail.
- Non.
La réponse était nette et concise comme souvent avec Espérion. Lianne aimait la simplicité du
jeu e ho
e, elle atte dit u’il veuille ie d veloppe . Ratt apa t u e de i e fois la alle, il
haussa les épaules.
- Je ne suis pas pressé. Les cours me plaisent bien.
U sou i e s’ tala su so visage.
- Je suis le premier partout.
Le souve i d’A utha su git sa s p ve i . C’ tait lui le eilleu à la ou se. La jeu e fe
e se
allo gea da s le lit, l’esp it ailleu s. Elle e savait plus e ui tait v ai ou fau . Où tait-il
maintenant ? Qu’avait-il prévu de faire ?
Ses deux camarades se penchèrent su elle l’ai i uiets. Ils avaie t apide e t o p is d’où
venait le problème. Lianne ferma les yeux, soudain très fatiguée.
- Ce ’est ie . C’est juste…
Quelle idiote elle faisait. Elle eg ettait uel u’u
ui ’e istait pas. Pou ta t l’illusio tait
tenace.
- Je ne comprends pas. Pourquoi ?
Ubio se pencha doucement vers elle et la serra délicatement dans ses bras.
- Ils le retrouveront, Lianne. Et tu sauras pourquoi.
La jeune femme baissa les yeux. Voulait-elle v ai e t u’A utha soit pris ? Encore une question
dont elle ne connaissait pas la réponse.


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