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Les dossiers experts de la masse
Numéro 5
« 'L'Eco et le Bio' : l'avenir de l'Or vert. Le potentiel d'un marché de masse de demain.»

Le marketing écolo
prend de l’ampleur
apprenez à le contrôler,
et profitez de ”l’or vert”

Un grand nombre de stratégies
et d’actions envisageables à travers
ces nouveautés “vertes”

Mots clés : Agriculture, biomasse, bioproduits, développement durable, écologie, énergies renouvelables, mass
marketing, ressources végétales.

Sommaire
1

Une arrivée dans un contexte de crise...............................................................................2

2

“L’or vert” se propose de résoudre les problèmes mieux que les autres ressources : il brille.3

3

Le marketing de la stratégie “rassurante/responsable” : un succès fulgurant......................5
La boîte à outils des managers...........................................................................................7

La masse
Les origines et les traditions du marketing

La masse
Les origines et les traditions du marketing

Numéro 5
« ‘L’Eco et le Bio’ : L’avenir de
‘l’or vert’ - Le potentiel d’un
marché de masse de demain. »

Expert de la masse

Q

2

uel univers allons-nous laisser à nos enfants ?
C'est la question que se pose le monde
aujourd'hui aussi bien sur le plan personnel que
global. Les préoccupations de protection de
l'environnement et de développement durable sont au
centre des nouvelles contraintes posées aux différents
secteurs d'activités dans l'économie mondiale. Dans un
contexte pareil, la question des énergies renouvelables et
celle des consommations saines pour les individus et leur
environnement sont devenues des exigences nouvelles
de gestion, et de développement des entreprises et des
organisations. Au fil des années, les gouvernements, puis
les entreprises se sont lancés dans la maitrise de « l'or
vert » ou du végétal, un présent de la nature dont la
rareté croissante pourrait en faire à terme un
déterminant outil de différentiation. Le « vert » a ainsi
donné naissance à des concepts révolutionnaires leviers
de nouveaux modes de consommation et de vie. Le 'bio'
et 'l'éco' que certains préfèrent sous le terme 'écolo', sont
les premiers dont vous avez certainement déjà entendu
parlés. Ils sont de plus en plus présents sur les articles à
consommer dans votre supermarché et dans les grandes
surfaces de vente. Que ce soit dans la parfumerie, la
pâtisserie, le bâtiment, la médecine, l'industrie, et même
aujourd'hui l'automobile et l'énergie, les nouveaux
produits bio et vos appareils devenus écologiques
lancent des tendances mondiales de plus en plus suivies.
Celui qui en profite principalement est « l'or vert ». Car
l'intérêt fort porté à cette ressource, aussi bien dans son
exploitation que sa protection lui garantit une croissance
et une importance grandissante dans les marchés de
consommation de masse.

<<< Octobre 2008

1 Une arrivée dans un contexte de crise
« L'or vert » et ses concepts 'bio' et 'éco' prennent de
l'envergure en réponse à un double contexte de crise
naturelle : d'une part face au développement sans cesse
croissant des Organismes génétiquement modifiés
(OGM) et des techniques scientifiques dans les produits
de consommation des populations mondiales. Et
d'autres part dans le développement accru de l'industrie
et de ses pollutions (air, eau, son, magnétique et
nucléaire, pétrolière…).
Avant de montrer d'une part les implications dans les
nouveaux marchés de masse de ces concepts et les
subtilités marketing qui en sont issues d’autre part, il
convient de présenter les circonstances de leur arrivée et
d'en faire une description précise.
Les organismes génétiquement modifiés [OGM] sont des
organismes vivants (bactéries, plantes ou animaux) dont
le matériel génétique (génome) a été artificiellement
modifié, le plus souvent pour contenir un nouveau gène.
La modification du génome créée en laboratoire est, de
même que toute modification naturelle (mutation),
transmise à la descendance en même temps et de la
même façon que les autres gènes. Les séquences d'ADN
modifiées confèrent à l'organisme des caractères
nouveaux (par exemple la résistance à un herbicide en
agriculture), qui conditionnent les avantages comme les
risques de l'utilisation des OGM.
On peut également, en laboratoire, introduire
artificiellement de nouveaux gènes dans des organismes
vivants : c'est la transgénèse.

Les techniques utilisées pour la transgénèse
appartiennent à celles du génie génétique. Elles
diffèrent selon l'organisme que l'on cherche à modifier.
Chez les bactéries, il est possible d'insérer des gènes par
des méthodes de transformation (les bactéries sont
placées dans un milieu contenant des fragments d'ADN
porteurs du gène choisi ; ces derniers, peuvent, dans
certains conditions, traverser la paroi bactérienne). Chez
les plantes, la technique la plus couramment utilisée est
l'injection de gènes dans une cellule (grâce à une
micropipette), ensuite mise en culture pour régénérer
un plant adulte. Chez les animaux, l'ADN étranger est
généralement injecté dans des cellules-œufs (zygotes)
celles-ci sont ensuite implantées chez des femelles
porteuses pour la suite de leur développement. Outre
ces techniques fondées sur l'injection directe de
matériel génétique, la transgénèse peut également
utiliser des vecteurs, c'est-à-dire des organismes
intermédiaires porteurs du gène. Ces vecteurs sont, en
l'occurrence, des virus dont le génome est capable de
s'incorporer dans celui de leur cellule-hôte.
Néanmoins tout ceci n'est pas sans conséquence, car ces
méthodes d'optimisation des capacités s'oppose à la
sélection naturelle qui garanti un certain équilibre de la
nature d'une part. Et d'autre part sur le plan sanitaire, la
toxicité très potentielle des nouvelles protéines
apportant de nouvelles propriétés aux plantes reste un
risque qui n'a pas encore été maitrisé.
Sur le second plan de réponse à la pollution, qui est une
contamination de l'air, de l'eau ou du sol par des
substances qui altèrent le fonctionnement naturel des
écosystèmes, ainsi que la qualité de vie et la santé
humaines ; la maitrise du végétal pourrait être un contre
poids important pour préserver la nature. Ainsi dans ces
contextes d'un besoin de réponse pour un
développement mieux orienté arrive la philosophie du
développement durable, et celle des énergies
renouvelables face à la lutte contre la pollution et la
prolifération des OGM.

Le développement durable est un modèle de
développement économique et social visant à assurer la
pérennité du patrimoine naturel de la Terre. Le concept
de développement durable se fonde sur la mise en œuvre
d'une utilisation et d'une gestion rationnelle des
ressources (naturelles, humaines et économiques),
visant à satisfaire de manière appropriée les besoins
fondamentaux de l'humanité. Les conditions nécessaires
du développement durable sont les suivantes : la
conservation de l'équilibre général et de la valeur du
patrimoine naturel ; une distribution et une utilisation
des ressources équitables entre tous les pays et toutes les
régions du monde ; la prévention de l'épuisement des
ressources naturelles ; la diminution de la production de
déchets (qui inclut la réutilisation et le recyclage des
matériaux) ; la rationalisation de la production et de la
consommation d'énergie. La priorité des énergies
renouvelables d'une part, et des consommations saines
d'autre part pour les besoins des hommes et la protection
de l'environnement est ratifié lors de la conférence de
STOCKHOLM et de la validation de la Charte de la Terre
(Déclaration de Rio sur l'environnement et le
développement) à la Conférence des Nations unies sur
l'environnement et le développement (CNUED) à Rio de
Janeiro (Brésil) en 1992. On arrivera même jusqu'à la
mise en place de politiques pollueur-payeur par certains
gouvernements depuis le début du nouveau millénaire.
Dans cette nouvelle configuration du monde des affaires
naitront alors des entrepreneurs pionniers qui axeront
toutes leurs stratégies sur le développement et la
production de produits Bios (biologiquement sains ou
biodégradables) et des outils, appareils ou industries éco
(écolo-protectrices ou écolo-responsables). Ces concepts
même s'ils ont mis du temps à se lancer, se sont
fortement appuyé sur la croissance des stupeurs et des
peurs humaines qui ont été des catalyseurs importants
pour faire du secteur du vert l'un des nouveaux moteurs
de l'univers des consommations de masse dans le
monde.

2 « L'or vert » se propose de résoudre les
problèmes mieux que les autres ressources : il
brille !

L'humanité a 3 millions d'années, l'ère industrielle a 250
ans, et la société de consommation a environ 50 ans. Une
société qui grandit en se mondialisant. Or, nous
dépendons pour une grande part des ressources fossiles,
non renouvelables ou très peu renouvelables, pour nos
besoins en matières premières et en énergie. Au rythme
de production actuel, les réserves de pétrole
actuellement connues seront épuisées dans moins de 50
ans. D'autres découvertes sont possibles, mais
l'extraction du pétrole ou du gaz deviendra de plus en
plus coûteuse. Au défi économique s'ajoute la menace
écologique.
Octobre 2008 >>>

Expert de la masse

Ces gènes vont ensuite s'exprimer dans les cellules de
l'organisme, c'est-à-dire qu'ils vont être transcrits en
ARN (Acide Ribonucléique), puis traduits en protéines,
lesquelles sont généralement responsables de
propriétés nouvelles. La transgénèse a donc pour but de
modifier l'organisme concerné pour lui apporter de
nouvelles caractéristiques intéressantes, comme la
résistance à un parasite, à un virus ou à une bactérie (le
plus souvent chez les plantes, mais aussi chez les
animaux) ou à un herbicide ; elle peut également
permettre de modifier la couleur d'une fleur ou d'un
fruit, de provoquer une meilleure assimilation d'un
nutriment donné, d'augmenter la productivité d'une
espèce cultivée, ou encore de faire produire à un être
vivant des protéines (hormone de croissance, par
exemple) dans un but thérapeutique.

3

Le gaz carbonique qui résulte de l'utilisation des
ressources fossiles est la principale cause de
l'augmentation de l'effet de serre et donc du
réchauffement climatique.

Expert de la masse

Le « salon Nova » organisé par la Chambre d'Agriculture
de l'Eure en France en 2006, entièrement dédié aux
diverses utilisations de la biomasse et plus
particulièrement les productions agricoles, dans la
fabrication des produits de la vie courante : bioplastiques, applications dans l'industrie, produits
ménagers, emballages, produits cosmétiques, matériaux
de construction, biocarburants, bio-combustibles, etc.,
est une illustration des domaines de plus en plus couverts
par l'industrie verte. L'objectif de ce salon est de
sensibiliser le public à l'utilisation des produits issus de la
biomasse, produits qui offrent le double avantage d'être
renouvelables et biodégradables. C'est un univers où les
produits issus de la chimie verte remplacent les produits
et matériaux aujourd'hui issus de la pétrochimie.
Ainsi pour briller le vert répond aujourd'hui mieux à
certains besoins de consommation de masse à travers ses
productions biomasses.

4

Cosmétique : ARD (Agro-industrie R&D) est une société
de droit privé, dont les trois principaux actionnaires sont
un regroupement de coopératives céréalières de la
Marne en France, (CRD, Céréales R&D), SRD (Sucres R&D,
du groupe Cristal Union) et une amidonnerie (Chamtor).
La mission d'ARD est la recherche et le développement.
Elle étudie de nouveaux produits qu'elle ne développe
que jusqu'aux premières applications pilotes. Ensuite,
des filiales prennent en charge l'exploitation
commerciale. Ainsi, l'industrie cosmétique s'intéresse
aujourd'hui de près aux produits d'origine végétale. Les
autobronzants ne sont qu'un exemple parmi une kyrielle
de produits présents et à venir. En effet, la matière
végétale est riche d'une infinité de molécules aux
propriétés extraordinairement variées. On y trouve par
exemple d'excellents tensioactifs, c'est-à-dire des
composés capables de mélanger des substances
aqueuses à des corps gras. On peut les utiliser comme
détergents mais aussi en cosmétique pour solidifier des
crèmes grasses comportant des produits actifs solubles
dans l'eau. Mieux encore, une même molécule présente
souvent plusieurs propriétés exploitables. Une molécule
améliorant l'hydratation de la peau peut par exemple
s'avérer bactéricide. C'est ce cumul de fonctions qui,
aujourd'hui, intéresse particulièrement les industriels de
la cosmétique.
<<< Octobre 2008

Les plastiques dans la grande distribution : Produire des
plastiques à base de matières premières renouvelables
n'est pas une mince affaire. Plusieurs procédés ont été
étudiés aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. Certains
consistent à faire fermenter de la matière végétale par
des microorganismes qui produisent des matières
plastiques. D'autres les font fabriquer avec du maïs. Mais
ces procédés sont coûteux et gourmands en énergie.
Dans le second cas, il faut faire appel à des céréales
sélectionnées. Toutes ces méthodes ont un inconvénient
: un prix de revient plus élevé que celui des plastiques
tirés du pétrole, qui le réserve à des applications
particulières. La biodégradabilité en fait de bons
candidats pour les sacs poubelles, par exemple. Quand
contenant et contenu se comportent de la même
manière, le traitement des déchets s'en trouve simplifié.
Des débouchés importants existent aussi en agriculture,
grosse consommatrice de plastique. En France, entre
80000 et 100000 tonnes de polyéthylène sont utilisées
chaque année pour différents usages : paillage de
cultures, clips plastiques pour fixer des plantations à
leurs tuteurs, etc. Le marché du plastique biodégradable
représente aujourd'hui 30000 tonnes par an dans le
monde, les trois quarts étant des produits dérivés de
l'amidon. Novamont, société italienne, s'est spécialisée
dans la production de plastiques biodégradables à base
d'amidon, vendus sous la marque Mater-Bi. La société en
écoule 10 000 tonnes par an en Europe et, aux Etats-Unis,
10 000 tonnes sont vendues chaque année sous licence.
De l'encre nouveaux chez les imprimeurs : En
Scandinavie, l'avantage écologique des encres à support
végétal est un argument commercial déterminant. Dans
les autres pays européens, il n'est encore que secondaire.
Mais ces produits ont suffisamment montré leur
supériorité notamment sur les "rotatives", ces systèmes
d'impression rapides utilisés pour la fabrication des
journaux. Une nouvelle formulation, à base d'esters
d'acides gras, vient de leur ouvrir un nouveau débouché :
celui des machines "feuille à feuille", utilisées pour
imprimer les papiers "couchés", c'est-à-dire revêtus
d'une fine pellicule protectrice leur donnant un aspect
brillant. Coates Lorilleux est une filiale du groupe
américain Sun Chemical pionnière de la recherche sur les
encres écologiques. Spécialisée dans la production
d'encres et de vernis, elle réalise un chiffre d'affaires de
54 millions d'euros et produit annuellement 5000 tonnes
d'encres pour rotatives, 2 000 tonnes d'encres pour
machines feuille à feuille et 7000 tonnes de vernis
(destinées, notamment, à la pellicule de protection des
couvertures de livres).
Si autant de domaines et sinon plus ont intégré
progressivement la ressource naturelle végétale
renouvelable et biodégradable (bâtiment, bitume,
lubrifiant et autres, etc.), celui qui semble le plus attirer
l'attention est le carburant naturel, une nouvelle ruée
vers l'or…

Le Brésil fournit aujourd'hui du bioéthanol pour un
équivalent de 25$ le baril, soit moins de la moitié du
pétrole brut. Ailleurs, comme en Europe, le bioéthanol se
vend à 50$. Offensif sur ce marché, le Brésil vient
notamment de signer un contrat de fourniture d'éthanol
avec le Japon et plaide pour l'ouverture du marché
européen. Il prévoit de passer à une production de
240Mhl à l'horizon 2010. La concurrence entre cultures
énergétiques et alimentaires constitue, en Europe, une
limite sérieuse au développement des biocarburants,
mais le contexte est différent au Brésil. Ce dernier dispose
encore de suffisamment de terres peu exploitées pour
d é ve l o p p e r d e n o u ve l l e s p ro d u c t i o n s s a n s
nécessairement détruire la forêt amazonienne ou freiner
la réforme agraire. Cependant les soutiens pour
l'agriculture d'exportation, sous forme de crédits bonifiés
par exemple, se font au détriment de l'agriculture
familiale qui fournit le marché interne. Partout dans le
monde, des essais de cultures énergétiques se mettent
en place. Des produits aussi variés que la noix de coco ou
les diverses noix (palme, etc.) sont utilisés pour tenter
d'en extraire les alcools et huiles qui allègeraient la
facture d'importation de pétrole.

Vu que les tendances sont au développement durable et
à l'écologique dans les consommations, certaines
entreprises s'approprient ces concepts à tord ou à raison
dans de percutantes et efficaces campagnes
commerciales ou publicitaires, améliorant ainsi leurs
actions marketings.

3 Le marketing de la stratégie «
rassurante/responsable » : Un succès fulgurant !
Bien des campagnes publicitaires ont su retenir votre
attention parce qu'elles vous ont révélés que vous étiez
peu être en danger ou que votre attitude mettait une
tiers personne sinon le monde entier en péril. C'est alors
que vous vous mettez plus réceptifs ou disponibles à une
information ou à une offre de produits/services. Ce
nouveau « dada » aussi bien utilisé par les entreprises
industrielles que celles agro-alimentaires fait le tour du
monde. Les concepts lancés n'en finissent plus : «
entreprise citoyenne », « entreprise responsable »,
«consommateur responsable », « entreprise aimant la
nature », etc. Même quand le consommateur que vous
êtes en a pleinement conscience, il préfère avoir « bonne
conscience » pour dans une confrontation sociale
valoriser sa position dans le nouveau débat mondiale de
la protection de la nature. Trois principales approches
sont recensées pour exprimer les nouvelles pratiques
dans les entreprises : La culpabilité qui fait acheter, la
peur qui fait changer de produits, des positionnements
nouveaux qui responsabilisent et rassurent.
Puisque vous avez tort Autant mieux acheter pour
réparer le préjudice ! « Chaque année vous produisez 21
tonnes de Co2, mais c'est parce que vous ne le saviez
pas…aujourd'hui vous pouvez faire différent, choisissez
une… » Voici un exemple de message qui vous touche
quel que soit votre catégorie sociale et votre métier. Cet
axe majeur de lancement des produits bio ou
écologiques, les entreprises le mettent en avant de plus
en plus aujourd'hui.

Expert de la masse

Moins d'or noir…Tous à l'or vert !!! Face à
l'augmentation du prix du pétrole et à la nécessaire
diminution des rejets de gaz à effet de serre, un
engouement pour les biocarburants s'affiche dans de
nombreux pays. Pour certains, le virage est déjà pris
depuis longtemps. La production de bioéthanol, l'un des
deux principaux biocarburants actuels avec le diester,
reste en Europe bien inférieure à celles des deux géants
mondiaux en la matière que sont le Brésil et les ÉtatsUnis. Malgré un quasi doublement de sa production en
2004, l'UE ne produit que 7 millions d'hectolitres (Mhl)
qui pèsent peu face aux 150Mhl brésiliens et aux 132Mhl
des États-Unis. En revanche, l'Europe, où le parc
automobile diesel est important, dépasse ses partenaires
pour la production de biodiesel, encore appelé diester,
avec 20Mhl en 2004. L'Allemagne en est le premier
producteur mondial. Divers modèles de voitures roulent
à 100% au biodiesel et plusieurs centaines de stationsservice proposent désormais ce carburant issu
principalement d'huile de colza. Le Brésil s'est converti
depuis longtemps à la production de bioéthanol. Sans
modification des moteurs, l'ensemble des véhicules
brésiliens (y compris les voitures françaises) roule
aujourd'hui avec un mélange incorporant au moins 25%
d'éthanol, et 2,5 millions roulent uniquement à l'alcool.
Les deux crises pétrolières des années 1970 ont été le
déclic enclenchant la production de masse d'éthanol à
partir de canne à sucre.

Octobre 2008 >>>

5

Expert de la masse

Mais le secteur de l'automobile en a fait plus que tout
autre son principal cheval de bataille pour les véhicules
bas de gammes et maintenant pour l'ensemble de ses
productions. Ainsi en France par exemple presque tous
les modèles sont substitués progressivement par des
homologues moins polluants et moins taxés de ce fait. Ce
qui stratégiquement a ouvert la guerre de la recherche et
développement d'une part, et celle des prix d'autre part.
Une illustration parfaite est la Lexus RX 400h avec un
moteur hybride SUV de luxe capable de délivrer 272
chevaux sans émettre plus de 192 g de CO2/Km. Un
modèle hors catégorie produit pour un coût à 40% moins
chère que le modèle classique. Avec un double avantage,
prix et responsabilité, sans oublier les possibles options
de qualité dans la finition et les garanties, on se demande
si le choix du consommateur n'est pas fait…
Attention, vous êtes en danger ! Consommez plutôt…
C'est là un axe prioritaire que se réservent les produits
agroalimentaires principalement. Dans un marché
souvent en saturation de la société de consommation, la
contrainte de l'innovation amène les producteurs à
explorer les champs et les opportunités nouvelles en
recherche et développement 'bio' ; mais surtout leurs
applications commerciales pour vendre mieux et plus.
Ces produits nouveaux vous diront comment ils prennent
mieux soin de vous, de votre famille et de la nature. Des
démonstrations et argumentaires basés sur des études
comparatives énormes. De gros investissements pour
abattre des avantages concurrentiels ou reconfigurer
l'environnement d'un marché en introduisant de
nouveaux facteurs clés de succès. En fin de compte les
nouveaux produits 'bio' sont presque toujours moins
dangereux, plus économiques et bien sûr les marqueurs
et les étiquettes qui les caractérisent ne « passent » pas
inaperçus. C'est le cas de l'indice carbone sur les articles
dans le supermarché Casino en France. Il anticipe peut
être une probable modification de la réglementation en
2011, mais il n'en demeure pas moins que ça reste un
avantage concurrentiel important que de laisser le
consommateur apprécier la quantité de Carbone qu'il
absorbe dans ses consommations. On se demande alors
pourquoi cette quantité pour les produits indicés est
toujours moindre et respecte les préceptes diététiques
par rapport aux produits concurrents ! Lequel choisiriez
vous ?

Une stratégie « rassurante/responsable » qui sur chacun
des domaines d'activité stratégique de l'entreprise
construira un positionnement « citoyen », « protecteur »,
« bienfaiteur », « défenseur », etc. Car la nouvelle bataille
est celle de savoir quelle est la place que l'on va occuper
dans ce monde en « rénovation » qui est en train de ce
construire ? Quel nouvel intérêt en plus de ceux déjà
intrinsèques à la satisfaction du besoin par le produit
allons-nous apporter avec le 'bio/écolo' à nos cibles ?
Certains y on répondu déjà en permettant à leur
consommateur de participer un peu plus à « la
citoyenneté » et au réinvestissement social sur la nature
avec le PMUC, ou alors « boire responsable » seulement
quand c'est une GUINNESS. Même le vin se met au bio.
C'est le cas du Nec en France qui se positionne comme le
plus ultra des vins bio en mettant en avant les vertus
uniques de ce millésime pour le consommateur, mais
également le goût naturellement fruité auquel les fins
connaisseurs auraient du mal à résister. Et que dire alors
quand les pays eux-mêmes intègrent l'urgence d'un
positionnement mondial sur le bio comme le font le Brésil
et l'Allemagne, respectivement premier producteurs
mondiaux de bioéthanol et de diester ? Peut être
attendent ils tout simplement cette véritable ruée vers
l'or vert !!!
Ce second article sur la thématique de la compréhension
des enjeux autour des nouvelles ressources mondiales à
la mode dans les consommations de masse, nous a
éclairé sur la diversité des approches et des solutions
apportées pour satisfaire les besoins correspondants.
Cette thématique nous a également ouvert la porte aux
questions de positionnement dans chacun de ces
marchés. Positionnement qui a souvent été la source
même de succès des différents acteurs. Nous nous
intéressons ainsi dans nos prochaines explorations à des
cas pratiques de positionnement d'entreprises
(positionnement produits, de prix, de réseaux de
distribution ou dans le positionnement publicitaire). Ce
que nous appellerons : the “SQUARE OF POSITIONING”
(le carré du positionnement).
Sources
Ouvrages et travaux universitaires
ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'énergie) & AGRICE
(Agriculture pour la chimie et l'énergie), Les mystères de l'or vert - Enquêtes sur
le végétal dans les produits industriels, Pollen Communication, Paris, 2001.

A marchés nouveaux…positionnements nouveaux ! Le
respect ou l'exploitation de l'or vert à travers le bio ou
l'écolo, la naissance de produits ou d'avantages
concurrentiels nouveaux, la reconfiguration des marchés
et les mutations constantes des communications posent
tous aux entreprises la contrainte de la consolidation de
leurs acquis. Pour y répondre, les plus ingénieuses de
celles-ci ont vite perçu l'urgence d'adapter leur
positionnement à ces nouveaux modes d'activités.

Magasines
Management N°156, septembre 2008, Gérard Brémond : « ne confondons pas
développement durable et marketing écolo », P.90
Management N°155, août 2008, Elles sont grosses ces voitures mais (presque)
écolo, P.104
Transrural initiative N°292, 6 septembre 2005 La ruée vers l'or vers, P.1
Liens Internet
http:// www.ecolopop.info/nova
Encyclopédie
Microsoft ® Encarta ® 2007. © 1993-2006 Microsoft Corporation : « OGM,

6

<<< 0ctobre 2008

pollution ».

La boîte à outils des managers
Tous les secteurs d'activités sont concernés par cette
révolution bio et écologique qui touche les produits et les
services aujourd'hui. L'urgence de leur prise en compte se
relève dans quatre priorités principales pour les managers :
- l'optimisation de la rentabilité : avec une recherche et
développement bien orientée sur des objectifs précis, les gains
de coûts sont une visée importante pour améliorer la
rentabilité à travers des productions à des coûts moindre que
les précédents basée sur les ressources végétales
renouvelables.
- Vers plus de compétitivité : dans un environnement de masse
plus concurrentiel l'avantage prix combiné à des facteurs clés
de succès nouveaux fondés sur le bio ou l'écolo sont des
perspectives d'actions importantes face aux concurrents.
- Les nouvelles opportunités de communication :
communiquer sur le bien être des gens, sur leur sécurité, celle
de leur proche et de la nature, telles sont les piste publicitaire
que vous ne devez pas manquer de saisir. Car l'innovation est
maintenant à ces nouvelles valeurs ajoutées.
- Priorité à la dimension stratégique d'un positionnement
'bio/écolo' : à conditions technologiques et de marché plus ou
moins égale aujourd'hui la différentiation est allée se faire
dans le positionnement bio ou écolo des produits. Ne manquer
pas si le marché s'y montre favorable de vous montrer «
responsable », « rassurant », « citoyen », « protecteur », «
bienfaiteur », « défenseur », ou “expert de la ressource
végétale”, etc.

TEJE Gaétan
Expert marketing
de masse

La masse
Les origines et les traditions du marketing


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